jeudi 13 avril 2017

Cartel - Don Winslow

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Cartel (Editions du Seuil, 710 pages haletantes) de Don Winslow est la suite de La griffe du chien (voir mon billet). Quand débute Cartel, en 2004 Adán Barrera, un narcotrafiquant, est derrière les barreaux dans une prison de haute sécurité mexicaine mais plus pour très longtemps. En effet, il organise son évasion grâce à l'argent qu'il a versé à tous les gardiens. Adàn redevient le chef du cartel de Sinaloa. Face à lui, Art Keller (ancien agent du DEA), qui avait mis Adán derrière les barreaux, est obligé de reprendre la traque. Adán met la tête de Keller à prix pour 2 millions de dollars et s'engage à mettre la main sur les états limitrophes avec les Etats-Unis avant d'envahir tout le Mexique en écrasant les cartels rivaux. Mais des adversaires redoutables se présentent. Anciens militaires de l'armée mexicaine, ils se font appeler les zetas et sèment le meurtre et la violence. Les victimes se comptent par centaines. en étant décapitées, démembrées, éventrées, exécutées d'une balle ou brûlées vives. Tout ça pour l'argent de la drogue et des armes. Je ne vous décrirai pas le sort réservé aux femmes. Le monde décrit dans Cartel est terrible, cauchemardesque et sans beaucoup d'espoir. Car même si Cartel est un roman, il raconte une histoire tirée de faits réels. En préambule du roman, Winslow donne une liste de plus de 100 journalistes "disparus" ou assassinés (et il y en a eu d'autres) pour avoir essayé de raconter ce qu'il se passe. Le roman se termine en 2014. Le style est fluide. J'ai été "happée" dès le début. Je ne sais pas si c'est un grand roman (l'histoire est très noire) mais c'est un très bon roman. Lire les billets élogieux de Leatouchbook, Inganmic, Athalie, Richard, Didi et Cannibales lecteurs.

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vendredi 7 avril 2017

Plaidoyer (impossible) pour les socialistes - Bernard Maris

J'ai [Ta d loi du cine, "squatteur" chez Dasola] mis plus de deux ans à rédiger le présent billet. En fait, je viens tout juste de relire ce livre, Plaidoyer (impossible) pour les socialistes, acheté en janvier 2015 et terminé deux mois plus tard - sans que j'aie à l'époque réussi à rédiger quelque chose dessus. Il s'agit du 2ème livre de Bernard Maris que je chronique dans la série de mes "hommages" aux tués du 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo. Bien évidemment, on pourra critiquer mon choix de parler ce mois-ci de ce livre-là. Il faut avoir l'honnêteté intellectuelle de reconnaître que Bernard Maris a publié ce livre il y a déjà 5 ans, en 2012 (imprimé en novembre, j'ignore quand il en avait commencé la rédaction). Il contient quelques rares allusions à Hollande Président, à Ayrault premier ministre, ou même à Benoit Hamon ministre délégué chargé de l'économie sociale et solidaire (par exemple, p.39: "étonnez-moi, Benoit"). Soyons conscients que, si Bernard Maris avait eu la chance de ne pas s'être fait assassiner, il aurait peut-être écrit autre chose aujourd'hui (ou pas). J'ignore évidemment ce que notre "Oncle Bernard" aurait bien pu dire sur les projets de nos candidats (primaires, secondaires, supérieurs...) aux élections présidentielles de 2017. Passons donc au livre tel que j'ai pu le lire.

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Plaidoyer (impossible) pour les socialistes ne perd pas son temps à chasser tel ou tel éléphant ou tel ou tel courant de notre Parti Socialiste contemporain. Il ne s'agit pas non plus de démolir une doctrine qui apparaîtrait figée par opposition à quelque autre parti politique. Quitte à enfoncer une porte ouverte, j'insisterai sur le fait que le titre mentionne bien "les" socialistes, mais ni "le parti socialiste" ni "le socialisme" (faire l'amalgame relèverait d'un abus de langage, si ce n'est même d'une mauvaise foi partisane). Cependant, dans le livre, Bernard Maris passe en revue (cartographie) toutes les fausses pistes où l'utopie du XIXème siècle s'est fourvoyée voire dévoyée: différents courants liés aux personnalités fondatrices au XIXe siècle, la SFIO (Jaurès est longuement cité), la IIème guerre mondiale (avant: Front Populaire et guerre d'Espagne; après: guerre d'Algérie...) jusqu'à ce qui est devenu en 1971 l'actuel Parti Socialiste: selon les éclairages qu'il donne, à certains moments de l'existence du parti, sous certains dirigeants, le Parti n'a pas vraiment été glorieux.

Bernard Maris nous a donné un ouvrage de philosophie historique, une remise en perspective de ce qu'a pu jadis recouvrir le vocable de "socialisme" depuis les années 1830 où il était connoté différemment, en passant par les tendances diverses chez les socialistes de la seconde moitié du XIXème siècle, jusqu'à ce que nous connaissons, en France, sous le Président Hollande, ancien premier secrétaire du Parti socialiste. Il n'omet pas de décrire le cheminement familial ou personnel qui l'a amené jusqu'à sa rédaction. Il a fréquenté dès sa jeunesse la section SFIO de Muret (qui fait partie des dédicataires) et y a croisé des militants "historiques" auxquels il rend hommage pour la construction de sa "conscience politique". Il nous offre une lecture plutôt convaincante (désabusée?), tout le contraire d'un ouvrage barbant ou rébarbatif. C'est bien écrit, il faut tout lire (3 heures et demie... - pour moi), et c'est malaisé à résumer. L'ayant lu avec profit, je vais tâcher d'extraire quelques pépites de ce pactole et de les coudre bout-à-bout en quête de sens (si ça apparaît décousu, la faute n'incombera qu'à moi!).

Avant de parler du capitalisme en brossant à gros traits ses évolutions historiques, le prologue (p.12) commence par relever que "l'accumulation, l'enrichissement, les inégalités ne sont remises en cause par aucun dirigeant" (p.12). Bernard Maris parle bien des "dirigeants" (ceux qui exercent effectivement le pouvoir), et non des candidats... "L'homme socialiste est celui que le pouvoir indiffère" (p.183). Mais (p.176) "le peuple ne vote pas socialiste parce que le discours du progrès, du changement, de l'ouverture, de la mondialisation, de la transformation, du nouveau, de la prise de risque, de l'aventure sociale, de la mobilité, du changement (sic!), de la réforme ne l'a jamais intéressé. Il voit bien ce qu'il a à perdre dans le changement, pas ce qu'il a à gagner, car en général il n'a rien à gagner." Pourtant, "la limitation des fortunes reste un objectif socialiste" (p.202). "Pas de socialisme sans remise en cause de la propriété privée" (p.68). "Aujourd'hui, le "mur de l'argent" s'appelle "les marchés" et "Marx n'avait pas prévu que le capitalisme s'adapterait" (p.145). "Disons la vérité: non seulement le socialisme ne veut plus détruire le capitalisme, mais il a été contaminé par lui jusqu'aux os et souffre d'économisme, cette maladie grise. Il se croit obligé d'apporter quelque chose de plus efficace, de plus gestionnaire." (p.76). Résultat: on en est arrivé aux "travers du socialisme moderne: technocratique, statistique, étatique et non démocratique, globaliste, mondialiste, libre-échangiste, oubliant la morale au nom de l'efficacité et de la gestion, refusant le passé au nom du progrès et de la modernité" (p.141). Alors que parallèlement on a connu depuis 1945 "une explosion financière, tendance à l'individualisation, au narcissisme, à l'isolement et aux rapports dominants d'égalité monétaire permis par l'échange marchand" (p.15). "Les rêves finissent par s'évanouir, comme le socialisme" (p.103).

Certains "possibles" du socialisme ont été éliminés par le marxisme (dès le XIXème siècle: des socialismes utopiques contemporains du marxisme mais minoritaires face à lui). Maris n'omet cependant pas de rappeler que, "du point de vue des capitalistes, le communisme est une "hérésie", qui doit être combattue voire exterminée". Mais cela ne semble pas suffire à le rendre sympathique. Ah, si Jean Jaurès n'avait pas été assassiné, que n'aurait-il pu se passer? Jaurès, qui, d'un voyage en Algérie, avait ramené la conscience que la politique coloniale menée à l'époque en Algérie serait "le levain de l'extrémisme islamique" (p.129). Jaurès aussi qui, dès 1898, défend ce qui deviendra la Sécurité Sociale en 1945: occasion pour Maris d'introduire (p.135) la notion de "propriété sociale" qui dépasserait la propriété individuelle et (même) collective .

Et si, au final, un vrai "programme socialiste", c'était d'arriver à faire en sorte (à mettre en place les conditions pour que) chacun dans la société se sente heureux d'être là où il est? "On reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait en partant" (p.187). Mettre en place, enfin, la [République] sociale, axée sur la fraternité. J'en conclus donc que l'étalon de mesure à utiliser ne devrait plus être économique, mais deviendrait un indice du bonheur, en quelque sorte. Brut, mondial, relatif... Il y a le choix! Et encore faudrait-il arriver à convaincre que le vrai but de l'humanité est que chacun soit heureux dans sa vie. Mais ceci est une autre histoire. Un autre plaidoyer?

En attendant, lisez donc vous-même celui-ci.

*** Je suis Charlie ***

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jeudi 30 mars 2017

Cadavre 19 - Belinda Bauer / Maiba - Russell Soaba / La baleine Thébaïde - Pierre Raufast

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Cadavre 19 de Belinda Bauer (Collection 10/18, 401 pages) m'a plu parce qu'il s'agit d'un polar pas trop violent malgré le fait qu'une grande partie de l'histoire se passe dans une salle d'autopsie. Patrick Fort, âgé de 18 ou 19 ans et atteint du syndrome d'Asperger, a décidé d'étudier l'anatomie. Il veut comprendre ce que c'est que la mort. Il veut obtenir des réponses à ses questions qu'il se pose depuis l'enfance, à l'époque où son père est mort accidentellement, renversé par une voiture. Avec d'autres étudiants, on lui attribue un cadavre à qui on donne un numéro: le 19. De tempérament curieux, Patrick va assez rapidement découvrir que la cause de la mort du n°19 n'est pas celle attendue. L'histoire prend son temps. Il y a quelques facilités dans les rebondissements de l'histoire mais le roman se lit agréablement.

Concernant Maiba de Russell Soaba (Editions Au vent des îles, Tahiti, 183 pages), c'est un roman écrit en 1979 mais publié en français en 2016 qui se passe dans les îles du bout du monde, en Papouasie Nouvelle-Guinée. Je trouve assez difficile de parler de ce roman où il n'y a pas vraiment d'histoire. M. Soaba (un écrivain Papou de 66 ans) évoque surtout les us et coutumes de ce pays en pleine mutation composé d'îles sur lesquelles on parle jusqu'à 800 langues. Maiba est une jeune Papoue qui vit à Makawana. Estropiée de naissance et orpheline à l'âge de 4 ans, son père était le chef du village, Maiba a été élevée par son oncle et sa tante. Il semble que "Maiba était de mauvais augure pour quiconque entrait en contact avec elle". J'avoue avoir beaucoup aimé les 80 premières pages et m'être un peu ennuyée aux 100 pages suivantes. Mais j'ai été contente de cette découverte d'un écrivain qui m'était totalement inconnu. Je remercie mon ami Ta d loi du cine pour cette suggestion.

Je termine avec La baleine Thébaïde (Alma Editeur, 213 pages) que, pour l'instant, j'ai peu vue chroniquée sur les blogs. Après La fractale des raviolis et La variante chilienne, Pierre Raufast a encore écrit un roman plaisant. Le fil conducteur de l'hstoire est une baleine bleue qui chante à une fréquence de 52 hertz alors que ses camarades chantent entre douze et vingt-cinq hertz. Tel Achab, Richeville, un jeune Français natif de Chantibrie diplômé d'une école de commerce, s'embarque sur un bateau pour une expédition scientifique à la recherche de cette baleine unique. Tout ne se passe pas comme il l'avait cru. La pauvre baleine que l'équipage a retrouvé est exterminée. Le roman est composé de courts chapitres avec une histoire tarabiscotée qui tient la route mais se termine mal (je ne dévoile rien). Et une fois encore, j'ai apprécié l'écriture de Raufast. Il y a des passages jubilatoires. "J'obtins le diplôme au bout de trois longues années. Un tiers voulait devenir banquier par amour de l'argent, Un autre tiers visait l'ENA pour la puissance. Le dernier tiers se rêvait consultant dans un des "big four" pour devenir riche et puissant. Je faisais partie du quatrième tiers, le tiers honteux: celui qui n'avait aucune ambition. Le renégat du commerce, l'apostat du management. Autant dire que j'étais aussi populaire qu'une reine Bothriomyrmex chez les fourmis Tapinoma" (p.23). Je conseille.

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vendredi 24 mars 2017

Dans l'ombre - Arnaldur Indridason

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Dans l'ombre (Editions Métaillé, 334 pages), le nouveau roman de l'Islandais Arnaldur Indridason, est le premier tome d'une trilogie: La trilogie des ombres. En 1941, Reykjavik grouille de soldats britanniques et américains. Eyvindur, un voyageur représentant de commerce, revient d'une tournée. Il a hâte de retrouver sa compagne Vera. En effet, il l'avait quittée deux semaines plus tôt après une dispute. Il se rend compte que Vera a vidé les lieux en prenant toutes ses affaires. Peu de temps après, Eyvindur est retrouvé mort, le visage à moitié arraché par une balle tirée par un colt, dans l'appartement de Felix Lunden, un autre réprésentant. Sur le front du cadavre, quelqu'un a inscrit "SS" en lettres de sang. Deux jeunes hommes sont chargés de mener l'enquête: Flovent, le seul inspecteur islandais disponible, et Thorson, un Islandais de l'ouest, né au Canada, faisant partie de la police militaire. Ils découvrent assez vite que la victime n'était pas la cible visée. Eyvindur était au mauvais endroit, au mauvais moment. Je n'en dirais pas plus sur l'histoire dans laquelle il ne se passe pas grand-chose. Il n'y a pas de coup de théâtre. Thorson et Flovent interrogent encore et toujours les suspects ou les témoins. Ces interrogatoires ont un côté lancinant. Indridason n'épargne pas non plus le lecteur. Quand le roman s'achève, on a des réponses à des questions mais des choses restent dans l'ombre comme qui a tué Eyvindur, même si on sait pourquoi. J'attends la suite avec intérêt.

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mercredi 15 mars 2017

Rome brûle (Suburra II) - Carlo Bonini / Giancarlo de Cataldo

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Rome brûle de Carlo Bonini et Giancarlo de Cataldo (Métailié noir, 293 pages) est la suite de Suburra qui m'avait tant plu. L'histoire se passe de nos jours, presque quatre ans après les événéments de Suburra. Samouraï purge une longue peine de prison dans une prison de haute sécurité. Sebastiano Laurenti, son héritier, mène les affaires à sa place et lui rend des comptes. Fabio Desideri, un jeune (mais très dangereux) chef mafieux aux dents longues, se tient en ambuscade. En mars 2015, le pape François décide d'un Jubilé extraordinaire qui va demander beaucoup de travaux. Les chantiers comme celui du métro vont plus ou moins vite selon le déblocage de l'argent versé par la mairie à des entreprises dirigées par des hommes peu intègres conseillés par des sociétés comme celle de Sebastiano. Des sommes énormes sont en jeu, tous les coups sont permis et, suite à une grève des transports, la ville éternelle brûle à cause des feux allumés dans beaucoup de coins de rues par des citadins. J'ai trouvé l'histoire aussi passionnante que celle de Suburra. Bonini, qui est journaliste d'investigation, et de Cataldo, magistrat à la cour de Rome ont beaucoup de talent. Ce volume peut se lire indépendamment du premier.

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mardi 7 mars 2017

La divine sieste de papa - Maryse et Georges Wolinski / J'hallucine! - Wolinski

J'ai (ta d loi du cine, squatter chez dasola) récemment trouvé à acheter (d'occasion, forcément) La divine sieste de papa (éditions Messidor / La Farandole, 1981 [ça ne nous rajeunit pas]). Les parents de la jeune Elsa s'étaient partagés les rôles: Maryse Wolinski racontait (mêlant factuel et fictionnel), et Georges illustrait de dessins fleuris et pastels. Voici ce qu'on peut trouver sur le site internet de Maryse.

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Un album joliment tendre, dont on peut se demander si une réédition pourrait être envisageable, à l'intention d'un public enfantin? L'album est intemporel. Je suppose qu'Elsa aurait aussi son mot à dire sur la question. Il est clair que cet album est nettement moins "trash" que d'autres.

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Je n'ai pas (encore) l'album Tout est politique également paru chez Messidor en 1981, mais la main panière en couverture de ce dernier me fait penser que son contenu doit être nettement moins fleur bleue... Un tome 2 de La divine sieste de papa est paru en 1987 (je ne l'ai pas non plus - pas encore). Ensuite, pour ce qui peut concerner la "jeune" Elsa, évoquée (prétexte fictionnel à nouveau, je suppose?) dans J'hallucine! en 1991 en tant que post-ado, elle est même la dédicataire de cet album (que j'avais acheté en 1999).

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Selon la 4ème de couv (avec photo d'Elsa, que je n'ai pas mise ici), ce recueil rassemble des dessins et planches (je n'en ai pas repris non plus) réalisés pour le journal Phosphore entre 1987 et 1991.

*** Je suis Charlie ***

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mardi 28 février 2017

Le cas Malaussène 1 - Ils m'ont menti - Daniel Pennac

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Ca y est, je viens de terminer le premier tome de la nouvelle trilogie Malaussène, 18 ans après la parution du 6ème volume: Aux fruits de la passion en 1999.

Les 5 précédents avaient pour titre, pour ceux qui connaissent : Au bonheur des ogres (1985) La fée Carabine (1987), La Petite marchande de prose (1990), Monsieur Malaussène (1995), Des chrétiens et des maures (1996). C'est mon ami Ta d loi du cine qui me les avait fait connaître.

J'ai commencé (comme mon ami) par la fin, c'est-à-dire qu'il y a un répertoire à la fin du roman de tous les personnages vivants, fictifs ou morts qui apparaissent dans les romans précédents ou dans ce nouvel opus. Je vous conseille de faire de même car même si j'ai lu les romans de Pennac il y a environ dix ans, j'ai beaucoup oublié et une piqûre de rappel est bienvenue.

On retrouve la tribu Malaussène au complet, de Benjamin (directeur littéraire aux éditions du Talion et bouc-émissaire à l'occasion) et Julie à Verdun devenue Juge d'instruction. Cette dernière est mariée à un boulanger, ancien juge lui-même. On retrouve même Julius le chien (enfin c'est un descendant de la troisième génération).

Georges Lapietà, un affairiste bien connu sur la place de Paris, vient d'être enlevé. Le rapport avec la famille Malaussène est que Maracuja, née dans Aux fruits de la passion, est tombée amoureuse de "TUC" (Travaux d'Utilité Collective), le fils unique de Lapiétà. Les kidnappeurs demandent comme rançon la somme, au cent près, reçue peu de temps auparavant par Lapietà pour avoir fait licencier 8302 personnes de l'entreprise LAVA.

Je ne vous dévoilerai pas plus l'intrigue de ce roman moins drôle que les précédents, et je n'ai pas retrouvé la verve stylistique sauf dans certains passages. Cela n'empêche pas que j'attends la suite, Leur très grande faute, avec intérêt.

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mardi 7 février 2017

Le capitalisme en 10 leçons - texte de Michel Husson / dessins de Charb

Je (ta d loi du cine, "squatteur" chez dasola) profite de l'absence de la maîtresse des lieux pour glisser un article en hommage aux tués de Charlie Hebdo, enfin finalisé parmi ceux dont les projets traînent en version "brouillon" depuis des mois. Je précise que Michel Husson est, lui, bien vivant, heureusement!

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Michel Husson est un économiste critique, membre du conseil scientifique d'Attac. Il a notamment publié Les Casseurs de l'Etat social (La Découverte, 2003) et Un pur capitalisme (Page Deux, 2008). Charb, dessinateur, directeur de publication de Charlie Hebdo, a notamment illustré, de Daniel Bensaïd, Marx, mode d'emploi (Zones, 2008).

Le capitalisme en 10 leçons (sous-titré "Petit cours illustré d'économie hétérodoxe"): j'ai lu de la première à la dernière page ce livre ardu, bourré de notes et de références bibliographiques. J'y ai mis quelque temps, puisque je l'avais acheté lors de ma visite à Ardelaine (dans leur librairie), en août 2013 ("à 80% pour les dessins de Charb!", comme je l'avais noté à l'époque), mais ne m'étais pas précipité ensuite pour le lire. Les événements que l'on sait me l'ont fait reprendre en main en 2015. L'ouvrage est bien égayé par 79 dessins différents dessins de Charb, qui enjolivent (illustrent, ornent, agrémentent, désennuient, distraient dans la lecture... - ne rayez aucun de ces utiles synonymes!) le texte. 

Statisticien, économiste, militant, Michel Husson ne prend pas la voie de la simplification outrancière. Si je devais extraire une seule phrase des quelque 250 pages de ce livre pour le synthétiser, elle serait négative: "Son objectif [du capitalisme] n'est pas la satisfaction optimale des besoins humains, et la nécessité d'une adéquation à ces besoins est une contrainte que le système va chercher à déplacer" (p.83). Une argumentation solidement charpentée est étayée par force notes de bas de page, dont une vingtaine (j'ai compté) renvoient sur le site de Michel Husson (dont le "mode d'emploi" exprime sans ambiguïté "ceci n'est pas un blog"). Je me souviens avoir vu début 2015 le fameux dessin "D'où vient le capitalisme? Ca, j'en sais rien... Je sais juste que mes profits viennent de la sueur de ton front... Tocard...", sur fond noir, en page d'accueil dudit site (je n'avais pas fait de capture d'écran à l'époque). Bel hommage.

Charb avait précédemment illustré un livre d'un autre militant éminent de la LCR, Daniel Bensaïd (1946-2010), Marx mode d'emploi, éd. Zones, 2009. Ce titre a été réédité en 2014 en "poche" aux éditions La Découverte. Je ne l'ai pas lu, je ne l'ai pas. Il se trouve dans quelques bibliothèques municipales parisiennes (certains exemplaires sont à ce jour empruntés, d'autres en rayon). Je suppose que les dessins doivent aussi valoir le coup d'oeil...

Nos dessinateurs auraient dû bien s'amuser en cette année électorale. Du coup, j'ai essayé d'extraire quelques "citations" pertinentes.

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Bon, je vous quitte, il faut que j'envoie des candidatures pour des postes d'attaché parlementaire. Il paraît que ça paye bien.

*** Je suis Charlie ***

PS du 10/02/2017: Je (Dasola) suis rentrée du Japon. Voici les mêmes dessins pris par moi. Il semble que les photos soient plus réussies.

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vendredi 20 janvier 2017

La griffe du chien - Don Winslow

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Le roman La griffe du chien de Don Winslow (Editions Points Le Seuil, 825 pages haletantes) a été écrit en 2005 et publié en français en 2007. La griffe du chien est un roman violent et foisonnant dont l'histoire se déroule de 1975 (fin de la guerre du Vietnam) à 1999 avec un épilogue en 2004. Art Keller fait partie de la DEA (Drug Enforcement Administration) américaine chargée de lutter contre la toxicomanie et le trafic de drogue. Cette guerre contre la drogue est un long combat. Face à lui, nous avons deux frères mexicains, Adán et Raúl Barrera, épaulés par des sicarios, des tueurs. Adán compte et Raúl tue (sans pitié). Art Keller fera tout pour les faire arrêter. Don Winslow brosse un portrait sans concession des narcotrafiquants mexicains qui gangrènent le Mexique jusqu'au plus hautes instances de l'état. Dans ces années-là, la montée du communisme fait plus peur que la drogue qui sert à acheter des armes afin de lutter contre les groupuscules d'extrême-gauche. L'Amérique n'est pas non plus décrite sous son meilleur jour. L'écrivain sait rendre les personnages attachants (même les "méchants"), en particulier Nora Holden, la "pute au grand coeur", intelligente et courageuse. Il ne perd jamais le lecteur dans les méandres de l'intrigue. C'est brillant. Un très bon roman. Lire le billet d'Inganmic.

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mardi 17 janvier 2017

Drive - James Sallis

A défaut d'avoir réussi à rédiger un billet statistique pour les 10 ans du Blog de dasola ou un billet "Hommage" concernant Charlie Hebdo, voici 20 lignes que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) peux proposer.

Drive (et pourquoi pas "Le chauffeur"?): encore un livre que j'ai extorqué à dasola alors qu'il lui était tombé des mains. L'édition en notre possession date de 2011, et affiche la photo du film en couverture. C'est après avoir revu celui-ci que la PAL dasolienne a été fouillée. Je viens d'en terminer les 175 pages (en poche, Rivage/Noir). Je constate que le cinéaste (Nicolas Winding Refn) et son équipe ont vraiment fait oeuvre de création, en partant de situations présentes, éparses, dans le roman, et en les reliant, les complétant, les explicitant, par le vrai "fil rouge" d'un scénario compréhensible.

C'est curieux de constater que, à partir d'éléments communs, on peut générer des oeuvres tellement différentes. Il serait sans doute intéressant de pouvoir lire (et comparer) une "novellisation" rédigée à partir du film. Dans le livre, nous avons également un homme jeune, solitaire (sinon presque "clandestin"), doué pour la conduite automobile mais aussi pour l'usage de la violence. Nous avons aussi un milieu en marge de la loi, des braquages, des cascades cinématographiques. Mais il est intéressant de relever que le "milieu" du cinéma y apparaît d'une manière très différente de celle portée à l'écran (à mon avis), où prime la construction d'une réputation professionnelle, d'un réseau... et d'un agent efficace.

Pour ceux qui ont vu le film, le livre commence juste après le massacre en lieu clos qui suit le braquage raté. Les retours en arrière éclairent la biographie du Chauffeur (hérédité chargée - Sallis connaît-il Zola?). Le livre donne davantage l'impression d'une histoire d'hommes (beaucoup moins de romantisme). La mort du héros est annoncée comme à venir dans un certain temps.

J'ai apprécié ce livre. Est-ce que j'aurais cherché à le lire si je n'avais jamais vu le film? Non. Si j'avais lu le livre par hasard avant de voir le film, est-ce que je l'y aurais reconnu? Non plus. Je ne peux que vous recommander de faire l'expérience des deux de votre côté, dans l'ordre que vous voulez.

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