vendredi 8 septembre 2017

Petit paysan - Hubert Charuel

Comme annoncé dans mon précédent billet, je vous conseille d'aller voir Petit paysan, le premier long-métrage d'Hubert Charuel qui est aussi le co-scénariste. Pierre Chavanges est propriétaire d'une trentaine de vaches laitières dans la Charente. Pierre ne vit que pour ses vaches, il les appelle par leur prénom, il les aide à vêler. Un jour, par internet, il apprend qu'une fièvre hémorragique décime les troupeaux du nord de la France. Pierre, très inquiet, a un pressentiment. Une première puis une deuxième de ses vaches vont mourir de la fièvre. Lui-même a des symptômes qui le font se gratter jusqu'au sang. Il ne dit rien à personne, sauf à sa soeur, Pascale (Sara Giraudeau), l'une des vétérinaires de la région. On suit le calvaire de Jean qui est pris dans un engrenage infernal. Avec ce film, on apprend que toutes les vaches sont "tracées": aucune ne peut "disparaître" impunément. Les contrôles sanitaires sont fréquents. Pierre Chavanges (Swann Arlaud, très bien), avec ses cernes et son air buté, a toute notre sympathie, surtout quand il essaie de préserver un petit veau qu'il recueille sur son canapé. On se dit qu'être éleveur de bovins n'est pas un métier simple. C'est fatigant, peu gratifiant et parfois déprimant. Un film à voir. Lire le billet de Pascale.

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jeudi 7 septembre 2017

Petite anthologie du dessin politique - Honoré

J'avais déjà (ta d loi du cine, squatter chez dasola) rendu hommage au dessinateur Honoré dans un de mes billets précédents (le 25 janvier 2015), après son assassinat à Charlie Hebdo. Cette fois-ci, je me suis intéressé au recueil des dessins d'Honoré qu'a édité sa fille, sous le titre Petite anthologie du dessin politique (La Martinière, avril 2016, 288 pages). De coups d'oeils dans des dictionnaires, je retiens qu'une anthologie est un recueil de morceaux choisis (des vers, de la prose, de la musique: ici, donc, des dessins de presse).

Anthologie_H

Quelle logique, autre que subjective, a présidé au travail d'édition? J'aurais aimé en lisant le livre en apprendre davantage sur les modalités de choix, savoir si Honoré lui-même avait pré-sélectionné ses dessins préférés, ou si la sélection (par Hélène Honoré, par l'éditeur?) est intégralement posthume. J'ai constaté qu'Hélène Honoré avait répondu en avril 2016 à certaines questions que je me posais lors de son passage (12 minutes) sur le 14/16 de LCI pour présenter le livre (elle a voulu un livre qui puisse rester intemporel, avec les thématiques chères à son père, en choisissant de beaux dessins dont parfois l'élégance n'exclut pas la férocité...).

J'ai compté 201 (?) dessins (de juin 1995 au célèbre dessin envoyé quelques minutes avant sa mort - le dessin de couverture date, lui, de septembre 2009). Ces dessins sont essentiellement en noir et blanc, il n'y en a jamais plus d'un par page, mais beaucoup de pages de gauche sont blanches (72!), sans que j'aie trouvé la logique correspondante (mise en valeur du dessin unique de la double page? - j'espère qu'il ne s'agit pas de censure). Les années 1995 et 1996 ne comportent qu'un dessin chacune, 1997 en a deux, du mois de juin (double page). Il peut y avoir des "retours en arrière" (pour 1998, on a janvier, juin, avril-août, décembre; ou bien un dessin de décembre 2006 entre deux de mars 2007), et beaucoup de mois de production (plusieurs dessins chaque semaine dans Charlie?) non représentés, tout comme des mois dont plusieurs dessins ont été choisis (6 pour octobre 2008), surtout pour les périodes les plus récentes. Une double page contient un dessin de décembre 1999 et à droite un de mars 2000... Je suppose que le parti pris a vraiment été de faire se suffire à lui-même chaque dessin, plutôt que de le remettre dans le contexte de l'hebdomadaire. Je n'ai choisi aucun des 9 dessins comportant de la couleur (majoritairement du rouge).

Dans ma propre sélection (qui peut-être en dit autant sur moi que sur Honoré?), je cite seulement quelques dessins qui m'ont particulièrement "parlé":  

l'environnement...   P1050573    P1050563    P1050568    P1050562

des pastiches BD (Tintin, Milou, Pif...) ou références culturelles P1050561    P1050569     P1050574

quelque peu de provocation, de religion voire de politique...  P1050564    P1050566    P1050570    

P1050572    P1050593

Dans son texte introductif, Hélène Honoré parle du perfectionnisme artistique de son père, qui revenait sur ses dessins, même après publication, jusqu'à en être satisfait. Je me suis aperçu que j'avais déjà cité un dessin de l'album dans mon billet sur Je hais les petites phrases: la phrase au-dessus de la vignette est différente...

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On peut aussi lire un article du vénérable Yves Frémion (critique et écrivain sur la BD) à l'occasion de la sortie de ce recueil. Je vous invite bien entendu à feuilleter la Petite anthologie... vous-même. 

In fine, je voudrais revenir sur une anecdote dont parle Hélène Honoré ici: quelques jours après l'attentat de Charlie Hebdo, un tagueur a rendu hommage à Cabu, Wolinski, Tignous et Charb, en oubliant Honoré. Elle-même, ainsi que la dessinatrice Catherine et Sigolène Vinson, ont monté un véritable "commando" pour rajouter au pochoir le visage de son père près de ses pairs. Ci-dessous l'anecdote racontée par Catherine [Meurisse] dans son album La légèreté (Dargaud, 2016), qui narre comment elle "s'est retrouvée" après le massacre de ses amis.

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*** Je suis Charlie ***

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mardi 5 septembre 2017

7 jours pas plus - Héctor Cabello Reyes / Bonne pomme - Florence Quentin

Voici deux long-métrages sortis le 30 août 2017.

Je commence par le "remake" du film argentin El Chino qui m'avait plu. 7 jours pas plus m'a autant divertie que le film original. Je l'ai trouvé drôle et émouvant. La transposition en Belgique est réussie et Benoît Poolvoerde s'en sort bien. Pierre, un vieux garçon qui s'endort tous les soirs à 23h00 pile et se réveille à 6h00 du matin, est le propriétaire d'une quincaillerie en ville. Il n'arrête pas de récriminer contre un fournisseur de vis. Dans les boîtes qui lui sont livrées, le compte n'y est pas. Le soir, il découpe dans le journal des articles de faits divers qui sortent de l'ordinaire. Il n'a aucune vie sentimentale même si une jeune femme de sa connaissance vient le voir souvent. C'est un homme rustre qui n'a pas beaucoup de savoir-vivre. Jusqu'au jour où il va croiser le chemin d'Ajit, un Bengali qui, ne parlant pas un mot de français, est éjecté d'un taxi juste devant lui. Sept jours, c'est le temps que Pierre accepte de loger Ajit afin que ce dernier retrouve son oncle. Je ne vous en dis pas plus. Pour ceux qui ont vu El Chino, c'est la même histoire et la même fin. Allez voir 7 jours pas plus, qui semble être projeté dans peu de salles - et c'est dommage.

Je suis allée voir Bonne pomme parce que la BA m'avait amusée, et puis Depardieu et Deneuve dans le même film, c'est souvent un plaisir. Le scénario est plutôt confus au début. Gérard qui ressemble à un ogre s'occupe d'un garage à Dreux. C'est le "brave couillon" qui se fait avoir par son ex-femme, comptable dudit garage, et par toute sa belle-famille. Il part sur un coup de tête pour acheter un garage à lui tout seul dans un petit village de Seine-et-Marne. Face à ce garage, il y a un hôtel-restaurant tenu par Barbara (Catherine Deneuve). Barbara est fantasque, n'a pas un sou, arrive à soutirer des arrhes importantes à Gérard. Elle laisse en plan ses clients au moment du dîner. De très mauvaise foi, elle se sort de toutes sortes de situations avec beaucoup d'aplomb en prenant souvent la fuite. Heureusement qu'avec Gérard qui ne boit que du jus d'abricot (!!!), elle va trouver une "bonne pomme". J'avoue que je suis très très indulgente envers ce film au scénario très ténu, car Deneuve et Depardieu sont attendrissants, mais vous pouvez attendre de le voir à la télé.

Je chroniquerai ultérieurement Petit paysan sorti la même semaine et que je vous conseille.

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samedi 2 septembre 2017

Seven sisters - Tommy Wirkola / Les proies - Sofia Coppola / Wind River - Taylor Sheridan

Seven Sisters est un thriller futuriste pas désagréable à voir, même si la fin n'est pas tout à fait réussie. L'un des atouts du film est Noomi Rapace qui interprète des septuplées. Nous sommes en 2079. Depuis plus de 30 ans la planète Terre connaît un problème de surpopulation. La politique de l'enfant unique a été instaurée et tous les enfants surnuméraires sont enlevés et confinés dans un endroit bien gardé. Personne ne sait ce qu'il leur arrive. En 2049, Terrence Settman, un scientifique, a assisté à l'accouchement de sa fille (elle en est morte). Elle a donné naissance à sept filles. Terrence décide de les appeler Lundi, Mardi, etc. jusqu'à Dimanche. Pendant trente ans, ces filles identiques vont grandir dans la clandestinité grâce à leur grand-père. Quand elles sortent dehors à tour de rôle dans la rue pour aller travailler ou se promener, elles le font le jour de la semaine qui correspond à leur prénom. Chaque soir, grâce à une caméra grefféee sur elles, elles font un compte-rendu de leur journée pour que les autres ne fassent pas d'impair quand c'est à leur tour de sortir. Car bien entendu, le monde de 2079 est hyper-connecté. Autant ces jeunes femmes se ressemblent, autant leur personnalités sont différentes. Un jour, malheureusement, la machine s'enraye quand un lundi soir, Lundi ne revient pas au domicile. Les six autres vont se mettre à sa recherche. Je ne vous en dis pas plus. Il y a pas mal de suspense. Les méchants de l'histoire ne sont vraiment pas sympathiques. Le style du film m'a fait penser à Hunger Games, au Labyrinthe ou même à Divergente. Les effets spéciaux avec sept Noomi Rapace dans le même plan sont réussis. Pourquoi pas?

Je passe au long-métrage de Sofia Coppola, Les proies (Beguiled en VO) qui a reçu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes en 2017. Après avoir revu tout récemment le film de Don Siegel de 1971 avec Clint Eastwood, j'ai trouvé que le film de Sofia Coppola n'était pas déshonorant mais il manque tout de même l'aspect sexualité réprimée et la jalousie causées par le caporal McBurney dans les Proies de 1971. En 1864, en pleine guerre de Sécession, en Virginie, un état sudiste, une des cinq jeunes pensionnaires d'une école de jeunes filles trouve un soldat yankee gravement blessé près d'un arbre. Elle le ramène dans l'école, une belle demeure sudiste. Le caporal va doucement se remettre et va provoquer des tensions au sein de ce groupe féminin. L'image est très léchée, il y a des très beaux plans. Colin Farrell, sans être comparé à Eastwood, est plutôt pas mal, ainsi que les actrices, Nicole Kidman en tête qui est toujours très à l'aise dans ce genre de rôle. Mais l'ensemble reste très sage. Lire le billet de Pascale.

Je termine avec Wind River de Taylor Sheridan dont c'est le premier long-métrage. Il est aussi acteur et il est le scénariste de Sicario et Comancheria. De nos jours, dans le Wyoming, en territoire indien, en plein hiver, c'est-à-dire avec -30° comme température extérieure, on suit Cory Lambert, un chasseur qui traque les loups menaçant un troupeau de moutons. Avec son motoneige, parcourant les étendues neigeuses, il découvre le cadavre d'une jeune femme qu'il connaissait, une Amérindienne qui fut l'amie de sa fille, elle aussi décédée sans qu'on ait retrouvé son corps. Une agente du FBI, dépêchée sur les lieux, va, avec l'aide de Cory, poursuivre le meurtrier. L'intérêt du film réside dans le fait que la victime est Amérindienne et que l'enquête est menée dans des conditions climatiques extrèmes. Cory sait voir les traces qui le conduiront au meurtrier. La victime a couru 10 km pieds nus dans la neige avant de mourir. Le meurtrier lui, fera à peine cinq cents mètres avant de s'écrouler avec les poumons explosés. Un film qui se laisse voir même si c'est inférieur aux deux films mentionnés. Lire le billet de Wilyrah.

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mercredi 30 août 2017

Règne animal - Jean-Baptiste del Amo

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Règne animal (Edition Gallimard, 418 pages parfois éprouvantes) de Jean-Baptiste del Amo n'est pas un roman confortable. L'histoire se décompose en 2 grandes parties: 1898 à 1917, et 1981.

A Puy-Larroque dans le Gers, au début du XXème siècle, Eléonore naît dans une ferme. La mère, "la génitrice" (on ne connaîtra pas son nom), femme sèche, dure et surtout bigote, n'éprouve aucun élan maternel pour ce bébé qu'elle voit comme un fardeau. La ferme vit grâce aux quelques animaux (en particulier des cochons) dont la génitrice s'occupe. Le père d'Eléonore tombe malade, il tousse beaucoup. Autant Eléonore éprouve de l'animosité envers sa mère, autant elle aime son père, Henri. Par la suite, elle aimera Marcel, un parent de la famille âgé de 19 ans au départ et qui reviendra "la gueule cassée" de la Grande Guerre. Avec lui, elle s'occupera de la ferme. J-B. Del Amo a une écriture puissante. Il ne nous épargne rien de ce qui se passe entre la naissance et la mise au tombeau. Il emploie un vocabulaire très organique, où la montée de sève le dispute à la décomposition des corps. On est dans le lisier, la m...de, le sang, la boue. Cette vie à la ferme n'a rien d'idyllique. Puis nous passons à 1981, la deuxième partie du roman. Eléonore est devenue une vieille femme qui n'a plus son mot à dire. Son fils Henri et les deux fils de celui-ci s'occupent de l'élevage industriel de centaines de cochons (verrats et truies) qui sont entravés. La description qu'Amo fait des conditions de vie de ces animaux nous met le coeur au bord des lèvres (et moi qui aime tant manger du porc...): quelle violence dans la manière d'élever ces animaux! J'ajouterai que tout va se déliter. J'avoue que cette partie m'a moins plu que la première. J'aurais aimé que l'écrivain donne plus de détails sur les soixante années qui séparent les deux parties. L'histoire peut rebuter, mais l'écriture emporte l'adhésion. Un prix du Livre Inter mérité.

Lire les billets de Keisha et Laure.

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dimanche 27 août 2017

Une femme douce - Sergueï Loznitsa

Il faut tout de suite prévenir qu'Une femme douce du réalisateur ukrainien Sergueï Loznitsa, sorti mercredi 16 août 2017, n'est pas un film facile. Il dure 2H23 et l'on sort de la projection assez secoué (en ce qui me concerne). Quand le film commence, une femme trouve un avis de la poste dans sa boîte aux lettres. Le colis qu'elle avait envoyé à son mari en prison vient de lui être retourné sans explications. C'est au bureau de poste que l'on découvre l'univers kafkaïen dans lequel vivent les gens en Russie de nos jours. La préposée n'est pas aimable quand elle redonne le colis à la femme qui décide d'aller le porter elle-même. A partir de là, comme la prison est très très loin dans une campagne reculée, on part avec cette femme digne et belle qui a mis une jolie robe, qui ne sourit pas et prononce peu de mots. L'actrice Vasilina Makovtseva est extraordinaire. Elle prend un train, puis un autre dans lequel les gens chantent en buvant de la vodka. A chaque étape, la femme subit des humliations et des rebuffades sans qu'elle réagisse vraiment. Arrivée dans la ville où se trouve la prison, un taxi la conduit pas très loin du bâtiment sinistre bâti au milieu d'un paysage désolé. On sent sourdre une violence latente. Dans la prison et aux alentours, ce n'est que refus, bêtise, incompréhension, menaces à peine voilées, fausse gentillesse. La violence, la femme l'évitera longtemps jusqu'à la scène finale que j'ai trouvé insoutenable. Le film est baigné par une belle lumière. Les plans sont travaillés et j'ai trouvé certaines séquences marquantes comme le moment surréaliste qui réunit plein de personnages vus auparavant dans l'histoire. Ce n'est pas un film grand public. Il peut plaire ou rebuter mais il ne peut pas laisser indifférent. Il faut noter que ce film est une production franco-germano-lituanienne. Le réalisateur vit en Allemagne et le film a été tourné en Lituanie. Lire le billet de ffred.

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jeudi 24 août 2017

Dunkerque - Christopher Nolan

Dunkerque permet à Christopher Nolan d'évoquer la célèbre bataille en mai et juin 1940 quand les armées britannique, française, belge et hollandaise prises en étau par les Allemands ont battu en retraite à Dunkerque. Grâce à l'opération Dynamo, plus de 300 000 soldats anglais ont pu rejoindre l'Angleterre dans différentes embarcations, dont beaucoup menées par des civils britanniques. Christopher Nolan a fait le choix de nous montrer l'opération Dynamo sous trois angles: dans l'air avec quelques "Spitfire" britanniques qui abattent autant qu'ils peuvent des avions ennemis qui bombardent soldats et bateaux ; dans l'eau où plusieurs bateaux sont coulés tandis qu'une petite embarcation partie d'Angleterre repêche un pilote et des marins naufragés ; sur la plage immense où des files de soldats attendent de pouvoir partir. On suit plus particulièrement le périple de plusieurs personnages dont trois soldats (Tommy, Gibson et Alex) qui cherchent à rejoindre l'Angleterre en prenant différents bateaux. Puis Collins, l'un des pilotes de Spitfire, qui tout en mitraillant des avions ennemis surveille en permanence sa jauge d'essence défectueuse. Je n'oublie pas Dawson, le pilote du petit bateau de plaisance évoqué plus haut. Il semble que ce Dawson s'inspire de l'officier de marine Charles Lightoller (rescapé du Titanic en 1912). J'ai trouvé le film très bien fait, rien à dire, mais je n'ai pas été aussi enthousiaste qu'ont pu l'être les blogueurs ci-dessous, peut-être parce que l'on ne voit aucun Français ou presque. Il manque quelque chose, je trouve.
Lire les billets de Pascale, Princecranoir (dithyrambiques tous les deux) et Matchingpoints.

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lundi 21 août 2017

Douleur - Zeruya Shalev / Cabine téléphonique-Bibliothèque

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Après Ce qui reste de nos vies que j'avais beaucoup aimé, j'ai été contente de découvir Douleur de Zeruya Shalev qui est paru début 2017 (Editions Gallimard, 400 pages). Il est à mon avis plus accessible que le précédent, l'écriture est plus aérée. Iris (le double de l'écrivain elle-même victime d'un attentat en 2004?) a été grièvement blessée dans un attentat dix ans auparavant. Elle en garde des séquelles depuis lors. Iris est mariée à Micky et a deux enfants presque adultes, Alma et Omer. Agée de 45 ans, Iris dirige une école privée à Tel Aviv. A l'occasion d'une visite de contrôle à l'hôpital, elle reconnait Ethan, un médecin qui fut son premier amour. Renouant avec lui, elle ne sait pas où cela va la mener. Ethan l'avait quittée assez brusquement 28 ans auparavant. Elle sent qu'elle a une décision importante à prendre. En parallèle, sa fille Alma, qui est en train de s'émanciper, a accepté de travailler dans une cafétéria à Jérusalem dont le patron est une sorte de gourou. Alma est complètement sous la "coupe" de cet homme. Quand elle découvre cet état de fait, Iris s'inquiète pour Alma qui est en conflit avec elle. Comme dans Ce qui reste de nos vies, Zeruya Shalev reprend ses thèmes sur la famille et les relations pas toujours faciles entre les êtres, sur le pardon. Ainsi, "Douleur" est un avatar qui apparaît dans son téléphone portable. Sous ce pseudo, elle a enregistré le numéro de téléphone d'Ethan... Au final, un beau roman. Lire le billet de Kathel.

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Le week-end du 15 août, j'étais à Dol-de-Bretagne (il faisait beau et bon). Sur une place, j'ai découvert une cabine téléphonique publique (il n'y en a pratiquement plus en France) qui a été détournée de son usage initial. C'est devenu une mini bibliothèque où l'on peut emprunter, rendre ou donner des livres. C'est libre d'accès. Mon ami et moi trouvons le concept très sympathique. Je souhaitais le partager avec vous.

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vendredi 18 août 2017

Que Dios nos perdone - Rodrigo Sorogoyen

Après La Isla minima (sorti aussi en plein été il y a deux ans) qui bénéficiait d'une histoire prenante hors des sentiers battus, je vous conseille d'aller voir, cet été, un autre polar espagnol, Que Dios nos perdone (recommandé aussi par Pascale et alex). A Madrid en 2011, le Pape Benoît doit venir dans la capitale espagnole. Le pays est en plein marasme économique. C'est dans ce contexte que deux policiers, Velarde (qui souffre de bégaiement) et Alfaro (au comportement parfois incontrôlable) enquêtent sur le meurtre et le viol de plusieurs dames âgées. L'enquête piétine vite car le tueur ne laisse pas d'empreintes. Les policiers ne sont pas aidés par leur chef qui veut des résultats et une arrestation discrète. Le réalisateur s'attarde beaucoup sur la vie des deux flics: Velarde, qui vit seul dans un appartement sans fenêtre, et Alfaro, marié et père de deux enfants. Son couple va mal. Velarde, quant à lui, a un problème dans ses relations avec les femmes. Quant au tueur, on apprend qui il est vers le milieu du film lors d'une course poursuite mémorable dans le métro madrilène. Car les quatre premiers crimes sont montrées post-mortem. En revanche le dernier crime (sur une vieille dame très sympathique) est filmé de bout en bout. La violence du tueur est effrayante. L'épilogue laisse un goût amer. Un très bon film servi par de bons acteurs. Lire aussi les billets de ffred et Tinalakiller.

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mardi 15 août 2017

Tag du Bac

Bon, j'avais négligé de finaliser le présent billet pour le 14 juillet, mais le 15 août, comme symbole de vacances, c'est pas mal non plus... Alors voilà!

Cela fait donc près de 6 semaines que les derniers bacheliers potentiels de la session (ceux qui ont dû se coltiner un oral de rattrapage) ont eu leurs résultats (vendredi 7 juillet 2017). Moi, ça me renvoyait à de vieux souvenirs: il y a 36 ans, j'avais dû revenir des vacances où j'étais imprudemment parti pour affronter ces ultimes épreuves. Cette année, je m'en suis tiré avec une mention Assez Bien. Mon niveau a dû monter avec les années... mais c'est pas le même Bac non plus!

... Bref, en me glissant entre deux billets de dasola, je (ta d loi du cine) continue à "squatter" son blog pour vous proposer le "Tag du Bac" que j'ai trouvé chez Mathilde littéraire.

Evidemment, j'aurais pu me compliquer un peu plus la vie... "De mon temps", on jouait à un jeu, le "baccalauréat", où il fallait, en temps limité, remplir un certain nombre d'items (catégories de questions) commençant par une des 26 lettres de l'alphabet. Ce jeu s'appelait... le baccalauréat!

J'ai vaguement songé à chercher 26 occurrences pour chacune des 11 questions du tag initial (pas tous avec des auteurs contemporains!). J'avoue que je me suis un peu creusé la tête entre le 5 juillet et maintenant. Mais bon, c'est les vacances... Non? Alors je me borne au résultat ci-dessous (le texte introductif demandait seulement de trouver un livre différent pour chacune des 11 questions)!

* Français : citer un livre d'un auteur français dont vous avez apprécié la plume.

Le corbeau et le renard de Jean de La Fontaine (Fables). Plus sérieusement, la série de bande dessinée (Juillard / Cothias) Plume au vent (4 tomes de 1995 à 2002, en lien avec Les Sept vies de l'épervier, etc.). Plus sérieusement encore, La plume empoisonnée (The Moving Finger) d'Agatha Christie (1942, trad. française 1949 et, plus récemment, de nouveau en 1994) [ah, non, désolé, ça ne marche pas: écrivain anglais!].

* Mathématiques : citer un livre dont la couverture évoque les maths.

Trop compliqué, la couverture. Je vais encore me cantonner au titre. E=MC2 mon amour de Patrick Cauvin (1977)? Bon d'accord, c'est de la physique... Plus sérieusement, Le zéro et l'infini, traduction française en 1945 de Darkness at noon d'Alfred Koestler (1940). Encore plus sérieusement, Un homme + une femme = quoi? d'Elsa Cayat (1998) [de la psychanalyse!].

* Anglais : citer un livre dont le titre est en anglais (mais le contenu en français).

Jurassic Park de Michael Crichton (1990 - je possède cependant une traduction publiée en 1992 sous le titre Le parc jurassique...). Plus sérieusement, Love story de Erich Segal (publié en 1970 avant même la sortie du film dont il constituait la novellisation du scénario, "best-seller" mondial sous ce titre). Bon, encore plus sérieusement, Time to turn de François Taillandier, 5ème tome de sa série La grande intrigue, rédigé directement en français bien entendu en 2010.

* Histoire : citer un livre dont l'intrigue se déroule dans un passé lointain.

1984 de George Orwell... Plus sérieusement, La guerre du feu de J.-H. Rosny ainé (1909). Ou alors l'Iliade, d'Homère (dont on dit qu'il aurait été aveugle - comme je n'ai pu m'empêcher de le glisser dans ma copie de Français cette année)...

* Géographie : citer un livre dont l'histoire se déroule dans un endroit que vous savez placer sur une carte.

L'Atlantide de Pierre Benoit (au Sahara) [publié en 1919]. Plus sérieusement, Le tour de la France par deux enfants de G. Bruno (1877) - que j'ai lu il y a fort longtemps. Ou peut-être La Corée en feu de Jack London (1905).

* Philosophie : citer un livre qui vous a fait réfléchir.

Le monde de Sophie (Sofies verden) de Jostein Gaarder (1991, traduit en français en 1995).

* Physique/chimie : citer un livre avec un personnage geek.

Je me serais attendu à ce que l'intitulé de la question concerne l'informatique, mais bon... Heu... L'idée fixe du savant Cosinus de Christophe (1893 à 1899). Plus sérieusement, la série Millenium créée par Stieg Larsson en 2005 (même si les membres de "Hacker Republic" sont moins geeks que hackers).

* Economie : citer un livre dans lequel le héros exerce une activité professionnelle.

Un petit boulot (Since the Layoffs) de Iain Levison (2003)... Alternativement, Au bonheur des ogres de Daniel Pennac (1985).

* Sciences: citer un livre où les lettres SCIEN sont présentes dans le titre.

Utiliser à bon escient les différentes méthodes pédagogiques, du collectif Demos (2012). Mon commentaire: cela ne peut qu'être passionnant...

* LV2 : citer un livre écrit ni en Français, ni en Anglais.

Der tod in Venedig (La mort à Venise) de Thomas Mann (1912).

* Sport : citer un livre dans lequel le héros fait de la course à pied/du running.

Sans aucun remords de Tom Clancy (1994).

J'espère que ce tag vous aura plu à tous les niveaux. A vous de jouer maintenant!

PS: je viens tout juste de comprendre que ce tag a été initié par "PKJ", tag-bac autrement dit Pocket Jeunesse (qui a changé de nom en 2012 pour ne pas rebuter les "jeunes adultes").

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