lundi 19 avril 2010

Cinq matins de trop - Kenneth Cook

Après deux recueils de nouvelles hilarantes et qui m'ont beaucoup plu (lire mon billet), j'ai voulu aller plus loin dans ma découverte de cet écrivain australien. Cinq matins de trop (Wake in fright pour le titre original) de Kenneth Cook (Editions Autrement) est, semble-t-il, son roman qui le rendit célèbre en 1961 (il y a eu une adaptation cinéma sous le titre Outback en 1971). En Australie, John Grant, un jeune instituteur qui peine à exercer son métier avec 27 cancres sur 28 dans une petite bourgade d'une zone semi-désertique, se réjouit de passer ses 6 semaines de grandes vacances (scolaires) en décembre / janvier à Sydney à plus de 2000 km de là. Son voyage tourne au cauchemar dès qu'il atteint la première ville importante (Bundanyabba) d'où il doit prendre l'avion: dès le premier soir, il perd, à un jeu d'argent, son salaire et le montant de ses congés payés. A partir de là, voulant malgré tout aller à Sydney, il fait des rencontres: est hébergé, nourri, se retrouve dans le lit d'une fille, est pris en l'auto-stop et surtout est entraîné à boire et à boire encore, de la bière et d'autres boissons alcoolisées. L'organisme de John Grant a du mal à tenir l'alcool mais il ne peut faire autrement sinon il est en butte à l'hostilité et à un manque d'aide évident de la part des autochtones. Car comme il est dit à la 4ème de couverture tiré du roman: "...tu peux coucher avec leurs femmes, spolier leurs filles, vivre à leurs crochets, les escroquer, ...ils n'y prêtent guère d'attention. Mais refuse de boire un coup avec eux et tu passes immédiatement dans le camp des ennemis mortels...". Je ne vous raconterai pas la fin qui m'a surprise mais il n'ira jamais au-delà de Bundanyabba. Et en tout cas, les mésaventures de John Grant lui ont servi de leçon. Même si ce n'est pas aussi humoristique que les nouvelles (c'est le sujet qui le veut), on retrouve la verve et le style de Kenneth Cook nouvelliste. Un très bon conseil de lecture.

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samedi 17 avril 2010

Quelques films français vus depuis peu (1ère partie)

Voici un billet sur trois films français dont un m'a vraiment plu. Les trois histoires sont des scénarios directement écrits pour le cinéma par chacun des réalisateurs. Je ne connaissais aucun des trois (dont deux au moins viennent de la télé).

Je commence par Sans laisser de trace de Grégoire Vigneron, avec Benoît Magimel et François-Xavier Demaison. Que dire de ce film à part que l'idée de scénario n'est pas mal trouvée? Un homme, Etienne Chambon (Benoît Magimel), qui est en passe d'avoir une grosse promotion dans une entreprise, a un remord de conscience: 15 ans auparavant, il a volé une formule chimique miracle à un homme qui, depuis, vit dans le dénuement et l'aigreur. Il se rend chez cet homme, François Michelet (André Wilms), en compagnie d'un ami (Patrick Chambon) qui a repris récemment contact avec lui.
Le cauchemar commence pour Etienne quand Michelet meurt "accidentellement". Chambon, qui est responsable de l'acte fatal, fait du chantage à Etienne qui devient paranoïaque. Etienne, marié et gendre du directeur de l'entreprise où il travaille, avait tout pour être heureux. La fin en happy-end est assez invraisemblable. Ne connaissant pas le réalisateur, j'y suis allée pour Benoît Magimel qui l'on voit moins souvent sur nos écrans. Julie Gayet joue sa femme. Ils sont tous les deux très bien dans leur rôle. Malheureusement, comme son titre l'indique, le film ne laisse pas de traces.

Blanc comme neige de Christian Blanc, avec François Cluzet, Olivier Gourmet et Jonathan Zaccaï, m'a assez déplu pour diverses raisons. J'ai trouvé le scénario tiré par les cheveux; François Cluzet pas convaincant et très crispant; les "méchants" finlandais un peu monolithiques, et enfin la fin du film très ratée avec un tour de "passe-passe" assez improbable. Sur la Côte d'Azur, Maxime (François Cluzet), concessionnaire de voitures de luxe a un associé, Simon (Bouli Lanners) impliqué dans un trafic de voitures avec des Finlandais. Ces voitures ont des vices de forme qui rendent les Finlandais vindicatifs. Voulant récupérer leur argent, ils tuent Simon, et voici Maxime menacé. Ce dernier, aidé par ses deux frères, Grégoire (Olivier Gourmet) et Abel (Jonathan Zaccaï), essaie de s'en sortir sans l'aide de la police. Louise Bourgoin qui joue la femme de Cluzet n'a pas un rôle très intéressant. Les péripéties se succèdent et à la fin, il y a un faux dénouement en Finlande dans un beau paysage enneigé mais l'ensemble n'est vraiment pas convaincant et inutilement violent.

Je garde le meilleur pour la fin, car voici une comédie qui m'a bien distraite, L'arnacoeur de Pascal Chaumeil (et pourtant la BA ne m'avait pas "accrochée"). Le récit et les péripéties sont complétement invraisemblables et loufoques, mais voir Romain Duris et Vanessa Paradis danser sur une musique du film "Dirty Dancing" vaut le détour. Certaines situations se répètent mais ce n'est pas bien grave. Alex (Roman Duris) est un briseur de couples professionnel. Il considère qu'il existe trois catégories de femmes: celles qui sont heureuses; celles qui sont malheureuses mais qui l'assument; et celles enfin qui sont malheureuses mais qui ne s'en rendent pas compte. Heureusement que, dans ce dernier cas, des membres de leur famille veillent, car ce sont eux qui engagent Alex pour ouvrir les yeux de ces femmes. Alex est aidé dans cette tâche par sa soeur (Julie Ferrier) et son beau-frère "très beauf" (François Damiens), tous les deux bien sympathiques. Ils déploient des trésors d'imagination pour arriver à leurs fins mais en s'endettant beaucoup. C'est pourquoi, pour se renflouer, ils ne peuvent refuser l'offre d'un père qui, pour une raison obscure (tout au moins au début), ne veut pas que sa fille Juliette (Vanessa Paradis), oenologue, amoureuse et heureuse, se marie très prochainement. Ce film est un joli conte de fées. Il rencontre d'ailleurs de très bons échos sur les blogs et un très bon succès public. C'est mérité.

Un autre billet sur quatre autres films français suivra très prochainement.

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jeudi 15 avril 2010

Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer

C'est en lisant le dithyrambe qu'a rédigé Cuné sur ce roman que je me suis précipitée chez le premier libraire sur ma route pour acquérir Quand souffle le vent du nord d'un écrivain autrichien inconnu en France (jusqu'à ce jour), Daniel Glattauer (Editions Grasset). Je remercie Cuné pour ce conseil: j'ai dévoré ce roman en 2H30. Il fait 350 pages mais comme il s'agit d'échanges de mails entre trois personnages, la lecture est aisée et rapide. J'ai passé un moment délicieux en compagnie d'Emmi (Emma) Rothner, de Leo Leike et de Bernhard Rothner (le mari d'Emmi). Tout commence par une demande de résiliation par mail concernant un abonnement à une revue. Emmi Rothner se trompe d'adresse à une lettre près et la demande aboutit chez Leo Leike. 9 mois plus tard, à l'occasion des fêtes  de fin d'année, Emmi envoie un mail groupé à des amis: l'adresse de Leo est incluse par inadvertance. C'est l'occasion pour Leo de faire une réponse pleine d'esprit qui se termine par: "...Il faut que vous le sachiez: j'aime les mails groupés destinés à un groupe auquel je n'appartiens pas...". De là commence une correspondance drôle, touchante, amusante, intelligente, caustique, parfois  cruelle, qui dure un an. Du simple échange de politesse, les relations qui se nouent virtuellement entre Emmi et Leo évoluent vite. Lui sort d'une rupture sentimentale, elle semble heureuse en ménage. Comment tout cela va finir? Vont-ils se rencontrer "en vrai" ou pas? Je ne vous dirai rien si ce n'est que Bernhard, le mari d'Emmi, est le grain de sable qui fait que les choses auraient pu tourner différemment (je m'avance peut-être). A priori, une suite a été écrite à la demande unanime des lecteurs germanophones qui ont fait un triomphe à ce roman. Je pense que Cuné et toutes les blogueuses qui ont apprécié Quand souffle le vent du nord attendent de pied ferme la traduction de cette suite.

PS: Quand mon ami l'aura lu, je serais heureuse d'en faire un livre voyageur. Vous pouvez vous manifester par mail.

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mardi 13 avril 2010

La révélation - Hans Christian Schmid

Le début de La révélation de Hans Christian Schmid nous montre un homme marié et père de famille attentionné, "monsieur-tout-le-monde", qui se rend compte qu'il est poursuivi en voiture. Et il est en effet enlevé. Nous sommes dans un pays de l'Est. On le retrouve trois ans plus tard, en attente de jugement devant le tribunal pénal international de La Haye pour l'ex-Yougoslavie. On nous apprend qu'il s'agit d'un criminel de guerre serbe. La procureur, Hannah (formidable Kerry Fox), croit qu'elle va arriver, grâce à un témoin, à faire condamner cet homme responsable de déportations et de massacres de masse et de viols collectifs. Malheureusement, le témoin, convaincu de faux-témoignage, se pend. Mira (magnifique Anamaria Marinca), la soeur de ce dernier, réfugiée en Allemagne, mariée et mère d'un jeune garçon, se décide, après beaucoup d'hésitations et devant la détermination d'Hannah, à témoigner à son tour sur les violences qu'elle a subies elle-même avec d'autres femmes. C'est sans compter la raison d'Etat et les tractations pour que le bourreau (en passe d'être élu président de son pays) s'en sorte. Hannah et Mira sont les victimes de ce jeu diplomatique et politique où la compromission fait loi. On nous parle aussi de l'amnésie à l'égard des criminels de guerre. Le film est porté par deux personnages féminins exceptionnels: d'un côté Hannah, la procureur pas très heureuse dans sa vie personnelle mais qui se rattrape dans son métier, et de l'autre Mira, fragile et butée au début et qui va jusqu'au bout de son témoignage. Je recommande ce film (même si ce n'est pas un chef-d'oeuvre). La rédaction de mon billet montre bien que je l'ai un peu ressenti comme un brin impersonnel. C'est à la toute fin que j'ai été touchée. Voir aussi les critiques de Céline et de Rob.

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dimanche 11 avril 2010

La commissaire n'aime point les vers - Georges Flipo

Voici le premier roman que je lis de Georges Flipo, que je connaissais seulement comme nouvelliste (cf. mes billets du 05/01/2009 et du 07/10/2008). Je viens de terminer La commissaire n'aime point les vers grâce à l'initiative de l'auteur lui-même qui a dédicacé l'exemplaire du roman voyageur à tou(tes)s les blogueur(se)s qui l'auront entre les mains. Je l'ai vu arriver d'Ille et Vilaine avant de le faire repartir dans la Loire. Que dire de ce roman policier (Pourquoi avoir choisi ce genre en particulier? Je ne sais pas), si ce n'est qu'il est d'une lecture agréable car bien écrit. Néanmoins, je lui trouve plusieurs défauts dont sa longueur: 300 pages (il y en a 100 de trop) parsemées de fausses pistes, de suspects idéals (ou non) et de mobiles pas très clairs. Et il y a beaucoup de morts dans cette histoire. Le deuxième défaut (et pas des moindres), c'est Viviane Lancier, la (elle tient beaucoup au "la") commissaire de la 3ème DPJ de Paris, entourée de ses hommes (comme la chanteuse Barbara). Un peu grassouillette, passant d'un régime amaigrissant à l'autre en dépit du bon sens et dénuée d'humour, Viviane Lancier m'a beaucoup énervée. Elle est peut-être commissaire mais pas une bonne enquêtrice, heureusement qu'elle est aidée par un jeune inspecteur, Augustin Monot, qu'elle aimerait (pourquoi pas?) mettre dans son lit. "Ses" autres hommes restent un peu dans l'ombre. Je ne raconterai pas l'histoire dans laquelle un poème inédit d'un auteur célèbre joue le rôle moteur. Par ailleurs, une nouvelle enquête de la commissaire est en cours d'écriture. Mais s'il vous plaît, Georges, n'arrêtez pas pour cela d'écrire des nouvelles, c'est là où je vous trouve le meilleur.

PS: mon ami qui a commencé le roman a déjà ri à certains passages - bizarrement, là où je n'avais rien vu de drôle?

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vendredi 9 avril 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10 (fin)

Encore un billet sur trois films: le film des studios Disney, avec une animation classique sans être en 3D qui m'a plu mais sans plus. Et deux "petits" films sortis dans une ou deux salles à Paris qui font découvrir un autre cinéma pour notre plaisir même s'ils sont imparfaits.

La princesse et la grenouille de John Musker et Ron Clement, dessin animé des studios Disney, se passe en Louisiane à la Nouvelle Orléans et dans les bayous. L'époque est indéfinie. Pour une fois, Tiana, celle qui deviendra princesse, a la peau noire et rêve d'ouvrir un bar/restaurant jazz. Le prince Naveen, transformé en grenouille par un sorcier vaudou, est très imbu de lui-même et n'inspire pas beaucoup la sympathie. Tout se termine bien grâce à l'aide d'une amie d'enfance de Tiana, une blondinette assez "tête à claques". J'ai beaucoup aimé Louis, un crocodile fan de jazz, qui sait montrer les dents quand il faut.

La plus grande partie d'Ilusiones opticas de Cristian Gimenez présente une galerie marchande située dans une ville Chilienne indéterminée. C'est une "ville dans la ville" dirigée par une société. Cette dernière est en train de préparer des plans de licenciements. Même les cadres sont mis sur la touche. On leur donne l'occasion de se reconvertir. La première scène du film est symbolique: elle se passe entre un homme jeune qui a des problèmes de vue et un vieux monsieur: ils voient le mauvais temps arriver de loin. D'autres personnages nous sont présentées tour à tour, dont une femme kleptomane qui est repérée par un des vigiles (qui tombe amoureux d'elle), une femme aveugle albinos, une enfin qui grâce à sa prime de licenciement peut se refaire faire les seins: vraiment des personnages très décalés. Cela aboutit à un ovni cinématographique qui a beaucoup de charme.

Nord de Rune Denstad Langlo est une comédie norvégienne même si ce n'est hilarant. Le film qui dure 1H10 raconte l'odyssée de Jomar, ancien sauteur à ski, dépressif chronique et gardien d'un téléphérique pas très fréquenté. Il apprend qu'il est père d'un enfant. La mère et l'enfant vivent dans le nord de la Norvège, presque au Pôle nord. La maison jouxtant le téléphérique où logeait Jomar brûle par accident et le voilà qui se met en route avec une moto neige. A partir de là, il fait des rencontres surprenantes et aboutissant à des situations cocasses: par exemple, celle où il rencontre un homme vivant sous une tente avec un pied attaché à une luge; ou comment il apprend à se saoûler sans boire une goutte d'alcool. L'histoire est un peu décousue et d'ailleurs, en y repensant, je ne me rappelle même plus comment cela se termine vraiment. Mais je ne suis pas prête d'oublier Jomar, ce géant blond débonnaire qui ne s'étonne de rien. Le film n'est malheureusement pas resté à l'affiche.

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mercredi 7 avril 2010

Hypothermie - Arnaldur Indridason

Hypothermie d'Arnaldur Indridason (Editions Métailié Noir), sixième volume des enquêtes du commissaire Erlendur (et le 4e que je commente, cf. mon billet sur Hiver arctique avec les liens vers les précédents), entraîne à se poser une question existentielle: y-a-t-il une vie après la mort? Une jeune femme, Maria (très riche, mariée à un médecin), est retrouvée morte, pendue, dans leur maison d'été. L'enquête conclut au suicide, mais une amie de Maria, Karen, n'est pas convaincue par cette thèse et croit plutôt à un meurtre. Elle demande à Erlendur de mener enquête officieusement. Pour une fois, les deux adjoints d'Erlendur ne jouent aucun rôle. En revanche, les deux grands enfants du commissaire, Eva Lind et Sindri, se rapprochent de plus en plus de lui (Eva Lind essaie même de faire se rencontrer Erlendur et son ex-femme). Dans le même temps, les investigations menées par Erlendur lui font découvrir que Maria fut très proche de sa mère, Leonora, jusque par-delà la mort. On sent qu'il envie cette femme. L'hypothermie du titre est un état dans lequel (lors d'une expérience) on peut plonger pour que le coeur s'arrête (en se trempant dans une eau glacée quelques instants par exemple). C'est aussi une cause de décès quand une voiture (avec deux personnes dedans) tombe accidentellement dans un lac gelé islandais et que la glace se referme. Proust et sa "recherche du temps perdu" sont un élément important de l'histoire alors qu'Indridason (par l'intermédiaire d'Erlendur) dénonce les charlatans/voyants extra-lucides qui parlent avec les morts. Erlendur, qui n'est pas croyant, ne s'est pas pas remis de la disparition de son frère (dont il se sent un peu responsable). Cette tragédie, vieille de 35 ans, a eu des répercussions depuis lors, sur sa vie et dans les relations avec les autres. Très beau roman qui m'a vraiment plu et que je conseille. J'attends la suite avec impatience. Voir le billet d'Aifelle.

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lundi 5 avril 2010

Téhéran - Nader T. Homayoun

Téhéran qui sort le 14 avril prochain est le premier long-métrage du réalisateur franco-iranien Nader T. Homayoun. Je l'ai vu en avant-première il y a quelque temps. On nous a dit le lendemain de la projection qu'il y avait un embargo pour que les critiques ne paraissent pas avant le 15 mars: j'ai eu d'autant moins de mal à m'y tenir que j'étais "en pause" à cette date! L'accroche du film dit: "un polar à l'iranienne, c'est une petite révolution!". Pourquoi pas? Je ne m'attendais pas en tout cas à un film si noir. Il s'agit en effet d'un portrait de Téhéran et de ses contrastes, une mégapole où n'importe quel moyen est bon pour obtenir un peu d'argent. Ici, en l'occurrence, dans les rues de Téhéran, un homme tient un bébé dans les bras et débite à longueur de temps que sa femme est partie et qu'il a besoin d'argent pour s'occuper de son enfant. Les gens (surtout les femmes) sont plus ou moins généreux. Mais on découvre vite qu'Ebrahim (le personnage central) n'est pas le père du bébé, une des nombreuses victimes d'un odieux trafic. Ebrahim a quitté sa province en laissant sa fiancée, Zahra, pour aller à Téhéran afin de gagner sa vie (Zahra le rejoint par la suite). C'est une histoire sur l'entraide entre trois hommes pour récupérer le bébé disparu (allez voir le film pour comprendre), sur la prostitution qui sévit en particulier dans les squares où des jeunes femmes (aux yeux de velours) portent le foulard et draguent des hommes peu expérimentés sur la chose. Le réalisateur montre un peu l'écart entre les riches vivant dans de belles demeures et les autres qui vivent dans des rues étroites et sombres aux maisons délabrées. J'ai appris que les autorités islamiques, par l'intermédiaire de l'imam dont on dépend, peuvent prêter de l'argent en cas d'absolue nécessité, mais il faut savoir demander. C'est le premier film du réalisateur iranien né en France (Le film est produit en grande partie par la France). Il a filmé en caméra numérique, procédé qui n'avait pas besoin d'autorisation particulière. La plupart des gens filmés ne sont que des figurants. La caméra numérique permet de filmer vite et souvent clandestinement. Les décors sont succincts. J'ai été sensible à la construction de l'histoire qui est bien écrite, et la fin inattendue est terrible alors que l'on croit à un éventuel happy-end. Malgré des maladresses dues à un certain manque de moyens, je vous conseille de le voir. Après les Chats persans, je suis contente de cette émergence d'un cinéma iranien.

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samedi 3 avril 2010

Ander - Roberto Caston

Ander est le prénom du personnage principal de ce film basque espagnol et gay de Roberto Caston où les dialogues sont à 90% en basque. Il ne faut pas réduire ce film à ces deux mots (basque et gay), car il s'agit surtout d'une très belle histoire d'amour entre deux hommes, Ander le fermier basque et José le Péruvien, et où la femme n'est pas exclue. Toute l'histoire, qui se déroule d'août à fin 1999, a pour décor les magnifiques collines verdoyantes de la région de la Biscaye. Pendant deux heures dix (prenantes), on suit l'évolution d'un personnage, Ander, qui vit entre sa mère autoritaire et sa soeur prête à se marier. Il s'occupe de la ferme dans son ensemble et a aussi un emploi à la ville voisine. Il garde les brebis, trait les vaches. Immobilisé pendant deux mois suite à une fracture du tibia, il est contraint d'engager quelqu'un pour le remplacer à la ferme. C'est José, jeune Péruvien déraciné à la recherche d'un travail, qui s'acquitte de cette tâche. La vie d'Ander s'en trouve bouleversée. On sent son trouble rien qu'en le voyant regarder José. Mais il n'y a rien de provoquant ou de gênant, bien au contraire. Néanmoins, la scène d'amour entre les deux protagonistes est intense. Ander a peur d'assumer ses sentiments, il ne comprend pas ce qui lui arrive.
Ce film sans fioriture et sobre (qui va à l'essentiel) est composé de trois parties: "Ander", "Ander et José" et "Ander, José et Reme". Reme est une femme qui vend son corps en attendant le retour de son mari, qui l'a quittée en apprenant qu'elle était enceinte. Son personnage est attachant et loin des clichés vulgaires. La plupart des séquences se terminent par un fondu au noir. Il n'y a pas de musique ou presque (on entend seulement du jazz qu'Ander écoute grâce à un petit poste de radio). Mais ce n'est pas un film aride, bien au contraire, il se dégage beaucoup de sentiments et d'humanité de l'ensemble. Les acteurs (inconnus) sont tous excellents. S'il passe dans votre région, allez le voir, je pense que vous le ne regretterez pas. Voir le billet de ffred.

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jeudi 1 avril 2010

Le Salon du Livre de Paris 2010

C'est agréable d'aller au Salon du Livre en nocturne car il y a moins de monde que pendant la journée. J'avais choisi la date de mardi 30 mars à partir de 18H30 car j'avais noté que Paul Auster (que je ne présente pas) et Camilla Läckberg, jeune auteure suédoise qui monte (La princesse des glaces, Le prédicateur et Le tailleur de pierre, en attendant un prochain roman qui sort en mai) dédicaçaient leurs ouvrages à la même heure et au même stand (Actes Sud). Je suis arrivée 3/4 d'heure avant l'heure prévue: bien m'en a pris. Il y avait une queue monstre et Paul Auster était en avance. Et on nous a dit qu'il dédicacerait pendant 1 heure (à l'américaine). J'avais peur d'attendre pour rien. Et bien non, j'ai eu ma signature de l'auteur. Car Paul Auster n'a fait que signer (à la chaîne): 3 secondes par personne et pas le temps de bavarder: "merci madame, merci monsieur", il fallait aller vite. Des personnes sont reparties un peu déçues après avoir espéré une dédicace personnalisée...

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Pour Camilla Läckberg, c'était plus chaleureux. Les gens étaient moins nombreux que pour Paul Auster. Je ne l'avais jamais vue en photo, c'est une très belle jeune femme brune aux yeux clairs, aux longs cheveux noirs et à la peau mate, pas du tout l'idée que l'on se fait d'une suédoise. Elle demandait le prénom de chacune des personnes, qu'elle écrivait avant pour être sûre de l'orthographe. Vraiment charmante.

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J'ai attendu en tout 1h20 pour avoir mes deux ouvrages dédicacés: Invisible et Le tailleur de pierre; mais je ne le regrette pas.
Après, j'ai parcouru les allées et constaté que des éditeurs/distributeurs connus manquaient comme
Bayard presse, Hachette Livres (Grasset, Stock, Belfond, Fayard, Le Livre de poche, etc) : il n'y avait que l'enseigne. José Corti, grand "petit éditeur", manquait à l'appel. Cela confirmerait bien que le prix de la location pour un stand devait être exorbitant. Et les "petits" éditeurs étaient peu nombreux. Il m'a semblé effectivement que le salon était plus ramassé. J'en ai eu vite fait le tour.

En revenant sur mes pas, j'ai pu obtenir une gentille dédicace de Florence Aubenas pour Quai de Ouistreham (Editions de l'Olivier): c'est une femme simple et sympathique. J'ai vu Katherine Pancol qui dédicaçait son nouveau roman, sorti le jour même. Je suis passée par les éditions du Québec où j'ai acheté trois romans policiers d'un auteur dont j'avais dit tout le bien que je pensais en son temps: Jacques Côte. A partir de 21H00 (la nocturne durait jusqu'à 22H), l'atmosphère générale est devenue plus feutrée. C'est très agréable.

Côté "people" en séance dédicace où, bien entendu, je ne suis pas allée: Dominique de Villepin (mince et bronzé) et Patrick Poivre d'Arvor. Je ne m'étendrai pas sur le sujet.

Enfin, au stand des Editions Gallimard, il y avait à la même heure, assis en rang d'oignon: Antonio Tabucchi, Anne Wiazemski, Jérôme Garcin, Eric Fottorino et Claude Lanzmann.

J'ai passé une très bonne soirée pendant laquelle j'ai eu le plaisir de croiser un bref moment Aifelle (quand j'attendais la dédicace "austerienne") qui se dirigeait vers la sortie. Elle repartait vers sa province après être restée toute la journée au salon.

Pour conclure, à la différence de Cuné, j'ai malheureusement fait chauffer ma carte bleue: je suis incorrigible.

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