jeudi 23 décembre 2010

Mardi, avant Noël - Radu Muntean

Je suis allée voir ce film (chaudement recommandé par Chris et ffred) dans un cinéma que j'apprécie, le Lincoln, sur les Champs-Elysées. Et j''ai en effet beaucoup aimé Mardi, avant Noël, film d'un réalisateur roumain à suivre de près. C'est une histoire simple (celle d'une séparation), mais il n'est pas facile d'en parler: mieux vaut le voir. Depuis 6 mois que Paul a rencontré une dentiste, Raluca, un peu plus jeune que lui, ils vivent une passion charnelle. Mais Paul est marié à Adriana depuis 10 ans et ils ont ensemble une petite fille de 8 ans, Mara. L'histoire se passe pendant la période de fin d'année. Le film est constitué d'une suite de longues séquences. Dès que le film démarre, on voit Paul et Raluca nus qui se parlent dans un lit après l'amour. On sent une grande connivence entre les deux. Dans la séquence suivante, Paul se trouve chez lui dans la cuisine avec Adriana et leur petite fille, ils discutent de choses et d'autres. Plus tard, Adriana et Raluca se rencontrent de façon impromptue puisque Mara se fait soigner les dents par Raluca. L'histoire culmine au bout d'une heure (le film dure 1H39) quand Paul annonce à sa femme qu'il en aime une autre, alors qu'Adriana se préparait à passer le réveillon tranquille. Cette scène de vie conjugale est terrible mais sans violence ni drame particulier. Toute la tension et la rancoeur résident dans les paroles échangées. C'est surtout Adriana qui est vindicative, mais on peut la comprendre. Paul prend tous les torts à sa charge. Il veut vivre avec Raluca et rien d'autre. Les comédiens sont tous excellents. Je vous recommande vraiment ce film s'il passe par chez vous. A Paris, le bouche-à-oreille semble fonctionner.

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mardi 21 décembre 2010

Le Grand Tremblement de terre du Kantô - Akira Yoshimura

Sous ce titre, l'auteur Akira Yoshimura (1927-2006) (que je ne connaissais pas) nous conte en détail le tremblement de terre survenu le 1er septembre 1923 à 11H58 du matin, qui détruisit la ville de Tokyo et ses faubourgs environnant ainsi que la ville de Yokohama. C'est suite à la lecture du Poids des secrets, qui évoque ce tremblement de terre, que je suis tombée sur cet ouvrage paru aux éditions Actes Sud. C'est un récit très factuel, qui commence avec un premier chapitre, "L'essaim sismique", où l'auteur nous énonce qu'avant 1923, Tokyo et le Japon en général avaient subi des secousses importantes faisant beaucoup de dégâts et pas mal de morts. Puis l'auteur décrit tout ce qui s'est passé sur une période de plus de deux mois. La secousse principale fut suivie par une centaine de répliques pendant une semaine. Les pertes et les destructions furent immenses: plus de 200000 morts, brûlés pour la plupart, ensevelis ou noyés. Car plus que le séisme lui-même, ce sont les incendies qui ont provoqués le plus de morts. L'auteur explique tout de façon exhaustive en expliquant ce qui s'est passé dans quelques lieux ou quartiers notables. D'autres conséquences issus de ce tremblement de terre furent terribles: des millions de gens se retrouvèrent sans-abris, souffrirent de la famine, et certaines maladies comme la dysenterie ou la fièvre typhoïde se propagèrent. Il y eut aussi la création de milices d'auto-défense pour punir les Coréens accusés d'avoir allumé les incendies (aidés de certains socialistes). Ils servirent de boucs émissaires. En effet, les Coréens (dont le pays était un protectorat japonais depuis les années 1910) étaient très mal vus, ainsi que les socialistes considérés comme des créateurs de désordre. Cet état de fait est venu de rumeurs qui se sont mises à circuler sans que l'on sache leur origine. L'auteur explique longuement tout le mal que ces rumeurs ont provoqué, surtout des morts inutiles ajoutées aux autres. D'ailleurs, pour que ces exactions s'arrêtent, une loi martiale fut instaurée. Une partie de l'économie japonaise a beaucoup souffert. Il fallu aussi brûler les morts, dont beaucoup dans un état de décomposition avancée qui ne permettait pas de savoir s'il s'agissait d'hommes ou de femme. C'est un ouvrage vraiment passionnant qui m'a appris plein de choses du point de vue historique que j'ignorais. En postface, l'auteur dit que ses parents ont vécu ce tremblement de terre. Il s'est servi aussi de témoignages de survivants. Un mémorial existe à Tokyo en hommage aux 200 000 victimes. J'émettrais une critique sur Le Grand Tremblement de terre du Kantô, c'est qu'il n'y a aucune carte géographique. Pour ceux qui ne les connaissent pas, il est donc un peu dur de se représenter les lieux décrits. C'est dommage.

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dimanche 19 décembre 2010

Blake Edwards (1922-2010)

Décidément l'année 2010 restera une année noire pour le cinéma. Blake Edwards, réalisateur de l'inoubliable Diamants sur canapé (1961), The Party (1968), la série des Panthères roses et autre Opérations Jupons (1959) [cf. mon billet du 07/03/2008], vient de s'éteindre le 15 décembre dernier. Dans les films plus récents, je vous conseille Victor, Victoria (1982), où il dirigeait sa femme, Julie Andrews, qui reçut un Oscar pour son interprétation. En regardant sa filmographie, je vois qu'il avait aussi réalisé deux films que j'avais vu en leur temps, Boire et Déboires (1987) avec Bruce Willis et Kim Basinger, et Dans la peau d'une blonde (1991) avec Ellen Barkin.
Malgré tout, s'il ne doit rester qu'un film dont se souvenir, c'est à mon avis (je cite souvent ce film dans des listes) Diamants sur canapé avec Audrey Hepburn, George Peppard, Mickey Rooney, le chat, la musique d'Henry Mancini (Moon River), New-York, les robes de Givenchy et la bijouterie Tiffany. Au revoir M. Edwards.

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vendredi 17 décembre 2010

Deux mille kilomètres avec une balle dans le coeur - David Agrech

J'ai reçu ce roman  par l'intermédiaire de BoB [Blog-O-Book]. C'est mon ami qui m'a inscrite pour le recevoir. Deux mille kilomètres avec une balle dans le coeur (quel titre tout en longueur!), le premier roman de l'auteur, est paru directement en poche aux Editions du Masque. Je dis tout de suite que j'ai apprécié l'histoire mais que je n'ai pas vu le rapport avec le titre. Selon moi, il y a deux parties dans ce roman. A Paris, Daniel Ferrey, qui attend un bus pour rentrer chez lui, se fait tirer dessus sans raison apparente. C'est un homme sans histoire qui gagne sa vie en jouant aux courses de chevaux. Juste avant de s'effondrer sur le bitume, Daniel regarde la jeune femme sur l'affiche de l'abribus. Comme dans un rêve, il croit la voir descendre de ladite affiche et lui parler. Sauvé in extremis, Daniel arrive à rencontrer pour de vrai Anja, une jeune mannequin avec laquelle il aura une relation qui se terminera assez vite. Fin de la première partie. Revenu sur le lieu où il fut blessé et grâce à une vieille dame, il va rencontrer celle qui lui a vraiment parlé au moment où on lui tira dessus. Il s'agit de Clara, une jeune russe dont je vous laisse découvrir l'histoire. Cette deuxième grande partie est de loin la plus intéressante. Roman un peu bancal mais prometteur. L'auteur, David Agrech, est né en 1978 à Villefranche de Rouergue.

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mercredi 15 décembre 2010

De vrais mensonges - Pierre Salvadori / A bout portant - Fred Cavayé

Je voudrais parler de deux films français qui ne resteront pas (selon moi) dans les annales mais qui se laissent regarder chacun dans leur genre.

Concernant A bout portant de Fred Cavayé, je parie que ce thriller qui va certainement bénéficier d'un "remake" américain très prochainement (comme Pour elle). Le film démarre sur les chapeaux de roue avec un homme blessé (Roshdy Zem) poursuivi par deux individus. Renversé par une voiture, il se retrouve à l'hôpital sous la garde d'un aide-soignant (futur infirmier) Gilles Lellouche. De là s'ensuivent des ennuis graves pour ce dernier. C'est donc l'histoire d'un homme ordinaire, futur père de famille qui va devenir un fugitif, prêt à tout pour sauver la vie de sa femme mise en danger. Le film ne souffre d'aucun temps mort (le reproche que l'on pourrait faire est que le rythme est un peu trop rapide). Preuve en est la poursuite dans le métro (très réussie au demeurant). Les flics ripoux dont Gérard Lanvin font des méchants très convaincants. Gilles Lellouche est bien dans son rôle. L'épilogue est un peu hors de propos. Mais après Pour elle, je considère que Fred Cavayé est un cinéaste à suivre.

Pour De vrais mensonges, Pierre Salvadori réunit Nathalie Baye, Audrey Tautou et Sami Bouajila. Cette comédie se passe à Sète sous un beau soleil. Maddy (Nathalie Baye) souffre de dépression depuis que son mari l'a quittée. Sa fille, Emilie, co-gérante d'un salon de coiffure, essaye de lui remonter le moral comme elle peut. C'est là qu'intervient Jean, récemment embauché au salon, qui est tombé fou amoureux d'Emilie et qui se retrouve grâce à une lettre dans les bras de Maddy (je résume). C'est une comédie qui prend son temps, un peu languissante. Il nous tarde de savoir la fin. J'ai trouvé quelques répétitions dans les situations. Le personnage d'Audrey Tautou, de plus en plus maigrichonne, m'a paru crispant dans ses tergiversations. Après Hors de prix (que j'avais moyennement aimé), De vrais mensonges reste sur le même registre. J'espère que Pierre Salvadori se renouvellera dans son prochain film.
Dans la salle où j'étais, j'ai constaté qu'un certain nombre de spectateurs sont partis avant la fin de la projection.

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lundi 13 décembre 2010

Agatha Christie - Un numéro Hors-série du magazine Lire

Une fois n'est pas coutume, je vais évoquer le numéro hors-série de la revue Lire, comportant plus de 90 pages consacrée à Agatha Christie, et qui sort l'année du 120ème anniversaire de sa naissance. Je l'ai lu pendant les trois heures qu'a duré mon voyage de retour entre Limoges (où je me rends régulièrement) et Paris. La revue illustre de façon claire et très agréable la vie et l'oeuvre d'Agatha Christie (nom de son premier mari), née dans le sud de l'Angleterre dans le Devon (région qu'elle chérissait). Des chapitres sont consacrés:
- à sa disparition pendant 11 jours entre le 3 et le 14 décembre 1926, l'année où elle divorça de son mari Archibald Christie (qu'elle avait épousé en 1914) et où elle perdit sa mère;
- à son enfance (elle est née pendant l'ère victorienne) et à son obsession de cet âge de la vie (avec les comptines "nursery rhyme"). J'ai appris qu'elle n'avait jamais été à l'école, mais qu'elle était une bonne pianiste et qu'elle avait appris le français. Elle appréciait des écrivains français comme Emile Gaboriau, Gaston Leroux ou Jules Verne, et évidemment Arthur Conan Doyle et Wilkie Collins;
- au cadre de ses enquêtes dans des pays comme l'Egypte, la Syrie, l'Irak, qu'elle a parcourus du fait qu'elle s'était remariée en seconde noce avec un archéologue, Max Mallowan, de 14 ans son cadet, et bien sûr l'Angleterre (dans le Devon en particulier);
- à raconter pourquoi Hercule Poirot est belge;
- aux héros récurrents comme l'inspecteur Japp, le major Hastings,  le colonel Race, Miss Lemon ou Ariadne Oliver;
- aux Beresford (Tuppence et Tommy);
- sa prédilection pour les poisons (elle avait travaillé dans un hôpital militaire en 1916);

- à ses inventions narratives (où le narrateur est le coupable);
- etc.
Il est fait mention de son autobiographie parue après sa mort (en 1976), où elle écrit beaucoup sur son enfance, sa vie (sauf sur sa disparition de 1926), ses rencontres, ses voyages mais finalement assez peu sur la genèse de son oeuvre (comment elle imaginait ses intrigues, etc.).
Elle s'est offert des identités différentes comme celle de Mary Westmacott (elle a publié 6 romans sous ce pseudonyme) ou Ariadne Oliver citée plus haut (un double fictionnel d'Agatha Christie).
Il est à noter que les carnets de notes d'Agatha Christie, où elle jetait des idées pour ses oeuvres, sont en cours de traduction.
En conclusion, un hors-série de Lire à acheter et à conserver.

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samedi 11 décembre 2010

Le manteau (Il cappotto) - Alberto Lattuada

Pour une fois, je vais parler d'un "vieux" film (ressorti dans une salle à Paris), Le manteau (Il cappotto), tourné en 1952 et réalisé par Alberto Lattuada. Il s'agit d'une adaptation de la nouvelle de Nicolas Gogol qui porte le même titre. C'est une histoire très triste d'un homme, employé de mairie, habillé d'un manteau tout rapiécé avec un gros trou en haut du dos. Il est la risée de ses collègues et le souffre-douleur de son supérieur hiérarchique. Il fait froid dans l'Italie du nord en plein hiver. Carmine (tel est son prénom) se réchauffe les mains aux naseaux d'un cheval sur le chemin de son travail. Comme Carmine a une belle écriture et forme bien ses lettres, on lui demande, un jour, de prendre des notes à l'occasion de l'inauguration d'un chantier de construction. Malheureusement, le résultat est désastreux et Carmine est renvoyé avec son manteau troué. Je ne vous raconterai pas comment il réussit à se faire faire un nouveau manteau. Mais je vous dirai qu'il se le fait voler peu de temps après, la nuit sur un pont désert. Le désespoir de cet homme émeut. A la fin, son fantôme revient hanter les vivants. Le film vaut vraiment la peine d'être vu pour l'acteur principal, Renato Rascel (que j'ai découvert dans ce film; il fut surnommé le "Charlot italien"), et pour l'histoire elle-même. Quelques scènes sont marquantes comme celle entre le tailleur et Carmine, ou bien celle du corbillard de Carmine qui dérange une cérémonie présidée par le maire de la ville. A noter qu'Antonella Lualdi, toute jeunette, apparaît dans deux scènes muettes pendant lesquelles elle embrasse un partenaire.

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jeudi 9 décembre 2010

Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet - Antoine Bello

Dans ma bibliothèque municipale d'arrondissement à Paris, les nouveautés sont prêtées une semaine. Sur un présentoir, j'ai vu le nouveau roman d'Antoine Bello, Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet (Edition Gallimard), chroniqué par Cuné (entre autres). Je me suis dit: "allons-y, je le prends". Je l'ai lu en une journée avec beaucoup de plaisir. Seule la conclusion m'a laissée un peu sur ma faim. Ce roman est un bel hommage à l'oeuvre d'Agatha Christie (dont Le meurtre de Roger Ackroyd, Un couteau sur nuque, ABC contre Poirot, etc.). Le narrateur, un ancien policier, Achille Dunot, souffre d'une amnésie antérograde suite à un accident (il a reçu des livres de bibliothèque sur la tête!). Comme sa mémoire ne forme plus de nouveaux souvenirs, il se réveille chaque matin en ayant tout oublié des événements de la veille. Marié à Monique, Achille a par ailleurs un chien fidèle appelé Hastings. Achille se sert d'un cahier pour tout noter de l'enquête qu'on lui a demandé de mener. Claude Brunet (neurologue, spécialiste en sciences cognitives et nobelisable en puissance) se retrouve suspecté d'avoir peut-être fait disparaître sa femme, Emilie Brunet née Froy (une femme très riche grâce à ses parents), ainsi que Stéphane Roget, l'amant d'Emilie, instructeur de yoga. Et pourtant, c'est Claude Brunet qui a prévenu la police au sujet de la disparition des deux amants et offre une forte récompense pour les retrouver. En revanche, si Emile décède, son mari hérite. Achille, qui est un grand connaisseur de l'oeuvre et de la vie d'Agatha Christie, cherche à trouver la solution à travers les différentes enquêtes d'Hercule Poirot et avec les autres héros d'AC. Il est aussi question de deux films d'Alfred Hitchcock, L'Inconnu du nord-express et La Corde. Des liens littéraires et personnels se tissent entre Achille et Claude sur l'oeuvre d'Agatha par l'intermédiaire de leur journal qu'ils s'échangent: l'un faisant lire son journal à l'autre et vice-versa. Achille ne peut s'empêcher de dissimuler certaines pensées dans des détectandes scripturaux (voir à la fin du roman d'où vient ce mot "détectande"). On peut considérer Achille et Claude comme deux faces d'une même personne (Antoine Bello lui-même?). Je dirais que ce roman est un brillant exercice de style qui donne furieusement envie de (re)lire l'oeuvre d'Agatha Christie.

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mardi 7 décembre 2010

Holiday - Guillaume Nicloux

Holiday de Guillaume Nicloux sort demain, mercredi 8 décembre 2010. Je sais qu'il ne va pas plaire à tout le monde, mais personnellement j'ai beaucoup aimé ce film vu en avant-première. Dès le départ, on a un doute sur ce qu'on va voir, car en guise de générique de début, on voit apparaître des noms inconnus. Et en effet, ce sont les noms des personnages qui sont mentionnés et non le nom des acteurs. L'essentiel du film se passe dans un beau château près de Cahors où Michel (Jean-Pierre Darroussin), sa femme Nadine (Judith Godrèche), et sa belle-mère, Christiane Mercier, viennent passer le week-end. Quand ils arrivent dans le château transformé en hôtel, un intertitre nous indique que l'on est 16 heures avant le crime. En effet, en préambule, on voit Michel hagard, seul, se réfugiant dans une pharmacie de la ville voisine. Il vient de rater son train pour repartir. Pendant ces 16 heures, que de péripéties! Les personnages croisés dans l'hôtel sont haut en couleur: un réceptionniste, une femme de chambre, un serveur, un détective aux dents pourries, un gynécologue pleureur plaqué par sa femme, un Don Juan qui ne dédaigne pas le SM, un proxénète qui donne du plaisir à Christiane, un nain avec une copine pas mal du tout, sans parler de la propriétaire des lieux, Eva Lopez, chanteuse qui répète la nuit, et de deux policiers qui mènent l'enquête suite au crime annoncé. L'isolation phonique entre les chambre est inexistante, tout comme les serviettes de toilette. L'histoire n'est pas toujours subtile, avec des scènes pas très ragoûtantes, mais les acteurs jouent le jeu à fond dans la dérision, dans le 2ème degré. Ils sont très à l'aise. C'est une farce macabre mais très drôle et bien construite, et j'avoue que je n'avais pas deviné la fin. Le scénario a été co-écrit par Guillaume Nicloux, Nathalie Leuthreau et Jean-Bernard Pouy. Du même Nicloux, j'avais déjà apprécié Le Poulpe (1998) et Cette femme-là (2003). A vous de juger.

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dimanche 5 décembre 2010

La malédiction des trente deniers - Jean Van Hamme

Je viens de terminer une lecture très agréable des deux tomes des dernières aventures (pour le moment) de Blake et Mortimer, avec une histoire écrite par Jean Van Hamme et illustrée par plusieurs dessinateurs différents pour les deux tomes. La malédiction des trente deniers (Editions Blake et Mortimer) fait référence bien sûr à Judas l'Iscariote et aux deniers qu'il avait reçu pour trahir Jésus. L'histoire se passe en Grèce dans le Péloponèse et en Epire. Un éboulement met au jour une chapelle où se trouve un reliquaire avec un des trente deniers. Cet objet et son contenu, bien à l'abri dans un coffre dans le bureau du conservateur en chef du musée archéologique d'Athènes, sont convoités par un nazi illuminé. On retrouve bien entendu Olrik échappé d'un pénitencier américain qui devient l'homme de main de l'illuminé. Ce dernier qui rêve d'être maître du monde, veut s'emparer du denier et trouver les 29 autres que l'on dit dotés de pouvoirs maléfiques. Le dénouement de l'histoire lorgne pas mal vers deux films de Steven Spielberg, Les aventuriers de l'arche perdue avec un soupçon d'Indiana Jones et la dernière croisade. Une fois de plus, on est loin des histoires d'E. P. Jacobs où des pays voire des continents étaient en danger. Cette histoire en particulier reste à hauteur d'homme. Francis Blake et Philip Mortimer restent fringants même si les douleurs de vieillesse se font sentir. Deux jeunes femmes donnent à l'ensemble une touche féminine bienvenue. J'ai beaucoup aimé les dessins et le texte est facile. C'est moins touffu que de l'E. P. Jacobs, cela rend la lecture d'autant plus aisée.

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