vendredi 5 novembre 2010

Harold - Louis-Stéphane Ulysse

J'ai acheté, parmi d'autres, ce livre pour la bibliothèque dont je m'occupe, et j'en ai profité pour le lire. J'avais vu quelques critiques positives. J'ai été d'abord attirée par la couverture de ce roman, Harold (Edition Le serpent à plumes), qui représente Tippi Heddren et un corbeau dans ses bras. Tippi Hedren, pour ceux qui ne le savent pas, fut l'inoubliable actrice des Oiseaux (1963) et de Marnie (1964) d'Alfred Hitchcock. Quant à Harold, c'est le prénom d'un corbeau venu aux Etats-Unis avec son maître, Lazlo, en provenance de Hongrie en 1957. Sur place, et après quelques péripéties dont je ne dirai rien, Harold se retrouve chez un éleveur d'oiseaux, Chase, et c'est comme cela qu'il finit par arriver sur le tournage des Oiseaux. Harold permet à Louis-Stéphane Ulysse, que je ne connaissais pas (c'est pourtant son 8ème roman), d'évoquer le Hollywood du début des années 60, et en particulier le tournage du film Les oiseaux, pendant lequel "Hitch" éprouve des sentiments ambigus pour Tippi peu enthousiaste. Il veut en faire sa muse, mais on sent qu'elle le craint. Tippi (objet de désir) fascine tout le monde sur le plateau, en particulier Harold et Chase. D'autres personnages apparaissent, tels Lew Wasserman (patron des studios Universal à l'époque), Peter Lorre, Sean Connery, les redoutables frères Gianelli, Mickey Cohen, et bien d'autres. Car en arrière-plan, Louis-Stéphane Ulysse décrit les liens qui unissaient Hollywood et le monde de la pègre. Il fait aussi un aparté sur Abraham Zapruder, celui qui a filmé l'assassinat de Kennedy en 1963, et la fameuse image 313 manquante. Il est même fait mention d'un "snuff-movie" dont la doublure lumière de Tippi Hedren dans les Oiseaux, Eva Beaumont, fut la tragique héroïne. Et Harold, me direz-vous? Que devient-il après le tournage? Il reste dans l'ombre de Tippi. Il devient son ange-gardien, mais attention, Harold est jaloux et il peut être dangereux. Harold, roman foisonnant, se lit d'une traite grâce à ses chapitres courts. Il m'a donné envie de revoir le film Les oiseaux. Il est à noter qu'après Marnie, Tippi Hedren n'a plus jamais tourné de films marquants, et qu'Alfred Hitchcock (mort en 1980) ne tourna plus que 4 films, et il ne fut plus tout à fait le même.

PS: Pour celles et ceux qui passent par Paris, dans les prochains jours, je viens d'apprendre que Louis-Stéphane Ulysse dédicacera son roman à la Librairie Ciné reflet, le mardi 9 novembre 2010 à partir de 18h30.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 3 novembre 2010

Vénus Noire - Abdellatif Kechiche

Je dois dire tout de suite que ce film est une épreuve émotionnelle et visuelle mais je ne la regrette pas. En effet, on n'oublie pas de sitôt ce film qui dure 2H48 dont plus d'1H assez insoutenable pour le spectateur qui assiste à l'humiliation d'une femme, Saartjie (Sarah) Baartman, traitée tour à tour comme un animal de foire, un objet sexuel et un sujet d'étude pour des savants français fascinés par les attributs sexuels hors norme et les fesses proéminentes de cette femme hottentote. Le cadavre de cette dernière (morte à 25 ans) finit disséqué comme une (pauvre) grenouille par ces mêmes savants/anatomistes du musée d'histoire naturelle de Paris à la fin de 1815. Le film commence d'ailleurs par la fin, avec un exposé fait en 1817 par Georges Cuvier dans un amphi "démontrant" que cette femme était un être inférieur apparenté au singe.
Pendant le reste du film, le spectateur assiste impuissant à la lente descente aux enfers de Saartjie, née dans une tribu d'Afrique du Sud, d'abord exhibée à Londres en 1810
, dans une sorte de mini-salle de spectacle obscure, par son "maître", Ceasar (un Afrikaaner). Pour elle et surtout pour gagner de l'argent, il a quitté femme et enfants (dont Saartjie fut la nourrice). Pour tenir le coup, Saartjie a pris la mauvaise habitude de boire de l'alcool. Elle parle peu et uniquement l'afrikaaner. On apprend qu'elle a perdu son petit garçon de deux ans quelques années auparavant. Quelques Londoniens s'étant émus de la condition de Saarttjie, elle et Ceasar (devenu persona non grata à la suite d'un procès) quittent Londres pour Paris en compagnie d'un Français, Réaux (Olivier Gourmet), montreur d'ours. Les scènes des spectacles de foire et plus tard celles dans un salon parisien sont longues (interminables?) et mettent le spectateur mal à l'aise. Et je vous épargne les scènes de bordel. En revanche, je m'arrêterais sur celle, édifiante, où Sarah, à qui on demande de se déshabiller entièrement devant un anatomiste comme Cuvier, refuse énergiquement en s'accrochant à son pagne qui cache sa nudité.
Je trouve que le film vaut la peine d'être vu, rien que pour l'actrice Yamina Torres qui joue Saartjie. Elle est magnifique. Pour le reste, on peut reprocher au réalisateur le côté complaisant de certaines scènes qui se répètent sans se renouveler. On pourrait dire au réalisateur "on a compris le message, c'est bon, stop". Il nous martèle trop les choses. On se lasse. C'est un film que j'ai vu une fois. Je ne le reverrai pas car il est trop perturbant. Je rappelerai pour finir que le réalisateur, Abdellatif Kechiche, est connu pour avoir réalisé La graine et le mulet.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 1 novembre 2010

Des éclairs - Jean Echenoz

Après Courir qui narrait la vie d'Emile Zatopek (cf. mon billet du 07/11/2008), voici Des éclairs (Editions de Minuit), une fiction sur la destinée d'un certain Gregor (alias l'ingénieur Nikola Tesla [1856-1943]), hongrois d'origine, né entre 23H et 01H du matin. Il ne saura jamais précisément l'heure et surtout le jour de sa naissance, veille ou lendemain. Tout cela à cause d'un orage violent puis d'un vent de force majeure qui a fait s'éteindre les bougies. Il est né dans l'obscurité. C'est lui qui sera à l'origine de l'invention de l'électricité, du radar, de la radio, du courant alternatif et j'en passe. Gregor fut un être antipathique mais génial. C'était un surdoué qui a appris 6 langues en 5 minutes, une sorte de "Géo-trouvetout". Son problème fut qu'il était nul en affaires et qu'il n'a pas su déposer ses brevets d'invention à temps. D'autres se sont servi de son génie et lui ont tout volé. Emigré aux Etats-Unis, il a pu mener des expériences grâce à des mécènes comme Westinghouse, Edison et Pierpont. Il a mené grand train mais cela n'a pas duré. Il a vécu dans des chambres d'hôtels luxueux, il est mort dans la misère. C'était un misanthrope qui, tel Howard Hugues, avait peur des microbes et du contact avec les autres. Il portait des gants. Ses relations avec les femmes étaient inexistantes. Sa seule passion furent les pigeons qu'il a soignés toute sa vie, réparant les ailes et les pattes cassées. C'est d'ailleurs au milieu de ceux-ci qu'on le retrouva mort, un jour. Comme pour Courir, j'ai adoré le style d'Echenoz. C'est une merveille d'écriture. Le livre fait 170 pages et vaut 14,50 euros. Je le conseille.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : ,
dimanche 31 octobre 2010

L'homme qui voulait vivre sa vie - Eric Lartigau

L'homme qui voulait vivre sa vie (sortie le 3 novembre prochain), que j'ai vu en avant-première lundi dernier, n'est pas nul, mais je le trouve raté. Il dure 1H55, je pense qu'1H30 aurait suffi. Le thème est pourtant passionnant (l'usurpation d'identité), mais je n'ai pas été captivée car la mise en scène est très plate, sans invention ni originalité. Il n'y a pas une idée originale mais les ellipses sont nombreuses, terminées par des "fondus au noir" pour faire avancer l'action. De plus, si vous êtes allergique à Romain Duris, passez votre chemin, il est présent de la première à la dernière image. Personnellement, je ne l'ai pas trouvé très à l'aise dans ce rôle. Il n'a pas la carrure pour interpréter cet avocat, Paul Exben dans le film. Paul vit dans une partie de la région parisienne huppée. Marié à Sarah et père de deux enfants (dont un bébé de 9 mois), il dirige un cabinet d'avocats avec comme associée Anne (Catherine Deneuve) qui lui apprend qu'elle va bientôt mourir. Le scénario est adapté d'un roman de Douglas Kennedy qui situe son histoire aux Etats-Unis. Paul mène une vie heureuse jusqu'au jour où sa femme le quitte et lui demande le divorce dans la foulée. Paul tue par "accident" l'amant de Sarah, se débarrasse du corps et lui prend son identité (sans qu'on sache comment il a réussi à se faire faire de faux-papiers). Il devient donc Grégoire Kremer (photographe de profession) et disparaît quelque part en Europe sans regarder derrière lui. A partir de ce moment-là, sans crier gare, il se met à faire de la photo. Et en effet, il est dit à la 4ème de couverture du roman (et ce n'est pas assez montré dans le film) que le personnage principal est un passionné de photo qui déteste son métier d'avocat. Je trouve que le réalisateur n'a pas su tirer parti de cette histoire et nous y intéresser. Au bout d'un moment, le film dégage un certain ennui, mon voisin de fauteuil s'est éclipsé presque une demi-heure avant la fin. Pour conclure, lisez le roman.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : ,
vendredi 29 octobre 2010

En ce sanctuaire - Ken Bruen

Dans En ce sanctuaire, publié chez Gallimard Noir, on retrouve pour la 7ème fois notre Jack Taylor. Il n'a pas encore rendu sa veste toutes saisons n°8234 (celles et ceux qui ont lu les enquêtes précédentes savent de quoi je parle; sinon, voir mes billets des 05/12/2009 et 15/01/2010). Jack mène l'enquête à l'insu de son plein gré, après avoir reçu une missive dans laquelle est annoncée la mort de deux policiers, d'une nonne, d'un juge et hélas d'un enfant. On apprend peu de temps après que Jack sera le dernier de la liste. La lettre est signée d'un certain Benedictus. Ancien flic, Jack est très seul malgré la relation (un mélange d'hostilité et d'alliance précaire) qu'il entretient depuis des années avec une policière appelée Ridge. Cette dernière a appris qu'elle était atteinte d'un cancer du sein. Jack n'a pas d'amis dans la police et surtout pas son ex-collègue Grady devenu son ennemi. Il se remet à boire jusqu'au delirium tremens, plein de remords d'avoir causé la mort (croit-il) de la petite fille mongolienne d'un couple d'amis. Il se fait le défenseur des homosexuels en détresse et son nouvel adversaire est une femme, une nonne "aux yeux brûlant d'une malfaisance pure". Tout se termine dans la crypte d'une cathédrale. Le roman se lit d'une traite (200 pages), il coûte 14,50 euros, et j'en redemande même si je trouve que Ken Bruen ne s'est pas trop foulé cette fois-ci, il se répète un peu.

PS: Je rajoute mention de la traduction du roman par Pierre Bondil: il m'a fait un commentaire ci-dessous sans même le dire! :-)

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 27 octobre 2010

La mort au cinéma - Questionnaire

En cette période de pré-Toussaint, d'Halloween, de feuilles mortes et de début de froidure, je viens de trouver ce très intéressant questionnaire cinéphilique macabre et morbide à souhait sur le blog de Ludovic (cinématique).

 

1 - Quel est le plus beau meurtre cinématographique ? Dans Le crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock, Grace Kelly tue son agresseur avec des ciseaux; un autre exemple, quand Paul Newman se débarrasse de son poursuivant dans Le rideau déchiré d'Alfred Hitchcock.

2 - Quel est à vos yeux le cinéaste le plus morbide ? David Lynch. 

3 - Et le film le plus macabre ? No country for old men des frères Coen et pourtant beaucoup des cadavres sont "hors champ".

4 - Quel est le personnage dont la mort à l'écran vous a le plus ému ? La mort du pingouin dans Batman le défi de Tim Burton, et Elephant Man (John Merrick) de David Lynch.

5 - Celle qui vous a le plus soulagé ? Gérard Depardieu à la fin d'Uranus de Claude Berri. Son jeu d'acteur était insupportable. J'étais soulagée de ne plus l'entendre.

6 - Quel est votre zombi favori ? (je n'ai jamais vu de film de zombie).

7 - Pour quelle arme du crime, gardez-vous un faible ? Les paroles. On peut commettre un crime avec des mots.

8 - Quelle personnification de la mort vous a le plus marqué ? La mort dans le 7ème sceau d'Ingmar Bergman.

9 - Quelle séquence d'enterrement vous a semblé la moins convenue ? Je ne vois pas.

10 - Quel est votre fantôme fétiche ? Le fantôme de Mrs Muir (The Ghost and Mrs Muir de Joseph L. Mankiewicz).

11 - Avez-vous déjà souhaité la mort d'un personnage ? Non, comme dans la vie réelle, je ne souhaite la mort de personne. Et s'il s'agit d'un "méchant" dans un film et qu'il meurt trop vite, l'histoire n'a plus d'intérêt.

12 - A l'approche de votre mort, si vous aviez le temps de mettre en ordre vos affaires, quel film souhaiteriez-vous avoir la possibilité de regarder une toute dernière fois ? Aucun, je serais incapable de faire un choix.

13 - Pour quel tueur en séries avez-vous de la fascination ou à défaut de l'indulgence ? Dexter (le héros de la série TV) qui tue des malfaisants pire que lui.

14 - Quel est votre vampire de chevet ? Dracula de F.F. Coppola.

15 - Quel film retenez-vous parmi tous ceux dont le titre (original ou traduit) évoque la mort ? Assurance sur la mort de Billy Wilder ou La mort en ce jardin de Luis Bunuel.

16 - Rédigez en quelques lignes la future notice nécrologique d'une personnalité du cinéma. Un des derniers grands, son oeuvre cinématographique fut incomprise par le grand public. Peut-être sera-t-il redécouvert dans 50 ans (si le cinéma existe encore). 

17 - Quelle représentation d'exécution capitale vous a semblé la plus marquante ? Dans La dernière marche de Tim Robbins avec Sean Penn et Susan Sarandon; autre exemple, la pendaison de Dick Hicock et Perry Smith dans Capote de Bennet Miller d'après Truman Capote (De sang froid).

18 - Quel est votre cimetière préféré ? Celui dans The Crow d'Alex Proyas.

19 - Possédez-vous un bien en rapport avec le cinéma que vous pourriez coucher sur votre testament ? Mes 5000 photos de cinéma et 500 affiches sans compter mes dossiers de presse que je léguerai à un passionné.

A qui le tour?

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags :
lundi 25 octobre 2010

Théâtres parisiens associés

Décidément, je n'arrête plus... d'aller au théâtre. Cette fois-ci, il s'agit d'une invitation que j'ai reçue (en compagnie d'autres blogueurs/euses) de la part d'Ulike, dont le but est de promouvoir l'Association "Théâtres parisiens associés", qui regroupe les 50 théâtres privés de Paris. Voici d'ailleurs le site. Je le fais d'autant plus volontiers que j'adore aller au théâtre (une fois de plus, c'est grâce à ma maman, qui m'y emmenait quand j'ai été en âge de l'apprécier - merci à elle). Voir Bernard Blier, Jean-Pierre Marielle, Samy Frey, Delphine Seyrig, Laurent Terzieff, Philippe Léotard, Jean Carmet, Roman Polanski, François Périer, Bruno Crémer, Michèle Morgan, Edwige Feuillère, Jacqueline Maillan, Bernard Giraudeau, Claude Rich, Fanny Ardant, Niels Arestrup sur scène furent des moments inoubliables. Cette association qui est une très belle initiative permet de voir les spectacles à des prix préférentiels (les -50% sur les "premières" - en général les 5 ou 7 premières représentations, les "places jeunes" à 10 euros, les Chèques fidélité, ...). Je sais que diriger un théâtre privé est difficile, onéreux, les places de 1ères catégories sont chères (et même les autres). Tout le monde n'a pas les moyens d'aller au théâtre. Une fois de plus, j'ai constaté que les spectateurs faisaient partie d'une tranche d'âge définie (plus de 50 ans) et appartenaient à une catégorie sociale supérieure. Les sièges sont souvent étroits avec peu de place pour les jambes, sans parler de la visibilité assez aléatoire. Attirer des spectateurs dans ces conditions n'est pas une chose aisée, mais la magie de voir et entendre des acteurs de renom peut pallier ces désagréments. Encore faut-il que la pièce soit à la hauteur....

Voici une petite vidéo sur le spectacle que j'ai vu, Désolé pour la moquette... J'ai du mal à en parler. Je m'attendais au pire après avoir entendu les critiques assassines du Masque et la Plume. Je serais plus mesurée. Les acteurs sont très bons avec une mention spéciale à Myriam Boyer. Quant au texte, c'est du Bertrand Blier (qui met aussi en scène). Cela peut ne pas plaire à tout le monde. En revanche, j'étais très très bien placée au 1er rang de l'orchestre. Concernant le théâtre Antoine situé boulevard de Strasbourg dans le 10ème arrondissement, le lieu est beau et "habité". Le bar-fumoir où j'ai déambulé avant la représentation (il se situe au niveau de la corbeille) est tapissé d'affiches des pièces qui ont donné ses lettres de noblesse à ce théâtre. Il y a aussi une plaque commémorative toute récente qui mentionne que Jean-Louis Barrault, qui a débuté dans ce théâtre, aurait eu 100 ans cette année.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :
samedi 23 octobre 2010

The Housemaid - Im Sang-soo

Sorti le 15 septembre 2010, The Housemaid est un film coréen de Im Sang-soo, qui a réalisé aussi Le vieux jardin (2006) [mon billet du 29/04/2007], The President's Last Bang (2005) et Une femme coréenne (2003). Dès la première séquence, le ton est donné: un soir, une jeune femme se jette d'un immeuble et s'écrase dans une rue fréquentée. Dans la séquence suivante, Euny, une jeune femme, est engagée comme aide-gouvernante chez un couple très riche. Elle est chargée de s'occuper de leur petite fille car la maman (très jeune) attends des jumeaux. Le mari, peut-être un homme d'affaires, joue très bien du piano. C'est un homme sensuel qui aime les plaisirs de la chair. Euny reçoit aussi des ordres de la gouvernante en place, femme torturée qui observe tout ce qui se passe autour d'elle. On ne sait pas ce qu'elle veut, ce qu'elle pense. C'est le personnage le plus intéressant de l'histoire (elle saura néanmoins partir à temps). Mais c'est à cause de ses indiscrétions que le sort d'Euny est scellé. En effet, Euny devenue très vite la maîtresse du mari, tombe enceinte. Le film distille une angoisse sourde tout du long. On devine que l'histoire va mal se terminer. La fin brutale m'a paru outrée par rapport au reste du film qui n'était que violence feutrée. Exceptée la petite fille qui avait de l'affection pour Euny, les maîtresse de la maison, mère et grand-mère de la petite fille ont un comportement abject; quant au mari, je l'ai trouvé particulièrement antipathique. Pour résumer, j'ai aimé, sauf les 5 dernières minutes, ce film d'une grande cruauté. The Housemaid est une réinterprétation d'un film coréen de Kim Ki-young de 1960, Hanyo.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,
jeudi 21 octobre 2010

Les 39 marches de John Buchan et Alfred Hitchcock - Mise en scène Eric Métayer

Je vous conseille absolument d'aller voir, d'ici la fin de l'année à Paris, ce spectacle (repris en raison de son succès) ébouriffant, étonnant et tonitruant, joué par quatre acteurs épatants qui s'en donnent à coeur joie pendant 1H40 non-stop, en changeant de voix, de costumes, de sexe, avec brio et à une vitesse vertigineuse. La pièce Les 39 marches est célèbre grâce à Alfred Hitchcock qui l'a adaptée au cinéma en 1935 d'après un roman de John Buchan. L'adaptation théâtrale qui est présentée a été écrite par Gérald Sibleyras et mise en scène par Eric Métayer, l'un des quatre comédiens sur scène, au talent protéiforme. L'histoire commence dans une salle de spectacle à Londres où Richard Hannay rencontre une belle jeune femme, Annabelle Smith, qui sera assassinée peu de temps après dans son appartement (il l'avait invitée chez lui). Accusé du meurtre, il s'ensuit une folle course poursuite avec des policiers qui le traquent jusqu'en Ecosse. Peu avant sa mort, Annabelle avait confié à Hannay qu'un terrible complot fomenté par la société secrète "Les 39 marches" risquait de mettre le Royaume-Uni en péril. Après moult péripéties, l'histoire se termine à Londres dans la même salle de spectacle qu'au début, dans un joyeux "happy end". J'y ai vu un hommage aux films muets et burlesques de Mac Sennet. Les quatre acteurs, trois hommes et une femme, interprètent et miment plus d'une centaine de personnages humains ou non comme des policiers, des aubergistes, un chat, un buisson, une rivière, un lampadaire, des portes, des fenêtres, un train et un méchant à l'auriculaire coupé. J'en oublie. Tout au long du spectacle, on entend de la musique et des bruitages qui renforcent le rythme accéléré du spectacle. A la fin, les spectateurs sont (presque) aussi épuisés que les acteurs. Et l'on rit beaucoup. Voir le billet très enthousiaste d'Amanda. Voici également le site du théâtre La Bruyère qui offre très souvent une programmation de qualité. J'y vais souvent.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mardi 19 octobre 2010

The Social Network - David Fincher

Ayant entendu et lu de (très) bonnes critiques sur ce film, je suis allée voir The Social Network qui narre la genèse du réseau social Facebook (d'abord appelé TheFacebook, "trombinoscope" en français) créé par deux étudiants d'Harvard, Mark Zuckerberg et Eduardo Saverin, en 2003-2004. Le film commence très vite par une scène de rupture entre Mark et sa petite amie, Erica, dans un des bars de l'université. Cela ressemble plus à un dialogue de sourds. Mark, dépité, crée un programme avec son ami Eduardo où on doit voter pour la fille d'Harvard la plus canon. Il se venge d'Erica en l'humiliant via ce forum qui deviendra par la suite Facebook. L'histoire alterne entre l'extension de ce réseau social et les démêlés juridiques entre différents partenaires. En effet, Mark Zuckerberg est accusé d'avoir volé l'idée du réseau social à deux frères jumeaux, étudiants aussi à Harvard et rameurs émérites, et Eduardo Saverin se retourne contre Mark quand il se retrouve dépossédé des parts de Facebook qui devient très rapidement une entreprise florissante grâce à des actionnaires associés et des sponsors. Ce que je trouve remarquable de la part du réalisateur, David Fincher, et du scénariste, Aaron Sorkin, c'est d'avoir rendu passionnante une histoire où le héros n'est qu'un "pauvre type" asocial (ironie de l'histoire), incapable de se faire des amis, plus à l'aise derrière un écran que dans la vie réelle, et qu'on a envie de gifler pendant tout le film. On ne sait rien de lui ni de sa famille. C'est un jeune homme seul. Je n'envie pas sa vie même s'il est devenu le plus jeune milliardaire d'Amérique. Le film nous trace un portrait peu flatteur des universités américaines en général et d'Harvard en particulier, où sont formées les élites américaines. Pauvre Amérique! Sinon, je n'ai pas vu passer les deux heures que dure le film. La salle était très attentive. Je reconnais que c'est un grand film américain, comme je n'en avais pas vu depuis longtemps.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,