lundi 7 mars 2022

Dessiner encore - Coco

Le livre que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente aujourd'hui m'a été offert en 2021, plus ou moins à l'occasion de mon anniversaire. J'avais évoqué la "campagne de communication" (affichage dans le métro) qui avait accompagné son lancement, lors d'un billet, l'an dernier, qui concernait Coco: nature, culture et poil à gratter. Cette fois, c'est bien l'ouvrage de Coco que j'évoque.

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Dessiner encore, Coco, Les Arènes éditions, 346 pages, 2021

Ce livre est l'oeuvre cathartique -encore une- d'une dessinatrice de l'équipe de Charlie Hebdo qui a subi intimement le traumatisme du massacre du 7 janvier 2015. Le livre commence par des images d'une grande vague bleue (vague d'Hokusai, vaque scélérate?) qui emporte une petite silhouette noire avec un crayon à la main - celle de la dessinatrice, qui l'engloutit, qui la fait couler... Et puis? Dessiner, dessiner pour ne plus penser (p.21)? On voit ensuite Coco tenter, sur les conseils de quelques membres de l'équipe de Charlie, l'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), sans être convaincue: ce n'est pas son truc comme thérapie. Elle n'a pas été au-delà de la seconde séance. Un autre thérapeute, plus classique, est capable, lui, de l'entendre, d'écouter le récit explicatif qui constitue une grande partie du livre, et de lui tendre en silence le mouchoir nécessaire au bon moment (p.299).  

Entre autres exemples, Coco se remémore à un moment un débat sur les banlieues entre Onc' Bernard et Tignous, le matin du 7 janvier, Bernard Maris disant qu'on avait tout tenté et injecté des milliards, Tignous répliquant "je connais la banlieue, j'y vis... Il n'y a pas de crèche, en banlieue!" (p.100-101). Et puis (p.108) déboulent l'horreur, les horribles (des silhouettes noires qui font penser au masque de Scream, sans la bouche...). Face à elles/à eux, une silhouette bleue, pitoyable, qui ne cesse pas d'être sous les gueules des fusils d'assaut. Et des pages remplies de hachures noires. Ensuite, on vit / on vit des enchaînements "et si" de plus en plus rapides de la petite silhouette féminine sous la menace des deux fanatiques armés, en alternance avec des cases à aplat d'un rouge de sang, sur une douzaine de pages (pp.133-144). Aucune alternative viable. Puis revient le bleu insondable qui engloutit la petite silhouette, couleur qui tourne au marronnasse (de la dépression?), avant que reviennent à la surface des images auxquelles se raccrocher: celles du collectif préparant le "journal des survivants", à partir du 9 janvier, chez Libération (p.154-155). Et des réminiscences d'un premier hébergement dans les locaux de cette rédaction engagée. Occasion de se repasser le film des précédents "problèmes" et jugements divers subis par Charlie, en retournant aux origines de l'affaire des caricatures", à partir de 2005-2006 (p.180 et suivantes). Sur une page, elle clame: "Les dessinateurs ne se cachent pas derrière des cagoules, eux. Ce sont des pacifiques, qui s'amusent, tout en défendant leurs idées. Un dessin ne tue pas ...". Cela m'a fait repenser aux mots que j'ai lu quelque part (Philippe Lançon? Riss?), "notre petit journal qui n'avait fait de mal à personne" (ou quelque chose comme ça...). Ci-dessous quelques-unes des pages que j'ai citées.

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P1140209 p.100-101

P1140211 p.142-143

P1140212 p.198-199 (un mouvement oculaire?).

P1140213 p.273 (une belle réinterprétation de la fable "Le loup et l'agneau" illustrée par Gustave Doré - sur la page précédente figurait le héron que j'ai déjà montré dans un précédent article). Tout le monde connaît la mauvaise foi du loup, bien sûr. 

P1140216 p.171 

P1140215 p.299. 

Coco évoque encore, dans ces jours sombres, le traumatisme du massacre de l'hyper-Cacher à Vincennes, le 9 janvier. Et la manifestation du dimanche 11 janvier 2015. J'y étais, et je sais qu'y étaient aussi un certain nombre des "anciens" du petit canard étudiant dont j'ai fait partie dans les années 1980-2000. Avec, évidemment, des millions d'autres personnes.

Le livre se termine sur le premier "reportage dessiné" de Coco, sur une autre crèche, la "crèche vivante" de Civitas, dans les beaux quartiers, en décembre 2014.

Je n'ai bien évidemment pu citer que quelques-unes des pages de cette longue BD. Lisez-la, et même relisez-la. Vous trouverez d'autres choix d'images sur d'autres blogs. Par exemple, sur L'Apostrophée (près de 10 minutes d'entretien de Coco avec Léa Salamé pour France Inter, sur son "récit graphique", le 8 mars 2021), Encoreunetranche, Collectif polar: chroniques de nuit, Culture VsNews, Carnets 2 Wees-ends, le blog de Noctenbule (avec un long entretien sur France Culture). Ou juste d'autres textes de chroniques, comme chez PativoreJadorelalecture, Trouble bibliomane, Au fil des livres, Le coin lecture de Nath, avec une mention spéciale pour le court texte du blog Nouveautés littérature jeunesse... (liste non exhaustive).

Je tâcherai de me procurer avant la fin de l'année la BD de Luz, Indélébiles.

*** Je suis Charlie ***

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dimanche 6 mars 2022

Les derniers jours des fauves - Jérôme Leroy

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Je voulais remercier l'écrivain de ce roman, Monsieur Jérôme Leroy, de m'avoir fait passé un excellent moment de lecture. C'est le cinquième roman que je lis de cet auteur. Les derniers jours des fauves (Editions La manufacture de livres, 429 pages haletantes) se passe de nos jours en France en plein confinemenet (à cause de la pandémie) et en pleine canicule (depuis plusieurs mois) pendant le quinquennat de Nathalie Sechard, 58 ans, à la tête du parti Nouvelle Société (centre droit). Elle a décidé de ne pas se représenter aux prochaines élections qui auront lieu dans moins d'un an. Elle ne veut plus être la présidente d'un pays riche peuplé de pauvres. Peut-être veut-elle profiter de son mari Jason Perros, qui a vingt-six ans de moins qu'elle. Ils se connaissent depuis onze ans. Parmi les membres du gouvernement, il y a Patrick Beauséant, 71 ans, le ministre de l'Intérieur, de l'Outremer, des Collectivités territoriales, de l'Immigration, de la Lutte antiterroriste et des Cultes. C'est un homme de droite voire très à droite qui n'a aucun état d'âme ou presque. Il élimine tout ceux qui le gênent dans son entreprise de devenir le prochain président de la République. Son principal rival s'appelle Guillaume Manerville, la cinquantaine, veuf inconsolé depuis vingt ans qui ne vit que pour sa fille Clio. Maire d'une petite ville du nord appelée Cournai, il est aussi le ministre d'Etat de l'Ecologie sociale et solidaire. Lui aussi souhaite se présenter à la présidence de la république. Agée de 21 ans, Clio, normalienne aux idées de gauche, est une jeune femme assez exceptionnelle. C'est elle qui va devenir la cible de Beauséant mais Le capitaine, surnom d'un dénommé Joseph, le meilleur ami de Guillaume et de sa défunte femme Pauline, veille sur Clio. C'est un ancien militaire et mercenaire. Le rythme du roman est trépidant sans temps mort. Comme les romans précédents, c'est très bien écrit et je trouve qu'il y de l'humour même s'il y a quelques cadavres. C'est aussi un roman qui parle d'amour. Il y des références au cinéma et des allusions à des écrivains par l'intermédiaire des lieux où ils sont nés ou ont vécu: Combourg, Illiers Combray, Bellac, Chateau-Thierry, Charleville-Mézières, Saint-Brieuc, etc. Un roman que je recommande chaudement.

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samedi 5 mars 2022

Cycle "John Carter" - Edgar R. Burroughs

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J'ai poursuivi mon Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola), en relisant cinq volumes que j'avais achetés dans les années 1980. Il s'agit des cinq tomes du cycle John Carter, d'Edgar Rice Burroughs, publié par Edition spéciale, sous la responsabilité de Jean-Claude Lattès, au tout début des années 1970. Nettement moins que connu du grand public que Tarzan, l'un des autres héros créés par Burroughs, John Carter a pourtant fait rêver plusieurs générations d'adolescents depuis plus d'un siècle. Il a donc aussi toute sa place dans le Challenge "2022 en classiques".

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Publié aux Etats-Unis en feuilleton en 1912 puis en volume en 1916, le premier tome du cycle a été traduit en français dès 1937 (parution chez Hachette en 1938-39 sous le titre Le conquérant de la planète Mars, c'est dans cette édition que je le lisais quand j'étais gamin)... Mais c'est surtout Jean-Claude Lattès qui a relancé d'abord l'édition de Tarzan, puis de John Carter, et d'un troisième cycle, Pellucidar, sans pourtant les mener à terme. Ainsi, le sixième tome annoncé en 4ème de couv' des T.4 et 5, Le cerveau de Mars, semble ne jamais être paru... 

P1130999Le premier épisode du cycle, Les conquérants de Mars (dans cette édition!), pose les postulats. Notre héros, John Carter, est sorti du néant. Le livre utilise le vieux ressort d'un manuscrit récupéré de "l'oncle Jack", qui fréquentait, paraît-il, avant la guerre de Sécession, la maison familiale de celui qui le publie. Il est parti participer à cette guerre avant de revenir inopinément une bonne quinzaine d'années plus tard, riche d'argent. Le portait du "splendide échantillon d'humanité" est brossé: plus d'un mètre 90, large d'épaules et étroit de hanches, cheveux noirs et drus, yeux d'un gris métallique. Il semble mourir en mars 1886, en laissant des instructions pour que son corps soit déposé dans un cercueil ouvert, dans un caveau qu'il a fait construire et dont la serrure ne peut s'ouvrir que de l'intérieur (ciel, un vampire? NDLR). Quant au fameux manuscrit, il devait rester cacheté pendant 10 ans, et n'être divulgué que 20 ans après la date de la mort (ce qui nous amenait vers 1906 ou 1907?). Nous y voilà, le fameux manuscrit est un récit à la première personne. Mars est vivable, et habitée. Mais foin d'un humanisme pacifique, les créatures martiennes les plus proches des hommes "terriens" ne sont pas les moins belliqueuses. Et si les armes sont plus avancées que celles utilisées pendant la guerre de Sécession, c'est qu'elles sont le fruit d'une science qui remonte à des millions d'années... Et vu la compatibilité génétique qui semble conclure l'ouvrage, on peut se demander (même si ce n'est jamais explicité) si, par hasard, nos lointains ancêtres sur terre ne découleraient pas d'une expédition martienne. Je dirai juste que le terrien (?) John Carter a plus que bien mené sa barque (ou son aéroplane) durant ses aventures martiennes alors qu'il séjournait sur la planète rouge, sans trop savoir comment il y était arrivé ni comment il en est revenu (mystères...).

P1130997L'épisode suivant avait également été traduit et publié en 1937. Pour Les dieux de Mars (qui reprend l'histoire de John Carter exactement là où la fin du 1er volume de la saga l'avait laissé), notre auteur adopte des solutions sacrément culotté. Bien entendu, notre héros n'est pas revenu sur la planète rouge à l'endroit d'où il en avait disparu pour rejoindre la terre, ce serait trop simple. Ayant besoin, dans le fil du récit, d'arriver presque à la fin d'un délai d'un an avant les pires supplices pour l'épouse de son héros, Mister Burroughs met celui-ci en prison chez ses ennemis... Et un paragraphe de six lignes (p.212) le laisse se morfondre pendant des mois à essayer en vain d'user ses chaînes ou de trouver une idée pour s'en sortir, avant que l'action accélère de nouveau et que, quelques pages plus loin, il se soit libéré et ait réuni une armée d'un ou deux millions de guerriers (je m'y perds...)! Dans les grandes scènes de bataille, dans ce volume comme dans d'autres, on peut trouver des réminiscences homériques (L'Iliade), avec d'un côté des héros nommément cités pour lesquels on suit les détails haletants du moindre duel, et de l'autre la piétaille qui se massacre joyeusement, par milliers de guerriers, dans l'anonymat le plus complet. Et ce volume (rédigé en feuilleton au 1er semestre 1913) se clôt encore dans un suspense insoutenable (mais comment ont-ils pu le supporter, les lecteurs français de 1937?).   

P1130998Le troisième tome a été publié en français en 1971 seulement. Le feuilleton américain s'était, lui, étiré sur 1913-1914. Dans Le guerrier de Mars, John Carter poursuit son exploration des arcanes cachées de Mars (il n'a manifestement pas réussi à faire tomber toutes les superstitions qui avaient cours sur la planète rouge avant son arrivée, si grande soit la place qu'il y a prise!). Il continue aussi à chercher son épouse, toujours aussi enlevée que précédemment. Il ne faut pas chercher trop d'épaisseur psychologique ou de sens de la nuance aux caractères des différents personnages, alliés ou ennemis. Les héros ne meurent jamais. A la fin, notre terrien (?) est nommé, en quelque sorte, généralissime de toute la planète Mars. On se demande bien comment rebondir encore après cela (... et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants?).

P1130996Ah bah ça tombe bien, place aux jeunes, le quatrième tome de la saga, La princesse de Mars, est centré sur Thuvia, la "promise" du fils de John Carter (hé oui, Carthoris est adulte, comme le temps passe... On peut aussi noter que le titre anglais du tout premier volume de la série était A Princess of Mars (mais visait Dejah Thoris, princesse d'Helium), cependant que le titre anglais de ce quatrième opus est Thuvia, Maid of Mars (alors que le mot "vierge n'était peut-être plus trop à la mode en France, lors de la parution en 1971?). Je ne sais pas si l'auteur aurait pu dire "je crois aux forces de l'esprit" en étant sincère, ou bien s'il use juste d'artifices littéraires pour expliquer comment une cité quasi-déserte peut résister durant des siècles à des hordes d'envahisseurs potentiels. 

P1140001Dans le cinquième tome paru dans cette collection, Echecs sur Mars, John Carter n'est plus non plus le "héros principal". La planète rouge n'a pas fini de dissimuler des surprises. Ainsi, cette fois, c'est... la fille de John Carter et de Dejah Thoris que nous découvrons comme nouvelle héroïne, via un prologue de trois pages qui se passe sur terre (John Carter a résolu le problème des voyages Mars-Terre, et peut désormais venir se présenter au narrateur, non pas tout nu, mais avec son harnachement "guerrier de Mars" complet: épée et pistolet). Mais quand donc cette Tara est-elle sortie de l'oeuf ("la terre rouge de Tara", moi, ça me fait songer à Autant en emporte le vent)? Comment se fait-il que l'on n'ait jamais entendu parler d'elle dans les volumes précédents, si elle est juste "un peu plus jeune que Carthoris"? Mystères des feuilletons (cette histoire-là a été publiée en 1922). En tout cas, durant les moult aventures qu'elle va connaître, elle aura tôt fait de se trouver un chevalier servant, voire même plus d'un... La locution "la tête et les jambes" trouve une illustration plus ou moins hideuse dans ce roman. Dans les deux dernières pages, "son histoire terminée, John Carter se leva du siège placé en face de moi" avant de repartir, non sans avoir expliqué en quelques mots au narrateur les points du récit qui avaent pu rester obscurs dans le fil de la narration... (astuce à retenir!). 

On peut encore noter que ce cinquième tome contient beaucoup plus de "matière" que les précédents. Je ne peux évidemment pas compter le nombre de mots ou de caractères "sur le papier" (et je n'ai pas regardé ce qu'il en serait dans des versions électroniques), alors j'ai pris des photos (ci-dessous). Je ne sais pas si le résultat en est très lisible/visible, mais je voulais mettre en évidence la différence de corps de police de caractères ainsi que le nombre de lignes à la page entre le tome 4 (30 lignes, p.10) et le tome 5 (38 lignes, p.20)... 

P1140006 t.5 (p.20)  P1140007 t.4 (p.10)  P1140005

Je viens aussi de faire quelques vérifications sur le catalogue en ligne de la BnF (Bibliothèque nationale de France). John Carter a ensuite, plus récemment (et plus complètement), été publié aux Editions Lefrancq. En 1994, le premier tome de son "Cycle de Mars" (1269 p.) correspondait à ces cinq premiers titres. Le tome 2 paru en 1995 (1175 p.) donnait à lire les six dernières aventures participant de ce cycle. Et c'est tout! S'il a aussi écrit d'autres cycles (de la lune, de Vénus...), s'il a emmené Tarzan à Pellucidar, Burroughs n'a jamais (d)écrit les aventures de Tarzan sur Mars ou (de) John Carter dans la jungle. Peut-être ses "successeurs" l'ont-ils fait (je n'ai pas vérifié)?

Si j'ai relu pour le présent billet les 5 tomes que je possédais déjà, je n'ai pas cherché à me procurer les 6 opus suivants. Je ne m'interdisais pas de les emprunter en bibliothèque pour un éventuel second billet sur John Carter... en espérant qu'il y aurait eu suffisamment de manifestations d'intérêt sur ce billet-ci pour me motiver, mais je pense que le temps va désormais me manquer d'ici la fin du mois de mars 2022. La dernière actualité autour de ce héros de roman remontant à 2012 (avec la sortie du film John Carter d'Andrew Stanton - que je n'ai jamais vu), je risque de ne pas avoir beaucoup de commentaires sur ce billet... 

Pour ceux qui voudraient en savoir davantage sur ce "Cycle de Mars", ils peuvent consulter le blog Crimes à la belle époque. Il est aussi décortiqué avec pas mal d'ironie par Nébal. On trouve encore une longue chronique par Infocomète (plus de MAJ de ce blog depuis 2017).

En terme de postérité, quelques décennies séparent Edgar R. Burroughs de Jack Vance et son cycle de Tshaï, mais je pense que le héros vancien, Adam Reith, n'aurait jamais existé sans John Carter. Comme lui, humain fort et intelligent perdu sur une planète hostile, il finit après moult aventures par changer celle-ci et le sort de ses habitants. Mais comme ce n'est pas Mars, je n'en dirai pas davantage ici!

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mercredi 2 mars 2022

Le chêne - Laurent Charbonnier et Michel Seydoux

Le Chêne est un documentaire épatant plein de suspense qui se passe dans et autour d'un arbre bicentenaire dans la région de Chambord en Sologne. Dans le documentaire sans paroles mais avec des sons et de la musique, on fait la connaissance pendant quatre saisons des habitants de cet arbre majestueux, plein de racines et de cavités. Des mulots, des geais, des pic-épeiches, des mésanges, un écureuil roux facétieux... Parmi les insectes, j'ai découvert le balanin du chêne (un charançon) avec une trompe qui sert à percer le cuticule d'un gland de chêne pour pondre un oeuf. J'avoue que je ne ne connaissais pas cet insecte singulier. Sinon quand un orage éclate, c'est la panique à bord du côté des mulots, car l'eau arrive jusqu'à eux en passant sous l'arbre. L'écureuil d'un très beau roux est vraiment chez lui dans cet arbre. Avec ses griffes, il s'y agrippe pour monter à grande vitesse. Pas loin du chêne rôde le renard, et le sanglier vient se frotter contre notre arbre. La nuit tombée, un hibou observe des proies éventuelles de manière intéressée. Le printemps arrivant, les naissances sont nombreuses, en particulier des oisillons, mais le danger les guette, par exemple une couleuvre qui grimpe le long du tronc. Je vous laisse découvrir ce qui arrive. C'est un documentaire qui convient aux petits et aux grands. Je l'ai vu dans une salle pleine avec quelques bambins. 

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mardi 1 mars 2022

Tocsin pour un vaccin? - N°23

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) continue mes petites "revues de presse" subjectives sur Coco. L'actualité du jour (fin février 2022)? De vraies ou fausses questions sur le fait de savoir si le vaccin de Sanofi arrive, ou non, trop tard... sur le marché. De toutes manières, rappels, rappels...

Mais reprenons depuis le début... 

03/02/2022: Véran annonce qu'un tiers des près de 33 000 malades actuellement diagnostiqués "Covid-19" à l'hôpital sont des gens qui ont été testés positifs une fois hospitalisés pour autre chose (quoi, ces mauvais citoyens ne se faisaient pas tester au moindre soupçon de maladie?), et que le pass vaccinal pourrait être levé bien avant juillet 2022. Là, je me dis que Manu lit ma chronique... Bon, sur ce sujet de la levée, attendons de voir ce que vont en dire MM. Attal, Castex, Macron, ainsi que la Haute autorité de santé, le Conseil scientifique, l'Académie de médecine, l'UFML-Syndicat [présidé par le fameux Dr Jérôme Marty, rarement crédité ès qualité lorsqu'il intervient dans les médias], sans parler du Sénat, du Conseil Constitutionnel et (ah, j'oubliais - fin de la session parlementaire!) de l'Assemblée nationale...

C'est merveilleux. De même que le nuage de Tchernobyl s'était arrêté à nos frontières fin avil 1986, de même en 2022 le virus va arrêter de nous emmerder entre le début officiel de la campagne présidentielle et la fin des élections législatives.

09/02/2022: selon M. Attal, le pass vaccinal pourrait être levé, si tout va bien, fin mars ou début avril 2022 (quelques semaines avant les élections présidentielle, autrement dit). Aujourd'hui, la question est plutôt de savoir si les élections ne seront pas repoussées...

Selon Le Point du 27/01/2022 (p.16), une députée européenne bien connue à droite (LR) a suggéré à Macron, échangeant quelques mots avec lui après son intervention devant les députés européens à Strasbourg, de proposer un "pass sérologique" pour ceux dont l'organisme dispose de suffisamment d'anticorps et qui n'ont "pas besoin de se voir imposer un vaccin administratif"... Le Président de la République en a paraît-il pris bonne note: "nous y réfléchissons et il y aura d'autres annonces à venir". Ce pass sérologique existe en Suisse et à Monaco.

11/02/2022: chez les personnes vaccinées, le risque de forme grave est lié à l'âge ou à la comorbidité. Et attention, il a quand même fallu une étude portant sur 28 million de personnes (vaccinées) pour arriver à ces certitudes... 

03/01/2022: les frères Bogdanoff sont décédés du Covid-19 à six jours d'intervalle. Et voilà ce qu'en disait le Docteur Marty le 12/01/2022. Alors, qu'en déduire (ou non) sur l'importance du facteur génétique en ce qui concerne la possibilité de développer une forme grave? Y a-t-il eu déjà des études scientifiques portant sur des vrais jumeaux? 

Dans le prolongement de mes interrogations (et doutes), le mois dernier, sur la bonne volonté des vaccinés "malgré eux" après la mise en place du pass sanitaire en France (été 2021), je me demande si les ordinateurs qui nous gèrent sont capables de "suivre" le devenir de chaque "cohorte": depuis les personnes jamais vaccinées jusqu'au petit nombre de million de primo-vaccinés après la mise en place du pass vaccinal, en passant par ceux qui en seraient restés à une ou à deux piqûres (du vaccin de marque chose, truc ou bidule), en ayant ou non été malades à cause de l'un ou l'autre variant...

Et, plus largement, est-ce que des "tris croisés" permettent, avec des données aussi proches de la situation qu'il est possible de la suivre pour les millions de personnes gérées par "big data", de comparer le "réalisé" prenant en compte toutes ces "sous-ventilations" d'utilisateurs, avec les pourcentages de protection ou d'expression de formes graves ou non, et autres conséquences? Je n'oublie pas qu'on nous inondait (nous matraquait?), à l'avance, à coup de "modèles prédictifs" toujours plus péremptoires les uns que les autres? Vaccinez-vous, revaccinez-vous, qu'ils disaient... 

C'est quand même pas drôle... Avec les élections qui approchent (sans parler des JO!), on oublie presque que, en ce début 2022, l'épidémie est actuellement stabilisée à environ 200 décès quotidiens (ce qui, si je sais compter, fait 1000 morts tous les 5 jours, soit une trajectoire extrapolable à quelque 6000 morts par mois et 72 000 morts par an!). Et cela semble supportable à la fois par notre système hospitalier et par l'opinion publique. Mais si l'on prend la peine d'y réfléchir avec un peu de recul, n'est-ce pas effrayante, cette "insensibilité" qui s'est développée parmi nous, à partir du moment où nous ne craignons plus directement pour nous ou nos proches, à l'écart de tout péril immédiat (sacro-saint vaccin!), mais où ceux qui meurent sont "les autres", des inconnus... (non vaccinés ou "à risque"), presque des chiffres abstraits?

01/02/2022: les tests avec des prélèvements nasopharyngés à répétition pourraient-ils s'avérer dangereux? Dès le 8 avril 2021, il y avait eu un communiqué de presse de l'Académie de médecine... Se tester, pro-tester...?

Ces dernières semaines, les cas de contamination diminuent...? Mais le nombre de tests effectués aussi, non? Cela me fait vraiment penser au moyen infaillible de gagner aux courses...

15/02/2022: les pots au bureau devraient bientôt être de nouveau autorisésVoilà une nouvelle qui va être abondamment commentée autour de la machine à café!

15/02/2022: "quand on pense à la dangerosité de Delta et à la contagiosité d’Omicron, le mot Deltacron est absolument effrayant! Pour le moment, les cas de Deltacron sont extrêmement rares et le cas britannique est le seul cas officiellement répertorié." Tout est dit...

Plus grave encore: un nouveau variant du virus circule chez les rats new-yorkais! Ah, les rats, sales bêtes!

22/02/2022: selon une étude (encore), le covid-19 causerait des lésions testiculaires aiguës chez les hamster. Aïe! Et chez les lapines?
Selon une autre (étude), les personnes contaminées feraient davantage de cauchemars. Non mais on rêve?

16/02/2022: 71% des Français favorables à la levée du Pass sanitaire (dont 41% "tout à fait" favorables)! Selon une étude? Non, selon un sondage...

17/02/2022: auditionné par la Commission d'enquête sénatoriale sur le passe vaccinal, le directeur de Doctolib a évoqué le chiffre de "3,9 millions de nos concitoyens non-vaccinés". Mais tout ne passe pas par Doctolib (youpi).

02/02/2022: l'appétence à se faire vacciner ou non serait liée au passé familial (un traumatisme infantile), "selon une étude"? Quand il n'y en a plus, il y en a encore... l'imagination des "étudieurs" est sans limite!

Et encore un peu d'éthologie: les femelles babouins maltraitées dans l'enfance sont moins sociables à l'âge adulte. Elles sont réticentes à se faire vacciner contre le Covid-19 malgré la pression sociale et les emmerdements afférents? [désolé, je ne pouvais pas laisser passer un tel rapprochement ...]. 

11/02/2022: un vaccin à base de plante, maintenant? J'avoue que je suis loin de comprendre - il est vrai que je n'ai même pas pu lire complètement l'article...  

04/01/2022: le viagra aurait des vertus insoupçonnées? Quelle belle histoire, hein, ô laboratoire Pfizer!

25/02/2022: enfin, une étude révèlerait pourquoi certains patients jeunes et sans comorbidités meurent du Covid-19 (et la plupart des autres, non): ce serait génétiqueUn Prix Science 2022 bien mérité. En tout cas, ça valait bien la peine de vacciner tout le monde indistinctement avec les mêmes vaccins. Non? Maintenant, reste plus qu'à leur trouver un traitement sur mesure, à ces potentiels patients spécifiques... 

Bon, ce sera tout pour ce deuxième mois de l'année 2022. Précisons encore que, ce lundi soir, on trouve toute une série de chiffres sur Wikipedia (page consulté le 28 févrer 2022). Nombre de personnes contaminées par le Covid-19 en France: 22 742 043. Nombre de décès: 138 204. Population totale: 67 422 000. Et maintenant, pour la Russie et l'Ukraine: 16 055 851 contre 5 040 518 (contaminations). 343 934 contre 112 459 (décès). 145 912 022 contre 43 466 822 (population totale). Une fois que j'ai dit ça, est-ce qu'on en est plus avancé? 

Ah, et pour finir, je reviens sur le moyen infaillible de gagner aux courses évoqué plus haut. Tout le monde n'ayant pas la référence, je vais rappeler le "truc" utilisé par Lavarède pour se procurer quelques sous dans le livre de Paul d'Ivoi, Les cinq sous de Lavarède (en appâtant les crédules): "ne jouer que sur les gagnants"!

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dimanche 27 février 2022

Les César 2022

Cela faisait quelques années que je n'avais pas vu la cérémonie des Césars et j'avoue que j'ai apprécié ce rendez-vous du cinéma qui s'est déroulé le vendredi 25 février dernier  même si comme d'habitude, c'était trop long. Les mercis ont été innombrables mais il y a eu un ou deux discours intéressants comme celui d'Arthur Harari et Jacques Fieschi. Je regrette que des films tels que Bac nord et Boîte noire aient été oubliés dans la distribution et que, de même, certains n'aient pas été nommés comme Les deux Alfred ou Gagarine. J'ai été ravie que Aissa Diallo Sagna, une vraie aide-soignante dans la vie, reçoive le César du meilleur second rôle féminin dans La fracture, elle est vraiment très bien. Sinon, pour les hommages, celui de Xavier Dolan envers Gaspard Ulliel était un peu long alors que l'hommage à Bertrand Tavernier a été honteusement court. Cate Blanchett qui a reçu un César d'honneur était divine comme d'habitude. Par ailleurs, les films Illusions perdues et Annette (toujours pas vu) ont été bien récompensés. Il y a eu la fausse note en la personne d'une jeune femme en rouge qui a montré son "c.l". Je n'aurais pas cru que The Father soit récompensé du César du meilleur film étranger face à La loi de Téhéran ou Drive my Car.

Et vous, si vous avez vu les Césars, qu'en avez-vous pensé?

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samedi 26 février 2022

Maigret - Patrice Leconte / Maison de retraite - Thomas Gilou

Je chronique ces deux films sur le même billet car Gérard Depardieu interprète un rôle dans les deux.

Je commence par Maigret de Patrice Leconte, d'après le roman Maigret et la jeune morte écrit en 1954 en une semaine. J'ai aimé l'atmosphère sombre qui sert de décor à une histoire qui se passe dans les années 50. D'après le résumé du roman que j'ai lu sur Wikipedia, il y a beaucoup de différences avec le scénario du film, mais ce n'est pas très grave. L'histoire est resserrée et il y a la création du personnage de Betty qui n'est pas dans le roman. Une jeune femme, Louise, est retrouvée morte, lardée de coups de couteau, sur une place du IXème arrondissement. Maigret (Gérard Depardieu, très bien) enquête. Il faudra un certain temps pour trouver l'identité de la victime. Elle portait une très belle robe de soirée, alors que le reste de son habillement, sous-vêtements ou chaussures étaient usées. Elle a voulu assister au mariage d'une certaine Jeanine, une fille que Louise a connue quand toutes les deux arrivaient de leurs provinces vers Paris. Grâce à une autre jeune fille ressemblant beaucoup à Louise à laquelle Maigret s'attache, l'enquête va progresser et le nombre de suspects se réduit : Jeanine, son fiancé issu de la grande bourgeoisie et la mère du fiancé. Un film qui se laisse voir avec plaisir avec un Depardieu émouvant. Lire les billets d'Henri Golant et Selenie

Dans Maison de retraite, il interprète un boxeur retraité qui vit désormais dans un EHPAD dans lequel Milann Rousseau (Kev Adams) doit s'acquitter d'une peine de travaux d'intérêt général. Il est homme à tout faire. Il découvre assez vite que cet EHPAD est une prison pour les résidents qui ne sortent jamais, qui mangent mal mais qui sont solidaires entre eux. En particulier, on a la bande des sept qui ne s'en laissent pas compter. On a l'occasion de voir, en plus de Gérard Depardieu, Mylène Demongeot, Jean-Luc Bideau, Daniel Prévost, Marthe Villalonga, Firmine Richard et Liliane Rovere. Ce n'est pas toujours d'une grande finesse mais j'ai trouvé l'ensemble sympathique et j'ai énormément aimé la fin. Henri Golant a aussi aimé.

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vendredi 25 février 2022

Martiens, go home! - Fredric Brown


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 J'ai (ta d loi du cine,"squatter" chez dasola) fini par dénicher un exemplaire du livre qu'avait chroniqué dès mars 2021 une des toutes premières participantes au Challenge de la planète Mars. Alors que le monde (occidental) regarde à la télévision aujourd'hui [vendredi 25 février 2022] des images d'une invasion prédite avant d'être effective, j'ai l'impression que les grandes manifestations populaires qu'on connaissait jadis ont autant de retard à l'allumage que les éventuelles sanctions qui seront prises contre l'envahisseur. Le titre que je chronique présentement fait écho de manière humoristique aux "US go home!" de naguère, puisqu'il s'agit de Martiens, go home! de Fredric Brown. Ce classique de la SF, paru en 1954 aux Etats-Unis et traduit en français en 1957, bénéficie d'une certaine notoriété, comme en témoignent les nombreux liens que j'ai pu mettre en fin d'article.

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La couverture ci-dessus donne une interprétation acceptable de l'oeuvre: un gnome vert (les oreilles pointues me semblent une licence artistique de l'illustrateur Frank Kelly Freas) en train de vous regarder d'un air narquois à travers le trou de la serrure (il existe bien sûr des illustrations qui diffèrent de celle de l'édition que je possède) (1)

Un personnage apparaît comme le fil conducteur de l'oeuvre, sinon le véritable héros: il s'agit d'un certain Luke Devereaux, écrivain de son état, plongé dans les affres solitaires de la page blanche quand le roman commence, le 26 mars 1964. "Laissant muser son imagination, il se demanda brusquement: et si les Martiens...?". Simultanément, on frappe à la porte de sa cabane. Et ce n'est pas un cadeau: "Salut toto, dit le petit homme vert. C'est bien la terre ici?". S'ensuivent 15 pages de persécutions à sens unique. Mais la créature mal embouchée n'est pas seule: un milliard de Martiens se sont téléportés sur notre planète. Immatériels, dotés d'une vision de superman (celle à rayons X), l'humanité ne peut rien leur cacher, nulle part, ni s'en débarrasser d'aucune manière, et ils se font un plaisir de claironner à tout l'univers les petits secrets de tout un chacun (pour eux, tous les hommes s'appellent toto, et toutes les femmes "chouquette" - quel manque de respect, n'est-ce pas?). Page 64, une énumération de 47 qualificatifs commence par "ils se montraient acariatres" et se termine par "ils étaient (...) zélés à la tâche de faire vaciller la raison de quiconque entrait en leur contact". De quoi déprimer les trois milliards d'humains. D'où d'abominables conséquences: le Président des Etats-Unis, en son for intérieur (p.104), doit bien constater que la situation est grave, car la Bourse baisse, l'industrie du spectacle approche de la ruine; et que faire des soldats de l'Armée, inaptes à tout autre emploi utile? On aura noté que, de l'autre côté du rideau de fer, nos Martiens sévissent en toute équité. Impossble désormais de recourir à la propagande: "les Martiens se faisaient un plaisir de souligner à grand renfort de publicité le plus petit coup de pouce donné à la réalité" (p.102). J'ai aussi savouré les diverses réactions des religions face au phénomène martien, chacune y allant de sa solution (encore une énumération pour qualifier nos envahisseurs, depuis "anges du mal" jusqu'à "trolls", avec pas moins de 25 items). Je me dis qu'un lecteur contemporain peut aussi songer (encore un anachronisme!) à ce que l'auteur n'avait sûrement pas pu y mettre à l'époque, et identifier ses "Martiens" avec d'autres "trolls", ceux qui "pourrissent" les échanges sur les réseaux sociaux, ou encore avec les harceleurs divers et variés qui "détruisent" la vie (réelle, et pas seulement numérique) de leurs victimes. Mais revenons à notre Luke Devereaux. Finalement, les choses n'ont pas si mal tourné que cela pour lui. Notre écrivain a "évacué" à sa manière la question martienne, s'est rabiboché avec son ex-épouse, et a pondu en cinq semaines de réclusion semi-volontaire dans une clinique psychatrique la meilleure de ses oeuvres (un western). Ne (lui) reste plus qu'à délivrer l'humanité tout entière de ses persécuteurs. Peut-être grâce à ses efforts personnels, ou bien encore à ceux de quelques centaines de milliers de personnes tendues vers le même but en parallèle (et qui, selon la définition classique, ne se rencontreront jamais), les Martiens s'évaporent tous ensemble le 19 août 1964, cent quarante-six jours et cinquante minutes après leur première apparition. Bon, quand j'ai dit cela, je n'ai pas vraiment "spoilé" le roman, il vous reste surtout à en déguster chaque péripétie en savourant l'art avec lequel elle est contée. J'avoue pour ma part avoir apprécié la digne sortie de scène du secrétaire général de l'ONU, humilié par les Martiens qu'il venait de conjurer d'accepter la parole des Terriens de ne jamais aller les déranger sur Mars en ayant réussi le miracle de faire parler toute l'humanité d'une seule voix pour cela: quand on vous répond "va te faire enc..., toto", si l'on est brave, que peut-on faire?

A défaut de la critique de Girlymamie (qui a carrément supprimé son blog de peur de se faire piller ses articles), j'ai trouvé (ou retrouvé) une bonne quantité de billets ayant chroniqué Martiens, go home! au fil des ans. Citons-les par ordre alphabétique: Elessar, Elhyandra, Elwyn (navigatrice de l'imaginaire), ErwelynEsprit S.F. (dernière MAJ en 2020), FeyGirl, le site collectif Le galion des étoiles, Lhisbei, la bibliothèque de Loki (dernière MAJ en 2021), Lorkhan, chez Nirgal (dernière MAJ en 2021), et l'ancien blog de XL.

Bonne lecture!

(1) Voir notamment Chroniques martiennes.

* Edit du 27/02/2022: je viens de découvrir le Challenge "2022 en classiques" proposé par Blandine et Nathalie. C'est trop tentant... Après, comme il y a du coup deux logos, je les mettrai alternativement!

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jeudi 24 février 2022

La vraie famille - Fabien Gorgeart

La vraie famille de Fabien Gorgeart nous fait entrer dans une famille d'accueil très aimante. Au centre, il y a Simon, un petit bonhomme craquant. Anna et Driss, ses parents d'accueil, ne font pas la différence entre Simon et leurs deux enfants biologiques. Mais là où le bât blesse, c'est que Simon appelle Anna "maman". Elle le couve et elle est très proche de lui, peut-être plus que de ses propres enfants. Quand elle a accueilli Simon, il avait 18 mois. Maintenant, il a six ans. Anna n'a pas su mettre une frontière invisible mais réelle entre Simon et elle. Elle n'aurait pas dû accepter que Simon soit aussi familier avec elle. Alors que Simon appelle Driss "Driss" et non "papa". C'est pourquoi, quand l'aide sociale à l'enfance annonce à Anna que le papa de Simon veut le reprendre, elle n'imagine pas que cela puisse arriver. Il faut noter que les institutions en France privilégient les relations des enfants avec leurs parents biologiques, et tant pis pour les famiilles d'accueil. C'est inconcevable pour elle. Melanie Thierry est très bien dans le rôle d'Anna et les autres comédiens aussi. Mention spéciale au petit Gabriel Pavie qui ferait en effet fondre un iceberg (lire le billet de Pascale).

Une histoire émouvante qui se termine heureusement pas si "mal" et non "mai". Merci à Luocine de m'avoir fait corriger ma faute de frappe.

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lundi 21 février 2022

Le mur des silences - Arnaldur Indridason

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Encore une fois, j'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver Konrad, le policier de Reyjkjavik à la retraite, qui continue d'enquêter sur la mort violente de son père en 1963. Malgré ses défauts, je me suis attachée à ce personnage qui n'a pas eu une enfance facile. Dans ce roman, on constate que Konrad se rapproche de la vérité mais... Pendant ce temps, un cadavre est retrouvé dans la cave d'une maison. Il se trouvait derrière un mur depuis des années. C'est une femme, la dernière occupante de la maison, qui est allée  voir Eyglo, une medium (personnage que l'on croise dans les romans précédents). La femme a demandé à Eyglo de l'accompagner chez elle. Depuis quatre ans qu'elle habite la maison, elle souffre d'une angoisse permanente. Les policiers sont très peu présents dans le roman. En revanche, on fait la connaissance d'Elisa, de son mari Stan d'origine américaine, de Benony, de Tommy, de Mikki et de quelques autres en 1963, au moment où le drame a lieu. Stan est un être violent qui bat sa femme. Benony, Tommy et Mikki sont des petits délinquants qui cambriolent la demeure d'un médecin. Ils n'auraient jamais dû prendre certaines photos. Ils se débarrassent de leur larcin en s'adressant à un certain Seppi (le père de Konrad). Le récit alterne entre l'enquête de Konrad sur la mort de son père et sur ses relations houleuses avec son fils. Konrad se sent bien seul et il fait le vide autour de lui  et de tout ce qui se passe en 1963. Je ne vous dirai rien de plus car le suspense est là jusqu'à la dernière page. Un roman que je recommande même si je conseille pour mieux comprendre le personnage de Konrad de lire les trois romans précédents : Ce que savait la nuit, Les Fantômes de Reykjavik et La Pierre du remords. Lire le billet d'Aifelle

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