jeudi 25 janvier 2007

Short cuts - Robert Altman

Ce soir, jeudi 25 janvier 2007, sur Arte, est diffusé le film Short Cuts de Robert Altman (décédé récemment) d'après des nouvelles de Raymond Carver. Je l'ai vu au moment de sa sortie en 1993 en salle. Les critiques ont été très élogieuses à l'époque et je me suis toujours posé la question de savoir pourquoi. J'avoue avoir trouvé le film interminable (3h). J'avais lu à l'époque, avant de voir le film, des nouvelles de Raymond Carver parues en biblio poche, Les Vitamines du bonheur (12 nouvelles) et Parlez-moi d'amour (17 nouvelles). Les deux recueils se lisent très vite puisque les nouvelles ne dépassent pas 10 pages chacune et encore. Chaque nouvelle est concise et dépeint la vie d'Américains ordinaires. Je conseille à tout le monde de les lire plutôt que de voir le film.

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mercredi 24 janvier 2007

L'armée des ombres - Jean-Pierre Melville

Adapté d'un roman de Joseph Kessel (disponible en édition de poche), L'Armée des ombres sorti en 1969 en France vient de remporter un vif succès aux Etats-Unis où il n'avait jamais été distribué. Il vient même d'obtenir le prix du meilleur film étranger 2006 auprès des critiques New-Yorkais avec une mention de part des critiques de Los Angeles. Après avoir parcouru différents articles en anglais, cette carrière américaine est beaucoup due à la magnifique restauration de la couleur par Pierre Lhomme (chef opérateur du film). Les copies présentées ont retrouvé les nuances de vert et bleu qui permettent de rendre l'atmosphère oppressante qui régnait à l'époque. Le film, en 1969, a été un échec provoqué certainement par le fait que De Gaulle avait quitté le pouvoir et que le sujet n'était plus à l'ordre du jour. Après plusieurs visions grâce à la TV ou au DVD, l'Armée des ombres peut être considéré comme un chef-d'oeuvre représentatif d'une certaine qualité française. Il est à noter que ce film aurait pu représenter la France aux Oscars de cette année au même titre qu'Indigènes. On leur aura préféré Fauteuils d'orchestre de Danièle Thompson qui n'est pas sélectionné, et Indigènes va représenter l'Algérie. Peut-être faudrait-il changer les membres du comité de sélection.

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mardi 23 janvier 2007

La métamorphose - Franz Kafka

Je ne sais pas si on lit encore de nos jours Franz Kafka (1883-1924). En tout cas, je conseille pour découvrir cet auteur de lire la nouvelle La Métamorphose, l'histoire de Grégoire Samsa, homme ordinaire qui, un matin, se réveille en se rendant compte que quelque chose ne va pas. Seul dans sa chambre, il constate qu'il n'a plus un aspect humain mais qu'il s'est transformé en un gros insecte, genre cafard. Il a une carapace. Ne pouvant plus sortir de cette chambre, il mourra comme un insecte desséché rejeté par toute sa famille qui ne cherche pas à le soulager de ses maux. On peut considérer que c'est une parabole sur la condition humaine dès que l'on n'est pas dans la norme, que l'on n'est pas comme les autres, tant physiquement qu'intellectuellement. Cette Métamorphose est une bonne initiation à l'univers fantastique absurde de Kafka et certainement le livre le plus accessible. Ses autres oeuvres célèbres comme le Château, l'Amérique et le Procès sont inachevées et ont été publiées après la mort de Kafka.

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lundi 22 janvier 2007

The Touch of Evil - Orson Welles - Voir les films en DVD

Récemment, j'ai commencé de voir des films en DVD que j'ai achetés depuis un certain temps déjà. Il est certain que l'ambiance n'est pas la même que dans une salle de cinéma, mais en ayant le matériel adéquat pour le visionnage (écran LCD et ampli), j'éprouve tout de même une grande joie et quand on les regarde au moins à deux, le plaisir s'accroît. Et j'ai remarqué qu'on ne perçoit pas toujours la même chose entre un film en salle et un DVD dans son salon. Pas plus tard qu'hier soir, j'ai vu The Touch of Evil (La soif du mal) d'Orson Welles. Dans la version que je possède, en forme d'avant-propos, nous sommes prévenus que la version du DVD est celle qui est la plus fidèle à celle que voulait Orson Welles. Quand j'écris "vu", cela veut dire que j'avais vu le film, il y a très longtemps, et des scènes m'ont semblé avoir été ajoutées dans le DVD, en particulier, les scènes avec Marlène Dietrich, brune, très gitane. Le film est une très bonne redécouverte avec sa lumière en noir et blanc, son ambiance moite et la musique d'Henri Mancini. Le support DVD est utile pour faire connaître à un public plus jeune et pourquoi pas plus large, ce genre de film.

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dimanche 21 janvier 2007

Trilogie Millenium - Stieg Larsson

Les deux premiers tomes sont parus et j'attends avec une grande impatience le 3ème qui doit sortir à la fin de l'année. L'auteur, Stieg Larsson, a remis cette trilogie à son éditeur en 2004 et est décédé peu après d'une crise cardiaque. Cette trilogie parue aux Editions Actes Sud est à lire toutes affaires cessantes. Les intrigues des deux premiers tomes sont passionnantes de bout en bout. L'auteur suédois situe ses intrigues en Suède. Les principaux protagonistes sont un journaliste et une jeune femme qui semble être désaxée mais qui dans les deux premiers tomes se révèle être pleine de ressources et une "hacker" hors pair, ce qui lui permet de se sortir de situations inextricables. Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, T1, et La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, T2 (les titres sont singuliers surtout le deuxième) vous laissent un sentiment de frustration car on n'attend qu'une chose, le 3ème tome, qui doit paraître sous le titre La reine dans le palais des courants d'air. (chroniqué le 15/11/2007)

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samedi 20 janvier 2007

Les Thibault - Roger Martin du Gard

Certaines personnes doivent avoir peur de la longueur du roman Les Thibault de RMdG, et bien ils ont tort. Quand on commence à le lire, on ne lâche plus. L'histoire se déroule de l'été 1914 et se conclut à la fin de 1918. Ce livre, pendant les deux tiers, est d'abord un excellent témoignage sur les prémices de la Grande Guerre, nous avons l'impression d'être les acteurs des événements qui se déroulent, RMdG a un grand talent de raconter une petite histoire dans la grande et quelle écriture! Les personnages du père, et des deux fils Antoine et Jacques aussi antinomiques que peuvent l'être deux frères sont attachants, nous nous sentons proches d'eux. Livre magnifique des années 20-30 que l'on relit très volontiers (ce qui a été mon cas).

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vendredi 19 janvier 2007

Babel - Alejandro Gonzalez Inarritu

Babel, qui vient de gagner le Golden Globe du meilleur film (prix décerné par la presse étrangère à Hollywood) après le prix de la mise en scène 2006 à Cannes, raconte comment un simple coup de carabine, tiré au jugé, peut bouleverser la vie de plusieurs personnes dans trois endroits dans le monde (Maroc, Mexique/USA et Japon). Le film est composé de flash back, on va d'un endroit à l'autre. Ce film forme un puzzle qui semble se résoudre peu à peu. La construction du film est très proche des deux films précédents du même réalisateur (Amours Chiennes et 21 grammes). Le film vire au tragique avec la mort d'un jeune garçon au Maroc et la reconduite à la  frontière mexicaine d'une femme que l'on découvre être une travailleuse clandestine. Le réalisateur volontairement ou non rend un des personnages américains au Maroc peu sympathique malgré ce qui lui arrive. Le personnage incarné par Brad Pitt veut absolument donner de l'argent à l'homme qui a sauvé sa femme. Ce dernier refuse. C'est très symbolique d'une certaine mentalité américaine où on considère que tout s'achète et se paye. La générosité désintéressée lui semble inconnue. Malgré les 2h25, le film passe vite et on ne l'oublie pas.

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jeudi 18 janvier 2007

Les Rois maudits - Claude Barma (1972) - Josée Dayan (2005)

En 1972, j'avais 10 ans et je me rappelle un peu la diffusion de ce que je considère comme de la très grande télévision au temps où, quand nous étions devant le poste, nous n'avions pas l'impression de perdre de notre temps et de nous abêtir, et même qu'on apprenait beaucoup.
Les comédiens, Jean Piat et Louis Seigner en tête, jouaient à la perfection et disaient les dialogues avec une verve et un talent à nul autre pareil. C'était vraiment l'honneur de la télévision française. Ces Rois Maudits ont d'ailleurs été à l'époque diffusés 2 fois en Angleterre à 6 mois d'intervalle. Quelle ne fut pas ma surprise, quand j'ai appris qu'on avait re-tourné cette série avec des comédiens de talent. Ma déception fut grande. Il n'y a rien à sauver ; il n'y a aucune âme, les trois-quarts des dialogues sont inaudibles et Philippe Torreton n'arrive pas à la cheville de Jean Piat (tout au moins dans le rôle de Robert d'Artois). Donc si vous avez un doute, n'hésitez pas une seconde à acheter le DVD de la première et seule version digne de ce nom.

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mercredi 17 janvier 2007

Sophie Scholl, les dernières heures - Marc Rothemund

Pour les personnes intéressées par la période de la Seconde Guerre Mondiale, je recommande vivement Sophie Scholl, les dernières heures qui raconte comment de simples étudiants allemands ont été broyés par la machine nazie. L'histoire est tirée de faits réels, des archives de la Gestapo. A Munich, en 1943, un frère, Hans et une soeur, Sophie, de confession protestante font partie d'un groupe d'étudiants "La Rose Blanche" qui font de la résistance en diffusant des tracts dans des universités. Ils vont être arrêtés pendant une de leurs actions. Au début, on peut croire qu'ils vont être libérés mais tout à coup, tout s'accélère et Sophie Scholl, la soeur, est au centre de l'interrogatoire. Le personnage qui questionne Sophie pose des questions pouvant déranger. En effet, il fait remarquer que tous ces étudiants ont pu faire leurs études grâce au régime nazi et qu'ils en ont bien profité. Elle ne perd pas ses moyens, elle répond toujours et encore avec calme et intelligence aux mêmes questions d'un employé zélé qui la pousse dans ses derniers retranchements. Après qu'elle ait avoué, on assiste à un simulacre totalement terrifiant de procès avec une mention spéciale pour le juge. Elle sera condamnée à mort avec son frère et un autre étudiant, jeune papa. De nos jours, beaucoup de lycées en Allemagne portent le nom de Sophie Scholl. Le générique de fin est émouvant parce que nous pouvons voir des photos d'archives de la vraie Sophie Scholl.

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mardi 16 janvier 2007

Billet de mauvaise humeur

Parisienne de naissance, j'ai pu noter la diminution alarmante d'année en année du nombre des salles de cinéma, le phénomène est identique pour les librairies. Pour moi, une librairie ou un cinéma qui disparaît, c'est la mort d'une certaine idée de la culture pour tous, de la culture tout court. Prenons le cas, par exemple, des Champs Elysées, "la plus belle avenue du monde", dans ma jeunesse pas si lointaine, il y avait, de mémoire, presque 15 complexes de cinéma, il n'en reste plus que 6 et il paraîtrait que 2 vont encore disparaître d'ici fin 2007. Pour les personnes qui n'ont pas connu, les salles étaient souvent très grandes, les files d'attente immenses surtout le dimanche après-midi, jour de la sortie familiale. On sentait une ferveur. Maintenant, on apprend que les loyers sont trop chers, des boutiques de "fringues" ou des banques prennent la place. Le problème est que les rues ou avenues concernées n'en sortent pas grandies. Les promeneurs ne peuvent plus qu'acheter ou aller ailleurs, on est vraiment dans une société "consumériste".
Pour en revenir au cinéma, rien ne remplacera jamais l'obscurité d'une salle, l'ambiance, les spectateurs qui lèvent la tête pour regarder un écran, et le son stéréo, et l'ouvreur(se) qui vend les eskimos juste avant le film. (A suivre).

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