samedi 17 février 2007

L'Italien - Andrey Kravchuk

L’Italien d’Andrey Kravchuk, sorti cette semaine, est touchant par son sujet: dans un orphelinat, un petit russe, Vania, âgé de 6 ans, est sur le point d'être adopté par un couple italien, d'où le titre. Pour la plupart, les pensionnaires de ce lieu ne sont pas tous orphelins mais abandonnés par leur mère. Toutes les tranches d'âge sont représentées, dont des grands de 16 à 18 ans qui sont déjà des caïds et vivent de petits boulots. Une femme sert d'intermédiaire entre les couples adoptants et les enfants moyennant finances. Vania est vendu 5000 euros. Juste avant qu'il soit confié à un couple, la mère d'un autre enfant récemment adopté réapparaît. Cela provoque une sorte de "déclic" chez Vania qui aimerait mieux avoir sa vraie maman qu'une maman adoptive aussi gentille soit-elle. Il arrive à consulter son dossier d'abandon et il trouve l'adresse du foyer où il était avant. Grâce à une pensionnaire de l'orphelinat qui vole de l'argent pour lui, il part à la recherche du foyer qui se trouve dans une autre ville. Il prend le train, poursuivi par la femme du bureau d'adoption flanquée de son chauffeur. A la fin, par l'intermédiaire du foyer, il retrouvera sa vraie maman et un autre enfant prendra sa place chez le couple d'Italiens. Ce film montre une Russie pas très reluisante car si tant d'enfants sont abandonnées c'est que les mères sont incapables de subvenir à leur besoin. A un moment donné, le directeur de l'orphelinat dit à un des enfants de ne pas tomber malade car l'Etat ne pourra pas payer les soins. Voici l'image que donne la Russie d'aujourd'hui. La vie est dure.

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vendredi 16 février 2007

Lignes de Faille - Nancy Huston

Je viens juste de terminer Lignes de Faille de Nancy Huston, prix Fémina 2006 (Prix mérité). C'est un très beau roman bien écrit en 4 chapitres, chaque narrateur a entre 6 et 7 ans avec le langage d'enfant de cet âge. On remonte le temps : 2004, 1982, 1962 et enfin 1944-45. Chaque narrateur est fils ou fille du narrateur suivant. C'est un livre sur le souvenir et la mémoire avec le passé douloureux de la 2ème guerre mondiale (je ne dirai rien de plus). J'avais beaucoup apprécié du même auteur Instruments des ténèbres paru en 1996 et prix Goncourt des lycéens. Je le recommande vivement.

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jeudi 15 février 2007

La Môme - Olivier Dahan

Suite à mon billet précédent, je parlerai de la Môme, hommage à Edith Piaf (1915-1963) qui est l'événement cinématographique de ce début d'année. Le film a fait l'ouverture du Festival de Berlin et en raison du sujet, il a déjà été vendu dans de nombreux pays. Pour ma part, je suis un peu mitigée. J'ai beaucoup aimé certaines scènes : quand elle chante sur scène (ah! la voix), quand elle s'écroule sur scène, toutes les séquences avec Marcel Cerdan, et la maladie, l'agonie et la mort d'Edith Piaf. Pour le reste, le scénario me semble un peu confus, je pense qu'il faut avoir un peu potassé la vie de Piaf pour savoir qui est qui. La demi-soeur d'Edith apparaît, on ne sait comment. On ne montre pas assez la travailleuse acharnée qu'elle a été. Le réalisateur reste un peu dans l'anecdotique. A part ça, il faut quand même saluer la performance de Marion Cotillard qui, dans les scènes que j'ai aimées, restitue la façon de parler, de bouger de la vraie Edith. Le film est à voir pour elle.

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mercredi 14 février 2007

Comment on fait attendre le public pour une avant-première de film

Fidèle abonnée depuis 7 ans à une carte de cinéma, je reçois de temps en temps des invitations à des avant-premières de film par Internet. Je me suis inscrite pour assister à la Môme d'Olivier Dahan. Sur l'invitation, il était marqué de se présenter à partir de 20h15 au stand "VHD" Illimité et que l'équipe du film serait présente "sous réserve". Je suis arrivée à 20h. Sur mon Pariscope préféré, il était écrit que la séance était à 20h30. Je me suis dit "chouette", seulement un quart d'heure d'attente. Quand une charmante hôtesse me présenta mon petit ticket d'entrée, j'ai constaté alors avec horreur que la séance était à 21h00. Je me suis dis "zut", presque une heure d'attente. Je n'avais pas prévu. On a pu entrer dans la salle à 20h30 et à la différence de d'habitude, la salle était assez éclairée pour pouvoir lire par exemple (ce que j'ai fait). A 21h05, on a pu demander à un employé du cinéma si l'équipe du film était présente, il nous a répondu que pour le moment, elle était dans l'autre salle. Oui, car j'ai oublié de dire que l'avant-première dans ce multiplexe était projetée dans deux salles à la même heure. Quand, enfin, l'équipe du film est arrivée, il était 21h10, un animateur a posé une question ou deux questions bateaux aux acteurs. Le réalisateur présent n'a pas ouvert la bouche, car paraît-il, il n'avait dormi qu'une heure, il était fatigué. Les acteurs sont repartis comme ils étaient venus et enfin, le film a démarré à 21h15. Il dure 2h20. Ce qui fait quand même une sortie de salle à 23h35. Cela fait une longue soirée pour voir un film dont je parlerai dans mon prochain billet.

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mardi 13 février 2007

Sur les blogs ciné et littérature d'Internet

Depuis la création de mon blog perso, il m'a été suggéré de me faire connaître par d'autres "blogueurs" dont les sujets principaux sont le ciné et la littérature. Je voudrais à cette occasion, faire quelques critiques concernant les blogs ciné. Ils sont pour la plupart hébergés par des plates-formes assez tape-à-l'oeil. Les fonds en noir, ou dans d'autres couleurs, ne sont pas agréables à l'oeil. Il y a des spams de pub. Et pour faire des commentaires, idéalement, il faudrait avoir créé son propre blog sous lesdites plates-formes. On est en cercle fermé (du titre d'un livre de Jonathan Coe). Quand j'arrive à trouver un film qui m'inspire, je mets un commentaire, mais comme je n'appartiens pas au cercle, je ne peux pas vraiment me faire connaître à moins de mettre mon adresse URL dans le commentaire. Pour les blogs littérature, je dois reconnaître que c'est beaucoup mieux, car les plates-formes ne sont pas les mêmes, les présentations sont en général très sobres, et on peut mettre son adresse URL hors commentaire.

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lundi 12 février 2007

Odette Toulemonde (le film) - Eric-Emmanuel Schmitt

Si vous n'avez pas le moral, si vous trouvez que la vie est triste, courez voir Odette Toulemonde du nom de l'héroïne dont le crédo est de donner du bonheur. Le film est adapté du roman éponyme très récent Odette Toulemonde d'Eric-Emmanuel Schmitt, devenu réalisateur afin d'adapter sur grand écran son roman. N'ayant pas lu le livre, je me contenterai de parler du film qui est un joli conte finissant bien. Certains critiques le trouvent un peu "cucul" surtout les scènes où Odette lévite quand elle est heureuse. Pourtant cela fait du bien, dans notre monde actuel, de voir des fables optimistes. Odette Toulemonde est vendeuse au rayon produits de beauté dans un grand magasin de Charleroi en Belgique. Elle est veuve depuis 10 ans et a deux enfants, une fille, Sue Ellen flanquée d'un crétin qui squatte à la maison, et un fils coiffeur et homosexuel qui change souvent de petit ami. Si Odette n'a pas sombré dans la dépression depuis le décès de son mari, c'est grâce à Balthazar Balsan, écrivain pour les caissières et les vendeuses comme disent des critiques assassines. Elle a lu tous ses romans et un concours de circonstances fait qu'ils vont se rencontrer et Odette va héberger Balthazar. Leur vie sera changée à tous les deux. Donc le film est à voir en cas de déprime et même sans déprime.

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dimanche 11 février 2007

Le Masque et la Plume - Emission sur France Inter

Depuis plus de vingt-cinq ans, j'écoute une émission dominicale à 20h10 sur France Inter, le Masque et La Plume, consacrée aux critiques de films, théâtre et littérature. Animée depuis plus de 10 ans par Jérôme Garcin, elle a été créée il y a 50 ans. J'éprouve un grand plaisir à l'écouter car certains critiques ne sont pas du tout du même avis, on sent souvent une certaine animosité entre eux surtout lors des émissions sur le théâtre. Les joutes verbales sont souvent acerbes. J'ai eu la chance, quand on parlait de cinéma, d'entendre Georges Charensol, ses critiques étaient souvent très drôles. Je pense qu'une émission comme celle-ci est nécessaire, je suis convaincue qu'elle peut donner envie d'aller au cinéma, au théâtre ou de lire un livre. Cette émission est un bon moyen de se tenir au courant de l'actualité culturelle et littéraire même si on ne peut pas tout voir et tout lire. [complément]

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samedi 10 février 2007

"Remakes"

Ne connaissant pas d'équivalent français au mot anglais du titre, je voudrais faire un petit billet sur ce phénomène qui a toujours existé mais qui a une tendance à augmenter. Manque d'inspiration pour de nouveaux scénarii peut-être ? Le dernier en date (pas encore sorti) est Le Deuxième souffle réalisé par Alain Corneau, remake d'un film de Jean-Pierre Melville (1966). A priori, je n'ai rien contre le fait que les mêmes histoires soient retournées, mais encore faut-il que ces nouvelles versions soient supérieures aux originales, ce qui est rarement le cas, malheureusement. Un cas qui me vient à l'esprit est Guet-Apens (1994), remake totalement inutile du film de Sam Peckinpah. Un remake plus récent, que d'aucuns considèrent comme un grand film, Les Infiltrés (The Departed), le nouveau film de Martin Scorsese, est le remake d'un film Hongkongais Internal Affairs. Pour ma part, j'ai préféré ce dernier que je trouve moins violent. Dans une période plus ancienne, des réalisateurs, comme Alfred Hitchcock, ont refait leur film. Par exemple Hitchcock a tourné deux versions de l'Homme qui en savait trop en 1934 et 1956. Maintenant, la seconde version n'est peut-être pas supérieure mais c'est la plus connue. Un dernier phénomène est le remake de films récents français qui ont eu du succès aux Etats-Unis. Comme les américains ne sont pas friands des sous-titres et que les versions doublées ne se font pas, des films récents comme Sur mes lèvres, Chaos, et même 36, quai des Orfèvres doivent être refaits avec des acteurs américains. Espérons qu'ils seront aussi bien que les films originaux !

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vendredi 9 février 2007

Sur les magazines de cinéma

Depuis plus de vingt ans, j'achète régulièrement des magazines de cinéma avec en tête Première et Studio. A la fac, j'ai eu ma période Cahiers du Cinéma mais je me suis rendue compte que j'étais plus Positif, je le suis encore. Dieu, que j'ai aimé le magazine Première, avec ses grandes photos, ses articles que j'ai souvent découpés, c'était vraiment très bien et puis patatras, depuis presque dix ans, même si je continue à l'acheter, c'est lamentable. Les photos sont moches, les articles sans intérêt mais je l'achète par réflexe car le prix a baissé comme la qualité. Aux dernières nouvelles, il semblerait qu'il va disparaître. Studio que j'ai acheté dès le premier numéro, a baissé en qualité mais dans l'ensemble, il est bien ; les photos et les articles sont de bonne tenue. Il a eu la même bonne idée que le magazine Ciné Live d'ajouter un CD/DVD rom. C'est une bonne initiative, car même si je jette le magazine au bout d'un moment, je garde les CD/DVD rom. N'achetant plus les Cahiers du cinéma depuis des années, je n'en parlerai pas, en revanche, il m'arrive d'acheter Positif  quand un dossier m'intéresse, et là, vu le prix, les numéros se gardent. Tout cela pour dire qu'il est bien que le cinéma ait des magazines dédiés qui donnent envie d'aller au cinéma. [autre billet en 2011 ici]

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jeudi 8 février 2007

Une exécution ordinaire - Marc Dugain

Après la Malédiction d'Edgar, roman qui relatait une histoire de l'Amérique sous le règne, si je puis dire, du redoutable Edgar J. Hoover, patron du FBI pendant plus d'un demi-siècle, dans Une exécution ordinaire, Marc Dugain nous plonge dans l'histoire de la Russie depuis juste avant la mort de Staline jusqu'à nos jours en mettant en scène une famille, sur trois générations voire quatre. Le récit commence en 1952, la mère du narrateur est urologue et elle a un don de guérisseuse avec les mains. Sa réputation arrive jusqu'à Staline qui n'a plus que deux ans à vivre. Les grandes "purges" ont déjà eu lieu. Par force, elle devient la guérisseuse du chef d'Etat mais dans le plus grand secret. Sa vie est bouleversée. Elle se sépare de son mari. Le narrateur ne naîtra que bien des années après ces événements, sa mère s'étant réconciliée entre-temps avec son mari. Ce même narrateur, Pavel, est devenu professeur à l'âge adulte. Il s'est marié et a deux enfants: un garçon et une fille. Le récit continue et on apprend que Pavel va toucher une grosse indemnité, qu'il a le droit à un grand appartement à Saint-Pétersbourg et qu'il prend sa retraite alors qu'il est encore très jeune. Pourquoi ? C'est vers la fin du livre que l'on apprend qu'une tragédie a eu lieu. Marc Dugain s'est inspiré de l'histoire du Koursk, Oskar dans le livre, le sous-marin nucléaire dans lequel plus de 120 jeunes sous-mariniers sont morts suite à une explosion non identifiée de l'avant du bateau en 2000. Il semble qu'ils auraient pu être sauvés, mais les autorités russes ont refusé pendant plusieurs heures que des sous-marins occidentaux s'approchent de l'épave. Plusieurs versions ont circulé: une torpille a explosé, un sous-marin américain a percuté Oskar. Il semblerait plutôt que c'est le manque d'entretien des pièces du sous-marin, les fuites diverses et variées qui ont provoqué le drame. Poutine, Plotov dans le livre, est décrit comme responsable du fait que l'on ne porte pas secours assez vite aux éventuels survivants, il ne faut pas de témoins. La Russie, après avoir connue le communisme pendant plus de 70 ans, vit dans un régime où la corruption est partout, tout est à vendre et à acheter même les pièces détachées de sous-marins. Le constat que Marc Dugain fait de la Russie actuelle semble assez consternant. 

PS du 19/02/2010: Marc Dugain vient d'adapter lui-même une partie de son livre au cinéma (cf. mon billet de ce jour).

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