samedi 7 juillet 2007

Main basse sur la ville - Francesco Rosi

Créé il y a 5 ans, le Festival Paris-Cinéma a débuté le 3 juillet pour se terminer le 14 juillet. La séance est à 4 euros. Des films sont en compétition et des hommages sont rendus. Cette manifestation permet entre autres de revoir l'intégralité ou presque de l'oeuvre de Francesco Rosi, l'un des derniers grands réalisateurs italiens vivants. Main basse sur la ville (1963), Lion d'or au Festival de Venise la même année, reflète bien son cinéma engagé. L'action du film se situe dans les années 60 à Naples, ville natale du réalisateur, en proie aux promoteurs immobiliers. Au début du film, des plans panoramiques montrent les constructions nouvelles et hideuses sans plan d'urbanisme harmonieux. Un plan rapproché se focalise sur une construction d'un immeuble en particulier. Tout à coup, le pan de mur d'un vieil immeuble mitoyen s'écroule puis l'immeuble lui-même. Bilan: 2 morts et un blessé grave. Le promoteur immobilier, Nottola (joué par Rod Steiger), est très ennuyé car faisant de la politique, il s'apprête à se faire élire en tant qu'un des adjoints au maire aux prochaines élections municipales. Un simulacre d'enquête est mené pour établir qui est responsable, mais cela n'ira pas loin. Ce qui compte ce sont les élections et le scénario montre bien la collusion entre la politique et le pouvoir de l'argent. C'est l'argent qui gagne (comme souvent). Le film est joué par des acteurs que je ne connais pas sauf Rod Steiger. Ce dernier, américain, est doublé en italien, comme c'était souvent le cas dans les films italiens joués par des acteurs étrangers. Je pense que c'est une caractéristique du cinéma transalpin. Sinon, 44 ans après le tournage, le sujet de ce film n'a pas pris une ride, malheureusement.

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vendredi 6 juillet 2007

No man's land - Danis Tanovic

Oscar du meilleur film étranger en 2002, No Man's land de Danis Tanovic (2001), diffusé hier soir à la télévision, est un film excellent qui montre, une fois de plus, l'absurdité de la guerre en général, et de celle de Yougoslavie en particulier. Deux hommes qui auraient pu s'entendre dans la vie civile se retrouvent face à face dans un "no man's land". C'est celui qui a le fusil qui a raison. Avec eux, un troisième soldat que l'on croit mort. Ce dernier a, enterrée sous lui, une mine antipersonnel. Au moindre mouvement, cette mine sautera et le soldat avec. En plus des casques bleus de la FORPRONU surnommés "les Schtroumpfs" à cause de la couleur de leur casque, quelques journalistes dont une femme (jouée par la très regrettée Katrine Cartlidge), et vous avez tous les éléments d'un grand film de guerre filmé comme un drame intimiste. J'espère que vous ne l'aurez pas manqué.

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jeudi 5 juillet 2007

Rome (saisons 1 et 2)

Abonnée à C+, je suis une de ceux et celles qui ont la chance de voir la série Rome, tournée à Cinecitta en 2005 (saison 1) et 2007 (saison 2). La deuxième et (malheureusement) dernière saison est diffusée actuellement sur la chaîne cryptée le jeudi soir. C'est absolument sensationnel. Les décors et costumes somptueux donnent un air d'authenticité à l'ensemble, on s'y croirait. D'après plusieurs spécialistes de cette période (de César à Marc Antoine), le souci d'authenticité est indéniable. Le scénario fait d'un centurion, Titus Vorenus, et d'un légionnaire, Titus Pullo, les témoins et participants de cette époque troublée pleine de sang, de sexe, de complots et de morts dont celle de César. D'ailleurs la saison 1 se termine sur ce fait tragique. J'ai déjà vu les deux premiers épisodes de la deuxième saison. Je suis déjà captivée. La première saison comportait 12 épisodes, la deuxième, seulement 10. Cette série a coûté une fortune, plus de 100 millions de US $. Le producteur et distributeur américain HBO ne peut pas dépenser plus. Il est certain que ce genre de production serait trop onéreuse pour la France et même pour l'Europe. Mais qu'est-ce que c'est bien! A voir et à déguster.

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mercredi 4 juillet 2007

Lire un livre directement en anglais

Je reviens sur le livre de Paul Auster, Dans le scriptorium (Travels in the Scriptorium), que j'ai lu en anglais (cf. mon billet d'hier). J'ai éprouvé un grand plaisir à lire à haute voix mentalement ces 130 pages, imprimées en tout petits caractères. Je faisais ma propre traduction. Je ne connaissais pas tous les mots mais je devinais leur sens en comprenant la phrase dans son ensemble. J'ai été impressionnée par la façon dont Paul Auster s'attache à des descriptions précises de ce qui semble être des détails : les vêtements, la couleur des médicaments que prend Mr Blank, ses gestes, etc. A un moment donné, il est entièrement vêtu de blanc. Au début du roman, le narrateur nous précise que "a camera is planted in the ceiling directly above him. The shutter clicks silently once every second, producing eighty-six thousand four hundred still photos with each revolution of the earth" que l'on pourrait à peu près traduire par "au plafond, est installée une caméra qui prend 86 400 photos soit 1 photo par seconde, le temps d'une rotation journalière de la Terre" (1). On ne connaîtra pas la raison de ce fait précis le roman terminé. Pour illustrer la précision des faits racontés par l'écrivain, voici la première phrase du roman : "The old man sits on the edge of the narrow bed, palms spread out on his knees, head down, staring at the floor" qui peut se traduire ainsi : "Le vieil homme est assis sur le bord du lit étroit, les paumes de la main sur les genoux, la tête baissée, fixant le sol". Lisez en anglais (si, si, c'est faisable) ou en français ce roman de Paul Auster car je pense qu'il vous donnera envie de lire les autres.

(1) Suite au commentaire de Gaël ci-dessous, que je remercie, on peut retraduire le passage de la façon suivante "au plafond, est installée une caméra qui prend une photo par seconde chaque 24 h soit 86 400 par jour."

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mardi 3 juillet 2007

Travels in the Scriptorium (Dans le Scriptorium) - Paul Auster

Angliciste pas trop distinguée, je viens de lire le dernier roman en date de Paul Auster, Travels in the Scriptorium (Dans le scriptorium), aux éditions de poche Faber and Faber. Je n'avais pas lu de roman de Paul Auster depuis Tombouctou (1999). Dans "Travels", un vieil homme appelé Mr. Blank (M. Blanc) par le narrateur, se trouve dans une chambre. Mr Blank semble être prisonnier à moins qu'il ne soit dans un hôpital. Il se demande, pendant tout le récit, si la porte de la chambre est fermée à clef de l'extérieur et qu'est-ce qu'il y a derrière l'unique fenêtre obturée de la chambre. Sur chaque objet dans la chambre, même sur les murs, des étiquettes indiquent ce que c'est : mur, lampe, table, etc. Il ne se souvient de rien, même pas de son nom, mais des questions le hantent, "Qui est-il ?" "Qu'est-ce qu'il fait là ? Quand est-il arrivé et combien de temps va-t-il rester ? Des visiteurs viennent le voir dont Anna (Blume), peut-être une infirmière, qu'il semble avoir aimée dans un passé lointain. Près de son lit, sont empilés quelques photos en noir et blanc et un manuscrit inachevé. Le narrateur du manuscrit est lui-même prisonnier dans une cellule. M. Blank imagine la fin de l'histoire racontée. Les autres visiteurs qui viennent voir Mr Blank portent, pour la plupart, des noms de personnages des romans précédents de Paul Auster. Ils rendent Mr Blank responsable de ce qu'il leur ait arrivé dans le passé lors de missions périlleuses. On se rend compte que, le roman achevé, il n'y a pas de fin.

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lundi 2 juillet 2007

Roman de gare - Claude Lelouch

Le dernier film de Claude Lelouch, Roman de gare, est une bonne surprise au dire de toutes les critiques que j'ai lues. Moi-même, je ne me rappelle plus le dernier film de ce réalisateur que j'ai vu en salle. Cela ne m'attirait plus du tout. Pour ce dernier opus, je dirai que j'ai passé un bon moment mais sans plus. En revanche, je suis contente que Dominique Pinon ait enfin un vrai premier rôle face à la très "ardantissime" Fanny Ardant qui joue une romancière. En "nègre", magicien, amoureux d'une coiffeuse rencontrée sur une aire d'autoroute", et, au début du film, peut-être "serial killer", Dominique Pinon, avec son physique unique, est absolument convaincant et très touchant. Pour cela, j'en remercie Claude Lelouch de l'avoir choisi.

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dimanche 1 juillet 2007

Persepolis - Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Persepolis, Prix du Jury à Cannes 2007 (récompense amplement méritée), est l'adaptation réussie en film d'animation de la BD dessinée par Marjane Satrapi, rééditée récemment en un volume aux Editions de l'Association (2007). Et pourtant, j'ai hésité à aller le voir car je n'avais pas aimé la bande-annonce. Cela aurait été dommage. Cette histoire, très autobiographique (la jeune héroïne de 8 ans s'appelle aussi Marjane), commence sous le régime du Shah en 1978 et se termine quand Marjane s'exile définitivement en France en 1992. L'image est en noir et blanc pour les flash-backs avec des moments en couleur quand le récit se déroule de nos jours. Marjane, issue d'une famille plutôt aisée, est entourée d'une grand-mère au parler cru, d'un oncle victime du régime politique et de parents très aimants. Marjane est fan de Bruce Lee, de rock et se verrait bien prophète. Quand le Shah est renversé et contraint à l'exil, une euphorie s'installe dans le pays, malheureusement de courte durée. Le régime du Shah était une dictature, le nouveau régime des Ayatollahs est encore pire. La torture et la peine de mort s'amplifient. La guerre est déclarée avec l'Irak. Partout règne la pénurie. Marjane continue de grandir mais elle doit porter le voile. On peut rendre justice à la réalisatrice de ne pas avoir trop caricaturé ce régime de répression. Grâce à son père, Marjane peut partir un temps en Autriche pour fuir l'Iran. A Vienne, elle fera des rencontres plus ou moins heureuses. Elle reviendra avant de s'exiler en France. L'animation est remarquable en "ligne claire", en particulier, l'expression des yeux et de la bouche. Les voix françaises de Danielle Darrieux, Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni complètent la qualité de Persepolis que d'aucuns considèrent le meilleur film de l'année, et je ne suis pas loin de le penser. Cela me donne envie de lire la BD.

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samedi 30 juin 2007

La solitude du bibliothécaire de fonds

Depuis 3 mois, je suis responsable de la bibliothèque loisirs de l'Etablissement Public où je travaille. Je dois dire que ce n'est pas triste. Les livres identifiés avec un simple numéro à 4 chiffres (ordre d'enregistrement) sont recensés sur des fiches où sont indiqués en manuscrit, le numéro, le titre, l'auteur et rien d'autre. Quand le livre sort, le dit numéro est reporté sur la fiche du lecteur et on attend tranquillement que tout revienne : le lecteur avec le livre, sans délai précis. Je voudrais préciser que notre établissement n'a pas un effectif énorme mais que quand la bibliothèque, ouverte une demi-heure deux fois par semaine, attire un ou deux lecteurs à chaque fois, c'est une victoire. Tout est à revoir. Les nouveautés n'en sont plus. Beaucoup de livres n'ont jamais été pris ni même ouverts. Je vais essayer de remédier un petit peu à cette situation même si je n'espère pas de miracle. Jusqu'à présent, un petit comité de 3 ou 4 personnes décidait des achats 2 fois par an, une petite quarantaine de livres étaient achetés et à peine 20 étaient lus. Maintenant, je préfèrerais acheter une dizaine de livres très demandés 5 ou 6 fois par an. J'ai fait cette démarche la semaine dernière, le personnel a été prévenu par mail en lui précisant que c'était une seule nouveauté par personne et cela a été un grand plaisir de voir arriver non pas 1, non pas 2, mais 6 personnes dans cette bibliothèque un peu désertée, il faut bien le dire.

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vendredi 29 juin 2007

Harry Potter en version anglaise

Le tome 7 (et, a priori, le dernier de la saga) Harry Potter et les reliques de la Mort sortira en version française le 26 octobre 2007. Il se place en 6ème position d'après Fnac.com pour les ventes/précommandes de livres. Pour les fans absolus dont je ne fais (malheureusement) pas partie, la version originale anglaise, Harry Potter and the Deathly Hallows, sort le 21 juillet. Cette version du livre se place déjà (excusez du peu) en 7ème position toujours d'après Fnac.com pour les ventes/précommandes de livres. Alors quand on dit que les Français ne sont pas doués en langues étrangères, il est intéressant de constater que grâce à Harry Potter, la barrière de la langue n'est plus un problème. En voilà une bonne nouvelle!

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jeudi 28 juin 2007

Dates de sortie des films (suite)

Suite à mon billet du 10 mai 2007, je constate que les films sortis depuis la fin du Festival de Cannes ne sont pas vraiment passionnants à peu de chose près. Que se passe-t-il? Jusqu'à l'année dernière, j'étais confrontée à des dilemmes cornéliens car plusieurs nouveaux longs-métrages intéressants sortaient la même semaine. J'ai assisté à 2 voire 3 très bons films dans une même journée, car j'avais peur que la semaine suivante, ils aient disparu de l'affiche. Depuis le début de l'année 2007, j'en suis loin. Peut-être suis-je blasée, mais ni les scénarii, ni les acteurs, ni les réalisateurs, ne m'attirent. J'en suis même à voir des reprises dans les salles Arts et Essais, ce qui ne m'était pas arrivé depuis très longtemps. J'espère que les films de la rentrée qui vont sortir en rafale me redonneront l'envie d'aller au cinéma.

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