vendredi 9 mars 2007

Redoublage d'un film - Winchester 73 - Anthony Mann

Très récemment, j'ai acheté le DVD de Winchester 73 que j'ai vu en charmante compagnie et je dois dire que j'ai été un peu voire beaucoup déçue du fait que nous avons vu le film en version française et que le doublage semble très récent. Après vérification, il semble que le film a été rédoublé pour la sortie DVD (http://western.movies.free.fr/dvd/bug.htm). Cela fait une drôle d'impression. Ce n'est pas tant les voix elles-mêmes qui posent problème (encore que), mais le film étant de 1950 avec une image en noir et blanc, on s'attend à avoir une prise de son d'époque avec peut-être des crachotis, une usure de la bande son. Là, on a des voix claires, un phrasé moderne, aucun défaut. Et puis, il faut bien le dire, pour les cinéphiles dont je fais partie, quand on connaît la voix originale de James Stewart dans d'autres films, on est très dérouté de cette voix française très jeune. Donc, messieurs les distributeurs de DVD, si la version française n'existe pas ou si celle d'origine est de très mauvaise qualité, faites des copies en VO avec sous-titres et tout ira bien.

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jeudi 8 mars 2007

Mauvaise foi - Roschdy Zem

Avec un sujet un peu similaire à Just a Kiss, Roshdy Zem, acteur passé derrière la caméra, nous fait une belle surprise sur le sujet du mariage mixte (juif et musulman) et toutes ses conséquences lorsque l'enfant paraît.  Après avoir vu le film, j'en ai discuté avec des collègues qui ont trouvé le film très juste. Eux-mêmes avaient vécu des situations similaires. Le couple, joué par Roschdy Zem lui-même et Cécile de France, ne s'était jamais posé de questions sur son avenir, sur la religion, le nom et la religion d'un futur bébé jusqu'à ce que la jeune femme tombe enceinte. Quand ils se décident (enfin) à aller voir ses parents à elle, la mère, en particulier, est effondrée, comment sa fille juive peut-elle être avec un musulman ? De fil en aiguille, après une presque rupture, et une éventuelle interruption de grossesse, tout finit bien. Deux enfants plus tard, les deux grands-mères baby-sitters sont aux anges. Le film est un hymne à la tolérance entre religion.

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mercredi 7 mars 2007

Adaptation littéraire à la TV - Guy de Maupassant

Auteur de romans et surtout de nouvelles, Guy de Maupassant se prête admirablement à des adaptations télévisuelles. On dirait qu'il avait pressenti l'invention de la TV. Dans les années 60, Claude Santelli nous a enthousiasmés avec ses adaptations de certaines nouvelles. Et là, bonne nouvelle, le mardi 6 mars, France 2 a diffusé en "prime time" comme on dit maintenant deux téléfilms tirés de nouvelles de Maupassant: une de 60 minutes, Histoire d'une fille de ferme, la deuxième de 30 mn, la Parure (réalisée par Claude Chabrol). Les nouvelles sont cruelles, émouvantes, très bien écrites, un rêve pour un adaptateur-scénariste. France 2 prend une très bonne initiative de programmer des émissions de qualité, elle joue enfin son rôle de télévision publique de diffuser une certaine idée de la culture à une heure de grande écoute.

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mardi 6 mars 2007

Films non commentés vus depuis le 1er janvier 2007

J'aime beaucoup aller au cinéma, seule ou accompagnée. Depuis le début de l'année, je n'ai pas éprouvé le besoin de faire de billets sur certains films car ils ne me semblent pas très intéressants à commenter même s'ils ne m'ont pas déplu.

Le Grand Silence : démarche intéressante de filmer des moines chartreux mais le problème c'est que je n'ai pas ressenti le sentiment de religiosité.

Le violon de Francisco Vargas : le violoniste est censé jouer très bien de l'instrument, ce que l'on a entendu était un peu crissant pour les oreilles mais c'est un film touchant.

Azul de Daniel Sanchez Arévalo, je m'attendais à mieux, je pense que le nouveau cinéma espagnol peut mieux faire.

Je crois que je l'aime, comédie pas drôle de Pierre Jolivet (le seul à sauver est François Berléand).

Une nuit au musée de Shawn Levy, pour les effets spéciaux et le petit message : aimez-vous les uns les autres, soyez tolérant envers l'autre.

L'illusionniste de Neil Burger, beaux tours de magie, très belle musique de Philippe Glass et belle histoire d'amour.

Pars vite et reviens tard de Régis Wargnier : José Garcia est très bien, mais l'intrigue est un peu tirée par les cheveux.

lundi 5 mars 2007

Le dernier roi d'Ecosse - Kevin Mc Donald

Après Hôtel Rwanda sur la guerre entre les Utu et les Tutsi, Blood Diamond sur le conflit en Sierra Leone et les enfants soldats, voici le Dernier roi d'Ecosse, en l'occurence Idi Amin Dada, incarné tout en retenue par Forest Whitaker qui vient de recevoir l'Oscar du meilleur acteur en 2007. Le film a été produit par les Britanniques. En 1970, Nicholas Garrigan (James Mc Avoy), jeune Ecossais tout juste diplômé en médecine, décide de partir en Ouganda sur un coup de tête. Par un concours de circonstances qui se révèlera malheureux, il se retrouve médecin personnel d'Idi Amin Dada (Forest Whitaker) et parfois son conseiller. Il ne perçoit pas la folie et la paranoïa de cet homme. On le met pourtant en garde. Il se met à dos toute la communauté britannique. Lui-même sera la cause de la disparition tragique du ministre de la santé et de la troisième femme d'Idi Amin avec laquelle il aura eu une liaison. Quand, vers la fin du film, il sera lui-même torturé et martyrisé, cela se déroulera pendant la fameuse prise d'otages sur Entebbe en 1976. Il sera sauvé par un confrère noir. Il se fera passer pour un des otages libérés. Les toutes dernières images du film montrant le vrai Amin sont extraites du documentaire qu'a fait Barbet Schroeder à l'époque. 300 000 Ougandais ont été massacrés pendant qu'Amin Dada était au pouvoir. Le 11 avril 1979, le dictateur doit s'enfuir d'Ouganda et il meurt en exil en 2003 en Arabie Saoudite. Le film est très sobre et très bien interprété.

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dimanche 4 mars 2007

Henri Troyat

Henri Troyat, disparu vendredi soir, 2 mars 2007, à l'âge de 95 ans, est un écrivain que j'ai découvert sur les conseils de ma mère, il y a plus de vingt-cinq ans. Je ne connaissais pas toutes ses oeuvres mais je conseille à toutes et tous de lire ses cycles romanesques : Tant que la terre durera (1947), Les Semailles et les moissons (1953), La lumière des Justes (1959) et les Eygletières (1965). Ils sont disponibles aux éditions Pocket. Ce sont des livres que l'on lit d'une traite, ils sont tous très bien écrits. Ils font aimer la lecture. A recommander à toutes les générations. 

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samedi 3 mars 2007

Chronique d'un scandale - Richard Eyre

Adapté d'un roman éponyme par Patrick Marber, auteur de Closer, Chronique d'un scandale vaut surtout par l'interprétation des deux comédiennes, Judy Dench et Cate Blanchett, toutes les deux "nominées" aux Oscars 2007. Barbara Covett (Judy Dench) est professeur dans un collège. Elle écrit son journal où elle raconte tout et elle est parfois la narratrice du film en voix off. C'est une personne à la sexualité refoulée tendance lesbienne, pas mariée et pas d'enfant (mais elle a un chat). Elle remarque Sheba Hart (Cate Blanchett), jeune enseignante en dessin arrivée récemment au collège. Celle-ci est mariée à un mari nettement plus âgé et a deux enfants dont un fils trisomique dont elle s'est occupée jusqu'à présent. Lors d'une soirée, Barbara qui épie Sheba, la surprend dans les bras d'un lycéen de quinze ans. Barbara ne la dénonce pas mais elle s'immisce dans la vie de famille de Sheba. Cette dernière ne peut pas s'empêcher de continuer sa liaison avec le jeune homme. Elle ne sait plus où elle en est. Quand enfin, suite à une vengeance mesquine, Barbara dénonce d'une manière détournée la liaison de sa collègue, la vie de famille de Sheba explose sans qu'elle sache qui a fait cela, elle croit que c'est son amant. Elle est renvoyée du collège, quitte son mari et se réfugie chez Barbara. Là, elle découvre le journal. L'histoire est vénéneuse, pas politiquement correcte du tout. La "méchante" Barbara n'est pas punie et n'a pas l'ombre d'un remord pour ce qu'elle fait et la dernière séquence du film la montre jetant son dévolu sur une nouvelle victime en puissance.

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vendredi 2 mars 2007

Au bonheur des ogres - Daniel Pennac

Quelqu'un qui m'est très cher m'avait offert, il y a quelques mois, Au bonheur des ogres de Daniel Pennac (1985) collection Folio Gallimard, que j'avais commencé à lire et que j'avais laissé tomber au bout de vingt pages ; je ne comprenais pas ce que je lisais. Je viens de le reprendre et miracle, j'ai lu les 286 pages en 5 heures. J'ai énormément aimé. Le style et la langue peuvent au début, comme pour moi, décontenancer mais au fur et à mesure, le talent de Daniel Pennac est évident dans son écriture de la langue française en jouant avec les mots. Le style est fluide. On est captivé par l'histoire de Benjamin Malaussène et de ses différents demi-frères et soeurs de la même maman mais de papas tous différents et inconnus. Ben est "bouc émissaire" dans un grand magasin : officiellement au contrôle technique et il est en fait payé pour se faire "engueuler" quand un client a eu un problème avec un produit acheté dans le grand magasin. Des attentats à la bombe se produisent dans ce lieu et il est chaque fois aux premières loges et parfois blessé. De témoin, il devient suspect. Après 6 attentats, l'affaire sera résolue, Ben disculpé. On apprendra que ces attentats ont une origine lointaine remontant à la seconde guerre mondiale. Les ogres du titre ont une importance. Les ogres sont connus comme mangeurs de petits enfants. Ici les victimes des attentats ont été des ogres mais d'une autre manière, plus sordide. Puis, je suppose que le titre fait référence au roman d'Emile Zola Au bonheur des Dames qui se passe aussi dans un grand magasin. Enfin Ben, pour endormir son petit frère, lui invente des histoires d'ogres. Je recommande vivement ce roman qui garde son suspense jusqu'au bout.

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jeudi 1 mars 2007

Little Miss Sunshine - Jonathan Dayton et Valerie Faris

Parce qu'il vient d'être récompensé du César du meilleur film étranger après avoir reçu de nombreux autres prix aux BAFTAS (les Césars britanniques) aux Oscars, aux Independent Film Awards et et lauréat du Grand Prix au Festival de Deauville en 2006, le moment est propice à évoquer Little Miss Sunshine qui a été la bonne surprise du dernier trimestre 2006. C'est un grand succès public en France depuis sa sortie et partout où il est sorti. L'héroïne de ce film est une gamine de 8 ou 9 ans, Olive dont le rêve est de gagner un concours de beauté pour petites filles "Little Miss Sunshine" comme il ne peut en exister qu'aux Etats-Unis. Olive a une famille. Un grand frère qui refuse de parler et qui ne communique que par cartons écrits interposés, un grand-père accro à la cocaïne, un père qui fait des conférences sur les gagnants et les perdants, et une maman fumeuse invétérée dépassée par les événements. En effet, quand le film commence, elle apprend que son frère, l'oncle d'Olive, vient de faire une tentative de suicide suite à une déception amoureuse avec un étudiant. Elle le recueille. Et voici que tout ce petit monde décide d'accompagner Olive au concours, en estafette jaune au démarrage laborieux. Plusieurs péripéties surviendront le long du voyage dont les répétitions de la prestation d'Olive. Quand ils arriveront à destination et que le concours aura eu lieu, Olive n'aura pas gagné mais la famille en sortira transformée. Si vous voulez savoir comment, allez voir Little Miss Sunshine, vous passerez un bon moment.

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mercredi 28 février 2007

L'obsédé (The Collector) - John Fowles

Le roman est étrange et traite d'une histoire que l'on n'oublie pas car elle fait froid dans le dos. La narration est faite à tour de rôle par les deux protagonistes (elle par l'intermédiaire d'un journal). L'action se passe en Angleterre dans un comté indéterminé. Lui est un collectionneur, surtout de papillons (morts et épinglés) et quand il la kidnappe, elle n'est rien d'autre qu'un papillon parmi d'autres. Il la trouve belle. Peut-être a-t-il une attirance sexuelle, mais rien ne se passe. Le roman traite avant tout, pour moi, de l'impuissance masculine. Il la tient enfermée dans un genre de cave. Il lui donne tout ce qu'elle veut, mais c'est tout. A un moment, elle arrive à s'évader, mais il réussit à la recapturer. Il n'est pas méchant mais il ne semble rien ressentir. Quand elle meurt de manque de soins, il a une once de pitié mais rien de plus et la fin est très ouverte car une nouvelle victime est en ligne de mire.
En y repensant, l'histoire pourrait faire penser à ce qui s'est passé récemment en Autriche avec la jeune fille enfermée 8 ans dans une cave.
Il est terrifiant de penser que des gens peuvent disparaître ainsi sans que nous les retrouvions.

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