vendredi 15 juin 2007

Vent mauvais - Stéphane Allagnon

Attirée par des bonnes critiques, je suis allée voir Vent mauvais, "petit" film français. Ne vous laissez pas dissuader d'y aller par l'affiche pas très porteuse. On passe un moment agréable pendant 1h30. Je ne connaissais pas le réalisateur, Stéphane Allagnon. Le scénario n'est pas mal écrit, même si à mon avis il y a quelques invraisemblances, comme la vétusté du système informatique par exemple qui joue un rôle moteur dans l'histoire. L'originalité réside en ce que cela se passe pendant une période de tempête, dans une région de Normandie en bord de mer, pas loin des îles anglo-normandes (paradis fiscal). Cela donne une atmosphère particulière de "no man's land" avec de beaux paysages de landes. Un jeune informaticien intérimaire (Jonathan Zaccaï), personnage un peu ahuri, doit réparer un système informatique dans un magasin de grande surface. Il découvre que la panne informatique est provoquée par un programme logiciel implanté dans le système permettant de falsifier les entrées de caisse. Le Directeur du magasin (Bernard Le Coq, veule à souhait), voulant augmenter sa retraite, est l'un des deux responsables de ces malversations. Son complice, créateur du logiciel, n'apparaît qu'en flash-back. Je n'en dirai pas plus sur l'intrigue dans laquelle s'entrecroisent d'autres personnages : une employée de l'hôtel (Aure Atika) où loge l'intérimaire qui en tombe amoureux, un pompier gardien nuit, un ex-employé du magasin, amoureux éconduit, à la mine patibulaire, un complice petit malfrat et très important, une femme trompée (Florence Thomassin). C'est un film qui prend son temps avec de l'humour même si ce n'est pas parfait. Tous les méchants ne sont pas punis mais c'est cela qui est bien. Je pense que c'est le premier film du réalisateur et il est prometteur.

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jeudi 14 juin 2007

Rappels - Magazine de théâtre

J'aime aller dans les théâtres privés ou subventionnés. Depuis quelques années, à l'entrée de certaines salles, est proposé un magazine gratuit : Rappels. La formule ressemble aux "gratuits" existants dans les salles de cinéma (voir mon billet du 10 mars 2007). Il n'y a pas de critiques mais l'actualité théâtrale est évoquée avec des interviews d'acteurs, de metteurs en scène, de gens de théâtre connus, à l'affiche ou non. Cela paraît tous les mois et on peut même s'abonner. Un site internet existe : www.rappelsmagazine.com.

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mercredi 13 juin 2007

Audiard par Audiard - Répliques savoureuses

J'ai la chance d'être en possession d'un livre malheureusement épuisé, Audiard par Audiard aux Editions René Château (1995), qui rassemble quelques répliques d'anthologie de films dialogués ou réalisés par Michel Audiard. Ce matin, sur une radio nationale, un journaliste qui choisit de parler d'un blog tous les matins, en a évoqué un qui donnait son "top ten" des répliques de Michel Audiard. Cela m'a donné l'idée de faire un peu la même chose mais sans "top ten". Je veux plutôt en retranscrire quelques-unes, il y en a 15, qui me font particulièrement rire toute seule. Les voici. C'est un choix totalement subjectif et la liste est ouverte.

Bernard Blier - Archimède le Clochard
"- N'oublie pas ce qu'a dit le médecin: cinq gouttes. La posologie ça s'appelle. Et de la posologie au veuvage, c'est une question de gouttes."

Jean-Paul Belmondo - 100 000 dollars au soleil
"- Quand les types de cent trente kilos disent certaines choses, les types de soixante kilos les écoutent."

Michel Serrault - Garde à vue
"- Les médiocres se résignent à la réussite des êtres d'exception. Ils applaudissent les surdoués et les champions. Mais la réussite d'un des leurs, ça les exaspère."

Lino Ventura - Mireille Darc - Ne nous nous fâchons pas
"- Vous savez on a toujours tendance à prendre les bruns trapus pour des gangsters mais c'est un préjugé idiot.
- J'en connais un autre qui consiste à prendre les grandes blondes pour des imbéciles."

Jean Gabin - Le Gentleman d'Epsom
"- Dans la vie il y a deux expédients à n'utiliser qu'en dernière instance: le cyanure ou la loyauté."

Bernard Blier - Les yeux de l'Amour
"- Vieille fille! Et allez donc pourquoi pas! Faut dire tu fais tout ce qu'il faut pour t'en donner le genre... ta robe, ta coiffure... tu frisottes dans le gris, toi. Tu faufiles dans le triste."

Jean Gabin - Le Sang à la Tête
"- Pendant douze ans on a fait chambre commune mais on a fait rêve à part."

Jean-Claude Brialy - Carambolages
"- Assassiner un étranger a toujours un petit côté ennuyeux. Tandis que l'étripage en famille, c'est régulier, c'est traditionnel, c'est bourgeois. Et puis, ça a tout de même plus d'allure. Tuer un étranger, on pense à France Soir. Un parent, on pense à Sophocle."

Jean Gabin - Mélodie en sous-sol
"- Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus."

Maurice Biraud - Un Taxi pour Tobrouk
"- Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche."

Jean Gabin - Le Pacha
"- Quand on parle pognon à partir d'un certain chiffre tout le monde écoute."

Jacques Villeret - Jean-Paul Belmondo - Les Morfalous
"- Qu'est-ce qu'on peut bien faire avec six milliards?
- Rien! C'est ça l'agrément. Ca permet de plus rien foutre."

Bernard Blier - Dominique Zardi - Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages
"- Attention! J'ai le glaive vengeur et le bras séculier! L'aigle va fondre sur la vieille buse!...
- Un peu chouette comme métaphore, non?
- C'est pas une métaphore, c'est une périphrase.
- Fais pas chier!...
- Ca, c'est une métaphore."

Philippe Noiret - Pile ou Face
"- La justice, c'est comme la Sainte-Vierge, si on la voit pas de temps en temps, le doute s'installe."

Jean Gabin - Le Président
"- On est gouverné par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis."

A SUIVRE... [suivant = billet du 11/11/2008]

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mardi 12 juin 2007

La belle lurette - Henri Calet

Henri Calet (1904-1956) n'est pas un écrivain très connu et, après sa mort, il est tombé dans l'oubli. Dans les années 80, certains jeunes écrivains l'ont découvert ou redécouvert. Olivier Adam dans Falaises aux Editions de l'Olivier (2005) lui dédie son roman. D'Henri Calet je viens de terminer La belle lurette parue en 1935 et rééditée dans la collection L'Imaginaire Gallimard. C'est plus ou moins autobiographique. Le récit est à la première personne. Dans le roman, le narrateur Henri naît le 14 juillet 1902 d'une mère Sophie, faux-monnayeuse et, d'un père, sans boulot fixe, buvant un peu. Avec cette hérédité, souvent malade, mis en pension, il a vécu la première guerre mondiale à Bruxelles en Belgique avec sa mère, le père ayant disparu. Cette chronique, aussi misérabiliste et triste qu'elle peut paraître, ne l'est pas. Henri prend la vie comme elle vient et il profite au mieux. Le vocabulaire est souvent cru avec des tournures de phrases poétiques. J'ajouterai que la belle lurette du titre n'est pas employée pour dire "il y a bien longtemps". L'expression est employée deux fois où lurette a sa signification première d'heurette (diminutif d'heure) (Le Petit Robert). La première, au début du livre, quand les parents déménagent en pleine belle lurette et, la deuxième fois, dans la dernière phrase du livre : "Le chômage et les cris dans la crise, ce n'est plus la belle lurette". La belle lurette compte 168 pages et se lit très vite et agréablement.

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lundi 11 juin 2007

L'Avocat de la terreur - Barbet Schroeder

Je n'ai pas vu le documentaire que Barbet Schroeder a fait sur Idi Amin Dada en 1974, mais celui-ci, L'avocat de la terreur, est absolument remarquable. C'est pratiquement un film à suspense de plus de 2 heures qui retrace des pages d'histoire du terrorisme de 1954 en Algérie jusqu'à la fin des années 90. En effet,  Jacques Vergès semble s'être impliqué à vouloir défendre l'indéfendable aux yeux de beaucoup. Le documentaire débute par un plan moyen de Jacques Vergès donnant une explication face à la caméra sur le fait que "son ami" Pol Pot n'est pas le génocidaire que l'on dit. Au vu de photos de milliers de squelettes, Jacques Vergès admet qu'il y a eu des morts mais sans plus. Le film est une suite d'entretiens avec Jacques Vergès et de personnes qui le connaissent peu ou prou, de documents d'époques ou plus récents et d'extraits du film La bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo (1966) tournés après les événements. Les seuls éléments biographiques donnés sur Jacques Vergès sont qu'il a un frère et qu'il est né d'une mère Vietnamienne et d'un père Réunionnais et qu'il a passé le CAPA (Certification d'Aptitude à la Profession d'Avocat). Son ami le dessinateur Siné dit que c'est un bon vivant aimant la bonne chère. Un journaliste émet l'avis que l'avocat s'est toujours senti un colonisé de par ses origines. Ceci explique peut-être ses "combats" pour la défense des poseurs de bombes en Algérie dont Djamila Bouared, qu'il épousa par la suite, des terroristes de la bande à Baader comme Magdalena Kopp ainsi que l'assassin de l'ancien ministre Iranien Chapour Baktiar, Anis Naccache. Il a défendu l'extrême gauche et droite, la cause palestinienne, etc. Il restera célèbre comme le défenseur de Klaus Barbie. C'est fascinant de l'entendre et de le voir raconter comment il s'est retrouvé seul et sûr de lui face à tous pendant ce procès qui a été filmé. Le personnage est très ambigu, ni antipathique, ni sympathique. Il a "disparu" sans laisser de traces entre 1970 et 1978. L'énigme n'est pas résolue. Il ne dit rien sur cette période. Et puis après tout c'est sa vie. Je m'arrête là mais ce documentaire pourrait se prêter à plusieurs billets tant il y a à dire. Inutile de préciser que je conseille ce film. 

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dimanche 10 juin 2007

Coeurs perdus - Todd Robinson

Coeurs perdus (Lonely Hearts) (2006) de Todd Robinson est un film très classique et très noir tiré d'un fait divers qui défraya la chronique à la fin des années 40. Un long-métrage, Les tueurs de la Lune de Miel (Honeymoon Killers) (1970), l'unique réalisation de Leonard Kastle, a déjà relaté cette histoire. Coeurs perdus est un long flash-back narré par un des policiers (John Travolta) qui, dans la réalité, était le grand-père du réalisateur. Ce dernier lui a dédicacé le film. Un homme, Ray Fernandez (Jared Leto), beau parleur, séduit les femmes esseulées qui ont de l'argent. Un jour, l'une d'entre elles, Martha Beck (terrifiante Selma Hayek), infirmière, deviendra son amante et sa complice. Après avoir dépouillé de leur argent les femmes séduites, ils disparaissent et trouvent d'autres victimes que Ray appâte en répondant à des petites annonces. Mais un facteur humain entre en jeu. Martha est jalouse et elle n'accepte pas que son amant puisse tomber amoureux d'une autre femme. Cela semblant se produire, les meurtres commencent au cours d'une odyssée sanglante. Là, le film bascule dans l'horreur. Les policiers sont à leur poursuite mais néanmoins plusieurs femmes, un vieux monsieur et une adorable petite fille sont massacrés par le couple qui sera appréhendé, jugé et condamné à mort. L'exécution par chaise électrique montrée de bout de bout est une expérience éprouvante pour le spectateur. Le film est vraiment à voir pour John Travolta et Selma Hayek et la reconstitution d'époque mais pas plus d'une fois.

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samedi 9 juin 2007

Robert de Niro

Robert De Niro (né en 1943), je l'ai découvert il y a plus de 30 ans déjà. Immense acteur, interprète du Dernier Nabab (1976), ultime film d'Elia Kazan, Taxi Driver (1976), New York-New York (1977), Raging Bull (1981), La Valse des pantins (1983) (trop méconnu), Les Affranchis (1990), Casino (1995), tous réalisés par son ami "Marty" Scorsese, Voyage au bout de l'Enfer (1977) de Michael Cimino, Il était une fois en Amérique (1983), dernier film de Sergio Leone, Heat (1995) de Michael Mann. La liste est encore longue de ces films qualifiés par beaucoup de critiques et de spectateurs de chefs-d'oeuvres. Il n'a pas hésité non plus à ne faire seulement que des apparitions comme dans Brazil (1993) de son ami Terry Gilliam où sa prestation est savoureuse. Robert De Niro, fils d'un Italien (peintre) et d'une Irlandaise, est un acteur qui m'a fait aimer le cinéma. Depuis quelques années, le choix de ses rôles a été quand même moins heureux et c'est dommage. En revanche, il s'est mis à la mise en scène avec un certain talent pour A Bronx tale (1993) et The Good Shepherd (2006), celui-ci inédit en France. Il est aussi l'heureux créateur du Festival de Tribeca dont il a eu l'idée à la suite des événements tragiques du 11 septembre 2001 endeuillant la ville de New-York. C'est maintenant un festival qui compte et où le grand public peut accéder aux séances.

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vendredi 8 juin 2007

Flash Info : Les vendeurs de tickets de cinéma sont de retour - enquête concluante

Bonne nouvelle, les vendeurs de tickets d'un de mes cinémas favoris (UGC Cité les Halles) sont revenus. Il semble qu'ils n'avaient pas complètement disparus, mais ils étaient dans l'attente de nouveaux guichets tout nouveaux, tout beaux. Les vendeurs sont maintenant enfermés au niveau 0 dans des grands blocs éclairés avec une lumière assez crue au demeurant. Des écrans LCD au dessus des têtes des vendeurs donnent le titre, l'horaire de la séance et le nombre de place disponible pour chaque film. En ce qui concerne les bornes, il n'y a pas de queue, on en trouve toujours une de libre. Pour le moment, le système fonctionne. A suivre... 

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jeudi 7 juin 2007

Al Pacino

Al Pacino, heureusement pour lui, n'a pas tourné que 88 minutes, son dernier film sorti en France. Il a été révélé, entre autre, grâce à Panique à Needle Park (1971) et L'épouvantail (Scarecrow) (1973, Palme d'Or à Cannes), tous les deux réalisés par Jerry Schatzberg , puis par Un Après-midi de chien (Dog Day Afternoon) de Sidney Lumet (1975), la trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola et Scarface (1983) de Brian de Palma dans lequel son interprétation paroxystique de Tony Montana a marqué toute une génération de spectateurs, ou Cruising de William Friedkin (il y joue un flic qui se fait passer pour un homosexuel). Il a fait aussi des films plus intimistes comme Bobby Deerfield  de Sydney Pollack (1977) avec Marthe Keller (à découvrir ou redécouvrir), et un de mes films "chouchou", Frankie et Johnny (1991) de Gary Marshall avec Michelle Pfeiffer dans une histoire qui vous fait croire au Prince Charmant. Al Pacino est un acteur de talent, amoureux de Shakespeare, qui fait aussi beaucoup de théâtre aux Etats-Unis. D'ailleurs, il a réalisé Looking For Richard (1996) entouré d'amis comédiens dont Winona Ryder et Kevin Spacey, et il a interprété, en 2004, Shylock dans Le Marchand de Venise (2004) de Michael Radford. Dans mes recherches web, j'ai appris une bonne nouvelle : il va rejouer après Heat (1995) de Michael Mann avec Robert de Niro dans Righteous Kill (2008) de Jon Avnet. Je me réjouis d'avance devant cette nouvelle rencontre entre ces deux monstres sacrés du cinéma.

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mercredi 6 juin 2007

Le Scaphandre et le papillon - Julian Schnabel

Le réalisateur américain Julian Schnabel est d'abord un artiste peintre reconnu. J'ai vu ses deux premiers films, Basquiat (1996), et Avant la Nuit (2000) avec Javier Bardem, que j'avais beaucoup appréciés. Le réalisateur a un ton bien à lui en insérant des images un peu psychédéliques. Le Scaphandre et le papillon (2007) est adapté de l'histoire de Jean-Dominique Bauby (Jean-Do), victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) qui lui a détruit le tronc cervical en le paralysant des pieds à la tête. Il ne pouvait plus contrôler que la paupière gauche. Pour voir ce qu'il voit, la caméra est l'oeil gauche de Jean-Do. Cela fait un drôle d'effet de ressembler à un scaphandrier dont le champ visuel est réduit en n'ayant aucune vision latérale et verticale. Le film est émouvant mais pas larmoyant. Au moment de recevoir son Prix de la Mise en Scène à Cannes, Julian Schnabel a dit que c'était un film qui célébrait les femmes. C'est vrai. Et j'ai été très touchée que ce soit un Américain qui fasse entendre aussi bien l'alphabet français qui devient une comptine. Magnifique film.

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