mercredi 5 janvier 2022

The Card Counter - Paul Schrader

Cela faisait deux semaines que je n'étais pas allée au cinéma et je commence bien l'année 2022 avec le nouveau film de l'Américain Paul Schrader, qui a aussi écrit le scénario. Pour ceux qui l'ignore, Paul Schrader est aussi l'auteur du scénario de Taxi Driver (1976) réalisé par Martin Scorsese, qui d'ailleurs est le coproducteur de The Card Counter. Ce film sort des sentiers battus. William Tell est un homme aux cheveux gominés, sorti récemment d'une prison militaire où il a purgé une peine de huit ans et demi. En prison, pour passer le temps, il a pris goût à la lecture et a appris à compter et mémoriser les cartes à jouer. Il est devenu un excellent joueur de poker et de black jack et va de casino en casino en jouant modeste. Il veut passer inaperçu. En revanche, on se rend compte que Tell n'est pas une personne banale avec sa manie de recouvrir avec des draps blancs le mobilier et le lit des chambres d'hôtel ou de motel qu'il occupe successivement. L'ensemble donne une impression de cellule capitonnée. Un jour, il croise la route de deux personnes, un jeune homme, Cirk, qui cherche à se venger de celui qui a causé le suicide de son père, et La Linda, une jeune femme noire qui lui trouve des tournois de poker. William Tell fait de terrifiants cauchemars, des réminiscences de son passé qui l'a mené en prison. Car William a été un tortionnaire sous les ordres d'un autre bourreau dans un camp du style Guantanamo. Mais on n'arrive pas à détester cet homme, qui fait tout pour que Cirk ne venge pas son père. Les scènes de casino sont filmées de manière originale avec des scènes panoramiques qui embrassent des dizaines de tables de jeux. Même si on entend les machines à sous, les endroits dégagent un certain calme, tout comme le personnage principal. Sur la fin, l'histoire bifurque de manière inattendue mais je ne vous révélerai rien. Un film de 1H53 assez hypnotique. Les spectateurs dans la salle m'ont paru aussi captivés que moi. Un film qu'il faut voir même s'il est sorti dans peu de salles. Lire les billets de Pascale et Princecranoir.

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dimanche 2 janvier 2022

Meilleurs voeux pour 2022

Avec un jour de retard,  je souhaite à tous les blogueurs et les autres qui passent par là une très bonne année 2022 qui, j'espère, sera meilleure que les deux précédentes.

 

Je souhaite qu'on arrive à endiguer cette "foutue" pandémie pour revenir à une vie "normale".

En ce qui me concerne, j'espère avoir l'envie de retourner plus souvent au cinéma pour voir de bons films et de me remettre à lire avec plus d'entrain.

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Mon ami qui sait que j'aime faire des puzzles (il y avait longtemps que je n'en avais pas fait) m'a offert un puzzle de 1000 pièces pour mon Noël. 

Il représente le plan de Paris. Je l'ai terminé en 6 jours. Il m'a permis d'apprendre plein de noms de rues que je ne connaissais pas. Cela m'a fait passer un très bon moment, merci à lui. 

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samedi 1 janvier 2022

Dix millions de meilleurs voeux pour l'année qui commence - N°21

Vingt-et-unième chronique alors que l'année 2021 vient de se terminer... C'est dommage, j'aurais pu commencer l'année 2022 avec la 22ème... si seulement je n'avais pas suspendu ma première série durant un mois... au moment où, avec la fin du confinement, un certain relâchement nous a été autorisé (très temporairement). Parce que, à cette époque aujourd'hui lointaine (août 2020), on croyait que le pire était derrière nous!

Au moment où vous me lirez, je suppose que le cap symbolique des 10 000 000 de "cas" de Covid-19 en France aura été franchi (les 6,7 millions soit 10% de la population française l'avaient été en août). Après, ce "compteur" couvre-t-il le nombre de contaminations (certaines personnes pouvant l'être à plusieurs reprises, vaccinés ou non), ou de personnes contaminées (et les morts, là-dedans?)? La définition exacte est beaucoup moins mise en avant que le chiffre. En gros, on saura qu'il y a aiguille sur sables mouvants quand ça dépassera les 67 millions!

Tous nos vieux copains perdus de vue, Alpha, Béta, Delta, Lambda et les autres... Que sont-ils devenus

Qui serait prêt, du coup, à prendre des paris sur l'imposition d'un vaccin prenant en compte les variants dérivés d'Omicron, dans 4 mois d'ici? Je me rappelle que M. Veran temporisait (début décembre) avec un "ça ne veut absolument pas dire qu'il y aura une quatrième piqûre"... qui ne signifiait pas grand-chose.

Pourquoi faudrait-il se positionner obligatoirement comme "Pro-vax" ou "Anti-vax"? On peut avoir des positions infiniment plus nuancées que cela... Cela me ferait même penser aux "non-binaires" du vocabulaire avec lequel certain.e.s militant.e.s parfois un peu excessifs.ves nous brisent les gonades menu.

Début décembre, j'avais en tout cas souri en lisant dans Le Canard enchaîné (01/12//2021) pourquoi on a échappé à Nu (qui se prononce comme "new" en anglais...) et à Xi (homophonie avec le Président chinois!).

02/12/2021: tiens, on annonce un nouveau test, plus rapide et plus efficace...  N'empêche que je reste déçu, il manque quelque chose... Le résultat orange fluo, "vous avez été infecté mais n'êtes plus contagieux, circulez-y- a-rien-à-voir!".
... Et en même temps, développer le travail en prison, quelle bonne idée pour faciliter la réinsertion des détenus... Vous croyez qu'ils auront droit au télétravail? 

04/12/2021: c'est grâce au VIH que le variant Omicron serait apparu en Afrique du Sud (si j'ai bien compris?)... Ou au fait que les pays "riches" ne payent pas (les vaccins, à Big Pharma) pour les autres? 

05/12/2021: ai bien rigolé à lire chacune des phrases de la chronique d'Anne Roumanoff sur le JDD de ce jour. Elle fait mouche à tous coups. Vous croyez qu'elle m'embaucherait comme collaborateur?

J'ai été regarder ce que la HAS (Haute autorité de santé) avait précisément dit sur la vaccination des enfants (de 5 à 11 ans). Le 30 novembre 2021, elle recommandait de vacciner ceux souffrant de comorbidités, OU ceux au contact de personnes particulièrement exposées au risque de formes graves. Le 20 décembre, elle suggérait d'élargir la possibilité de vaccination (sans obligation!) à tous les enfants de cette classe d'âge. Et demain?

27/12/2021: j'applaudis des deux mains le retour du port du masque en extérieur. Ma seule interrogation: pourquoi diable ne pas l'avoir remis en place plus tôt, au lieu de focaliser à l'excès sur la vaccination? Pour ma part, cela fait des semaines que je me suis découvert un "réflexe conditionnel": je mets tout de suite mon masque en sortant de chez moi (alors même que je ne me suis pas encore enfourné dans le métro ni ne suis entré dans un commerce)!

17/12/2021: tsssk... Ce malheureux Castex tout frémissant de rage à l'idée d'avoir été bafoué par les centaines de milliers de Français qui contournaient son beau pass sanitaire... (mais, comme il est dit, seul le prononcé fait foi... je vous laisse donc chercher la vidéo!).

06/12/2021: les infectés-vaccinés seraient protégés deux fois plus longtemps que les vaccinés tout court. Chassez le naturel, il revient au galop? 

08/12/2021: on savait déjà que le covid-19 pouvait tuer, mais à ce point...  En Allemagne, un homme tue toute sa famille puis se suicide pour un passe sanitaire falsifié. On n'en est pas encore là en France. Mais si la pression augmente...
Heureusement, le même jour, on découvrait une lueur d'espoir par une information "Santé" essentielle, messieurs. Usage interne?

09/12/2021: réponse "macro" à une question "micro", ou comment "la société" est globalement protégée, alors que VOUS pouvez parfaitement mourir du virus même si vous vous êtes conformé aux injonctions à vous faire vacciner...

22/12/2021: n'empêche qu'il y en a un qui avait trouvé LE filon: se faire payer pour se faire piquer... Oui, mais ça doit être un Belge, une fois!

Ah, quelques jours plus tôt (10/12/2021), un Néo-zélandais a fait bien mieux, et plus concentré: dix doses de vaccin en une journée. Et, non, ce n'est ni le test du futur protocole de vaccination par les autorités, ni une peur panique d'attraper le vaccin qui auraient motivé l'individu...

10/12/2021: un masque qui brille au contact du virus? J'en rêvais, les Japonais l'ont fait (sans faire l'autruche)

11/12/2021 - une information absolument incroyable (je fais du Xème degré, là, hein...): un faux pass sanitaire ne protège pas contre la maladie et on peut même en mourir! Hé oui, si le personnel médical avait su, à Garches, on lui aurait injecté des anticorps à temps, peut-être!

15/12/2021: cette salade niçoise touche aussi la ville d'origine elle-même, puisque parmi les malades admis en réanimation au CHU de Nice, à peu près 30% seraient faussement vaccinés... 

16/12/2021: il y aurait 110 000 faux pass selon Darmanin? Qui dit mieux? 182 000 recensés depuis le mois de juin, selon un nouveau bilan en date du 20 décembre? Tssk, pas très précis, tout ça... Peut mieux faire!

Dans ce contexte, M. Véran annonce l'absence de poursuites pour ceux qui se mettraient en règle, mais la tolérance zéro pour les "fournisseurs"... Carotte et bâton.

16/12/2021 - ces seniors (plus de 65 ans) qui ne croient plus au vaccin... Effectivement: des effets secondaires, un cycle sans fin, pas besoin du pass sanitaire... On peut tout à fait comprendre cette forme-là de bon sens, aussi... malgré la communication gouvernementale.

18/12/2021: pour la secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse et de l'Engagement, les personnes non-vaccinées sont des "pro-virus". Ah que cela fleure bon l'inflexibilité léniniste: "tous ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous"... qui était peut-être même déjà présente dans la Bible (pas mieux)?

19/12/2021: ça y est, Manu évolue, varie (mute?). Un grand tabou est tombé: il va falloir bientôt un pass vaccinal (et non plus sanitaire) même pour aller travailler! (Bah finalement non, le MEDEF n'a pas voulu...). La population française va bientôt être aussi gavée de vaccin anti-covid que les animaux d'élevage le sont d'antibiotiques préventifs, ...avec les mêmes effets néfastes? Certes, il ne s'agit que d'un élevage en batterie d'électeurs, mais... 

19/12/2021: heu, comment faut-il lire? Véran avoue, ou Véran gaffe? Le pass vaccinal est une forme déguisée d'obligation vaccinale... 

22/12/2021: comme prévu (à l'imitation des Américains [ou autre pays?]) et avec juste quelques semaines de décalage [par rapport à...], "la communication officielle" éprouve soudain le besoin de faire preuve de pédagogie auprès des citoyens pour expliciter et éclairer les chiffres fournis, avec tous les arguments statistiques légitimes. S'il y a aujourd'hui dix fois plus de vaccinés que de non-vaccinés dans les services d'urgence, et si les non-vaccinés sont majoritaires en nombre absolu en réanimation dans certains lieux, il faut cependant prendre la peine de pondérer les chiffres par rapport à chaque "population" représentative. Mais, tant qu'à expliciter, il faudrait aussi souligner que tous les non-vaccinés ne se retrouveront (très probablement) pas en réanimation non plus, et ne pas occulter, donc, que même certains vaccinés peuvent se retrouver  en réanimation... (ah, si seulement on pouvait identifier pourquoi!). J'en appelerai en tout cas encore une fois à Audiard sur ce soudain besoin de communication incluant une "mise en perspective" des chiffres en valeurs et en pourcentages que l'on nous fournit si gracieusement depuis le début de la crise: "c'est bizarre, ce besoin qu'ont les matelots de faire des phrases" (après un bourre-pif?).

24/12/2021 - un petit cadeau de Noël: la montée en puissance de la communication sur le "business" du trafic de faux pass sanitaires. Ah bon, c'est pas de la philanthropie?

28/12/2021 - pas de bol! On se confine pendant 14 mois, et malgré tout... L'histoire ne dit pas quel variant ils ont attrapé... 

29/12/2021: c'était rigolo de lire en titre "Le gouvernement ne veut pas affoler" après le record de contaminations (près de 180 000 mardi 27 décembre - on a fait mieux depuis). Bref, il est inutile de fermer les écoles ou de reconfiner (ou même d'imposer le port du masque dans la rue, ou tout simplement dès qu'on met le pied hors de chez soi). Continuez à travailler, et surtout à empêcher que l'économie se grippe, elle aussi, braves gens... 

31/12/2021 - ah, enfin: un article de France Info (et c'est pas via Yah@@.fr que je l'ai trouvé!) donne une base de calcul qui me paraît moins alarmiste que les annonces gouvernementales. Il y a environ 5 million d'adultes non vaccinés, et 0,5%, statistiquement, développeront une forme grave qui les amènera à l'hôpital, soit 25 000 personnes... en espérant que leur arrivée sera la plus étalée dans le temps possible. Ceci avant que l'immunité naturelle soit enfin acquise (entre vaccins et contaminations bénignes). 
Sur France Info toujours, j'ai enfin compris qui est protégé par quoi: selon le porte-parole de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine, le masque chirurgical protège l'interlocuteur de celui qui le porte tandis que le masque FFP2 protège son porteur (mais est plus pénible à supporter...). 

Pour finir, une bonne résolution de Nouvel an: et si j'abandonnais yah@@.fr pour d'autres agrégateurs comme par exemple Alvinet.com, où l'on peut retrouver les infos classées par sources (titre de presse), classement que ces "commerciaux" de Yah@@ ont abandonné il y a bien des années déjà, dans une course au clic effrénée?

Plus généralement, et sans lien direct (quoique?) avec le Covid-19, je me sens grincheux face aux évolutions de ces toutes dernières année. Avec les "livraisons à domicile" (qu'elle se fassent en vélo ou à scooter), j'ai l'impression que c'est un pas de plus vers la perte de capacité à cuisiner notre nourriture, après avoir au fil des décennies perdu les compétences pour la produire (par la culture et l'élevage), ou pour se la procurer par la chasse et la cueillette - au fil des siècles. Et après? De manière accélérée, je le crains, nous perdons aussi les possibilités de nous déplacer à notre gré, non seulement savoir lire une carte sans accès GPS, mais aussi voir qui on veut, se rassembler avec qui on veut...! Les outils expérimentés et/ou légitimés aujourd'hui à l'occasion du Covid-19 seront toujours là demain, quel que soit le gouvernement au pouvoir... (sauf miracle ou sursaut "démocratique"?).

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vendredi 31 décembre 2021

Madame Hayat - Ahmet Altan

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Je me suis procuré Madame Hayat (Edition Actes Sud, 267 pages) de l’écrivain turc Ahmet Altan peu de temps avant que ce roman ne soit récompensé par le Prix Fémina étranger 2021. J'avais été attirée par la couverture. J’ai adoré ce roman qui raconte deux histoires d’amour en parallèle. La première entre Fazil, un jeune étudiant en littérature bénéficiant d’une bourse et Madame Hayat (Vie), une femme mûre entre 45 et 55 ans; et la deuxième entre Fazil et Sila, une étudiante en littérature du même âge que lui, qui souhaite quitter le pays dès qu’elle aura récupéré son passeport qui lui a été confisqué. Ses parents ont tout perdu du jour au lendemain. Le pays où se passe l’histoire n’est pas mentionné nommément, mais on devine qu’il s’agit de la Turquie, avec la censure et les arrestations arbitraires qui émaillent le récit. Fazil rencontre Madame Hayat et Sila, "quatre étages sous terre" d’un immeuble où sont tournés des programmes de variétés. Fazil, pour se faire un peu d’argent, a accepté de participer en tant que spectateur à ces émissions, tout comme Madame Hayat, belle femme plantureuse pas vraiment jolie mais dégageant beaucoup de charme et qui fascine Fazil. Sila, elle, devient aussi spectatrice de l'émission, mais de manière moins assidue. Fazil séduit cette dernière pour avoir choisi les quinze pages du « Le temps passe », une des parties de La promenade au phare de Virginia Woolf, en réponse à un test que lui a soumis Sila: « Si parmi toute la littérature mondiale, tu devais choisir quinze pages, les quinze pages dont tu aurais aimé le plus être l’auteur, lesquelles tu choisirais ? » (p 39). Concernant Madame Hayat, on ne sait rien d’elle, elle restera mystérieuse jusqu’au bout. Fazil entame une relation intime avec cette femme qui le rend tout chose. Il tombe éperdument amoureux d’elle, il est comme ensorcelé. Avec Sila, les relations sexuelles se font avec la fougue de la jeunesse. C'est un roman très sensuel (mais le lecteur ne se sent pas voyeur), un très beau roman écrit par un écrivain qui est aussi journaliste. Il l'a écrit en prison, où il a purgé une peine de plus de quatre ans avant d’être libéré en avril 2021. Lire les billets de Shangols et de Pamolico (qui renvoie à d'autres liens). 

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mardi 28 décembre 2021

Les enquêtes de Victor Legris: Mystère rue des Saints-Pères - Claude Izner / JD Morvan / Bruno Bazile / Annelise Sauvêtre

Je n'ai jamais lu de romans de Claude Izner (le nom de plume commun de deux soeurs, Liliane et Laurence Korb). Elles ont signé ensemble les enquêtes de Victor Legris dont les histoires se passent à la fin du XIXème siècle. Les romans ont été publiés aux Editions 10/18. 

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Voici donc l'adaptation en bande dessinée de la premère enquête de Victor Legris, Mystère rue des Saints-Pères (87 pages, Editions Philéas, novembre 2021). L'histoire se passe entre mai et juin 1889 lors de l'exposition universelle. La Tour Eiffel vient d'être inaugurée. Au premier étage, une femme meurt piquée par une piqûre d'abeille, semble-t-il. Marius Bonnet, le rédacteur en chef d'un quotidien intitulé "Le passe-partout" ainsi que son équipe font partie des témoins. Ils ont l'exclusivité de la nouvelle. Victor Legris est aussi présent: il doit écrire des chroniques pour Le Passe-Partout. Victor tient une librairie dans la rue des Saint-Pères et il est photographe à ses heures. Dans sa librairie, il est aidé par un commis, Joseph, qui lit les romans d'Emile Gaboriau, et un Japonais, Mori Kenji, qui est son père adoptif. Grâce au journal, il fait la connaissance de Tasha Kherson, une jeune dessinatrice et peintre d'origine russe. Elle fait des caricatures pour le journal. Victor tombe amoureux de Tasha qu'il soupçonne un temps de ne pas être étrangère à ces morts suspectes. Car bien entendu, ce n'est pas une piqûre d'abeille, mais du curare inoculé grâce à des aiguilles de tatouage qui a provoqué la mort de la femme et d'autres victimes par la suite. L'album est sympathique à lire. J'ai aimé les desssins et les couleurs. Le tome deux, La disparue du Père-Lachaise, est prévu prochainement. Je continuerai de suivre les enquêtes de Victor Legris. 

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lundi 27 décembre 2021

Météor - Raoul Giordan

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Voici, je pense, l'un de mes derniers billets de 2021 concernant le Challenge de la planète Mars (la récente inscription de Keisha m'a remotivé!). J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) pioché l'inspiration dans l'un des quelques milliers d'albums de BD que j'ai accumulés chez moi depuis plus de 30 ans. Il s'agit d'une réédition de fascicules qui étaient commercialisés en kiosque dans les années 1950-1960, avec une logique d'"histoire complète" et un prix moins cher que les hebdomadaires Spirou ou Tintin qui proposaient, eux, quelques planches de nombreuses histoires "à suivre" en parallèle. Météor était l'un des nombreux titres (chacun dédié à une série en particulier) dessinés par différents auteurs (payés "à la case") proposés par la Maison d'édition Artima. Les frères Robert et Raoul Giordan sont entrés chez Artima en 1950 et ont d'abord travaillé ensemble sur deux séries. En 1953, Raoul entame seul Météor

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Météor, Il était une fois... Artima, Arédit / éd. Lefrancq, 1990

Du second tome, je ne dirai pas grand-chose, si ce n'est que je l'avais acheté il y a plus de 20 ans, dans une librairie de BD d'occasion aujourd'hui disparue. La première aventure de ce volume, titrée "Titania", commence par un résumé: "Après avoir quitté la planète Mars, la fusée du docteur Spencer s'est posée sur une planète atteinte de gigantisme (...)". Du coup, après quelques recherches pour trouver trace du premier, j'ai finalement investi dans l'achat sur internet d'un Tome 1 "dans son jus" (poster compris) de cette réédition parue aux éditions Lefrancq.

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La série d'aventures publiée dans Météor constitue un "space opera" qui a dû faire rêver bien des gamins des années 1950-1960. Je ne connais pas assez les précédesseurs ou éventuelles sources d'inspiration pour en parler, mais à la lecture des épisodes successifs de Météor, j'y ai trouvé quelques ressemblances (au moins thématiques) avec d'autres BD comme Objectif lune (Hergé, album paru en 1953 après prépublication dans le journal Tintin) pour le départ de la terre, ou les premières aventures de Dan Cooper (créé en 1954 par Albert Weinberg) pour la mise en place d'une station spatiale en forme de roue et l'invention d'un appareil volant révolutionnaire par un savant charismatique... Le traitre de service accompagne même nos Terriens sur la lune, où le trio principal et quelques acolytes vivent des aventures assez semblables à celles de Tintin et ses compagnons dans On a marché sur la lune, aux prises entre autres avec la poussière lunaire qui n'est pas encore nommée régolithe. Puis une fusée destinée spécialement à l'exploration intersidérale est contruite. A partir de là, seuls trois Terriens vivront les aventures: le professeur Spencer (scientifique de l'équipe), le pilote Sam Spade (le "héros"?), et le mécanicien Texas (qui correspond à peu près à Sonny Tuckson dans Buck Danny...).

P1140157 Interlude pédagogique p.127.

Une mystérieuse soucoupe volante, d'abord entrevue sur la lune, se révèle vénusienne dans le cinquième épisode (Antos, l'ami vénusien, offre même une première nouvelle fusée, à la technologie plus avancée que la terrienne, à notre équipe). Et enfin, le sixième, qui commence p.105, est titré "Invasion martienne". p.122, il s'avère que les Martiens, avec lesquels les relations avaient commencé difficilement (un "canardage" de vaisseau spatial par erreur en entraînant un autre...), ont besoin d'aide sur leur planète: celle-ci étant totalement déshydratée (épisode "Au secours de Mars", à partir de la p.124). 

P1140152P1140151Heureusement, nos héros avaient trouvé, juste après la lune, une planète jumelle de la terre (et logiquement dénommée Terra) juste habitée par quelques dinosaures et autres hommes préhistoriques, que les Martiens assoiffés pourront pacifiquement coloniser! Mais le dernier épisode de l'album présente notre trio terrien repartant, nanti d'une nouvelle fusée "spéciale pour grande croisière" (ils ont cassé la précédente!), derechef offerte par les Vénusiens, vers de nouvelles aventures "vers les astres les plus lointains"... On remarquera que la plupart des planètes visitées possèdent une atmosphère (le plus souvent respirable), une flore, une faune, voire même abritent des humanoïdes, avec lesquels nos héros n'ont pas plus de difficultés à communiquer que n'en ont les Pionniers de l'espérance, autre série de SF emblématique (publiée dans le journal Pif gadget). Autres temps, autres visions (naïves?) de l'espace, pour faire rêver la jeunesse... 

Ci-dessous, encore quelques planches extraites du tome 1 de cette réédition d'une série de BD de "l'âge d'or", malheureusement ignorée des bibliothèques municipales parisiennes.

   P1140159 p.111, première vision d'un "Martien".

  P1140156 (p.124)  P1140158 (p.131) 

A défaut des deux pages de préface (identiques dans les deux volumes que je possède), présentant les éditions Artima, Météor et Raoul Giordan, on trouve quelques informations succinctes sur Wikipedia (consulté le 27 décembre 2021). Enfin, un site (de fan?) semble faire référence sur Météor. Raoul Giordan est décédé en 2017 après avoir pu apprécier la redécouverte de son oeuvre. A cette occasion, Gilles Ratier, l'un des piliers de l'ACBD (Association des critiques et journalistes de bande dessinée) avait publié sur BDZoom (compléments bibliographiques, relecture et mise en page) un article très complet signé Henri Filipini. 

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vendredi 24 décembre 2021

Palmarès cinéma 2021

Comme tous les ans, voici mon palmarès de cinéma. Une fois encore, je n'ai pas vu autant de films que j'avais prévu en raison du reconfinement, du couvre-feu conséquences du la COVID. Je rappelle que les cinémas avec jauge ont rouvert mi-mai 2021. 

J'ai vu 59 films dont quelques navets que je nommerai pas. Je ne retiens que les bons.

J'en ai choisi 15 dont un que je n'ai pas chroniqué.

Je commence par les trois films iraniens que je place en tête. 

La loi de Téhéran de Saeed Roustayi : le polar de l'année avec Bac Nord (voir ci-dessous). Le rythme est soutenu et le film montre que, drogués victimes ou dealers porteurs de 5g ou 500 gr, en Iran, l'exécution par pendaison les attendent.

Le Diable n'existe pas de Mohammad Rasoulof : quatre moyens métrages réunis en un seul long-métrage avec comme thème la peine de mort et ceux à qui on demande d'être des bourreaux à leur corps défendant.  

Un héros d'Asghar Farhadi. On n'oublie pas de sitôt le beau visage de Rahim et son sourire de plus en plus crispé au fur et à mesure que le film se déroule, et j'ai été émue par le petit garçon bègue.

Je continue avec des films français.

Illusions perdues de Xavier Giannoli. Peu de temps après une adaptation plutôt sympa d'Eugénie Grandet par Marc Dugain, le cinéma français a choisi de continuer d'adapter Balzac et c'est une réussite.

Bac Nord de Cedric Jimenez : un film sous adrénaline avec une histoire qui se passe dans les quartiers nord de Marseille. D'un côté les flics, de l'autre, des jeunes et moins jeunes de quartiers sensible. Au centre, le trafic de drogue. L'une des séquences finales est impressionnante. Une réalisation digne des meilleurs films américains.

La fracture de Catherine Corsini : les urgences d'un hôpital pendant une  nuit de manif des gilets jaunes et ce n'est pas triste. Valeria Bruni-Tedeschi est formidable.

Les deux Alfred de Bruno Podalydès, c'est le film qui m'a réconcilié avec les frères Podalydès, et Sandrine Kiberlain montre une fois de plus son talent comique.

Médecin de nuit d'Elie Wajeman qui vaut pour l'interprétation remarquable de Vincent Macaigne en médecin de nuit.

Gagarine de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, à la limite du documentaire, ce film plein de poésie arrive à nous faire croire qu'une barre d'immeuble peut se transformer en station spatiale. 

Je termine avec :

Compartiment n°6 de Juho Kuosmanen, ce "rail movie" m'a beaucoup plu. Son grand prix à Cannes est amplement mérité.

Drunk de Thomas Vinterberg, c'est le premier film que j'ai vu à la réouverture des salles. Je me suis dis, cela commence bien. Madds Mikkelsen et les autres acteurs sont formidables.

Les sorcières d'Akelarre de Pablo Agüero. Ce film nous plonge dans le Pays Basque du début du XVIIème s., au temps de la chasse aux sorcières. Les rôles féminins sont magnifiques.

Tre Piani de Nanni Moretti. C'est le premier film de Nanni Moretti que j'apprécie vraiment.

L'un des nôtres de Thomas Bezucha (Pascale en avait dit beaucoup de bien). Kevin Costner qui a produit le film est très bien avec Diane Lane. Ils interprètent des grand-parents voulant récupérer à tout prix leur petit-fils. J'ai vu le film sur grand écran. Il est resté à l'affiche pendant une semaine dans une seule salle. Et c'est tout à fait dommage. J'ai acheté le DVD et l'ai déjà visionné avec mon ami, je ne me rappelais même pas que j'avais pris le temps de le chroniquer.

First Cow de Kelly Reichardt, non chroniqué, est un film qui sort des sentiers battus. Je l'ai vu en juin dernier en avant-première et il m'a emballée. J'ai aimé la manière qu'a la réalisatrice de raconter l'histoire d'une vache dans l'ouest des Etats-Unis dont le lait va permettre de faire des gâteaux et des beignets. C'est aussi l'histoire d'une belle amitié entre deux hommes qui essaient de s'en sortir comme ils peuvent. Elle prend son temps pour raconter son histoire. Il s'agit d'une réalisatrice que j'apprécie beaucoup. Lire le billet sympathique de Pascale et celui de Mymp.

En revanche, je regrette sincèrement que des films de premier plan soient sortis directement sur petit écran, du fait que des plateformes les produisent. Je pense que le cinéma sur grand écran, c'est ce qu'il y a de mieux. Malheureusement pour moi, il faudra que j'attende la sortie en DVD/Blu-ray du nouveau film de Jane Campion. Les spectateurs doivent revenir dans les salles (il semble y avoir eu une baisse significative du nombre de spectateurs dans les salles cette année). 

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jeudi 23 décembre 2021

Colombe Blanchet - Alain-Fournier

Une idée originale à offrir pour les Fêtes? L'envie de "frimer" un peu? On ne doit pas être tant que cela à avoir lu le second roman d'Alain-Fournier. Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) chronique donc aujourd'hui Colombe Blanchet, publié en 1990 au Cherche Midi éditeur.

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Tout le monde connaît Le grand Meaulnes (publié en 1913 par Alain-Fournier né en 1886), tous les lycéens en ont je suppose au moins entendu parler à défaut de l'avoir lu. Mais avant de partir à la guerre en août 1914 et de s'y faire tuer le 22 septembre 1914, cet auteur avait travaillé sur un autre projet de roman. Il en avait avait laissé l'esquisse manuscrite derrière lui (133 pages éparses), avec un mot disant "Rien de tout ceci n'est écrit et ne doit être publié (tel quel)". 

Le livre de 238 pages est constitué d'une soixantaine de pages d'un "texte suivi" mais inachevé, d'une soixantaine de pages de brouillons et variantes (versions différentes d'un même épisodes), et d'une trentaine de pages de "synopsis", scénarios, plans, déroulés... L'appareil critique termine le reste du volume (édition par Gabriella Manca).

Quelques mots sur l'histoire: un jeune instituteur frais émoulu de l'Ecole Normale arrive dans une ville de province. Faute de logement "de fonction" dans l'établissement où il doit enseigner, il prend une chambre "chez l'habitant", et semble prévoir d'y recevoir une visite mystérieuse. Les relations du directeur de l'école avec la municipalité sont compliquées par le contexte de l'époque, entre école laïque, fonds religieux chez la population, rivalités politiques etc. Il y a plusieurs jeunes filles ou jeunes femmes dans l'histoire (telle qu'elle aurait dû être menée à bonne fin, en tout cas), et les jeunes instituteurs concluent un pacte... Mais beaucoup de péripéries restaient à écrire et sont connues uniquement par quelques notes.

Le "commentaire de texte" ou le "commentaire composé" n'a jamais été ma spécialité en cours de français (je préférais de loin la dissertation!). Je ne suis donc pas en mesure de vous faire une analyse stylistique ou argumentée du texte. J'avoue avoir été surtout intéressé par ce qui concerne l'histoire de sa genèse, et la lecture des différentes versions relatant les mêmes faits.

Je crois savoir que les "dossiers" du Grand Meaulnes ont été abondamment étudiés et ont permis de dégager la technique de l'écrivain Alain-Fournier: "filtrer" un texte rédigé d'abord, de différentes manières, au fil de la plume. Il restait donc encore des mois de travail pour finir de rédiger les différents chapitres avant d'entamer ce processus pour apurer le texte jusqu'à l'os. Et, justement, on retrouve comme dans l'autre oeuvre le thème de la "pureté", qui me paraît extrèmement "daté", après plus d'un siècle.

Si j'ai attisé votre curiosité, ou bien si vous pensez que cela pourrait être une idée de cadeau originale, sachez que j'ai fait une vérification auprès de ma librairie de quartier. Le livre était épuisé mais elle était en mesure de me le procurer en "impression à la demande", m'a-t-elle dit. Pour ma part, après cette lecture, je ne sais pas encore si je vais conserver le livre ou bien le remettre en circulation dans une "boite à livres" ou dans un "circul'livres" quelconque.

Enfin, je précise que c'est dasola qui a attiré mon attention sur un point commun avec tel ou tel de mes billets précédents: présenter un livre peu connu, que j'ai trouvé "d'occasion", d'un écrivain connu principalement pour un seul livre (Les croix de bois, pour Dorgelès). 

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Joyeuses_Fetes_dec2020_pour_2021-22Composition à base de peintures éphémères photographiées 
dans le XVIIIe arrondissement de Paris fin 2020 / début 2021.

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mardi 21 décembre 2021

Un héros - Asghar Farhadi

Décidément, le cinéma iranien est dans une période faste: trois films très différents sortis cette année et il s'agit de trois réussites. La loi de Téhéran, Le diable n'existe pas et maintenant Un héros feront partie de mon top cinéma de cette année. J'ai été contente de voir que le réalisateur Asghar Farhadi était revenu en Iran pour nous offrir un film qui a reçu le Grand Prix au dernier festival de Cannes, ex-aequo avec Compartiment n°6. Rahim, âgé d'une trentaine d'années, obtient une permission de sortie de deux jours de la prison où il est emprisonné pour dettes depuis trois ans. Il n'a pas pu rembourser Bahram, son ex-beau-frère qui s'était porté garant pour lui auprès d'un usurier. Le beau-frère en veut énormément à Rahim qu'il prend pour un homme qui n'a pas de parole. On apprend qu'en Iran, on peut donc faire de la prison pour dettes. Au tout début de sa permission, Rahim est rejoint par Farkhondeh, la femme qu'il aime et qui lui apprend qu'elle a trouvé un sac plein de pièces d'or. Elle est aussi l'orthophoniste du fils de Rahim, qui souffre d'un grave bégaiement. Les dix-sept pièces d'or pourraient permettre à Rahim de rembourser une partie de sa dette mais ce n'est pas suffisant pour Bahram qui exige le remboursement complet. C'est alors que Rahim décide de rendre les pièces à la propriétaire du sac. A partir de là, tout s'accélère. Rahim devient un héros pour sa bonne action, surtout auprès du directeur de la prison et d'une association d'aide au pardon qui fait une quête pour lui. Il est devenu un homme médiatisé, mais des rumeurs malveillantes le concernant envahissent les réseaux sociaux. Et si tout cela était un coup monté? Rahim (l'acteur a un physique avenant) est une victime, mais il a aussi un côté pas très sympathique. Il ne se départit pas d'un sourire crispé. On ne sait pas trop ce qu'il pense. On voudrait qu'il s'en sorte, surtout pour son fils qui est très attachant, mais à la fin, son retour en prison semble inéluctable. Farhadi décrit une société iranienne où je n'aimerais pas vivre.

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lundi 20 décembre 2021

Revue Epsiloon (créée en 2021)

Après une interruption de plus de trois mois (l'automne, les jours qui diminuent, tout ça...), je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) tâche de reprendre la rédaction de mes billets "Challenge de la planète Mars", avec cette fois-ci une chronique un peu particulière.

Tout d'abord, merci à Mamaragan (blog l'Arène d'airain) qui a signalé sur la page du Challenge un intéressant billet. Ensuite, encore une fois un grand merci à Pativore (qui a créé le logo du Challenge). Car c'est sur son blog à elle que j'avais pris conscience (sinon connaissance) de la parution de la revue Epsiloon, lancée en 2021. La rédaction de cette jeune revue est constituée d'"anciens" de  Sciences & Vie, qui ont quitté ce dernier journal par suite de désaccords éditoriaux avec le groupe Reworld Media. Ce dernier a racheté durant l'été 2019 ce vénérable titre (S&V) avec ceux du groupe Mondadori France (j'avais sans doute vu passer quelques communiqués de presse à l'époque, mais sans suivre le dossier...). Le premier numéro de la nouvelle revue (Epsiloon) est sorti cet été (daté de juillet 2021), mais je ne l'ai pas acheté à l'époque où il était disponible en kiosque.

Quel rapport avec la planète Mars, me direz-vous? J'y arrive.

Epsiloon se présente sous la forme d'une revue mensuelle de 100 pages, au format plus carré qu'allongé, et vendue 4,90 euros. Cherchant à rendre compte de l'actualité scientifique, les journalistes "conteurs de science" ont réussi à citer la planète Mars dans chaque numéro, à ma connaissance. Dans le numéro 6 (décembre 2021), la page 14-15 publie, un peu recadrée, une photo de trois cratères martiens prise par la sonde européenne Exomars au printemps dernier. 

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Dans le numéro 5 (novembre 2021), une brève nous informait que Mars avait connu des méga-erruptions volcaniques... il y a 4 milliards d'années (sans doute). Et citait juste le nom de la planète dans un article décrivant la "famille" des astres.

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Le numéro 4 (octobre) "analysait" que le retour sur la Lune annoncé en 2024 dès 2019 par Donald Trump a pour véritable objectif un voyage humain vers Mars, chose à peine mentionnée dans le N°3 (p.45). Dans le numéro 2 daté d'août 2021, il fallait attendre la p.93 pour une "idée neuve": coloniser Mars avec des cerf-volants. 

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Comme dit plus haut, je n'avais pu me procurer en kiosque le N°1, déjà épuisé le 14 août (mais dont il paraît qu'on le trouvait encore à Ajaccio à cette date?). J'ai pu cependant en prendre connaissance, et je sais donc qu'un article (p.38) y était titré "Quand Mars devient un terrain de rivalité" (entre la Chine, les Emirats arabes unis, l'Inde, les Etats-Unis et l'Union soviétique).

Mais mis à part ces aspects martiens, quelques mots plus généraux sur la revue. 

La création de ce nouveau titre de presse conte une histoire sympathique par bien des aspects. C'est une levée de fonds auprès du public, via Ulule, qui avait rassemblé 24 236 contributeurs pour de la prévente ou de l'abonnement: un bon moyen d'assurer la promotion du (futur) titre et de vérifier l'intérêt des futurs lecteurs! La page Epsiloon sur Wikipedia (consultée le 19/12/2021) contient des détails et des liens pour en savoir davantage sur cette aventure. 

Les plus militants des lecteurs potentiels regretteront peut-être qu'il ne s'agisse pas d'une SCOP de presse comme Alternative Economiques par exemple, ni d'un journal véritablement "engagé".

J'ai relevé avec intérêt, en fin d'article 5 de la Charte éditoriale d'Epsiloon (9 juin 2021), que la Rédaction "s’engage à ne pas se cantonner aux modèles de pensée dominante et à traiter de points de vue innovants ou originaux, sous réserve qu’ils soient étayés par des arguments scientifiques robustes." Mais ce souhait ne risque-t-il pas d'entrer en conflit avec la troisième phrase de l'article 3, qui dit "Ils ont également collectivement la charge d’assurer dans la mesure du possible la réussite financière du Titre, suivant les meilleurs standards de rentabilité, qui sera le gage de son indépendance, de sa pérennité, et de la rémunération de la Rédaction, des Dirigeants et des Actionnaires, mais aussi de l’assurance de pouvoir réaliser les investissements nécessaires pour assurer son avenir."?

Ce que, à titre personnel, j'attends du journaliste, et notamment du journaliste spécialisé: c'est, d'abord, de ne pas se contenter de résumer des communiqués ou des dossiers de presse et autres "fils d'agence", en se dépêchant de publier sur des sujets à la mode, ceux dont parlent tous les confrères. De ne pas faire du "placement de produits", bien sûr. Et, plus généralement, de croiser les informations et de varier les informateurs et les "experts" interrogés (autant que possible), d'être force de proposition pour des sujets, et de les suivre sur le long terme. 

J'ai appris pas mal de choses dans ces centaines de pages lues au fil des mois, sur des sujets bien variés (histoire, astronomie, ... covid-19, etc.). Au bout de cinq numéros lus, j'ai tout de même un léger a-priori sur le fait que ce journal peut avoir tendance à donner le point de vue "majoritaire" (dans le monde de l'industrie ou de l'entreprise), en tout cas à mettre seulement sur le même plan des opinions "pour" et "contre". Par exemple, dans le numéro 6 de décembre, quand il est question du "mur de rendement" du "bio", c'est davantage du bio "labelisé" (le bio industriel, à cahier des charges et obligations de moyens, orienté vers la vente en grande surface dans une approche "business") qu'il est question, plutôt que de la "bio-dynamie" ou des fermes en "bio holistique" (en polyculture-élevage...) ciblant les circuits courts. Et parler "contre" le bio, n'est-ce pas objectivement avantager l'agriculture "raisonnée" ou même "conventionnelle"? Epsiloon laisse au lecteur le monopole de l’engagement et de l’opinion... et ne s'en cache pas. Bref, nous voici bien loin de Mars encore!

Début septembre 2021, un échange de mail avec le service commercial m'avait informé qu'on devrait pouvoir se procurer les numéros en ligne d'ici la fin du mois. Je ne suis pas certain que cela ait bien été le cas fin septembre, mais, à ce jour (deuxième moitié de décembre), la vente au numéro sur leur site internet cible tous les numéros parus (précaution est prise de préciser "dans la limite des stocks disponibles"). Je continuerai en tout cas à lire les prochains numéros, même si je ne suis pas dans une démarche d'abonnement.

Je termine avec les liens vers les articles de Pativore sur les numéro 1 et numéro 2. Et, tout de même, le lien vers le site-vitrine de la revue Epsiloon!

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