vendredi 19 janvier 2007

Babel - Alejandro Gonzalez Inarritu

Babel, qui vient de gagner le Golden Globe du meilleur film (prix décerné par la presse étrangère à Hollywood) après le prix de la mise en scène 2006 à Cannes, raconte comment un simple coup de carabine, tiré au jugé, peut bouleverser la vie de plusieurs personnes dans trois endroits dans le monde (Maroc, Mexique/USA et Japon). Le film est composé de flash back, on va d'un endroit à l'autre. Ce film forme un puzzle qui semble se résoudre peu à peu. La construction du film est très proche des deux films précédents du même réalisateur (Amours Chiennes et 21 grammes). Le film vire au tragique avec la mort d'un jeune garçon au Maroc et la reconduite à la  frontière mexicaine d'une femme que l'on découvre être une travailleuse clandestine. Le réalisateur volontairement ou non rend un des personnages américains au Maroc peu sympathique malgré ce qui lui arrive. Le personnage incarné par Brad Pitt veut absolument donner de l'argent à l'homme qui a sauvé sa femme. Ce dernier refuse. C'est très symbolique d'une certaine mentalité américaine où on considère que tout s'achète et se paye. La générosité désintéressée lui semble inconnue. Malgré les 2h25, le film passe vite et on ne l'oublie pas.

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jeudi 18 janvier 2007

Les Rois maudits - Claude Barma (1972) - Josée Dayan (2005)

En 1972, j'avais 10 ans et je me rappelle un peu la diffusion de ce que je considère comme de la très grande télévision au temps où, quand nous étions devant le poste, nous n'avions pas l'impression de perdre de notre temps et de nous abêtir, et même qu'on apprenait beaucoup.
Les comédiens, Jean Piat et Louis Seigner en tête, jouaient à la perfection et disaient les dialogues avec une verve et un talent à nul autre pareil. C'était vraiment l'honneur de la télévision française. Ces Rois Maudits ont d'ailleurs été à l'époque diffusés 2 fois en Angleterre à 6 mois d'intervalle. Quelle ne fut pas ma surprise, quand j'ai appris qu'on avait re-tourné cette série avec des comédiens de talent. Ma déception fut grande. Il n'y a rien à sauver ; il n'y a aucune âme, les trois-quarts des dialogues sont inaudibles et Philippe Torreton n'arrive pas à la cheville de Jean Piat (tout au moins dans le rôle de Robert d'Artois). Donc si vous avez un doute, n'hésitez pas une seconde à acheter le DVD de la première et seule version digne de ce nom.

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mercredi 17 janvier 2007

Sophie Scholl, les dernières heures - Marc Rothemund

Pour les personnes intéressées par la période de la Seconde Guerre Mondiale, je recommande vivement Sophie Scholl, les dernières heures qui raconte comment de simples étudiants allemands ont été broyés par la machine nazie. L'histoire est tirée de faits réels, des archives de la Gestapo. A Munich, en 1943, un frère, Hans et une soeur, Sophie, de confession protestante font partie d'un groupe d'étudiants "La Rose Blanche" qui font de la résistance en diffusant des tracts dans des universités. Ils vont être arrêtés pendant une de leurs actions. Au début, on peut croire qu'ils vont être libérés mais tout à coup, tout s'accélère et Sophie Scholl, la soeur, est au centre de l'interrogatoire. Le personnage qui questionne Sophie pose des questions pouvant déranger. En effet, il fait remarquer que tous ces étudiants ont pu faire leurs études grâce au régime nazi et qu'ils en ont bien profité. Elle ne perd pas ses moyens, elle répond toujours et encore avec calme et intelligence aux mêmes questions d'un employé zélé qui la pousse dans ses derniers retranchements. Après qu'elle ait avoué, on assiste à un simulacre totalement terrifiant de procès avec une mention spéciale pour le juge. Elle sera condamnée à mort avec son frère et un autre étudiant, jeune papa. De nos jours, beaucoup de lycées en Allemagne portent le nom de Sophie Scholl. Le générique de fin est émouvant parce que nous pouvons voir des photos d'archives de la vraie Sophie Scholl.

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mardi 16 janvier 2007

Billet de mauvaise humeur

Parisienne de naissance, j'ai pu noter la diminution alarmante d'année en année du nombre des salles de cinéma, le phénomène est identique pour les librairies. Pour moi, une librairie ou un cinéma qui disparaît, c'est la mort d'une certaine idée de la culture pour tous, de la culture tout court. Prenons le cas, par exemple, des Champs Elysées, "la plus belle avenue du monde", dans ma jeunesse pas si lointaine, il y avait, de mémoire, presque 15 complexes de cinéma, il n'en reste plus que 6 et il paraîtrait que 2 vont encore disparaître d'ici fin 2007. Pour les personnes qui n'ont pas connu, les salles étaient souvent très grandes, les files d'attente immenses surtout le dimanche après-midi, jour de la sortie familiale. On sentait une ferveur. Maintenant, on apprend que les loyers sont trop chers, des boutiques de "fringues" ou des banques prennent la place. Le problème est que les rues ou avenues concernées n'en sortent pas grandies. Les promeneurs ne peuvent plus qu'acheter ou aller ailleurs, on est vraiment dans une société "consumériste".
Pour en revenir au cinéma, rien ne remplacera jamais l'obscurité d'une salle, l'ambiance, les spectateurs qui lèvent la tête pour regarder un écran, et le son stéréo, et l'ouvreur(se) qui vend les eskimos juste avant le film. (A suivre).

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lundi 15 janvier 2007

Head on - Fatih Akin

On a cru le cinéma allemand moribond surtout depuis la disparition de Reiner Werner Fassbinder. Il semble que l'on se soit trompé. Head on ou Gegen die Wand (titre allemand original) est l'exemple de la qualité du cinéma tout court. C'est un film déjanté comme les personnages mais on reçoit le film comme un uppercut. Un homme et une femme se rencontrent dans le service d'urgence psychiatrique, ils ont voulu tous les deux se suicider. Elle s'appelle Sibel, elle a 18 ans, soumise à une famille turque émigrée et musulmane. Il se nomme Cahit, il a 40 ans, turc lui aussi, et musulman. Pour mener une vie sans entrave, elle lui propose de faire un mariage blanc. Elle sera libre et lui pourra avoir toutes les relations extra-conjugales qu'il veut. Oui mais voilà, Cahit tombe amoureux d'elle et il tue par inadvertance un des amants de Sibel. Il fait quelques mois ou années de prison et quand il sort, il se met à sa recherche. L'action se déplace à Istanbul, car pendant la détention de Cahit, Sibel doit gagner sa vie et beaucoup d'événements dramatiques s'y déroulent (à mon avis, cette partie est moins intéressante que la partie "allemande"). Néanmoins, Cahit et Sibel seront changés pour toujours par leur expérience même s'ils se séparent à la fin.

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dimanche 14 janvier 2007

Just a Kiss - Ken Loach

Quand j'ai vu Just a Kiss de Ken Loach qui est une leçon de tolérance, je suis sortie de la salle assez euphorique. A Glasgow, les deux héros sont jeunes, beaux, musulman (lui), catholique (elle). Lui, Casim, résistera contre sa famille, son mariage arrangé prévu de longue date, les traditions. Elle, Roisin, devra affronter l'église catholique ; en effet, elle enseigne la musique dans une école privée et sa liaison va faire scandale : elle est divorcée et elle vit avec un musulman, cela n'est pas tolérable. Elle devra démissionner et sera acceptée dans une école publique. Casim, quand il tombe amoureux, n'ose pas dire à Roisin qu'il doit bientôt se marier (même contre son gré). Et il ne dit rien à sa famille pakistanaise émigrée depuis 1948. Leur liaison sera connue de manière fortuite. Casim a 2 soeurs : l'aînée très attachée aux traditions fait tout pour que la relation entre Casim et Roisin cesse. En revanche, la plus jeune profite de l'occasion pour annoncer à ses parents qu'elle est admise dans une école de journalisme au grand dam de ces derniers. Quoi qu'il en soit, quand le film se termine, il y a l'espoir que Casim et Roisin puissent vivre heureux. Le film m'a énormément touchée et je l'ai beaucoup mieux aimé que Quand le vent se lève du même réalisateur, Palme d'or 2006 à Cannes.

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samedi 13 janvier 2007

Blade Runner - Ridley Scott

N'étant pas une immense fan de science fiction, je peux d'autant plus dire que ce film fait partie des films à voir au moins une fois dans sa vie rien que pour le côté visuel qui était à l'époque révolutionnaire en 1983. Il est devenu une référence absolue pour les effets spéciaux et il faut rappeler que c'est adapté de Philip K. Dick qui est un très grand dans la science-fiction. Je me permets de dire que depuis, beaucoup de réalisateurs ont "pompé" sur cet univers visuel, en particulier Luc Besson pour Le 5ème élément (et c'est nettement moins bien). Dans Blade Runner, il n'y pas vraiment de "méchants" mais plutôt des êtres qui voudraient être maîtres de leur destin mais qui ne peuvent pas. Leur mort est programmée. On est touché par la mort de ces "répliquants" qui ne sont pas uniquement des êtres créés pour être les esclaves des humains, mais des êtres capables de sentiments. C'est donc un film à voir, il vient de reparaître depuis peu en DVD et il serait bien qu'un jour on le redonne sur grand écran. Moi qui l'ai vu ainsi, je pense que cela en vaudrait la peine.

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vendredi 12 janvier 2007

La Strada - Federico Fellini / Une Journée particulière - Ettore Scola

La Strada et Une Journée particulière ont en commun qu'ils ont été produits par Carlo Ponti qui vient de disparaître. Les années 50, 60 et 70 ont été les grandes années du cinéma italien. La Strada, c'est par-dessus tout la musique jouée par Gelsomina à la trompette, musique de Nino Rota. Le visage lunaire de Giuletta Masina est inoubliable. Et qu'est-ce que l'on pleure à la fin.
Dans Une Journée Particulière, Sophia Loren et Marcello Mastroianni jouent à contre-emploi comme on dit. Elle, elle est mère de 6 enfants, dans cet appartement à Rome. L'action se déroule le jour où Hitler rend visite à Mussolini. Tout Rome est dans la rue sauf Sophia Loren et Marcello Mastroianni, dont on découvre assez vite qu'il est homosexuel, la rencontre inopinée des deux va donner lieu à l'une plus belles histoires d'amour qu'il m'ait été donnée de voir, même si c'est une des plus brèves (1 journée). Magnifique !

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jeudi 11 janvier 2007

Tintin - Hergé

Depuis 2 jours, j'ai l'occasion de relire certains albums de Tintin : quelle merveille, le talent d'Hergé est que ça ne prend pas une ride. J'ai eu l'occasion récemment de visiter l'exposition de Beaubourg qui se déroule actuellement (20/12/06 au 19/02/07) accompagnée d'un homme qui m'est cher. Cela a été un vrai plaisir. J'ai découvert qu'Hergé aimait beaucoup créer des cartes de voeux avec comme illustration Tintin, Haddock et Tournesol. Il s'est même "croqué" lui-même ainsi que sa femme et certains de ses collaborateurs. Pour en revenir aux albums eux-mêmes : c'est un extraordinaire moyen d'évasion. C'est vraiment tout public, intelligent. Il y a rien d'autre à dire à part les lire et les relire.

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mercredi 10 janvier 2007

Jonathan Littell et les Bienveillantes

Je fais partie des lecteurs (trices) des 900 pages des Bienveillantes que j'ai lues en 3 semaines. Pendant cette période, le 5 octobre exactement, j'ai eu l'immense plaisir d'avoir une dédicace de l'auteur qui faisait une des 5 séances signatures faites en France. Cela s'est passé au Virgin Megastore, il y a eu une brève présentation par Laurent Bonnelli (disparu récemment), libraire au Virgin. Il y avait très peu de monde. J'ai été très étonnée ne m'attendant pas à avoir une dédicace si facilement. M. Littell est un monsieur très sympathique et simple, et quand je lui ai parlé, j'en étais à peu près vers les pages 300 de son roman au moment où il parle des langues du Caucase, je lui ai dit que je trouvais cela passionnant, il m'a répondu qu'il adorait ce sujet. Tout cela pour dire que son roman n'est pas parfait, il est peut-être trop touffu mais rien que pour les 20 premières pages qui sont absolument prodigieuses, c'est un livre qu'il faut avoir lu. Et j'ai appris beaucoup de choses. J'ai malheureusement découvert la "shoah" par balles. Il ne faut pas oublier que c'est un roman, et seulement un roman.

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