mercredi 15 décembre 2021

La chaîne - Adrian McKinty

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L'intrigue du roman est résumée dans la phrase d'accroche en couverture: "le seul moyen de récupérer votre enfant, c'est d'en kidnapper un autre." Dans La chaîne d'Adrian McKinty (Livre de poche, 473 pages) Rachel, une jeune femme de 35 ans, apprend que sa fille de 13 ans, Kylie, vient d'être kidnappée par un couple qui lui-même a eu son fils kidnappé. Si Rachel appelle la police, sa fille sera tuée et le fils du couple kidnappeur aussi. Une voix déformée l'appelle pour lui dire que quelqu'un va l'appeler pour lui donner des instructions. Désormais, elle fait partie de la Chaîne (une organisation criminelle mystérieuse qui semble être puissante). On lui demande une rançon calculée en fonction de son épargne et elle doit sélectionner un enfant qu'elle enlèvera à son tour. De victime, elle deviendra ravisseuse et criminelle. Heureusement que Rachel est une femme courageuse bien qu'elle soit gravement malade. Elle va trouver de l'aide en la personne de Peter, son ex-beau-frère, ancien marine qui adore sa nièce. Je ne dirai rien de plus sauf que ce roman est un "page turner" qui se lit bien, même s'il y a quelques invraisemblances. L'histoire se passe dans la région de Boston de nos jours. Lire les billets d'Encore du noir, de Val et de Jean-Marc Laherrère

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dimanche 12 décembre 2021

Les amants sacrifiés - Kiyoshi Kurosawa

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Parmi les sorties de cette semaine, je ne savais pas trop quoi aller voir. Le West Side Story de Steven Spielberg ne m'attire pas trop. Je me suis décidée pour Les amants sacrifiés du réalisateur japonais Kiyoshi Kurosawa (Shokuzai, Tokyo Sonata, Cure, Kairo), dont le scénario a été écrit par un autre réalisateur qui a été son élève, Ryusuke Hamaguchi (Drive my car, Senses et Asako I et II). Le réalisateur a été récompensé du Lion d'argent au festival de Venise en 2020. L'histoire commence en 1940, à Kobé au Japon. Yusaku et Satoko forment un jeune couple d'une trentaine d'années, plutôt moderne pour l'époque. Ils portent des vêtements occidentaux de préférence au kimono. Yusaku est un chef d'entreprise prospère qui n'aime pas le régime en place. Lui et Satoko vivent dans une très belle demeure. Dès les premières images, j'ai été conquise par la beauté de l'image, les éclairages, les décors et les costumes. Après être revenu d'une mission en Mandchourie avec son neveu Fumio, Yusako n'est plus tout à fait le même homme. Satoko essaye de savoir pourquoi, car pour elle, son bonheur personnel passe par-dessus tout le reste. Elle va jusqu'à sacrifier Fumio en le dénonçant aux forces de l'ordre (un des policiers militaires est secrètement amoureux de Satoko) pour mieux se rapprocher de son mari. Parmi les preuves accablantes rapportées par Yusaku, il y a un film tourné sur place sur les expériences bactériologiques pratiquées par une unité militaire japonsaise sur des cobayes chinois. La suite de l'histoire est prévisible, tout va se terminer très mal, mais je ne vous dirai pas comment. Le film a de grandes qualités dont l'interprétation des deux acteurs principaux  (Yû Aoi et Issey Takahashi), mais j'avoue que je n'ai pas été touchée par le destin de ces deux amants. En revanche, il faut saluer le fait que ce soit des Japonais qui évoquent leurs exactions commises en Mandchourie pendant les années 30. Lire les billets de Shangols et Wilyrah.

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J'ai été très surprise par le grand nombre de spectateurs dans la salle (en majorité dans ma classe d'âge). Ce cinéma parisien se situe dans le quartier de Saint-Lazare. Il y avait énormément de monde dehors pour les achats de Noël ou autre, et dans le métro que l'on attend plusieurs minutes et qui arrive bondé. J'avoue que je ricane un peu quand je vois l'affichette collée sur les vitres du métro :

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jeudi 9 décembre 2021

Le dernier espadon - Jean Van Hamme / Teun Berserik - Peter Van Donne

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Malgré les réticences de mon ami qui après avoir feuilleté l'album m'avait dit que l'achat de cet album pouvait attendre, comme d'habitude je n'en ai fait qu'à ma tête, et bien m'en a pris. J'ai trouvé Le dernier Espadon (Editions Blake et Mortimer, 64 pages) tout à fait réussi. Surtout le scénario, avec une histoire qui se passe en 1948 à Londres et en Irlande. Jean Van Hamme conseille aux fidèles de Blake et Mortimer de relire Le Secret de l'Espadon. Personnellement, je n'en ai pas éprouvé le besoin et l'album est tout à fait compréhensible. Quelques nazis encore en activité sont arrivés sur le territoire irlandais. Ils fomentent une horrible machination contre l'Angleterre qui pourra se faire grâce à l'avion créé par Mortimer. Après la guerre contre les armées de Basam Damdu, cinq avions ont été épargnés et sont en état de marche. Bien entendu l'infâme Olrik, l'ennemi juré de Blake et Mortimer, n'est pas loin. Je ne vous dirai rien de plus sauf que la cible de la machination est le palais de Buckingham où règne encore George VI, le père de la future Elisabeth II. Un bon cru.

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mardi 7 décembre 2021

Paris Pontoise - Charb

Je (ta d loi du cine, squatter chez dasola) vous présente ce mois-ci, dans le cadre de mes hommages "Charlie Hebdo", un recueil paru très récemment. Je me rappelle avoir savouré certaines chroniquettes de Charb, lorsque j'achetais épisodiquement Charlie Hebdo au numéro à l'occasion de voyages en train lors de mes vacances. Le livre couvre la période 1992-2004.

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Charb, Paris-Pontoise, Charlie Hebdo 1992-2004, Les échappés, 180 pages, 8 euros, octobre 2021.

Charb prenait les transports en commun entre chez lui (Pontoise) et le journal, les oreilles grandes ouvertes aux conversations des autres voyageurs. Il en nourrissait sa colonne d'actualité dans Charlie Hebdo. Mais, selon la préface signée Riss d'où je tire ces informations, Charb avait très vite trouvé la formule définitive: "une simple phrase, dont la concision était inversement proportionnelle à la profondeur de la réflexion", accompagnée "d'un petit portrait du voyageur qui en était l'auteur".

Seules les pages 8-9 présentent la préhistoire de la chronique: deux dessins complexes, pleins de bulles. La quasi-totalité du corpus correspond au "canon": plus de 400 saynètes (dont il faut reconstituer l'ambiance, au-delà d'un visage croqué). Cela correspond bien à 8 années multipliées par une cinquantaine de parutions... Je suppose que le recueil est donc quasi-exhaustif? Pour le vérifier, il faudrait que je retourne en bibliothèque consulter la "série complète" papier comme je l'avais commencé il y a plus de deux ans... avec ce livre d'un côté et le journal de l'autre, pour pointer chaque date à coté de son dessin et de sa phrase!

Sans reprendre les classements "thématiques" du recueil, je me suis permis une petite sélection subjective (mes lecteurs reconnaîtront mon attrait pour l'agriculture, l'économie, la politique... ou la sociologie!).

P1140113 p.15 (encore de l'anti-blaireauisme primaire, bien sûr... Tout est dans la chaussure)

P1140114 p.16

P1140115 p.20

P1140117 p.32 et p.61 P1140121 (on trouve vraiment tout, à la FN*C).

P1140118 p.38

P1140119 p.44 (dasola m'a fait remarquer que le dessin du haut - repris en 4e de couv' - rappelait un crayon).

P1140120 p.60 (mais pas du tout, voyons: ce sont juste les conditions qui changent!)

P1140122 p.66 (deux dessins sur cette page... et un utile rappel qu'il faut que je recommence à m'occuper de la planète Mars!

P1140125 p.101 P1140126 p.110

P1140127 p.114 P1140124 p.85

P1140128 p.124 (sagesse populaire?)

P1140123 p.82 P1140129 p.149 (on sait enfin pourquoi il est colère, le monsieur de la couv...)

P1140132 p.156 (la concurrence épinglée?)

P1140134 p.167

P1140116 p.34 P1140133 p.161 (encore une phrase de dasola: "il ressemble à Bérégovoy!")

Quand j'aurai dit que les illustrations des quatre coins de la couverture proviennent des pp. 18, 121, 149 et 162, et celle de la 4ème de couv' de la p.44, ... il ne vous restera plus qu'à aller vérifier et voir les phrases et dessins qui vous parlent, à vous!

La parution est peut-être trop récente pour avoir généré beaucoup de critiques sur les blogs littéraires, en tout cas je n'en ai pas trouvé. Que les blogueur.euse.s. ayant chroniqué Paris-Pontoise n'hésitent pas à laisser un commentaire ici!

Charb prenait-il des notes dans sa poche, comme Cabu dessinait des portraits? Comment transmutait-il la matière brute? Est-il arrivé que certains locuteurs se reconnaissent dans la publication? Cette rubrique générait-elle un courrier des lecteurs? Il paraît que Charb répondait à chaque lettre qu'il recevait...

J'ai aussi repéré le livre Lettre à mon fils Charb écrit cette année par Denise Charbonnier, sa mère. Je tâcherai de me le procurer et de le chroniquer un prochain mois.

*** Je suis Charlie ***

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lundi 6 décembre 2021

Le diable n'existe pas - Mohammad Rasoulof

Je ne savais pas trop ce que j'allais voir avec Le diable n'existe pas du réalisateur iranien Mohammad Rasoulof. Je n'avais lu aucun résumé ni aucune critique. Et là, pendant deux heures trente, j'ai été happée par les quatre histoires. J'ai surtout été secouée par la première, intitulée "Le diable n'existe pas", qui suit Hesmat, la quarantaine, que l'on voit sortir en voiture d'un endroit très sécurisé. Il revient chez lui, regarde un peu la télé, puis il prend une douche, il récupère sa femme qui sort de son travail, il va chercher sa fille qui sort de l'école (et qui l'engueule car il est arrivé en retard). Ils vont faire des courses tous ensemble. Avec sa femme et sa fille, il part s'occuper de sa vieille mère en lui faisant la cuisine et le ménage, Il est l'incarnation tout à la fois du père, du mari et du fils idéal. C'est quand il retourne à son travail en pleine nuit que l'on découvre une faille dans la vie de cet homme. En poussant un simple bouton, il provoque la mort. J'ai reçu cette séquence comme un coup de poing. Je suis restée tétanisée pendant quelques secondes. 
Dans les trois autres histoires, il est aussi question de cette mort légale, la peine de mort, qui est pratiquée à grande échelle en Iran. Dans "Elle a dit, tu peux le faire", Pouya est un jeune conscrit qui ne veut pas donner la mort à un condamné. Il va sortir de cette situation de manière rocambolesque en rejoignant sa fiancée. Dans "Anniversaire", Javad bénéficie d'une permission de trois jours qui lui permet de rejoindre Nana, une jeune femme qu'il compte bien épouser. C'est une maison en deuil qui le reçoit car un ami de la famille vient d'être exécuté pour des raisons politiques. On apprend le lien entre Javad et la victime. Dans "Embrasse-moi", Bahram qui va bientôt mourir est un médecin qui n'a pas voulu collaborer à une exécution 20 ans auparavant. Il tient à voir sa fille biologique venue d'Allemagne qui n'était au courant de rien.
J'ai aimé la manière dont le réalisateur, qui a tourné dans une quasi-clandestinité, suit tous les personnages au plus près. Cela n'empêche pas que certains plans larges montrent des paysages iranien arides ou boisés.
Un très grand film qui a reçu l'Ours d'Or au festival de Berlin en 2020. C'est bien qu'il soit enfin sorti. Allez le voir. 

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vendredi 3 décembre 2021

Madres paralelas - Pedro Almodovar

J'ai vu en avant-première Madres paralelas, le nouveau film de Pedro Almodovar, qui a permis à Penelope Cruz d'être récompensée du prix d'interprétation féminine au dernier Festival de Venise. J'étais restée sur une déception avec Douleur et Gloire. Avec Madres paralelas, j'ai retrouvé Almodovar qui sait si bien filmer les femmes, jeunes ou plus mûres ou âgées. Janis (Penelope Cruz, absolument divine) et Ana (Milena Smit) se rencontrent dans une chambre d'hôpital. Elles sont sur le point d'accoucher. Janis (la quarantaine épanouie), qui est photographe, a eu une liaison avec Arturo (l'acteur Israel Elejalde est plutôt séduisant), un anthropologue judiciaire marié de son côté. Ana, elle, encore mineure, n'avait pas prévu de tomber enceinte. Elles accouchent chacune d'une fille. Elles restent en relation, d'autant plus que Janis, faisant suite à une remarque d'Arturo, s'interroge (je vous laisse découvrir sur quoi). Il y a une autre histoire qui se greffe en arrière-plan, où la profession d'anthropologue judiciaire d'Arturo joue un grand rôle. Il va tout faire pour permettre qu'une fosse commune soit mise au jour. En effet, des membres de la famille de Janis ont été victimes des phalangistes pendant la guerre d'Espagne. Plus de 100 000 morts ont été enterrés dans des fosses communes. J'ai aimé le ton général du film, ses couleurs chaudes, et puis Penelope est pratiquement de tous les plans. On sent qu'Almodovar est sous le charme. 

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mercredi 1 décembre 2021

Virus, tu dors? Ton vaccin, ton vaccin va trop vite... - N°20

... mais on pourrait aussi chanter l'inverse [vaccin / virus]!

Voici déjà ma 20e chronique mensuelle, et ce ne sera sans doute pas la dernière... Qui s'en serait vraiment douté, il y a deux ans?

2 novembre 2021 - insidieux glissement de vocabulaire: je (ta d loi du cine, "squatter chez dasola) viens de découvrir la pub, à la TV, par laquelle les seniors sont incités à aller effectuer leur piqûre "de rappel" contre le Covid-19. Il n'est plus question seulement de "3ème piqûre"... Quelle sera donc désormais la fréquence de ces "rappels", certainement conçus comme "réguliers"?

30 novembre 2021 - ce soir, à 23 h 30, on frôlait semble-t-il les 120 000 morts officiels (119 997 selon y@hoo [Mise à jour : nov. 30 12.31pm PST Source de données : CDC, WHO], mais 119 131 selon Santé publique France). Courage, encore un petit effort...

...Et entre ces deux dates?

Après l'été, avec le froid et le vent, la bise ferait partie des causes du rebond de l'épidémie à l'automne, nous chante-t-on (mais je ne sais pas si nos journalistes sont capables de faire référence à la fable...).

A peine la campagne pour cette fameuse "dose de rappel" a-t-elle démarrée que les doutes sur la protection apportée par les vaccins actuellement commercialisés face au variant "Omicron" se font jour. Sera-t-il, ou pas, plus contagieux mais moins pathogène? Quand va-t-il débarquer? Il serait déjà là? Vite, dépêchons-nous de l'étudier...

En attendant, je pense que les Français ont bien été sensibles à l'argument "si pas de dose de rappel, alors passe sanitaire plus valide!", peut-être davantage qu'à tout autre argument? Des millions de personnes à piquer (une vingtaine de millions, entre les personnes fragiles et leur entourage)? Business as usual.

05/11/2021: un article publicitaire éveille ma suspicion. "Un décontaminateur d'air efficace contre le coronavirus", une machine qui peut décontaminer 25 m3 d'air en une heure? Il y est question d'un "laboratoire du CNRS", d'"une personne asthmatique", de COV (corps, ou composés, organiques volatils)? Pub mensongère? Bidon? Arnaque?

07/11/2021 - la double vaccination grippe-covid-19 est recommandée (pour les publics éligibles?): dès fin septembre 2021, la Haute Autorité de Santé (HAS) préconisait une piqûre dans chaque bras... Et avec les pieds, on applaudit?

Prémisses du 09/11/2021: "Je ne serai pas étonné qu'on aille progressivement vers des rappels vaccinaux pour tous les adultes", a affirmé Emmanuel Macron lors d'un déplacement dans le Nord. Hé ben, moi non plus, sincèrement, ce jour-là, je n'en étais pas étonné. Sans blague, qui donc pouvait être assez c... pour croire, rêver, y échapper, et qu'il suffirait de se faire vacciner une seule fois pour être peinard? Pour ma part, je le mettais en doute dès mon billet du 1er août 2021.

23/11/2021: Jean Castex, positif au Covid-19 en novembre, affirmait en juillet 2021 qu'avec 2 doses, on était sûr de ne plus être contaminés... Bah oui, mais vous comprenez, les conditions ont changé... (c'est JAMAIS la girouette qui tourne!).

Dès la mi-novembre, il n'y avait plus de terrasses éphémères à Paris. Etait-ce dû à la descente des températures? A une instruction de la Mairie de Paris de les démonter? Ou encore au fait que, maintenues, elles seraient devenues payantes? Je m'interrogeais. Vérification faite, la carotte municipale constituait bien en la promesse de renouveler l'opération en avril 2022 (mais sans doute plus gratuitement)...

Je crois avoir remarquer un moyen d'identifier les "touristes" provinciaux à Paris. Le provincial, lorsqu'il sort du métro, se dépêche de jeter son masque dans une poubelle (de peur de la contamination). Le Parisien le remet tranquillement dans sa poche pour son prochain trajet... Je n'oserais pas dire que le banlieusard, lui, porte dans le métro le masque sous le nez...

16/11/2021: 34 milliards de dollars par an, cela représenterait 1000 dollars par seconde? J'ai pas vérifié... Mais en tout cas, le "trio de tête" des entreprises fabriquant du vaccin semble, lui, bien se porter. Et rappelez-vous en bien, hein, de votre prochaine piqûre de rappel.

Selon que vous êtes adeptes convaincus par la vision du verre à moitié vide ou du verre à moitié plein, je vous laisse interpréter les chiffres qui mettent en parallèle les 90% d'adultes vaccinés face aux quelque 10% qui ne le sont pas (selon ce que j'ai compris du Point, sauf erreur de ma part), en terme de contamination comme en terme de cas graves... (et, "pour rappel", c'était avant l'entrée d'Omicron sur notre terrain!).

Petite parenthèse sans trop de rapport. Qu'est-ce que gm@il est intrusif! Cela fait des mois et des mois qu'ils me demandent ma date de naissance. Heureusement qu'il est facile de "passer à travers" et d'accéder tout de même à sa boite sans renseigner cette date... Aujourd'hui, le message de justification est: "Il manque votre date de naissance. Google a besoin de cette information pour se conformer à la loi." Mais au tout début, c'était plus "hard", avec quelque chose comme "La loi exige que vous communiquiez à Google votre date de naissance" (!). Je pense que G**gle a quand même dû se faire taper sur les doigts... Bah oui, ils ont besoin de vérifier si on a plus, ou moins, de 18 ans, pour jauger les contenus (ou les pub?) qui nous seront proposés.

Apparemment, en cette fin novembre 2021, ça se bouscule au portillon pour la troisième piqûre, pardon, la piqûre de rappel (première du genre, en attendant donc toutes les autres). Mais quelles peuvent être les parts respectives que prennent dans cette bousculade la peur de mourir, le civisme, le rêve de passer des fêtes insouciantes en famille, ou l'envie d'un pass sanitaire revalidé? 

Tiens, et l'application tousAntiCovid? On n'en entend plus guère vanter les mérites, le nombre d'abonnés ni le coût... Ca mériterait que je tâche de trouver quelques infos à ce sujet dans les prochaines semaines!

Une autre question me taraude: quel budget a-t-on consacré aux recherches sur les vaccins contre le paludisme, le SIDA, ou d'autres maladies dont les victimes ne sont pas forcément très solvables?

 A suivre l'an prochain, donc...

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dimanche 28 novembre 2021

Derniers chrysanthèmes / A l'approche de l'automne - Mikio Naruse

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Ayant découvert Mikio Naruse il y a seulement quelques années (mes billets ici et ), j'ai su par mon ami ta d loi du cine que deux films de Mikio Naruse inédits en France étaient programmés dans une salle Art et Essais du Quartier Latin. J'ai affronté les frimas de l'automne et me suis dirigée vers la salle de cinéma. A ma grande surprise, je n'étais pas toute seule. Il y a eu pour chacun des deux films une queue sympathique qui attendait patiemment pour entrer dans la salle, un samedi après-midi. 

J'ai d'abord vu A l'approche de l'automne qui date de 1960. Il se passe dans un quartier populaire de Tokyo. Hideo, 12 ans, arrive avec sa maman Shige de la province de Nagano. Shige est veuve mais grâce à son frère vendeur de primeurs (depuis deux générations) à Tokyo, elle a trouvé un emploi dans une auberge. Elle est aux petits soins avec les clients en général dont un en particulier. En ce mois d'août étouffant, Hideo aide son oncle et ses cousins pour les livraisons. Hideo a une passion dans sa vie, les insectes. Il garde d'ailleurs avec lui un scarabée. Sa maman l'ayant abandonné pour partir avec le client de l'auberge, il se retrouve seul, même s'il s'est lié d'amitié avec Junko, la fille de la gérante de l'auberge. A un moment donné, les deux enfants partent pour le bord de la mer et ils déambulent dans une partie de la ville en friche. Tout le film est empreint de tristesse, confirmée par le plan final d'Hideo (un jeune garçon qui m'a émue) tout seul avec son scarabée. Un beau film.

Je passe à Derniers chrysanthèmes qui lui, date de 1954. Encore un film pas très gai qui narre l'histoire d'Okin, une ancienne geisha qui exerce la profession d'usurier en prêtant de l'argent à d'autres geishas retirée de leur profession. Mais elle ne prête pas qu'à des geisha, à des hommes aussi. Okin n'est pas très sympathique. C'est une femme seule qui vit avec une jeune femme sourde. Elle n'a aucune pitié pour les mauvais payeurs, se déplaçant chez les uns ou chez les autres pour récupérer son argent. Tomae et Tomi, deux geishas retraitées qui ne peuvent pas régler leur loyer avec leur maigre retraite, font régulièrement l'expérience des visites impromptues d'Okin. En revanche, cette dernière va déchanter face à la visite de deux anciens amants, Seki et Tabe (elle avait encore des sentiments pour lui), qui viennent aussi lui demander de leur prêter de l'argent. Le film est très pessimiste sur la condition humaine mais il ne dramatise rien. Un film à voir. Je suis contente (1) d'avoir reconnu à l'écran que l'actrice qui joue Okin (vérification faite, elle s'appelle Haruko Sugimura) joue aussi dans Voyage à Tokyo.

(1) Merci Pascale...

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jeudi 25 novembre 2021

Tre piani - Nanni Moretti

Moi qui ne suis pas une grande fan de l'oeuvre de Nanni Moretti, j'ai énormément aimé Tre piani (Trois étages en VF). Peut-être parce qu'il ne s'agit pas d'un scénario original écrit par Nanni Moretti mais d'une adaptation d'un roman israélien que je n'ai pas lu. Voir le billet de Miriam.

Dans le film, l'histoire commence de manière brutale. Andreea, un jeune conducteur ivre, renverse une femme qui traversait la chaussée avant que le véhicule ne termine sa course en percutant le bas de l'immeuble où il habite avec ses parents. A partir de là, on fait la connaissance des habitants d'un immeuble cossu situé à Rome. On va suivre la vie de ces habitants pendant 10 ans. Lucio (Riccardo Scamarcio) et Sara (Elena Lietti), qui sont les parents de Francesca, une petite fille de sept ans. Dora (Margherita Buy) et Vittorio (Nanni Moretti), deux magistrats. On découvre très vite que Vittorio est très intransigeant (c'est le moins que l'on puisse dire). Monica (Alba Rohrwacher), elle, vient d'avoir une petite fille appelée Béatrice. Elle souffre du fait que son mari est absent depuis des mois pour son travail. Je ne révélerai rien d'autre, à part que le film interroge sur plein de choses, et en particulier la responsabilité d'être parents. J'ai aimé le traitement du sujet: beaucoup de sobriété, et il y a de l'empathie pour les personnages, même pour ceux qui ont des choses à se reprocher. L'interprétation est de tout premier ordre, jusqu'aux enfants, très bien dirigés. Le film qui dure deux heures (que je n'ai pas vu passer) est revenu bredouille du dernier festival de Cannes et c'est regrettable. Lire les billets de Pascale et Matchingpoints.

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lundi 22 novembre 2021

Apeirogon - Colum McCann

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Je viens de terminer Apeirogon (Editions 10/18, 634 pages magnifiques) et je suis prête à le relire dans quelque temps. Ce livre extraordinaire est plutôt un récit éclaté en mille et un chapitres. Les personnages principaux sont réels. Parmi eux, on fait la connaissance de Rami Elhanan, 67 ans, un Juif isréalien et Bassam Aramin, 48 ans, un Palestinien musulman. Le premier est graphiste, le deuxième qui a eu la polyo dans sa jeunesse est un spécialiste de la Shoah. Ils sont devenus amis et militent pour la réconciliation entre les peuples. Les deux ont chacun perdu une fille à 10 ans d'intervalle. Smadar, la fille de Rami, est morte dans un attentat en 1997. Elle avait 13 ans. Abir, la fille de Bassam, a été tuée par une balle en caoutchouc en 2007. Elle avait 10 ans. Ce livre, quand on le commence, on ne le lâche plus. Les chapitres sont plus ou moins longs. Une phrase ou 3 pages. McCann nous parle de mathématiques, d'ornithologie et des oiseaux migrateurs (plus de 500 millions suvolent les collines de Beit Jala chaque année), de la vie à Jérusalem et à Jericho, du camp de concentration de Thieresenstadt, de la découverte des manuscrits de la Mer Morte, de musique comme celle de John Cage, de la construction du Mur qui sépare les Israéliens des Palestiiniens; et puis, McCann revient sans cesse sur ce qui est arrivé à Abir et Smadar et qui elles étaient. Et on apprend au milieu du livre qui sont Rami et Bassam, ce qu'ils ont vécu. Par exemple, Bassam a passé 7 ans de sa vie dans une prison israélienne. Un livre magnifique que je conseille absolument. Il n'est pas du tout difficile à lire et il est passionnant. Pour info, l'apeirogon(e) du titre est un polygone ayant un nombre infini (dénombrable) de côtés.

Lire les billets enthousiastes d'eeguab, de Manou, d'Eva, de Papillon, de Lettres d'Irlande et d'ailleurs, Joëlle et Nicole Grundlinger.

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