mercredi 14 novembre 2007

Mars et Vénus au théâtre

C'est amusant, la genèse de ce billet. J'ai offert à mon ami Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, best-seller de John Gray. Mais je précise que c'est à sa demande que je le lui ai acheté. Et à peine en avait-il lu quelques dizaines de pages, qu'il s'est rappelé avoir vu il y a quelque temps dans le métro des affiches pour un spectacle tiré du livre, et c'est ainsi que nous sommes allés le voir, toujours à sa demande. Pour en revenir à cette pièce de théâtre, j'ai passé un excellent moment sans prétention. Le spectacle est un one man show interprété par un acteur que je ne connaissais pas du tout, Paul Dewandre (d'origine belge), qui a rencontré l'auteur du livre et a supervisé sa traduction en français. Cette rencontre a donné naissance, après un gros travail, à ce spectacle, visant à rendre plus positives et plus saines les relations entre hommes et femmes. C'est hilarant et le public est extrèmement réceptif. Le chapitre sexuel est abordé à la fin avec des comparaisons culinaires: il y a le "fait à la maison", le "quickie" et le "gastronomique". C'est le spectacle anti-morosité par excellence qui a été déjà vu par plus de 50.000 spectateurs en Belgique, au Canada, en Suisse et en France! Hautement recommandable pour les couples ou même pour les autres, au théâtre du Gymnase à Paris jusqu'au 31 décembre 2007.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

mardi 13 novembre 2007

Judex - Georges Franju

Judex (1963) et Nuits rouges (1973) de Georges Franju viennent de sortir en DVD double. Georges Franju, connu comme le réalisateur de ce chef-d'oeuvre fantastique français, Les yeux sans visage (1959), fut le co-fondateur de la Cinémathèque française avec Henri Langlois en 1936. Disparu en 1987, Franju était un grand admirateur des feuilletons et de Louis Feuillade, réalisateur de plus de 800 courts-métrages dont le premier Judex en 1916 et la série des Fantomas. Dans les interviews en bonus des films, Jacques Champreux (petit-fils de Louis Feuillade) révèle que Franju, avec qui il a travaillé, aurait voulu réaliser un film sur ce personnage Fantomas, mais cela ne s'est pas concrétisé.

Je parlerai seulement de Judex (justice en latin), merveilleux film en noir et blanc, baigné dans une atmosphère d'onirisme et de fantastique. Judex n’existe que pour rendre la justice, comme Fantomas n’existe, lui, que pour faire peur. L’histoire est très simple: au début du 20ème siècle, un banquier, Favraux, reçoit des menaces par lettres anonymes signées d'un certain "Judex" l’accusant d’avoir acquis sa fortune de manière illicite. Il lui demande de rendre cet argent. La première apparition de Judex est magnifique. Elle se produit lors d’un bal où tous les invités portent un masque d’oiseau. Judex, très grand, a une tête d’oiseau de proie et il fait apparaître des colombes. L’acteur américain qui fait Judex, Channing Pollock, était un grand magicien connu pour ce genre de tour.
La «méchante de l’histoire» est jouée par Francine Bergé. A un moment donné, habillée en collant noir, elle a une scène sur des toits qui est un hommage direct à Musidora et Irma Vep dans les films de Feuillade.
Pour ponctuer le film, quelques cartons d'intertitres sont insérés entre les séquences comme dans les films muets. Michel Vitold dans le rôle du banquier et Edith Scob dans le rôle de sa fille complètent la distribution de Judex dont le co-scénariste est Jacques Champreux (cité plus haut)
. Ce film que je n'avais jamais vu est une très agréable surprise.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 12 novembre 2007

La pub d'avant séance sur grand écran - France vs USA

Allant très souvent au cinéma, je suis de plus en plus agacée, pour ne pas dire plus, par le quart d'heure publicitaire avant que ne démarre enfin le film. Et selon mon avis, les régies publicitaires font passer des publicités de plus en plus laides esthétiquement et pas spécialement drôles. Interminables pour la plupart, ce sont souvent les mêmes qui sont projetées d'une séance à l'autre, et en tant que fidèle du grand écran, je pousse un "ouf" de soulagement quand l'annonceur de la régie arrête cette torture des yeux et des oreilles dans une obscurité totale ou presque qui empêche même de lire.
Je ne suis pas contre la publicité, au contraire. Avant que celles pour l'alcool et le tabac ne soient proscrites, certaines étaient des merveilles qui racontaient une histoire. Maintenant, c'est du simple matraquage.
Dans les salles d'art et d'essai, bien sûr on attend moins longtemps avant de voir le film, mais on n'est pas agressé. Pouvoir bavarder à voix basse avec de la musique douce dans les oreilles, mmmmh...
Je ferais une comparaison avec les Etats-Unis, en particulier dans les salles new-yorkaises: l'on y voit seulement des bandes-annonces et cela peut durer très longtemps, jusqu'à huit annonces de films. Cela donne une idée des prochaines sorties sur le sol américain.
En France, si on ne peut pas échapper à la pub, au moins, qu'elle redevienne belle à regarder!

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :
dimanche 11 novembre 2007

Les promesses de l'ombre - David Cronenberg

Tout d'abord, attention aux âmes sensibles, Les promesses de l'ombre de David Cronenberg (qui pourrait à nouveau s'appeler A History of violence - la suite) est un film "gore" pour trois scènes. Dès la scène d'ouverture, un homme est égorgé avec un rasoir et sa tête est presque entièrement détachée du corps, on ne nous épargne aucun détail. On peut dire que l'on est tout de suite dans le bain (de sang). Les murmures des spectateurs dans la salle étaient éloquents. Dans la 3ème scène de massacre, dans un sauna public, Viggo Mortensen, nu, est confronté à deux hommes voulant l'égorger avec une petite serpe. La scène est magnifiquement chorégraphiée mais à la limite du soutenable. Sinon, le film de 1h39 est bien mené. L'action se situe à Londres dans le milieu de la mafia russe. Après la première scène d'égorgement, tout commence dans une pharmacie où une jeune fille enceinte saigne. Elle meurt en couches à l'hôpital après avoir donné naissance à une petite fille. A partir de là, une sage-femme (Noami Watts) trouvant un journal intime écrit en russe dans les affaires de la jeune femme décédée, se trouve à cotoyer des individus comme Semian (Armin Mueller-Stahl), un chef  de la mafia qui dissimule ses activités de trafiquant de filles de l'Est sous une activité respectable. Puis le fils de Semian, Kirill (Vincent Cassel), un pas-grand-chose à la sexualité trouble. Enfin, Nicolaï (Viggo Mortensen, croque-mort, chauffeur et exécuteur de basses oeuvres), aux tatouages abondants sur tout le corps. Ce dernier doit faire ses preuves pour être accepté dans cette organisation criminelle. J'ai bien aimé le film malgré les scènes dures mais il faut être prévenu. Je regrette quand même que Vincent Cassel accepte de jouer ce genre de rôle un peu caricatural. Le film est à vraiment à voir (quitte à mettre ses mains devant les yeux par moments, comme je l'ai fait) et on n'oublie pas de sitôt cette expérience.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,
samedi 10 novembre 2007

Agatha Christie aux Champs Elysées

Lorsqu'il a su que j'avais L'Heure zéro (voir mon billet du 08/11/07) dans le colimateur, mon ami m'a spontanément rapporté de sa maison de campagne familiale son vieil exemplaire du "policier" d'Agatha Christie, dans une édition qui a plus de 20 ans. Et là, revoir cette couverture m'a flanqué un grand coup de cafard. En effet, dans ma jeunesse, j'avais 77 (soixante-dix-sept) titres d'Agatha Christie dans cette même collection "Club du masque" des éditions "Librairie des Champs-Elysées" (qu'on trouvait dans toutes les gares). Je me rappelle très bien, un été, avoir passé mon temps à tous les lire à la queue leu leu, le premier que j'ai lu c'est Le Train bleu. J'en posais un et j'en reprenais un autre. Et on me les a dérobés lors d'un cambriolage de ma maison de campagne où je les avais entreposés. Ce vol, qui remonte déjà à 1996, m'avait traumatisée. Ce n'était pas pour le prix des bouquins (ça avait dû rapporter à peine quelques sous aux cambrioleurs, et j'aurais pu me les racheter sans problème), mais à cause, vraiment, de la violation de propriété de ces objets-livres pour lesquels j'avais une affection particulière. Heureusement, mes "bibliothèque verte" d'enfant avaient échappé au même pillage, je me suis dépêchée de les rapatrier à Paris. Tout cela pour dire que ces éditions d'Agatha Christie avec des couvertures dessinées caractéristiques représentaient toute une période de ma vie. Un me reste qui était en grand format: Hercule Poirot quitte la scène.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 9 novembre 2007

Le messager - Joseph Losey

Adapté par Harold Pinter d'un roman de L.P. Hartley, Le Messager (The Go-betweeen) de Joseph Losey, Palme d'Or à Cannes en 1971, vient enfin d'être édité en DVD avec 7 autres oeuvres de ce grand réalisateur disparu en 1984, dans un coffret (1). Il n'existe malheureusement pas séparément. C'est un très beau film sur un petit garçon qui se trouve confronté aux mondes des adultes et à leurs mensonges ou non-dits. Leo, orphelin de père qui va fêter ses 13 ans, est accueilli pendant un été chaud dans la demeure d'une famille aristocratique dans une région du nord de l'Angleterre. Nous sommes juste à la fin de la guerre des Boers au début des années 1900. Leo trouve un compagnon de jeu en la personne du jeune fils de la famille et il tombe sous le charme de Marian (Julie Christie), âgée d'une vingtaine d'années et héritière de cette famille. Marian s'attache à Leo jusqu'à lui offrir des cadeaux. Leo ferait n'importe quoi pour elle. Marian est promise en mariage à un homme de sa classe sociale mais en secret, elle entretient une liaison coupable avec un métayer, Ted Burgess (Alan Bates). Très innocent, Leo va servir de messager entre les deux amants mais sans connaître leur relation exacte. Provoquant indirectement un drame, il en restera marqué à vie. L'histoire est un flash-back puisqu'au début et à la fin du film on voit Leo adulte. J'aime l'atmosphère du film où règne une certaine cruauté sous le vernis de la gentillesse (et c'est Leo qui en fait les frais). La partition de Michel Legrand donne de la légérété dans la gravité du sujet. Le scénariste Harold Pinter, plus connu comme dramaturge, est entre autres, l'auteur de The Servant aussi réalisé par Joseph Losey.

(1) Suite à la question d'eeguab dans son commentaire ci-dessous, les autres films du coffret édité par Studio Canal sont Eva, Accident, Pour l'exemple, The criminal, Mr Klein, The Servant, complétés par un 8ème film qui est un portrait de Joseph Losey, Jo le magnifique, de Philippe Saada.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 8 novembre 2007

L'heure zéro - Pascal Thomas

D'après un roman d'Agatha Christie sans Miss Marple ni Hercule Poirot mais avec le Commissaire Bataille (Battle en VO), Pascal Thomas a situé l'Heure zéro en Bretagne, dans la région de Dinard, puisque la mer a de l'importance pour l'histoire et surtout certains à-pics qui dominent la grande Bleue. J'ai eu grand plaisir à voir Danielle Darrieux qui connaît malheureusement une fin tragique et brutale dans ce film. Laura Smet, très limitée dans son jeu, tient le rôle d'une jeune épouse assez insupportable, on lui flanquerait volontiers une gifle avec ses airs d'enfant gâtée. Chiara Mastroianniani a un personnage un peu effacé d'épouse divorcée. François Morel joue le rôle du commissaire et Melvin Poupaud complète la distribution. Plusieurs personnages sont suspects après la mort d'un juge d'instruction, Maître Trevoz (Jacques Seyres), et de Camille Tressillian (Danielle Darrieux), cette dernière laissant une fortune de 10 millions d'euros. Mais est-ce l'argent qui est la cause du meurtre? Pas sûr. Bien que l'action soit située en 2007, le film dégage un côté rétro sans portable ni internet mais avec des voitures et des tenues vestimentaires qui fleurent bon les années 30. Agréable à voir, et passer ne serait-ce qu'un week-end dans la maison de Camille Tressillian en aplomb de la mer ne serait pas pour me déplaire.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,
mercredi 7 novembre 2007

Derzou Ouzala - Akira Kurosawa

Je viens de visionner en DVD (éditions MK2) Derzou Ouzala d'Akira Kurosawa, Oscar du film étranger en 1976. C'est adapté d'un récit écrit en 1923 par Vladimir Arseniev (1872 - 1930), explorateur et cartographe du début du XXème siècle qui a parcouru la Sibérie jusqu'à Vladivostock où il est décédé. Pour en revenir à Derzou Ouzala, suite aux conseils de mon ami, je l'ai enfin vu et je ne le regrette pas. Le film est composé de deux parties: 1902 et 1907. En 1902, Vladimir Arseniev par,t accompagné de quelques hommes, en Sibérie, région assez méconnue à l'époque, afin d'explorer et de tracer des cartes géographique. Il rencontre Derzou Ouzala, un Golde, chasseur de zibelines, n'ayant pas d'attaches particulières mais connaissant très bien la taïga. Le morceau de bravoure de cette 1ère partie se déroule durant un blizzard qui surprend Arseniev et Derzou. Grâce à Derzou, ils vont cueillir des brassées de grandes herbes qui serviront à l'indigène à fabriquer un abri pour protéger les deux hommes. Dans la 2ème partie en 1907, Arseniev et son équipage retrouvent Derzou Ouzala et ils croiseront un tigre. Mais Derzou Ouzala, chasseur hors pair, voulant tuer le fauve, le rate et il ne s'en remettra pas. Le film dure 2h15 mais il pourrait être plus long. C'est un vrai plaisir des yeux, les paysages sont magnifiques avec, par exemple, dans un même plan le soleil et la lune. Le film dégage une grande chaleur humaine et cela fait du bien.
En ce qui concerne l'édition en DVD, je n'ai pas compris pourquoi la première partie du film figure sur 1 DVD et la deuxième... sur un 2ème DVD. Les bonus sont aussi répartis sur les deux disques (un peu maigrichons pour mon goût).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,
mardi 6 novembre 2007

Chagrin d'école - Daniel Pennac

Dans la lignée de Comme un roman (cité dans mon billet du 19/04/2007), le dernier livre de Daniel Pennac (de son vrai nom Pennaccioni) est très autobiographique. Chagrin d'école permet à DP de raconter comment, petit dernier d'une fratrie de 4 frères, enfant de militaires, cancre de son état avec d'énormes problèmes en orthographe et mauvais dans presque toutes les matières, il a été "sauvé" grâce aux livres (surtout ceux qui n'étaient pas imposés en classe). Il adorait lire. Et il rend aussi grâce à quatre professeurs, en math, en philo, en histoire et en français, qui ne se sont pas posés de questions et ont tout fait pour le sortir de sa "cancritude". Puis l'ouvrage part un peu dans tous les sens mais j'ai retenu qu'il chante les louanges de tous ces enseignants qui ne laissent pas tomber ces enfants en difficulté. Lui-même, devenu professeur de français pendant 25 ans, a tout fait pour que des élèves dans des classes aménagées et non pas "à ménager" deviennent bons en orthographe ou qu'ils puissent apprécier la poésie sans qu'elle reste pour eux de la récitation imposée. Cela m'a ramené à ma scolarité personnelle. Moi qui étais une élève excellente en primaire, j'ai connu une désillusion dès la 6ème où je me suis retrouvée dans les dernières et j'ai eu le niveau "Passable" pendant mes 7 années de collège-lycée. Et sauf amnésie partielle ou totale, je n'ai malheureusement pas connu de professeur aussi proche de ses élèves que M. Pennac. J'aurais bien aimé l'avoir comme enseignant. A mon avis, il fait une description un peu idyllique (l'exception plutôt que la règle) sur le métier de professeur au collège et lycée.
PS: je viens d'apprendre que ce livre, dont j'avais rédigé la chronique d'avance (après l'avoir lu la semaine dernière), a obtenu le Prix Renaudot lundi 5 novembre 2007.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 5 novembre 2007

Le rêve de Cassandre - Woody Allen

Malgré des critiques tièdes, je conseille ce film comme à voir. Le dernier Woody Allen, le Rêve de Cassandre, est une tragédie, on ne rit pas une seule fois. Cela se passe à Londres et sur la Côte anglaise. Il met en scène deux frères, Ian (Colin Farrell) et Terry (Ewan Mc Gregor) Blaine. Quand le film commence, ils achètent à deux un bateau nommé "Le rêve de Cassandre". Sinon, Ian travaille dans un garage, Terry aide son père propriétaire d'un restaurant. Ils ont des rêves de fortune. Ian joue aux courses de lévriers et au poker, il gagne parfois mais perd plus souvent des sommes conséquentes. Terry, lui, voudrait investir dans des hôtels en Californie. Leur oncle Howard, homme d'affaires fortuné de passage en Angleterre, accepte de les aider financièrement à condition qu'ils lui rendent "un service", faire disparaître un collaborateur qui risque de le compromettre et de l'envoyer pour quelques années en prison. Je ne dévoilerai pas la suite qui aboutit à la tragédie prévisible. Colin Farrell, fumeur, buveur et plein de remords fait une excellente composition. Ewan Mc Gregor, dans un rôle plus lisse, un peu frimeur auprès des filles et sans beaucoup de scrupules, est très crédible et me fait beaucoup penser au personnage qu'il a joué dans Young Adam de David McKenzie (2003). Après plus de 35 ans de carrière, Woody change chaque fois de registre et c'est tant mieux.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,