mardi 10 juillet 2007

Billet de bonne humeur : en attendant le Christ...

Lundi 9 juillet, je me suis préparée à aller voir, dans le cadre du Festival Paris Cinéma, toujours au cours de la rétrospective des films de Francesco Rosi [cf. mon billet du 07/07/07], Le Christ s'est arrêté à Eboli (1979) d'après un récit de Carlo Levi. La séance était prévue à 21h avec une introduction d'une "docteur ès cinéma". La présentation faite devant une salle archi-comble, les lumières s'éteignent, un vague son haché est audible, et puis plus rien. De nouveau, la lumière. Incident technique nous dit une dame, le projectionniste s'affaire. 5 minutes puis 10 minutes se passent, rien n'arrive. Et ne voilà-t-il pas qu'une des spectatrices nous communique assez fort que Carlo Levi était le frère de Primo Levi. "Mais pas du tout" répond un charmant et jeune Italien, une rangée devant moi. Carlo et Primo Levi, originaires de Turin, n'étaient que des cousins très éloignés. Et cet Italien, lui-même, est natif d'un village très proche de celui qui ne s'appelle plus Eboli mais Uliano ou quelque chose d'approchant dans la province de Basilicate. Comme le monde est petit. Une autre spectatrice prend la parole disant qu'elle avait hâte de revoir le film pour admirer les paysages qu'elle avait vus en vrai à une époque. Une ambiance bon enfant s'installe. Et pendant ce temps-là, toujours pas de film, un technicien était en train de faire du dépannage par téléphone. Quelques spectateurs impatients sont quand même partis, mais pas tant que cela. Au bout de 35 minutes, l'obscurité s'est faite et le film a enfin commencé vers 21H45. Il dure 2H30. Je suis sortie du cinéma à minuit et quart. C'est beau d'aimer le cinéma et de partager un bon moment avec des passionnés mais cela prend du temps !

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lundi 9 juillet 2007

Mickey et Nicky - Elaine May

J'avais appris une très bonne nouvelle, Mickey et Nicky, ce bijou du cinéma indépendant, ressort sur les écrans parisiens. A voir pour le duo John Cassavetes (Nicky) et Peter Falk (Mickey), amis dans la vraie vie depuis plus de 10 ans. Le film, tourné en 1976, est sorti en dans une version tronquée à l'époque. En 1987, il est projeté dans la version voulue par la réalisatrice et celle que j'avais vue (20 ans déjà!). J'en étais ressortie enthousiaste. Je dois dire que 20 ans après, j'ai été un peu déçue. Le film est toujours le même mais c'est moi qui ai changé. Ce n'est pas grave car quel bonheur de revoir John Cassavetes, disparu en 1989. Mickey et Nicky fait très "cassavetien", le son direct pas toujours audible, des plans sous-exposés, tout est fiévreux parfois hystérique. Quand le film commence, Nicky est dans une chambre d'hôtel et il appelle à l'aide son copain Mickey car il a un "contrat" contre lui. Cela se passe à Philadelphie, la nuit est bien commencée. Le film se terminera à l'aube avec la mort de l'un trahi par l'autre. Entre-temps, ils auront rencontré quelques personnages dont une femme plus ou moins prostituée et un tueur qui remplira avec difficulté son contrat. Cette histoire d'amitié et de trahison est très bien menée. On voit l'unité de temps (une nuit), de lieu (Philadelphie) et d'action (la fuite de l'un des deux).

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dimanche 8 juillet 2007

Raisons d'Etat (The Good Shepherd) - Robert de Niro

Raisons d'Etat de Robert de Niro dure 2H43. Et bien allez-y car vous passerez un très bon moment. Grand film classique et sobre (peut-être trop?), il n'y a pas d'effets spéciaux, pas de ralentis intempestifs, les acteurs sont tous bien choisis, Matt Damon en tête. L'histoire commence en avril 1961 au moment de l'échec américain à la "Baie des Cochons" suite à la tentative ratée de renversement de Fidel Castro. Edward Wilson (joué par Matt Damon), travaillant à la CIA, est chargé de savoir qui est la "taupe" qui a fait capoter l'affaire. Lui-même se remémore tout son passé et sa vie en général. Il fera toujours passer la raison d'Etat avant sa famille, il en sacrifiera même certains membres. Il est le bon berger (the Good Shepherd, du titre original) de la CIA. Après le suicide de son père, membre de la Navy, il étudie à Yale et fait partie d'une confrérie sorte de franc-maçonnerie américaine (Skull and Bones [Crâne et Os]). Sa première mission consistera à espionner son prof de thèse en littérature anglaise soupçonné de sympathie nazie, nous sommes à la fin des années 30. Marié à une femme qu'il a mise enceinte (Angelina Jolie), Edward est envoyé à Londres au moment du Blitz. Il ne fera connaissance de son fils qu'en 1945, ce dernier âgé de 5 ans. Puis, il devient membre de la CIA qui a succédé à l'OSS. C'est le début de la période de la Guerre Froide. Des scènes permettent de revenir au temps présent, en 1961. Edward continue son investigation sur l'échec de Cuba. Il est désormais séparé de sa femme. Les relations tendues avec son fils joueront un rôle important dans l'histoire. Je ne raconte pas toute l'histoire. Des personnages secondaires mais essentiels traverseront la vie professionnelle et personnelle d'Edward. Je le redis: Raisons d'Etat se laisse voir avec plaisir. Merci à Robert de Niro qui joue un petit rôle, pour cette oeuvre de grande qualité.

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samedi 7 juillet 2007

Main basse sur la ville - Francesco Rosi

Créé il y a 5 ans, le Festival Paris-Cinéma a débuté le 3 juillet pour se terminer le 14 juillet. La séance est à 4 euros. Des films sont en compétition et des hommages sont rendus. Cette manifestation permet entre autres de revoir l'intégralité ou presque de l'oeuvre de Francesco Rosi, l'un des derniers grands réalisateurs italiens vivants. Main basse sur la ville (1963), Lion d'or au Festival de Venise la même année, reflète bien son cinéma engagé. L'action du film se situe dans les années 60 à Naples, ville natale du réalisateur, en proie aux promoteurs immobiliers. Au début du film, des plans panoramiques montrent les constructions nouvelles et hideuses sans plan d'urbanisme harmonieux. Un plan rapproché se focalise sur une construction d'un immeuble en particulier. Tout à coup, le pan de mur d'un vieil immeuble mitoyen s'écroule puis l'immeuble lui-même. Bilan: 2 morts et un blessé grave. Le promoteur immobilier, Nottola (joué par Rod Steiger), est très ennuyé car faisant de la politique, il s'apprête à se faire élire en tant qu'un des adjoints au maire aux prochaines élections municipales. Un simulacre d'enquête est mené pour établir qui est responsable, mais cela n'ira pas loin. Ce qui compte ce sont les élections et le scénario montre bien la collusion entre la politique et le pouvoir de l'argent. C'est l'argent qui gagne (comme souvent). Le film est joué par des acteurs que je ne connais pas sauf Rod Steiger. Ce dernier, américain, est doublé en italien, comme c'était souvent le cas dans les films italiens joués par des acteurs étrangers. Je pense que c'est une caractéristique du cinéma transalpin. Sinon, 44 ans après le tournage, le sujet de ce film n'a pas pris une ride, malheureusement.

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vendredi 6 juillet 2007

No man's land - Danis Tanovic

Oscar du meilleur film étranger en 2002, No Man's land de Danis Tanovic (2001), diffusé hier soir à la télévision, est un film excellent qui montre, une fois de plus, l'absurdité de la guerre en général, et de celle de Yougoslavie en particulier. Deux hommes qui auraient pu s'entendre dans la vie civile se retrouvent face à face dans un "no man's land". C'est celui qui a le fusil qui a raison. Avec eux, un troisième soldat que l'on croit mort. Ce dernier a, enterrée sous lui, une mine antipersonnel. Au moindre mouvement, cette mine sautera et le soldat avec. En plus des casques bleus de la FORPRONU surnommés "les Schtroumpfs" à cause de la couleur de leur casque, quelques journalistes dont une femme (jouée par la très regrettée Katrine Cartlidge), et vous avez tous les éléments d'un grand film de guerre filmé comme un drame intimiste. J'espère que vous ne l'aurez pas manqué.

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jeudi 5 juillet 2007

Rome (saisons 1 et 2)

Abonnée à C+, je suis une de ceux et celles qui ont la chance de voir la série Rome, tournée à Cinecitta en 2005 (saison 1) et 2007 (saison 2). La deuxième et (malheureusement) dernière saison est diffusée actuellement sur la chaîne cryptée le jeudi soir. C'est absolument sensationnel. Les décors et costumes somptueux donnent un air d'authenticité à l'ensemble, on s'y croirait. D'après plusieurs spécialistes de cette période (de César à Marc Antoine), le souci d'authenticité est indéniable. Le scénario fait d'un centurion, Titus Vorenus, et d'un légionnaire, Titus Pullo, les témoins et participants de cette époque troublée pleine de sang, de sexe, de complots et de morts dont celle de César. D'ailleurs la saison 1 se termine sur ce fait tragique. J'ai déjà vu les deux premiers épisodes de la deuxième saison. Je suis déjà captivée. La première saison comportait 12 épisodes, la deuxième, seulement 10. Cette série a coûté une fortune, plus de 100 millions de US $. Le producteur et distributeur américain HBO ne peut pas dépenser plus. Il est certain que ce genre de production serait trop onéreuse pour la France et même pour l'Europe. Mais qu'est-ce que c'est bien! A voir et à déguster.

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mercredi 4 juillet 2007

Lire un livre directement en anglais

Je reviens sur le livre de Paul Auster, Dans le scriptorium (Travels in the Scriptorium), que j'ai lu en anglais (cf. mon billet d'hier). J'ai éprouvé un grand plaisir à lire à haute voix mentalement ces 130 pages, imprimées en tout petits caractères. Je faisais ma propre traduction. Je ne connaissais pas tous les mots mais je devinais leur sens en comprenant la phrase dans son ensemble. J'ai été impressionnée par la façon dont Paul Auster s'attache à des descriptions précises de ce qui semble être des détails : les vêtements, la couleur des médicaments que prend Mr Blank, ses gestes, etc. A un moment donné, il est entièrement vêtu de blanc. Au début du roman, le narrateur nous précise que "a camera is planted in the ceiling directly above him. The shutter clicks silently once every second, producing eighty-six thousand four hundred still photos with each revolution of the earth" que l'on pourrait à peu près traduire par "au plafond, est installée une caméra qui prend 86 400 photos soit 1 photo par seconde, le temps d'une rotation journalière de la Terre" (1). On ne connaîtra pas la raison de ce fait précis le roman terminé. Pour illustrer la précision des faits racontés par l'écrivain, voici la première phrase du roman : "The old man sits on the edge of the narrow bed, palms spread out on his knees, head down, staring at the floor" qui peut se traduire ainsi : "Le vieil homme est assis sur le bord du lit étroit, les paumes de la main sur les genoux, la tête baissée, fixant le sol". Lisez en anglais (si, si, c'est faisable) ou en français ce roman de Paul Auster car je pense qu'il vous donnera envie de lire les autres.

(1) Suite au commentaire de Gaël ci-dessous, que je remercie, on peut retraduire le passage de la façon suivante "au plafond, est installée une caméra qui prend une photo par seconde chaque 24 h soit 86 400 par jour."

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mardi 3 juillet 2007

Travels in the Scriptorium (Dans le Scriptorium) - Paul Auster

Angliciste pas trop distinguée, je viens de lire le dernier roman en date de Paul Auster, Travels in the Scriptorium (Dans le scriptorium), aux éditions de poche Faber and Faber. Je n'avais pas lu de roman de Paul Auster depuis Tombouctou (1999). Dans "Travels", un vieil homme appelé Mr. Blank (M. Blanc) par le narrateur, se trouve dans une chambre. Mr Blank semble être prisonnier à moins qu'il ne soit dans un hôpital. Il se demande, pendant tout le récit, si la porte de la chambre est fermée à clef de l'extérieur et qu'est-ce qu'il y a derrière l'unique fenêtre obturée de la chambre. Sur chaque objet dans la chambre, même sur les murs, des étiquettes indiquent ce que c'est : mur, lampe, table, etc. Il ne se souvient de rien, même pas de son nom, mais des questions le hantent, "Qui est-il ?" "Qu'est-ce qu'il fait là ? Quand est-il arrivé et combien de temps va-t-il rester ? Des visiteurs viennent le voir dont Anna (Blume), peut-être une infirmière, qu'il semble avoir aimée dans un passé lointain. Près de son lit, sont empilés quelques photos en noir et blanc et un manuscrit inachevé. Le narrateur du manuscrit est lui-même prisonnier dans une cellule. M. Blank imagine la fin de l'histoire racontée. Les autres visiteurs qui viennent voir Mr Blank portent, pour la plupart, des noms de personnages des romans précédents de Paul Auster. Ils rendent Mr Blank responsable de ce qu'il leur ait arrivé dans le passé lors de missions périlleuses. On se rend compte que, le roman achevé, il n'y a pas de fin.

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lundi 2 juillet 2007

Roman de gare - Claude Lelouch

Le dernier film de Claude Lelouch, Roman de gare, est une bonne surprise au dire de toutes les critiques que j'ai lues. Moi-même, je ne me rappelle plus le dernier film de ce réalisateur que j'ai vu en salle. Cela ne m'attirait plus du tout. Pour ce dernier opus, je dirai que j'ai passé un bon moment mais sans plus. En revanche, je suis contente que Dominique Pinon ait enfin un vrai premier rôle face à la très "ardantissime" Fanny Ardant qui joue une romancière. En "nègre", magicien, amoureux d'une coiffeuse rencontrée sur une aire d'autoroute", et, au début du film, peut-être "serial killer", Dominique Pinon, avec son physique unique, est absolument convaincant et très touchant. Pour cela, j'en remercie Claude Lelouch de l'avoir choisi.

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dimanche 1 juillet 2007

Persepolis - Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Persepolis, Prix du Jury à Cannes 2007 (récompense amplement méritée), est l'adaptation réussie en film d'animation de la BD dessinée par Marjane Satrapi, rééditée récemment en un volume aux Editions de l'Association (2007). Et pourtant, j'ai hésité à aller le voir car je n'avais pas aimé la bande-annonce. Cela aurait été dommage. Cette histoire, très autobiographique (la jeune héroïne de 8 ans s'appelle aussi Marjane), commence sous le régime du Shah en 1978 et se termine quand Marjane s'exile définitivement en France en 1992. L'image est en noir et blanc pour les flash-backs avec des moments en couleur quand le récit se déroule de nos jours. Marjane, issue d'une famille plutôt aisée, est entourée d'une grand-mère au parler cru, d'un oncle victime du régime politique et de parents très aimants. Marjane est fan de Bruce Lee, de rock et se verrait bien prophète. Quand le Shah est renversé et contraint à l'exil, une euphorie s'installe dans le pays, malheureusement de courte durée. Le régime du Shah était une dictature, le nouveau régime des Ayatollahs est encore pire. La torture et la peine de mort s'amplifient. La guerre est déclarée avec l'Irak. Partout règne la pénurie. Marjane continue de grandir mais elle doit porter le voile. On peut rendre justice à la réalisatrice de ne pas avoir trop caricaturé ce régime de répression. Grâce à son père, Marjane peut partir un temps en Autriche pour fuir l'Iran. A Vienne, elle fera des rencontres plus ou moins heureuses. Elle reviendra avant de s'exiler en France. L'animation est remarquable en "ligne claire", en particulier, l'expression des yeux et de la bouche. Les voix françaises de Danielle Darrieux, Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni complètent la qualité de Persepolis que d'aucuns considèrent le meilleur film de l'année, et je ne suis pas loin de le penser. Cela me donne envie de lire la BD.

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