dimanche 1 juillet 2007

Persepolis - Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

Persepolis, Prix du Jury à Cannes 2007 (récompense amplement méritée), est l'adaptation réussie en film d'animation de la BD dessinée par Marjane Satrapi, rééditée récemment en un volume aux Editions de l'Association (2007). Et pourtant, j'ai hésité à aller le voir car je n'avais pas aimé la bande-annonce. Cela aurait été dommage. Cette histoire, très autobiographique (la jeune héroïne de 8 ans s'appelle aussi Marjane), commence sous le régime du Shah en 1978 et se termine quand Marjane s'exile définitivement en France en 1992. L'image est en noir et blanc pour les flash-backs avec des moments en couleur quand le récit se déroule de nos jours. Marjane, issue d'une famille plutôt aisée, est entourée d'une grand-mère au parler cru, d'un oncle victime du régime politique et de parents très aimants. Marjane est fan de Bruce Lee, de rock et se verrait bien prophète. Quand le Shah est renversé et contraint à l'exil, une euphorie s'installe dans le pays, malheureusement de courte durée. Le régime du Shah était une dictature, le nouveau régime des Ayatollahs est encore pire. La torture et la peine de mort s'amplifient. La guerre est déclarée avec l'Irak. Partout règne la pénurie. Marjane continue de grandir mais elle doit porter le voile. On peut rendre justice à la réalisatrice de ne pas avoir trop caricaturé ce régime de répression. Grâce à son père, Marjane peut partir un temps en Autriche pour fuir l'Iran. A Vienne, elle fera des rencontres plus ou moins heureuses. Elle reviendra avant de s'exiler en France. L'animation est remarquable en "ligne claire", en particulier, l'expression des yeux et de la bouche. Les voix françaises de Danielle Darrieux, Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni complètent la qualité de Persepolis que d'aucuns considèrent le meilleur film de l'année, et je ne suis pas loin de le penser. Cela me donne envie de lire la BD.

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samedi 30 juin 2007

La solitude du bibliothécaire de fonds

Depuis 3 mois, je suis responsable de la bibliothèque loisirs de l'Etablissement Public où je travaille. Je dois dire que ce n'est pas triste. Les livres identifiés avec un simple numéro à 4 chiffres (ordre d'enregistrement) sont recensés sur des fiches où sont indiqués en manuscrit, le numéro, le titre, l'auteur et rien d'autre. Quand le livre sort, le dit numéro est reporté sur la fiche du lecteur et on attend tranquillement que tout revienne : le lecteur avec le livre, sans délai précis. Je voudrais préciser que notre établissement n'a pas un effectif énorme mais que quand la bibliothèque, ouverte une demi-heure deux fois par semaine, attire un ou deux lecteurs à chaque fois, c'est une victoire. Tout est à revoir. Les nouveautés n'en sont plus. Beaucoup de livres n'ont jamais été pris ni même ouverts. Je vais essayer de remédier un petit peu à cette situation même si je n'espère pas de miracle. Jusqu'à présent, un petit comité de 3 ou 4 personnes décidait des achats 2 fois par an, une petite quarantaine de livres étaient achetés et à peine 20 étaient lus. Maintenant, je préfèrerais acheter une dizaine de livres très demandés 5 ou 6 fois par an. J'ai fait cette démarche la semaine dernière, le personnel a été prévenu par mail en lui précisant que c'était une seule nouveauté par personne et cela a été un grand plaisir de voir arriver non pas 1, non pas 2, mais 6 personnes dans cette bibliothèque un peu désertée, il faut bien le dire.

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vendredi 29 juin 2007

Harry Potter en version anglaise

Le tome 7 (et, a priori, le dernier de la saga) Harry Potter et les reliques de la Mort sortira en version française le 26 octobre 2007. Il se place en 6ème position d'après Fnac.com pour les ventes/précommandes de livres. Pour les fans absolus dont je ne fais (malheureusement) pas partie, la version originale anglaise, Harry Potter and the Deathly Hallows, sort le 21 juillet. Cette version du livre se place déjà (excusez du peu) en 7ème position toujours d'après Fnac.com pour les ventes/précommandes de livres. Alors quand on dit que les Français ne sont pas doués en langues étrangères, il est intéressant de constater que grâce à Harry Potter, la barrière de la langue n'est plus un problème. En voilà une bonne nouvelle!

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jeudi 28 juin 2007

Dates de sortie des films (suite)

Suite à mon billet du 10 mai 2007, je constate que les films sortis depuis la fin du Festival de Cannes ne sont pas vraiment passionnants à peu de chose près. Que se passe-t-il? Jusqu'à l'année dernière, j'étais confrontée à des dilemmes cornéliens car plusieurs nouveaux longs-métrages intéressants sortaient la même semaine. J'ai assisté à 2 voire 3 très bons films dans une même journée, car j'avais peur que la semaine suivante, ils aient disparu de l'affiche. Depuis le début de l'année 2007, j'en suis loin. Peut-être suis-je blasée, mais ni les scénarii, ni les acteurs, ni les réalisateurs, ne m'attirent. J'en suis même à voir des reprises dans les salles Arts et Essais, ce qui ne m'était pas arrivé depuis très longtemps. J'espère que les films de la rentrée qui vont sortir en rafale me redonneront l'envie d'aller au cinéma.

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mercredi 27 juin 2007

La Fête du cinéma

Je me rappelle avoir participé à la 1ère édition en juin 1984 de cette Fête créée par Jack Lang. En 2007, nous en sommes à la 24ème édition de cette manifestation qui s'est désormais institutionnalisée comme la Fête de la musique. En 2000, a été créé le Printemps du cinéma qui dure 3 jours, en mars; et puis, la Rentrée du cinéma, créée en 2004 qui dure une semaine, en septembre. Pour en revenir à la Fête du cinéma, après avoir payé un ticket plein tarif, on obtient un passeport. De 1984 à 1992, le prix des entrées suivantes était de 1 franc (0,15 euro), puis 10 francs (1,52 euros) arrondis à 1,50 euro en 2002 (informations Quid). Depuis cette année c'est 2 euros. Je m'attarderai donc sur 1984. C'était la première manifestation de ce genre et à cette époque, quelle ferveur il y avait ! C'était évidemment bien avant Internet et les DVD et même les cassettes VHS étaient peu répandues. Je me rappelle que cela avait duré une journée et une nuit. Beaucoup de grands films étaient projetés et quand les salles étaient archicombles, les gens s'asseyaient sur les marches. J'ai lu beaucoup de comptes-rendus sur ce sujet à cette époque. Des séances s'étaient déroulées à 4 heures de matin. Cette fête était aussi appelée la journée la plus longue du cinéma. En 2007, on en est loin. C'est devenu mercantile et assez banal dans l'ensemble. A l'heure des cartes d'abonnement pour les grands complexes, cette fête a-t-elle encore un sens? On peut se poser la question.

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mardi 26 juin 2007

Centre belge de la bande dessinée

En voyage touristique à Bruxelles, j'ai visité le Centre belge de la bande dessinée, ou Musée de la BD. Selon Wikipedia qui donne une définition très juste, "Le Centre est installé dans un bâtiment, chef-d’œuvre de l’art nouveau conçu par Victor Horta en 1906 pour abriter les grands magasins de tissus Waucquez. Après une complète restauration des lieux, le Centre belge de la bande dessinée a ouvert ses portes en 1989. Le centre abrite une exposition permanente, qui retrace l’histoire de la bande dessinée belge du début du XXe siècle à nos jours, ainsi que la plus grande bibliothèque de bandes dessinées et centre de documentation accessible au public. Il propose également de nombreuses expositions temporaires (plus de 60 depuis la fondation) et organise des rencontres entre les auteurs et le public". Il y a deux étages d'exposition. Nous avons admiré, mon ami et moi, en expositions temporaires: Greg, auteur très prolixe; ou Roba, le créateur de Boule et Bill. Sinon, Hergé tient une place de choix dans le musée. Au 1er étage, dans une salle peu éclairée, sont exposées, sous des cadres en verre et à l'abri de la lumière, des planches originales des années 50 et suivantes, ou des pages d'anciennes revues introuvables des années 30, considérées comme des trésors de la bande dessinée. "L'âge d'or de la BD" est évoqué par thèmes : détectives, agents secrets, etc. Une salle traite de la réalisation des dessins animés. Au deuxième étage, 5 thématiques sont évoqués, depuis la création du magazine "Pilote" jusqu'à "A suivre"; la bande dessinées des années 70 à nos jours est mise à l'honneur. Si les passionnés de bandes dessinées viennent à Bruxelles, c'est une étape incontournable. De plus, si vous vous y rendez jusqu'au 2 juillet 2007, il y a une exposition de dessins parus récemment dans la presse internationale sur la Paix.

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lundi 25 juin 2007

Le Far West - Jacques Brel

Sorti en 1973, deuxième et dernier film de Jacques Brel, Le Far West a été un échec public et a reçu un accueil critique très mitigé. Plus de trente ans après, ce film est certes déroutant mais vaut la peine d'être vu. J'ai assisté à une projection, accompagnée de mon ami, à la Fondation Jacques Brel à Bruxelles. Jacques Brel, également scénariste du film, joue le rôle principal, Jack. Quelque part en Belgique, déguisé en cow-boy, Jack rencontre Gabriel incarnant Davy Crockett. D'autres personnages, dont une jeune femme métisse en fauteuil roulant, se joignent au duo. Ils partent à la conquête d'un Far West qui appartient à leur imaginaire depuis l'enfance. Entretemps, on apprend que grâce à un fakir, Jack a hérité d'un pouvoir exceptionnel. Dès qu'il s'appuie contre un mur ou toute autre construction en brique, ça s'écroule. Le groupe trouve leur Far West sur l'emplacement d'un ensemble industriel désaffecté au mileu de nulle part. Des "Indiens" (des bourgeois?) veulent les déloger, sans succès. Et Gabriel trouvera de l'or. Jack voulant remettre ce trésor au chef d'Etat, on ne le prend pas au sérieux et la réalité les rattrape, lui et ses compagnons. Ils le paieront de leur vie comme à Fort Alamo et le pouvoir de Jack ne lui servira pas à grand-chose. On peut reconnaître, parmi les seconds rôles, les participations amicales de Michel Piccoli, Juliette Greco, Lino Ventura et Claude Lelouch. Jacques Brel chante Enfance dans le film. Je comprends l'histoire comme une parabole sur la fin de l'enfance. Dans Le Far West, le personnage principal a 40 ans. Dans une interview, Brel dit qu"'à 40 ans, l'enfance fout le camp". Quand le film est sorti, lui-même n'avait plus que 5 ans à vivre.

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dimanche 24 juin 2007

Le dictateur et le hamac - Daniel Pennac

Suite à mon billet du 18 juin 2007, je voudrais évoquer le dernier roman en date de Daniel Pennac, le Dictateur et le hamac, hommage non dissimulé au Dictateur de Charlie Chaplin, où celui-ci joue Hinkel (le dictateur) et un barbier (sosie du dictateur). Daniel Pennac, à l'occasion d'un séjour au Brésil, a pris l'habitude de se prélasser sur un hamac. Son inspiration lui fait imaginer qu'un dictateur sud-américain, dans les années 20, forme un sosie pour que celui-ci le remplace à l'occasion, et même définitivement. Ceci fait, le dictateur part en Europe. Le sosie à son tour forme un sosie à son image. Cela fait, lui aussi s'enfuit mais cette fois-ci aux Etats-Unis. En tout, il y aura 4 sosies dont des jumeaux. L'histoire est particulièrement centrée sur la vie que mènera le premier sosie qui, après un long périple pour atteindre la côte sud-américaine, s'embarquera sur un paquebot. Il fera carrière aux Etats-Unis en devenant la doublure de Rudolph Valentino. Il mourra presque heureux en assistant à une projection du Dictateur dans un cinéma de Chicago en 1940. Le périple de ce sosie n'est cependant qu'une partie du livre. De nombreuses péripéties surviennent, les histoires sont haletantes, l'écriture est toujours fluide et en ce qui me concerne, après une longue incursion dans la tribu Malaussène, j'ai découvert un autre Daniel Pennac. J'en suis ravie.

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samedi 23 juin 2007

Les 100 meilleurs films américains

Je viens de voir une nouvelle sur Yahoo à propos du  nouveau palmarès des 100 meilleurs films américains de tous les temps paru sur le site de l'American Film Institute http://www.afi.com/. Les Américains adorent ce genre de classement. Comme il y a dix ans, date du dernier classement, Citizen Kane d'Orson Welles (1941) est toujours considéré comme le meilleur film américain. Voici les dix meilleurs, suite au vote de plus de 1500 personnes du monde du cinéma américain.
1 CITIZEN KANE  (ORSON WELLES)
2 THE GODFATHER  (LE PARRAIN) (FRANCIS FORD COPPOLA)
3 CASABLANCA (MICHAEL CURTIZ)
4 RAGING BULL  (MARTIN SCORSESE)
5 SINGIN' IN THE RAIN  (CHANTONS SOUS LA PLUIE) (STANLEY DONEN)
6 GONE WITH THE WIND  (AUTANT EN EMPORTE LE VENT) (VICTOR FLEMING)
7 LAWRENCE OF ARABIA  (LAWRENCE D'ARABIE) (DAVID LEAN)
8 SCHINDLER'S LIST  (LA LISTE DE SCHINDLER) (STEVEN SPIELBERG)
9 VERTIGO  (SUEURS FROIDES) (ALFRED HITCHCOCK)
10 THE WIZARD OF OZ (LE MAGICIEN D'OZ) (VICTOR FLEMING)

A titre personnel, Citizen Kane n'est pas mon film préféré de Welles, je trouve que c'est un film ennuyeux. Casablanca, (1944) je n'ai jamais réussi à le voir en entier et puis Bogart, ce n'est pas trop ma tasse de thé. Raging Bull (1981) n'est pas non plus mon préféré de Scorsese. Il vient d'entrer dans le palmarès avec Vertigo. Pour les autres, je suis plutôt pour.

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vendredi 22 juin 2007

Bubble - Steven Soderbergh

Non, je ne parlerai pas d'Ocean 13 que je n'ai pas vu et que je ne verrai certainement pas. Ocean 11 était regardable mais je n'ai pas compris grand chose à Ocean 12. En revanche, Bubble sorti l'année dernière a été une bonne surprise. Interprété par des non professionnels, Bubble qui dure 1h15, est filmé en numérique. On pourrait croire que c'est un film expérimental, et bien pas du tout. Cette fiction montre une Amérique pas glamour pour un sou. Les principaux protagonistes, une femme obèse et un jeune homme travaillent dans un même usine qui fabrique des têtes de poupée.  Cette Amérique décrite est celle des petites gens qui ont souvent deux boulots et donc deux petits salaires afin de survivre. Tout finira mal pour la femme obèse. Même le juge à la fin de l'histoire est joué par un juge à la retraite dans la réalité. Soderbergh est célèbre depuis qu'il a reçu la Palme d'Or en 1989 pour Sexe, Mensonge et Vidéo. Je n'aime pas tout ce qu'il a réalisé mais s'il tourne des longs métrages à gros budget pour pouvoir faire des oeuvres comme Bubble, grâce lui en soit rendu.

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