dimanche 7 août 2022

C'était Calais - Hors-série Charlie Hebdo, décembre 2016 / janvier 2017 - Coco & Foolz

Ce mois-ci, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente dans le cadre de mes "hommages du 7" touchant Charlie Hebdo un "Hos-série" sans beaucoup de rapport avec l'actualité. 

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 C'était Calais, novembre 2016, 48 pages, 6 euros

Ce Hors-série fait partie d'un lot que j'ai acheté il y a quelques mois (fin 2021 / début 2022...), 5 ans après sa parution, donc. Au moment où la France est en vacances, je me suis dit que je pourrais rappeler a contrario que la vie dans un département au bord de la mer n'est pas charmante pour tous tout le temps.

P1150429L'édito signé Riss, p.3, explique ce reportage et ce "hors-série comme destinés à "prendre date". C'est au moment où il était question de démanteler la "jungle" de Calais que Coco et Foolz, deux des dessinateurs de Charlie Hebdo, ont effectué ce "reportage dessiné". Pour rappel, des migrants venus de nombreux pays, souvent de religion musulmane, toujours pauvres, et souvent en proie à la guerre civile, ne rêvent que de passer en Angleterre pour y trouver de meilleures conditions de vie que celles qu'ils peuvent espérer chez eux, et pouvoir, éventuellement, soutenir leur famille restée au pays, qui s'est souvent saignée aux quatre veines, pour les envoyer vers le mirage occidental - je résume. A part la page signée Riss, il n'y a rien d'autre à lire que les légendes des dessins (qui contextualisent), ou leurs "récitatifs"", qui donnent un peu plus de détails... Tout y est dit, si l'on prend la peine de lire chaque mot.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire au vu du titre, ce reportage ne couvre pas seulement Calais, mais aussi Grande-Synthe (dans le Nord). Au fil des pages, nos reporters dessinent des tentes, des cabanes, des migrants, des boutiques de bric et de broc, la gadoue, la police, les bulldozers qui "démantèlent", des bénévoles, des vigiles, des voisins... Il faut regarder chaque détail, lire chaque mot gardé pour la bonne bouche...

Nous n'avons que les seuls dessins, et aucun contexte sur le "comment" ou le "pourqoi"du reportage, pas "d'histoire": quelles ont été exactement les dates du reportage? Qui en a eu l'idée ou l'initiative? Pourquoi, comment, en fait? Je regrette donc un peu le manque (à mon avis) d'analyses, de QQQOCP,... et de solutions. Je suppose que c'est parce qu'il n'en existe aucune, absolument aucune. Les flux de ces "migrants" en transit ne tarissent pas. Six ou sept ans après, il y en a toujours qui cherchent à passer en Angleterre, malgré le "Brexit" et autres changements politico-sociologiques. Sur les embarcations de fortune fournies par les passeurs, certains se noient, dans l'indifférence générale. Et le "pire" est certainement devant nous en terme de nombre de personnes concernées.

De mon côté, je n'ai guère réussi à choisir de montrer d'autres dessins. C'est difficile de résumer une synthèse: on ne peut guère "comprimer" davantage, il faudrait faire des choix, je préfère suggérer à mes lecteurs intéressés par le sujet d'investir eux-même dans l'acquisition de cet ouvrage. Ce que l'on peut trouver déprimant, c'est qu'il n'y a pas de perspective. Les migrants arrivent, seuls ou parfois en famille, traversent pour certains, cependant que bénévoles et associations, inlassablement, essaient d'alléger la misère et d'améliorer les conditions de vie, dans le provisoire et un perpétuel recommencement... tandis que les pouvoirs publics, eux, cherchent à rendre "la vie dure" à tous ces "indésirables" pour à la fois respecter les obligations internationales (vis-à-vis de l'Angleterre) et éviter un "appel d'air" craint comme la peste.

Pour qui prend la peine de "suivre" un peu ce sujet, ce HS qui date déjà d'il y a quelques années recoupe d'autres articles que la presse évoque de temps en temps, à l'occasion (quand elle n'a pas d'autres sujets à aborder...), sur le "business" que représente l'activité pour les réseaux de "passeurs" organisés en mafia. Souvent, à mon avis, ces articles paraissent dans une visée "utilitariste", sont destinés à mettre en évidence l'absence de moyens de tels ou tels intervenants, lorsqu'il s'agit de sanctuariser un budget, ou d'essayer d'obtenir davantage de moyens, au moment d'arbitrages budgétaires... 

Ce hors-série est toujours en vente (6 euros) sur la boutique, mais sans que sa fiche comporte davantage d'explications.

Pour ma part, j'avais déjà abordé ce thème quelques années avant (décembre 2014) en évoquant le livre La jungle, un reportage photo de Jérôme Erquer sur le même thème.

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Dasola m'a offert un album récemment sorti qui reprend une quinzaine de dessins de Cabu publiés dans Le nouveau Candide en 1967 pour illustrer des articles sur la rafle du Vel d'Hiv. J'en parlerai un prochain mois.

*** je suis Charlie *** 

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vendredi 5 août 2022

Dédales - Bogdan George Apetri

Dédales du réalisateur roumain Bogdan Georges Apetri ne peut pas laisser indifférent. Le film comporte deux parties: avant et après une scène terrible en plein milieu, que je vous laisse découvrir. De nos jours, Cristina Tofan, une jeune novice (elle n'a pas encore prononcé ses voeux pour devenir nonne), quitte clandestinement le couvent où elle vit depuis trois mois. C'est une jeune femme frêle et pas très bavarde. Elle prend un taxi qui l'emmène dans un hôpital d'une ville voisine. Elle en ressort assez vite. Comme elle ne veut pas attendre que le taxi de l'aller vienne la reprendre, elle en prend un autre... Un peu plus tard ou quelques jours après, on fait la connaissance d'un policier, Marius Preda, menant l'enquête sur ce qui s'est passé. Je ne dirais rien de plus sur l'histoire. Je ne veux pas être accusée de trop en dire. Le film malgré sa dureté m'a plu. C'est un polar qui sort un peu des sentiers battus avec un flic "border line" pas spécialement sympathique mais qui compte bien arriver à ses fins. La fin est assez étrange. On ne sait pas ce qu'il en est, si c'est un rêve ou la réalité.  Le titre original du film est "Miracol" (miracle en français). Un film à voir malgré les réserves de Selenie.

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mardi 2 août 2022

As bestas - Rodrigo Sorogoyen

As Bestas (c'est du galicien apparenté au portugais), que l'on peut traduire par "Les bêtes", se passe de nos jours quelque part en Galice (capitale Saint-Jacques de Compostelle). On fait la connaissance d'Antoine et Olga, des Français qui sont installés depuis deux ans dans une grande ferme au milieu d'un paysage de collines et de forêts. Ils font de la culture de tomates bio. Quand le film débute, on voit trois hommes attraper un cheval à mains nus. Ils l'immobilisent pour lui couper la crinière et le marquer. La séquence est filmée au ralenti et c'est magnifique. Assez vite, on se rend compte que dans ces contrées reculées où vivent des gens pas très riches, les Français qui ont refusé le vote pour l'implantation d'éoliennes ne sont pas les bienvenus. En particulier, deux frères, Lorenzo et Xan, qui vivent avec leur mère, montrent leur hostilité d'abord verbalement et puis physiquement. Ils espéraient l'argent que leur rapporterait les éoliennes. Ils rêvaient d'une autre vie. Au fur et à mesure, le spectateur resssent la menace sourde contre Antoine et Olga, mais surtout Antoine. Pendant les dernières quarante-cinq minutes du film, Olga est seule à affronter les épreuves. Pendant un an, elle fait des recherches sans abandonner. Elle continue de cultiver des tomates et se met à l'élevage de brebis. Elle ne veut pas tout quitter même si sa fille insiste. Dans une longue séquence, leur affrontement est terrible et c'est là que l'on admire le talent de Marina Fois dans le rôle d'Olga. Elle est exceptionnelle. Il y a vraiment deux parties distinctes dans ce film et c'est ces trois derniers quarts d'heure que j'ai préférés. Cela n'empêche pas que Denis Ménochet est très bien dans le rôle d'Antoine. Et il ne faut pas oublier les deux acteurs galiciens, Luis Zahera et Diego Anido, qui forment un duo très inquiétant. Un film dont on se souvient. Lire les billets de Pascale, Selenie et Rock07

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lundi 1 août 2022

Bilan du Mois Wells / Quelques infos à suivre sur notre covid - N°28

wells_NOIRLe "Mois Wells" (en fait, deux mois et demi de challenge!) co-organisé par Sibylline (La petite liste) pour la partie livres, et par moi-même (ta d loi du cine, squatter" chez dasola) pour les adaptations en films ou BD, s'est terminé hier. Je vais me permettre d'en tirer un petit bilan organisé par blogueur ou blogueuse, là où Sibylline tenait à jour les participations oeuvre par oeuvre et en prenant en compte seulement les participations (billets) qui avaient à la fois mentionné le logo du challenge et pris la peine de l'avertir personnellement de leur contribution, en plus, bien entendu, d'avoir été rédigées sur la période concernée par le challenge.

Sujet de satisfaction: Sibylline et moi avons bien élargi le champ des oeuvres découvertes, largement au-delà des six plus connues. Au total, entre livres, nouvelles, articles, biographies, suites, films, BD, ... c'est près d'une trentaine d'ouvrages différents qui ont été chroniqués par au moins un et jusqu'à cinq participant(e)s au Challenge. Et, en comptant un peu plus large que Sibylline, je totalise plus d'une dizaine de rédacteurs-trices de billet pouvant compter comme ayant participé à notre Mois. 

C'est à la fois beaucoup... et peu. Nombre de commentaires sous les billets témoignent d'un intérêt pour les chroniques, mais excluent d'en rédiger. Est-ce la période estivale (un moment où beaucoup de blogs prennent une pause, éventuellement parce que nos lectrices se consacrent plutôt à leurs petits-enfants ou plus largement à leur famille ou aux vacances)? Je pense avoir éprouvé des difficultés à convaincre des lectrices plutôt jeunes et spécialisées dans la "littérature de l'imaginaire" de participer - ou bien, déjà, à leur faire passer l'information. J'ai eu beau tenter de mettre moult commentaires incitant à participer, j'ai l'impression que leurs "petits cercles" sont très fermés, avec des réglages de plateformes qui rejettent ou placent en SPAM les commentateurs/trices non expresséments agréés (plutôt dans une logique de "réseaux sociaux" que de blogs?)? Et c'est vrai que je n'étais le plus souvent guère en mesure d'émettre des commentaires pertinents sur la plupart de leurs lectures.

J'ai aussi l'impression que le fait qu'il n'y ait pas eu d'"actualité Wells" (film, série, nouvelle édition...) sur la période envisagée n'a pas dû contribuer à faire venir d'autres lectrices que celles qui considèrent qu'elles peuvent lire n'importe quel livre n'importe quand, de manière totalement déconnectée de l'actualité (plutôt que "le" livre que "tout le monde", en même temps, "doit" lire). Il n'y a pas eu non plus de synergie, comme je l'aurais espéré, avec le "mois anglais" organisé par quelques blogueuses (pour une quarantaine de participant(e)s?). Peut-être aura-t-on malgré tout "semé" pour l'avenir, et verra-t-on au fil du temps arriver des lecteurs-trices curieux de découvrir ces oeuvres à leur propre rythme, qui liront alors ce que nous avons rédigé durant la contrainte de temps que nous nous étions donnée?

Enfin, H. G. Wells n'est sans doute pas un auteur que l'on lit spontanément beaucoup en 2022. J'ai pris la peine de faire des recherches sur la plupart des blogs de la "blogroll" de dasola (colonne de droite), et n'y ai trouvé que peu de billets contenant son nom. Et pour finir sur un autre regret personnel, je n'ai pas réussi à terminer à temps pour le chroniquer dans le cadre du "mois Wells" le dernier des bouquins de notre auteur que je m'étais procuré. J'en  tirerai peut-être tout de même un billet... une semaine ou l'autre! Malgré tout, avec pratiquement un billet tous les cinq ou six jours durant tout le challenge, je peux quand même être fier de ma propre cadence contributive!

Bref, une fois ces considérations rabat-joie émises, voici donc notre liste de participations.

* Sibylline: L'oeuf de cristal (nouvelle) - L'homme invisible (roman) - L'île du Docteur Moreau (roman) - L'étoile (nouvelle) - Le Cambriolage d'Hammerpond Park et autres nouvelles extravagantes - Au temps de la comète (roman) - L'homme qui pouvait accomplir des miracles (nouvelle) - Quand le dormeur s'éveillera (roman) - H. G. Wells, parcours d'une oeuvre (biographie, par Joseph Altairac)  

* Pativore: L'oeuf de cristal (nouvelle + adaptation TV)  

* Keisha: L'homme invisible (roman) - Les vaisseaux du temps (suite de Wells, par Stephen Baxter)  

* Le bouquineur: L'homme invisible (roman) 

* Kathel: La guerre des mondes (roman) 

* Ingamnic: L'île du Docteur Moreau (roman)

* A girl from earth: Les vaisseaux du temps (suite de Wells, par Stephen Baxter) 

* Gromovar - quoi de neuf sur ma pile?: The Daughter of Doctor Moreau (variation d'après Wells, de Silvia Moreno-Garcia)

* Océane - en tournant les pages: L'homme invisible (roman, édition contenant aussi quelques nouvelles)

* Dasola: C'était demain [Time after times] (film dont Wells est le héros) 

* Ta d loi du cine: La guerre dans les airs (roman) - L'extinction de l'espèce humaine (recueil d'articles) - Miss Waters (roman) - L'homme invisible (roman de Wells & BD de Pantarolo) - Enfants des étoiles (roman) - L'île du Docteur Moreau (roman de Wells & film de Don Taylor) - L'île du Docteur Moreau (BD de Tamaillon & Legars) - Un rêve d'Armaggedon & La porte dans le mur (deux nouvelles) - La machine à explorer le temps (roman) - Les vaisseaux du temps (suite de Wells, par Stephen Baxter) - L'amour et M. Lewisham (roman) - Le pays des aveugles (nouvelles) - Les premiers hommes dans la lune (roman) - La machine à explorer l'espace (suite de Wells, par Christopher Priest) - Futur imparfait (série TV Les enquêtes de Murdochsaison 3, épisode 8) - H. G. Wells, parcours d'une oeuvre (biographie, par Joseph Altairac). 

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Comme c'est le 1er du mois, je liste aussi quelques informations pêchées au cours du mois écoulé...

04/07/2022: le réservoir du virus, en cas de covid long, se trouverait-il dans les intestins? Ça va le faire...

06/04/2022: la chance face au Covid-19 (développer une infection, légère ou grave, ou non), ce serait vraiment "au pif"'... selon une étude.

Une molécule produite par les lamas pourrait protéger contre le covid-19  Et lama pas faché qu'on lui pique sa molécule?

14 juillet 2022: le variant B.2.75 découvert en Inde est à suivre de près. Suivons...

Et tout un feu d'artifice d'infos du 22 juillet 2022:

Le virus du covid-19 creuse des tunnels entre notre nez et notre cerveau (enfin non, c'est plus compliqué: il détourne des fonctions cellulaires pour créer des nanotubes...). Je sens que ça va inspirer nos industriels, qui ont du pif comme chacun sait!

Les femmes résistent mieux au covid-19 que les hommes. Qu'en dirait Rousseau? L'état de nature? Et les transgenres?

Comme je l'avais déjà relevé, les décès encore nombreux du Covid-19 sont passés dans une forme d'oubli (25 000 entre janvier et juillet 2022?). Mais cette fois, c'est l'ex-Conseil scientifique qui le disait dans son dernier avis.

Le gouvernement s'oppose à la réintégration des personnels soignants non vaccinés. Il suit l'avis de diverses autorités (la HAS, le conseil scientifique, l'Académie de médecine), dit-il. Droit dans ses bottes, hein?

Enfin, c'est nouveau, ça vient de sortir: possibles conséquences du vaccin anti-covid19 sur le cycle menstruel? Et c'est maintenant que vous nous le dites?

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jeudi 28 juillet 2022

Les premiers hommes dans la lune - H. G. Wells

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Et voilà que nous arrivons au bout des six titres d'H. G. Wells (en cinq volumes) que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) possédais déjà dans ma bibliothèque depuis les années 1980, et que j'ai scrupuleusement relus à l'occasion de notre "Mois Wells" (co-organisé avec Sibylline). Les premiers hommes dans la lune, publié en 1901 en anglais et traduit en français la même année, constitue probablement l'un des premiers "planete opera", ce qui rend le livre éligible au 13e Summer Star Wars proposé par le RSF Blog et aussi, bien sûr, au "10e challenge de l'Imaginaire" (de Ma lecturothèque), tout autant qu'au Challenge "2022 en classiques" (co-organisé par Nathalie et Blandine).  

P1150424Les premiers hommes dans la lune, Le Livre de Poche N°1430, 254 p. (DL 1965 pour mon édition - avant Apollo 11!). 

Qui sont donc ces "premiers hommes"? Le narrateur, Bedford, avoue être un affairiste, mais ne peut qu'attirer notre sympathie, puisque le plus sûr moyen de gagner de l'argent qu'il imagine d'abord consiste à ... rédiger une pièce de théâtre. Dès le premier jour de rédaction, sa concentration est perturbée par un promeneur trop bruyant. Le quatorzième jour, il n'y tient plus et l'interpelle... Et voici notre binôme de choc (savant + homme pratique) constitué. Le promeneur distrait cherche à mettre au point une substance révolutionnaire, qui serait "opaque à la gravitation". Il n'a jamais vraiment réfléchi à en tirer un éventuel profit. C'est ce qui attire par contre notre compère. Je vous passe les travaux pratiques nécessaires: p.60, après une traversée de l'espace de quelques jours dans une sphère revêtue de "cavorite", ils assistent à un lever de soleil sur la lune. Il faut laisser prise au merveilleux pour savourer ce livre. Un peu comme quand on admet, chez Jules Verne, que les "colons" de l'Ile mystérieuse arrivent à disposer, dans leur île volcanique, de quantité de ressources naturelles (minerais, flore, faune) répondant à leurs besoins et qu'il n'y a plus qu'à transformer "artisanalement". Ici sur la lune, donc, la planète se réveille, l'atmosphère se dégèle, la végétation pousse à toute allure...  Après des jours et des jours d'enfermement, nos premiers hommes à fouler le sol lunaire sautent gaiement, le souffle un peu court... Malheureusement, leurs gambades (sous 1/6 de la gravité terrestre) leur font perdre de vue leur sphère: ils se sont écartés... et ils découvrent qu'il n'y a pas que de la flore. Affamés, ils ont le tort de goûter des champignons inconnus... et se réveillent prisonniers dans les entrailles de cette lune creuse. Alors qu'ils ont réussi à regagner la surface, ils se séparent pour retrouver leur chaloupe de sauvetage terrestre. Au lieu de rendez-vous prévu, Bedford ne trouve qu'un message de Cavor laissant deviner qu'il a été capturé de nouveau (ou pire), et se résoud à sauver sa propre existence en quittant notre satellite avant que toute vie l'abandonne à cause de la nuit lunaire. Il ramène tout de même de leur expédition un bon poids d'or à son retour sur terre. A peine a-t-il eu le temps de le débarquer que la sphère disparaît à jamais (avec un garnement touche-à-tout à son bord...). Après cela, notre Bedford n'a plus guère comme ressource que de publier le récit de son aventure, sous le nom, tiens, d'H. G. Wells. Et fin de l'histoire... ah non, puisque du coup un "radioamateur" avant la lettre l'informe avoir reçu des messages en provenance de la lune: Cavor y est toujours vivant.
Mais je m'arrêterai là.  

J'ai trouvé plusieurs blogs qui ont écrit sur ce livre: Oncle Paul (dernier billet en avril 2021), un vieux billet de Lina Carment. L'article d'Erwelyn évoque aussi le film qui a été tiré du livre en 1919 (Wells ayant été sollicité pour participer au scénario). Du coup, je peux aussi citer pour ce qui concerne le film Bob Morane (blog Glandeur nature) ou encore le blog de Kalev (dernier billet en janvier 2021). 

Enfin, je signalerai que la cavorite a été par la suite réutilisée par au moins un "continuateur" de Wells: Laurent Genefort a écrit Les temps ultramodernes, et un court texte de lui intitulé Abrégé de cavorologie a paru en même temps, à titre promotionnel. Je ne les ai pas lus... encore.

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mercredi 27 juillet 2022

Voyage découverte en Sicile - 5 (et fin)

Comme toutes bonnes choses ont une fin, voici mon dernier billet sur la Sicile, plus exactement sur Palerme qui est une ville attachante. Je n'ai pas pu visiter les Catacombes des Capucins (celles que l'on voit dans Cadavres Exquis de Francesco Rosi), un lieu où sont rassemblées plus de 3000 momies dont beaucoup de moines. La plupart des corps embaumés l'ont été au XIXème siècle. Le lieu n'est pas actuellement ouvert à la visite à cause du Covid.

Mais j'ai visité quelques bâtiments religieux dont l'entrée de certains est payante: L'église de San Cataldo, siège des chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem, une église arabo-normande du XIIème siècle reconnaissable avec ses trois coupoles rouges.

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FEA0E0A5-A777-4636-A486-21169031B284 Les trois coupoles vues de l'intérieur

BCC1F31F-ACB6-4B79-8E48-891D51D42B35 L'intérieur très sobre. L'église est relativement petite

97C9A360-CB67-4D0C-82E1-391DBB588A41 Intérieur de l'église

Puis, on a visité l'église de la Martorana qui est tout à côté. Elle date aussi du XIIème siècle. 

6802F1D7-B58F-46C8-9DE9-E96F8DDDB120 Le campanile roman

48E4C902-7157-4FA9-800B-EA4650B14E33 Le portail est baroque

3D66525E-8E75-4178-9E4D-769821076BA3 L'intérieur est recouvert de mosaïques, de fresques et de stucs baroques.

69050854-8C2E-4FAA-898A-7274EC252588 Une mosaïque représentant le Christ couronnant le roi normand de Sicile Roger II.

La troisième église est celle de Santa Caterina. Elle date du XVIème siècle. Elle jouxte un ancien couvent dominicain.

E5F4012F-B8C2-4069-B419-09E55294D959 Marbre et bas-relief représentant l'histoire de Jonas...

BFCB777D-D9EC-4397-A030-14388A2070F4  ... et le sacrifice d'Isaac

 

356EE8D5-30C5-4E25-B9F8-438C81A54430 La nef

J'ai terminé avec l'église San Domenico qui n'a rien de remarquable si ce n'est que c'est là qu'a été inhumé le juge Giovanni Falcone, un Sicilien né à Palerme, assassiné il y a 30 ans, en 1992. Un attentat commandité par la Mafia. L'épouse du juge et quatre ou cinq autres personnes furent aussi tuées. A l'occasion de ce triste anniversaire, une cinquantaine de chiens, oeuvres de Velasco Vitali étaient disséminés dans l'église. 

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A propos de la Mafia qui semble se faire plus discrète même si elle est toujours présente, on peut voir une sculpture, un monument en métal rouillé rendant hommage aux victimes de la Mafia.

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Pour terminer, voici le théâtre Massimo Vincenzo Bellini, le plus grand d'Italie qui fut contruit à la fin du XIXème siècle.

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Et voilà, j'espère que le voyage vous aura plu. Je vous souhaite d'aller un jour en Sicile, et arrêtez-vous à Palerme au moins 2 ou 3 jours. Il y a tant de choses à voir et c'est agréable d'y flâner. 

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lundi 25 juillet 2022

Le pays des aveugles - H. G. Wells

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Notre "Mois Wells" (co-organisé avec Sibylline) touche à sa fin, et il me reste pour ma part trois livres à chroniquer. Dépêchons! Ce livre Le pays des aveugles (Folio N°1561, 182 pages), je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) me le suis procuré il y a déjà un mois (le 25 juin 2022), mais je l'ai ouvert et lu le week-end dernier. C'est alors seulement que j'ai constaté de visu qu'il s'agissait, en fait, non pas d'un roman, mais bien d'un recueil de nouvelles, dont celle qui lui donne son nom compte moins d'une quarantaine de pages. Il a en tout cas sa place dans le Challenge "2022 en classiques" (co-organisé par Nathalie et Blandine), et sans doute dans le "10e challenge de l'Imaginaire" (de Ma lecturothèque): les nouvelles que contient ce recueil sont suffisamment variées pour que l'une ou l'autre se rattache à ce thème, même si on est aussi dans le registre du conte, du merveilleux, de l'humour ou du fantastique.

P1150423Je vais donc lister ces nouvelles pour parler de chacune.

* Le pays des aveugles (pp.7-45). La nouvelle (publiée en 1904) se déroule dans les Andes, et le héros en est un guide montagnard (éduqué: il sait lire). Au cours d'une expédition où il accompagnait des Anglais venus faire de l'alpinisme, il tombe dans une vallée légendaire et coupée du monde extérieur depuis des siècles (quinze générations). Atteinte de cécité, la population locale s'est organisée au point de se croire seule au monde et d'imaginer une culture où ne pas "bénéficier" de la vue constitue la norme. Notre guide, Nunez, se raccroche d'abord à l'adage "au pays des aveugles les borgnes sont rois". Cependant, le coup d'Etat auquel il rêve s'avère plus difficile que prévu! Il envisage malgré tout de faire souche dans la vallée, séduit par une jeune fille avenante (aux orbites moins creuses que les autres), mais le sacrifice demandé excède ses forces... La fin du conte est ouverte.

Il semble exister une adaptation théâtrale de cette nouvelle?

Cette description d'une communauté vivant en autarcie et dont, en principe, on ne peut s'échapper m'a fait penser à deux oeuvres de Kipling: L'homme qui voulut être roi [du Kafiristan], bien sûr; mais aussi une autre nouvelle du même recueil, L'étrange chevauchée de Morrowbie Jukes. J'évoquerais également la communauté des Mormons dans l'Utah dans la seconde moitié du XIXe siècle telle que décrite par Conan Doyle dans Une étude en rouge (pure littérature, bien sûr). Enfin, le roman Inoa de Joseph Peyré décrit une cité perdue dans les Andes, protégée par les tribus indiennes locales...

* La porte dans le mur (pp.46-70), et
* Un rêve d'Armaggedon (pp.71-109): 65 pages "stérilisées" (scrogneugneux!), car j'ai déjà commenté les deux nouvelles concernées ("Folio à 2 euros"...) le 26 juin 2022...

* La vérité concernant Peycraft (pp.110-126, nouvelle datant de 1903): ici, le narrateur se revendique d'une arrière-grand-mère hindoue, qui lui a légué diverses recettes et formules. Suite à l'insistance d'un gros raseur, il lui communique un moyen de "perdre du poids". Mais le résultat obtenu n'st pas celui imaginé. Cette nouvelle-là donne davantage dans l'humour et le "merveilleux" que dans la science-fiction (les ingrédients de la recette évoquent furieusement un "brouet de sorcière").

Si je raisonne encore en terme de "littérature comparée", ce conte m'a fait penser au recueil titré Azazel d'Isaac Asimov, où toutes les nouvelles tournent autour de formulations de voeux exaucés trop "au pied de la lettre"... J'avais lu ce recueil il y a quelques mois, histoire de bien vérifier que strictement rien ne concernait la planète Mars dedans.

* L'oeuf de cristal (pp.127-152): une sorte d'antiquaire fait tout ce qu'il peut, en résistant aux pressions de sa famille, pour ne pas vendre un "oeuf de cristal" dans lequel il distingue des images (avec bien plus de facilités que d'autres personnes). Cet oeuf semble être mystérieusement "connecté" à la planète Mars. Erwelyn et Sibylline avaient déjà attisé ma curiosité à propos de cette nouvelle rédigée en 1897, dont je ne vous révèlerai pas la fin.

Cet oeuf peut faire songer aux "palantiri" de J.R.R. Tolkien dans Le seigneur des anneaux. Par ailleurs, dans Les trois yeux, Maurice Leblanc imagine qu'un savant a découvert une substance permettant aux Vénusiens d'envoyer aux Terriens des projections cinématographiques sur un écran ad hoc.

* L'étoile (pp.153-169, nouvelle de 1897). Il se passe des choses du côté de Neptune, selon les astronomes. Dans le ciel apparaît un nouvel astre. Il grandit à une telle allure qu'il devient évident qu'il va impacter notre planète. Wells fait état des cataclysmes (éruptions volcaniques, raz-de-marée, fonte des glaciers...) qui frappent notre malheureuse planète ici ou là avec beaucoup de détachement et sans du tout insister. J'ai bien apprécié le "clin d'oeil" final aux astronomes qui, dans leurs lunettes, n'ont pu en percevoir qu'une infime partie. Sibylline en a parlé, Erwelyn aussi (plus anciennement), ainsi que Bidib.

On songe, bien entend, à l'album L'étoile mystérieuse des aventures de Tintin par Hergé.

* La pomme (pp.170-182): encore un conte, publié en 1896. Au départ plutôt dramatique (massacres de populations en Turquie...), la nouvelle devient assez sarcastique sur la fin. Cette pomme serait celle de la connaissance, en provenance indirecte du jardin d'Eden. Mais aucun de ses propriétaires successifs n'ose y mordre... Et le jeune enseignant à qui elle est échue craint tellement le ridicule qu'il finit par la jeter! Je n'ai pas trouvé de blog qui l'ait commentée.

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dimanche 24 juillet 2022

Lëd - Caryl Ferey

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Je viens de terminer Lëd (Edition Pocket, 541 pages), un bon thriller de Caryl Férey, un écrivain français dont je n'avais encore rien lu. Lëd (qui signifie Glace en russe) est un roman haletant qui se passe de nos jours à Norilsk en Sibérie. Norilsk est située au nord du cercle polaire arctique. Elle est considérée comme la ville de plus de 100 000 habitants la plus septentrionale du monde (source wikipedia). C'est aussi une ville très polluée à cause de l'extraction du nickel, du cuivre, du cobalt et du charbon. Le complexe sidérurgique et minier de Norilsk est le premier au monde. Quand le roman commence, il fait -64° dehors, on est en plein hiver polaire. Dans ces conditions extrêmes, on fait la connaissance de Gleb Berenski qui est mineur dans un mine de nickel et photographe à ses heures. Il vit une relation amoureuse avec un autre mineur appelé Nikita, qui est son voisin de palier Ils se cachent car l'homosexualité n'est pas vue d'un bon oeil en Russie. Gleb et Nikita ainsi que d'autres personnages du roman comme Dasha, Lena et son mari Sacha vivent dans des barres d'immeubles. Le blizzard souffle et le toit entier d'une de ces barres est sur le point de s'effondrer. Gleb est témoin de cette catastrophe et il découvre parmi les décombres le corps décapité et démembré d'un Nenets (un autochtone) éleveur de rennes. La police se rend compte que le Nenets était mort avant l'effondrement du toit. Il a été assassiné. Boris Ivanov, un policier originaire d'Irkoutsk, est chargé de l'enquête qui va se révéler difficile. Il va se trouver impliquer de manière très personnelle dans l'enquête pendant laquelle d'autres meurtres sont commis. Je ne dirai rien de plus sur cette histoire bien menée qui parle de corruption à haut niveau. On sent que Caryl Férey a bien étudié son sujet, il évoque Poutine et sa politique. Un livre qui se lit bien et que je recommande tout comme Eva.

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jeudi 21 juillet 2022

La machine à explorer l'espace - Christopher Priest / L'amour et M. Lewisham - H. G. Wells

 wells_NOIR   2022-en-classiques-Logo1   10e_ChallengedeLImaginaire logo-SSW-Obi-Wan-Kenobi 

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente aujourd'hui, pour l'un de mes deux ou trois derniers billets dans le cadre de notre "Mois Wells" (co-organisé avec Sibylline), deux livres parlant de deux jeunes couples anglais. Mais les deux oeuvres sont assez différentes! 

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Folio SF N°69, 443 pages / Folio N°1050, 347 pages

Le second livre de ce billet, L'amour et M. Lewisham, a bien été rédigé par H. G. Wells. Le premier, lui, reconstitue un "chaînon manquant" entre deux des ouvrages d'H. G. Wells. La machine à explorer l'espace a été rédigé en 1976 par Christopher Priest. Seul ce livre-là peut s'inscrire dans le cadre du 13e Summer Star Wars proposé par le RSF Blog et au "10e challenge de l'Imaginaire" (de Ma lecturothèque). Les deux livres pourront par contre participer au Challenge "2022 en classiques" (co-organisé par Nathalie et Blandine)

P1150420La machine à explorer l'espace de Christopher Priest, auteur de SF, publié et traduit en français en 1976, reconstitue ce qu'on pourrait nommer un "chaînon manquant" entre La machine à explorer le temps et La guerre des mondes. L'auteur s'est efforcé de restituer l'ambiance et les mentalités du tout début du XXème siècle, époque où sont censées se dérouler les aventures de ses héros. Comment dire? On sent que, si l'auteur a une connaissance théorique des convenances et des conventions de l'époque (interdisant par exemple à un jeune homme de se trouver dans la chambre d'une jeune fille seul avec elle), il ne les "respecte" pas et même s'en moque gentiment. Jamais Maupassant n'aurait écrit ainsi. Bref. Le jeune Edward, voyageur de commerce, imagine (à tort) que le "contact" de celle qu'il prend pour une collègue pourra avancer ses affaires, et ce quiproquo l'amène à... passer la nuit dans la chambre de celle-ci (en tout bien tout honneur!). Leur hôtesse le fiche à la porte dès le lendemain. Par chance, il avait dû avoir le temps de donner son adresse personnelle, à laquelle la demoiselle lui envoie une invitation fort professionnelle. Elle travaille chez un inventeur... et bénéficie de toute sa confiance. Les véhicules à moteur que le savant a inventés ne l'intéressent déjà plus, il est passé à un autre projet. Et que pensez-vous qu'il va arriver? La demoiselle ne peut s'empêcher de "frimer"... (c'est mon interprétation masculine, en tout cas!). Et au lieu de ramener son invité à la gare dans le "véhicule à tout faire", les voici partis... à travers non seulement le temps, mais aussi l'espace: sur Mars. Ils vont y séjourner quelques temps, le temps de découvrir que les humanoïdes locaux travaillent, pour la plupart, comme des esclaves, si ce n'est pire, et d'être pris dans les remous de ce qui semble être une guerre entre cités martiennes (c'est un peu plus compliqué que cela). Toujours est-il qu'ils sont séparés. Quand Edward rejoint enfin Amelia (avais-je dit qu'elle se prénommait Amelia?), celle-ci est devenue l'égérie d'un mouvement visant à la libération des esclaves. Et c'est sous l'amicale pression des esclaves que la messie révolutionnaire et son nain osent enfin "passer à l'acte". Mais attention: l'invasion de la terre par des Martiens vampires se prépare: il est temps pour nos héros de regagner leurs pénates. Les révolutionnaires ayant infiltré la flotte d'invasion, les voici passagers clandestins, puis de retour sur terre, où la guerre va faire rage. Par chance, ils rencontrent un certain M. Wells, qui connaît très bien l'employeur (l'inventeur) d'Amelia. Il suffit donc de réunir leurs talents à tous trois pour contribuer à gagner la guerre (il est vrai aussi que boire le sang anglais ne réussit pas aux Martiens...).

Pour savoir "ce qui s'est passé ensuite", je suppose qu'il faudrait que je lise encore d'autres "continuations"... Je crains de ne pas avoir le temps de le faire avant la fin du "Mois Wells", mais je le ferai peut-être en 2023, dans le cadre d'un nouveau "Challenge de la planète Mars".

En lisant ce livre, je me suis dit qu'il faudrait vraiment que je reprenne l'écriture de nouvelles: après tout, en matière de "pastiches", j'arriverais peut-être à en rédiger, aussi, de pas trop mal?

En tout cas, j''ai identifié plusieurs blogs qui avaient déjà chroniqué ce livre. Liste non exhaustive: Le chien critique. Mr K, du blog Cafards at home. Spooky, du blog Ansible. Jean-Yves, du blog Mondes de poche. Enfin, AcrO, de Livrement, n'a pas aimé ce Priest-là (qu'il a dû lire en diagonale?). 

Passons maintenant à L'amour et M. Lewisham rédigé par H. G. Wells.

P1150421Ce livre a été publié en anglais en 1900 et traduit en français dès 1903. Wells, né en 1866, avait donc la trentaine bien avancée lorsqu'il a rédigé cette fiction sur les débuts dans la vie d'un jeune couple dont les deux protagonistes sont à peine âgés d'une vingtaine d'années. La première page pose que la situation présentée remonte à "il y a dix ans". Mr (Mister, en VO) Lewisham était alors âgé de 18 ans, et déjà jeune étudiant prometteur et qui s'était fixé tout un plan d'étude devant le mener à une carrière dans les sciences, grâce à un travail acharné (il est en même temps employé dans un établissement secondaire). Par malheur surgit une donzelle... mais il ne se passe rien. Deux ans plus tard, l'étudiant (devenu boursier) continue à étudier, croise le chemin du socialisme, mais n'en devient pas moins prétentieux pour autant (il s'imagine déjà leader éclairant la classe ouvrière sur le chemin de la lutte...). Mais quand il recroise par hasard la jeune fille qui lui avait tapé dans l'oeil, ça ne traîne pas: on séduit, on enlève, on épouse! Par contre, la réalité de l'époque est impitoyable: les dépenses d'un ménage de deux personnes excèdent celles qu'une bourse prévue pour soutenir les dépenses d'une personne suffit à peine à couvrir, c'est mathématique. Le jeune héros ne manque pas d'illusions sur sa propre valeur (intellectuelle, mais aussi "sur le marché"). Lorsqu'il cherche à augmenter ses revenus, il prend conscience bien tardivement du fait que son cas (jeune étudiant qui pense que grâce à ses diplômes et certificats les établissements d'enseignement, supérieur ou même secondaire, en pleine année scolaire, n'attendent que lui...) est extrèmement commun... et qu'il n'est pas "seul sur le marché". Ces soucis budgétaires ne sont pas sans répercussion sur la paix du ménage, d'autant plus que M. Lewisham doit aussi compter avec sa belle-famille. Et il lui manque sans doute un peu de dialectique et de cynisme pour répondre autre chose que "c'est pas bien!" à l'escroc jovial (beau-papa...) qui lui expose sa conception de la vie. Illusions perdues... J'ose espérer que, en bon écrivain, Wells n'a pas repris trop de faits autobiographiques, mais a su transposer et transmuter ce que lui-même, étudiant pauvre, avait pu vivre.

Ce récit m'ayant quelque peu fait penser au Petit Chose (d'Alphonse Daudet), lu naguère, j'y ai, du coup, jeté de nouveau un oeil. Le parallèle est moins pertinent que je ne croyais. "Le petit chose" se prend pour un poète, et fait par faiblesse de caractère le malheur de sa famille et de ceux qui l'entourent. Tandis que M. Lewisham se confronte, simplement, à la réalité sociale de son époque. Alors certes, il aurait pu laisser l'amour de côté tant que sa position n'était pas assurée. mais dans ce cas, il n'y aurait pas eu de livre!

Je n'ai pas réussi à trouver de blogs ayant parlé de L'amour et M. Lewisham. Mais j'ai en tout cas trouvé ce livre très "vrai", et bien plus facile à lire que Au temps de la comète que je n'ai pas encore terminé (peut-être parce que les caractères en sont plus petits?). 

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mercredi 20 juillet 2022

Les nuits de Mashhad - Ali Abbasi

Le même jour où j'ai vu La nuit du 12, j'ai enchaîné avec Les nuits de Mashhad d'Ali Abbasi. Pour des raisons que l'on peut deviner, le film a été tourné en Jordanie et il n'est pas près d'être diffusé en Iran dans un avenir proche. Grâce à ce film, l'actrice principale Zar Amir Ebrahimi, qui vit en exil en France depuis 2008, a reçu le prix d'interprétation féminine au dernier festival de Cannes en 2022. L'histoire est tirée d'un fait divers réel qui s'est passé en 2000-2001. Saeed, maçon de son état, ancien combattant du conflit Iran/Irak, vit dans la ville sainte de Masshad située à 900 km à l'est de Téhéran. Il est marié et père de trois enfants. Saeed, sans que l'on apprenne ses motivations profondes, est devenu un "serial killer" surnommé "l'araignée". Il a assassiné en tout seize prostituées dont la plupart étaient droguées. Quand il a été arrêté, il a dit qu'il voulait purifier la ville de ces femmes corrompues. Pendant le film, on assiste à au moins trois meurtres par strangulation, ce qui est le modus operandi du tueur. Ce sont des scènes très dures qui se passent chez lui. Rahimi (Zar Amir Ebrahimi), une journaliste venue de Téhéran, souhaite mener son enquête car la police piétine. Quelques scènes édifiantes montrent qu'être une femme seule en Iran n'est pas une sinécure. Quand Rahimi arrive à l'hôtel où elle doit loger, l'employé lui affirme qu'il n'y a aucune réservation à son nom. Dès qu'elle présente sa carte de journaliste, miracle, il y a bien une chambre à son nom. Plus tard, elle est importunée par un policier qui ne comprend pas qu'elle puisse lui dire non. Plus tard encore, quand elle se décide à devenir un appât pour attraper le tueur, on devine les regards concupiscents des hommes. La dernière partie du film nous montre que l'on est une rien du tout, que l'on n'existe pas lorsque l'on est une femme de mauvaise vie. Quand il est enfin arrêté, Saeed rallie beaucoup de monde malgré ce qu'il a fait. Même sa femme et son fils aîné le soutiennent. Saeed se croit sauvé. J'ai aimé ce film très dense et très fort, sans temps mort. Une fois de plus, les acteurs sont tous excellents. Un film que je recommande. 

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