dimanche 1 août 2021

Des pressions pour la seringue - N°16

Vous vous rappelez cette époque lointaine où les Français étaient stigmatisés, année après année, comme ne consommant pas assez de dentifrice, de savon, ou de brosses à dents? Ça me (ta d loi du cine, "squetter" chez dasola) fait penser: où en est-on de nos achats individuels de masques? Quels seraient les chiffres de fabrication ou d'importation, et de vente? Vous voyez la presse en parler, vous? Bon, en avant pour ma petite recension subjective du mois écoulé... Vaccinez-vous, qu'ils disaient.

01/07/2021: Les propriétaires d'animaux invités à éviter leurs chiens et chats s'ils ont le covid (les propriétaires, pas les animaux). Et les hamsters? 

02/07/2021: la saga est sans fin... Vous avez aimé l'histoire de Delta? Vous adorerez Epsilon (la résistance, en France, tout ça...).

02/07/2021 - "Nous ne contraindrons pas les Français à se faire vacciner", affirme Véran. En le disant, ça va mieux! [Enfin, ça, c'était en tout début de mois de juillet... ].

Petit retour en arrière: il paraît que, fin juin, des scientifiques du MIT développaient des masques capable de détecter le covid (depuis le temps que je le réclamais...). Et depuis, ça en est où?

05/07/2021 - Bonjour l'angoisse: "toute personne non vaccinée sera contaminée par le variant delta", selon Benoit Elleboode (sic!), directeur de l'ARS Aquitaine. Et... combien, parmi les personnes vaccinées?

Même jour: être sujet au rhume serait une chance contre le covid, d'après une étude publiée dans Science Immunology? Pfff, ça aussi, ça fait fait des mois que je le dis... Ma petite jugeotte perso m'amènerait presque à me demander combien, parmi les cas graves autres que "sujets à risque" déjà identifiés, seraient des maniaques de la propreté, utilisateurs compulsifs de lingettes désinfectantes pour traquer les microbes jusque dans les ch...? Alors forcément, leur pauvre organisme, quand il est pour la première fois confronté à un virus étrange, peut-être qu'il s'affole et réagit de manière un peu exacerbée... Tiens, c'est une bonne idée de départ, ça, je devrais rédiger une nouvelle littéraire là-dessus! Qu'en pensez-vous?

Ah la la, ces approximations dont nous sommes victimes... C'est pas delta qu'il faut craindre, c'est delta plus, le variant qui viendrait du Népal?  

...Et voilà le variant lambda qui pointe son nez à son tour. C'est un générique? Et surtout, je m'inquiète beaucoup: que fera-t-on quand on aura passé omega?

Des anti-inflammatoires réduiraient le risque de décès du Covid-19, selon des études. Il s'agit du bamuzilicot - ah non, pardon, du tocilizumab, je lisais à l'envers... et de quelques autres "anticorps monoclonaux" aux noms tout aussi parlants, que je vous laisse découvrir!

08/07/2021: on devient bien dingue avec ce foutu virus! Devenir malade pour oublier... Vaut-il mieux boire?

09/07/2021 - alors là, ça devient vraiment grave, et l'on comprend que l'effroi assaille la planète: la progression du variant delta freine la reprise des bourses européennes! Le pire est à venir: le variant mu, il naîtra où?

10/07/2021: l'UE dispose désormais de suffisamment de doses pour vacciner 70% de sa population adulte, et s'en félicite, selon la Présidente de la commission, Ursula von der Leuyen. Plus qu'à convaincre 70% de la population adulte de se faire vacciner... Tout se jouera dans la subtile différence entre obligation de moyens et obligation de résultats...

11/07/2021 - une nonagénaire décédée en mars 2021 en Belgique était contaminée par deux variants différents (ont découvert des chercheurs): bien évidemment, elle n'était pas vaccinée...

12/07/2021 [tiens, salut Claude, ça va?]: une épidémiologiste, directrice de l'INSERM, estime qu'il faudrait vacciner 90% de la population en France contre le covid-19 pour sortir de la pandémie. Ouais... Combien de fois, à quelle fréquence ou quelle périodicité? Vacciner avec une piqure, deux piqures, trois piqures, davantage de piqures (une tous les six mois? Ou "seulement" une fois par an? A moins que ce soit à chaque apparition de variant...?). Boarf.

13/07/2021: l'OMS met en garde contre le mélange de plusieurs vaccins. Faites vos jeux, m'sieurs-dames... Rien ne va plus! 

Mi-juillet: "96% des Français ayant développé des formes symptomatiques la semaine dernière n'étaient pas vaccinés", selon messieurs Véran (c'est imprécis, jeune homme!) ou Castex? Inversons donc le paradigme: si je comprends bien, 4% des... étaient vaccinés? C'est très intéressant (bon d'accord, on va me dire qu'ils n'avaient subi qu'une seule piqure, ou bien que leur deuxième était trop récente pour avoir produit effet, ou que sais-je encore...). En tout cas, combien cela représente-t-il de personnes? Une étude très attendue est encore plus précise: 6% des cas étaient "complètement vaccinés"?

16/07/2021 - il a de la suite dans les idés, Monsieur Fakir: après Nuit debout, Resto(n)s Debout? ... J'ai pas lu le journal Fakir récemment, mais je me rappelle qu'il y a un an, il avait publié une très intéressante chronologie des premiers mois de la crise covid-19...

19/07/2021: les Français vaccinés sont appelés à convaincre les plus réticents par M. Attal (au lendemain de manifs qui avaient réuni + de 100 000 personnes). Et la prochaine étape, c'est quoi? L'appel à la délation? 

Ah, ce choix fait entre obligation de moyens et obligation de résultats! En gros, moi, au lieu de me demander si je suis pipi ou bien kéké, j'aimerais qu'on me donne le moyen de connaître le niveau de mes anticorps (si j'en ai), sans obligatoirement passer par la case "vaccin" si mes défenses "naturelles" sont suffisantes (après tout, je n'ai pas été à l'hôpital une seule fois en 18 mois, n'est-ce pas...)!

20/07/2021: Madame Borne disait "avoir écouté les syndicats". Les libertés des travailleurs exposés au public de ne pas se faire vacciner seraient préservées, puisqu'ils pourraient prendre des RTT, puis des congés, puis 2 mois de suspension sans solde, avant que soit entamée une procédure de licenciement spécifique. Alors, soit c'est vrai, et avec des défenseurs de ce calibre, elles n'ont pas besoin d'ennemis, nos libertés; soit rien n'est encore joué...

23/07/2021 - quelques petites demandes du Président du MEDEF après le vote de la loi... Si jamais elles sont acceptées, alors les derniers citoyens qui en doutaient encore pourront désormais tenir pour acquis la résidence réelle du pouvoir en France, entre démocratie parlementaire et puissance du patronat... 

Glané dans les informations concernant l'étranger: un couple marié depuis 22 ans, dont les deux membres sont décédés le même jour dans le même hôpital du covid-19 - ils n'étaient pas vaccinés. Ou cette jeune femme de 25 ans, en Colombie, qui a effectué le grand saut (à l'élastique) en "oubliant" qu'elle n'était pas attachée (ne pas se précipiter!)... Après, on peut se demander pourquoi on nous abreuve avec de tels actes manqués, plutôt anxiogènes...

26/07/2021 - info sensationnelle: un premier vaccin en pilule va être testé en Israël. Quand est-ce qu'on va nous faire avaler ça (après tout, est-ce qu'on n'utilise pas déjà ce genre de vaccin depuis des années pour les vacciner renards contre la rage)?

Entendu dans le métro, une dame expliquer patiemment à son interlocuteur-trice (une personne d'un certain âge, je suppose), que, non, elle ne pourrait pas rentrer dans un certain établissement culturel parisien ce soir-là. "Il faut un test PCR récent. Tu en as un? Mais il date de quand? Du mois de mars 2021? Ca ne marchera pas. Il n'est plus valide". Puis elle recommençait, en anglais cette fois-ci, dans les mêmes termes (approximativement), en tout cas avec les mêmes arguments. Puis de nouveau en français, depuis le début de la démonstration... avec une infinie patience.

28/07/2021: merci à Charlie (N°1514, Gérard Biard, p.3) d'avoir relevé dans les mises en garde de la CNIL sur l'extension du pass sanitaire, la phrase suivante: "En principe, il ne doit pas y avoir de contrôle de l'état de santé à l'entrée de lieux de vie collective. (...) Le législateur doit tenir compte du risque d'accoutumance et de banalisation de tels dispositifs attentatoires à la vie privée et de glissements, à l'avenir, et potentiellement pour d'autres considérations, vers une société où de tels contrôles seraient la norme et non l'exception" (position publiée le 21 juillet 2021). Je ne l'avais pas vue passer en regardant yahoo.fr... Comme quoi lire la presse "papier" (payante) a encore du bon, au lieu de se contenter de biberonner aux tuyaux "publics" (gratuits)...

29/07/2021: il n'y aurait pas que côté production de bébés que le confinement n'aurait pas été profitable / optimal; pour le reste de l'aspect relationnel de la vie en couple aussi (selon un sondage)? On imagine l'entrée de la chambre conjugale, et même en amont celui de l'appartement: "attends, tu as ton pass sanitaire ou pas?"

29/07/2021: chez nos amis britanniques, ça vole vraiment très haut, le niveau d'information (non, je ne vais pas parler de princesses...). 

205 000 manifestants ce samedi 31 juillet sur toute la France de "contre...": pas mal pour un WE de chassé-croisé estival! Depuis quelques semaines, les chiffres grimpent d'environ 50 000 par semaine. Mais... Quatre cortèges différents rien qu'à Paris? J'ai aucune envie de me ranger sous la bannière de M. Philippot. François Asselineau, aucun intérêt. Les Gilets jaunes, c'était pas mon truc. Alors quoi, ou qui? On serait entre 6 et 8 millions d'irréductibles qui n'envisagerions pas de nous faire vacciner (nous en tenant au "ce ne sera pas obligatoire"). Et avec cette minorité silencieuse, il n'y aurait pas moyen d'organiser une bonne grosse manif' qui ne soit pas récupérable par tels ou tels? Pfff...

Dernière minute: ça y est, avec ce temps pourri (pluie et humidité en plein été), j'ai attrapé un de mes gros rhumes de cerveau... Dasola prétend que ça me rend grognon (pure calomnie, bien sûr...). Mais je connais parfaitement le choix qui se présente à moi (à chaque fois pareil, depuis plus d'un demi-siècle!). Soit je me soigne avec toute la pharmacopée disponible (et je serai guéri en 7 jours), soit j'attends juste que ça passe (et j'en ai pour une semaine).

Bon, pour finir sur un peu plus de légèreté, je vous suggère de voir les petites sélections de dessins de presse de Canel [kilit]. Ou les billets "Ma petite semaine web", chez Plouf sur la terre... pour rire en images. Et bon dimanche!

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vendredi 30 juillet 2021

Visite des catacombes de Paris

J'aurai attendu plus d'un demi-siècle pour visiter enfin les catacombes situées dans le 14ème arrondissement de Paris, près du métro Denfert-Rochereau. Là sont entreposés les crânes et les os de plus de six millions de Parisiens, que l'on a déplacés de plusieurs cimetières intra-muros. C'est le plus grand ossuaire souterrain du monde. C'est à la fin du XVIIIème siècle, suite à la saturation des cimetières parisiens qui débordaient en créant des problèmes croissants d'insalubrité, qu'il a été décidé de déverser les ossements en souterrain dans les anciennes carrières de la Tombe-Issoire. Par exemple, le cimetière des Saints-Innocents, le cimetière le plus célèbre de Paris a été évacué en 1785-1787. Il avait reçu pendant treize siècles les corps de dizaines de générations de Parisiens. D'autres cimetières parisiens suivront. Les guillotinés de la Révolution française reposent désormais dans les catacombes. 

Personnellement, j'en attendais peut-être trop, mais j'ai été déçue par ma visite. 131 marches pour descendre sur le site. Ensuite, on marche et on arrive à l'entrée des 1500 mètres de l'ossuaire, endroit très sombre mais bien aéré. Il y a des panneaux explicatifs avant d'entrer dans l'ossuaire où est inscrit "Arrête ! C'est ici l'empire de la mort". A partir de là, des deux côtés du passage où marchent les visiteurs sont empilés des os, des fémurs et des tibias bien serrés les uns contre les autres. Il y en a une grande épaisseur. Je m'attendais à un endroit plus solennel, plus émouvant.

J'ajouterai que l'entrée (réservation uniquement par Internet) est relativement chère: 27 euros tarif normal quand on réserve pour une date précise, ou 14 euros en réservant pour un créneau le jour même (il en reste). 

Sinon, je vous livre une anecdote que j'ai trouvée amusante. J'ai vu un des employés qui font des rondes régulières. Il avait une lampe torche. Je lui ai demandé ce qu'il cherchait : "un os" me repondit-il. En effet, il se trouve que des visiteurs ne fassent pas attention quand ils marchent. Ils s'arrêtent trop près des ossements et donc des os peuvent tomber car il ne sont pas soudés les uns aux autres... La remontée à l'air libre se fait par un escalier en colimaçon de 112 marches. Je vous communique le lien du site des catacombes qui donne beaucoup d'informations. 

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mardi 27 juillet 2021

Période d'essai - Isaac Asimov

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Pour mon cinquième billet en ce cinquième mois depuis le début du Challenge de la planète Mars (lancé par moi-même, ta d loi du cine, "squatter" chez dasola), j'en reviens pour la deuxième fois à Isaac Asimov. Et je fais d'une pierre trois coups en terme de challenges, en comptant avec le 9e Challenge de l'Imaginaire et le XIIe Challenge Star Wars.

Disons deux mots de mon cheminement vers l'ouvrage du jour: alors que j'étais prêt à traquer d'occasion Noël sur Ganymède d'Asimov (dans lequel j'avais cru comprendre que figuraient des nouvelles concernant la planète Mars), j'ai découvert l'existence de...

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Ce Période d'essai représente un gros bouquin en "poche" (enfin, SF Folio) de 1067 pages, vendu 11 euros et quelque. Les 27 nouvelles qui y sont recueillies (le titre en VO est The early Asimov or, Eleven Years of Trying) avaient à l'origine été publiées en français sous la forme de quatre recueils parus précédemment chez Denoël et titrés Dangereuse Callisto, Noël sur Ganymède, Chrono-minets et La mère des mondes. Je ne suis pas sûr que j'aurais pu parler des quatre dans le cadre du présent Challenge.

Pour ne pas bloquer son épaisseur de 4,5 centimètres dans mes rayonnages, je l'ai tout bonnement emprunté en bibliothèque. J'avoue ne plus trop comprendre le modèle économique actuel de l'édition. Je suis un peu écoeuré: qu'est-ce que cela "vaut", donc, un livre? "le prix du papyrus", comme l'a écrit Asimov? Entre Librio qui va vendre des "poche" de quelques dizaines de pages à 1, 2 ou 3 euros (sans oublier les "Folio 2 euros"!), et ce "Folio SF" d'une épaisseur confondante... Quel serait donc le "juste prix" pour un livre de 250 pages? Ou un de 500 pages? Jadis, à ses tout débuts (fin des années 1950 / début des années 1960), le Livre de Poche attribuait un, deux ou trois numéros à ses volumes, en fonction de leur épaisseur, avec un prix en proportion. C'était à peu près clair. Et à coté de cela, un livre grand format et broché pour le dernier titre paru d'un auteur à la mode (ou pas) va coûter plus de 20 euros, et nécessiter force papier. A peu près aussi transparent que les tarifs de la SNCF. Bref. Revenons sur Mars.

Les "fameuses" 27 nouvelles s'étalent depuis 1939 (les toutes premières publiées par Asimov dans des revues) jusqu'en à la fin des années 1940, et comportent chacune une courte présentation de l'auteur (de 1 à 12 pages tout de même). Au fil de ces petites introductions et de la conclusion du recueil (125 pages, au total, non dénuées d'humour comme de détails financiers précis), Asimov nous fait découvrir la longue route qui l'a acheminé vers sa carrière d'écrivain professionnel, et mentionne l'existence de 11 nouvelles refusées par toutes les revues de SF des années 30 ou 40 et aujourd'hui définitivement perdues puisque datant d'avant qu'il comprenne qu'il devait toujours conserver un double de tout ce qu'il écrivait (dans un siècle, ça vaudrait le double du tarif d'un quart de cent par mot - au moins!). Quatre ou cinq des nouvelles ont un lien avec ma planète en question (même si leurs martiens ne sont jamais... les mêmes). Je vais donc finir par en dire quelques mots (et renvoyer mes lecteurs au livre pour le reste).

Ecrite en juin 1939, la nouvelle "L'hybride" postule un métissage entre terriens et martiens... et le racisme exacerbé qui l'accompagne. Le long déroulement de l'histoire se montre à la fois optimiste et déchirant. Une seconde nouvelle sur nos hybrides terro-martiens, publiée en octobre 1940, se déroule cette fois-ci sur Vénus - je ne vous spoile rien, son titre étant "Des hybrides sur Vénus". A noter que, pour la première nouvelle ("L'hybride"), à l'époque où ce recueil a été imprimé (en 2016), l'éditeur (Gallimard) n'avait pu retrouver les ayants-droit du traducteur (Bruno Martin). Alors, si l'un de mes innombrables lecteurs les connaît... Je signalerai encore que la couverture ci-dessus est manifestement inspirée par la seconde de ces nouvelles.

La nouvelle "Hérédité" expose une expérience sociologique: faire coopérer deux dirigeants d'entreprises élevés dans deux cultures différentes, l'une ne jurant que par la technologie, l'autre plus proche de l'agriculture paysanne (c'est moi qui y plaque, de manière un peu forcée, ce terme). C'est sur la planète Mars que peuvent se confronter ces cultures terrienne et ganymédienne (1). Je me demande si les auteurs de la bande dessinée "Doc Justice" (Ollivier & Marcello) avaient connaissance de la nouvelle d'Asimov (écrite en août 1940) lorsqu'ils ont publié leur petit récit complet de 11 planches "Neuf hommes sur la banquise" dans Pif gadget il y a... oh, près de trente-cinq ans (novembre 1976)! Bon, voilà que je joue à l'érudit cuistre... Mais je l'ai lu à l'époque, et le possède aussi en recueil d'"Intégrale".

"Une page d'histoire" évoque un brave - et sage - savant martien dont les travaux érudits (il est historien de la vieille civilisation martienne) sont dévoyés par ces brutes de terriens, en conflit ouvert avec Vénus, et bien plus intéressés par les applications concrètes de vieilles sciences dites exactes appliquées à la fabrication d'une arme fantastique citée dans de vénérables ouvrages. Alors que l'historien sait bien, lui, que, sur le temps long, toute victoire apportée par les armes est provisoire, en attendant que d'autres armes plus puissantes apparaissent... cependant que, chez les vaincus, la défaite appelle la soif de revanche. Et cette nouvelle, où est mentionnée en passant la mort d'Hitler, a été écrite, nous dit son auteur, en septembre 1940!

Publié fin 1940, "Le sens caché" peut amener la réflexion dans plusieurs directions: l'esthétisme poussé à sa dernière limite, l'art éphémère, les différences de cultures... Pour en dire deux mots: les martiens nous reconnaissent, à nous, terriens, la capacité de distinguer d'innombrables nuances de couleurs. Eux possèdent la capacité d'apprécier... une autre forme d'art. Mais... qui s'y frotte y perd! Cette nouvelle m'a moins parlé que les autres.

Je ne vais pas dire grand-chose de la vingtaine d'autres nouvelles (ni de leur ventilation passée dans les quatre recueils en français précédemment édités). Enumérer leurs seuls titres serait déjà fastidieux, et je suis trop paresseux pour m'astreindre à une ou deux phrases sur chacune. Par exception, j'avouerai que, n'étant pas chimiste moi-même, tout le sel de la nouvelle "Les propriétés endochroniques de la Thiotimoline resublimée" signée par Asimov juste avant sa soutenance de thèse m'a échappé.

Sur la Toile, j'ai eu du mal à trouver écho de l'ouvrage Période d'essai en passant par un moteur de recherche. Signalons tout de même qu'Hellrick l'a chroniqué. Et je suppose qu'une recherche sur l'un ou l'autre des quatre recueils précédents ramènerait davantage de réponses.

PS: précisons encore que j'ai hésité à inscrire le présent billet au Challenge Star Wars. A la réflexion, j'ai considéré que, comme la dernière nouvelle parle de robots positroniques cependant que les Mondes extérieurs de la Terre y sont évoqués, on peut acter que ce recueil disparate se rattache aussi aux univers "Space Opera" d'Asimov!

(1) Merci à Erwelyn dont le commentaire m'a fait me relire et constater que j'avais oublié d'insérer une phrase marquant le lien avec Mars pour cette nouvelle, "Hérédité"!

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dimanche 25 juillet 2021

Benedetta - Paul Verhoeven

N'étant pas entièrement vaccinée, il faut que j'attende la fin de la première semaine d'août pour retourner au cinéma. (-:..
Je peux tout de même vous écrire quelques mots sur Benedetta de Paul Verhoeven. Un film qui m'a un peu déçue malgré les bonnes critiques. Je ne l'ai pas trouvé sulfureux du tout. Je m'attendais vraiment à autre chose. A la fin du XVIème siècle, Benedetta, une petite fille âgée de 9 ans issue de la noblesse, entre dans un couvent toscan moyennant une grosse somme versée au couvent. Benedetta a beaucoup d'aplomb et n'a peur de rien. Jésus s'adresse à elle sans intermédiaire. Dix-huit ans passent et Benedetta (Virginie Efira) est devenue une belle jeune femme pétante de santé qui s'adresse toujours directement à Jésus. Le couvent dirigé par Soeur Felicita (Charlotte Rampling) accueille une nouvelle jeune fille, qui devient Soeur Bartolomea, fuyant la violence de son père et de ses frères. Entre Benedetta et Bartolomea, c'est le coup de foudre qui va perturber la routine du couvent. Je ne m'étendrai pas sur leurs relations intimes. En revanche, Benedetta a de plus en plus souvent des crises de mysticisme, elle prend une voix d'homme (j'ai trouvé les scènes un peu grotesque), elle présente les stigmates du Christ, et pendant ce temps, la peste frappe Florence et les environs. Vous pouvez aller voir le film ou pas, c'est à vous de juger. Lire les billets de Pascale et Christoblog

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jeudi 22 juillet 2021

Le bonheur est au fond du couloir à gauche - J.M. Erre

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En cette période estivale mais un peu morose, je vous conseille de lire les 181 pages de Le bonheur est au fond du couloir à gauche de J.M. Erre (Editions Buchet Chastel), un écrivain que je lis avec délectation depuis Série Z en 2010. Dans ce roman, le narrateur s'appelle Michel H. (comme Michel Houellebecq), son auteur de chevet. Depuis sa naissance, Michel est sujet à des troubles de l'humeur. Cela s'est passé lors de la première tétée. "Il paraît que je refusais obstinément de prendre le sein, sans doute par volonté de boycotter l'hypocrite pot de bienvenue offert après mon expulsion sauvage". Le roman débute quand Michel a 25 ans. Il vient d'être quitté par sa copine Bérénice (qui revient quelques minutes plus tard pour récupérer son Camus L'Etranger). En partant, elle l'a traité de "taré". Dès que l'on frappe à la porte de son studio, Michel croit que Bérénice revient. Mais non, c'est son voisin, Monsieur Patusse, qui lui demande de ne pas claquer les portes, surtout un dimanche matin quand les gens ont besoin de se reposer après une semaine de travail, pour ceux qui travaillent bien sûr. Michel saisit l'allusion, lui qui "n'exerce pour l'heure nulle activité salariée destinée à m'épanouir socialement trente-cinq heures par semaine, ... à cotiser cent soixante-douze trimestres avant de mourir à taux plein, mais je tiens à à rassurer mon voisin: cet état n'est que provisoire". Il tranquillise Monsieur Patusse, les portes ne claqueront plus, car Bérénice l'a quitté. Selon Houellebecq, il y a une impossibilité ontologique d'une relation de couple satisfaisante et pérenne. On peut estimer les chances d'un retour de Bérénice entre le peu probable et le carrément foutu. Le narrateur conseille aux personnes traversant des moments de déprime de visionner les vidéos de meetings électoraux. En particulier les discours des candidats à la présidentielle. Et dans les moments les plus noirs, il n'y a qu'un qui lui apporte du réconfort. Le jeune président aux dents du bonheur qui annonçait l'arrivée du nouveau monde pendant la campagne de 2017. Le remède ultime. Emmanuel. Dont le sens littéral est "Dieu est avec nous". Michel considère qu'après vingt-cinq ans de vie en forme de malentendu, l'heure est venue de poser un acte fort. Cette fois, c'est décidé: je vais me suicider. Mais avant cela, il est tout de même décidé à reconquérir Bérénice en lisant des traités de développement personnel. Je m'arrête là. Le roman est très amusant de bout en bout. J.M. Erre a le sens de la formule qui fait du bien. Un remède contre la tristesse. Vous pouvez lire tous les romans précédents de J.M. Erre sans modération. Mes billets ici, ici, ici et . Lire les billets de Pierre D, Cathulu et Titine.

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lundi 19 juillet 2021

Un espion ordinaire - Dominic Cooke / L'un des nôtres - Thomas Bezucha

Voici deux films que j'ai appréciés pour leurs scénarios et les acteurs.  

L'histoire inspirée de faits réels d'Un espion ordinaire nous fait revenir au début des années 60 en pleine Guerre froide. A Londres, Grevill Wynne (Benedict Cumberbatch), un homme d'affaires qui se rend régulièrement en URSS, va être recruté par le MI6 et la CIA pour servir de messager entre l'Est et l'Ouest. Il doit se lier d'amitié avec Oleg Penkovsky, un colonel du GRU soviétique. Pendant plusieurs mois, Penkovsky transmets à Wynne des documents sur les armes nucléaires soviétiques. Wynne se rend de plus en plus souvent en Russie sans révéler quoi que se soit à sa femme. qui se met à le soupçonner de la tromper. Penkovsky ne se doute pas qu'il est surveillé mais un jour on tente de l'empoisonner. C'est le KGB qui découvre ce trafic de documents sensibles. Les deux hommes sont arrêtés et Wynne va connaître les geôles soviétiques pendant plusieurs mois avec torture, mauvais traitements et privation de nourriture. Et pourtant, il clame son innocence et les services secrets occidentaux vont tout faire pour le sortir de là. A l'écran, on assiste à tout ce qu'endure Wynne mais le réalisateur n'en montre pas trop. Cumberbatch qui est co-producteur exécutif du film fait une prestation sobre. Un film qui met en lumière des personnages peu connus de l'histoire contemporaine. Lire le billet de Pascale.

Je passe à L'un des nôtres que je suis allée voir après avoir été attirée par la bande-annonce. L'histoire se passe aussi dans les années 60, mais cette fois-ci aux Etats-Unis, dans les paysages impressionnants du Dakota du nord et du Montana. Ce film est l'occasion de revoir Kevin Costner dans le rôle de George, un shérif à la retraite. Il est marié depuis de nombreuses années avec Margaret (Diane Lane). Ils vivaient dans le Montana dans une grande maison en compagnie de leur fils, qui vient de décéder accidentellement. Celui-ci était marié à Lorna et père d'un petit garçon. Quelques années passent et Lorna se remarie avec un dénommé Weboy et elle emmène son fils, ce qui laisse Margaret désemparée. Cette dernière convainc George de partir avec elle afin d'essayer de  revoir leur petit-fils et même d'en récupérer la garde. Quand ils arrivent dans le Dakota du nord, ils ne sont pas les bienvenus. Blanche Weboy (Lesley Manville terrifiante), la grand-mère, ne veut pas laisser le petit garçon. Elle mène d'une main de fer toute sa tribu, composée de ses trois garçons et d'un neveu. Il y a des scènes qui font peur. C'est bien réalisé et bien joué. Kevin Costner est aussi coproducteur du film. Malheureusement, le film n'est resté qu'une semaine à l'affiche à Pars. Lire le billet de Martin K.

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vendredi 16 juillet 2021

Billy Wilder et moi - Jonathan Coe

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Avec Billy Wilder et moi (Editions Gallimard, 292 pages), Jonathan Coe rend hommage aux films hollywoodiens d'avant les années 70, et en particulier à Billy Wilder (1906-2002). Calista, une jeune Anglo-grecque (personnage imaginaire), est la narratrice de cette histoire, qui suit le tournage en 1977 de l'avant-dernier film du réalisateur, Fedora, avec William Holden, Marthe Keller (qui à l'époque vivait avec Al Pacino) et José Ferrer. Le tournage s'est passé à Paris et en Normandie, à Munich et à Corfou (en Grèce). Par un concours de circonstances, Calista est devenue l'assistante du co-scénariste du film, I.A.L. (dit Iz) Diamond qui a été le scénariste d'au moins dix films de Billy Wilder, à partir de Certains l'aiment chaud (1959). Par là même, Calista devient un peu la confidente de Billy Wilder qui s'est rendu compte que le cinéma d'Hollywood d'antan a été supplanté par un nouveau cinéma dirigé par les "barbus" comme Steven Spielberg. D'ailleurs, Fedora n'a pas trouvé de financement américain. Les producteurs éventuels n'ont pas été intéressés par le scénario et c'est pourquoi Fedora est une production franco-allemande. Billy Wilder, comme d'autres réalisateurs de sa génération, a été obligé de fuir l'Allemagne nazie et quand il tourne Fedora, il n'était pas revenu en Europe depuis la guerre. Même s'il est content (il a le plaisir de remanger du brie de Meaux), les souvenirs les plus sombres de sa vie ressurgissent. Calista, qui ne connaissait rien au cinéma, se met à lire des encyclopédies sur le sujet. Elle ne connaissait pas non plus l'oeuvre de Billy Wilder qui a été très influencé par Ernst Lubitsch. Plusieurs années plus tard, à Londres, Calista mariée et mère de jumelles aura choisi sa profession: orchestrer des musiques de films. Pendant le tournage à Munich, elle croise Miklós Rózsa, le compositeur de musiques de films comme Assurance sur la mort, Ben Hur, Madame Bovary et des centaines d'autres. Ce roman qui se lit très agréablement m'a donné envie de revoir Fedora (en DVD). Un roman à lire et un film à voir. En postface, Jonathan Coe liste tous les témoignages et articles qui lui ont servis pour l'écriture de ce livre. Je vais me répéter, Jonathan Coe est un écrivain de talent dont j'ai lu presque toute l'oeuvre.

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mardi 13 juillet 2021

Présidents - Anne Fontaine

Présidents d'Anne Fontaine est une belle fable dans laquelle on cotoie deux anciens présidents de la république, Nicolas et François. Et l'on rit beaucoup. Nicolas (Jean Dujardin, très bien) s'occupe de passer l'aspirateur chez lui (il s'ennuie) tandis que sa femme est chanteuse lyrique. François (Grégory Gadebois, excellent), lui, vit une petite vie tranquille auprès d'Isabelle (Pascale Arbillot, qui a les répliques les plus amusantes), sa femme vétérinaire, en Corrèze, près d'Uzerche. Les prochaines élections présidentielles approchent et Nicolas craint que le RN ne gagne. Il aimerait éviter à nouveau un deuxième tour entre Emmanuel et Marine. Nicolas décide de prendre le train pour aller visiter François et le sortir de sa retraite. François est apaisé mais il a eu mal à se remettre de la trahison de Macron (le nom du président de la république en exercice est explicitement nommé). Nicolas a l'idée de créer un nouveau parti, "La France pour toujours", qui s'allierait avec le parti EELV (Europe Ecologie Les Verts). Nicolas a un mal fou à prononcer le nom de ce parti car il bute sur les mots de manière cocasse. J'ai aimé ce film pour les personnages jamais caricaturaux. Les femmes ont le beau rôle. La fin optimiste m'a plu et j'ai trouvé qu'Anne Fontaine avait beaucoup d'empathie et de tendresse pour les personnages. Un joli film. Lire les billets de Pascale et Henri Golant

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samedi 10 juillet 2021

Mort aux hypocrites - Petros Markaris

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Que j'ai été contente de constater que Petros Markaris (né en 1937) avait encore écrit un roman, Mort aux hypocrites (Seuil, 330 pages), dans lequel on retrouve, à Athènes de nos jours,  le commissaire Kostas Charitos, sa femme Adriani (un cordon bleu), sa fille Katérina avocate qui accouche d'un petit garçon appelé Lambros, et son gendre cardiologue Fanis. Kostas est très content d'avoir un petit-fils. La vie s'organise autour de Lambros. Tout le monde est "gaga" devant lui. Cela n'empêche pas que les crimes ne s'arrêtent pas. Charitos  et ses collègues vont être confrontés à des attentats à la voiture piégée. Les morts s'accumulent et l'enquête se révèle difficile. Les attentats sont revendiqués par l'"Armée des Idiots Nationaux". Au cours de l'enquête, les policiers découvrent que les victimes avaient une face obscure, n'hésitant pas s'enrichir sur le dos des autres et à dire des contre-vérités sur l'économie grecque, faisant fi des chômeurs et autres personnes en difficulté. Charitos, quant à lui, apprend qu'il a une promotion (bien méritée selon sa femme Adriani). Un roman aussi sympathique que les précédents de l'écrivain.

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mercredi 7 juillet 2021

Trois essais co-signés par Philippe Labarde et Bernard Maris

C'est de nouveau à Bernard Maris, assassiné chez Charlie Hebdo, que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) voudrais rendre hommage ce mois-ci, neuf mois après le précédent billet que je lui avais consacré. Je vais tâcher de présenter les trois ouvrages qu'il avait co-signés, il y a une vingtaine d'années, avec Philippe Labarde.

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Cette fois-ci, ce n'est pas un, pas deux, mais trois livres parus aux éditions Albin Michel que je vais survoler (après celui co-signé Cayat / Fischetti). Pour en raconter l'histoire: j'ai trouvé deux de ces ouvrages dans une armoire de "livres à prendre" dans le hall en bas de chez la coordinatrice de l'AMAP dont je fais partie. Après les avoir lus, j'ai cherché à me procurer le troisième.

Commandé chez mon libraire de quartier, l'exemplaire que j'ai reçu m'a interpellé car il affichait un prix de 23 euros (bizarre pour un livre publié en 1998 et qui ne comportait aucune mise à jour bibliographique ni indication de date de réimpression!). J'ai quand même déniché la mention "Imprimé en France par Lightning Source [+ adresse]", et, en creusant un peu, j'ai découvert qu'il s'agissait de la filiale française d'un groupe d'impression à la demande... 

Pour le contenu des livres eux-mêmes, je trouve aujourd'hui difficile d'en parler à qui ne les a pas lui-même lus. Le ton en tient surtout de la diatribe (que, pour ma part, je trouve plutôt pleine de bon sens), mais tout le monde ne partagera sans doute pas les avis, aussi tranchés que tranchants, des auteurs. 

Dans Ah Dieu! Que la guerre économique est jolie (1998), le thème est la déconstruction du primat des fameuses "lois du marché" que l'on nous mettait (déjà depuis quelque temps) à toutes les sauces à la fin du XXe siècle. Les auteurs mettent, par exemple, quelques coups de projecteur venimeux sur l'angoisse du banquier quand il accorde des prêts (alors que les Etats se précipiteront à l'aide des banques en cas de défaillance des créanciers) ou la souffrance des malheureux patrons lorsqu'ils sont contraints de licencier... pour s'en gausser, bien sûr. Comme si les sacrifices demandés aux "petits" étaient partagés par les "gros". Citation p. 206: "...le capitalisme, dont le nom politiquement correct est devenu le marché, n'est pas fondé sur l'égalité, mais sur la puissance: le peon libre à la porte de l'hacienda choisissant de travailler ou non et choisissant son latifundiste accompagné de sa milice". Les 216 pages de ce (court) bouquin sont subdivisées en une préface (de Serge Halimi), un prologue, 5 chapitres et un épilogue.

La bourse ou la vie (mai 2000) apporte la déconstruction d'un discours assez dominant à l'époque par lequel la presse vantait fréquemment les "fonds de pension", l'actionnariat individuel... Les auteurs nous expliquent, preuves, exemples et statistiques à l'appui, en quoi fonder une "société meilleure" sur ce pur jus capitaliste serait ou sera (est?) une erreur. Citation p.124: "Où est la démocratie dans le système des stock-options, simple avance sur pillage? Actionnaire, ça s'achète. Citoyen, ça se mérite". Et encore, le bouquin date d'avant l'explosion de la "bulle internet", de l'économie virtuelle vantée à grands sons de trompette à la fin du XXe siècle. Cette fois-ci, le sommaire détaillé (toujours pour 5 parties précédées d'un prologue et suivies d'un épilogue) tient sur 3 pages, pour 197 pages de texte - mais le papier est plus "bouffant". 

Enfin, Malheur aux vaincus (janvier 2002) s'est avéré le dernier ouvrage publié en collaboration. Citation (p.161): "Trois livres, trois Labarde-Maris, et au final on retrouve la question essentielle: la propriété. Ça valait le détour. Montrer que le marché est morbide, raciste, inefficace. Reste à s'attaquer à son fondement". Je ne sais pas si la pub de Philip Morris de 2001, épinglée p.101 (en gros, un cancéreux du poumon qui trépasse, c'est 1227 dollars potentiellement économisés par la République tchèque) était à prendre au premier ou au dixième degré. Plus globalement, le libéralisme ne rêve que de faire argent de tout, y compris de ce qui devrait rester des "biens communs". 179 pages, même schéma que les précédents - 7 parties cette fois-ci, dont le détail des thèmes égrenés tient aussi sur 3 pages. 

Bref, une fois de plus, je ne peux guère que conseiller à mes lecteurs, qui n'avaient (qui sait?) peut-être jamais entendu parler de ces ouvrages avant de tomber sur le présent billet, de les lire eux-mêmes, pour se forger leur propre opinion. 

Les trois ouvrages contiennent bon nombre de citations d'articles de presse "contemporains"... (journaux économiques, mais aussi Le Monde... dont Philippe Labarde a été chef du service économique et directeur de l'information). Concernant ce co-auteur, j'ai trouvé une courte vidéo (45 secondes!) où Philippe Labarde dit quelques mots sur sa rencontre avec Bernard Maris. 

J'ai aussi trouvé sur le site de L'Express une chronique du 2e livre publiée il y a 20 ans. Ainsi que celle de Goguengris, concernant le premier, sur Sens Critique.  

 ***

PS: je viens de vérifier, mais l'histoire "officielle" (sur la page dédiée de son site internet) de Charlie ne va toujours pas plus loin que le 17 juillet 2015. Ne serait-il pas temps de rajouter une phrase ou deux à son histoire, pour le journal satirique, laïque, politique et joyeux?

*** Je suis Charlie ***

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