dimanche 1 décembre 2019

A couteaux tirés - Rian Johnson

Voici un film très distrayant avec une distribution royale. J'ai vu A couteaux tirés dans une salle comble et le public dont je faisais partie était aux anges. Le scénario d'A couteaux tirés est un mélange d'énigme à la "Agatha Christie" et du célèbre jeu du "Cluedo". Le soir de ses 85 ans, Harlan Thrombey (Christopher Plummer), le patriarche de la famille Thrombey, est trouvé mort, la gorge tranchée, dans sa grande demeure, alors que toute sa famille est présente. Suicide ou meurtre? Ce patriarche avait fait fortune dans l'édition et ses grands enfants, tels des parasites, ont vécu à ses crochets depuis de longues années. Si c'est un meurtre, les suspects sont nombreux. Ils sont interrogés par deux policier dans la résidence pendant qu'un homme reste dans l'ombre en observateur. ll s'agit de Benoit Blanc (Daniel Craig) qui s'intéresse à un personnage qui va passer au premier plan dans l'histoire: Marta Cabrera, l'infirmière d'Harlan dont on apprend qu'elle hérite de l'intégralité de la fortune de la famille. Je ne veux pas en dire plus. Le film comporte de nombreux flash-back qui donnent plein de pistes, vraies ou fausses. Outre Daniel Craig et Christopher Plummer, on a le plaisir de voir Jamie Lee Curtis, Michael Shannon, Toni Collette, Don Johnson (qui vieillit vraiment bien), Chris Evans, et une actrice qui monte, Ana de Armas (qui joue dans le nouveau James Bond sortant en 2020). Courez le voir. Vous ne devriez pas le regretter. Lire le billet enthousiaste d'Anne.

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jeudi 28 novembre 2019

Gloria Mundi - Robert Guediguian

Quand j'ai vu l'affiche de Gloria Mundi de Robert Guediguian, je ne m'attendais pas à un film si noir. L'histoire se passe de nos jours à Marseille de nos jours (une ville que je ne connais pas du tout). Mathilda (Anaïs Desmoutier) accouche d'une petite Gloria. Son mari Nicolas (Robinson Stevenin), son beau-père Richard (Jean-Pierre Darroussin) et sa mère Sylvie (Ariane Ascaride) sont heureux pour elle. Gloria est pratiquement le seul rayon de soleil du film avec Daniel Ortega, le père biologique de Mathilda. Il sort tout juste de prison après avoir purgé une lourde peine. Il avait tué des gens pour se défendre comme le déclare Sylvie. C'est elle qui lui annonce qu'il est grand-père après de longues années de silence. Et puis il y a Bruno (Grégoire Leprince-Ringuet), le compagnon d'Aurore (Lola Naymark) qui est la demi-soeur de Mathilda et la fille de Richard et Sylvie. Ce jeune couple est cynique, jouisseur, déplaisant à tout point de vue. Dans un quartier pauvre de Marseille, ils ont ouvert une boutique qui rachète et revend des produits à bas prix. Ils exploitent des sans-papiers en les faisant travailler "au noir": ils sont tenus de réparer le matériel racheté quand c'est nécessaire. Aurore est jalouse de sa soeur qui était la préférée de la famille et pourtant... Mathilda est vendeuse dans un magasin de vêtements. Elle ne reste jamais longtemps dans un poste. Nicolas essaye de devenir un chauffeur "Uber". Quant à Sylvie, elle fait des ménages de nuit, là où on lui dit d'aller, et Richard est conducteur de bus. Daniel est très content de connaître Gloria dont il commence à s'occuper et il écrit des haïkus. J'en ai déjà écrit beaucoup sur ce film qui ne m'a pas totalement convaincue. Les comédiens sont bien. Ariane Ascaride a été récompensée du prix d'interprétation féminine au dernier festival du cinéma de Venise. Guediguian a une vision très pessimiste sur notre monde d'aujourd'hui. La fin m'a paru logique, mais tout reste en suspens. Un film un peu déprimant au final, ai-je trouvé.

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lundi 25 novembre 2019

Les Misérables - Ladj Ly

Je me suis décidée à aller voir Les Misérables, le film dont tout le monde parle, sorti mercredi 20 novembre 2019, et qui a été récompensé par le prix du Jury au festival de Cannes 2019 et vient d'être sélectionné pour représenter la France aux prochains Oscars en 2020. Les critiques sont unanimes pour dire que le film est extraordinaire.
Il faut reconnaître que c'est un très bon film tant du point de vue de la réalisation que de l'interprétation: les enfants sont formidables et les adultes aussi. Après, j'ai des interrogations sur le scénario, sur ce qu'il raconte. Ce film se regarde comme un thriller haletant mais au bout d'1H20 (le film dure 1H42), j'étais un peu saturée à cause de la violence sur l'écran. Le dernier quart d'heure m'a paru insoutenable. Le réalisateur a certainement voulu montrer que dans certaines cités du grand Paris, les habitants ne sont pas à la fête, mais ce n'est pas un scoop, et que faire? Il ne propose pas de solutions. A Montfermeil, dans le quartier des Bosquets, on aperçoit les "grands frères Musulmans", ceux qui font le relais entre les gens de la cité et la police, comme un qui se fait appeler "Le Maire" ainsi que quelques mères de familles confinées chez elles qui ne se préoccupent guère de ce que font leurs enfants mais sont vindicatives à l'égard des violences policières. Et pendant ce temps là, les gamins, les "microbes", désoeuvrés pendant l'été où se passe l'histoire, s'occupent comme ils peuvent. L'un d'entre eux, Buzz, mate les filles grâce un drone, et un autre, Issa, dérobe un lionceau, appelé Johnny, appartenant à un cirque gitan itinérant. C'est ce vol qui va mettre le feu au poudre car les trois flics, Chris (le Blanc) Pento (le nouveau arrivé de Cherbourg) et Gwada (le Noir) appartenant à la "Bac" (Brigade anti-criminalité), vont commettre une bavure au "flashball" qui sera filmée par le drone. Un film à voir certainement. Après, est-ce que cela va faire changer les choses, je ne sais pas.
Notons encore que Les Misérables de Victor Hugo n'a pas été écrit à Montfermeil comme c'est dit dans le film, mais l'auberge des Thenardier et la fontaine devant laquelle Jean Valjean et Cosette se rencontrent se situent à Montfermeil.

Lire les billets de Pascale, Ffred, Anne, Mymp, Chris, Strum.

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vendredi 22 novembre 2019

La peau des anges - Michael Katz Krefeld / Indésirable - Yrsa Sigurðardóttir

Voici deux romans que j'ai trouvé assez haletants avec des intrigues bien menées.

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La peau des anges du Danois Michael Katz Krefeld (Edition Babel Noir, 487 pages) alterne trois récits, l'un se déroulant en 2010-2012, le deuxième en 2013 et le troisième en 1979-1980. En 2010, Masja, une jeune Lituanienne de 21 ans qui se prostitue, est amoureuse d'un certain Igor avec qui elle rêve de fonder une famille. Lui, en revanche, n'hésite pas à la sacrifier en la vendant à un réseau de prostitution basé en Suède, en échange d'une dette de jeu. Igor vient de perdre 40 000 couronnes danoises au poker, qu'il ne peut évidemment pas rembourser. En 2013, on fait la connaissance de l'ex-inspecteur de policie Thomas Ravnholdt, dont la femme a été assassinée chez elle. Il n'arrive pas à s'en remettre et n'arrête pas de boire. Il vit avec un gros chien baveux. Par l'intermédiaire d'un patron de bar, il accepte d'aider une Lituanienne qui ne sait pas ce qu'est devenue sa fille (Masja) dont elle a aucune nouvelle depuis 2 ans. Dans le même temps, à Stockholm, un sérial-killer sévit, il assassine des jeunes prostituées. Et cela nous ramène dans le passé en 1979... Evidemment, les trois récits vont se rejoindre. J'ai apprécié que ce ne tombe pas dans le glauque. A priori, La peau des anges est le premier volume d'une série. J'espère qu'Actes Sud va traduire les suivants.

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Je passe à Indésirable de l'Islandaise Yrsa Sigurðardóttir (Edition Babel Noir, 317 pages). Là aussi, le récit alterne deux époques: vers 2010 et en 1974 (entre janvier et mars). De nos jours, en préambule, on assiste à une tentative de suicide (d'un père et de sa fille). Oðinn, après avoir travaillé dans l'usine de construction de son frère, travaille dans un bureau gouvernemental. Veuf depuis peu, il a la garde de sa fille Rún qui est perturbée. Il n'arrive pas à savoir si sa femme Lara s'est suicidée ou si sa mort (en passant par la fenêtre de leur appartement) est accidentelle. En remplaçant une collègue décédée subitement, Oðinn est chargé d'enquêter sur un foyer éducatif réservé à des adolescents à problèmes dans les années 1970. A l'époque, deux garçons étaient morts asphyxiés dans une voiture. Par ailleurs, le couple qui dirigeait le foyer a perdu un bébé à la naissance sans que l'on sache ce qu'ils avaient fait du corps. Et donc en 1974, on fait la connaissance d'Aldis, l'un des membres du personnel du foyer. C'est une jeune femme pas forcément très sympathique. C'est par elle qu'on va connaître une partie de l'histoire. On apprend des choses que le lecteur peut deviner, mais je ne m'attendais pas à ce qui nous est révélé dans l'épilogue du roman.

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mardi 19 novembre 2019

J'accuse - Roman Polanski

Les réalisateurs octogénaires sont décidément en forme, après Marco Bellochio (80 ans), Le traître et Costa-Gavras (86 ans), Adults in the Room, c'est au tour de Roman Polanski (86 ans) de nous délivrer un très grand film, J'accuse, sur l'Affaire Dreyfus. Le film est l'occasion de mettre en lumière un militaire, Marie-Georges Picquart (1854-1914), qui s'est battu pour faire reconnaitre l'innocence du capitaine Dreyfus, condamné pour haute trahison, dégradé et déporté à perpétuité à l'ïle du Diable en Guyane en 1895. Libéré au bout de 4 ans, Dreyfus a été rejugé en 1899 pour haute trahison avant d'être gracié en 1906. Le film commence par une séquence impressionnante dans la cour des Invalides qui paraît vide, un panoramique nous fait découvrir des centaines de militaires dont des haut gradés qui assistent à l'humiliation de Dreyfus, dégradé. A partir de là, l'histoire continue avec Marie-Georges Picquard, lieutenant-colonel nommé au service du contre-espionnage, qui va mener son enquête, affronter les militaires qui restent sur leur position, à savoir que Dreyfus, un Juif, est coupable d'avoir révélé des secrets militaires aux Allemands. Même si on connait la fin, le film est passionnant, haletant et servi par une distribution de premier ordre dont Jean Dujardin, absolument remarquable. Les décors et les costumes contribuent à la réussite de l'ensemble. Le succès a l'air d'être au rendez-vous et c'est mérité. Lire les billets d'Anne, Ffred et Pascale.

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samedi 16 novembre 2019

J'ai perdu mon corps - Jérémy Clapin

J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin est un film d'animation français à voir, même si je n'ai pas adhéré complètement à l'histoire, dont la conclusion m'a laissée sur ma faim. L'histoire se déroule en deux temps : d'une part, une main autonome s'échappe d'un frigo dans un laboratoire. Elle avance telle une araignée en contournant tous  les obstacles. On sent qu'elle veut atteindre une destination. D'autre part, Naoufel, un jeune homme à lunettes qui rêvait d'être astronaute et pianiste est très maladroit en livreur de pizzas, mais un jour lors d'une livraison, il tombe amoureux d'une voix, celle de Gabrielle à qui il s'adresse par l'intermédiaire de l'interphone de l'immeuble. De là, Naoufel va devenir apprenti menuisier et sa vie va basculer. L'image, la couleur, l'animation, tout est réussi dans ce film visuellement beau. Il n'est cependant pas recommandé aux jeunes enfants, du fait de quelques moments assez effrayants. Pascale en dit beaucoup de bien, tout comme Ffred.

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mercredi 13 novembre 2019

Derniers jours à Berlin - Harald Gilbers

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Après Germania et Les fils d'Odin, Harald Gilbers, avec Derniers jours à Berlin (10/18, 542 pages), nous entraine à Berlin à partir du 20 avril 1945. Le commissaire Richard Oppenheimer et sa femme Lisa sont terrés dans le sous-sol d'une usine à bière appartenant à un truand, Ed, qu'Oppenheimer connait bien. C'est la dernière fois que la ville est bombardée, mais désormais les Russes sont à 5 km de la ville allemande. Tout est en ruine, les Berlinois ont faim et froid. L'eau potable est rare. Ils savent qu'avec les Russes, les choses vont mal tourner pour les Berlinoises. C'est ce qui arrive d'ailleurs à Lisa qui se fait violer. Mais il faut survivre. Oppenheimer arrive encore à écouter du Beethoven sur son tourne-disque. Un certain Dieter qui porte une mystérieuse valise se réfugie dans le sous-sol de l'usine. Mais Dieter est assassiné peu après et Oppenheimer cache la valise qui est convoitée et par les Russes et par un mystérieux Américain. Le roman se termine le 7 août 1945, un jour après Hiroshima. Plus qu'un roman policier, c'est la description de Berlin et de la vie quotidienne des Berlinois qui rend le roman intéressant. A lire.

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dimanche 10 novembre 2019

Adults in the room - Costa Gavras

Avec Adults in the room d'après le livre de Yanis Varoufakis, le réalisateur d'origine grecque Costa-Gavras se penche sur le problème de la crise de la dette publique grecque qui a commencé en 2008. L'histoire qui nous est racontée se passe en 2015. Yanis Varoufakis, le ministre des finances du gouvernement d'Alexis Tsipras, va essayer de renégocier la dette pharaonique –320 milliards d’euros– et tenter de mettre fin à l’austérité et à la crise qui touche son pays. Il affronte la troïka, constituée par la BCE (Banque centrale européenne), le FMI (Fonds monétaire international) et la Commission européenne, au cours de différentes rencontres. Il veut tout faire pour sortir la Grèce de l'Euro et aboutir à un "Grexit". Je trouve le sujet passionnant, mais j'ai trouvé que le film de Costa-Gavras l'était nettement moins (passionnant). Les séquences de débats se suivent mais cela reste un peu statique. On assiste aux rencontres entre Varoufakis et des Français comme Michel Sapin, Pierre Moscovoci ou même un certain Emmanuel M., ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique à l'époque. Le film se termine avec le résultat du référendum de juillet 2015, où le "non" l'a emporté sur les propositions faites par la troïka. Il n'y a pas de suspense, de coup de théâtre. J'ai trouvé l'ensemble un peu "plan plan", sauf une séquence à la fin qui détonne. Sinon, le titre du film se réfère à une phrase prononcée en juin 2015 par Christine Lagarde qui, à force d'assister à toutes ces commissions a dit qu'il fallait "restore the dialogue with adults in the room"  (restaurer le dialogue avec des adultes dans la salle) car elle trouvait que les présents avaient un comportement enfantin voire infantile.

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jeudi 7 novembre 2019

Les années 70 - Cabu / Gébé / Willem

Dans le cadre de mes hommages mensuels aux victimes du 7 janvier 2015, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) reviens cette fois-ci aux origines (sinon aux "fondamentaux"?) de Charlie Hebdo, grâce à un livre que j'avais déniché (chiné) il y a déjà quelque temps.

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Les années 70, Cabu - Gébé (avec la participation de Willem), texte de Gébé, éditions First, 1992. Comme chacun sait, ces dessinateurs se sont connus à Hara Kiri (mensuel créé en septembre 1960 et qui durera jusqu'en 1989), ayant engendré Hara Kiri Hebdo, apparu en 1969, et devenu Charlie Hebdo en 1970. "En ce temps là, "...

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... c'est ainsi que commence le texte, page 7, de ce livre publié en 1992, l'année de la renaissance de Charlie Hebdo. Rappelons que le N°1 de la série actuelle est paru mercredi 1er juillet 1992 et s'est vendu à 120 000 exemplaires. Mais Les années 70, voilà des années que la génération Y, les Millenials, ou la génération Z (encore moins), ne peuvent pas connaître en les ayant vécues. Pour ma part, je peux dire "j'y étais!", même si les événements dépeints dans cet ouvrage me sont passés, je crois, largement au-dessus de la tête.

Le texte de Gébé assure le fil conducteur, tandis que les reportages dessinées de Cabu scandent la diversité des luttes (manifestations antimilitaristes, Larzac, luttes antinucléaires, Lip, procès de Charlie [1978]...). C'est de manière plus ou moins allusive que l'ouvrage brosse, p.20-22, l'histoire très conviviale (ou la légende, bien connue de tous) de l'apparition de Hara Kiri Hebdo, puis de sa transformation en Charlie Hebdo.

J'ai bien apprécié les crédits iconographiques, très bien faits (p.126-127 - quelques coquilles minimes) et qui m'ont servi pour mes comptages. Comme je l'ai déjà indiqué dans certaines de mes chroniques précédentes, je trouve que beaucoup de compilations ou anthologies de dessinateurs de la série actuelle de Charlie omettent de préciser la date et le numéro de parution pour chaque dessin. Bref, Les années 70 alignent 170 dessins (41 de Gébé, 19 de Willem, 108 de Cabu, et 2 de Fournier). Ce Fournier-là (Pierre, le fondateur de La Gueule ouverte), ne doit pas être confondu avec ceux de Spirou (Jean-Claude, ou un autre Pierre!).

Dans les dix dessins que j'ai choisi de citer ci-dessous, j'ai fait, proportionnellement, la part fort belle à Gébé, Fournier ou Willem. J'ai en effet déjà consacré plusieurs billets à Cabu, et j'aurai d'autres occasions de le faire. En tout cas, si Fournier et Gébé sont décédés trop jeunes (à 35 et 74 ans) cependant que Cabu a, lui, été assassiné (à 76 ans, presque 77), Willem (né en 1941) continue à dessiner chaque semaine dans Charlie Hebdo (merci à lui!).

 p.16 Gébé (10/05/1971). P1110544 Et pour la retraite à 64 ans, comment insulter les libéraux?

p.22 Gébé (10/01/1971). P1110545 Sourire... de quelle couleur? 

p.41 Cabu (08/01/1976). P1110547 La Révolution, ce n'est plus demain la veille...

p.54 Cabu & Willem (22/12/1977). P1110556  P1110553 Fauchon plastiqué (les textes de Cabu sont excellents, je trouve!).

p.61 Gébé (14/08/1972). P1110548 Je suppose que cela ne visait même pas l'usine de La Hague, mais tout simplement l'absence de stations d'épurations en bord de mer? Il faudrait relire le numéro concerné ...

p.62 Fournier (10/07/1972). P1110549 (à Mururoa, c'était bien l'époque des essais nucléaires aériens, dont certaines retombées ont pu voyager loin...).

72 Gébé (05/08/1976). P1110550 Un dessin bien symbolique.

p.118 Willem (05/07/1979). P1110557 Remplaçons donc "boat-people" par "migrants, et il serait publiable tel quel de nos jours!

p.119 Cabu (05/07/1979). P1110552 Moi, ce masque me fait un peu penser à quelqu'un d'autre...?

Je me suis permis de remarquer qu'effectivement (comme le mentionne wikipedia consulté le 3 novembre 2019), les textes des BD du Néerlandais Willem, à cette époque, sont truffés de fautes d'orthographe, et il refusait de les faire corriger (cela donnait un genre certain à ses grandes planches). J'ai encore vu sur internet que cet album a pu être qualifié de "chronique historique dans la liste des ouvrages de Gébé". Par contre, je n'ai pas trouvé sur la blogosphère de critiques concernant cet ouvrage déjà ancien. Peut-être en existe-t-il et ai-je mal cherché, je corrigerai si nécessaire!

*** Je suis Charlie ***

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mercredi 6 novembre 2019

Le crépuscule de Shigezo - Sawako Ariyoshi

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Le crépuscule de Shigezo (Editions Mercure de France, 304 pages) de Sawako Ariyoshi (1931-1984), publié en 1972 au Japon, est paru pour la première fois en français en 1986 aux Editions Stock, sous le titre de Les années du crépuscule. Sawako Ariyoshi a beaucoup traité de la condition des femmes au Japon. Elle a été comparée à Simone de Beauvoir. Je l'ai lu dans une édition de 2018.

A Tokyo, Akiko et Nobutoshi Tachibana sont mariés depuis plusieurs années et ont un fils de 17 ans appelé Satoshi. Dans un petit pavillon attenant à leur maison, vivent Shigezo, 84 ans, et sa femme, les parents de Nobutoshi. La femme de Shigezo décède brutalement d'une attaque et Shigezo se retrouve seul. Akiko, qui n'a aucun lien de sang, commence à s'occuper de lui comme le veut la coutume. Le récit décrit plus de six mois de la vie d'Akiko qui se trouve bouleversée par ce qui arrive. Shigezo perd la tête, il souffre de démence sénile. Lui qui était un tyran domestique qui s'est plaint toute sa vie de problèmes intestinaux, retombe en enfance. Akiko assume seule la charge, son mari et sa belle-soeur, les enfants de Shigezo, ne l'aident  absolument pas, ils ne sentent pas concernés. Akiko qui travaille dans un cabinet d'avocats est obligée de rester de plus en plus souvent chez elle pour s'occuper de Shigezo. Elle perd le sommeil. On se demande comment elle tient. Sawako Ariyoshi brosse un portrait terriible de la condition des personnes âgées au Japon où rien n'est vraiment prévu pour eux, à part l'asile psychiatrique en dernier recours. Akiko qui doit prendre toutes les décisions seule ne peut s'y résoudre. Une histoire émouvante avec un beau portrait de femme. Akiko a bien du courage.

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