Le blog de Dasola

CINEMA, LIVRES, DVD, SPECTACLES, TV - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR. Critiques et opinions sur films, livres et spectacles. [Secrétaire de rédaction et statistiques: "ta d loi du cine"]

05 octobre 2009

Netherland - Joseph O'Neill

Netherland qui vient de paraître aux éditions de l'Olivier a eu un grand retentissement aux Etats-Unis, (où il a reçu de nombreux prix) lors de sa parution. Le président Barack Obama l'a aimé et l'a dit. Ceci étant, Netherland de Joseph O’Neill (Irlandais né à Cork mais vivant à New York) est un roman dense de moins de 300 pages qui se lit plutôt lentement. C’est assez difficile en parler car il y a plusieurs histoires, des retours en arrière. Le narrateur, Hans, est d'origine hollandaise. Marié avec une avocate anglaise Rachel, il a un petit garçon, Jack. Quand le roman commence, en 2002 (il se termine en 2005), Hans vit à New York séparé de sa femme (repartie en Angleterre avec leur fils, suite aux événements de 11 septembre). Perturbé par cette situation, il a pris pension dans un hôtel. Analyste financier doué, Hans travaille dans une banque. Pendant ses moments de liberté, il se remet à jouer au cricket, sport qu’il a découvert sa jeunesse aux Pays-Bas. Né au Royaume-Uni, le cricket, à la différence du base-ball et du football (américain), est peu connu en Amérique. Les quelques passionnés qui y jouent sont issus d’anciennes colonies britanniques ou autres. C’est à l’occasion d’un match de cricket qu’Hans fait la connaissance de Chuck Ramkissoon, noir de Trinidad qui veut lancer le cricket à New-York pour qu’il devienne un sport populaire. Le livre parle de New-York et de quelques-uns de ses habitants (très bien, cela m’a donné envie d’y retourner), d’un couple en crise et aussi de cricket (mais ce n’est pas le sujet central) quoi qu’en disent les critiques et la 4ème de couverture qui présente ce beau roman, que je vous conseille.

PS: Suite au commentaire de cuné, ci-dessous, "WASP" veut dire "White Anglo-Saxon Protestant" (c'est-à-dire, en traduction littéral, un anglo-saxon blanc protestant)

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03 octobre 2009

Films vus et non commentés depuis le 01/09/09

Voici à nouveau (cf. série précédente ici) quatre films chroniqués dont trois français dont on a beaucoup parlé et que vous pouvez vous dispenser (à mon avis) de voir.

Bienvenue à cadavres les bains de Wolgang Murnberger est un film à voir pour l'humour autrichien (si, si). C'est adapté d'un roman policier, l'histoire se passe (contrairement à ce que dit le titre) dans les montagnes autrichiennes dans une auberge. C'est sanglant, un peu "gore" et pourtant le criminel qui est un aubergiste ne le fait pas par plaisir mais plutôt pour se défendre et/ou pour éviter qu'on l'embête. Il déteste les maîtres-chanteurs. Pour ce débarrasser de ses victimes, je vous laisse le plaisir de voir comment il fait (le film n'étant malheureusement plus à l'affiche, il faudra attendre le DVD). En même temps, cet aubergiste fait de bonnes actions en recueillant un transexuel et une prostituée en détresse. Et puis, il n'est pas gâté avec son fils qui voudrait bien prendre sa place à l'auberge (même s'il ignore les actes criminels de son père). J'avais lu que cela ressemblait au thème de "L'auberge rouge": je ne suis pas d'accord. C'est un film qui ne peut pas plaire à tout le monde mais j'ai passé un bon moment. Rien que le titre est savoureux.

A part ça, je voudrais évoquer trois films français vus coup sur coup qui m'ont beaucoup déçue.

Rien de personnel de Mathias Gokalp ou les malheurs de certains cadres dans une entreprise. Lors d'une soirée cocktail avec pince-fesses et petits fours, des cadres sont mis à l'épreuve (sans le savoir) en passant des genres de tests notés avec un coach. L'entreprise va être rachetée et donc des licenciements de certains cadres sont programmés dont celui du personnage joué par Mélanie Doutey. Ce sont les meilleurs qui resteront. Les acteurs font ce qu'ils peuvent: les incontournables Jean-Pierre Darroussin et Bruno Podalydès (les réalisateurs ne peuvent plus se passer d'eux) jouent un coach pour le premier et un responsable syndical du CE pour le deuxième. Zabou Breitman en DRH se demande bien ce qu'elle fait là. D'ailleurs, à un moment donné, son personnage enferme le PDG dans les toilettes (elle règle un compte personnel). Peu de temps avant, ce même PDG  chantait du Eugène Chabrier pour adoucir l'atmosphère. Il y a une idée de scénario mais pas plus. La seule petite originalité est que l'on voit la même scène répétée plusieurs fois dans des mises en situation différentes avec les mêmes protagonistes dont, tous comptes faits, on finit par comprendre certaines réactions. Le film se termine en queue de poisson.

L'armée du crime de Robert Guédiguian a été une vraie déception. Vu le sujet qui a été peu traité au cinéma, je m'attendais à mieux. Les acteurs (surtout la jeune génération) ne sont pas en cause. Le film raconte l'histoire de Missak Manouchian et de tout un groupe de Juifs étrangers et de communistes qui ont commis des sabotages et des attentats contre l'occupant nazi à Paris pendant la seconde guerre mondiale. Il y a bien entendu une courte évocation de la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942 pendant laquelle un flic joué par Jean-Pierre Darroussin (encore lui) montre un certain zèle à traquer les Juifs: il est ignoble. La police française n'est pas décrite sous son meilleur jour. On nous montre comment on arrivait à faire parler les gens. A part ça, la mise en scène est trop sage. Il manque les tenants et les aboutissants. J'ai assisté à une suite de scènes sans véritable lien. Je m'attendais à être émue, bouleversée. Je suis restée en dehors. On est loin du chef d'oeuvre de Jean-Pierre Melville, l'Armée des Ombres (1969). Pour avoir un avis très différent, lire le billet de Edisdead.

L'affaire Farewell de Christian Carion fut ma troisième déception. Ffred l'avait bien dit! L'histoire est pourtant passionnante (j'en ai lu des comptes-rendus récemment). Elle est une des raisons de la chute du bloc soviétique. J'ai quand même appris pourquoi les Français avaient baptisé l'affaire "Farewell" (pour tromper les Américains). Guillaume Canet a un rôle effacé (il était mieux dans Espions). J'ai noté pour l'anecdote que Philippe Magnan qui joue le rôle de François Mitterrand est d'une ressemblance frappante avec son modèle. David Soul (Hutch de Starsky et Hutch) joue le conseiller de Ronald Reagan (Fred Ward). Je trouve que ce qui nous est narré n'est pas très clair. Et j'ai tout juste compati au sort réservé à Grigoriev (Emir Kusturica), le "traitre". C'est d'ailleurs lui qui est la seule raison de voir ce film très lisse. En y repensant, j'aurais dû me méfier en sachant qui était le réalisateur (celui du catastrophique Joyeux Noël).

Voilà donc mes avis, à vous de juger.

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01 octobre 2009

Firmin - Sam Savage

Firmin (Autobiographie d'un grignoteur de livres) de Sam Savage (Actes Sud, 200 pages) a eu les honneurs, en mai dernier, de panneaux publicitaires dans le métro parisien (je ne sais pas pourquoi ce roman plus qu'un autre). Je dois dire que c'est une des raisons qui m'a incitée à l'acheter. J'avoue que je m'attendais à autre chose peut-être de plus amusant. La vie de Firmin est aussi déprimante que le quartier en déliquescence où il vit. Il se trouve être le 13ème à la douzaine d'une portée de rats nés vers le 9 novembre 1960 à Boston. C'est un rat pas comme les autres qui se découvre être un passionné de lecture. Après avoir commencé par les grignoter, il se met à lire des livres sur des sujets divers et variés. Firmin a un cerveau hors norme qui lui permet de lire très très vite: des milliers de pages en quelques heures. De plus, Firmin vit au-dessus d'une librairie dont le propriétaire est un dénommé Norman. Mais son goût pour la lecture ne l'empêche pas de se rendre dans un vieux cinéma pas loin de la librairie pour voir des "mignonnes" (comme il dit) ou Ginger Rogers. Sa condition de rat n'est pas facile. Même Norman qu'il croyait être son ami tente de l'empoisonner. Firmin trouve un autre humain, Jerry (un marginal), qui le protège. Mais la transformation du quartier où vit Firmin remet tout en question. Et puis la vie d'un rat est brève sans parler d'une mort violente prématurée. Le texte est agrémenté de quelques illustrations d'un dessinateur, Fernando Krahn, où Firmin est toujours présent avec ses gros yeux et son museau fin. J'ai ressenti un sentiment de tristesse jusqu'au bout même si Firmin a eu accès à la culture, aux mots (il semble que cela lui ait suffi). Je donnerai comme conseil d'attendre que le roman paraisse en poche ou de l'emprunter dans une bibliothèque.

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29 septembre 2009

A propos d'Elly - Asghar Farhadi

Ce très beau film iranien, A propos d'Elly (qui a été récompensé à juste titre d'un Ours d'argent du meilleur réalisateur au dernier festival de Berlin), est à voir s'il est encore projeté par chez vous. Je pense que vous ne le regretterez pas. L'histoire se passe en Iran de nos jours. Elly, jeune institutrice célibataire, est invitée par Sedipeh, la mère d'une de ses élèves, lors d'un week-end prolongé au bord de la mer Caspienne. Sedipeh souhaite faire rencontrer Elly à Ahmad, un ami, fraîchement divorcé d'une Allemande. C’est ainsi que trois couples, deux enfants, Elly et Ahmad se retrouvent dans une grande maison. Du sentiment d’insouciance au début, nous passons tout à coup à une atmosphère tendue quand Elly disparaît subitement. Est-elle morte ou vivante ? Au moment de sa disparition, elle aidait une des enfants du groupe à tenir un cerf-volant. Tout le monde s'interroge. Qu'est-elle devenue? Petit à petit, on apprend que personne ne connaissait Elly. Seule Sedipeh sait quelque chose mais elle se tait. C’est là que l’on se rend compte que nous sommes en Iran, pays pétri de traditions (même si les personnages décrits paraissent décontractés et d’un milieu aisé) où les femmes non mariées ne sont pas censées voyager seule, où une femme ne peut pas se trouver seule avec des hommes autour d’elle. D’ailleurs, au début, quand le groupe arrive dans la grande maison, il fait croire aux logeurs qu’Elly et Ahmad viennent de se marier. A aucun moment, il n’est fait mention de religion. Mais les femmes se baignent habillés ou alors gardent des foulards pour couvrir les cheveux. Dans une scène, pour la faire parler, un mari lève la main sur sa femme (il n’en revient pas lui-même de son geste). Ce film est presque un huis-clos sans être statique (bien au contraire) avec une unité de lieu, de temps et d’action. Filmé caméra à l’épaule, ce qui donne de la fluidité à l’ensemble, A propos d'Elly fait la part belle aux acteurs qui sont tous très bien. Leunamme et Alex en parlent aussi.

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27 septembre 2009

Deux romans de Katarina Mazetti

Le mec de la tombe d'à côté nous ayant plu, à mon ami et moi (cf. mon billet du 03/05/09), on s'est retrouvés après une "descente" à ma bibliothèque de quartier à lire deux autres romans de l'auteure: Entre Dieu et moi, c'est fini et Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini (Editions Gaïa) sur papier rose (1). Les deux romans se suivent et se passent à Suède pour une grande partie; on y fait la connaissance de Linnea Nilsson, la narratrice, 16 ans dans le premier et 17 ans dans le deuxième. Dans Entre Dieu et moi, c'est fini, Linnea nous parle de sa vie d'adolescente dans un lycée en Suède, et de son amie Pia dont on apprend dès le début qu'elle va se suicider. L'histoire se passe pendant les 6 mois qui précèdent la disparition de Pia (qui demeure inexpliquée). Linnea nous fait connaître ses états d'âme et par la même occasion sa mère, son demi-frère Knotte, son beau-père, Ingo (artiste vivant au crochet de la mère), ainsi qu'un amoureux transi, Markus. Dans le deuxième, Entre le chaperon rouge et le loup, c'est fini, Linnea est le petit chaperon rouge de l'histoire (elle porte un bonnet rouge) qui va rencontrer un loup en la personne de Mark (alias Mats), un garçon légèrement plus âgé qu'elle, qui lui fait perdre sa virginité et miroiter monts et merveille: elle se retrouvera à Los Angeles comme une SDF. Les deux romans se lisent bien même si ce n'est pas impérissable. Katarina Mazetti emploie un style tonique avec une tonalité parfois ironique.

(1) Je sais enfin pourquoi les Editions Gaïa imprime en rose. Voici le texte à la fin des deux ouvrages: "Imprimé sur "perle sanguine" (ou "zéphir rose!") 90 g, spécialement fabriqué pour Gaïa édition. La teinte du papier sur lequel cet ouvrage a été imprimé est le résultat d'une recherche soucieuse d'un plus grand confort de lecture: le coefficient de lisibilité est en effet jugé optimum, sous condition d'un bon éclairage ambiant." Personnellement, je ne peux pas me prononcer s'il y a du mieux pour le confort de lecture. Je n'ai pas vu la différence.

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25 septembre 2009

Séjour en Sardaigne (mini compte-rendu)

Me voici revenue de Sardaigne où j'ai passé un séjour agréable avec un temps doux, du ciel bleu, du soleil (mais avec quelques orages quand même). J'ai séjourné à l'est de l'île à 40 km au sud d'Olbia. J'ai vu une terre sauvage où le nombre de moutons est le double de celui des habitants. Il y a beaucoup de bergers. Parsemée de chênes, chêne liège et chêne verts avec une alternance de plaines et de montagnes (jusqu'à 1800 mètres d'altitude), ces dernières sont parmi les plus vieilles d'Europe. Le granit et le schiste dominent. L'île est bordée de belles plages. La faune se compose (en plus des moutons) de vaches, de chevaux, de cochons en semi-liberté, de sangliers, de moutons, de brebis et de chèvres. Un guide m'a dit qu'il n'y avait aucun animal venimeux. La langue sarde est issue directement du latin et elle est apparentée au corse. Bien que la Sardaigne soit une île, les Sardes ne sont pas des pêcheurs, je dirais même que l'eau a une connotation négative à cause des invasions durant des siècles. Le peuple sarde est taciturne mais attachant. Sensibles aux légendes, il est attaché aux fêtes religieuses dont la plus connue est la Sagra di Sant'Efisio (Fête de Saint Ephisio) le 1er mai. A part ça, il faut goûter les fromages de brebis et toutes les charcuteries (le saucisson est très bon) sur le "pistoccu" (pain très fin à base de farine de blé dur), le tout accompagné d'eau-de-vie ou de liqueur de myrte (50°).

Pour ce qui concerne l'Histoire de la Sardaigne, j'ai appris l'existence de la civilisation des "Nuraghes" (grandes tours construites en pierres sèches quelques millénaires avant J.-C au temps de l'âge du bronze!), et du "muralisme", forme d'art figuratif peint sur les murs (né au Mexique après la Révolution de 1910, importé en Sardaigne dans les années 1970 par des Chiliens qui fuyaient le coup d'Etat de Pinochet). J'ai parcouru une rue de la ville d'Orgosolo (une des 4 villes du centre) où sont rassemblées le plus grand nombre de "murales". Il faut une journée pour tout voir et pourtant la ville n'est pas grande.

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Si un jour vous ne savez pas où aller passer vos vacances, allez visiter la Sardaigne qui est à 1h50 en avion de Paris. C'est une île qui vaut le détour et l'accueil est sympathique. Le tourisme de masse n'est pas encore de mise (et heureusement). La Sardaigne garde un air sauvage qui fait du bien.

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23 septembre 2009

Le temps qu'il reste - Elia Suleiman

Grand oublié du palmarès de Cannes cette année, Le temps qu'il reste du réalisateur palestinien Elia Suleiman (film dont j'ai lu de bonnes critiques chez Yohan et Dr Orlof) est à voir pour tous les moments de poésie auxquels nous assistons ainsi que la mise en scène: Elia Suleiman sait placer sa caméra et a le sens du cadre. Il y a peu de dialogues mais tout est compréhensible et intelligible. Le film retrace la vie des parents d'E.S. (son nom dans le film) et de quelques personnages hauts en couleur dont un homme qui veut à tout prix se suicider. Elia Suleiman s'est inspiré de carnets qu'a laissés son père. Tout se passe à Nazareth de 1948 à nos jours, avec quelques années mises en exergue où l'on assiste à la cohabitation plus ou moins tendue entre Palestiniens et Israéliens. Je retiens quelques scènes, dont l'homme au téléphone portable en ligne de mire d'un char, des jeunes qui malgré l'appel au couvre-feu continuent de danser dans un appartement très éclairé (et rien ne se passe), celle d'une institutrice qui détourne l'attention de jeunes écoliers quand deux acteurs s'embrassent lors d'une scène dans une projection de cinéma. Il n'y pas d'histoire mais plutôt des instants de vie. Après Intervention divine (2002) qui ne m'avait pas convaincue, je ne peux que vous recommander Le temps qu'il reste.

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14 septembre 2009

Blog en pause pendant une semaine...

... pour cause de séjour "farniente" au soleil de Sardaigne (enfin j'espère) avec parasol, transat, mer bleue, repos, lecture, excursions.

Je serai de retour pour reprendre le 23 septembre 2009. En attendant, bon courage à ceux qui travaillent et aux autres.

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13 septembre 2009

The Molly Maguires - Martin Ritt

Le titre français de ce film de 1969, pas très bien trouvé (pour ne pas dire nul), est Traître sur commande. Quand mon ami ta d loi du ciné m'a dit que cela le tentait (il n'en avait lu que du bien dans le "pavé" Amis américains de Bertrand Tavernier), je lui ai dit: "Pourquoi pas?". La distribution est de premier ordre: Sean Connery, Richard Harris et Samantha Eggar. Je n'avais jamais entendu parler de ce film qui mérite vraiment sa ressortie (cette semaine) sous son titre original, The Molly Maguires. C'est un projet qui tenait à coeur à Martin Ritt (réalisateur et producteur du film), qui fut lui-même une des personnalités victimes du Maccarthysme dans les années 50. De ce réalisateur disparu en 1990, je vous conseille, comme eeguab (son commentaire ci-dessous): Hud, Stanley et Iris ainsi que Norma Rae, et un film méconnu, Paris Blues. The Molly Maguires se donne sur grand écran en version intégrale inédite avec 19 minutes de plus (à Paris, il est projeté dans 2 salles; et en province, dans 4 salles: à Toulouse, Bordeaux, Avignon et Rennes). L'histoire se passe en 1876 en Pennsylvanie dans des mines de charbon où travaille une colonie d'Irlandais. Pendant le premier quart d'heure avant même le générique du début, on voit se dérouler une journée dans la mine sans qu'une parole ne soit échangée. En revanche, on ressent tout de suite le côté harassant et étouffant du labeur produit par ces centaines d'ouvriers, "les gueules noires", dont une partie sont de jeunes garçons. A la fin de cette journée, les derniers à sortir du trou de la mine viennent de commettre un acte de sabotage (on apprend que ce n'est pas le premier). Les responsables forment un groupe de quatre hommes dont le chef est Jack Kehoe (Sean Connery, impeccable). Ces quatre hommes (dont deux mariés) font partie d'une société secrète: les "Molly Maguires" venus d'Irlande. Leur credo est de se venger comme ils peuvent (en allant jusqu'au meurtre) pour dénoncer les conditions de travail et l'exploitation dont souffrent les mineurs, sans parler des maladies pulmonaires puisque les grèves sont durement réprimées. Peu de temps après, un homme arrive par le train. Il dit s'appeler John McKenna (Richard Harris). Assez rapidement, on comprend qu'il infiltre le groupuscule en gagnant leur confiance quitte à leur prêter main-forte (on pourrait croire qu'il est de leur côté). Arriviste, il a été engagé par la police (qui garde la mine) pour faire cesser les agissements des "Molly". Qui dit Irlandais, dit religion et catholicisme. Le prêtre de la paroisse a un rôle intéressant et somme toute ambigu. On ne sait s'il défend ou non les agissement des "Molly". L'histoire est concentrée sur les mineurs. On ne voit guère les propriétaires exploiteurs. En revanche, une scène en particulier résume la situation: la paye hebdomadaire qui se réduit comme une peau de chagrin, puisque le mineur paye au patron la pioche dont il se sert (surtout si elle casse) ou la lampe sur son casque... Le chef opérateur, James Wong Hoe, a réalisé un travail exceptionnel sur la couleur. Tout réside dans les contrastes entre l'obscurité de la mine (filmée en lumière naturelle avec les seules lampes des mineurs, paraît-il) et les extérieurs jour. La musique est de Henri Mancini. Le film est semble-t-il sorti une première fois en 1970 à Paris dans un quasi-anonymat. Il dure 2H04. Il faut le voir.

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11 septembre 2009

Le guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre - Brock Clarke

Le guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre de Brock Clarke (Editions Albin Michel) est un des romans étrangers de la rentrée littéraire. Je l'ai d'abord acheté pour le titre qui m'a intriguée (je n'avais jamais entendu parler de l'auteur): il se lit bien. Sam Pulsifer est le narrateur. Quand il commence à nous raconter son histoire, il est en train de purger une longue peine de prison. C'est la deuxième fois. La première a duré 10 ans: à l'âge de 18 ans, il a été reconnu coupable d'avoir provoqué pendant une nuit un incendie qui a détruit la maison de la poétesse américaine Emily Dickinson (1). Plus grave, deux personnes sont mortes dans l'incendie: une des guides qui faisait visiter la maison et son mari. Petite précision, il faut que je vous dise que presque tous les événements du roman se passent dans l'état du Massachussetts au nord-est des Etats-Unis, plus particulièrement à Amherst (ville natale d'Emily Dickinson qui vécut recluse toute sa vie dans la maison familiale). Sam prend la vie avec philosophie malgré ce qui lui arrive. Il ne sent pas coupable: il avait par mégarde jeté un mégot mal éteint qui a embrasé la maison historique. Le roman de 400 pages nous fait découvrir toutes les mésaventures de Sam. Ayant purgé sa première peine, et sortant de prison, il est rejeté par ses parents (professeur de lettres pour l'une, éditeur pour l'autre). Le père de Sam a reçu et gardé, pendant la détention de son fils, des centaines de lettres émanant de personnes qui adressaient des demandes (voire offraient de l'argent) pour que d'autres maisons d'écrivains célèbres soient brûlées (comme celle de Mark Twain). Par la suite, Sam apprendra des faits qu'il ne soupçonnait pas concernant ses parents. Notre héros se marie sans rien révéler de son passé à sa femme (mal lui en prend). Le passé le rattrape en la personne du fils des victimes de l'incendie. Sam se retrouve seul, et, quand le roman se termine, il est en prison pour avoir, cette fois-ci sciemment, brûlé une maison. Laquelle? Vous le saurez si vous lisez ce roman foisonnant. Attendez peut-être sa parution en poche (il coûte 22 euros).

(1) Que les lectrices (teurs) soient rassuré(e)s, la maison d'Emily Dickinson (1830-1886) n'a pas été détruite et elle se visite (voir le site internet américain).

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