Le blog de Dasola

CINEMA, LIVRES, TV, DVD, SPECTACLES - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR. Critiques et opinions sur spectacles et films en salle et sur DVD

07 avril 2008

La Ronde de nuit - Peter Greenaway

Je n'avais pas vu de film de ce réalisateur depuis un certain temps. J'ai découvert le cinéma de Greenaway avec Meurtre dans un jardin anglais (voir mon billet du 15/10/07). Je m'attendais à un film de ce type, sorte de jeu intellectuel intriguant. Après avoir vu La Ronde de nuit, ma déception est à la hauteur de mon attente. La ronde de nuit, le tableau, n'est qu'un prétexte pour s'attacher à la vie sentimentale agitée (semble-t-il) de Rembrandt, fils de meunier et mort ruiné d'avoir peint ce tableau. Le film est filmé comme une pièce de théâtre sur un grand plateau. On voit successivement sa femme Saskia (qui meurt d'une infection à la suite de ses couches), sa maîtresse puis celle qui sera la compagne des derniers jours de Rembrandt que l'on ne voit jamais peindre. Le film est très bavard et l'ensemble est filmé dans un clair-obscur proche des tableaux du Maître. Cette Ronde de nuit est une commande passée par des notables qui sont représentés d'une certaine façon, un est plus petit que l'autre, des personnages dissimulés derrière d'autres, etc. Rembrandt a voulu dénoncer un complot pour l'assassinat d'un personnage du tableau. Le peintre n'a récolté que disgrâce et ruine. L'énigme policière représentée dans le tableau est noyée dans un film esthétiquement très beau mais beaucoup trop long et ennuyeux et qui ne m'a pas passionnée. Même la musique n'est pas celle de Michael Nyman qui était le compositeur de prédilection de Peter Greenaway.

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05 avril 2008

Les Golovlev - M.E. Saltykov-Chtchedrine

Je voudrais d'abord parler des éditions Sillage qui ont publié Les Golovlev. Je ne connaissais pas. Ce sont, paraît-il, huit étudiants férus de littérature qui ont créé cette maison d'édition en 2001. Ils publient des textes qui étaient indisponibles depuis longtemps et même parfois jamais édités. Dans leur catalogue, on trouve des textes peu connus de Conrad, Hoffmann, Baudelaire, Huysmans, Melville. Ils ont un site internet, http://www.editions-sillage.com. J'évoquerai maintenant le format du livre que j'ai en mains, c'est de la taille d'un missel (11x17,5 cm). Cela tient très bien dans un sac à main (sans s'abîmer). Les pages sont épaisses comme du velin. Au Salon du Livre à Paris où j'ai fait une petite visite, j'ai pu voir d'autres titres du catalogue.
Pour en revenir aux Golovlev, c'était la première fois que j'entendais parler de l'écrivain, M.E. Saltykov-Chtchedrine (1826-1889). Il s'est inspiré de sa propre famille pour certains personnages de cette histoire (publiée en 1880) qui décrit la décadence d'une famille de propriétaires terriens et d'âmes au temps du servage et des moujiks en Russie. Avant de paraître en un volume, le roman était paru entre 1875 et 1880 en fragments formant les différents chapitres du roman. On peut presque les lire indépendamment les uns des autres. Nous sommes dans les années 1860. Une femme, Aridna Petrovna, gère le domaine des Golovlev d'une poigne de fer. Mariée à un homme sans personnalité, elle a pris la direction du domaine. Elle est la mère de quatre enfants dont elle s'est complétement désintéressée. Même si elle les craint, en même temps, elle les domine. Elle en a fait des êtres faibles, hypocrites et veules. Aridna est radine et méchante et vit chichement. Les domestiques aussi en font les frais. Mais, en 1861, le servage est aboli et la chute de la maison Golovlev commence. Trois des enfants meurent relativement jeunes, alcooliques et tuberculeux. Le fils survivant, Porphyre Vladimirytch (surnommé Judas et peut-être pire que sa mère), verra le déclin de sa famille après la fin tragique de ses deux fils et deux nièces. Roman que j'ai lu très vite grâce à une écriture très enlevée et que j'ai été heureuse de découvrir. J'aime beaucoup ces romans russes du 19ème siècle. Cela m'a fait penser à Gogol.

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03 avril 2008

Richard Widmark avait 93 ans

J'aimais bien Richard Widmark, né le 26 décembre 1914 et qui vient de décéder le 24 mars dernier à 93 ans. C'était pratiquement le dernier grand acteur de l'âge d'or d'Hollywood. Il a commencé tard sa carrière d'acteur au cinéma après avoir fait de la radio et du théâtre. Il avait 33 ans quand il a débuté devant la caméra dans Kiss of death d'Henry Hathaway (1947). Il y jouait avec beaucoup de conviction le rôle d'un tueur qui lui a valu l'Oscar du meilleur second rôle masculin. Je le connaissais surtout dans des films noirs, Panique dans la rue (Panic in the streets) d'Elia Kazan (1950), Les forbans de la Nuit (Night and the City)(1950) de Jules Dassin (qui vient aussi de disparaître ces jours-ci) et Le port de la Drogue (Pickup on South Street) de Samuel Fuller (1953), des drames psychologiques comme La Toile d'araignée (The cobweb) de Vincente Minnelli (1955), avant de l'avoir vu comme acteur de westerns (cité dans mon billet du 25/11/07). Plus récemment, suite au succès de Madigan, long métrage de Don Siegel en 1968, une série télé éponyme de 6 épisodes, dans lequel Widmark jouait un détective, a été tournée en 1972-73. J'avais vu cette série en son temps, c'était très bien. Il est dommage que les chaînes de télévision n'aient pas rendu un hommage digne de ce nom à cet acteur qui ne fut jamais une star mais un bon acteur, tout simplement.

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01 avril 2008

Le Mozart des pickpockets - Philippe Pollet Villard

Je profite du fait que ce court-métrage est passé sur France 3 dans la nuit du lundi 31 mars au mardi 1er avril à 01 h 30 (grrrr... Sans blague, quel horaire!) pour accrocher mon billet dans leur dos.
Le Mozart des pickpockets (2006), qui vient d'être récompensé par le César et l'Oscar du meilleur court-métrage de fiction cette année, est paru en DVD pour un prix modique, avec deux autres courts, La baguette et Ma vie sur le trottoir du même réalisateur, Philippe Pollet Villard. Ce dernier est aussi le comédien principal et scénariste et il vient de publier un roman, La fabrique de souvenirs (Flammarion). Dans le Mozart des Pickpokets (qui dure 31 minutes), après que leurs complices aient été arrêtés en flagrant délit de vol, deux pickpockets très "loosers", Philippe et Richard, se retrouvent à recueillir un petit gamin sourd, qui se révèle très doué comme pickpocket en vidant les sacs à main dans les grands cinémas. Entretemps, on apprend à s'attacher à ces deux hommes complètement déconnectés de la réalité, très gaffeurs, et, somme toute, bien moins doués dans ce "métier" de pickpocket. Film et personnages sont sympathiques. Dans La baguette, film antérieur au Mozart... (il est de 2003), nous retrouvons Philippe et Richard, récemment sortis de prison et sans argent, qui décident de faire un braquage dans une épicerie, avec comme arme une barre de fer dissimulée dans une baguette de pain. Bien évidemment, rien ne se déroule comme prévu, et comme Philippe et Richard ont faim, ils finissent par manger la baguette. Dans Ma vie sur le trottoir (1997), on fait la connaissance de Philippe, qui, en faisant du porte à porte pour vendre des aspirateurs, a rencontré Jacqueline, divorcée de son mari, plus très jeune, prostituée et propriétaire d'un s*x-sh*p. Tout naturellement, Philippe s'est retrouvé être son souteneur (mais à la bonne franquette), il s'est installé chez elle et est devenu gérant du magasin. Le souci de Philippe qui s'écoute parler est de trouver une énième danseuse-actrice pour le p**p-sh*w. Le court-métrage finit autour d'un lapin au four brûlé. Je dirais que Philippe Pollet Villard a un style bien à lui. Ses dialogues sont très bien écrits, souvent poétiques, les situations sont drôles, c'est enlevé. 10 ans séparent Ma vie... et Le Mozart...: cela se voit dans la façon de filmer. Dans Le Mozart des Pickpockets, les plans sont plus travaillés, il y a des effets de caméra avec travelling arrière. Le montage aussi s'est bien amélioré. J'espère que, dans un futur proche, Philippe Pollet Villard aura l'occasion de faire un long-métrage.

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31 mars 2008

La Zona - Rodrigo Plà

La Zona, film mexicain (label Découverte UGC) d'un réalisateur urugayen, mérite d'être vu. Nous sommes dans une grande ville, peut-être Mexico. Un groupe de gens nantis vivent en cercle fermé dans une zone protégée par un mur, des barbelés et de la vidéo-surveillance dans des maisons bourgeoises et des jardins proprets. Une nuit de tempête, un court-circuit provoque une panne. Trois jeunes de la ville passent par-dessus le mur pour cambrioler une ou deux maisons: une femme est assassinée. En riposte, deux des jeunes et un vigile sont tués parce que les gens qui vivent dans "la Zona" sont armés et font justice eux-même en tirant sur tout ce qui bouge. Le troisième larron, Miguel, adolescent d'une quinzaine d'années, arrive à se cacher dans une cave. Il est pris en charge par un des jeunes de "la Zona". Un flic de la ville, intègre en apparence, essaye de mener une enquête pour savoir ce qui s'est passé: les corps des deux voyous se sont volatilisés. En réalité, ils ont été enveloppés dans des sacs poubelles et jetés dans une benne à ordures pour être transportés hors de "la Zona" comme d'autres déchets. Dans la communauté de "la Zona", certains ont des états d'âme sur ce qui s'est passé mais on leur fait comprendre qu'ils n'ont pas à en avoir. Le film montre très bien le fossé entre ceux qui ont les moyens de se protéger en se coupant du reste du monde, surtout des gens des bidonvilles, de la misère, de l'insécurité de la ville que l'on voit de loin. Mais ces gens de "la Zona" se sont eux-mêmes enfermés dans un ghetto volontaires, c'est le monde à l'envers. Ils vivent dans un cocon douillet, mais jusqu'à quand? Et on en revient à l'argent, aux pots-de-vin car la police est corrompue. La communauté paye une somme conséquente à la police de la ville pour ne pas être inquiétée et c'est le troisième voleur, Miguel, qui en fera les frais. C'est la séquence la plus terrible du film que je ne raconterai pas. Cet état de fait n'est malheureusement pas de la science-fiction puisque ces "zonas" existent déjà dans certaines villes des Etats-Unis et ailleurs. Ce phénomène de peur et de rejet de l'autre ne peut que mal finir. En tout cas, c'est un très bon film et que l'on n'oublie pas et que je qualifierais de "thriller social".

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29 mars 2008

Astérix - Goscinny et Uderzo

En dehors de Tintin (hors catégorie), un de mes grands plaisirs de lecture de BD est Astérix en attendant de faire un billet sur Blake et Mortimer. Si je devais présenter cette BD à quelqu'un en ignorant tout, je dirais que Astérix, c'est surtout le génie des textes de Goscinny (décédé il y a 30 ans) complétés par les illustrations d'Uderzo. Astérix est inséparable de son ami Obélix (qui "n'est pas gros mais seulement enveloppé"). Ils vivent dans un village (dont on ne connaît pas le nom) en Armorique. Nous sommes en 50 avant JC. Toute la Gaule est envahie par les Romains. Obélix est tailleur et livreur de menhirs, il aime manger le sanglier et puis surtout, il adore donner des baffes aux Romains. Astérix est un guerrier qui n'a pas de métier précis. Les autres villageois qui apparaissent dans presque tous les albums sont: Panoramix le druide, et sa potion magique; Assurancetourix, le barde qui chante faux; Abraracourcix, le chef; et j'ajouterai Cétautomatix, le maréchal-ferrand; Bonemine, la femme du chef; Ordralfabétix, le marchand de poissons (qui ne sont pas toujours très frais) et Agecanonix, l'ancêtre du village. Ce village est le seul qui résiste à l'envahisseur, et pourtant il est cerné par 4 camps romains: Aquarium, Petibonum, Laudanum et Babaorum. Chaque album permet à Astérix et Obélix de montrer leur bravoure, leur force et leur débrouillardise dans différentes contrées, même en Egypte où ils rencontrent Cléopatre (qui a un fort joli nez). Leur mission accomplie, à chaque fin d'album, tout le village se réunit pour manger du sanglier et boire un petit coup. Seul le barde Assurancetourix n'y a pas droit (il chante trop faux). Les albums sont tous excellents et très drôles (Astérix et Cléopatre, Astérix Légionnaire, Gladiateur, aux jeux Olympiques, Le bouclier Arverne, Astérix chez les Bretons, chez les Helvètes, etc.). Depuis le décès de Goscinny, Uderzo écrit les textes et dessine les images. Je suis désolée de le dire, mais Uderzo est meilleur dessinateur qu'auteur. Les albums parus depuis le décès de Goscinny sont nettement en deçà, à part, peut-être, Le fils d'Astérix et Astérix et la Traviata.

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27 mars 2008

Les femmes de l'ombre - Jean-Paul Salomé

En raison de certaines critiques que j'ai lues ici et là dans les journaux ou sur les blogs, je ne m'attendais à rien de particulier, j'avais plutôt une idée négative. Et bien, Les femmes de l'ombre de Jean-Paul Salomé est un film pas mal du tout qui mérite le détour. D'abord, comme son nom l'indique, les femmes y sont à l'honneur. Les 5 actrices, Sophie Marceau en tête, sont toutes convaincantes. Nous sommes en 1944, neuf jours avant le débarquement allié. A Londres, un membre du SOE (Service Operation Executive) est chargé de recruter des femmes pour mener une opération dangereuse: récupérer un Britannique blessé et soigné dans un hôpital pour officiers allemands. En effet, cet homme est au coeur de l'opération Phénix dont on a l'explication à la fin. Le sauvetage est un succès mais l'intervention d'un officier allemand est le grain de sable qui met en danger la vie des 5 femmes et de l'homme (Julien Boisselier, le seul qui m'a paru pas très à l'aise) qui les a recrutées. Les Allemands ne sont pas caricaturaux et le scénario m'a paru suffisamment vraisemblable pour que je ne m'ennuie pas. Une bonne surprise en ce qui me concerne, et d'ailleurs, dans la salle où j'ai vu le film, les spectateurs m'ont paru captivés et j'ai même entendu quelqu'un à la sortie dire à un ami que ce n'était pas mal.

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25 mars 2008

Les disparus - Daniel Mendelsohn

Prix Médicis étranger 2007 et prix 2007 du magazine Lire, Les disparus de Daniel Mendelsohn (Editions Flammarion) n'est pas un roman. Ce gros récit biographique de 630 pages décrit l'enquête de l'écrivain et sa recherche pour savoir ce qui est arrivé à un grand-oncle appelé Schmiel, sa femme Esther et leurs quatre filles à Bolechow, située en Pologne Orientale dans la province de Galicie (maintenant faisant partie de l'Ukraine), pendant la Seconde Guerre Mondiale. Au dos d'une vieille photo représentant Schmiel, le grand-père de Daniel Mendelsohn avait écrit que son frère avait été tué par les nazis. L'enquête qu'ont menée Daniel Mendelsohn et un de ses frères, Matthew, photographe, les a emmenés de par le monde, à Sydney en Australie, à Stockholm, à Copenhague, en Israël, à Vienne, en Ukraine et en Pologne. Pas à pas, grâce à des témoignages directs ou indirects de survivants interrogés et filmés qui ont connu ou cotoyé la famille de Schmiel, qui était boucher et un notable dans la ville, Daniel Mendelsohn s'approche d'une certaine vérité sur les circonstances qui ont fait disparaître cette famille. Des quelques 3000 juifs (dont faisait partie la famille de Schmiel) qui ont vécu à Bolechow avant la seconde guerre mondiale, seuls 48 ont survécu. Les presque 3000 autres ont été, au cours de 3 "Aktionen" entre 1941 et 1943, abattus et jetés encore vivants dans des charniers (la Shoah par balles).  Quelques-uns, dont Esther, ont été envoyés au camp de Belzec en 1942. Les deux derniers survivants de la famille, le père et l'une des filles, se sont cachés entre 1942 et 1943 dans une cave grâce à des Polonais. Malheureuseusement dénoncés plus tard, ils seront pris et abattus. Tout le livre est illustré de photos prises par Matt. Ce sont le plus souvent des lieux visités ou des portraits de ceux qui ont apporté leur témoignage. Daniel Mendelsohn, au début du livre, raconte que, dès 1939, Schmiel avait appelé à l'aide, en envoyant une lettre  (demeurée sans réponse) à un membre de sa famille d'Amérique pour que ses filles soient rapatriées aux Etats-Unis. Au commencement de certains chapitre, Daniel Mendelsohn évoque, en caractères italiques, des passages de l'Ancien Testament: Caïn et Abel, Sodome et Gomorrhe, etc. Ces parenthèses bibliques, mises à part ce qu'elles évoquent, aèrent bien un texte qui, tant par le sujet que par le style, m'a paru un peu pesant. Mais, sur les 650 pages du livre, les 150 dernières sont vraiment captivantes avec la description d'un périple d'un des témoins interrogé qui est parvenu à s'enfuir de Bochechow. Plus de 60 ans après, on ne peut qu'admirer le travail titanesque de Daniel Mendelsohn pour évoquer des membres de sa famille disparus dans la nuit et le brouillard du génocide nazi.

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23 mars 2008

The Dead Girl - Karen Moncrieff

Avant qu'il ne disparaisse des grands écrans, je parlerai du dernier Grand prix du Festival du cinéma américain de Deauville, The Dead Girl (littéralement, La jeune femme morte) de Karen Moncrieff. Cette oeuvre très bien ficelée est divisée en 5 parties dont les titres sont: l'étrangère, la soeur, l'épouse, la mère, la jeune fille morte. Chronologiquement, la dernière partie est celle qui précède toutes les autres. "L'étrangère" (Tony Collette) découvre le cadavre d'une jeune femme morte dans un champ derrière chez elle. L'événement permet à cette fille, mal dans sa peau, de s'émanciper enfin de sa mère tyrannique et de rencontrer un homme. La femme qui est au centre de la deuxième séquence, "La soeur", est médecin légiste. C'est elle qui est chargée de l'autopsie de la victime. Elle croit reconnaître en la victime, grâce à une marque de naissance, sa soeur disparue des années plus tôt. En revanche, la famille n'est pas convaincue. La troisième séquence met en scène "L'épouse". Il s'agit d'une femme au bout du rouleau qui découvre que son mari est un "serial-killer". Il en est à sa 8ème victime. C'est monsieur tout-le-monde mais avec une femme dominatrice. Dans la séquence "La mère", jouée magnifiquement par Marcia Gay Harden, cette mère reconnaît sa fille disparue (the dead girl) grâce à une photo. Dans le même temps, elle découvre qu'elle est grand-mère. La cinquième et dernière séquence, "La jeune femme morte", met en scène la Génèse de l'histoire. Krista, un peu "pute" mais très paumée, se dispute avec son ami et fait de l'auto-stop pour rejoindre sa petite fille afin de lui fêter son anniversaire. Elle rencontrera son destin. Je recommande ce film qui a un ton particulier avec des beaux rôles féminins.

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21 mars 2008

Train 8017 - Alessandro PerissInotto

Train 8017 d'un écrivain italien, Alessandro Perissinotto, se passe juste après la Seconde guerre mondiale, en 1946 entre les 13 juin et 3 juillet (très exactement) avec un retour en arrière le 3 mars 1944. L'histoire démarre à Turin avec un crochet par Naples et Milan et finit à Bergame. Adelmo Baudino, ancien Inspecteur de la police ferroviaire, se considère comme une victime de l'épuration. Accusé d'avoir eu de la promotion pendant l'Italie fasciste, il a été révoqué sans indemnité. Il travaille désormais sur un chantier. Jamais marié à cause d'une "mama" dominatrice, son passe-temps favori est la lecture des faits-divers dans les journaux. C'est comme cela qu'il lit que plusieurs cheminots ont été sauvagement poignardés. Grâce au soutien de son ami Berto, il décide de mener son enquête, car une des victimes aurait pu aider à sa réhabilitation. Adelmo découvre que les cheminots recevaient des menaces d'un inconnu et qu'ils avaient essayé de se cacher mais en vain. Le 3 mars 1944, soit plus de 2 ans auparavant, une terrible catastrophe ferroviaire s'est produite dans la région de Naples, du fait d'un trop grand nombre de passagers (le double de la normale). Les journaux en ont à peine parlé alors qu'il y a eu plus de 500 victimes, mais d'autres événéments primaient à l'époque. Un homme, en revanche, n'a ni oublié ni pardonné, et rend  les cheminots responsables de cette tragédie. Il signe ses crimes "Italia, ma vengeance pour toi". Que signifie "Italia"? Là est la clef de l'énigme. La traque de l'assassin met la vie d'Adelmo en danger mais il rencontre peut-être l'amour. L'auteur s'est servi de la catastrophe de Balvano qui a vraiment eu lieu en 1944 pour écrire son roman. A partir de là, il a brodé une intrigue policière originale et bien menée. A découvrir (publié dans la collection Folio Policier).

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