dimanche 11 décembre 2022

Sa préférée - Sarah Jollien-Fardel

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Sa préférée (Sabine Wespieser Editeur, 200 pages), le premier roman de Sarah Jollien-Fardel née en Suisse en 1971, est une réussite. Il vient d'être récompensé par le prix du roman Fnac 2022 et il a été en lice pour le prix Goncourt. L'histoire se passe en Suisse, dans un village haut perché dans le Valais. Dès le début, Jeanne, la narratrice (le récit n'est fait que par une personne), nous fait entrer tout de suite dans le vif du sujet : la violence faite aux femmes. En l'occurence, Claire, la mère, et Emma, la soeur de Jeanne, sont maltraitées, battues, humiliées et (même violée pour Emma) par Louis, le père, un être fruste et frustré qui ne savait dire que des insanités. Jeanne, la plus jeune, est la seule à lui avoir tenu tête jusqu'au jour où il l'a tabassée à tel point qu'elle s'est retrouvée alitée. Dès qu'elle l'a pu, Jeanne est partie de la maison. Elle s'est rendue compte que les voisins et la famille savaient ce qui se passait, mais personne n'a levé le petit doigt pour aider ces trois femmes. Jeanne ne pardonnera jamais à son père pour ce qu'il a fait subir à sa soeur et à sa mère. Elle trouve refuge à Lausanne et éprouve de l'apaisement à nager dans le lac Léman. La nature tient une part importante dans l'histoire. Et Jeanne, malgré ses mauvais souvenirs d'enfance, revient souvent dans les montagnes valaisiennes. Par ailleurs, Jeanne a du mal à s'attacher profondément à quelques personnes comme Marine ou Paul, une femme et un homme dont elle tombera amoureuse. Un roman avec une écriture qui est tenue de bout en bout. Je conseille.

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jeudi 8 décembre 2022

Le torrent - Anne Le Ny / Mes rendez-vous avec Leo - Sophie Hyde

Je suis allée voir ces deux films après avoir vu les bandes-annonces. 

Le torrent d'Anne Le Ny se passe dans le département des Vosges en hiver. Dans une maison d'architecte, vivent Alexandre (José Garcia, à contre-emploi), Juliette et leur fils Darius. Lison, la fille d'Alexandre, s'invite chez eux. Lison est profondément attachée à son père. Le soir de son arrivée, elle va découvrir sur une clé USB quelque chose qu'elle n'aurait jamais dû voir. A partir de là, le drame éclate. Une dispute éclate entre Alexandre et sa femme qui tombe dans un ravin. Plus tard, son corps est emporté par une rivière en crue. Alexandre, complètement désemparé, se sert de sa fille pour se fabriquer un alibi. Ils doivent se serrer les coudes. Mais un grain de sable s'incruste en la personne de Patrick (André Dussollier), le père de Juliette. J'ai noté qu'un petit garçon arrive à se consoler de la mort de sa mère assez vite en adoptant un chien. C'est un film qui se laisse voir mais qu'on oublie relativement vite. 

Mes rendez-vous avec Leo est un film britannique qui se passe presque entièrement dans une chambre d'hôtel "standard supérieur", vraisemblablement à Londres. J'ai voulu voir le film car je suis une inconditionnelle d'Emma Thompson. Dans le film, elle joue sans fard Nancy Stokes, une veuve à la retraite qui a été professeure de religion. Elle vient de louer les services de Leo Grande, un escort boy avec lequel elle espère apprendre des choses sur le sexe, vu comme quelque chose d'épanouissant et non pas de routinier comme ce qu'elle a connu pendant 31 ans avec son mari. Nancy parle beaucoup, elle n'est pas à l'aise. Elle se demande comment elle a pu décider de faire quelque chose de pareil. Pourtant, face à elle, Leo qui est un charmant jeune homme fait tout pour la mettre à l'aise. Il y aura quatre rendez-vous qui permettront de faire évoluer les deux personnages. Vu le sujet, on pouvait s'attendre à du graveleux, et bien pas du tout. Il y a beaucoup de pudeur et les deux acteurs sont vraiment bien. Emma Thompson a été courageuse de se montrer dénudée avec ses défauts. Un film sympathique.

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mercredi 7 décembre 2022

Charlie Hebdo, 1992-2015 - Charb

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) ne vois aucune raison de m'énorgueillir pour le n-ième "hommage à Charlie Hebdo" que j'ai péniblement réussi à rédiger vaille que vaille. S'il y a a sujet à appréciation, c'est bien sur l'objet lui-même, une "somme" sobrement intitulée Charb, Charlie Hebdo 1992-2015

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Cette "compilation" en 333 pages est parue en novembre 2016. Je me suis acheté mon exemplaire en août 2019. Je me rappelle avoir remarqué en début d'année 2022, au moment où ce recueil constituait le cadeau offert aux nouveaux abonnés à Charlie Hebdo, que l'"offre [était] valable jusqu'au 31/01/2022"... y compris dans le N°1541 paru mercredi 2 février! Comme quoi il peut arriver qu'une publication prenne un certain retard. 

Le livre commence par trois pages de préface où Luz s'adresse au lecteur (il y précise bien que le livre ne couvre pas toute la production de Charb, mais seulement celle publiée dans Charlie). Les dessins sont classés par année (de 28 [en 1992!] à jusqu'à 60 dessins par année): je suppose qu'il s'agit plutôt d'un recueil exhaustif que d'une sélection? A l'époque où je l'avais acquis, j'avais moi-même consulté les deux premières années de Charlie Hebdo nouvelle série, et il me semble que la plupart des dessins aperçus au fil des pages du journal se retrouvent dans les années concernées du livre (à l'époque, j'avais fait en bibliothèque un relevé des dessins "intemporels" dont je pensais suggérer à Charlie la "repasse" à raison d'un par semaine pour les numéros de ce XXIe siècle, dans une rubrique dédiée). Charlie Hebdo "seconde série" a désormais plus de 30 ans, depuis cette "refondation" en juillet 1992 où Charb - entre autres jeunes dessinateurs - a rejoint les "historiques" de la 1ère série!

Pour en revenir au recueil, on y trouve jusqu'à 6 dessins par page (mais c'est rare), et au total plus de 1000 dessins (en faisant le total des 24 années, j'en ai compté exactement 1055 - avec les habituelles approximations de comptage, entre une double-page foisonnante et un minuscule crobard, qui comptent tous deux pour "1"...). Chaque année s'ouvre souvent sur une couverture de Charb emblématique de cette année-là. Bien entendu, les couv' figurent dans le recueil "Les 1000 Unes 1992-2011" qu'il faudra bien que je finisse par présenter un jour.

J'ai décidé de vous présenter en "citations" uniquement ma propre sélection parmi les dix premières années (1992-2001). Du coup, voilà une bonne raison pour (vous) offrir ce recueil, un beau cadeau pour garder la mémoire!

P1150570 p.10, l'un des tout premiers dessins, en 1992 (n'apparaît-il pas daté aujourd'hui?).

P1150572 p.55, dessin de 1995.

P1150571 p.22, reprise de la couv' du N°40 (31 mars 1993).

P1150573 p.48, dessin de 1995 (en 2022, il ne s'agit plus des mêmes personnes, mais...?).

P1150574 p.63, dessin de 1996 (encore un dessin intemporel?).

P1150575 p.67, dessin de 1996 (avant qu'on parle d'économie circulaire?).

P1150576 p.80, dessin de 1997.

P1150577 p.94, est-ce que la situation s'est améliorée depuis 1998? On pourra bientôt passer un coup de fil à la machine pour qu'elle se mette en marche - et, après-demain, pour qu'un drone nous fasse boire la tasse?

P1150578 p.102 (dessin de 1998, bien sûr...).

P1150579 p.114 (1999): COP, COP, COP... Cocorico?

P1150580 p.136 (dessin de 2000).

P1150581 p.136 encore (2000 toujours). Points de vue et images du grand monde. 

P1150582 p.145: nous y voilà bientôt (2001).

*****

P.S.: dans Charlie Hebdo N°1585 de ce mercredi 7 décembre 2022, je me trouve particulièrement en accord avec l'édito signé par Riss p. 3, titré "Conseil d'ami pour le XXIe siècle", qui commence par "Vivre sans électricité, c'est le défi de la semaine". Je vous cite encore une phrase (vers la fin de la colonne): "En réalité, notre niveau de consommation d'énergie n'a pas été conçu pour satisfaire nos besoins vitaux, mais ceux du marché, qui a besoin de millions de consommateurs pour exister." Vous pouvez lire le texte complet sur le site du journal.

*** Je suis Charlie ***

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lundi 5 décembre 2022

Nos vies en flammes - David Joy

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Ayant beaucoup entendu parler de ce roman en bien, je me le suis procuré. Nos vies en flammes (Edition Sonatine, 324 pages poignantes) est un roman assez noir qui se passe de nos jours dans les Appalaches où vit une importante communauté amérindienne. Malgré que l'on soit à la fin de l'automne, des incendies ravagent le paysage. Ray Mathis qui travaillait au département des forêts est désormais retraité. Il est veuf, il a une chienne et un fils, Ricky, un jeune drogué qui ne fait rien pour s'en sortir. Un jour, Ricky appelle son père à l'aide car il doit 10 000 dollars à un homme dont on ne connaît pas tout de suite le nom. Ricky est salement amoché quand Ray le récupère après avoir donné ses dernières économies pour éponger la dette. Mais peu de temps après, Ricky meurt d'une overdose provoquée par un opioïde de synthèse. Et Ray Mathis va partir en croisade contre Walter Freeman, le dealer responsable de la mort de Ricky au yeux de Ray. Il va être plus ou moins aidé dans son entreprise par un certain Denny qui a assisté à la mort de Ricky. Vous me direz que tout cela n'est pas bien gai. Et bien non. Et je ne vois pas beaucoup d'espoir quand le roman se termine. Mais cela n'empèche pas que j'ai aimé ce roman qui se lit bien. Le personnage de Ray Mathis y est pour beaucoup. David Joy, avant d'écrire Nos vies en flammes, a fait publier un article en 2020 dans la revue trimestrielle America. L'article est repris en postface du roman. Il dénonce les milliers de morts à cause des opioïdes de synthèse, comme l'OxyContin fabriqué par le laboratoire Purdue Pharma, qui inondent les Etats-Unis. La diffusion de ces médicaments est nettement plus encadrée en France. 

Lire les billets de Yan, Ceciloule Pamolico, Clete, Richard, Jean-Marc Laherrère, Shangols.

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vendredi 2 décembre 2022

Aucun ours - Jafar Panahi

Je suis assez sensible aux films du réalisateur iranien Jafar Panahi qui été l'assistant d'Abbas Kiarostami. Depuis le 11 juillet 2022, Jafar Panahi purge une peine de six ans de prison pour "Propagande contre le régime de Téhéran". Toujours est-il qu'il a pu terminer Aucun ours qui vient de sortir sur les écrans français. Ce film a reçu le prix spécial du Jury à la dernière Mostra de Venise. Dans Aucun ours, il est devant et derrière la caméra. Il a loué pour quelque temps une chambre chez l'habitant dans un village reculé en Iran situé pas loin de la frontière turque. Il tourne un film dont les prises de vues ont lieu en Turquie. Il donne des directives grâce à Internet par écran d'ordinateur interposé. Tous ses techniciens suivent ses instructions. Les personnages de l'histoire désirent partir vers la France grâce à des passeports subtilisés à des touristes de passage. En parallèle, Jafar Panahi est très sollicité par les notables du village Ils sont persuadés que Jafar aurait pris une photo. Sur ladite photo, on devrait voir une jeune femme et un jeune homme qui n'auraient jamais dû être ensemble. En effet, la jeune femme est promise à un autre depuis sa naissance. On se rend compte que Jafar est épié de jour comme de nuit par les villageois qui deviennent de plus en plus hostiles. C'est très inconfortable. Pendant ce temps-là, un drame se noue en Turquie avec le couple d'acteurs. J'ai énormément aimé ce film dans lequel Jafar Panahi montre que le sort des femmes n'est pas enviable dans son pays. Ce sont elles qui sont cantonnées à faire la cuisine et à s'occuper des enfants tandis que les hommes décident de tout. De guerre lasse, Jafar partira. Le film se termine avec le signal sonore de la voiture du cinéaste. Quelques séquences sont frappantes comme celles de deux futurs mariés à qui on lave les pieds dans une rivière. C'est bien entendu une affaire d'hommes. Il y a une belle séquence qui se passe la nuit : Jafar Panahi s'approche très près d'une frontière invisible qui sépare l'Iran de la Turquie. C'est un chemin connu pour la contrebande. On le met en garde. On sent la menace toujours présente même si on l'assure qu'aucun ours n'est dans les parages. J'ai énormément aimé ce film que je conseille. 

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mardi 29 novembre 2022

Saint Omer - Alice Diop

Ce n'est pas toujours le cas, mais pour une fois, je suis d'accord avec le billet de Pascale. J'aurais tant voulu aimer plus Saint Omer. Il dure un peu plus de deux heures, 1H20 ou 1H30 aurait suffi. Dommage que la réalisatrice, qui est aussi la scénariste, ne se soit pas concentrée plus sur le procès de Laurence Coli, une femme infanticide. Alice Diop a dilué l'histoire avec d'une part le procès qui est passionnant, et le reste. Le reste, c'est un préambule incompréhensible sur les femmes tondues à la Libération, c'est Rama qui donne un cours sur Marguerite Duras et c'est surtout le mal-être de la même Rama, qui est aussi écrivain et qui pour son nouveau roman suit le procès. Enceinte de 4 mois, elle semble avoir  des problèmes relationnels avec sa mère. Moi, j'ai trouvé le personnage de Laurence Coli, la mère infanticide d'origine africaine qui s'exprime dans un français châtié, très intéressant. Il y a plein de choses qu'elle ne dit pas, dont la raison de son acte. Pendant tout le procès, elle s'exprime avec clarté. Au fur et à mesure que se déroule le film, il semble que cette femme intéresse de moins en moins la réalisatrice. L'un des deux seuls témoins que l'on entend est le père de la petite victime, une petite fille de 15 mois que Laurence a abandonnée une nuit sur une plage de Berck-sur-Mer dans le Pas-de Calais. C'est tiré d'une histoire vraie qui s'est passée en 2013. Guslagie Malanga dans le rôle de Laurence Coli et Aurélia Petit qui interprète l'avocate de la défense sont toutes les deux remarquables. Rien que pour elles, vous pouvez allez voir le film, mais vous allez peut-être vous ennuyer comme certaines personnnes dans la salle où j'ai vu le film. J'ai entendu des soupirs et quelqu'un qui disait qu'elle serait bien partie avant la fin. En tout cas, le film a reçu deux prix à la dernière Mostra de Venise et il représente la France aux prochains Oscars. 

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samedi 26 novembre 2022

La longue marche des dindes - Léonie Bischoff et Kathleen Karr

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Avant d'être une bande dessinée, La longue marche des dindes est un roman écrit par Kathleen Karr qui a été publié aux Editions L'école des loisirs.

Dans ce billet, je ne vais parler que de la bande dessinée dessinée par Léonie Bischoff (Edition Rue de Sèvres) qui a aussi adapté le texte. Cet album de 144 pages me semble un cadeau de Noël idéal. Il peut être lu et apprécié par les petits et les grands. La grande marche des dindes débute dans l'Etat esclavagiste du Missouri en 1860. La guerre de Sécession n'a pas encore commencé. Simon Green, un jeune garçon de 12 ans orphelin de mère, vit chez un oncle et une tante qui ne l'apprécient guère. Grâce à son institutrice Miss Rogers, Simon va s'émanciper de sa famille et se lancer dans une drôle d'aventure: emmener 1000 dindes bronzées (race de dinde d'Amérique) jusqu'à Denver au Kansas et parcourir plus de 1000 km. Simon qui est un garçon dégourdi se lance dans l'aventure avec un chariot, quelques mules et un muletier. Pendant son voyage, il va rencontrer deux filles qui vont devenir des compagnes de voyage, Jo, une petite filles noire qui s'est évadée d'une plantation après la mort de sa mère, et Lizzie, une jeune fille de 14 ans, seule survivante d'une famille victime de la sécheresse. Simon va aussi croiser quelques Indiens à qui il cédera quelques dindes pour l'élevage, et retrouver son père qui s'avère être un fieffé filou. On apprend que les dindes, quand c'est nécessaire, peuvent voler. L'album se lit vite. J'ai aimé les dessins. Je conseille.

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mercredi 23 novembre 2022

Les femmes du square - Julien Rambaldi

Les femmes du square de Julien Rambaldi est un "feel good movie", comme on dit d'un film qui fait du bien et qui rend heureux quand on en sort. "Les femmes du square" sont les nounous noires, asiatiques ou maghrébines, des employées plus ou moins déclarées pour s'occuper d'enfants des beaux quartiers de la capitale. Grâce à une voisine de son immeuble, Angèle, une femme d'origine ivoirienne avec des faux papiers, pleine de ressources avec du culot et de la tchatche, se fait embaucher et loger chez Hélène, qui est séparée de son mari. Hélène est la mère de deux enfants dont Arthur, 10 ans. Arthur et Angèle vont former un duo inséparable jusqu'à ce que le passé d'Angèle la rattrape. Angèle commence à mener un combat pour que certaines femmes du square se défendent contre les diverses mesquineries que leur font subir leurs employeurs. Et Angèle tombe amoureuse d'Edouard, un jeune avocat qui ne reste pas insensible à cette femme pleine de vie et qui fera beaucoup pour l'aider dans son entreprise. Le film est plein de gags et il est bourré d'humour, il ne tombe jamais dans la niaiserie. Le jeune Vidal Arzoni (un petit Suisse issu d'une famille d'artistes), qui interprète Arthur, est un jeune acteur à suivre, il crève l'écran. Face à lui, Eye Haïdara qui joue Angèle n'est pas en reste. Elle est de presque tous les plans. J'espère que ce film rencontrera du succès. Il le mérite. Lire le billet de Selenie

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dimanche 20 novembre 2022

Le bureau des affaires occultes 2 : Le fantôme du vicaire - Eric Fouassier

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Le bureeau des affaires occultes 2 - Le fantôme du Vicaire (Edition Albin Michel, 377 pages haletantes) commence quatre mois après la fin du Bureau des Affaires occultes que j'ai lu plus tôt dans l'année 2022. Cela se passe donc en  mars 1831, au début du gouvernement de Louis-Philippe. Valentin Verne, 24 ans, est toujours à la recherche d'un certain Vicaire qui est l'incarnation du Mal absolu. Ce Vicaire l'avait retenu prisonnier quand il était enfant et il lui avait fait subir les pires sévices pendant quelques années. Valentin qui est inspecteur de police a maintenant un adjoint, Isidore Lebrac, un jeune homme roux perspicace. Valentin éprouve aussi de tendres sentiments pour Aglaé, une jeune actrice de théâtre qui lui avait sauvé la vie dans le premier tome. Il y a deux histoires distinctes dans le roman. Celle dans laquelle le Vicaire crée un jeu de piste mortel pour que Valentin se rapproche de lui. Il sème des cadavres sur lesquels il laisse des missives parfois énigmatiques. Certaines victimes sont des proches de Valentin. La deuxième histoire est axée sur le thème du spiritisme. Ferdinand d'Orval a perdu sa fille unique décédée brutalement et il a aussi perdu sa première femme. Désormais, il est remarié à Mélanie, une jeune femme qui vient un jour voir Valentin. En effet, elle a peur pour son mari qui semble être sous la coupe d'un aigrefin, un "Russe de pacotille" qui fait tourner les tables en promettant à Ferdinand que sa fille Blanche va lui apparaître. Et là, Eric Fouassier nous parle de l'utilisation du Diorama inventé par Louis Daguerre. Il est aussi question d'Alfred de Musset et de Théophile Gautier, d'émancipation des femmes avec la présence de Claire Démar (1799-1833) dans le mouvement saint-simonien. Et il y a aussi Vidocq qui vient en aide à Valentin. Je ne sais pas s'il y aura un troisième tome mais ce dyptique forme un tout homogène et il y une conclusion. A la différence d'Eva, j'ai presque préféré ce deuxième tome au premier. Les deux peuvent se lire indépendamment, même si lire le tome 1 avant le tome 2, c'est mieux. 

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samedi 19 novembre 2022

L'appartement de la rue Henri-Robert - Jean-François Berthier

Le livre que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) chronique aujourd'hui met en avant une unité de lieu à défaut d'une unité de temps. L'appartement de la rue Henri-Robert qui donne son titre à l'ouvrage est ce qui relie entre elles six nouvelles. J'ai commandé cet ouvrage à ma librairie de quartier, et l'ai reçu en moins d'une semaine.

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L'appartement de la rue Henri-Robert, éd. Le temps qu'il fait, 2022, 91 pages

La première nouvelle, La fin d'une légende, se présente comme un témoignage de première main sur une héroïne historique. J'ai apprécié la mise en avant d'un phénomène de rapprochement de personnes de classes sociales différentes "dans la vraie vie", à partir du moment où elles fréquentent, hors de chez elles, un endroit où les rassemble un intérêt commun. 

La fin d'un combat (oui, en fait, chaque nouvelle commence par La fin...) m'a bien évidemment évoqué telle ou telle des nouvelles du recueil Le silence de la mer de Vercors, de par la période traitée (l'Occupation).

J'avoue: la conclusion de la troisième nouvelle, La fin d'une illusion, je ne l'avais pas vue venir. Elle se déroule en 1968.

La fin d'un aveu (la quatrième) est l'une des deux plus longues. Comme chacune, c'est un "récit à la première personne", et cette fois-ci l'héroïne occupe l'appartement du titre dans un cadre de type B&B (une semaine de vacances).

Même si on ne peut pas dire qu'il s'agit d'histoires gaies, j'ai trouvé la cinquième nouvelle (La fin de l'espoir) particulièrement triste: comment "la société" se permet de se mettre en travers d'un élan de rapprochement entre deux personnes (au motif de ce qu'on appelle un "délit de solidarité"?).

Je me suis quelque peu identifié au narrateur de la sixième et dernière nouvelle (La fin du désir?). C'est vrai qu'adolescent, je rêvais d'habiter un jour un appartement pas loin de là (dans l'Ile de la Cité - place Dauphine, comme Yves Montand!). Mais surtout, je me reconnais dans le fait de recopier dans un cahier les phrases des livres qui m'ont le plus touché... depuis des décennies. Et le livre finit comme dans le souvenir évoqué en introduction, par une visite de l'appartement lié à Madame Roland.

Tout n'est-il qu'imagination (au-delà de toute remarque sur la mémoire qui trahit), ou bien a-t-il dans telle ou telle nouvelle quelque élément autobiographique? Il faudra que je le demande à l'auteur, en même temos qu'une dédicace, la prochaine fois que je le croiserai. Car, oui, je ne vous l'ai pas encore dit, je connais l'auteur (qui m'avait annoncé la parution imminente de l'ouvrage), et cette chronique pourrait donc figurer sous un intitulé "copinage" si nous étions dans un titre de presse...

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