samedi 11 octobre 2008

Jacques Brel, il y a trente ans...

... a tiré sa révérence, le 9 octobre 1978. Je me rappelle avoir versé une grosse larme. J'avais en main son dernier disque "Les Marquises" et sa pochette bleue que ma maman m'avait acheté. Brel a été le chanteur qui m'a marquée pendant toute mon adolescence. Je connaissais beaucoup de ses chansons par coeur. Je chantais avec lui (à la manière du karaoké) en écoutant ses disques et je continue encore. Je me rappelle - plusieurs fois - ma voisine du dessus et ses coups au plafond (au plancher de chez elle) lorsque je chantais à tue-tête... Mes regrets sont de ne pas être assez âgée pour avoir entendu Brel en concert et surtout de ne pas avoir assisté à l'Homme de la Mancha. J'ai presque tous ses disques en 33 tours et en CD. Je reste une inconditionnelle. C'est un artiste intemporel qui transmettait sa fièvre, sa passion quand il chantait, rien qu'avec l'intonation de sa voix. Parmi ses chansons, je retiens: "Mathilde", "Les bonbons", "Vesoul", "Zangra", "Les vieux", "Ces gens-là", "La chanson des vieux amants", "Ne me quitte pas", "Amsterdam" (pour sa façon de la chanter), "Rosa", "Marieke", "Orly", "Les bourgeois", "Jef", "Vieillir". A la fondation Jacques Brel, à Bruxelles, j'avais découvert Far West (qui vient de sortir en DVD double avec Franz) [cf. mon billet du 25/06/2007]. Brel reste mon chanteur de prédilection.

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jeudi 9 octobre 2008

Entre les murs - Laurent Cantet

Le titre "Entre les murs" a une consonance effrayante, cela donne l'impression que les élèves sont en prison (ce n'est pas entièrement faux quand on voit la cour de récréation qui fait penser à une cour de pénitentier). Les acteurs (jeunes et adultes) sont tous filmés au plus près. Il y a une unité de lieu (la salle de classe et la salle des professeurs) et l'unité d'action: une année scolaire d'une classe de 4ème en cours de français. François Bégaudeau, auteur du livre dont est tiré le film, interprète le professeur François Morin avec une remarquable conviction. Il se retrouve face à une petite vingtaine de jeunes entre 13 et 15 ans qui ne sont pas tous motivés par les études. On peut voir la confrontation professeur/élèves comme un match de boxe. Certains des jeunes sont insolents, ils "répondent", ils interrogent sur les mots employés par le prof. Ils ne lui passent rien. Personnellement, je sortirais épuisée face à une telle confrontation. Le métier de prof demande une force de caractère peu commune. Pour ma part, j'ai été emballée par ce film que j'ai vu avec mon ami. J'ai été scotchée à mon fauteuil et tenue en haleine jusqu'au bout. Le réalisateur filme l'ensemble avec rigueur, il ne se se perd pas en fioritures inutiles, les jeunes sont confondants de naturel. Il ne me reste plus qu'à lire le livre (disponible en poche et que j'ai acheté). Après L'emploi du temps et Ressources humaines, Laurent Cantet confirme son immense talent. Et oui la Palme d'or est méritée. Et pourtant je n'étais pas forcément enthousiaste au départ pour y aller vus le sujet et le titre. J'ajoute que j'ai vu Entre les murs dans une salle comble et les spectateurs ont beaucoup ri. Il devait y avoir (quand même) un pourcentage de profs assez conséquent. Peut-être ont-ils ri jaune?

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mardi 7 octobre 2008

Qui comme Ulysse - Georges Flipo

Mon cher G. Flipo (j'ose cette familiarité), je viens de lire les nouvelles qui composent Qui comme Ulysse et je constate que tout ce que vous racontez n'est pas gai. Très bien écrites et structurées, elles se lisent avec plaisir pour le style mais avec tristesse et effroi pour ce que narrent certaines. Vous devriez envoyer vos doléances à Mme Anne Carrière car je n'ai pas compris le texte de présentation de la 4ème de couverture, il ne donne pas forcément envie de lire les nouvelles (il ne leur rend pas non plus hommage, elles sont beaucoup mieux). Pour ma part, il n'est pas facile d'en parler. Les 14 nouvelles sont toutes très différentes dans ce qu'elles racontent. Le voyage sous toutes ses formes et surtout les expériences (souvent tragiques) que les personnages en tirent, tel est le thème central de l'ensemble des nouvelles. La plupart des personnages ne font pas des voyages d'agrément. Ce ne sont pas non plus des voyages reposants, parfois ce sont des punitions, ou alors on peut les assimiler à des fuites de quelque chose. J'ai ressenti un certain désenchantement et l'âme humaine n'est pas toujours décrite sous son meilleur jour. Dans le dernier récit, "Rapace", le narrateur/écrivain "voyage" en faisant parler des gens, tire "la substantifique moelle" des pensées de chacun et s'en inspire pour écrire une oeuvre de création. Dans "la route de la soie", un peu comme Jules Verne, Joseph qui ne quitte pas son "chez-lui" pour rédiger son blog voyage entouré de tous ses guides "papier" provoque une certaine confusion chez les "globe-trotter". Pour ma part, lors de mon voyage en Argentine en 1999, j'ai eu le coup de foudre pour ce pays. Et j'ai donc bien apprécié les 4 nouvelles qui s'y situent ou qui mettent en situation des ressortissants de ce beau pays. Nous avons, par exemple, un romancier argentin exilé en France dans "Qui comme Ulysse", qui suite à une panne d'inspiration, se retrouve à faire des "empanadas" (spécialité argentine). "Nocturne" et "Un éléphant de Pattaya" (les deux se passent en Asie, en Inde et en Thaïlande) sont à mon avis les nouvelles les plus terribles du recueil, l'une sur le comportement humiliant des Occidentaux envers les autochtones, l'autre sur le tourisme sexuel (sans beaucoup de mauvaise conscience). Mon cher G. Flipo, je vous avais découvert grâce à votre blog, maintenant ce livre confirme votre talent d'écrivain qui sort des sentiers battus.

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lundi 6 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (6)

Le musée des civilisations qui se trouve à Ottawa vaut absolument le détour. Au rez-de chaussée, niveau dédié aux Amérindiens, sont rassemblés de magnifiques totems (arbre qui parle) d'une hauteur que je ne m'imaginais pas. Au 1er étage, c'est le musée de La Poste (je ne l'ai pas visité). Puis, sur un étage entier, il y a ce qui s'appelle la salle du Canada, qui retrace avec des personnages en cire, des objets, des reconstitutions de maisons, etc., l'histoire du Canada des premiers habitants européens (les Vikings) jusqu'à nos jours: on déambule d'une période à l'autre dans l'ordre chronologique. Quand je me suis retrouvée au 19ème siècle, j'ai cru être dans un décor de western. L'ensemble est excellemment bien présenté et pédagogique, et je recommande cette visite aux petits et grands.

Après la visite très décevante de Toronto où sont peu nombreux les monuments et bâtiments intéressants (comme l'ancien Hôtel de ville), Ottawa a été une bonne surprise pour tout le monde dans le groupe. Et pourtant, nous sommes arrivés sous la pluie. C'est dans cette ville que se trouve le Parlement qui est un bel édifice à photographier. Ottawa a été choisie comme capitale fédérale du Canada car, se trouvant en Ontario côté anglophone, elle est juste à la frontière du Québec francophone. Ce choix stratégique s'est effectué sous la reine Victoria le 31 décembre 1857. N'oublions pas que le Canada fait partie du Commonwealth. En plus de ses nombreux musées, Ottawa possède aussi une cathédrale avec deux clochers en acier inoxydable et, pas très loin de celle-ci, une sculpture de la franco-américaine Louise Bourgeois appelée "Maman" et qui est une immense araignée dont les pattes ressemblent à des aiguilles de couturière (hommage à la propre mère de la créatrice) et dont le ventre est rempli d'oeufs en marbre de Carrare. En voici des photos:

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dimanche 5 octobre 2008

Films vus et non commentés depuis le 29/07/2008 (fin)

J'expédie dans ce billet 4 films vus au mois d'août et que je n'avais pas fait l'effort de lister dans mon billet précédent.

Manipulation de Marcel Langenegger (2008). Dans ce film, Hugh Jackman joue le rôle d'un "méchant". Je suis allée voir le film parce que j'aime bien ce genre ainsi que les acteurs mais j'en ai vu de meilleurs sur ce thème de la duperie (Deception en anglais et titre original du film) comme Engrenages (D. Mamet), ou Usual Suspects (B. Singer). Petite anecdote, Micheline Presle, qui va beaucoup au cinéma, était incognito dans la salle où je l'ai vu au Quartier Latin à Paris.

Xfiles: Regeneration de Chris Carter. Où l'on retrouve Fox Mulder et Dana Scully qui ont mûri et ont pris des rides (mais cela leur va bien). Nous sommes sur la côte Est des Etats-Unis, pendant l'hiver, la neige tombe drue. Une femme disparaît, puis une autre. Des expériences à la "Frankenstein" sont pratiquées dans une clinique vétérinaire: c'est épouvantable et une fois de plus les Russes n'ont pas le beau rôle.

Be Happy de Mike Leigh: dès la première scène, j'ai senti que je n'allais pas aimer. Le personnage de Poppy avec son sourire accroché aux lèvres pendant presque tout le film ainsi que sa bonne humeur est crispant et insupportable. Poppy et le SDF, Poppy et le moniteur d'auto-école, Poppy et ses copines, Poppy au cours de flamenco, Poppy institutrice et Poppy amoureuse. J'ai été contente quand le film s'est terminé.

Comme les autres de Vincent Varenq (2008): malgré la présence de Lambert Wilson, le film n'est pas un chef-d'oeuvre. On nous montre d'une façon simplette comment un couple homo (dont l'un est stérile) peut devenir parents. Le personnage de Pascal Elbé est totalement sacrifié. La jeune femme est charmante. C'est très "bobo" bien pensant.

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samedi 4 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (5)

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Pour une fois, je déroge à mes habitudes de blog sans photos, car je voulais montrer celle ci-dessus, prise à l'extrême pointe est de la Gaspésie. Je l'aime beaucoup, je l'ai prise à un matin, à 06h45. J'apprécie quand le ciel se pare de teintes orangées, comme en témoigne mon unique "photo de blog" (en haut à gauche). Ici, c'est le rocher percé. Il se trouve dans le Golfe du Saint Laurent face à la ville de Percé et dans la continuation, à droite de la photo, se trouve l'île Bonaventure (où nichent les fous de Bassan).
Je l'ai contourné en bateau. Ce bloc de calcaire a 375 millions d'années (ère du Dévonien), il s'est formé sous la mer et était rattaché à la terre ferme. Le petit bout que l'on voit à droite était relié au reste du rocher par une arche qui s'est effondrée le 17 juin 1845. L'arche qui reste devrait s'écrouler dans 400 ans (selon Wikipedia) ou dans 40 000 ans selon la guide. De toute façon, on ne sera pas là pour le voir...

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vendredi 3 octobre 2008

Mamma mia - Phyllida Lloyd

A la base, j'aime bien la musique d'ABBA et j'avais vu la BA de Mamma Mia mais quand j'ai vu le film dans son intégralité, dès les premières images, j'ai compris le navet catastrophique que j'allais voir: c'est nul et niais, "tarte" comme disait ma maman. Seule surnarge Meryl (Streep), magnifique, impériale, sublime, géniale, bonne chanteuse [cf. mon billet sur elle du 28/03/07]. LA seule et unique raison de voir le film. J'ai trouvé le film laid à regarder. Les 3 "papas" potentiels font ce qu'ils peuvent, je me demande ce que Pierce Brosnan, Colin Firth et Stellan Skarsgard viennent faire dans cette galère. Le jeune couple est fadasse. J'arrête là mes atermoiements car le film marche et il plaît, voir Ffred. En fait, il faut surtout attendre le générique de fin pour ne pas rater quelque chose. D'aucuns trouveront le film kitsch, moi, je préfère écouter les chansons d'ABBA sur CD, et je ne m'achèterai même pas le DVD, c'est dire.

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jeudi 2 octobre 2008

Impressions sur l'Est canadien (4)

Suite à la question d'Alex sous ma chronique précédente, voici quelques aperçus sur ma culture canadienne.

Films
Je n'ai pas eu du tout le temps d'aller au cinéma durant mon voyage organisé. Mais je peux dire que j'avais vu, en son temps, Le déclin de l'empire américain (Denys Arcand). Je me rappelle que ces "prises de tête" de quadra sur la vie sexuelle me paraissaient d'autant plus lointaines, à l'époque (1986 - j'avais 24 ans), que je regrettais aussi l'absence de sous-titres: je comprenais seulement la moitié de ce qui était dit! Par contre, j'ai adoré la suite, Les invasions barbares (2003), toujours de Denys Arcand.
Par ailleurs, dans le car, nous avons eu droit à la projection d'un documentaire sur le Saint-Laurent, que j'ai vu disponible à la FNAC en DVD en France.

Chansons
Dans le car toujours, notre guide nous a passé beaucoup de musique de chanteurs et chanteuses québécoises: Félix Leclerc, Garou, Linda Lemay, Isabelle Boulay, Céline Dion (elle préférait d'ailleurs, nous a-t-elle dit, ses chansons en anglais plutôt que celles en français). Mais également de la musique "country" québécoise (ça existe!).

Librairies
Je suis entrée dans quelques librairies. A Montréal, celle que j'ai visitée appartient à la chaîne Indigo. Le rez-de-chaussée est consacré aux livres en français (des romans que l'on trouve partout en France), les trois autres étages ne comportent que des livres en anglais (Nous sommes pourtant au Québec). En revanche, dans la ville de Québec, je me suis arrêtée dans une librairie exclusivement francophone, Générale française, 10 Côte de la fabrique: un bonheur. J'ai vu des noms d'auteurs qui sont totalement inconnus de ce côté-ci de l'Atlantique et pourtant certains romans paraissent très bien. C'est vraiment dommage. Je vais m'empresser d'aller faire un tour un de ces jours à la librairie du Québec, rue Gay-Lussac dans le 5ème arrondissement de Paris, qui existe depuis 1995.

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mercredi 1 octobre 2008

Séraphine - Martin Provost

J'ai eu l'occasion de voir Séraphine (sorti aujourd'hui, 1er octobre) en avant-première (avant-hier) en présence des producteurs, du réalisateur et de quelques actrices dont Yolande Moreau qui tient le rôle principal avec brio. A part que Yolande Moreau a répondu au présentateur qui lui demandait ce qui l'avait attirée vers ce rôle, que c'est le fait qu'elle ne connaissait pas du tout Séraphine de Senlis, pas plus sans doute que la majorité des spectateurs dans cette salle a-t-elle ajouté, je signalerai qu'il n'y a pas eu la moindre séance de questions/réponses avec la salle. C'est un peu dommage, vu que l'équipe semblait bien représentée. A se demander pourquoi ils prennent la peine de venir: y a-t-il ensuite un "after" auquel le public n'est pas convié? Bref.
L'histoire commence à Senlis en 1914, et nous faisons la connaissance de Séraphine Louis, elle a presque 50 ans. Femme un peu fruste, elle fait des ménages chez les autres où on lui parle plus ou moins bien. On suppose qu'elle a dû vivre et travailler dans un couvent dans sa jeunesse. C'est d'ailleurs une apparition de la Vierge à l'église qui l'a incitée à peindre. Elle crée elle-même ses couleurs et ses liants (de la cire de cierges d'église). Tout le début du film m'a semblé lent. Il y a plusieurs séquences où l'on voit Séraphine aller d'une maison de maître à l'autre (elle semble avoir plusieurs employeurs). Elle est aussi lavandière mais surtout elle prend le temps de regarder la nature, particulièrement les arbres. Elle y grimpe dessus et respire, s'enivre des odeurs. Cela offre l'occasion de très beaux plans d'arbres. Séraphine marche souvent les pieds nus et elle peint la nuit dans son petit studio insalubre. C'est un collectionneur allemand, Wilhelm Uhde, qui remarque son talent. Il fait sa connaissance parce qu'il loge avec sa soeur chez des employeurs de Séraphine (vérification faite dans le Robert des noms propres, Uhde et elle se seraient connus en 1912?). Il lui conseille de travailler encore et toujours. La guerre déclarée, Uhde s'enfuit en Suisse laissant Séraphine désemparée. On la retrouve en 1927, vieillie et moins vaillante pour les durs labeurs du ménage mais son talent de peintre s'est affirmé (selon Uhde qui l'a retrouvée). Ses tableaux sont devenus de plus en plus grands et surtout colorés. Allez voir le film pour voir ce que représentent les peintures. Personnellement, je les trouve très belles avec un côté presque féérique. Mais, pyschologiquement, Séraphine semble un peu dérangée, l'argent qu'Uhde lui verse n'arrange rien. Elle meurt dans un asile d'aliénés en 1942. Séraphine Louis est connue sous le pseudonyme de Séraphine de Senlis. En ce qui concerne le film lui-même, à part quelques beaux plans (Senlis est une ville très photogénique), les arbres et la présentation des tableaux par Séraphine, la mise en scène est un peu sage, tout cela manque de fièvre alors que Yolande Moreau irradie et est "habitée" par son personnage. C'est peut-être ce qui fait que je ne considère pas ce film comme une totale réussite. 

PS: en liaison (évidemment!) avec la sortie du film, le Musée Maillol à Paris (61 rue de Grenelle dans le 7ème arrondissement) organise une exposition sur Séraphine de Senlis, du 1er octobre 2008 au 5 janvier 2009.
Cf. http://www.museemaillol.com.
PS2:
l'exposition [chroniquée le 01/01/2009] est prolongée jusqu'au 30 mars 2009.

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mardi 30 septembre 2008

Impressions sur l'Est canadien (3)

Je vais dire quelques mots de la faune du Canada.

Ce pays compte paraît-il 75000 ours bruns. J'en ai aperçu un seul, nous étions en car, il a semblé aussi surpris que nous. Le temps que le chauffeur effectue une marche arrière, l'ours s'était évidemment éclipsé. Quant au grand herbivore nommé orignal, je n'en ai pas vu un seul. Il paraît qu'il y a aussi 1.000.000 de castors. J'en ai aperçu... au biodôme de Montréal! Dans la nature, nous avons "seulement" vu leurs barrages ou des arbres abattus, car la bête est nocturne. N'en déplaise à Mme B*rdot, je me suis ramenée une magnifique étole en castor, très douce et très chaude. Il semble que le castor soit aujourd'hui bien davantage menacé par le rétrécissement de son habitat (urbanisation humaine) que par la convoitise pour sa fourrure. La "trappe" est très règlementée (avec des quotas de prises pour les castors, mais aussi les visons ou les rats musqués...), et il ne doit plus être possible de vivre de ce seul métier, selon le trappeur qui nous a fait une conférence (il gagne moins de 1000$ canadiens par mois, nous a-t-il dit).

Les fous de Bassan
Le Québec abrite la plus grande colonie de fous de Bassan au monde en 2008 (avant celle des îles Kilda en Ecosse) sur l'Ile Bonaventure. En pleine saison, plus de 121 000 oiseaux sont rassemblés, du côté de l'île opposé à celui où les bateaux accostent. Dans cette réserve naturelle, il n'y a ni eau courante ni électricité (mais toilettes sèches, et vaisselle et couverts recyclables dans le restaurant à touristes). Plusieurs sentiers, plus ou moins longs, permettent de se rendre vers les colonies. On entend les cris des oiseaux bien avant de les distinguer, en raison de la végétation. Ensuite, on longe à quelques dizaines de mètres, séparés par une simple barrière, ces rassemblements impressionnants. Les fous sont organisés en couples, possesseurs d'un nid qu'ils se relaient pour garder ainsi que leur unique jeune de l'année. Celui-ci doit impérativement naître au bon moment (en même temps que tous les autres), car il devra être capable de migrer pour redescendre vers le sud (ces fous-là hivernent en Floride). Et d'autre part, leur séjour sur l'Ile Bonaventure est synchronisée avec la présence des bancs de poissons dont ils se nourrissent. Quand nous sommes passés, il nous a été dit qu'une partie de la colonie était déjà partie (les derniers n'allaient pas tarder). La population croît de 3% par an sur l'île.

Les baleines du Saint-Laurent
A la frontière des eaux du lac Saguenay (eau douce) et des eaux du Saint-Laurent (eau salée), au large de la ville de Tadoussac, figurait au programme une mini-croisière d'observation des baleines en vedette. Et, effectivement, nous en avons aperçu, mais rapidement et pas de très près. D'autres les approchaient de plus près en Zodiac, mais c'était plus cher! Pour les observer, j'ai l'impression que la "noria" des embarcations n'arrêtait pas de la journée. Les guides étaient capables d'identifier chaque animal par la forme de son jet.
A ce qu'on nous a dit, il y avait 3 baleines à bosse en début de saison, mais il n'en restait plus que 2 à ce moment-là. En ce qui concerne les rorquals, on les entendait d'abord souffler, puis, quand on tournait les yeux et l'objectif dans la bonne direction, on observait comme un petit jet d'eau vaporisé (mais ça n'a pas donné grand-chose sur mes photos). Pour les belugas, on voyait leur dos émerger, ils sont blancs. Une des deux baleines à bosse nous a montré sa nageoire caudale au moment de replonger. Tout le monde a déjà vu des images spectaculaires en photo, à la télévision ou au cinéma. Les voir "en vrai", c'est quand même impressionnant. Mais cela permet de comprendre la patience (et le matériel) nécessaires pour obtenir des images impeccables.

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