vendredi 13 juillet 2007

The Bubble - Eytan Fox

A ne pas confondre avec Bubble de Steven Soderbergh (cf. billet du 22/06/2007), The Bubble (surnom donné à la ville de Tel Aviv), le nouveau film du réalisateur du très remarqué Tu marcheras sur l'eau, est une oeuvre très recommandable. Pour ceux qui se diraient que c'est encore une histoire d'amour homosexuelle, ils auraient raison, mais on peut élargir le propos en disant qu'un jeune et beau Palestinien tombe amoureux d'un jeune et bel Israélien, et malheureusement cela va mal finir. Ils s'éclateront au sens propre et figuré. L'histoire se passe à Tel Aviv où les habitants vivent repliés sur eux-mêmes avec leurs problèmes de coeur ou peut-être d'argent. Le conflit israélo-palestinien n'est pas leur préoccupation première. Et pourtant, la scène d'ouverture est très symbolique. A la frontière israélo-palestinienne, lors d'un des nombreux contrôles d'identité, une femme très enceinte perd les eaux et malheureusement le bébé par la même occasion car elle n'a pas pu arriver à temps à l'hôpital. C'est là que Noam l'Israélien et Ashraf le Palestinien se rencontreront pour la première fois. Le film est gai et triste à la fois et quand il se termine, il laisse un goût amer car le conflit n'est pas près d'être terminé.

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jeudi 12 juillet 2007

La gigue des cailleras - Pascal Jahouel

Grâce à M. Claude Le Nocher, http://suspense.aceblog.fr (1), j'ai eu la chance de lire La gigue des cailleras (racailles en verlan) parue aux Editions Krakoen. Ce polar savoureux, deuxième ouvrage de Pascal Jahouel (rouennais de naissance), se caractérise par la langue crue, très imagée, populaire et parfois en verlan. Un dénommé La Rouille est victime d'une défenestration d'un quinzième étage dans la Cité des Moineaux, cité dortoir où la majorité de la population bigarrée est victime du chômage avec les dommages collatéraux de l'alcool et de la violence. L'histoire se passe à Rouen et sa banlieue et fait une incursion au Havre. Le narrateur du livre, Bertrand-Hilaire Lejeune, BHL pour les dames, inspecteur de police, enquête sur ce fait malheureux. Tous les personnages rencontrés sont truculents et souvent attachants, tant les flics que les autres.
La lecture de ce livre me fait par la même occasion découvrir un "petit" éditeur inconnu du grand public. Les Editions Krakoen http://www.krakoen.com sont situées dans le département de la Seine Maritime, elles vendent elles-mêmes leurs ouvrages par correspondance et sont depuis tout récemment distribuées par Calibre http://www.calibre.fr, société de distribution créée en janvier 2007.

(1) ce blog ayant disparu au 3ème trimestre 2007, Claude Le Nocher en a recréé un en janvier 2008 : http://action-suspense.over-blog.com.

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mercredi 11 juillet 2007

Le Christ s'est arrêté à Eboli - Francesco Rosi

Suite à mon billet d'hier (mardi 10 juillet 2007), Le Christ s'est arrêté à Eboli de Francesco Rosi (1979), projeté pendant le Festival Paris Cinéma, est l'un des films les plus connus de son réalisateur, et c'est justifié. Adapté d'un récit autobiographique de Carlo Levi, l'histoire se passe en 1935. Mussolini est au pouvoir depuis 13 ans. Le Duce s'apprête à faire la guerre pour conquérir l'Ethiopie. Tous les opposants politiques ou considérés comme tels, comme les militants communistes, les peintres, les écrivains "subversifs", ne sont pas emprisonnés mais déplacés dans des villages comme Eboli dans le Sud de l'Italie. Même les Essais de Montaigne sont interdits. La signification du titre du film nous est rapidement donnée. Eboli est un endroit au bout du bout du monde, dans un paysage quasi désertique. Le modernisme n'est pas arrivé jusque là. Mais que l'endroit est beau. Carlo Levi, peintre avec des notions de médecine, arrive en train puis en voiture. Un chien dénommé "Baron" devient son compagnon. Logé pendant tout le début du film chez une veuve, sa grande chambre aux murs de pierre comprend une  fenêtre. Il dort dans un des lits au matelas fait de paille. Assigné à résidence et obligé de signer un registre tous les jours, il rencontre le podestat du village très imbu de sa personne. Sinon pendant la première heure du film, Carlo Levi observe les femmes et les hommes, la plupart vêtus de noir. Ils vivent de l'élevage des chèvres, des poules et des cochons. L'oeuvre quasi documentaire est illustrée d'une très belle musique. On entend les discours de Mussolini en arrière-plan. Carlo Levi n'est pas le seul assigné dans le village mais il est tenu de ne pas rencontrer les autres. Il croise seulement deux communistes qui ne disent pas un mot. Après la visite de sa soeur, il acquiert une très belle demeure avec une terrasse d'où la vue magnifique laisse sans voix. Il engage une femme qui lui fait le ménage. Le marmot qui l'accompagne ressemble à un angelot. On sent une immense tendresse de la part de Rosi. Gràce à ses connaissances médicales, Carlo arrivera à se faire accepter par toute la population. Son assignation sera levée après la victoire laborieuse de Mussolini en Ethiopie en mai 1936. Le Christ s'est arrêté à Eboli, coproduction franco-italienne, a bénéficié de techniciens de grands talents : Tonino Guerra (scénariste avec Rosi), Pasqualino de Santis (photo admirable) et Ruggero Mastroianni (montage). J'émetttrai un petit bémol en ayant constaté quelques ellipses ou raccourcis dans le récit. On sent qu'il y a des manques. Francesco Rosi a monté une version télévisée de 3 heures et demie. Cela vaudrait la peine qu'elle soit rediffusée un jour.

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mardi 10 juillet 2007

Billet de bonne humeur : en attendant le Christ...

Lundi 9 juillet, je me suis préparée à aller voir, dans le cadre du Festival Paris Cinéma, toujours au cours de la rétrospective des films de Francesco Rosi [cf. mon billet du 07/07/07], Le Christ s'est arrêté à Eboli (1979) d'après un récit de Carlo Levi. La séance était prévue à 21h avec une introduction d'une "docteur ès cinéma". La présentation faite devant une salle archi-comble, les lumières s'éteignent, un vague son haché est audible, et puis plus rien. De nouveau, la lumière. Incident technique nous dit une dame, le projectionniste s'affaire. 5 minutes puis 10 minutes se passent, rien n'arrive. Et ne voilà-t-il pas qu'une des spectatrices nous communique assez fort que Carlo Levi était le frère de Primo Levi. "Mais pas du tout" répond un charmant et jeune Italien, une rangée devant moi. Carlo et Primo Levi, originaires de Turin, n'étaient que des cousins très éloignés. Et cet Italien, lui-même, est natif d'un village très proche de celui qui ne s'appelle plus Eboli mais Uliano ou quelque chose d'approchant dans la province de Basilicate. Comme le monde est petit. Une autre spectatrice prend la parole disant qu'elle avait hâte de revoir le film pour admirer les paysages qu'elle avait vus en vrai à une époque. Une ambiance bon enfant s'installe. Et pendant ce temps-là, toujours pas de film, un technicien était en train de faire du dépannage par téléphone. Quelques spectateurs impatients sont quand même partis, mais pas tant que cela. Au bout de 35 minutes, l'obscurité s'est faite et le film a enfin commencé vers 21H45. Il dure 2H30. Je suis sortie du cinéma à minuit et quart. C'est beau d'aimer le cinéma et de partager un bon moment avec des passionnés mais cela prend du temps !

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lundi 9 juillet 2007

Mickey et Nicky - Elaine May

J'avais appris une très bonne nouvelle, Mickey et Nicky, ce bijou du cinéma indépendant, ressort sur les écrans parisiens. A voir pour le duo John Cassavetes (Nicky) et Peter Falk (Mickey), amis dans la vraie vie depuis plus de 10 ans. Le film, tourné en 1976, est sorti en dans une version tronquée à l'époque. En 1987, il est projeté dans la version voulue par la réalisatrice et celle que j'avais vue (20 ans déjà!). J'en étais ressortie enthousiaste. Je dois dire que 20 ans après, j'ai été un peu déçue. Le film est toujours le même mais c'est moi qui ai changé. Ce n'est pas grave car quel bonheur de revoir John Cassavetes, disparu en 1989. Mickey et Nicky fait très "cassavetien", le son direct pas toujours audible, des plans sous-exposés, tout est fiévreux parfois hystérique. Quand le film commence, Nicky est dans une chambre d'hôtel et il appelle à l'aide son copain Mickey car il a un "contrat" contre lui. Cela se passe à Philadelphie, la nuit est bien commencée. Le film se terminera à l'aube avec la mort de l'un trahi par l'autre. Entre-temps, ils auront rencontré quelques personnages dont une femme plus ou moins prostituée et un tueur qui remplira avec difficulté son contrat. Cette histoire d'amitié et de trahison est très bien menée. On voit l'unité de temps (une nuit), de lieu (Philadelphie) et d'action (la fuite de l'un des deux).

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dimanche 8 juillet 2007

Raisons d'Etat (The Good Shepherd) - Robert de Niro

Raisons d'Etat de Robert de Niro dure 2H43. Et bien allez-y car vous passerez un très bon moment. Grand film classique et sobre (peut-être trop?), il n'y a pas d'effets spéciaux, pas de ralentis intempestifs, les acteurs sont tous bien choisis, Matt Damon en tête. L'histoire commence en avril 1961 au moment de l'échec américain à la "Baie des Cochons" suite à la tentative ratée de renversement de Fidel Castro. Edward Wilson (joué par Matt Damon), travaillant à la CIA, est chargé de savoir qui est la "taupe" qui a fait capoter l'affaire. Lui-même se remémore tout son passé et sa vie en général. Il fera toujours passer la raison d'Etat avant sa famille, il en sacrifiera même certains membres. Il est le bon berger (the Good Shepherd, du titre original) de la CIA. Après le suicide de son père, membre de la Navy, il étudie à Yale et fait partie d'une confrérie sorte de franc-maçonnerie américaine (Skull and Bones [Crâne et Os]). Sa première mission consistera à espionner son prof de thèse en littérature anglaise soupçonné de sympathie nazie, nous sommes à la fin des années 30. Marié à une femme qu'il a mise enceinte (Angelina Jolie), Edward est envoyé à Londres au moment du Blitz. Il ne fera connaissance de son fils qu'en 1945, ce dernier âgé de 5 ans. Puis, il devient membre de la CIA qui a succédé à l'OSS. C'est le début de la période de la Guerre Froide. Des scènes permettent de revenir au temps présent, en 1961. Edward continue son investigation sur l'échec de Cuba. Il est désormais séparé de sa femme. Les relations tendues avec son fils joueront un rôle important dans l'histoire. Je ne raconte pas toute l'histoire. Des personnages secondaires mais essentiels traverseront la vie professionnelle et personnelle d'Edward. Je le redis: Raisons d'Etat se laisse voir avec plaisir. Merci à Robert de Niro qui joue un petit rôle, pour cette oeuvre de grande qualité.

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samedi 7 juillet 2007

Main basse sur la ville - Francesco Rosi

Créé il y a 5 ans, le Festival Paris-Cinéma a débuté le 3 juillet pour se terminer le 14 juillet. La séance est à 4 euros. Des films sont en compétition et des hommages sont rendus. Cette manifestation permet entre autres de revoir l'intégralité ou presque de l'oeuvre de Francesco Rosi, l'un des derniers grands réalisateurs italiens vivants. Main basse sur la ville (1963), Lion d'or au Festival de Venise la même année, reflète bien son cinéma engagé. L'action du film se situe dans les années 60 à Naples, ville natale du réalisateur, en proie aux promoteurs immobiliers. Au début du film, des plans panoramiques montrent les constructions nouvelles et hideuses sans plan d'urbanisme harmonieux. Un plan rapproché se focalise sur une construction d'un immeuble en particulier. Tout à coup, le pan de mur d'un vieil immeuble mitoyen s'écroule puis l'immeuble lui-même. Bilan: 2 morts et un blessé grave. Le promoteur immobilier, Nottola (joué par Rod Steiger), est très ennuyé car faisant de la politique, il s'apprête à se faire élire en tant qu'un des adjoints au maire aux prochaines élections municipales. Un simulacre d'enquête est mené pour établir qui est responsable, mais cela n'ira pas loin. Ce qui compte ce sont les élections et le scénario montre bien la collusion entre la politique et le pouvoir de l'argent. C'est l'argent qui gagne (comme souvent). Le film est joué par des acteurs que je ne connais pas sauf Rod Steiger. Ce dernier, américain, est doublé en italien, comme c'était souvent le cas dans les films italiens joués par des acteurs étrangers. Je pense que c'est une caractéristique du cinéma transalpin. Sinon, 44 ans après le tournage, le sujet de ce film n'a pas pris une ride, malheureusement.

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vendredi 6 juillet 2007

No man's land - Danis Tanovic

Oscar du meilleur film étranger en 2002, No Man's land de Danis Tanovic (2001), diffusé hier soir à la télévision, est un film excellent qui montre, une fois de plus, l'absurdité de la guerre en général, et de celle de Yougoslavie en particulier. Deux hommes qui auraient pu s'entendre dans la vie civile se retrouvent face à face dans un "no man's land". C'est celui qui a le fusil qui a raison. Avec eux, un troisième soldat que l'on croit mort. Ce dernier a, enterrée sous lui, une mine antipersonnel. Au moindre mouvement, cette mine sautera et le soldat avec. En plus des casques bleus de la FORPRONU surnommés "les Schtroumpfs" à cause de la couleur de leur casque, quelques journalistes dont une femme (jouée par la très regrettée Katrine Cartlidge), et vous avez tous les éléments d'un grand film de guerre filmé comme un drame intimiste. J'espère que vous ne l'aurez pas manqué.

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jeudi 5 juillet 2007

Rome (saisons 1 et 2)

Abonnée à C+, je suis une de ceux et celles qui ont la chance de voir la série Rome, tournée à Cinecitta en 2005 (saison 1) et 2007 (saison 2). La deuxième et (malheureusement) dernière saison est diffusée actuellement sur la chaîne cryptée le jeudi soir. C'est absolument sensationnel. Les décors et costumes somptueux donnent un air d'authenticité à l'ensemble, on s'y croirait. D'après plusieurs spécialistes de cette période (de César à Marc Antoine), le souci d'authenticité est indéniable. Le scénario fait d'un centurion, Titus Vorenus, et d'un légionnaire, Titus Pullo, les témoins et participants de cette époque troublée pleine de sang, de sexe, de complots et de morts dont celle de César. D'ailleurs la saison 1 se termine sur ce fait tragique. J'ai déjà vu les deux premiers épisodes de la deuxième saison. Je suis déjà captivée. La première saison comportait 12 épisodes, la deuxième, seulement 10. Cette série a coûté une fortune, plus de 100 millions de US $. Le producteur et distributeur américain HBO ne peut pas dépenser plus. Il est certain que ce genre de production serait trop onéreuse pour la France et même pour l'Europe. Mais qu'est-ce que c'est bien! A voir et à déguster.

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mercredi 4 juillet 2007

Lire un livre directement en anglais

Je reviens sur le livre de Paul Auster, Dans le scriptorium (Travels in the Scriptorium), que j'ai lu en anglais (cf. mon billet d'hier). J'ai éprouvé un grand plaisir à lire à haute voix mentalement ces 130 pages, imprimées en tout petits caractères. Je faisais ma propre traduction. Je ne connaissais pas tous les mots mais je devinais leur sens en comprenant la phrase dans son ensemble. J'ai été impressionnée par la façon dont Paul Auster s'attache à des descriptions précises de ce qui semble être des détails : les vêtements, la couleur des médicaments que prend Mr Blank, ses gestes, etc. A un moment donné, il est entièrement vêtu de blanc. Au début du roman, le narrateur nous précise que "a camera is planted in the ceiling directly above him. The shutter clicks silently once every second, producing eighty-six thousand four hundred still photos with each revolution of the earth" que l'on pourrait à peu près traduire par "au plafond, est installée une caméra qui prend 86 400 photos soit 1 photo par seconde, le temps d'une rotation journalière de la Terre" (1). On ne connaîtra pas la raison de ce fait précis le roman terminé. Pour illustrer la précision des faits racontés par l'écrivain, voici la première phrase du roman : "The old man sits on the edge of the narrow bed, palms spread out on his knees, head down, staring at the floor" qui peut se traduire ainsi : "Le vieil homme est assis sur le bord du lit étroit, les paumes de la main sur les genoux, la tête baissée, fixant le sol". Lisez en anglais (si, si, c'est faisable) ou en français ce roman de Paul Auster car je pense qu'il vous donnera envie de lire les autres.

(1) Suite au commentaire de Gaël ci-dessous, que je remercie, on peut retraduire le passage de la façon suivante "au plafond, est installée une caméra qui prend une photo par seconde chaque 24 h soit 86 400 par jour."

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