lundi 5 mars 2007

Le dernier roi d'Ecosse - Kevin Mc Donald

Après Hôtel Rwanda sur la guerre entre les Utu et les Tutsi, Blood Diamond sur le conflit en Sierra Leone et les enfants soldats, voici le Dernier roi d'Ecosse, en l'occurence Idi Amin Dada, incarné tout en retenue par Forest Whitaker qui vient de recevoir l'Oscar du meilleur acteur en 2007. Le film a été produit par les Britanniques. En 1970, Nicholas Garrigan (James Mc Avoy), jeune Ecossais tout juste diplômé en médecine, décide de partir en Ouganda sur un coup de tête. Par un concours de circonstances qui se révèlera malheureux, il se retrouve médecin personnel d'Idi Amin Dada (Forest Whitaker) et parfois son conseiller. Il ne perçoit pas la folie et la paranoïa de cet homme. On le met pourtant en garde. Il se met à dos toute la communauté britannique. Lui-même sera la cause de la disparition tragique du ministre de la santé et de la troisième femme d'Idi Amin avec laquelle il aura eu une liaison. Quand, vers la fin du film, il sera lui-même torturé et martyrisé, cela se déroulera pendant la fameuse prise d'otages sur Entebbe en 1976. Il sera sauvé par un confrère noir. Il se fera passer pour un des otages libérés. Les toutes dernières images du film montrant le vrai Amin sont extraites du documentaire qu'a fait Barbet Schroeder à l'époque. 300 000 Ougandais ont été massacrés pendant qu'Amin Dada était au pouvoir. Le 11 avril 1979, le dictateur doit s'enfuir d'Ouganda et il meurt en exil en 2003 en Arabie Saoudite. Le film est très sobre et très bien interprété.

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dimanche 4 mars 2007

Henri Troyat

Henri Troyat, disparu vendredi soir, 2 mars 2007, à l'âge de 95 ans, est un écrivain que j'ai découvert sur les conseils de ma mère, il y a plus de vingt-cinq ans. Je ne connaissais pas toutes ses oeuvres mais je conseille à toutes et tous de lire ses cycles romanesques : Tant que la terre durera (1947), Les Semailles et les moissons (1953), La lumière des Justes (1959) et les Eygletières (1965). Ils sont disponibles aux éditions Pocket. Ce sont des livres que l'on lit d'une traite, ils sont tous très bien écrits. Ils font aimer la lecture. A recommander à toutes les générations. 

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samedi 3 mars 2007

Chronique d'un scandale - Richard Eyre

Adapté d'un roman éponyme par Patrick Marber, auteur de Closer, Chronique d'un scandale vaut surtout par l'interprétation des deux comédiennes, Judy Dench et Cate Blanchett, toutes les deux "nominées" aux Oscars 2007. Barbara Covett (Judy Dench) est professeur dans un collège. Elle écrit son journal où elle raconte tout et elle est parfois la narratrice du film en voix off. C'est une personne à la sexualité refoulée tendance lesbienne, pas mariée et pas d'enfant (mais elle a un chat). Elle remarque Sheba Hart (Cate Blanchett), jeune enseignante en dessin arrivée récemment au collège. Celle-ci est mariée à un mari nettement plus âgé et a deux enfants dont un fils trisomique dont elle s'est occupée jusqu'à présent. Lors d'une soirée, Barbara qui épie Sheba, la surprend dans les bras d'un lycéen de quinze ans. Barbara ne la dénonce pas mais elle s'immisce dans la vie de famille de Sheba. Cette dernière ne peut pas s'empêcher de continuer sa liaison avec le jeune homme. Elle ne sait plus où elle en est. Quand enfin, suite à une vengeance mesquine, Barbara dénonce d'une manière détournée la liaison de sa collègue, la vie de famille de Sheba explose sans qu'elle sache qui a fait cela, elle croit que c'est son amant. Elle est renvoyée du collège, quitte son mari et se réfugie chez Barbara. Là, elle découvre le journal. L'histoire est vénéneuse, pas politiquement correcte du tout. La "méchante" Barbara n'est pas punie et n'a pas l'ombre d'un remord pour ce qu'elle fait et la dernière séquence du film la montre jetant son dévolu sur une nouvelle victime en puissance.

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vendredi 2 mars 2007

Au bonheur des ogres - Daniel Pennac

 

Quelqu'un qui m'est très cher m'avait offert, il y a quelques mois, Au bonheur des ogres de Daniel Pennac (1985) collection Folio Gallimard, que j'avais commencé à lire et que j'avais laissé tomber au bout de vingt pages ; je ne comprenais pas ce que je lisais. Je viens de le reprendre et miracle, j'ai lu les 286 pages en 5 heures. J'ai énormément aimé. Le style et la langue peuvent au début, comme pour moi, décontenancer mais au fur et à mesure, le talent de Daniel Pennac est évident dans son écriture de la langue française en jouant avec les mots. Le style est fluide. On est captivé par l'histoire de Benjamin Malaussène et de ses différents demi-frères et soeurs de la même maman mais de papas tous différents et inconnus. Ben est "bouc émissaire" dans un grand magasin: officiellement au contrôle technique et il est en fait payé pour se faire "engueuler" quand un client a eu un problème avec un produit acheté dans le grand magasin. Des attentats à la bombe se produisent dans ce lieu et il est chaque fois aux premières loges et parfois blessé. De témoin, il devient suspect. Après 6 attentats, l'affaire sera résolue, Ben disculpé. On apprendra que ces attentats ont une origine lointaine remontant à la seconde guerre mondiale. Les ogres du titre ont une importance. Les ogres sont connus comme mangeurs de petits enfants. Ici les victimes des attentats ont été des ogres mais d'une autre manière, plus sordide. Puis, je suppose que le titre fait référence au roman d'Emile Zola Au bonheur des Dames qui se passe aussi dans un grand magasin. Enfin Ben, pour endormir son petit frère, lui invente des histoires d'ogres. Je recommande vivement ce roman qui garde son suspense jusqu'au bout.

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jeudi 1 mars 2007

Little Miss Sunshine - Jonathan Dayton et Valerie Faris

Parce qu'il vient d'être récompensé du César du meilleur film étranger après avoir reçu de nombreux autres prix aux BAFTAS (les Césars britanniques) aux Oscars, aux Independent Film Awards et et lauréat du Grand Prix au Festival de Deauville en 2006, le moment est propice à évoquer Little Miss Sunshine qui a été la bonne surprise du dernier trimestre 2006. C'est un grand succès public en France depuis sa sortie et partout où il est sorti. L'héroïne de ce film est une gamine de 8 ou 9 ans, Olive dont le rêve est de gagner un concours de beauté pour petites filles "Little Miss Sunshine" comme il ne peut en exister qu'aux Etats-Unis. Olive a une famille. Un grand frère qui refuse de parler et qui ne communique que par cartons écrits interposés, un grand-père accro à la cocaïne, un père qui fait des conférences sur les gagnants et les perdants, et une maman fumeuse invétérée dépassée par les événements. En effet, quand le film commence, elle apprend que son frère, l'oncle d'Olive, vient de faire une tentative de suicide suite à une déception amoureuse avec un étudiant. Elle le recueille. Et voici que tout ce petit monde décide d'accompagner Olive au concours, en estafette jaune au démarrage laborieux. Plusieurs péripéties surviendront le long du voyage dont les répétitions de la prestation d'Olive. Quand ils arriveront à destination et que le concours aura eu lieu, Olive n'aura pas gagné mais la famille en sortira transformée. Si vous voulez savoir comment, allez voir Little Miss Sunshine, vous passerez un bon moment.

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mercredi 28 février 2007

L'obsédé (The Collector) - John Fowles

Le roman est étrange et traite d'une histoire que l'on n'oublie pas car elle fait froid dans le dos. La narration est faite à tour de rôle par les deux protagonistes (elle par l'intermédiaire d'un journal). L'action se passe en Angleterre dans un comté indéterminé. Lui est un collectionneur, surtout de papillons (morts et épinglés) et quand il la kidnappe, elle n'est rien d'autre qu'un papillon parmi d'autres. Il la trouve belle. Peut-être a-t-il une attirance sexuelle, mais rien ne se passe. Le roman traite avant tout, pour moi, de l'impuissance masculine. Il la tient enfermée dans un genre de cave. Il lui donne tout ce qu'elle veut, mais c'est tout. A un moment, elle arrive à s'évader, mais il réussit à la recapturer. Il n'est pas méchant mais il ne semble rien ressentir. Quand elle meurt de manque de soins, il a une once de pitié mais rien de plus et la fin est très ouverte car une nouvelle victime est en ligne de mire.
En y repensant, l'histoire pourrait faire penser à ce qui s'est passé récemment en Autriche avec la jeune fille enfermée 8 ans dans une cave.
Il est terrifiant de penser que des gens peuvent disparaître ainsi sans que nous les retrouvions.

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mardi 27 février 2007

Martin Scorsese

Enfin il l'a eue, la statuette, l'Oscar! Il était temps! Que l'on aime ou pas les histoires qu'il raconte, quel réalisateur ! Je suis d'une génération qui a eu la chance de voir presque tous les films de Martin Scorsese au cinéma sur grand écran : Mean Street, Taxi Driver, Casino (le meilleur rôle de Sharon Stone), New York New York, les Affranchis (quelle virtuosité dans le maniement de la caméra), Raging Bull (magnifique image en noir et blanc), La Valse des pantins (échec immérité), After hours (excellent), La dernière tentation du Christ (très bonne adaptation du roman de Nikos Kazantzakis). Je viens d'énumérer dans le désordre mes films préférés. Il reste en plus fidèle à son équipe technique dont la monteuse Thelma Schoonmaker. Grand passionné de cinéma, il a beaucoup fait pour certaines restaurations de films. C'est un grand monsieur. Et même si le film Les Infiltrés (The Departed) n'est pas le film que je préfère, tant s'en faut, Martin Scorsese se retrouve enfin récompensé et c'est bien.

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lundi 26 février 2007

Lady Chatterley - Pascale Ferran

Il y a trois mois, j'avais vu le film de Pascale Ferran en avant-première en sa présence et celle de Marina Hands qui viennent d'être récompensées aux Césars. Très gentiment, la réalisatrice avait expliqué qu'elle avait adapté la deuxième version du roman de D.H. Lawrence (1885-1930) qui en compte trois : Lady Chatterley et l'homme des bois. C'était la version dont elle se sentait la plus proche. Pour ma part, j'ai trouvé le film beaucoup trop long, surtout la dernière demi-heure. Il y a même une cassure dans le rythme, comme si la réalisatrice ne savait pas comment conclure, tout s'accélère alors que les deux premières heures prenaient leur temps. En revanche, Marina Hands est digne d'éloges car le rôle n'est pas facile. La rigueur de la réalisatrice lui permet d'éviter l'écueil du film "David Hamiltonien". Que ce film soit récompensé est une bonne chose car c'est un cinéma exigeant, pas très grand public et les Césars vont lui permettre d'avoir une deuxième carrière. Déjà, il a eu le prix du public du Masque et la Plume décerné tous les ans et le prix Louis Delluc qui est un gage de qualité.

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dimanche 25 février 2007

Indigènes - Rachid Bouchareb

Je viens enfin de voir Indigènes dont j'avais déjà fait mention dans mon billet du 24 janvier 2007. J'ai beaucoup apprécié ce film dont l'avant-dernière séquence, qui est un morceau de bravoure, fait penser selon la personne qui m'accompagnait, à la dernière scène du film de Steven Spielberg, Il faut sauver le soldat Ryan. Il s'agit de quatre "indigènes" affrontant tout seuls une unité de l'armée allemande en déroute. Il est important que ce genre de film existe pour faire connaître à un large public un pan peu connu de l'histoire de la seconde guerre mondiale. Les soldats "indigènes" étaient moins bien traités que les Français de souche, pas de permission, pas de promotion après la guerre, ils n'ont pas eu les mêmes droits de retraite d'anciens combattants. Et sans que cela soit dit mais très bien montré, les courriers qu'ils pouvaient envoyer en France ou dans leur pays étaient censurés. C'est à l'honneur du cinéma français d'avoir fait ce film qui rivalise avec les meilleures productions hollywoodiennes à grand spectacle. 

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samedi 24 février 2007

Bug - William Friedkin

Attirée par le sujet, je suis allée voir bug, film adapté d'une pièce de théâtre. Je ne m'attendais pas vraiment à ce que j'ai vu. Quand au bout de 1h35, l'écran devient noir, on est soulagé que l'histoire se termine. Car on a subi une montée crescendo d'une paranoïa schizophrène d'un jeune homme qui surgit dans la vie d'une jeune femme fragile psychologiquement. Son fils a disparu 10 ans plus tôt dans un supermarché et son ex-mari est sorti depuis peu de prison. Le film qui commence très calmement a une certaine unité de lieu (une chambre de motel) et d'action (la dégradation psychologique des deux héros). Le titre bug est très important. C'est l'obsession de l'homme qui pense que des insectes et des nids d'oeufs d'insectes sont sous sa peau, dans les dents. Il a un passé psychiatrique et il est peut-être un ancien de la guerre du Golfe. La chambre du motel se retrouve envahie de papier tue-mouches et dans la dernière séquence, elle est entièrement tapissée de papier aluminium. Scène après scène, l'homme s'automutile, s'arrache les dents et la femme, Agnès, se laisse entraîner dans son délire mais elle l'aime. C'est terrifiant. On peut voir le film comme une paranoïa de l'Amérique. Ame sensible s'abstenir ou sinon considérer que c'est du n'importe quoi comme je l'ai entendu en sortant de la salle.

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