vendredi 19 juin 2015

Mustang - Deniz Gamze Eurgüven

Si, dans les jours qui viennent, vous voulez aller au cinéma, ne ratez surtout pas Mustang de la réalisatrice turque Deniz Gamze Ergüven, qui est sorti mercredi 17 juin 2015. Ce film réalisé par une femme (c'est son premier long-métrage) ne peut que vous toucher et vous plaire. Cinq soeurs unies comme les doigts de la main sont libres et rebelles comme des chevaux sauvages. Elles s'habillent en jean, ont des portables et les cheveux longs sur les épaules. Orphelines, elles ont été élevées par leur grand-mère et leur oncle dans un petit village au bord de la Mer Noire au nord de la Turquie, à près de 1000 km d'Istanbul. A la fin de l'année scolaire, en revenant du collège ou de l'école, elles provoquent un scandale quand on les voit s'amuser avec de jeunes hommes de leur âge au bord de la mer. A partir de là, et après avoir profité d'une relative liberté, Lale (la plus jeune) et ses quatre soeurs ont interdiction de sortir. On les oblige à porter des robes grises informes. On leur donne des cours de cuisine car elles sont destinées à être de bonnes futures épouses. Mais Lale, la plus déterminée, veut à tout prix s'échapper de cette maison devenue une prison. Des barreaux aux fenêtres ont été installés. Dans cette société partriarcale, les femmes n'ont qu'à obéir et surtout arriver vierges au mariage. D'ailleurs, la grand-mère et l'oncle n'ont plus qu'un but: marier ces jeunes filles. Ce sont des mariages arrangés conclus très vite. Heureusement que, pour l'aînée, l'homme qu'elle épouse est bien l'homme qu'elle aime. Pour les trois suivantes, c'est une autre histoire. Les cinq jeunes actrices sont magnifiques, on arrive à croire qu'elles sont soeurs. Le film oscille entre tragédie et comédie (il y a des moments assez jubilatoires) et au bout du compte on voit poindre l'espoir. Courez voir ce film, je parie que vous ne le regretterez pas. A l'avant-première à laquelle j'ai assisté, les spectateurs ont applaudi à la fin. Lire les billets de Chris et Alex qui partagent mon enthousiame.

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mardi 16 juin 2015

Jurassic World - Colin Trevorrow

Et voici, les dinosaures sont de retour, toutes grosses quenottes dehors. Ce film, Jurassic World (le 4ème de la franchise) réalisé par Colin Trevorrow et qui a été produit par Steven Spielberg est une suite avérée du premier Jurassic Park sorti en 1993. L'histoire se passe 20 ans après. Le parc Jurassic a réouvert au même endroit sous l'impulsion d'un laboratoire qui fait naître des animaux préhistoriques en les clonant ou en les créant de toutes pièces, comme l'Indominus Rex. Une grosse bête de 15 m de long, plus grande, plus forte, plus intelligente, plus dangereuse aussi, en un mot "meilleure". Mais les hommes ont oublié qu'on ne joue pas inpunément avec la nature. Dans ce parc visité par plus de 20 000 visiteurs, l'Indominus Rex s'évade de son parc de confinement (je vous laisse découvrir comment). Cet être hybride (mélange de raptor, tyrannosaure, seiche et grenouille) va semer la terreur, croquer quelques personnes au passage et provoquer le chaos. Heureusement qu'Owen Grady, employé du parc (il dresse les raptors) et Claire Dearing (c'est elle qui supervise tout ce qui se passe dans le parc) vont essayer d'affronter le monstre. Comme dans Jurassic Park, deux enfants sont essentiels à l'histoire. Là, il s'agit des deux neveux de Claire qui vont se retrouver face à face avec le monstre. Je n'en dit pas plus sur l'intrigue de ce film très bien fait (les effets spéciaux sont remarquables, on voit les progrès dans l'animation depuis 20 ans - je me suis précipité sur le DVD du 1er Jurassic Park avec mon ami dès notre retour du cinéma). J'ai eu souvent peur. La "French touch" est représentée par Omar Sy même si son rôle n'est pas très conséquent. Inutile de vous dire qu'une suite est envisageable. Le film remplit son contrat à nous distraire.

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samedi 13 juin 2015

Films vus et non commentés depuis le 03 juin 2015

Je commence par Manglehorn de David Gordon Green, dans lequel Al Pacino, qui est un acteur que  j'apprécie beaucoup, joue le rôle d'un serrurier qui vit en compagnie de Fannie, une chatte blanche. Manglehorn (Al Pacino) parle beaucoup tout seul, il ressasse sans arrêt son amour perdu, une jeune femme (qui n'était pas son épouse) dont il a gardé des photos. Il a une pièce à l'arrière de sa maison qui est devenue une sorte de mausolée en son honneur. Manglehorn s'est replié sur lui-même. Il revient un peu à la réalité quand il emmène sa petite-fille au parc ou qu'il échange quelques mots chaque semaine (le vendredi) avec Dawn (merveilleuse Holly Hunter), l'employée de banque à qui il remet sa recette. C'est un film assez déconcertant qui part un peu dans tous les sens. Il y a un arc narratif mais pas vraiment d'histoire. Des personnages secondaires comme le fils de Manglehorn, Jacob ou bien Gary, un ancien toxicomane font des apparitions mais il n'y pas de suites. Si vous aimez Pacino, vous pouvez voir le film. Sinon, passez votre chemin. Lire le billet de ffred.

Je passe maintenant à Comme un avion de Bruno Podalydès, qui reçoit les éloges des critiques et des blogs. Et bien, je vais faire la mouche du coche: je n'ai pas beaucoup aimé. Je me suis même passablement ennuyée comme pour tous les autres films que j'ai vus de ce réalisateur. Bruno Podalydès, pour une fois, s'est choisi pour interpréter le personnage principal de cette histoire. Mais Denis (dans un petit rôle) n'est tout de même pas très loin. Michel (Bruno Podalydès), la cinquantaine rêveuse, passionné par l'épopée de l'Aéropostale, porte la même veste que Jean Mermoz. Qu'à cela ne tienne, il choisit de se mettre au kayak (qui comme sexes est un palindrome). Soutenu dans son entreprise par sa femme Rachelle (Sandrine Kiberlain, lumineuse), Michel se met à "kayaker" (avec un matériel de survie assez considérable) sur une rivière qui doit l'emmener jusqu'à la mer. La balade s'arrête assez vite quand il accoste près d'une auberge guinguette située sur un large terrain. Là, Michel faire la connaissance de plusieurs personnage,s dont la désirable patronne du lieu (Agnès Jaoui). Tout cela m'a paru gentillet. L'histoire fait du surplace. Les interventions du pêcheur qui ressemble à Pierre Arditi ne m'ont pas divertie. J'ai entendu des spectateurs (tous de ma génération ou un peu plus âgés) rire dans la salle pendant la projection: et bien, moi pas. Lire les billets de ffred, Alex-6, Pascale.

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jeudi 11 juin 2015

Dracula est mort

Et oui, Christopher Lee vient de décéder à l'âge vénérable de 93 ans. Pour moi, il restera le Dracula des films réalisés par les studios Hammer à la fin des années 50 début 60. Le cauchemar de Dracula de Terence Fisher (1958) est un film qui m'a beaucoup marquée. Plus récemment, on a pu le voir dans Le seigneur des annneaux dans le rôle de Saroumane. Tel un vampire, je l'ai cru immortel, ce  n'est pas le cas. R.I.P.

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mardi 9 juin 2015

L'Enfer de Church Street - Jake Hinkson

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Repéré chez La petite souris, L'enfer de Church Street de Jake Hinkson nous conte une histoire violente et sanglante mais où transparaît un peu de douceur par moment. Ce roman de 230 pages fait partie d'une nouvelle collection en semi-poche, Neo noir, éditée par Gallmeister (Sept titres sont déjà parus ou vont paraître). Malgré la noirceur du sujet, je me suis attaché au personnage de Geoffrey Webb, un homme très obèse, au bout du rouleau, dont on fait la connaissance quand il est braqué par un malfrat dans une station-service en Oklahoma. Qu'à cela ne tienne, Geoffrey Webb ne se laisse pas faire. Il a seulement besoin de compagnie pendant son trajet qui doit l'emmener à Little Rock en Arkansas. Pour ce faire, il promet au braqueur 3000 dollars pour qu'il l'écoute pendant les 3 ou 4 heures du voyage. Goeffrey raconte sa vie qui a été une descente aux enfers dès sa naissance (son père alcoolique le battait). Devenu aumonier au sein de l'Eglise Baptiste pour Une Vie Meilleure, Geoffrey se rend compte qu'il est à l'aise pour prendre la parole en public. Il découvre "une des vérités fondamentale de cette vie: la plupart des gens veulent seulement que vous leur disiez ce qu'ils ont envie d'entendre". Il sait manipuler les gens par la parole. Peu de temps après son arrivée dans l'Eglise Baptiste, Goeffrey, âgé d'une vingtaine d'années, croise pour la première fois Angela, seize ans, la fille du pasteur. Il en tombe amoureux au premier regard et à partir de là tout va de travers. Les morts s'accumulent. Mais on n'arrive pas à détester Geoffrey devenu un tueur suite à un enchaînement d'événements malheureux. Je n'ai pas réussi à le condamner malgré ses actes meurtriers. En arrière-plan, l'écrivain brosse un portrait grinçant de l'Eglise Baptiste. Un roman que je vous conseille.

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samedi 6 juin 2015

Les douze tribus d'Hattie - Ayana Mathis

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J'avoue tout de suite que je m'attendais à autre chose du premier roman "éblouissant" (dixit la 4ème de couverture) d'Ayana Mathis (Editions Gallmeister, 300 pages). Hattie est une afro-américaine qui, en 1925, vient d'avoir des jumeaux à 17 ans. Arrivée de Georgie en 1923, elle s'est installée à Philadelphie avec son mari August. Les titres de chapitre qui composent le roman se réfèrent aux prénoms des onze enfants (cinq garçons et six filles) et une petite-fille d'Hattie. En 1925, les deux jumeaux d'Hattie, Philadelphia et Jubilee (un garçon et une fille), âgés de sept mois, souffrent d'un refroidissement. Ils sont gravement malades. Dans le chapitre suivant, en 1948, il est question de Floyd, joueur de trompette dans un "jazz band" à la sexualité trouble: il aime autant les garçons que les filles (situation pas évidente pour un Noir, à cette époque, aux Etats-Unis). Puis nous passons à Six, un garçon de quinze ans qui en 1950 va devenir un rêvérend prêcheur dans une église baptiste. Je m'arrête là, ne voulant pas évoquer chacun des chapitres. L'histoire s'arrête en 1980 avec Sala, la petite-fille d'Hattie. Hattie est réellement le personnage central de cette histoire, une femme, une mère et une épouse déçue par son mari. Elle restera marquée par la disparition de ses deux premiers enfants. Elle ne croit pas vraiment en Dieu et elle considère que le monde n'est pas gentil. Elle a un caractère difficile, effrayant parfois ses enfants quand ils sont petits. Elle ne semble pas très maternelle mais ses enfants ont été tout pour elle. Hattie a dû se battre jour après jour pour donner à manger aux siens. Le reproche principal que je ferais au roman est que tout est survolé. On ne sait pas ce que deviennent les enfants d'Hattie, les années passant. D'un chapitre à l'autre, on n'entend plus parler d'eux ou presque. Et certains chapitres ne m'ont pas touchée plus que cela. Enfin, j'ai trouvé que l'écriture d'Ayana Mathis n'avait rien d'exceptionnel. Une lecture pas vraiment indispensable selon moi. Lire les billets d'Alex-mot-à-mots, d'Anne, d'Evalire.

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mercredi 3 juin 2015

Loin de la foule déchaînée - Thomas Vinterberg

Je n'ai jamais vu la version de 1967, réalisée par John Schlesinger avec Terence Stamp et Julie Christie dans les deux rôles principaux. Loin de la foule déchainée réalisé par Thomas Vinterberg qui sort aujourd'hui, 3 juin 2015, et que j'ai vu en avant-première, m'a fait passer un très agréable moment en tant que spectatrice. Il s'agit de l'adaption du roman homonyme de Thomas Hardy (1840-1928) qui date de 1874: c'est le deuxième roman de l'écrivain, écrit juste avant Tess et Jude l'obscur. Le tournage du film a eu lieu dans le sud ouest de l'Angleterre, dans le Dorset, région natale de l'écrivain. On fait la connaissance de Bathsheba Everdene (Carey Mulligan), une jeune femme pas riche mais pleine de fougue à l'esprit indépendant. Elle refuse au tout début de l'histoire d'épouser un berger, Gabriel Oak (Matthias Schoenaerts). Elle ne se considère pas assez riche pour se marier avec lui. Qu'à cela ne tienne, Gabriel, qui est tombé amoureux au premier regard, veillera sur elle de loin. Peu de temps après, suite à un héritage, Bathsheba va devenir propriétaire d'un riche domaine et avoir des prétendants. Et pour son malheur, elle tombe amoureuse de Franck Troy, un soldat assez beau de sa personne mais aux motivations troubles. Elle a jeté son dévolu sur celui qu'il ne fallait pas. Je n'ai pas lu le roman qui doit faire environ 500 pages, mais je subodore que les scénaristes ont fait des coupes sombres dans le déroulement de l'histoire. Mais cela n'empêche pas de regarder ce film de deux heures avec plaisir. Les acteurs sont très bons. et les paysages du Dorset sont beaux. Lire le billet de ffred.

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dimanche 31 mai 2015

L''ombre des femmes - Philippe Garrel

De mémoire, il me semble que L'ombre des femmes (sorti le 27 mai* 2015) est le premier film que je vois du réalisateur Philippe Garrel. J'y suis allée suite aux critiques positives que j'ai lues dans les journaux et parce que j'étais contente de revoir Clotilde Courau qui se fait rare sur les écrans de cinéma. L'ombre des femmes a été le film d'ouverture de la section "La quinzaine des réalisateurs" au dernier festival international du film de Cannes 2015. Mon introduction est un peu longue mais le film, lui, ne l'est pas. Il dure seulement 1H13. Filmé en format 35mm (et non en numérique) dans un très beau noir et blanc, le film nous conte l'histoire d'un couple dans la tourmente de l'infidélité conjugale. La quarantaine tous les deux, Pierre (Stanislas Merhar) est documentariste, et sa femme Manon (Clotilde Courau) est son assistante. Ils vivent de manière précaire, ayant du mal à joindre les deux bouts. Leur logement aurait besoin d'être rénové. A l'occasion d'une recherche documentaire sur la deuxième guerre mondiale, Pierre fait la connaissance d'Elisabeth, une stagiaire. Ils entament une liaison car comme dit la voix off (Louis Garrel) qui ponctue le film, Pierre étant un homme, il n'éprouve aucune gêne de tromper sa femme. Cette situation d'avoir une femme et une maîtresse lui convient bien. En revanche, à partir du moment où il apprend par Elisabeth (Lina Paugam) que Manon a un amant, c'est une autre histoire. Il se sent trahi car il aime Manon. Le sujet est traité de manière relativement légère. Manon, Elisabeth et la mère de Manon sont les personnages les plus intéressants. Ce sont des femmes vivantes et vibrantes face à Pierre plutôt atone. Ce n'est pas un film désagréable à voir (pour les actrices), mais je ne peux dire que j'ai eu le coup de foudre.

* et non juin, comme me l'a fait remarquer Rock07.

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jeudi 28 mai 2015

Meursault, contre-enquête - Kamel Daoud

 

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Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud (Actes sud, 150 pages) est un roman intelligent, riche et très bien écrit qui m'a beaucoup plu. C'est un livre écrit par un "Arabe", un Algérien qui fait honneur à la langue et à la littérature françaises. Journaliste vivant à Oran, Kamel Daoud, né en 1970, est un écrivain sur lequel on devra compter (enfin je l'espère). Ce roman (le premier de l'écrivain), publié d'abord en Algérie en 2013, évoque des thèmes qui ont créé une polémique en Algérie. En revanche, dans ce pays où les livres sont peu diffusés, Meursault, contre-enquête a été vendu à près de 6000 exemplaires (un vrai succès). Le titre très évocateur renvoie bien évidemment au Meursault dans l'Etranger de Albert Camus qui (dans ce roman camusien) tue en 1942 sur une plage, près d'Oran, un Arabe dont on ne sait jamais le nom. Dans le roman de Daoud, le narrateur de l'histoire s'appelle Haroun, il s'agit du frère de l'"Arabe". Avec sa mère M'ma, Haroun a vécu dans le souvenir de cette tragédie. 68 ans après, Haroun, devenu un vieil homme en attendant peut-être la mort, revient sur ces événements. Grâce à lui, on apprend que son frère l'"Arabe" s'appelait Moussa. Haroun ne s'est jamais marié mais il a néanmoins aimé. Devenu fonctionnaire à l'inspection des domaines, il a mené une vie terne en vivant au côté de sa mère. Ce roman permet surtout à Kamel Daoud d'évoquer l'Algérie plus contemporaine qui n'a pas su se moderniser, où la religion prime sur tout le reste. Haroun, qui est devenu athée, déteste la religion qui est pour lui "... un transport collectif que je ne prends pas. J'aime aller vers ce Dieu, à pied s'il le faut mais pas en voyage organisé...". Je le fais rarement, mais j'ai lu une partie du texte à haute voix pour m'en imprégner. Un roman passionnant (qui a été récompensé du Goncourt du 1er roman 2015 et du Prix François Mauriac 2014) que je vous conseille. Il faut noter la première phrase de chacun des deux romans. Dans L'Etranger, « Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » Dans Meursault, contre-enquête, « Aujourd'hui, M'ma est encore vivante ».

Lire le billet plus négatif de Malika.

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lundi 25 mai 2015

Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence - Roy Andersson

Voici un film singulier sorti le 24 avril 2015 qui peut rebuter beaucoup de spectateurs. Un pigeon perché sur une branche... du réalisateur suédois Roy Andersson clôt une trilogie commencée avec Chansons du deuxième étage (2002) et Nous les vivants (2007). Le film se compose d'une suite de saynètes avec comme fil rouge éventuel la présence de deux VRP spécialisés dans les farces et attrapes (ils souhaitent que les gens s'amusent et soient gais). Dans une petite valise sont rassemblés des dents de vampire dont des canines ultra-longues, un genre de coussin rieur et un masque en caoutchouc représentant un "pépé édenté". Le réalisateur commence très fort avec trois rencontres avec la mort: un homme s'effondre sur le sol de sa salle à manger pendant que sa femme est à la cuisine. Dans une cafétéria, devant un cadavre gisant, la caissière demande si la bière et le sandwich payés par le décédé peuvent intéresser une des personnes présentes. Enfin une vieille femme agonisante à l'hôpital ne veut pas lâcher un sac à main que ses enfants essayent de lui retirer. On peut trouver les scènes inégalesn mais certaines m'ont marquée: la prof de danse de flamenco assez rubiconde qui palpe un des danseurs, la tenancière d'un pub à Göteborg dans les années 40 qui se fait payer avec des baisers, l'évocation de la défaite en 1709 du roi Charles XII de Suède face aux Russes (on le voit arriver dans un bistrot pour aller aux toilettes). Le film se compose de 39 scènes filmées en plan fixe des décors dans des couleurs tirant sur le beige. Les personnage ont l'air aussi lugubres que ces décors. Personnellement, j'ai adhéré au parti pris du réalisateur: pas de vrai scénario mais des plans très travaillés du point de vue visuel et sonore. Ce sont des compositions picturales. Le film dure 1H40; aurait-il été plus long que cela ne m'aurait pas dérangée. Le film, qui n'est déjà presque plus projeté à Paris, a reçu le Lion d'or au dernier festival de Venise en septembre 2014.

Lire les billets d'Alex-6 et Pascale.

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