mardi 10 décembre 2019

Le canard à l'orange - William Douglas Home

Depuis presque une semaine, à cause des grèves des transports (et du très mauvais temps) à Paris, et pas mal de travail en fin d'année, je n'ai plus été au cinéma alors que plusieurs films pourraient me plaire. Et j'avoue que j'ai du mal à lire car quand je rentre du boulot, j'ai du mal à me plonger dans une lecture.

Quoi qu'il en soit, si vous passez par Paris avant le 1er janvier 2020, courez voir une "vieille" pièce de boulevard épatante: Le canard à l'orange de William Douglas Home (écrite en 1967), mise en scène par Nicolas Briançon, qui interprète le personnage principal. C'est de l'excellent théâtre à la mécanique bien huilée. Il y a très longtemps que je n'avais pas passé un aussi bon moment au théâtre et j'ai ri de bon coeur.

Un soir, après une partie d'échecs, Hugh Preston, animateur à la BBC, fait comprendre à sa femme, Liz, qu'il sait qu'elle a un amant. Prise au dépourvu, elle avoue qu'elle a une liaison avec John Brownlow, un agent de change avec qui elle doit partir en week-end en Italie. Le divorce est évoqué et, bon prince, Hugh accepte de prendre les torts à sa charge et d'être pris en flagrant délit d'adultère avec sa secrétaire, Patricia. Dans la foulée, il demande à Liz d'inviter John le week-end pour régler le divorce. Le mari, la femme, l'amant et la secrétaire sont réunis. Vous pouvez deviner la suite. Il faut saluer tous les acteurs avec une mention spéciale à François Vincentelli qui interprète le rôle de John. Sa manière de faire bouger ses sourcils est irrésistible. En 2019, il a été récompensé d'un Molière du comédien dans un second rôle bien mérité.

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samedi 7 décembre 2019

"Chérie, je vais à Charlie" - Maryse Wolinski

Alors que cela va bientôt faire cinq ans que le massacre de Charlie Hebdo a eu lieu, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) présente aujourd'hui un livre-témoignage d'une proche d'une des victimes.

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Paru aux éditions du Seuil en janvier 2016 puis réédité en novembre 2016 en « poche » dans l’édition que je possède (coll. Points N°P4462, 137 p.), ce livre raconte l'avant, le pendant et l'après "attentat à Charlie Hebdo" tels que vécus par Maryse Wolinski, seconde épouse du dessinateur.

En ce début 2015, Maryse est la muse de Georges Wolinski (sa "petite fille blonde"...) depuis 47 ans. Elle évoque dans cet ouvrage la situation à Charlie Hebdo telle qu'elle la vivait, indirectement et à travers le prisme que pouvait constituer Wolinski. Le titre cite les derniers mots que lui a adressés Georges, à 9h du matin, le 7 janvier 2015. Dans Charlie, Maryse ne lisait, dit-elle, que les chroniques de Laurent Léger ou Philippe Lançon. Selon elle, Wolinski n'assistait plus à toutes les conférences de rédaction (pas plus que Cabu ou Bernard Maris - selon ce qu'elle en savait -), mais Charb avait demandé à tous les collaborateurs du journal qui le pouvaient de venir partager la galette des rois (sans doute pour annoncer que le roi était à peu près nu désormais, d'un point de vue financier). Très vite, une journée ordinaire avec juste quelques soucis surmontables (un déménagement qui s'annonçait pour le couple, et pour lequel une visite d'appartement était prévue l'après-midi, les soucis professionnels de Wolinski ayant cessé un mois plus tôt sa collaboration avec Le Journal du dimanche, la situation de Charlie Hebdo plus que précaire...) va virer au cauchemar. On assiste à l'annonce à Maryse (dans un taxi), avec avalanche de messages téléphoniques de plus ou moins proches. Son gendre Arnaud, qui s'est précipité sur les lieux de l'attentat, lui conseille de retourner chez elle.... et d'attendre. Temps de sidération, choc, avant qu'Arnaud, encore, confirme la mort de Georges Wolinski. Entretemps, dans le livre, plusieurs dizaines de pages ont été consacrées à la reconstitution de l'intrusion des assassins sur les lieux. Au total 11 appels ont été passés à Police Secours (au 17) par des voisins du journal, le premier à 11 h 18, un quart d'heure avant que les deux meurtiers se fassent ouvrir l'unique accès (porte blindée) à la rédaction de Charlie Hebdo. Ils ne mettront que deux minutes à y tirer 34 balles qui feront 10 morts et 4 blessés. On sent que Maryse a passé des mois à s'acharner à savoir, à interroger, à chercher à comprendre, afin de pouvoir faire son deuil (mais "qu'est-ce que faire son deuil?" - p.130). Elle publie dans ce livre que des témoins ont vu un troisième homme en noir (le chauffeur?), qui n'a pas suivi les assassins chez Charlie. Elle pose la question de savoir qui a pris, quelques semaines avant l'attentat, la décision d'alléger le dispositif de protection dont le journal satirique bénéficiait. Elle relève qu'un syndicat de policiers se plaignait régulièrement du fait que les "protections statiques" (dont celle de Charlie Hebdo, journal qui "crachait" sur tout un chacun, à commencer par les policiers) mobilisaient trop d'effectifs. Ces points seront-ils évoquées lors du procès des attentats de janvier 2015, qui devrait se tenir du 4 mai au 10 juillet 2020?

Et il y a l'"après", la vie sans Georges, avec l'afflux soudain d'argent au journal, malaisé à gérer. Concernant les réactions au massacre telles qu'elle les a vécues, deux pages (p.67-79) seraient presque à citer intégralement. J'en extrais juste trois phrases: "(...) la France, soudée face aux terroristes, s'est mobilisée. Mais quelle France? Les points de vue divergent." Et la question fondamentale, p.70: "pourquoi le mal? D'où vient-il sinon des hommes eux-mêmes, des fanatiques convaincus de détenir la vérité? La bonne vie ne consiste-t-elle pas à se tenir sur le chemin de la vérité sans jamais prétendre la posséder?". Pour finir, Maryse raconte comment elle a décidé, 6 mois après, et pour éviter que l'ensemble soit dispersé lors de son déménagement, de faire don de l'ensemble du contenu de l’atelier de Georges au Centre international de la caricature, du dessin de presse et de l'humour de Saint-Just le Martel (p.111-112). On est touché par le périple de la planche à dessin, ramenée un beau jour des Etats-Unis par Georges (arrivant à l'aéroport tout heureux avec sa planche sous le bras...) et repartant vers sa destination finale sous l'oeil d'une caméra.

J'ai trouvé plusieurs mentions de ce livre sur internet. Je commence bien entendu par citer le site de Maryse Wolinski. Parmi les blogs, je citerai comme en ayant parlé à un moment ou une autre (liste non exhaustive): Camille et ses livres, Le boudoir de Vesper, Les livres de Joëlle, Les deux bouquineuses, Elsa du blog Nuages-de-mots, le blog [de] Nath Litteranath, Sanguine et ses lectures, Les lectures de_Steph, Underground Quadra, La page ouverte [un blog québécois qui parle de "roman" plutôt que de "récit"]. Et enfin une interview de l'auteure sur le blog BD de Nice Matin et du Var matin en novembre 2017.

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Pour le mois prochain, je vais compiler un petit récapitulatif de tous les billets en rapport avec Charlie Hebdo déjà publiés sur le présent blog. Je précise que la matière pour de futures chroniques n'est pas près de me manquer, tant dans une pile d'ouvrages déjà acquis et même déjà parcourus pour certains mais sur lesquels il faut que je rédige, que dans mes "PAL" ou "LAL" ou encore "listes à acheter"...

*** Je suis Charlie ***

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mercredi 4 décembre 2019

Hors normes - Olivier Nakache et Eric Toledano

Depuis le 23 octobre 2019, Hors normes, le film d'Olivier Nakache et Eric Toledano, attire des milliers de personnes, et c'est amplement justifié. La salle où j'étais hier soir était comble et des spectateurs ont applaudi à la fin. Hors normes raconte l'histoire de Bruno (Vincent Cassel) et Malik (Reda Kateb), qui consacrent leur vie à d'autres, ceux dont personne ne s'occupe ni ne veut, des autistes sévères qui vivent pendant des années en milieu fermé. Nos deux héros ont créé en dehors de tout cadre légal des structures qui accueillent des dizaines de jeunes malades. Ils sont aidés par des jeunes, eux-même issus de quartiers difficiles. Bruno est toujours positif en clamant qu'"on va trouver une solution" dès qu'un problème survient: manque d'argent, de moyens et de logement. L'histoire s'attache plus particulièrement à Joseph, dont la mère, jouée par Hélène Vincent, est contente qu'une structure comme celle de Bruno existe. Joseph a la manie de tirer sur les sonnettes d'alarme dans le métro. Et puis il y a Valentin qui porte une protection sur la tête comme un boxeur car il se tape souvent la tête contre les murs. Le traitement du sujet est remarquable. Et pendant ce temps là, l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) fait une inspection qui risque peut-être de leur mettre des bâtons dans les roues. On ne tombe jamais dans le larmoyant. C'est un film optimiste qui fait du bien.

Lire les billets de Géraldine, Pascale, Anne, Ffred et MissFujii.

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dimanche 1 décembre 2019

A couteaux tirés - Rian Johnson

Voici un film très distrayant avec une distribution royale. J'ai vu A couteaux tirés dans une salle comble et le public dont je faisais partie était aux anges. Le scénario d'A couteaux tirés est un mélange d'énigme à la "Agatha Christie" et du célèbre jeu du "Cluedo". Le soir de ses 85 ans, Harlan Thrombey (Christopher Plummer), le patriarche de la famille Thrombey, est trouvé mort, la gorge tranchée, dans sa grande demeure, alors que toute sa famille est présente. Suicide ou meurtre? Ce patriarche avait fait fortune dans l'édition et ses grands enfants, tels des parasites, ont vécu à ses crochets depuis de longues années. Si c'est un meurtre, les suspects sont nombreux. Ils sont interrogés par deux policier dans la résidence pendant qu'un homme reste dans l'ombre en observateur. ll s'agit de Benoit Blanc (Daniel Craig) qui s'intéresse à un personnage qui va passer au premier plan dans l'histoire: Marta Cabrera, l'infirmière d'Harlan dont on apprend qu'elle hérite de l'intégralité de la fortune de la famille. Je ne veux pas en dire plus. Le film comporte de nombreux flash-back qui donnent plein de pistes, vraies ou fausses. Outre Daniel Craig et Christopher Plummer, on a le plaisir de voir Jamie Lee Curtis, Michael Shannon, Toni Collette, Don Johnson (qui vieillit vraiment bien), Chris Evans, et une actrice qui monte, Ana de Armas (qui joue dans le nouveau James Bond sortant en 2020). Courez le voir. Vous ne devriez pas le regretter. Lire le billet enthousiaste d'Anne.

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jeudi 28 novembre 2019

Gloria Mundi - Robert Guediguian

Quand j'ai vu l'affiche de Gloria Mundi de Robert Guediguian, je ne m'attendais pas à un film si noir. L'histoire se passe de nos jours à Marseille de nos jours (une ville que je ne connais pas du tout). Mathilda (Anaïs Desmoutier) accouche d'une petite Gloria. Son mari Nicolas (Robinson Stevenin), son beau-père Richard (Jean-Pierre Darroussin) et sa mère Sylvie (Ariane Ascaride) sont heureux pour elle. Gloria est pratiquement le seul rayon de soleil du film avec Daniel Ortega, le père biologique de Mathilda. Il sort tout juste de prison après avoir purgé une lourde peine. Il avait tué des gens pour se défendre comme le déclare Sylvie. C'est elle qui lui annonce qu'il est grand-père après de longues années de silence. Et puis il y a Bruno (Grégoire Leprince-Ringuet), le compagnon d'Aurore (Lola Naymark) qui est la demi-soeur de Mathilda et la fille de Richard et Sylvie. Ce jeune couple est cynique, jouisseur, déplaisant à tout point de vue. Dans un quartier pauvre de Marseille, ils ont ouvert une boutique qui rachète et revend des produits à bas prix. Ils exploitent des sans-papiers en les faisant travailler "au noir": ils sont tenus de réparer le matériel racheté quand c'est nécessaire. Aurore est jalouse de sa soeur qui était la préférée de la famille et pourtant... Mathilda est vendeuse dans un magasin de vêtements. Elle ne reste jamais longtemps dans un poste. Nicolas essaye de devenir un chauffeur "Uber". Quant à Sylvie, elle fait des ménages de nuit, là où on lui dit d'aller, et Richard est conducteur de bus. Daniel est très content de connaître Gloria dont il commence à s'occuper et il écrit des haïkus. J'en ai déjà écrit beaucoup sur ce film qui ne m'a pas totalement convaincue. Les comédiens sont bien. Ariane Ascaride a été récompensée du prix d'interprétation féminine au dernier festival du cinéma de Venise. Guediguian a une vision très pessimiste sur notre monde d'aujourd'hui. La fin m'a paru logique, mais tout reste en suspens. Un film un peu déprimant au final, ai-je trouvé.

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lundi 25 novembre 2019

Les Misérables - Ladj Ly

Je me suis décidée à aller voir Les Misérables, le film dont tout le monde parle, sorti mercredi 20 novembre 2019, et qui a été récompensé par le prix du Jury au festival de Cannes 2019 et vient d'être sélectionné pour représenter la France aux prochains Oscars en 2020. Les critiques sont unanimes pour dire que le film est extraordinaire.
Il faut reconnaître que c'est un très bon film tant du point de vue de la réalisation que de l'interprétation: les enfants sont formidables et les adultes aussi. Après, j'ai des interrogations sur le scénario, sur ce qu'il raconte. Ce film se regarde comme un thriller haletant mais au bout d'1H20 (le film dure 1H42), j'étais un peu saturée à cause de la violence sur l'écran. Le dernier quart d'heure m'a paru insoutenable. Le réalisateur a certainement voulu montrer que dans certaines cités du grand Paris, les habitants ne sont pas à la fête, mais ce n'est pas un scoop, et que faire? Il ne propose pas de solutions. A Montfermeil, dans le quartier des Bosquets, on aperçoit les "grands frères Musulmans", ceux qui font le relais entre les gens de la cité et la police, comme un qui se fait appeler "Le Maire" ainsi que quelques mères de familles confinées chez elles qui ne se préoccupent guère de ce que font leurs enfants mais sont vindicatives à l'égard des violences policières. Et pendant ce temps là, les gamins, les "microbes", désoeuvrés pendant l'été où se passe l'histoire, s'occupent comme ils peuvent. L'un d'entre eux, Buzz, mate les filles grâce un drone, et un autre, Issa, dérobe un lionceau, appelé Johnny, appartenant à un cirque gitan itinérant. C'est ce vol qui va mettre le feu au poudre car les trois flics, Chris (le Blanc) Pento (le nouveau arrivé de Cherbourg) et Gwada (le Noir) appartenant à la "Bac" (Brigade anti-criminalité), vont commettre une bavure au "flashball" qui sera filmée par le drone. Un film à voir certainement. Après, est-ce que cela va faire changer les choses, je ne sais pas.
Notons encore que Les Misérables de Victor Hugo n'a pas été écrit à Montfermeil comme c'est dit dans le film, mais l'auberge des Thenardier et la fontaine devant laquelle Jean Valjean et Cosette se rencontrent se situent à Montfermeil.

Lire les billets de Pascale, Ffred, Anne, Mymp, Chris, Strum.

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vendredi 22 novembre 2019

La peau des anges - Michael Katz Krefeld / Indésirable - Yrsa Sigurðardóttir

Voici deux romans que j'ai trouvé assez haletants avec des intrigues bien menées.

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La peau des anges du Danois Michael Katz Krefeld (Edition Babel Noir, 487 pages) alterne trois récits, l'un se déroulant en 2010-2012, le deuxième en 2013 et le troisième en 1979-1980. En 2010, Masja, une jeune Lituanienne de 21 ans qui se prostitue, est amoureuse d'un certain Igor avec qui elle rêve de fonder une famille. Lui, en revanche, n'hésite pas à la sacrifier en la vendant à un réseau de prostitution basé en Suède, en échange d'une dette de jeu. Igor vient de perdre 40 000 couronnes danoises au poker, qu'il ne peut évidemment pas rembourser. En 2013, on fait la connaissance de l'ex-inspecteur de policie Thomas Ravnholdt, dont la femme a été assassinée chez elle. Il n'arrive pas à s'en remettre et n'arrête pas de boire. Il vit avec un gros chien baveux. Par l'intermédiaire d'un patron de bar, il accepte d'aider une Lituanienne qui ne sait pas ce qu'est devenue sa fille (Masja) dont elle a aucune nouvelle depuis 2 ans. Dans le même temps, à Stockholm, un sérial-killer sévit, il assassine des jeunes prostituées. Et cela nous ramène dans le passé en 1979... Evidemment, les trois récits vont se rejoindre. J'ai apprécié que ce ne tombe pas dans le glauque. A priori, La peau des anges est le premier volume d'une série. J'espère qu'Actes Sud va traduire les suivants.

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Je passe à Indésirable de l'Islandaise Yrsa Sigurðardóttir (Edition Babel Noir, 317 pages). Là aussi, le récit alterne deux époques: vers 2010 et en 1974 (entre janvier et mars). De nos jours, en préambule, on assiste à une tentative de suicide (d'un père et de sa fille). Oðinn, après avoir travaillé dans l'usine de construction de son frère, travaille dans un bureau gouvernemental. Veuf depuis peu, il a la garde de sa fille Rún qui est perturbée. Il n'arrive pas à savoir si sa femme Lara s'est suicidée ou si sa mort (en passant par la fenêtre de leur appartement) est accidentelle. En remplaçant une collègue décédée subitement, Oðinn est chargé d'enquêter sur un foyer éducatif réservé à des adolescents à problèmes dans les années 1970. A l'époque, deux garçons étaient morts asphyxiés dans une voiture. Par ailleurs, le couple qui dirigeait le foyer a perdu un bébé à la naissance sans que l'on sache ce qu'ils avaient fait du corps. Et donc en 1974, on fait la connaissance d'Aldis, l'un des membres du personnel du foyer. C'est une jeune femme pas forcément très sympathique. C'est par elle qu'on va connaître une partie de l'histoire. On apprend des choses que le lecteur peut deviner, mais je ne m'attendais pas à ce qui nous est révélé dans l'épilogue du roman.

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mardi 19 novembre 2019

J'accuse - Roman Polanski

Les réalisateurs octogénaires sont décidément en forme, après Marco Bellochio (80 ans), Le traître et Costa-Gavras (86 ans), Adults in the Room, c'est au tour de Roman Polanski (86 ans) de nous délivrer un très grand film, J'accuse, sur l'Affaire Dreyfus. Le film est l'occasion de mettre en lumière un militaire, Marie-Georges Picquart (1854-1914), qui s'est battu pour faire reconnaitre l'innocence du capitaine Dreyfus, condamné pour haute trahison, dégradé et déporté à perpétuité à l'ïle du Diable en Guyane en 1895. Libéré au bout de 4 ans, Dreyfus a été rejugé en 1899 pour haute trahison avant d'être gracié en 1906. Le film commence par une séquence impressionnante dans la cour des Invalides qui paraît vide, un panoramique nous fait découvrir des centaines de militaires dont des haut gradés qui assistent à l'humiliation de Dreyfus, dégradé. A partir de là, l'histoire continue avec Marie-Georges Picquard, lieutenant-colonel nommé au service du contre-espionnage, qui va mener son enquête, affronter les militaires qui restent sur leur position, à savoir que Dreyfus, un Juif, est coupable d'avoir révélé des secrets militaires aux Allemands. Même si on connait la fin, le film est passionnant, haletant et servi par une distribution de premier ordre dont Jean Dujardin, absolument remarquable. Les décors et les costumes contribuent à la réussite de l'ensemble. Le succès a l'air d'être au rendez-vous et c'est mérité. Lire les billets d'Anne, Ffred et Pascale.

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samedi 16 novembre 2019

J'ai perdu mon corps - Jérémy Clapin

J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin est un film d'animation français à voir, même si je n'ai pas adhéré complètement à l'histoire, dont la conclusion m'a laissée sur ma faim. L'histoire se déroule en deux temps : d'une part, une main autonome s'échappe d'un frigo dans un laboratoire. Elle avance telle une araignée en contournant tous  les obstacles. On sent qu'elle veut atteindre une destination. D'autre part, Naoufel, un jeune homme à lunettes qui rêvait d'être astronaute et pianiste est très maladroit en livreur de pizzas, mais un jour lors d'une livraison, il tombe amoureux d'une voix, celle de Gabrielle à qui il s'adresse par l'intermédiaire de l'interphone de l'immeuble. De là, Naoufel va devenir apprenti menuisier et sa vie va basculer. L'image, la couleur, l'animation, tout est réussi dans ce film visuellement beau. Il n'est cependant pas recommandé aux jeunes enfants, du fait de quelques moments assez effrayants. Pascale en dit beaucoup de bien, tout comme Ffred.

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mercredi 13 novembre 2019

Derniers jours à Berlin - Harald Gilbers

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Après Germania et Les fils d'Odin, Harald Gilbers, avec Derniers jours à Berlin (10/18, 542 pages), nous entraine à Berlin à partir du 20 avril 1945. Le commissaire Richard Oppenheimer et sa femme Lisa sont terrés dans le sous-sol d'une usine à bière appartenant à un truand, Ed, qu'Oppenheimer connait bien. C'est la dernière fois que la ville est bombardée, mais désormais les Russes sont à 5 km de la ville allemande. Tout est en ruine, les Berlinois ont faim et froid. L'eau potable est rare. Ils savent qu'avec les Russes, les choses vont mal tourner pour les Berlinoises. C'est ce qui arrive d'ailleurs à Lisa qui se fait violer. Mais il faut survivre. Oppenheimer arrive encore à écouter du Beethoven sur son tourne-disque. Un certain Dieter qui porte une mystérieuse valise se réfugie dans le sous-sol de l'usine. Mais Dieter est assassiné peu après et Oppenheimer cache la valise qui est convoitée et par les Russes et par un mystérieux Américain. Le roman se termine le 7 août 1945, un jour après Hiroshima. Plus qu'un roman policier, c'est la description de Berlin et de la vie quotidienne des Berlinois qui rend le roman intéressant. A lire.

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