lundi 10 octobre 2016

14 juillet - Eric Vuillard

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Si vous ne l'avez pas encore lu, précipitez-vous sur ce récit paru tout récemment. Je ne connaissais le style et l'écriture d'Eric Vuillard: c'est superbe. 14 Juillet d'Eric Vuillard (Actes Sud, 200 pages) retrace au plus près les évenements de cette journée historique du 14 juillet 1789 où le peuple de Paris changea le cours de l'Histoire. Depuis quelque mois, la révolte gronde. Les ouvriers sont mal payés et mal nourris. La France souffre de famine, l'hiver 88-89 fut terrible. La dette de la France est exorbitante malgré Necker (qui a lui-même spéculé sur la dette française). Le récit commence le 27 avril 1789 avec la mise à sac et l'incendie de la Folie-Titon (d'où partit la première Montgolfière en 1783), rue de Montreuil, où vivait Réveillon, le directeur de la manufacture royale des papiers peints. Ce même Réveillon qui, quatre jours plus tôt réclama à l'assemblée électorale de son district une baisse de 25% des salaires de ses trois cents ouvriers qui avaient, paraît-il, "la montre dans le gousset". Lors de cette journée, il y eut plus de trois cents morts et autant de blessés. Pendant ce temps là, à Versailles, les gens de la Cour vivent encore dans l'opulence et l'insouciance. La veille du 14 juillet, (il faisait très chaud) le peuple de Paris se prépare à assiéger la Bastille où se trouve la poudre qui permettra de se servir des armes glanées un peu partout: au Mont-de-piété avec les objets gagés, au garde-meuble de la couronne, dans les théâtres et surtout aux Invalides où étaient entreposés 30 000 fusils. La force du récit qui le rend si vivant est que Vuilllard donne des noms, des prénoms, des professions et parfois des âges aux hommes et femmes anonymes qui prirent la Bastille. Un livre à conseiller et à offrir. Lire les billets enthousiastes de Clara, Dominique, Eva, Keisha et Sandrine.

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Je serai peu présente sur les blogs ces prochains jours : je fais une pause vacancière. A très bientôt.

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samedi 8 octobre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers - Tim Burton

Miss Peregrine et les enfants particuliers (peculiar en VO), qui dure 2H07, m'a beaucoup plu pour différentes raisons. D'abord pour l'histoire, dans laquelle des enfants hors normes (une petite fille à la force surhumaine, une autre capable de faire pousser n'importe quoi de végétal en une minute, une jeune fille aussi légère que l'air qui porte des chaussures en plomb pour rester au sol, un garçon entouré d'abeilles qui sortent de sa bouche, une petite fille avec une mâchoire vorace derrière ses cheveux blonds, etc.) vivent dans une belle demeure isolée au Pays de Galles. Ils sont prisonniers d'une boucle (loop en VO) temporelle bloquée au 2 septembre 1943. Puis, pour Eva Green, sublime Miss Peregrine à la chevelure de jais, une "ombline" chargée de protéger ces enfants en étant la gardienne du temps. Quand elle se métamorphose en oiseau, c'est beau et gracieux. Enfin pour les effets spéciaux très réussis comme ceux pendant un affrontement entre squelettes animés et monstres "creux". Ce film où le fantastique et la poésie sont mêlés vaut la peine d'être vu. C'est du vrai cinéma. A conseiller à un public adolescent comme adulte.

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mercredi 5 octobre 2016

Frantz - François Ozon

J'étais allée voir Frantz de François Ozon faute de mieux et, tout compte fait, j'ai été agréablement surprise. Dès les premières images, j'ai été "embarquée" dans cette histoire qui se passe en 1919 d'abord en Allemagne puis en France. Dans un petit village d'Allemagne, Anna se rend tous les jours sur la tombe (vide) de Frantz, son fiancé tué au combat. Elle vit chez les parents de Frantz. Un jour, elle se rend compte que des fleurs fraîches ont été posées sur la tombe et elle croise Adrien, un jeune Français qui les y a apportées. Séjournant temporairement dans le village, Adrien Rivoire va à la rencontre des parents (le père est médecin) de Frantz qui le reçoivent d'abord avec hostilité. En effet, à peine un an après l'armistice, les Français sont vus d'un mauvais oeil. Adrien voudrait avouer le lien qui le lie à Frantz. Mais il n'y arrive pas. Il quitte l'Allemagne sans crier gare et c'est au tour d'Anna de se rendre en France pour retrouver Adrien. Elle connait la vérité qui n'est pas toujours pas bonne à dire et, grâce à elle, les parents de Frantz vont garder une bonne image d'Adrien. Le scénario est adapté d'un film d'Ernst Lubitsch qui date de 1932, lui-même adapté d'une pièce de Maurice Rostant (Le fils ainé d'Edmond). Je ne connais ni l'un ni l'autre. C'est pourquoi j'ai cru, au début, que la relation entre Adrien et Frantz était tout autre que ce qui est révélé. Il faut surtout aller voir le film avec une très belle image en noir et blan pour Paula Beer qui joue Anna. Elle est merveilleuse. Lire les billets de Matchingpoints, de Pascale et de ffred.

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dimanche 2 octobre 2016

Brooklyn Village - Ira Sachs

J'ai eu un peu peur quand Brooklyn Village a démarré car je ne voyais pas où le réalisateur voulait en venir. C'était un peu confus. Puis, tout s'est éclairé pour moi. Jake (Jacob), un adolescent, emménage avec ses parents, Brian et Kathy, dans une maison de Brooklyn qui appartenait au père de Brian. Cet héritage est bienvenu pour Brian (un acteur de théâtre "courant le cachet"), car c'est en effet Kathy qui "fait bouillir la marmite" pour sa famille. Au rez-de-chaussée de la maison, il y a une boutique occupée par Leonor, une couturière sud-américaine qui vivote et payait jusqu'à présent un loyer très bas au grand-père très conciliant. Brooklyn se "boboïsant", Brian et sa soeur Audrey, sans être âpres au gain, rédigent un nouveau bail et triplent le montant du loyer que Leonor ne peut évidemment pas payer. Sans se douter tout de suite de ce qui arrive, Jake et Tony (le fils de Leonor) deviennent les meilleurs amis du monde. Ils se rebellent en se mettent en grève contre leurs parents respectifs. Ils ne leur adressent plus la parole. Leonor qui semblait la victime que l'on plaint devient un personnage odieux quand elle fait des remarques blessantes envers Brian qui, lui, est assez compatissant envers Leonor. J'ai aimé la manière qu'a le réalisateur, Ira Sachs, de filmer New-York, et j'ai été contente de retrouver Greg Kinnear trop rare sur nos écrans. Lire le billet de Chris.

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jeudi 29 septembre 2016

Judas - Amos Oz

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Je continue mes chroniques "livres" avec mes choix de la rentrée littéraire de 2016. Judas (Editions Gallimard, 347 pages) d'Amos Oz m'a permis de découvrir avec plaisir cet écrivain. En 1959, l'Etat d'Israël a 12 ans. A Jérusalem, Schmuel Asch, 25 ans, vient d'arrêter ses études universitaires et en particulier son mémoire sur "Jésus dans la tradition juive". Son amie l'a quitté pour se marier avec un hydrologue. Se sentant mal aimé depuis tout petit, il ne donne plus de nouvelles à sa famille: soeur et parents (le père est ruiné). "Corpulent, barbu, timide, émotif, socialiste, asthmatique, cyclothymique" (sic), Schmuel répond à une annonce originale: tenir compagnie de 17h à 23h à un homme très handicapé, Gershom Wald. Schmuel s'installe dans la demeure de Gershom qui vit là avec sa bru Atalia Abravanel. Dans cette maison, il y a aussi la présence très forte de deux personnes décédées. D'abord Micha, fils de Gershom et époux d'Atalia, tué à 37 ans sur la route de Jérusalem lors de combats. Et puis, il y a le père d'Atalia, Shealtiel Abravanel (personnage fictif), un opposant à Ben Gourion et à la création d'un Etat juif. Comme Judas Iscariote auquel il est aussi fait beaucoup référence dans le roman, Shealtiel Abravanel fut considéré comme un traître. Et pourtant, sans Judas qui fut l'ami le plus proche de Jésus, il n'y aurait pas eu de crucifixion et donc pas de christianisme. Schmuel et Gershom ont des discussions sur le bien-fondé de l'Etat hébreu, sur la position des Arabes, etc. En parallèle, Schmuel ne reste pas insensible à la personnalité d'Atalia âgée de 45 ans, avec qui il aura une petite liaison. J'ai trouvé que le roman, composé de courts chapitres, se lisait relativement vite. Je l'ai aussi trouvé très intéressant. Je le recommande.

Lire les billets d'Eeguab, de Sylire, de Miriam et de Dominique.

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lundi 26 septembre 2016

Victoria - Justine Triet

Je ne voulais pas manquer Victoria de Justine Triet qui rencontre un bon succès critique et public. Hé bien, j'avoue avoir été déçue par ce film, qui n'est pas à proprement parler une pure comédie, même si le public rit dans la salle. J'ai trouvé l'histoire triste, et certaines scènes m'ont mise mal à l'aise, comme le passage dans un tribunal d'un dalmatien et d'une femelle chimpanzé en tant que témoins dans un procès. Victoria Spick (Virginie Efira, très bien), la trentaine, élève tant bien que mal ses deux filles qu'elle confie souvent à des baby-sitters. Avocate débordée, menant une vie quelque peu cahotique, Victoria entre dans une grave période de dépression. Ce n'est pourtant pas le moment de faiblir car elle doit affronter son ex-mari qui écrit sur un blog des articles peu amènes dont Victora est le sujet principal. Par ailleurs, Victoria accepte de défendre un ami, Vincent (Melvil Poupaud) accusé d'avoir agressé sa compagne. Et il ne faut pas oublier Samuel, un ancien client de Victoria. Secrètement amoureux de Victoria, il s'installe chez elle et devient le baby-sitter des filles. Tout va aller de mal en pis même si Victoria rebondit à la fin (on se demande comment). Personnellement, Victoria ne sera pas un des mes films de l'année.

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vendredi 23 septembre 2016

Mr Ove - Hannes Holm

Mr Ove de Hannes Holm n'est pas un film totalement réussi, mais l'histoire m'a touchée. Ove, âgé de 59 ans (il fait beaucoup plus vieux), est veuf depuis 6 mois, et il vient de se faire licencier de l'entreprise où il travaillait depuis 43 ans. Depuis que sa femme Sonja est décédée, il va régulièrement lui parler sur sa tombe et il se met à houspiller ses voisins de la copropriété: il s'agit d'un ensemble de pavillons cerné par une clôture. En ayant vraiment assez de la vie et pressé de rejoindre sa chère Sonja, Ove décide de mettre fin à ses jours de diverses manières (pendaison, asphyxie, etc) qui échouent toutes. Par ailleurs, il n'arrête pas d'être dérangé par un jeune couple, un Suédois et sa femme, réfugiée iranienne, et leurs deux petites filles, nouvellement installés dans un pavillon voisin. Les nombreux flash-back narrent la vie de Ove petit garçon, dont le père travaillait dans les chemins de fer. Plus tard, devenu un grand blond dégingandé, on voit Ove tombé amoureux de Sonja dans un train. Le film pourrait s'appeler "Une vie" où la joie côtoie les chagrins. L'actrice qui interprète Sonja a un faux air de Romy Schneider toute jeunette, elle est charmante. L'ensemble aurait gagné à être plus concis mais je conseille malgré tout ce film qui risque de passer inaperçu.

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mardi 20 septembre 2016

Ada - Antoine Bello

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Parmi la rentrée littéraire de 2016, j'ai porté mon choix sur cinq titres (voir un de mes billets précédents). J'ai commencé par Ada que j'ai lu avec un grand plaisir. Ada d'Antoine Bello (Editions Gallimard, 362 pages qui se lisent d'une traite) est un roman distrayant, amusant et jubilatoire. Dans cette histoire bien écrite et pleine de faceties, Franck Logan est chargé de retrouver Ada, mystérieusement disparue. Franck, âgé d'une cinquantaine d'années est policier et poète à ses heures (il compose des haïkus). Il est marié depuis plus de trente ans à Nicole, une française trotskyste qu'il a rencontrée à Paris pas loin de la Sorbonne. Ils ont deux enfants: Rosa et Leon. Franck doit retrouver Ada, une Intelligence Artificielle (AI) dont la tâche est d'écrire des romans à l'eau de rose style "Harlequin" dans lesquels on trouve aussi des scènes osées. Passion d'automne est le premier manuscrit écrit par Ada juste avant qu'elle ne disparaisse. Pour ce faire, elle a mémorisé 87301 romans du même genre. L'objectif est que 100 000 exemplaires soient vendus. Le programme informatique Ada a été développé par un informaticien du nom d'Ethan Weiss travaillant dans une société dans la Silicon Valley. Je ne vous raconterai rien de plus de cette histoire si ce n'est qu'Ada n'est pas toute seule. Une dizaine d'autres AI sont spécialisés dans d'autres domaines. Ada est un personnage à part entière, qui pense, répond, donne son avis, elle est rusée et arrive à tromper son monde. Avec ce roman, Antoine Bello nous a gâtés. Je vous le recommande tout comme Alex-mot-à-mots.

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samedi 17 septembre 2016

Clash (Eshtebak) - Mohamed Diab

Après Les femmes du bus 678 qui m'avait beaucoup plu, voici Clash de Mohamed Diab. L'histoire se situe au lendemain de la chute du président égyptien Morsi en 2013, un an après son élection. Morsi, appartenant au parti islamiste, a été renversé par un coup d'Etat organisé par l'armée. A la suite de ce coup d'Etat, les manifestations se succèdent et l'armée arrête et entasse des individus, jeunes et vieux, femmes et enfants, dans des paniers à salade aux vitres grillagées, les prisons étant pleines. Le cinéaste, la caméra à l'épaule, s'est enfermé dans cet espace confiné où une vingtaine de personnes représentatives de la société égyptienne se regardent avec hostilité, délimitent des frontières avant de s'épauler néanmoins au gré des événements qui se passent dehors. Le panier à salade en mouvement ou à l'arrêt essuie des jets de pierre ou est atteint par des balles de fusil. Le film qui dure presque deux heures ne m'a pas ennuyée. J'étais vraiment curieuse de savoir comment cela se terminerait. J'avoue avoir été un peu frustrée par la dernière image dissoute dans des faisceaux de lumière. Lire le billet d'Alex-6 et Chris.

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mercredi 14 septembre 2016

Rentrée littéraire 2016

Une fois de plus, la rentrée littéraire 2016 offre des tentations de lecture alors que mes PAL débordent et que j'ai aussi emprunté des romans en bibliothèque. D'autres font des boulimies de nourriture, moi, je me drogue à l'achat compulsif. Je me fais un challenge à moi-même de lire les cinq romans suivants d'ici fin octobre.

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Ada d'Antoine Bello car j'aime cet écrivain et je n'ai rien lu à propos de ce roman sauf celui d'Alex-mot-à-mots. Cela m'intrigue. [chroniqué le 20/09/2016]

Tabou de Ferdinand Von Schirach [chroniqué le 19/12/2016] car j'ai lu ses nouvelles et son roman L'affaire Collini.

Judas d'Amos Oz car j'en ai entendu parler et parce que eeguab et miriam en ont dit du bien. [chroniqué le 29/09/2016]

La double vie de Jesús d'Enrique Serna qui est vivement conseillé par Simone et par une jeune libraire de province où je me rends régulièrement. [chroniqué le 10/11/2016]

L'échange d'Eugenia Almeida est aussi un conseil de cette même libraire. [chroniqué le 10/11/2016]

Et pour vous, qu'en est-il?

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