dimanche 23 février 2014

Le duel - Arnaldur Indridason

P1040751

Dès que j'ai vu qu'un nouveau roman d'Arnaldur Indridason était paru, je n'ai pu résister. Je me suis procuré Le Duel (Editions Métailié noir, 300 pages) sans connaître l'histoire. Ce roman est l'occasion pour Indridason de nous faire remonter le temps, en 1972 pour être précis, juste avant les JO de Munich. A Reykjavik, un duel aux échecs se prépare: Bobby Fisher, l'Américain, contre Boris Spassky, le Russe. Au même moment, dans un petit cinéma de cette ville, un meurtre a lieu. Un jeune homme, un peu simplet, passionné de cinéma, enregistre la bande sonore du film pendant la projection (il est coutumier du fait). Poignardé à mort et son magnétophone disparu, Ragnar était là au mauvais endroit, au mauvais moment. La police criminelle est chargée de l'enquête ou plus précisément le commissaire Marion Briem et son adjoint Albert. Pour ceux qui ont lu les autres romans d'Indridason, vous avez déjà croisé Marion Brem. C'est elle qui deviendra le mentor du commissaire Erlendur. Dans Le Duel, Indridason revient sur la vie de Marion Brem petite fille, atteinte de tuberculose (mal endémique en Islande), qui aura connu des traitements lourds dans des sanatoriums comme d'autres enfants. Un roman qui prend son temps, très agréable à lire. Je recommande, tout comme Dominique.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [27] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 20 février 2014

Les grandes ondes (à l'ouest) - Lionel Baier

Je ne sais pas si le film Les grands ondes (à l'ouest) de Lionel Bailer est sorti dans beaucoup de salles en France. En tout cas, je profite de ce billet pour remercier Chris de l'avoir conseillé. Ce film sans prétention est vraiment sympathique, drôle et sans vulgarité (ce qui devient rare). Cette comédie franco-suisse narre les aventures de deux journalistes de la radio suisse romande qui, en avril 1974, sont envoyés au Portugal pour un reportage sur les aides diverses et variées faites par la Suisse. A son retour, Julie (Valérie Donzelli, très bien), jeune femme ambitieuse, espère animer seule une émission de radio, et Cauvin (Michel Vuillermoz, excellent), un homme parti sur tous les fronts (Afrique, Vietnam, etc.), pense qu'il perd la mémoire. Ils sont accompagnés par Bob (Patrick Lapp, que je ne connaissais pas), technicien du son près de la retraite qui ne quitte pas son van VW d'une semelle. Bien évidemment, rien ne se passe comme prévu, Cauvin s'exprime en italien alors qu'il croit parler la langue portugaise. Les relations entre les deux journalistes sont quelque peu tendues. Un jeune Portugais va leur servir d'interprète. Ils vont faire des rencontres cocasses et constater que le Portugal de ces années-là est en retard au point de vue infrastructures et autres: c'est un pays en friche et les journalistes font des remarques condescendantes sur ce peuple brimé depuis plus de 40 ans par un régime politique dictatorial. Les choses prennent un tournant intéressant quand, le 25 avril 1974, le régime salazariste est renversé lors de la révolution des oeillets (un coup d'Etat militaire). Cauvin, en particulier, va se trouver au coeur des événements de façon inattendue, et Julie et Bob ne sont pas en reste. Tout se termine très "peace and love". Le film dure 1H25, il semble que le bouche-à-oreille fonctionne bien pour lui et c'est tant mieux. S'il passe par chez vous, allez-y!

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 17 février 2014

Ida - Pawel Pawlikowski / Hipotesis (Thèse sur un homicide) - Hernan Goldfrid

En Pologne, au début des années 60, Anna, jeune novice dans un couvent, apprend, avant de prononcer ses voeux, qu'elle est née juive. En effet, la mère supérieure du couvent a convaincu Anna de faire la connaissance de la seule parente qui lui reste: sa tante, Wanda. C'est cette dernière, magistrate dans dans les tribunaux, qui lui annonce que son vrai nom est Ida Lebenstein. Wanda était la soeur de la mère d'Ida. Après quelques échanges aigre-doux, Wanda et Ida partent faire leur enquête afin de découvrir comment sont morts les parents d'Ida pendant la seconde guerre mondiale et où ils ont été enterrés. Le film est marquant à plus d'un titre: il est filmé dans un très beau noir et blanc qui va bien avec l'époque où se passe l'histoire. Les acteurs sont souvent décadrés comme les visages que l'on voit en bas de l'écran. Hors les murs du couvent, Ida découvrira la vie, le sexe, la mort. Pourtant, rien n'entame la fraîcheur du visage lisse et lumineux d'Agatha Trzebuchowska qui interprète Ida. Sur quelques notes de John Coltrane et Adriano Celentano, Ida de Pawel Pawlikowski est un beau film avec une fin qui m'a paru logique, même s'il ne m'a pas totalement enthousiasmée. Je le conseille néanmoins. Lire les billets d'Aifelle et Alex-6.

Maintenant, je passe à un film argentin d'Hernan Goldfrid qui est seulement sorti dans quatre salles à Paris (je ne sais pas ce qu'il en est pour la province). Sorti sous le titre Hipotesis (Tesis sobre un homicidio), j'ai eu le plaisir d'y retrouver un de mes acteurs "chouchous", Ricardo Darin, qui interprète le rôle d'un professeur de droit à l'université, spécialisé en droit pénal. Il dirige un séminaire. Parmi ses étudiants, il en soupçonne un, Gonzalo, d'avoir commis un homicide devant l'université. Un crime gratuit, un crime parfait, peut-être pas le premier. J'ai suvi ce film avec intérêt surtout après avoir "râlé" contre un mangeur de "popcorn" qui m'a gâché les 10 premières minutes du film (c'était insupportable). Il s'est arrêté net, je l'en remercie (il a laissé par terre son carton de popcorn à moitié plein quand il a quitté la salle). Quant au film, même si ce n'est pas un chef d'oeuvre, j'ai aimé la fin qui laisse planer le doute.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
vendredi 14 février 2014

Quattrocento - Stephen Greenblatt

P1040735

C'est grâce à Dominique (que je remercie) que j'ai eu envie de lire Quattrocento de Stephen Greenblatt (Edition Flammarion, 288 pages + 40 pages de notes et 10 pages d'index en fin de volume). Stephen Greenblatt, un universitaire américain, est un spécialiste de Shakespeare. Il ne s'agit pas d'un roman, mais d'un genre d'essai universitaire très accessible pour le grand public qui nous raconte comment un texte, De la nature de Lucrèce (écrivain de l'Antiquité qui vécut peut-être entre -98 et -55 av J.-C.), a été un des facteurs du début de la période de la Renaissance. Il nous brosse surtout le portrait d'un homme, Le Pogge (Poggio Bracciolini), un italien (1380-1459) qui fut secrétaire apostolique auprès d'un Pape. Scribe hautement qualifié célèbre pour sa belle écriture, il savait déchiffrer les parchemins (particulièrement en vélin) qui lui passaient entre les mains, et il les recopiait et les diffusait (c'était sa manière de gagner sa vie). Très bon latiniste, il était aussi un chasseur de manuscrits. C'est en Allemagne, en janvier 1417, dans l'abbaye de Fulda, que Le Pogge découvrira le texte De la nature que l'on croyait disparu (il avait été composé 1400 ans plus tôt). Ce poème de 7400 hexamètres évoque des méditations philosophiques sur la mort, la religion, le plaisir et surtout l'athéisme (l'indifférence à l'égard des dieux). Dans une période, le XVème siècle, où les tribunaux de l'Inquisition étaient encore en activité, le livre de Lucrèce était dérangeant. Le texte développe des idées plus subversives encore (pour l'époque jusqu'à nos jours), comme le fait que "...l'Univers est composé de particules (atomes) élémentaires de matière (humains et animaux compris), que l'Univers n'a pas de concepteur ni de créateur. Les particules n'ont pas été fabriquées et ne peuvent être détruites. L'ordre et le désordre du monde ne sont pas le produit d'un plan divin. La providence est le fruit de l'imagination, etc ..."(pages 204 à 222). Dans ce chaptitre, Greenblatt a établi une liste exhaustive des grandes idées de De la nature (De rerum natura). Puis l'auteur revient sur le personnage du Pogge, mort à 79 ans, père de 18 enfants, qui vécut un temps en Angleterre sans faire de découvertes de manuscrits aussi marquantes. Enfin, Stephen Greenblatt parle de la postérité du texte de Lucrèce, qui influença des hommes comme Montaigne, Molière, Giordano Bruno, Botticelli, Machiavel, peut-être Spinoza, Galilée et Thomas Jefferson, l'un des auteurs de la Déclaration d'indépendance américaine où il est fait mention "La poursuite du bonheur" comme dans le texte de Lucrèce. J'ai trouvé ce livre bien documenté, argumenté, en un mot idéal pour un lectorat américain (si j'ose dire). Je dirais que c'est un peu scolaire mais pas désagréable.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 11 février 2014

Beaucoup de bruit pour rien - Josh Whedon / Les fausses confidences (mise en scène de Luc Bondy)

Quoi de neuf comme actualité théâtrale?

D'un côté, Shakespeare est adapté et joué en robe longue et complet veston; et de l'autre, Marivaux est transposé dans les années 60 dans une mise en scène réussie de Luc Bondy au théâtre de l'Odéon.

Je commencerai donc par William Shakespeare (1564-1616) et sa pièce Beaucoup de bruit pour rien (Much ado about nothing en VO, pièce datant de l'an 1600). Le réalisateur Josh Whedon qui a aussi écrit l'adaptation de la pièce pour le cinéma a choisi de filmer dans un très beau noir et blanc et surtout de déplacer l'histoire dans le temps et l'espace. La pièce d'origine se passait à Messine en Sicile, le film se déroule de nos jours, dans une très belle villa avec piscine certainement aux Etats-Unis. Les personnages sont de haute lignée. Beatrice et Benedict se chamaillent et échangent des propos à fleuret moucheté pendant toute la pièce. A la fin, ils termineront dans les bras l'un de l'autre en même temps qu'un autre couple formé par Hero et Claudio. J'arrête là mon résumé, en ayant omis quelques péripéties dont l'intervention de Dogberry, un officier municipal stupide interprété par Richard Castle (pardon, l'acteur qui joue Richard Castle: Nathan Fillion). Je ne parlerai pas des autres comédiens que je ne connais pas du tout. J'avoue que je n'ai pas été totalement convaincue par le parti pris du réalisateur. J'ai trouvé certains dialogues assez incongrus dans ce contexte moderne. En un mot: surprenant mais je ne regrette rien. La bande-annonce est vraiment bien. En revanche, j'ai préféré la version plus classique réalisé par Kenneth Branagh en 1993 avec Emma Thompson. Mais lire le billet nettement plus positif de Chris.

Je passe maintenant à mon mini compte-rendu sur ma soirée théâtrale du mardi 4 février 2014. J'ai assisté à la pièce Les Fausses confidences de Marivaux (1688-1763), l'une de ses pièces les plus célèbres (elle a été écrite en 1737). La pièce fait salle comble tous les soirs. Il faut dire qu'Isabelle Huppert joue le rôle d'Araminte face à Louis Garrel dans le rôle de Dorante. Tous les autres acteurs sont excellents, en particulier Bulle Ogier dans le rôle de Madame Argante, et mention spéciale (pour ma part) à Jean-Damien Barbin qui interprète Arlequin. Avant que la représentation ne commence, on voit Isabelle Huppert s'exercer au Taï-chi au fond la scène. Puis Dorante et son valet Dubois entrent en scène et la pièce commence. Les sentiments gouvernés par l'argent sont un des thèmes centraux de cette pièce. Araminte est une jeune bourgeoise veuve et riche aimée par Dorante, un jeune homme désargenté qui est prêt à tout pour la conquérir (elle ne le connait même pas). Mme Argante, la mère d'Araminte voudrait que sa fille se remarie avec un Comte. Deux heures dix plus tard, Dorante a conquis Araminte mais leur avenir n'est pas tracé. La mise en scène de Luc Bondy est très aérée comme le décor mobile où le blanc domine. Isabelle Huppert, dans sa robe longue et ses talons hauts, n'écrase pas ses partenaires. Marivaux écrivait dans une très belle langue française où l'imparfait du subjonctif était toujours employé à bon escient. On entend très bien le texte. Le spectacle se donne au théâtre de l'Odéon (que j'aime beaucoup) jusqu'au 23 mars 2014, et après il part en tournée en France (à Lyon et Rennes) et en Europe. Essayez d'y aller si vous trouvez des places.

P1040718

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , , ,

samedi 8 février 2014

La voleuse de livres - Brian Percival / Viva la libertà - Roberto Andò

Les deux points communs entre La voleuse de livres et Viva la libertà sont que ces films sont sortis le même jour, le 5 février 2014, et que je les ai vus tous les deux en avant-première, le premier mi-décembre 2013 et le second courant janvier 2014.

Je commencerai donc par La voleuse de livres du réalisateur Brian Percival (ce dernier a réalisé plusieurs épisodes de Downtown Abbey). Le film est adapté du roman du même nom écrit par Markus Zusak (que je n'ai pas lu). Au début de la seconde guerre mondiale, en Allemagne, Liesel, une jeune fille (dont les parents communistes ont été persécutés) qui ne sait ni lire ni écrire, est adoptée par un couple, les Hubermann (Geoffrey Rush et Emily Watson). Avec l'aide de M. Hubermann, Liesel va apprendre à lire et à écrire, et les livres et la lecture vont devenir sa passion. Elle se met à voler quelques ouvrages chez le bourgmestre de la petite ville où elle habite. Entre Rudy, son meilleur ami et Max, un jeune Juif caché dans la cave des Hubermann à qui elle fait la lecture, Liesel va grandir et vivre des épreuves que je vous laisse découvrir. Le film est long: 2H10. Il se laisse voir car l'histoire est prenante et les comédiens bien choisis. Mais j'ai trouvé l'ensemble un peu trop propret. C'est un film sage. Il faut noter que la mort est le narrateur de cette histoire. Il paraît que le roman est très bien.

Maintenant, je passe à Viva la libertà de Roberto Andò où j'ai eu le plaisir de retrouver un de mes acteurs préférés, Toni Servillo, qui interprète deux personnages, celui d'Enrico, un homme politique italien, leader d'un parti d'opposition, et Giovanni son frère jumeau. Un jour, Enrico fait une dépression et "disparaît" du jour au lendemain. Peut-être est-ce à cause des mauvais sondages concernant son parti. Enrico s'est réfugié en France auprès d'une de ses anciennes conquêtes (Valeria Bruni-Tedeschi). Qu'à cela ne tienne, Bottini, le collaborateur de l'homme politique, a l'idée de remplacer Enrico par Giovanni, son frère jumeau, professeur de philosophie qui effectue un séjour dans un hôpital psychiatrique. Et là, on assiste à un retournement de situation car Giovanni se sort très bien de cette situation périlleuse et il remplace avantageusement son frère. Toni Servillo joue à merveille les deux frères. Rien que pour eux, pardon, pour lui, allez voir le film.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [30] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mercredi 5 février 2014

Minuscule: La Vallée des fourmis perdues - Thomas Szabo et Hélène Giraud

Voilà un film d'animation français qui plaira autant aux grands qu'aux petits. Minuscule: La Vallée des fourmis perdues a d'abord pour origine une série télé que je n'ai jamais vue. Dans une belle région vallonnée de France, une petite coccinelle va être séparée de ses congénères. Qu'à cela ne tienne, grâce à une boîte pleine de morceaux de sucre, elle va se lier d'amitié avec une fourmi noire après l'avoir sauvée de la fringale d'un lézard. Poursuivies par des fourmis rouges belliqueuses, la coccinelle, la fourmi noire et toute une colonie de la même espèce vont parvenir à la fourmilière avec les quelques morceaux de sucre qu'elles auront pu sauver. Car pendant presque 1H30, on assiste à beaucoup de péripéties dont une poursuite dans une rivière. La coccinelle ne se laisse jamais abattre et affronte les dangers avec détermination. Elle fait preuve de beaucoup d'astuce face aux mouches moqueuses, au crapaud, au lézard, sans parler du brochet. Le film est muet (sans dialogues) mais très sonore grâce à de la musique et des bruitages parfois tonitruants et souvent explicites. La fusion entre décors réels et animation est une vraie réussite. Je pense que ce film va avoir du succès et il le mérite.

Je vous donne le lien vers le blog du film qui est assez complet.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : , , ,
dimanche 2 février 2014

Opération Sweet Tooth - Ian McEwan

P1040694

Opération Sweet Tooth (Gallimard, 437 pages), le nouveau roman de Ian McEwan (Solaire) a été pour moi un vrai bonheur de lecture. Avec beaucoup de talent, Ian McEwan (65 ans) se met dans la peau d'une jeune fille de 23 ans, Serena Frome (prononcer "Frume"), très jolie jeune femme un peu naïve, fille d'un évêque anglican. La conscience politique de Serena est née après sa lecture de L'Archipel du Goulag d'Alexandre Soljenitsyne. Au début des années 70, elle va devenir un agent du MI5 (l'équivalent de la DCRI en France de nos jours). Dans cette période troublée de "guerre froide" avec le bloc soviétique (les tensions est-ouest étaient loin d'être terminées), auxquels s'ajoutent les problèmes avec l'Irlande du nord et les menaces venant du Moyen-Orient, Serena (comme d'autres jeunes femmes) va être chargée d'une mission dans le cadre de l'opération "Sweet Tooth". Pour elle, il s'agit d'infiltrer l'univers de Tom Haley, un jeune homme aspirant écrivain qui prépare un doctorat en littérature. A cette époque, le gouvernement voulait tester les opinions politiques d'écrivains au travers de leurs écrits et voir s'ils étaient bien anticommunistes. Serena a été recrutée suite à une aventure sentimentale malheureuse qu'elle a vécue avec Tony Canning, un espion britannique marié et nettement plus âgé qu'elle. Etant au bas de l'échelle au MI5, elle doit faire ses preuves. Ce beau roman d'amour est plein de faux-semblant où le dindon de la farce n'est pas celui que l'on croit. C'est un roman sur la création littéraire, sur l'écriture, sur les liens entre fiction et réalité. Il semble que l'histoire est tirée de faits réels. En 1972, Ian McEwan était un jeune écrivain qui pourrait avoir ressemblé à Tom Haley? Je conseille vraiment ce roman.

Lire le billet enthousiaste de Clara.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [28] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 30 janvier 2014

12 years a slave - Steve McQueen

12 years a slave (12 ans esclave, en VF), du réalisateur et plasticien anglais Steve McQueen (Hunger et Shame), est tiré d'une histoire vraie écrite par Salomon Northrup, un Noir libre du nord des Etats-Unis, et par ailleurs violoniste de talent, qui vivait dans l'état de New-York. En 1841, Salomon fut enlevé, enchaîné, battu comme plâtre et vendu comme esclave sur une plantation en Louisiane. L'histoire, qui est terrible, nous montre comment les Noirs étaient vendus tels des bêtes à l'abattoir. Entièrement déshabillés (il fallait que les planteurs jugent la "marchandise"), ils pouvaient servir de monnaies d'échange pour annuler des dettes entre planteurs. C'est comme cela que Salomon devenu Platt (les négriers lui ont changé son identité) et ses compagnons d'infortune est allé d'une plantation à l'autre. Ils vivaient dans des conditions misérables. Les mamans étaient souvent séparées de leurs enfants pour toujours. Salomon, pendant 12 ans, courbera l'échine et essaiera de se faire oublier pour pouvoir tenir. Certaines scènes m'ont paru insoutenables comme celle des enfants séparés de leur mère, de Salomon pendu à un arbre qui parvient à toucher le sol sur la pointe des pieds (la scène dure un certain temps) sans que personne ne lui vienne en aide, de la jeune esclave Patsey qui n'a plus que des lambeaux de chair dans le dos après une séance de flagellation assez atroce (sans parler du sentiment de jalousie qu'elle provoque chez la maîtresse de la plantation). C'est un film sur la cruauté physique et mentale des hommes envers d'autres hommes. Je n'ai pas été autant émue que je m'y attendais (j'ai entendu des reniflements dans la salle où j'étais). Il me semble qu'il manque quelque chose (mais je ne sais pas quoi) pour que mon adhésion soit complète. C'est très bien filmé, les acteurs sont convaincants, particulièrement Paul Giamatti et Paul Dano qui interprètent deux "ordures" mémorables, et Michael Fassbender qui interprète le personnage le plus intéressant du planteur Edwin Epps, être violent et ambigu. Il semble que 12 years a slave va rafler pas mal d'Oscars, et rien que pour le traitement du sujet, il le mérite. Mais, je le répète, je ne suis pas totalement enthousiaste.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [28] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 27 janvier 2014

Sur ta tombe - Ken Bruen / Le Démon - Ken Bruen

P1040671

Sur ta tombe de Ken Bruen (Editions Fayard, 300 pages) est la neuvième enquête de notre détective privé irlandais préféré de Galway. Et une fois de plus, c'est une réussite. On retrouve donc Jack Taylor plus amoché que jamais (sourd d'une oreille et la patte folle). Dans cette histoire, il va perdre deux doigts de la main droite. Un jour, comme deux autres personnes qui lui sont proches, il reçoit par la poste une petite stèle miniature (un avertissement menaçant). De là, il va affronter une bande de quatre néonazis (dont une jeune fille) qui se débarrassent des "inutiles" (des handicapés physiques et mentaux, des homosexuels, etc.). En même temps et d'un claquement de doigt, il retrouve la trace d'un ecclésiastique trésorier d'une association catholique qui était parti avec tout l'argent de ladite association. Jack boit toujours autant mais il a bon coeur. Il n'hésite pas à dépanner quelques déshérités et il garde toujours quelques amis proches qui l'aide. Mais sa vie privée reste un naufrage. Lire le billet très détaillé de Claude Le Nocher. J'attends la dixième enquête. Un petit mot de la traduction, ce n'est plus Pierre Bondil qui en a la charge depuis que Gallimard ne publie plus les romans de Ken Bruen. Ce traducteur a été remplacé par deux traductrices et ce n'est pas mal du tout.

P1040687

Dans la foulée, j'ai lu le roman précédent de Ken Bruen, Le Démon (Fayard noir, 350 pages). Il s'agit cette fois de la huitième enquête de Jack Taylor. Sur le point de quitter l'Irlande pour les USA, Jack Taylor est obligé (pour une obscure raison) de faire demi-tour. Dès l'aéroport, il croise le chemin d'un certain Monsieur K (Kurt) qui est un être malfaisant, suppôt de Satan. On apprend assez vite qu'il en veut à Jack (mais sans qu'on sache exactement pourquoi). A Galway, ce monsieur K sème la mort sur son passage, en particulier parmi des personnes que Jack a approchées pour une raison ou une autre. J'ai oublié de dire que Jack Taylor est le narrateur de ses histoires où la Guiness et le whisky coulent à flot. La plupart du temps, quand il n'est pas chez lui à lire des romans (surtout des polars), Jack fréquente les pubs et les églises, mais pas pour les mêmes raisons. Une fois de plus, j'ai lu le roman d'une traite. Bruen a un style bien à lui qui me convient bien.

Bien évidemment, je conseille ces deux romans tout comme les sept précédents.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , ,