samedi 22 novembre 2014

Le lecteur de cadavres - Antonio Garrido

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Voici un roman policier au rythme haletant qui vous transporte au XIIIème siècle en Chine dans la ville de Lin'an (aujourd'hui Hangzhou, dans le sud du pays). Le titre Le lecteur de cadavres d'Antonio Garrido (Editions Grasset, 600 pages) est déjà tout un programme. L'écrivain espagnol s'est beaucoup documenté pour écrire ce roman en se servant de la vie du premier médecin légiste de tous les temps. On ne connait rien de la vie de Ci Song né en 1186 mais il a laissé une oeuvre abondante. En 1206, Ci Song a donc 20 ans. Il vient de perdre ses parents dans l'incendie de leur maison, son frère Lu est exécuté pour un crime qu'il n'a peut-être pas commis et sa petite soeur appelée Troisième est atteinte du même mal que les deux soeurs aînées (décédées depuis quelques temps déjà). Song Ci est un homme qui a une particularité physiologique: il ne ressent aucune douleur physique même quand il est blessé. Sinon, grâce un juge, il a pu suivre dès l'âge de 17 ans, des cours à l'université en droit puis en médecine. A 20 ans, Ci est capable de découvrir quelles sont les causes de décès de personnes mortes plus ou moins naturellement. Je vous passe le début de ses aventures dans la ville de Lin'an pour arriver directement dans le palais de l'empereur qui ayant eu ouïe-dire de ses talents, lui demande d'enquêter sur le meurtre d'un eunuque affreusement mutilé appartenant à la cour. D'autres meurtres vont suivre. Iris Bleu, une belle femme aveugle dont le charme fait tourner la tête de Ci va jouer un rôle crucial dans l'histoire. On peut deviner assez vite qui est le coupable mais pas forcément son mobile. C'est vraiment passionnant. On a du mal à lâcher ce roman que je vous recommande. Chez sentinelle parle très bien de ce livre sur d'autres aspects.

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mercredi 19 novembre 2014

Serena - Suzanne Bier / Quand vient la nuit - MIchael R. Roskam / Love is strange - Ira Sachs

Voici trois films américains que j'avais envie de voir et qui somme toute, m'ont plutôt déçu. Je n'ai eu aucun coup de foudre.

Je commence par Serena de Suzanne Bier qui est une adaptation plus ou moins fidèle du roman de Ron Rash. Je n'imaginais pas Serena sous les traits de Jennifer Lawrence. Cette dernière m'a paru un peu "poupine", pas assez femme affirmée. Le personnage du roman est plus flou et c'est cela qui en faisait tout l'attrait. Face à Bradley Cooper, bien brave, Jennifer Lawrence fait ce qu'elle peut pour jouer une "femme fatale". Je n'ai pas retrouvé le côté menaçant du roman, et pourtant on en reconnaît les grandes lignes. En revanche, la fin du film est différente, somme toute plus morale, et donc moins convaincante selon moi.

Je continue avec Quand vient la nuit de Michael R. Roskam (le réalisateur belge de Bullhead, qui ne m'avait pas plu). Pour son passage en Amérique, il a choisi de réaliser un film dont le scénario est adapté d'une nouvelle de Dennis Lehane. Bob (Thomas Hardy) et Marv (James Gandolfini) sont les tenanciers d'un bar de Brooklyn. Ce bar appartient à la mafia Tchéchène qui se sert de ce lieu et d'autres pour blanchir de l'argent sale. Bob est un homme à l'apparence affable qui recueille un bébé pitbull blessé trouvé dans sa poubelle. Ce petit chien lui permet de se rapprocher de sa voisine (Noomi Rapace) dont il est tombé amoureux. Quand Bob et Marv se font braquer la recette d'un soir, l'ordre des choses se dérègle et on découvre la face cachée peu recommandable d'un ou deux personnages. J'avoue n'avoir pas tout compris à l'histoire, ce qui m'a empêchée de l'apprécier autant que je l'aurais voulu. Lire les billets nettement plus positifs de Kathel et Wilyrah.

Je terminerai par Love is Strange d'Ira Sachs qui raconte l'histoire émouvante de Ben et George (John Lithgow et Alfred Molina, très bien tous les deux), un couple d'homosexuels qui vivent ensemble depuis 40 ans et qui décident enfin de se marier. Ce mariage ne convient pas à l'employeur de George (un collège religieux), et George, un professeur de musique et de chant, est renvoyé sur-le-champ. Ben, quant à lui, est peintre. Ils vivent à New-York où les loyers sont chers. La mise au chômage de George force le couple à renoncer à leur grand appartement dont ils ne peuvent plus payer l'emprunt. En attendant de trouver quelque chose dans leurs moyens, George et Ben sont obligés de faire appartement à part: l'un part vivre chez son neveu et l'autre chez des amis. Leur vie devient compliquée et la cohabitation chez les uns et les autres n'est pas facile. Honnêtement, je m'attendais à ce que l'histoire aille dans une direction différente. Il y a peu d'humour, mais la musique de Frédéric Chopin, que l'on entend pendant presque tout le film, est agréable.

A vous de juger ce que vous en penserez.

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dimanche 16 novembre 2014

Silex and the City - 5. Vigiprimate - Jul / Le perroquet des Batignolles (T.2): La ronde des canards - Boujut, Tardi et Stanilas

Voici deux BD que j'attendais avec une certaine impatience, le 5ème tome de Silex and the City et la suite (et pas encore fin) du Perroquet des Batignolles.

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Je commence donc par Silex and the City - 5. Vigiprimate de Jul (Editions Dargaud) où l'on retrouve, comme dans les quatre précédents (il paraît un tome par an), la famille Dot Com en -40 000 avant J.-C. Dans cet album, URL (le garçon) et Web (la fille) décident de quitter le "nid familial" et la vallée. URL part travailler dans une ONG dans le Maghreb paléolithique tandis que Web a gagné à la loterie sa "Darwin card" qui lui permet de partir aux USA (dans le néolithique) pour travailler. Elle rêve de faire du cinéma. Quant aux parents, Spam et Blog, ils décident de faire un voyage en amoureux au Maroc. Pendant sa mission, URL est enlevé par des terroristes. Je vous laisse découvrir comment il sera libéré avec d'autres otages grâce à Web. Une fois de plus, Jul fait une transposition de notre monde actuel dans la préhistoire avec beaucoup d'humour. C'est vraiment un album dans l'air du temps. J'attends bien entendu la suite.

Lire les billets sur les tomes précédents ici, ici et .

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Je continue avec Le perroquet des Batignolles - La ronde des canards de (Michel) Boujut, Tardi et Stanislas (Editions Dargaud). Je ferais remarquer qu'il y a eu un intervalle de trois ans entre la parution du premier album et celui-ci: c'est long. D'autant plus que cinq albums en tout sont prévus (d'après mes renseignements). J'espère que l'intervalle sera moins long avant le prochain. Je rappelle que cette BD est une adaptation d'un feuilleton radiophonique diffusé sur France Inter en 1997.

Nous retrouvons Oscar Moulinet, preneur de son à Radio France, dans sa quête de canards en or où sont dissimulés des bouts de bandes magnétiques. Ces bandes mises bout à bout délivrent un message énigmatique énoncé par Emil Schmutz, vendeur de faux tableaux. Le mystère s'épaissit. Le perroquet fait quelques apparitions indirectes. Il est pas mal question du quartier des Batignolles, de cinéma, de Lyon et de l'institut Lumière, du Louvre et du Radeau de la Méduse. C'est un album très coloré. A la fin de l'épisode, on n'est pas très avancé sur l'énigme et beaucoup de nouvelles questions se posent. Vivement la suite (dans pas trop longtemps, donc, j'espère).

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jeudi 13 novembre 2014

A Girl at my door - July Jung / De l'autre côté du mur - Christian Schwochow

Voici deux films très différents sortis tout récemment et dont je ne connaissais pas les réalisateurs.

Dans le film sud-coréen A Girl at my door de July Jung, des thèmes qui paraissent pas couramment traités dans le cinéma asiatique sont abordés: l'homosexualité féminine, l'enfance maltraitée et les travailleurs clandestins. Une jeune "fliquette", Young-Nam, vient d'être mutée par mesure disciplinaire dans une petite ville de pêcheurs. Elle vit seule dans une maison à la décoration spartiate. Elle n'arrête pas de boire un liquide que j'ai cru être de l'eau, et qui s'avère être de l'alcool. Juste après son arrivée, elle fait la connaissance de Dohee, une gamine de 13 ou 14 ans, battue comme plâtre (et injuriée par la même occasion) par son père et sa grand-mère. La mère a quitté le foyer conjugal depuis longtemps. Dohee, qui a des crises de rage incontrôlables, s'attache à Young-Nam. La grand-mère meurt d'une manière brutale et le père qui est ivre presque tout le temps devient agressif envers Young-Nam. Je vous laisse découvrir comment se déroule l'histoire dont la fin amorale m'a gênée et met mal à l'aise. Un film que je ne reverrai pas. Lire le billet d'Alex-6.

Les grandes qualités du film allemand De l'autre côté du mur sont le rythme narratif (on est tout de suite pris dans l'histoire) et surtout l'interprétation. Jördis Triebel qui interprète Nelly Senff a reçu un prix d'interprétation en Allemagne. En 1978, Nelly et son petit garçon Alexei s'enfuient de RDA et arrivent à Berlin Ouest. Pour devenir citoyenne de RFA afin de trouver un travail et un logement, Nelly doit avoir sa demande d'asile tamponnée 12 fois par différents services qui lui font subir de nombreux interrogatoires. Pourquoi a-t-elle quitté la RDA? Qu'est devenu le père (d'origine russe) de son fils? Est-elle sûre qu'il est bien mort accidentellement? Il est fait souvent référence à la Stasi. En RFA, Nelly loge dans un centre d'accueil où règne la promiscuité et une certaine violence. Les conditions de vie sont dures. Nelly et Alexei essayent de se tenir les coudes même si ce n'est pas facile. Le reproche que je ferais à ce film de Christian Schwochow, c'est sa fin, où beaucoup de questions restent en suspens. C'est frustrant. Un film que je conseille mais sans plus. Lire les avis d'Aifelle et de ffred.

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lundi 10 novembre 2014

Hérétiques - Leonardo Padura

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Je viens d'achever ma lecture des 600 pages du nouveau roman de l'écrivain cubain Leonardo Padura, Hérétiques (Editions Métailié). Keisha en parle très bien et renvoie à des liens très intéressants. Je la rejoins dans les louanges. Le roman se décompose en trois grandes parties: Livre de Daniel, Livre d'Elias, Livre de Judith, et une sorte d'épilogue appelée "Genèse".

J'ai découvert Leonardo Padura (né en 1955) avec Les brumes du passé (où j'ai fait la connaissance de son héros, Mario Conde), j'ai continué avec L'homme qui aimait les chiens et maintenant Hérétiques où on l'on retrouve Mario Conde (ancien flic devenu chasseur de beaux livres), ses amis, son chien mal élevé, son éternelle fiancée et surtout La Havane qui en 2007-2008 suinte toujours la quasi-misère, le manque de tout, le délabrement des maisons et des équipements publics. Dans ce roman, Padura mêle la fiction et la grande Histoire. Il y est pas mal question de la persécution des Juifs entre 1939 et 45, mais l'écrivain revient aussi à la fin de son roman (dans "Genèse") sur les massacres perpétrés en Pologne au XVIIème siècle contre le peuple élu. Un petit tableau de Rembrandt représentant un jeune homme juif ayant servi de modèle du Christ sert de fil rouge au roman.

Dans la première partie, en 1939, Daniel Kaminski, jeune garçon d'origine juive polonaise d'à peine 10 ans réfugié chez son oncle Joseph à Cuba, s'apprête à revoir enfin son père, sa mère et sa soeur Judith qui arrivent en bateau d'Europe avec un tableau de Rembrandt dans leurs maigres bagages. Comme tous les autres passagers, la famille ne pourra pas débarquer mais le tableau, oui... En 2007, le fils de Daniel Kaminski contacte Mario Conde pour savoir ce qui est arrivé au tableau réapparu à Londres pour être vendu aux enchères.

Dans la deuxième partie, nous faisons un saut dans le temps, à Amsterdam (la nouvelle Jérusalem) au XVIIème siècle. Elias Ambrosius Montalbano de Avila, jeune Juif séfarade, devient à force de patience un des élèves de Rembrandt, qu'Elias surnomme "Maître". Il posera aussi pour lui. Et pourtant, dans la tradition juive, les représentations humaines sont interdites. Elias passe outre, il le paiera par un exil forcé. Je vous laisse découvrir ce chapitre passionnant où l'on entre dans l'intimité du plus grand peintre hollandais du XVIIème siècle.

Dans la troisième partie, nous voilà revenus à Cuba en 2008, une jeune fille appelée Judy a disparu depuis 10 jours quand Yadine, une amie de la jeune fille, fait appel à Mario Conde pour la retrouver. Je vous laisse découvrir comme lui le monde des "émo", le lien qui relie Judy et Yadine au tableau. Les ramifications sont nombreuses.

Le roman est vraiment passionnant, facile à lire. Je vous le recommande.

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samedi 8 novembre 2014

'71 - Yann Demange / Paradise Lost - Andrea Di Stefano

Voici deux films plutôt réussis. 

Je commence avec '71 (1971) qui est l'année où se déroule l'histoire. Des jeunes recrues de l'armée britannique sont envoyées sur un champ de bataille particulier: Belfast, capitale de l'Irlande du nord, où, depuis plusieurs années, les protestants orangistes et les catholiques s'affrontent, souvent de manière sanglante. Les deux communautés vivent dans des quartiers différents mais cela n'empêche pas les nombreuses échauffourées. L'action principale se déroule pendant une nuit. Les militaires viennent de se battre contre des catholiques prêts à tout. Deux soldats sont battus sauvagement. L'un est tué d'une balle à bout portant, l'autre, Gary Hook (Jack O'Connell), arrive à s'enfuir dans le dédale des rues de Belfast. Ses poursuivants le traquent. C'est là que les choses se compliquent car on ne sait pas vraiment qui sont ceux qui pourchassent Gary, des "infiltrés", des militaires "pourris", des idéalistes, des catholiques repentis... Tout le monde a l'air de connivence pour faire disparaître Gary, c'est-à-dire l'empêcher de parler. La traque est haletante, l'histoire est bien menée. Tous les acteurs sont bien. Mention spéciale à Jack O'Connell que j'avais découvert dans Les poings contre les murs (Starred up). Lire le billet d'Alex-6.

Je passe maintenant à Paradise Lost d'Andrea Di Stefano. En Colombie, au milieu des années 80, deux jeunes Canadiens et l'épouse de l'un deux découvrent un endroit paradisiaque au bord de la mer. Ils sont surfeurs. L'un des deux, Nick, découvre par la même occasion la femme de ses rêves: Maria, une ravissante jeune femme qui est malheureusement la nièce de Pablo Escobar, chef du cartel de Medellin, traficant de cocaïne. Homme éminemment dangereux, Escobar a des idées de grandeur. Il donne une partie de son argent aux pauvres et tente de se lancer dans une carrière politique. En 1991, poursuivi par le gouvernement colombien, Escobar est obligé de renoncer à sa vie fastueuse, et il se met à éliminer des gens autour de lui. Bien que fiancé à Maria, Nick fait partie de ceux qui doivent disparaître. Je vous laisse découvrir ce qui va arriver à Nick, comment il essaye se tirer de ce piège mortel. Il y a pas mal de suspense. Benicio del Toro qui interprète Escobar est impressionnant. Josh Hutcherson, tout droit sorti de Hunger Games, s'en tire bien. Un film très regardable mais assez violent dans le propos.

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mercredi 5 novembre 2014

The November Man - Roger Donaldson

Je suis allée voir The November Man (L'homme de novembre) sorti le 29 octobre 2014 car j'aime ce genre de film d'action qui lorgne du côté de James Bond. Je n'ai pas été déçue (mon ami non plus), d'autant plus que le personnage principal est incarné par Pierce Brosnan (pas mal du tout) qui interpréta au moins quatre fois l'agent 007. J'apprécie aussi le réalisateur, que la jeune génération ne connaît pas forcément: Roger Donaldson a réalisé entre autres un excellent thriller que je vous recommande, Sens Unique (No Way out, 1987), avec Kevin Costner et Gene Hackman. Pour en revenir à The November Man, Devereaux (Pierce Brosnan), ex-agent de la CIA à la retraite, reprend du service. La femme qu'il aimait, une Russe nommée Natalia, est assassinée. Elle avait réussi à s'emparer de photos compromettantes qui pourraient nuire à un futur haut dirigeant russe. On trouve tous les ingrédients d'un film haletant sans temps mort. Il n'y a pas de ralenti, d'effets spéciaux, mais quelques scènes spectaculaires. C'est du brut(al). les morts sont nombreux et Devereaux montre ses talents tout azimuth. L'action se passe essentiellement à Belgrade. Jusqu'au bout, on se demande qui est le "méchant" de l'histoire qui n'est pas celui que l'on croit. Olga Kurylenko (ex-James Bond Girl dans Quantum of Solace) se défend bien, en particulier face à Alexa, une tueuse redoutable. Un bon film de genre. Lire le billet de Wilyrah qui a plutôt aimé.

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dimanche 2 novembre 2014

Les Vieux fourneaux: Ceux qui restent / Les Vieux fourneaux: Bonny and Pierrot - Lupano et Cauuet

Je vais enfin chroniquer Les Vieux fourneaux: Ceux qui restent après que de nombreux blogueurs/-euses l'aient fait avant moi. C'est parce que le deuxième tome Les Vieux fourneaux: Bonny and Pierrot vient juste de paraître. Et je pense qu'un tome 3 ne tardera pas (1).

Dans Les Vieux fourneaux: Ceux qui restent, on fait la connaissance de Pierrot, Antoine et Mimile qui forment un trio de septuagénaires assez irrésistibles. Anciens ouvriers syndicalistes, Pierre et Antoine ont gardé leur franc-parler. Antoine vient de perdre sa "chère et tendre" Lucette avec qui il était marié depuis 54 ans. Antoine et Mimile sont venus pour le consoler à l'occasion de ces funérailles (ils arrivent en retard). On fait aussi la connaissance de la petite-fille d'Antoine, Sophie, enceinte jusqu'aux yeux, tout le portrait de sa grand-mère (et elle en a le caractère). Comme cette histoire, qui se passe entre la France et la Toscane et entre le passé (les années 60) et le présent, a été pas mal dévoilée sur différents blogs (Noukette, Aifelle, Violette, Moka ou Stephie, sans oublier A_girl_from_earth, pas plus séduite que cela), je n'y reviendrai pas. Je trouve que c'est un album qui mérite plusieurs lectures. Personnellement, j'avoue avoir été un peu déçue à ma première lecture de ce tome que je n'avais pas trouvé si drôle que cela. Et je n'avais pas forcément compris toute l'histoire. Mais en le relisant, j'ai saisi tout le sel de cette histoire bien menée avec des personnages attachants. Certaines répliques font vraiment mouche. Et j'ai donc été très contente (mon ami aussi) de retrouver les trois v... - pardon, seniors - ainsi que Sophie dans un deuxième tome plein de rebondissements (je conseille de lire les deux tomes dans l'ordre).

Dans Les Vieux fourneaux: Bonny and Pierrot, Sophie a accouchée d'une petite Juliette, elle s'occupe toujours de son théâtre de marionnettes (qu'elle a repris à la suite de sa grand-mère Lucette). En voulant soutenir une cause qui tient à coeur à Pierrot (à la fin du premier tome, elle est devenue millionnaire en euros), Sophie crée un drame en envoyant une grosse somme d'argent en liquide à Pierrot avec un mot signé "Ann Bonny" (coïncidence, Ann Bonny était le surnom d'une femme appelée Anita que Pierrot avait tendrement aimé cinquante ans auparavant et qu'il croyait morte). Bien entendu Pierrot est bouleversé. Pendant ce temps, on suit les tribulations d'une bandes de papis et mamies qui commettent des "attentats gériatriques". Ils habitent dans des îlots de l'Archipel Anarchiste Autonome (réseau dont fait partie Pierrot). Je vous laisse découvrir le stratagème astucieux de Sophie qui va convaincre Pierrot qu'Ann Bonny n'est pas Anita, 50 ans après. Dans les nombreuses péripéties de cet album, vous constaterez qu'il est difficile de trouver une baguette de pain toute simple, et aussi comment des airbags peuvent se transformer en bombes redoutables. Si je vous disais que j'ai préféré ce deuxième tome au premier? Je recommande absolument.

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(1) Tome 3, Celui qui part, chroniqué le 16/11/2015.

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vendredi 31 octobre 2014

Magic in the Moonlight - Woody Allen / Le juge - David Dobkin

Voici deux films vus la semaine dernière.

J'ai trouvé le dernier Woody Allen, Magic in the Moonlight, assez mineur, on ne trouve pas la magie annoncée dans le titre, sauf dans la première séquence où Colin Firth, méconnaissable en grand magicien chinois, fait quelques tours sur une scène de music-hall. Quand il se démaquille, il redevient Stanley, un homme dont la réputation est de démasquer les faux médiums. C'est d'ailleurs la mission que lui confie Stanley Burkan, un de ses amis. Stanley doit déceler l'imposture d'une jeune femme appelée Sophie (accompagnée de sa mère). Sophie ,qui loge chez une mère et son fils dans une villa de la Côte d'Azur, semble montrer des vraies dispositions à la voyance. En tout cas, Stanley, pour une fois, est prêt de le croire. Il faut dire qu'il est tombé amoureux de Sophie. C'est un film aussi léger qu'une bulle de savon avant qu'elle n'éclate. On a connu Woody plus inspiré. Mais j'ai apprécié la fin, et Colin Firth et Emma Stone forment un couple charmant.

Je passe maintenant au film Le juge de David Dobkin que je suis allée voir pour Robert Downey Jr (et aussi parce que j'apprécie les films de "prétoire et de plaidoirie"). Hank est un avocat très doué. Il vit à Chicago avec sa fille et sa femme. Il est sur le point de quitter cette dernière. Hank Palmer (Robert Downey Jr) a deux frères et surtout un père, Joseph (Robert Duvall), procureur dans une petite ville de l'Indiana depuis 40 ans. Hank, qui est plus ou moins brouillé avec sa famille, renoue avec le passé à l'occasion des funérailles de sa mère. Il va se charger de la défense de son père, qui est accusé d'avoir renversé et tué un homme. Joseph Palmer est un vieux monsieur gravement malade qui n'a pas pardonné la désertion de son fils. Les rapports houleux entre le père et le fils sont constants pendant le film qui dure plus de 2H. Ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais j'ai aimé la confrontation entre les deux Robert.

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mercredi 29 octobre 2014

L'affaire Collini - Ferdinand von Schirach / L'Eventreur de Pékin - Peter May

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J'avais emporté L'Affaire Collini de Ferdinand von Schirach (Crimes) à l'occasion de mon circuit en Andalousie. C'est un roman court (140 pages, Editions Gallimard) et assez passionnant. L'histoire renvoie une fois de plus au sombre passé de l'Allemagne nazie. Fabrizio Collini, 67 ans en 2001, vient d'assassiner sauvagement Hans Mayer, un octogénaire respectable de la grande bourgeoisie allemande. Caspar Leinen, jeune avocat débutant mais déjà brillant, est commis d'office. Il accepte d'autant plus volontiers qu'il connaissait bien Hans Meyer, qui était le grand-père de son meilleur ami Philipp, mort tragiquement quelques  années plus tôt. Avec ce roman qui a eu pas mal d'échos en Allemagne (où il est paru en 2011), von Schirach montre les failles du système judiciaire allemand, en particulier en ce qui concerne les crimes perpétrés sous le troisième Reich. Une loi promulguée en 1968 et passée inaperçue a changé les délais de prescription pour les crimes commis, selon que l'on est un assassin ou un simple meurtrier. Les haut dignitaires nazis étaient des assassins. Tous les autres, employés de ministère ou soldats, ... n'étaient considérés que comme simples complices (les criminels de bureaux) alors qu'ils avaient autant de sang sur les mains. En postface, on nous dit que "...le ministère fédéral de la Justice a institué une commission d'enquête indépendante pour évaluer l'empreinte laissée par le passé nazi sur le ministère. Ce livre a participé à la mise en place de cette commission". L'écrivain a fait oeuvre utile.

Lire les billets de Luocine et Dominique.

 

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Par ailleurs, je viens juste de terminer L'Eventreur de Pékin, un des romans policiers "chinois" de Peter May qu'il écrivit avant sa trilogie écossaise. Il semble que L'éventreur de Pékin (Babel noir, 425 pages) soit le meilleur de la série. Le titre fait bien entendu référence à Jack l'Eventreur qui a sévi à Londres en 1888, soit 115 ans avant l'histoire qui nous est racontée. Dans ce roman, j'ai fait la connaissance de Li Yan, inspecteur de police et chef de section d'un poste de police. Il vit avec Margaret Campbell, une jolie Américaine blonde aux yeux bleus. Ils ont un petit garçon de 10 mois. Avant de vivre en Chine, Margaret exerçait le métier de médecin légiste. Cela va lui permettre de participer bien malgré elle à l'enquête. A Pékin, un individu à l'esprit malade a décidé de reproduire les crimes de Jack l'éventreur en s'en prenant à de jeunes prostituées et en les dépeçant de la même manière. Dans l'intrigue aux nombreuses péripéties, Li Yan et ses proches vont connaître des moments très difficiles, puisque qu'on apprend que le tueur est un personnage haut placé et capable de tout: nuire à la carrière de Li Yan, expulser Margaret hors de Chine, etc. Tout se déroule en quatre jours. C'est haletant et bien mené. Je recommande.

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