vendredi 13 juin 2014

Les brumes de l'apparence - Frédérique Deghelt / Les amants imparfaits - Pierrette Fleutiaux /Caprice de la reine - Jean Echenoz

En préambule, je voudrais dire que les trois livres ci-dessous n'ont pas vraiment été des coups de coeur même si du point de vue littéraire, je n'ai rien à redire. Mais les sujets ne m'ont pas enthousiasmée surtout les deux premiers.

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Les brumes de l'apparence de Frédérique Deghelt (Actes sud, 360 pages, paru en mars 2014) est le premier roman que je lis de cette auteure. Et je l'ai fait par hasard. J'avoue que l'histoire m'a laissée perplexe. Gabrielle, une Parisienne dans la quarantaine, apprend qu'elle a hérité d'un domaine composé de deux maisons en ruine au milieu d'une forêt traversée par un cours d'eau en plein centre de la France. Gabrielle a une vie active bien remplie, un grand fils et un mari chirurgien esthétique. Avant de les mettre en vente, elle est amenée à passer une nuit dans une des maisons sans électricité et sans réseau téléphonique. Coupée du monde des vivants, dans cet endroit hanté par un ancêtre malfaisant, elle va se découvrir médium: elle voit des personnes décédées. Sa vie privée va s'en trouver bouleversée. Je ne m'attendais pas à ce genre d'histoire. Frédérique Deghelt va jusqu'au bout de son propos avec exorcisme à l'appui. Surprenant.

 

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Les amants imparfaits de Pierrette Fleutiaux (Babel, 300 pages, 2007). J'ai acheté ce roman (paru en 2005 aux éditions Actes Sud) à la foire "Lire à Limoges" en avril dernier. Il m'a été gentiment dédicacé par Mme Fleutiaux. Comme pour Frédérique Deghelt, c'est le premier roman que je lis de cet écrivain. A nouveau, je ne peux pas dire que j'ai été emballée par l'histoire de Raphaël et des jumeaux Camille et Léo. Pierrette Fleutiaux écrit d'une façon qui m'a paru complexe en prenant beaucoup de chemins détournés (ce qui ne m'a pas rendu la lecture facile) pour nous raconter comment Raphaël, 20 ans, Léo et Camille, 17 ans, comparaissent devant un tribunal. Il faut attendre presque 300 pages pour le savoir. Raphäel qui est aussi le narrateur raconte sa rencontre avec Léo et Camille quand il avait 9 ans et les jumeaux 6 ans, dans une petite ville de province au centre de la France. Issus d'une famille aisée, Léo et Camille qui se ressemblent beaucoup fascinent Raphaël (né, lui, dans une famille modeste). Son père est décédé et c'est sa mère qui l'élève. Et pourtant Léo et Camille m'ont paru être des êtres assez ambigus (j'ai cru deviné qu'ils avaient une relation incestueuse), ni très sympathiques ni intéressants. Je suis restée très en dehors de cette histoire et j'ai fini soulagée d'avoir été jusqu'au bout.

 

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Je termine avec Caprice de la reine de Jean Echenoz (Editions de Minuit, 120 pages), qui rassemble sept récits disparates de longueurs inégales. J'ai retenu le premier, intitulé "Nelson". En 7 pages concises et précises, Echenoz nous raconte un moment dans la vie de l'Amiral Nelson en 1802. Borgne, manchot, souffrant de sequelles du paludisme et du mal de mer (!), il est invité à un dîner dans le Suffolk. Là entre deux plats, il quitte la table des convives, s'en va à l'orée des bois alentour et plante des glands qui donneront des arbres. Ces mêmes arbres serviront à contruire des bateaux et des tonneaux. C'est d'ailleurs dans un tonneau rempli d'eau-de-vie que le corps de l'amiral sera conservé, quand il mourra à la bataille de Trafalgar. On retrouve tout l'art d'Echenoz dans ce récit. J'ai aussi beaucoup aimé "Génie civil" (40 pages), sur l'histoire des ponts en général, et d'un pont en particulier, situé en Floride. Un dénommé Gluck, ingénieur en génie mécanique et spécialiste des ponts, est le fil conducteur de cette histoire. Ayant donné rendez-vous à une jeune femme près d'un pont en Floride, il va être le témoin impuissant de la collision d'un bateau contre le pont et tout ce qui s'ensuit à cause d'un orage hors norme. Une fois encore, Echenoz déploie son talent d'écrivain en peu de mots mais tellement évocateurs. Les cinq autres récits m'ont moins convaincue. De cet écrivain, je préfère les quatre romans que j'ai déjà lus.

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mardi 10 juin 2014

Les poings contre les murs (Starred up) - David Mackenzie

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Mercredi 4 juin 2014 est sorti un film que je vous conseille malgré son sujet dur et ses images brutales (le film est interdit aux moins de 12 ans). En Grande-Bretagne, Eric Love, 19 ans, un jeune homme prêt à en découdre, vient d'être transféré d'un centre pour déliquants mineurs vers une prison pour adultes "starred up" (en VO). Dès la première séquence, le spectateur est mis dans le bain. Eric subit une fouille en règle et est installé dans une cellule individuelle. A partir de là, Eric enchaîne les comportements violents (c'est un écorché vif). On découvre par bribes qu'Eric a eu une enfance difficile, victime de la violence des adultes. Balloté de foyer en foyer (sa mère est partie), Eric retrouve son père Neville qui purge une peine à perpétuité dans la même prison. Eric sait se défendre, mais devient la tête de turc de certains détenus et de membres du personnel pénitentiaire (qui le prennent pour un individu irrécupérable). Cependant, son père, lieutenant d'un des caïds de la prison, veille sur lui. Par ailleurs, un éducateur de prison qui s'est attaché à Eric arrive à le convaincre de suivre quelques séances de thérapie en petits groupes qui ont pour but de canaliser la violence. Le film ne laisse aucun répit au spectateur. Jusqu'au bout, on se demande comment tout cela va tourner. Le réalisateur sait maintenir le suspens et aucune scène ne tombe dans le sordide. Après R, voici un deuxième film très réussi sur l'univers carcéral d'autant plus que tous les acteurs sont excellents, Jack O'Connell (Eric) en tête. Le film a été tourné dans une prison désaffectée en Irlande du nord. Lire le billet de Wilyrah.

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samedi 7 juin 2014

X-Men: Days of Future Past - Bryan Singer

Etant fan de cette série depuis le premier opus (déjà réalisé par Bryan Singer et sorti en 2000), je me suis précipitée pour voir X-Men: Days of Future Past où j'ai retrouvé les héros mutants récurrents comme Magneto/Eric et Charles Xavier ainsi que Mystique, Wolverine et quelques autres. Nous faisons aussi connaissance de nouveaux personnages, dont le "méchant" de l'histoire, Bolivar Trask, ou Quicksilver (Vif Argent), un mutant qui a un pouvoir qui ne s'oublie pas. Dans cette histoire, le passé rejoint le futur. Des robots, les Sentinels, créés en 1973, armes de destruction massive de mutants, sont en train de faire beaucoup de ravages, 50 ans plus tard, dans les rangs des mutants et aussi des humains. Ils semblent indestructibles. C'est alors que Charles Xavier a l'idée d'envoyer Wolverine dans le passé, en 1973, à Paris, au moment des négociations pour la paix au Vietnam. Wolverine va tout faire pour que les Sentinels (les robots) ne voient jamais le jour, donc pour changer le futur. Une fois de plus, j'ai beaucoup aimé le film dans son ensemble. Les effets spéciaux sont spectaculaires et réussis (je vous recommande la séquence avec Vif Argent et celle avec Magneto/Eric qui encercle la Maison Blanche grâce à un stade qu'il a soulevé). Je pense aussi que les acteurs sont une fois de plus excellents: Ian McKellen, Michael Fassbinder, Patrick Stewart, James McAvoy, Hugh Jackman, Ellen Page, Jennifer Lawrence, etc. Un bon film de genre que je recommande (j'assume: j'ai adoré).

Lire les billets plus ou moins enthousiastes de Moskau, Ornelune, Ffred, Wilyrah, Mr Vladdy et Géraldine.

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mercredi 4 juin 2014

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire (le film) - Felix Herngren

Après le roman très remarqué (un excellent bouche-à-oreille), chroniqué sur les blogs (dont le mien), l'adaptation cinématographique n'a pas tardé. Sorti mercredi 28 mai 2014, le film, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Felix Herngren se laisse voir même si je l'ai trouvé nettement moins amusant que le roman qu'il est préférable d'avoir lu avant, à mon avis. Allan Karlsson se fait la belle de la maison de retraite où il est pensionnaire, le jour de son centenaire. Il saute par la fenêtre sans se faire mal (du rez-de-chaussée quand même). Allan est un drôle de bonhomme, spécialiste en explosifs. C'est d'ailleurs à cause d'une explosion qu'il s'est retrouvé dans la maison de retraite: il venait de faire sauter une bombe entourée de saucisses qui ont servi à appâter un renard responsable de la mort de son chat Molotov, et son voisinage n'a pas apprécié. Le film alterne les séquences entre le présent et le passé. Après sa fuite, on suit Allan (et sa valise), qui fait la connaissance de Julius, Gunilla et surtout Sonja (une éléphante). Un flic désabusé est sur sa piste ainsi que toute une bande de "méchants" qui veulent remettre la main sur la valise (pleine de billets de banque, et qu'un jeune malfrat lui avait confiée). Et on retrouve Allan depuis sa naissance à des périodes différentes de sa vie tumultueuse: son séjour en hôpital psychiatrique, sa rencontre dans les années 50 avec Staline et Truman, puis en Mai 68 à Paris, et son séjour au goulag avec le frère idiot d'Albert Einstein. Avec toujours ce fil conducteur: les explosifs sous toutes ses formes. C'est un film sans prétention qui, j'espère, donnera envie de lire le roman.

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dimanche 1 juin 2014

Depuis le temps de vos pères - Dan Waddell / Les sept fils de Simenon - Ramon Diaz-Eterovic

Voici deux romans que je vous recommande.

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Dans Depuis le temps de vos pères de Dan Waddell (Editions du Rouergue, 300 pages), on retrouve Grant Foster qui se remet doucement des différents traumatismes corporels qui lui a été infligés précédemment (lire Code 1879) et Nigel Barnes le généalogiste. A Londres, de nos jours, plusieurs personnes sont assassinées et des adolescentes de 14 ans enlevées. Grâce à Barnes, à un cheveu et à l'ADN, on apprend qu'ils sont tous des descendants d'un couple, Sarah et Horton, qui à la fin du XIXème siècle ont commis un péché mortel aux yeux de leur communauté religieuse, les Mormons pour les citer. L'histoire emmène notre généalogiste et une jeune femme policier jusque dans l'ouest des Etats-Unis, en Utah, où sont archivés des millions de noms rassemblés par les Mormons sur un registre des morts. Depuis le temps de vos pères est un roman que j'ai lu en moins d'un week-end. J'ai trouvé l'histoire peut-être moins passionnante que celle de Code 1879 car l'enquête généalogique est nettement plus vite expédiée. L'intrigue m'a paru bien menée. Le troisième tome des enquêtes du généalogiste m'attend sur une de mes nombreuses PAL. Lire les billets de Corinne, Soie, Titine,

Je continue avec Les sept fils de Simenon de Ramon Diaz-Eterovic (Metailié Noir, 280 pages) où j'ai eu le plaisir, une fois de plus, de revenir à Santiago du Chili pour retrouver le détective privé Heredia et son chat Simenon (qui à force de conter fleurette aux chattes de gouttière devient papa de sept chatons). Heradia est toujours fauché mais cela ne l'empêche pas de nourrir son chat à qui il voue une grande affection. Il donne une réponse que j'aime beaucoup quand on l'interroge à propos de son amour pour son chat. Il reprend une citation de Cocteau: "Je préfère les chats aux chiens parce qu'il n'y a pas de chats policiers" (p. 110). Heredia devient suspect d'un meurtre perpétré sur la personne d'un expert-comptable/avocat dans un hôtel miteux où notre privé se trouvait en même temps. L'enquête que mène Heredia lui fait découvrir des malversations à propos de l'attribution de marchés publics à des entreprises peu respectueuses des gens et de la nature. La victime qui s'appelait Gordon était incorruptible. Pour l'aider dans ses investigations, Heredia a l'appui de son ami Anselmo, le kiosquier, de Madame Zara, sa voisine de palier, voyante extra-lucide, et d'un américain grand amateur de bière. La ville de Santiago et ses habitants sont toujours très présents dans ce roman vraiment plaisant.


jeudi 29 mai 2014

Il était une fois l'Orient-Express

Pour une fois, je ne parlerai ni de livres ni de cinéma (quoique...). A l'Institut du Monde Arabe à Paris, se tient, jusqu'au 31 août prochain, Il était une fois l'Orient-Express, une exposition évoquant le train mythique qui traversa l'Europe d'Ouest en Est et inversement pendant plus de 90 ans (avec des interruptions). L'expo se décompose en deux parties: la première permet d'admirer trois wagons de la Compagnie internationale des Wagons-Lits qui ont été rachetés récemment par la SNCF. Les wagons présentés datent des années 1925-1930, époque de l'âge d'or de l'Orient-Express. Un des wagons a été restauré en 2014. Ils sont installés sur le parvis devant l'entrée de l'IMA.

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C'est assez spectaculaire et l'ensemble a beaucoup d'allure. Il est écrit, selon une brochure que je me suis procurée, que chaque wagon pèse 60 tonnes!

Vous remarquez que les caisses où acheter les billets ressemblent à un wagon: 2ème photo au milieu à gauche.

Puis, comme j'y suis allée à l'heure du déjeuner, il n'y avait pas foule et l'attente fut courte. Une jeune guide "conducteur" nous informe brièvement de ce qu'on verra dans les trois wagons: le premier est le restaurant, salle à manger. Le deuxième wagon est composé de compartiments (les photos y sont interdites) dans lesquels sont reconstituées quelques scènes d'ambiance dont le fameux crime de l'Orient-Express (Christie/Poirot); et enfin le troisième wagon est un grand salon avec des fauteuils très confortables. C'est là qu'a été tourné la scène finale du film Le crime de l'Orient-Express de Sidney Lumet (1974) où l'on voit Poirot qui a rassemblé tous les suspects pour révéler qui est coupable du crime.

Voici des photos prises à l'intérieur des wagons avec en particulier les panneaux en verre de René Lalique dans les boiseries en acajou de Cuba.

 

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Puis je me suis dirigée vers la suite de l'expo (dans l'IMA aux niveaux -1 et -2) où sont présentés pas mal de documents, d'affiches, des reconstitutions des couchettes.

J'ai appris que c'est M. Georges Nagelmackers (1845-1905), un Belge né à Liège, fils et petit-fils de banquier et fondateur de la Compagnie internationale des Wagons-Lits, qui a imaginé le train de ses rêves (après un séjour aux Etats-Unis), en s'inspirant des wagons Pullman (Pulman a inventé le wagon-lit). Il a voulu, grâce à ce train, faire l'unité de l'Europe à travers les Balkans dans les années 1880. L'Orient-Express a été créé en 1883. Istanbul a été choisie comme terminus du fait que c'était la pleine période de l'orientalisme à la fin du XIXème siècle. Le voyage durait quatre jours. La clientèle de ce train de luxe (le prix du billet était très cher) était essentiellement composée de militaires anglais, d'archéologues, des écrivains, ainsi que les premiers touristes, et des diplomates. Il y avait aussi des demi-mondaines. Entre les deux guerres mondiales, le réseau s'étend avec une ligne qui partait d'Istanbul jusqu'à Bagdad et Le Caire en passant par Alep en Syrie. Les lignes de l'Orient-Express ont été un reflet de la géopolitique d'époques différentes. Le dernier direct Orient-Express vers Istanbul et Athènes a cessé en 1977.

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Personnellement, j'ai bien aimé cette exposition car ce serait un rêve de pouvoir prendre un jour ce genre de train où tout est luxe et volupté.

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lundi 26 mai 2014

Deux jours, une nuit - Jean-Pierre et Luc Dardenne

Sélectionné en compétition au dernier Festival du film de Cannes qui vient de s'achever le samedi 24 mai 2014, Deux jours, une nuit des frères Dardenne ne m'a pas déçue, même si je n'ai pas retrouvé l'âpreté de L'enfant, du Gamin au vélo, du Silence de Lorna ou même de Rosetta. Il m'a semblé que Deux jours, une nuit était un film serein, apaisé même dans ses rares moments de violence; et le fonds de l'histoire est cynique. Marion Cotillard est présente de la première à la dernière image et filmée au plus près. Elle interprète Sandra, une jeune femme qui sort d'une grave dépression. Mariée et mère de deux enfants, elle est employée dans une usine. Quand commence le film, elle vient d'apprendre suite à un premier vote des salariés qu'elle va être licenciée alors que les 16 collègues de son atelier doivent toucher 1000 euros de prime (sauf un qui touchera 150 euros parce qu'il n'a pas d'ancienneté, et il est en CDD). On apprend que le vote de la majorité des collègues pour la prime et par conséquent pour le licenciement de Sandra a été fait sous la pression de la hiérarchie. Grâce au soutien d'une collègue et de Manu, son mari, Sandra, pendant un week-end (deux jours et une nuit), va faire du porte-à-porte pour essayer de faire changer d'avis ses collègues qui doivent voter une deuxième fois. Sandra est une femme fragile qui désespère d'arriver à faire changer les choses. Elle est devenue fataliste et peut-être suicidaire. On pourra trouver la narration monotone puisque les réalisateurs ne font pratiquement que suivre Sandra d'un endroit à l'autre, d'une porte à l'autre. Marion Cotillard est plutôt convaincante. Son suicide raté l'est moins (son acte paraît factice). Mais j'ai beaucoup aimé la conclusion qui m'a paru pleine de sérénité et porteuse d'espoir. Le film est reparti bredouille de Cannes. Il est vrai qu'il ne méritait pas forcément un prix. Lire les billets de Ffred et Alex-6.

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vendredi 23 mai 2014

L'insoutenable légèreté des scones - Alexander McCall Smith / La madone de Notre-Dame - Alexis Ragougneau

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Voici deux romans que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire et que je vous conseille.

D'abord, L'insoutenable légèreté des scones d'Alexander McCall Smith (Editions 10/18, 420 pages), le 5ème volume de la série "44 Scotland Street" (lire ma chronique précédente). Qu'est-ce que je l'ai attendu avec impatience, sachant qu'en 2010 (au moins), il était déjà paru en anglais! Je ne comprends pas pourquoi l'éditeur 10/18 n'a pas jugé bon de faire paraître cette Insoutenable... plus tôt. En plus, il y a encore quatre autres volumes à venir/traduire. Il faudrait que je remette à l'anglais. Bref. Pour en revenir au livre, comme pour les volumes précédents, l'écrivain passe d'un personnages à l'autre dans de courts chapitres. Nous les retrouvons là où nous les avions laissés. Bruce, après une déconvenue sentimentale que je vous laisse découvrir, va devenir nettement moins imbu de sa personne et même devenir sympathique. Matthew et Harmony, jeunes mariés, partent en voyage de noces aux antipodes, en Australie. Là, ils vont vivre une mésaventure. Cyril, le chien d'Angus, va devenir papa de quelques chiots. Domenica, la voisine d'Angus, envisagerait (pourquoi pas?) de se marier avec Angus. Quant à Bertie, qui est le seul personnage à avoir toujours le même âge (6 ans) depuis le premier volume, il va devenir scout, au grand dam de sa maman Irène. Sinon, le titre du roman me paraît énigmatique, car, sauf oubli de ma part, il n'est pas du tout question de scones dans les différentes histoires. Pour ceux qui n'ont jamais abordé cette série, je vous conseille quand même de les lire dans l'ordre en commençant par le premier.

Je continue avec La madone de Notre-Dame, le premier roman d'Alexis Ragougneau (Viviane Hamy, 200 pages), que j'ai estimé très réussi. L'intrigue tient la route et c'est bien écrit. Le roman se déroule sur une semaine. Un meurtre est commis dans la cathédrale de Notre-Dame à Paris au moment du week-end de l'Assomption. Il concerne Luna Hamache, une jeune "beurette" court vêtue que l'on retrouve étranglée. Une partie de son anatomie a été bouchée à la cire de cierge. Claire Kauffmann, une jeune procureur aidée par Landard, un policier borné, boucle rapidement l'enquête. Un coupable idéal est appréhendé, un jeune homme amoureux de la Vierge Marie. Mais ce n'est pas lui le meurtrier. A partir de là, un prêtre, le père Kern qui souffre d'une maladie mystérieuse depuis l'enfance (il a des poussées de fièvre et il ne mesure qu'1m48) et auquel on s'attache vite, reprend les investigations qui vont le mener à démasquer le vrai coupable. Ce roman a vraiment de grandes qualités. Tout au plus me semblerait-il que certains personnages ne sont peut-être pas assez fouillés et sont parfois laissés de côté un peu abruptement (comme par exemple la procureur et le policier Landard). J'espère qu'Alexis Ragougneau ne s'arrêtera pas là.

Lire les billets de Claude Le Nocher, La petite souris, Valérie, ainsi que celui de Eeguab (suite à son commentaire ci-dessous).

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mardi 20 mai 2014

The Homesman - Tommy Lee Jones

The Homesman est en compétition dans la sélection officielle du Festival International du film de Cannes (14-24 mai 2014). Il est sorti dimanche 18 mai dans toutes les bonnes salles de Paris et province. Voici un film (de l'acteur réalisateur Tommy Lee Jones) qui est vraiment réussi car l'histoire sort des sentiers battus dans le genre "western". Mon ami (qui l'a vu avec moi) trouve qu'il est dans la lignée de La dernière piste de Kelly Reichardt et de Impitoyable de Clint Eastwood. Dans ce film, quatre femmes sont les personnages principaux. En 1854, quelque part dans le Nebraska, en plein coeur des Etats-Unis, Mary Bee Cuddy (Hilary Swank), 31 ans, célibataire, apparaît dure à la tâche. C'est elle qui mène la charrue tirée par deux mules. Elle laboure dans un paysage plat qui s'étire à perte de vue et que j'ai trouvé hostile. Elle rêve d'épouser un homme qui l'épaulerait. Mais les hommes du cru la trouvent revêche et autoritaire. Ces mêmes hommes préfèrent aller chercher eux-mêmes une jeune fille pleine d'illusions "dans l'Est". Mary Bee, courageuse et de bonne volonté, se retrouve à emmener trois femmes à l'esprit dérangé (et grâce à des flash-back, on comprend malheureusement pourquoi) dans l'Iowa, l'Etat voisin situé à l'est du Nebraska. Elles doivent être recueillies par le pasteur d'une paroisse. Dans ce périple long de plusieurs centaines de kilomètres, Mary Bee est aidée par un dénommé George Briggs (Tommy Lee Jones), qu'elle a sauvé de la pendaison. Le chemin est semé d'embûches entre les Indiens, les aléas climatiques et quelques individus peu recommandables. Le réalisateur, qui a co-écrit le scénario, montre la conquête de l'Ouest côté envers du décor, si je puis dire. Car, au XIXème siècle, ces migrations de femmes et d'hommes vers des terres inconnues étaient éprouvantes et tournaient parfois à la tragédie. Tout le monde n'arrivait pas à s'acclimater. Les maisons étaient de simples masures en briques de terre crue battues par les vents. Les gens mourraient de dysenterie ou d'autres épidémies. Seuls les plus costauds, tant du point vue physique que psychologique, arrivaient à survivre. Le rythme du film est plutôt lent mais il convient bien au récit. Un film que je conseille - et mon ami aussi. Lire le billet de Choupynette.

PS du 22/05/2014: précisons que ce film est tiré du livre (western) The Homesman de Glendon Swarthout (1918-1992), chroniqué notamment par Hélène, Le Bouquineur, ... Je n'ai pas encore mis la main dessus.

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samedi 17 mai 2014

Cyber menace - Tom Clancy / L'appel du coucou - Robert Galbraith (pseudonyme de J.K Rowling)

Voici deux "pavés" relativement vite lus.

Cyber menace (Editions Albin Michel, 720 pages) est le premier roman de Tom Clancy que je lis. Tom Clancy (disparu en octobre 2013) l'a co-écrit avec Mark Greaney. J'ai été attirée par le titre, la menace cybernétique, le cyber espionnage, le cyber sabotage. Les "méchants" de l'histoire sont une poignée de Chinois qui travaillent en sous-main pour le gouvernement chinois, qui veut étendre son influence au large de la mer de Chine. Ce roman décrit l'affrontement entre deux grandes puissances, d'un côté les Américains et de l'autre les Chinois, par cyber attaques interposées. Au milieu, nous trouvons Jack Ryan, le président des Etats-Unis et son fiston, Jack Ryan junior, qui travaille dans une agence de renseignements très secrète. Le roman assez haletant comportent de nombreuses scènes d'action où les victimes ont surtout à voir avec l'informatique. Vous pouvez deviner la fin de l'histoire: le monde libre est sauvé grâce aux Américains (pour l'instant). Roman idéal pour l'été. 

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Maintenant, je passe à L'appel du coucou (Editions Grasset, 570 pages) de Robert Galbraith (pseudonyme de J.K Rowling), qui se lit très agréablement. Un certain John Bristow demande à Cormoran Strike, un détective privé unijambiste (il a perdu une jambe au combat en Afghanistan), de rouvrir une enquête. En effet, Bristow, qui a connu Strike pendant l'enfance, n'est pas convaincu par la thèse de la police qui a établi que sa soeur, Lula Landry, s'est suicidée trois mois auparavant en se jetant du balcon de son appartement en plein Londres. Lula Landry, une jeune femme noire, était un mannequin célèbre, riche à millions et vraiment très jolie. Spike accepte d'autant plus la demande qu'il est dans une passe financière difficile. Et sa fiancée vient de le quitter. Il vit et dort dans son bureau. Cette manne financière inespérée lui permet d'engager une secrétaire intérimaire, Robin Ellacott. A eux deux, ils vont dénouer les fils d'une intrigue retorse dans laquelle nous est révélée l'histoire d'une famille où se mêle la folie, l'appât du gain et la jalousie. Beaucoup de personnages sont des suspects potentiels, car Cormoran et Robin découvrent que Lula (surnommée "le coucou" par un des ses proches) a en effet bien été assassinée. L'intrigue est menée tambour battant, même si je trouve que le roman aurait été meilleur avec 60 pages de moins. Après Une place à prendre, J. K. Rowling confirme qu'elle a tourné la page "Harry Potter". Il semble qu'une suite avec Robin et Cormoran est prévue. 

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Lire les billets de sylire, dominique et Le Papou.

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