dimanche 3 août 2014

La planète des singes : l'affrontement - Matt Reeves

Dans cette suite de La planète des singes : les origines, nous retrouvons les chimpanzés et autres grands singes autour de César leur chef. Quelques années ont passé depuis qu'une épidémie de grippe simienne a décimé la population humaine. La séquence d'ouverture est spectaculaire: les singes en nombre s'apprêtent à attaquer... un troupeau de cerfs; et ils y arrivent, en tuant un gros ours par la même occasion. Pendant ce temps-là, quelques centaines d'humains qui n'ont pas été touchés par l'épidémie et vivent retranchés à San Francisco en ruine cherchent à remettre en marche un barrage qui leur permettrait de se fournir en énergie. Or ce barrage est situé dans le territoire qu'occupent les singes. L'affrontement entre hommes et animaux a lieu quand un chimpanzé, Koba, veut prendre la place de César (qu'il trouve trop proche des humains) et devenir le chef. Je retiens que les singes arrivent à prononcer des mots mais qu'ils s'expriment surtout en langage des signes. Il y a des "méchants" et des "gentils" tant du côté humains que du côté des singes. J'ai trouvé le film bien fait (de ce côté-là, rien à dire) mais à mon avis son défaut principal est que les grands singes ont des comportements trop anthropomorphes dans leurs travers comme dans leurs qualités. Cela m'avait moins sauté aux yeux dans le film précédent. Cela n'empêche pas que vous pouvez aller voir le film (un western en 2D, c'est très bien).

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jeudi 31 juillet 2014

Expo 58 - Jonathan Coe / Ils désertent - Thierry Beinstingel

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 Voici deux romans que je conseille même si j'ai trouvé que le roman de Jonathan Coe n'était pas le meilleur de l'écrivain.

Je commence donc par Expo 58 de Jonathan Coe (Editions Gallimard, 300 pages), que j'ai lu il y a déjà plus d'un mois. J'ai trouvé que l'histoire qui s'étire en longueur n'était pas spécialement passionnante (il ne se passe pas grand-choses), et cela manque de nerf (quoi qu'en dise la 4ème de couverture); et pourtant cela avait tout pour me plaire: l'évocation de la foire-exposition universelle de Bruxelles en 1958 (entre avril et octobre de cette année-là), sur fond de guerre froide avec un zeste d'espionnage, peut-être une histoire d'adulturère, surtout des personnages qui sortent de l'ordinaire. Thomas Foley, marié à Sylvia et père d'une petite fille depuis peu, travaille au ministère à l'information à Londres. Il vient de rédiger avec brio le texte d'une brochure vantant les mérites du Royaume-Uni. Cette brochure est destinée à être vendue dans le pavillon britannique au sein de la foire-exposition. De plus, étant belge par sa mère et ayant eu un père qui a tenu un pub pendant 20 ans, Thomas est choisi par ses supérieurs pour superviser la gestion du pub Britannia qui doit être un des bâtiments vedettes de la foire-exposition. Thomas s'installe pour six mois à Bruxelles en laissant sa famille derrière lui. Arrivé sur place, il croise quelques jolies jeunes femmes, un journaliste russe et deux compères, Wayne et Radford (très Dupont et Dupond mais nettement moins sympathiques). L'histoire s'accélère vers la fin, mais cela n'a pas suffi à mon bonheur. Lire le billet nettement plus positif de veranne.

Je recommande en revanche haut et fort (en remerciant Aifelle) un livre que j'ai emprunté à la bibliothèque, Ils désertent de Thierry Beinstingel (Fayard, 250 pages lues d'une traite en une journée). Dans cette oeuvre décomposée en chapitres courts, le narrateur s'adresse alternativement à deux personnes. Il emploie le "Tu" quand il s'agit de la jeune femme diplômée de commerce et "Vous" quand il s'agit de l'"ancêtre", un homme de 58 ans, VRP en papier peint que sa boîte voudrait virer. Cette même entreprise vient d'embaucher la jeune femme comme directrice des ventes et lui demande de licencier l'"ancêtre" qu'elle ne connaît même pas. Lui est un passionné de Rimbaud (sa correspondance plus que ses poèmes), tandis qu'elle apprécie quelques oeuvres d'Hannah Arendt dont La condition de l'homme moderne. Quand il va voir ses clients fidèles depuis 40 ans, il sort ses échantillons reliés comme un beau livre. La jeune femme ("la petite sportive" comme l'"ancêtre" la surnomme) a des doutes sur la mission qu'on lui confie. Je vous laisse apprécier cette histoire touchante et dont la fin m'a plu. Je n'avais jamais découvert cet écrivain, c'était un tort.

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lundi 28 juillet 2014

Les grandes séries américaines des origines à la fin des années 70 - Alain Carrazé et Christophe Petit

Après avoir trouvé dans une librairie d'occasion un ouvrage intitulé Les grandes séries américaines des origines à 1970 (Huitième art éditions, 200 pages) qui rappelle quelques séries américaines bien connues des origines aux années 70, je confesse que Mannix, Les Mystères de l'ouest, L'homme de fer (dans son fauteuil roulant), Mission impossible (et la disquette qui s’autodétruit), Le Fugitif, Les Envahisseurs (avec le petit doigt raide, et qui se dissolvent quand ils meurent), Kojak (crâne chauve et sucette), Cannon, Les Incorruptibles, Bonanza, Daktari (avec le lion Clarence et la guenon Judy), Ma sorcière bien aimée (j’adore le générique), Au nom de la loi (qui a fait connaître Steve McQueen) ont fait partie de mes bons souvenirs télévisuels de mon adolescence. Je pourrais aussi citer d’autres séries de la même époque comme Les Monroe, Les Bannis, Peyton Place, La grande vallée et quelques autres. J'ai eu le plaisir de revoir en DVD certaines séries comme Hawaï Police d'état ou Perry Mason.

L’ouvrage, qui n’est plus disponible sauf d’occasion, date de 1994. Il se décompose en 28 chapitres évoquant chacun une série. Illustrés par beaucoup de photos, les chapitres sont rédigés par différents rédacteurs dont l’écrivain Martin Winkler. Ce dernier a rédigé les chapitres concernant Zorro, Max La menace (jamais vu) Les mystères de l’ouest, La Quatrième dimension, Au-delà du réel, Mission impossible et Agents très spéciaux (avec Robert Vaughn et David Mc Callum: une série que j’aime beaucoup). A la fin de chaque chapitre, on trouve la fiche technique, la diffusion en France et les titres des épisodes. Le livre est vraiment très bien fait. Cela ne m'empêche pas de bien apprécier les séries toutes récentes comme Murdoch, Miss Fisher, Fringe, House of cards, Mad men ou NCIS.

Et vous, quelles ont été ou quelles sont vos séries préférées ?

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vendredi 25 juillet 2014

The face of Love - Arie Posin / Les hommes! De quoi parlent-ils? - Cesc Gay

Dans cette période estivale, certains films qui sortent ne bénéficient pas forcément de beaucoup d'échos dans la presse et ils sortent dans peu de salles.

Voici deux films sortis en juillet 2014 à Paris que j'ai beaucoup appréciés.

D'abord The Face of Love de d'Arie Posin (2013) avec Annette Bening et Ed Harris. A Los Angeles, Nikki (Annette Bening) n'arrive pas à se remettre de la mort de son mari Garrett, qui s'est noyé cinq ans auparavant au bord d'une plage au Mexique. Elle pense et rêve toujours à lui. Jusqu'au jour où elle croise la route de Tom (Ed Harris), un peintre qui est le sosie parfait de Garrett. Le traitement de l'histoire m'a plu car il n'est jamais mièvre. Les acteurs sont à l'aise dans leur rôle, on y croit. C'est une belle histoire d'amour, qui se termine mal, mais avec l'espoir que Nikki va enfin vivre au présent et non plus dans le passé. J'ai senti que les spectateurs dans la salle ont été touchés par cette histoire. "The Face of Love" est le titre d'un tableau que l'on découvre à la fin.

Les hommes! De quoi parlent-ils? de Cesc Gay (2012) est un film espagnol (Una pistola en cada mano en VO) qui risque de passer inaperçu, d'ailleurs Chris pensait qu'il ne serait pas distribué en France. En tout cas, sorti dans 3 salles le 9 juillet 2014, le film ne se donne plus qu'à 3 séances dans une petite salle à Paris (c'est tout à fait dommage). Nous étions 20 dans la salle. Le film qui dure 1H33 se décompose en 5 parties à peu près égales et une conclusion. Deux hommes se rencontrent au bas d'un ascenseur. Ils se sont perdus de vue depuis des années. En échangeant des propos, ils réalisent que leur vie est plutôt désastreuse. Dans la séquence suivante, un homme divorcé ramène son petit garçon chez son ex-épouse avec qui il entame une discussion: il aimerait bien reprendre la vie commune. Dans la troisième saynète, dans un parc, un homme attend sur un banc, un autre promène son chien. On apprend que l'un est l'amant de la femme de l'autre. Dans la quatrième partie, un homme observe une jeune femme au sein d'une entreprise. Nous sommes en début de soirée, il y a une sorte de petite fête. L'homme fait des avances à la femme qui lui répond du tac au tac et retourne la situation à son avantage: le dialogue est vif. Enfin, dans la dernière séquence, une femme prend en stop un homme et lui dit des choses gênantes sur l'homme avec qui elle vit. Parallèment, la copine du passager de la voiture fait de même avec l'ami de la conductrice. A la fin les deux hommes se retrouvent en compagnie de certains protagonistes des premières saynètes à une soirée dînatoire. J'ai été un peu longue sur ce film, mais c'est que les 5 séquences valent la peine d'être décrites; et le tout est très bien joué. Il faut dire que la distribution est de premier ordre: Javier Camara, Ricardo Darin, Eduardo Noriega, Luis Tosar et quelques autres moins connus. J'espère que ce film sortira en DVD. Les hommes! De quoi parlent-ils? a reçu pas mal de prix dans plusieurs festival. Il le mérite.

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mardi 22 juillet 2014

L'homme qu'on aimait trop - André Téchiné

Je suis assez âgée pour me rappeler ce fait divers qui défraya la chronique en 1977: la disparition d'Agnès Le Roux, héritière du Palais de la Méditerranée où se trouvait un casino situé sur la promenade des Anglais à Nice. A ce jour, on n'a jamais retrouvé son corps. Dans L'Homme qu'on aimait trop (j'ai trouvé ce titre plutôt étrange), André Téchiné reprend le sujet en débutant l'histoire environ un an avant la disparition d'Agnès (Adèle Haenel). Cette dernière, un peu garçon manqué, vient juste de revenir d'Afrique. Désirant ouvrir une librairie cadeaux, elle veut récupérer sa part d'héritage venant de son père. Cela obligerait sa mère Renée (Catherine Deneuve) à lui racheter ses parts; or elle n'en a pas les moyens. Dans le même temps, Agnès tombe amoureuse de l'avocat d'affaires Maurice Agnelet (Guillaume Canet) devenu l'homme de confiance de Renée. Suite à un différend avec cette dernière, Agnelet n'hésite pas à faire alliance avec Jean-Dominique Fratoni, l'"Empereur des jeux" de la Côte d'Azur, qui a des vues sur le Palais de la Méditerranée. Agnès est mise en relation avec Fratoni et va trahir sa mère. Le film vaut surtout pour l'interprétation des deux actrices qui sont exceptionnelles dans leur confrontation. A côté, Guillaume Canet paraît un peu terne. Le film qui dure 1H56 m'a vraiment passionnée pendant 1H30 (jusqu'à la disparition d'Agnès). La dernière partie qui se passe presque trente ans plus tard s'éternise et j'ai été gênée par les acteurs grimés pour se vieillir (cela alourdit l'ensemble). Rien que pour les premières quatre-vingt-dix minutes, allez voir le film.

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samedi 19 juillet 2014

Les fantômes de Belfast - Stuart Neville / L'énigme de Saint-Olav - Indrek Hargla / Le cercle - Bernard Minier

 

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Voici trois romans lus récemment qui n'ont pas de rapport entre eux (si ce n'est que ce sont des romans policiers) et qui m'ont procuré d'agréables moments de lecture.

Je commencerai par celui que j'ai préféré des trois: Les fantômes de Belfast de Stuart Neville (Rivages Noir, 423 pages qui se lisent d'une traite). A Belfast, Gerry Fegan, un ex-tueur de l'IRA, est hanté par les fantômes de 12 personnes  qu'il surnomme les "12 suiveurs". Il les a assassinées plusieurs années auparavant. C'étaient des meurtres commandités. Venant de sortir de prison, il commence à éliminer ceux qu'il juge responsable de ces morts. Petit à petit, les fantômes cessent de le harceler tandis que Gerry supprime des êtres peu recommandables. L'histoire est bien menée et tant pis si l'on juge que Gerry ne devait pas se faire justice lui-même. C'est un personnage que l'on n'oublie pas. Stuart Neville est un écrivain à suivre car Les fantômes de Belfast est son premier roman.

Je continue avec un roman policier estonien. C'est le premier d'une série. Dans L'énigme de Saint Olav - Melchior l'Apothicaire, livre 1 (Babel noir, 420 pages intrigantes), Indrek Hargla situe son intrigue entre le 15 et le 22 mai 1409 à Tallinn en Estonie. Cette ville était partagée entre ville basse et ville haute où se situait la forteresse de l'ordre des chevaliers teutoniques. Le bailli de la ville demande à Melchior Wakenstede, l'apothicaire, de l'aider à découvrir qui a décapité un ancien commandeur de l'ordre Teutonique de Gotland. Dans la bouche du mort, l'assassin a placé une vieille pièce de monnaie. Trois autres morts suspectes vont suivre dont deux empoisonnements. Il est question de position des pions dans un jeu d'échecs, de brasseur de bière, de la guilde des Maîtres Chanteurs de Nuremberg et de bâtisseurs d'églises. L'arrière-plan historique n'est pas forcément très simple car assez méconnu, mais cela ne m'a pas empêché de bien apprécier ce roman que je vous conseille.

Je terminerai avec Le cercle de Bernard Minier (Pocket, 780 pages) où l'on retrouve le commandant Servaz (dont on avait fait connaisance dans Glacé).  Dans la région de Toulouse à Marsac, Hugo, un étudiant, est retrouvé dans la maison où l'on découvre le corps d'une prof. Elle a été ligotée et laissée sans vie dans sa baignoire. Servaz est chargé de l'enquête par sa hiérarchie et surtout par Marianne, la mère d'Hugo. Ce dernier apparaît être le principal suspect. D'autres morts vont suivre. Les victimes ont un lien commun. J'ai trouvé que 780 pages, c'était un peu long. Il y a pas mal de digressions, de sous intrigues. J'ai préféré Glacé.

mercredi 16 juillet 2014

Jimmy's Hall - Ken Loach

C’est l’été et je trouve que les sorties cinéma sont de moins en moins nombreuses (voire pas très intéressantes). Néanmoins, je suis allée voir Jimmy’s Hall, car j’apprécie les films de Ken Loach, et les autres sorties ne me disaient rien qui vaille. Vivement la rentrée… en ce qui concerne le cinéma.

Jimmy’s Hall (en compétition au dernier Festival de cinéma de Cannes) retrace l’histoire d’un moment dans la vie de James Gralton (1886-1945), de retour en 1932 en Irlande après un exil de 10 ans aux Etats-Unis. Gralton fut un des combattant de l'IRA qui avaient lutté contre le gouvernement britannique entre 1916 et 1922. Jimmy retrouve sa mère, son amour de jeunesse Oolagh (mariée et mère de deux enfants) ainsi que quelques autres connaissances, qui le poussent à rouvrir un vieux dancing laissé à l’abandon. Un endroit pour s'amuser, danser et aussi débattre de politique. C’est compter sans le poids de l’église catholique et l'opposition de quelques propriétaires terriens. Ils n'oublient pas que Gralton est membre du parti communiste. Il est vu comme une menace dans le comté de Leitrim où il compte bien se ré-établir. On devine ce qui a intéressé Ken Loach: faire le portrait d'un homme qui a voulu combattre le néolibéralisme et la domination des riches sur les pauvres. Il y a de nombreux parallèles avec le monde d'aujourd'hui. C'est un film bien interprété par des acteurs pas connus. Barry Ward qui joue Jimmy a un charme certain. Lire le billet d'Alex-6.

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dimanche 13 juillet 2014

Trente-six chandelles - Marie-Sabine Roger (Présélection du prix FNAC 2014 [2/5])

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Je continue avec Trente-six chandelles (coll. La brune, aux éditions du Rouergue, 277 pages) (1) le nouveau roman, épatant, de Marie-Sabine Roger (il paraîtra le 20/08/2014). C'est le premier que j'ai lu des cinq reçus. Mortimer Decime, le narrateur, sait qu'il mourir le jour de ses 36 ans tout comme son père, grand-père, arrière-grand-père et arrière-arrière-grand-père avant lui. Il s'est préparé pour l'occasion (il a rendu son appartement, il a démissionné de son travail). Mais le jour funeste qui doit sceller sa fin, rien ne se passe (on apprend pourquoi par la suite). Mortimer est toujours vivant et il va peut-être enfin se mettre à faire des projets et à vivre tout simplement. Le récit alterne le présent et le passé. Il est aussi l'occasion de faire la connaissance du couple Paquita et Nassardine qui sont les amis les plus proches de Mortimer qui les a connus quand il avait 18 ans. Jusqu'à ses 36 ans, fonctionnaire dans un ministère à la "Gestion préventive des accidents fortuits", Mortimer a mené une existence sans intérêt jusqu'à sa rencontre avec Jasmine...
Je remercie Mme Roger de m'avoir fait passer quelques heures de lecture tonique et gaie. C'est très bien écrit. J'espère que vous serez nombreux à partager mon plaisir.

(1) Merci à Margotte pour la précision. Il ne fallait donc pas se contenter du simple "la brune au rouergue" qui figure sur la couverture...

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jeudi 10 juillet 2014

On a failli être amies - Anne Le Ny / Duo d'escrocs - Joël Hopkins

Après Cornouailles de la même réalisatrice (le film ne m'avait pas convaincue), je vous recommande d'aller voir On a failli être amies car Karine Viard est formidable tout comme Emmanuelle Devos. L'histoire bien écrite se termine plutôt bien (selon moi). Les spectatrices dans la salle (nous étions une dizaine) avaient l'air très contentes de leur choix. Quelque part dans le centre de la France, Marithé (Karine Viard), une femme divorcée, travaille dans un organisme qui s'occupe de personnes en quête d'une nouvelle orientation professionnelle. Carole (Emmanuelle Devos) assiste à l'une de ces sessions sans révéler qui elle est vraiment. C'est par hasard, en entrant dans un restaurant "étoilé", que Marithé découvre que Carole est l'épouse du Chef, Sam, très bien joué par Roschdy Zem. On découvre assez vite que Carole voudrait changer de vie (avoir un haras) et prendre un nouveau départ, tandis que dans le même Marithé a des vues sur Sam. Le film est bien écrit. Et il faut avouer qu'une invitation dans le restaurant de Sam ne serait pas pour me déplaire.

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Et maintenant, je vais dire deux mots de Duo d'escrocs, un film que j'ai vu dans un moment de faiblesse, mais je ne le regrette pas, car le duo formé par Pierce Brosnan et Emma Thompson est irrésistible. L'histoire est abracadabrantesque: deux Anglais, Richard et Kate (Brosnan et Thompson), la cinquantaine tous les deux, sont divorcés depuis quelques années. Eprouvant encore des sentiments l'un envers l'autre, ils s'unissent pour se venger d'un méchant homme d'affaires français (!) qui par un rachat d'un fond de pension vient de les dépouiller de l'argent de leur retraite prochaine. Cela nous permet de faire une virée en leur compagnie à Paris et sur la Côte d'Azur (dans une très belle demeure surplombant la mer). Les différentes péripéties qui jalonnent le film sont complétement invraisemblables mais je me suis bien amusée. Un film que l'on peut toutefois attendre en DVD.

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lundi 7 juillet 2014

Et rien d'autre - James Salter (Présélection du prix FNAC 2014 [1/5])

Entre les 2 et 26 juin 2014, ayant été sélectionnée pour faire partie du prix du jury du roman FN*C, j'ai lu les cinq romans que l'on m'avait envoyés. Je dois dire que la pioche fut bonne. Les cinq ouvrages m'ont plu chacun dans leur genre. Mon plaisir de lecture a été nettement supérieur à celui de l'année dernière.

Je commence par Et rien d'autre (Editions de l'Olivier, 364 pages), le nouveau roman de l'Américain James Salter (né en 1925). Le roman paraîtra le 21 août 2014. Pendant 40 pages, il brosse un portrait de personnages dans l'Amérique de la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'aux années 90. Ce n'est pas une histoire linéaire mais plutôt des moments dans la vie d'un certain Philip Bowman: c'est lui qui sert de fil conducteur. Démobilisé de la Marine en 1945, Bowman n'a pas connu son père avocat. Ce dernier a quitté sa femme pour une autre. Bowman fait des études à Harvard, et devient directeur littéraire dans une petite maison d'édition. Salter évoque, de-ci de-là, quelques grands noms de la littérature (Tolstoï, Ezra Pound, Hemingway). La rencontre de Bowman avec Vivian, riche héritière, va changer sa vie, mais ils n'appartiennent pas au même monde. Ils se marient puis divorcent. Philip Bowman connaîtra d'autres femmes. Les repères chronologiques des années qui passent se font au détour d'une phrase. Des personnages que cotoie Philip Bowman sont mis en lumière sous la plume de Salter, qui écrit un roman foisonnant sur les succès et aussi les échecs d'une génération. Mais j'avoue m'être un peu perdue parfois dans les méandres de ces histoires plus ou moins imbriquées. C'est pourtant un roman que je vous conseille pour son style brillant. Ce roman paraît après 10 ans de silence de la part de l'écrivain.

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