mercredi 20 juin 2018

Scherbius (et moi) - Antoine Bello

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Après Noukette, Cuné et Papillon je vous conseille de lire le nouveau roman d'Antoine Bello, Scherbius (et moi), qui m'a procuré un grand plaisir de lecture (Editions Gallimard, 437 pages épatantes). L'histoire se passe entre 1977 et 2004. Maxime Le Verrier, psychiatre de renom, accepte, à la demande d'un confrère, le professeur Monnet, venu en personne, de prendre comme patient un certain Alexandre Scherbius. Dès que Le Verrier accepte, Monnet, en un clin d'oeil, enlève ses lunettes, arrache sa fausse barbe, fait s'envoler la farine sur ses cheveux et c'est donc Scherbius qui se présente devant Le Verrier. Scherbius est un être insaisissable qui n'arrête pas d'affabuler. C'est un imposteur à personnalités multiples. Page après page, on découvre les nombreuses vies de Scherbius. Il est tour à tour jeune moine dans un monastère, militaire, enseignant, diplomate, joueur au casino (où il gagne suffisamment pour vivre). Il se dit aussi capable de concourir au JO de Moscou en 1980 au tir à l'arc. Scherbius n'arrête pas de broder sur sa vie qui le mènera quelques années en prison car c'est aussi un escroc. L'ensemble est assez vertigineux car ce que l'on croit être vrai est faux. Le Verrier, quant à lui, pendant toutes ces années où il s'est occupé de Scherbius, a écrit un ouvrage sur la personnalité extraordinaire de son patient et tout ce que ce dernier a pu lui raconter. Cinq éditions augmentées chaque fois de quelques chapitres, paraissent avec un intervalle de cinq ans entre 1978 et 1998, et une ultime édition, la sixième, sera édité en 2004. Et chaque fois, l'ouvrage sera un succès. Comme Scherbius, Bello qui est un conteur hors pair, et nous mène en bateau pour notre plus grand bonheur. A vous de me dire si Scherbius et Le Verrier sont la même personne.

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lundi 18 juin 2018

Le cercle littéraire de Guernesey - Mike Newell

Si vous avez aimé le roman épistolaire de Mary Ann Sheffer et Annie Barrows qui a été beaucoup chroniqué sur les blogs, vous devriez apprécier l'adaptation cinématographique. C'est un film plaisant, bien joué par des acteurs britanniques pas forcément très connus. En 1946, une jeune Londonienne, Juliet Ashton, qui, comme d'autres Britanniques, a souffert des bombardements sur Londres pendant la seconde guerre mondiale, mène sa vie de jeune femme écrivain en mal d'inspiration, lorsque, un jour, elle reçoit une lettre de Dawsey Adams, éleveur de cochons dans l'île de Guernesey et membre d'un cercle littéraire créé en 1941 sous l'Occupation: Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (titre original du roman et du film). Juliet, presque fiancée à un Américain est assez intriguée pour s'embarquer vers l'île de Guernesey (chère à Victor Hugo dont il n'est fait aucune mention). Là, elle rencontre les membres du cercle. Ils sont quatre, deux femmes et deux hommes dont Dawsey, un homme un peu taciturne mais pas mal de sa personne. Un cinquième membre, Elizabeth McKenna manque à l'appel (on saura pourquoi vers la fin de l'histoire). Il y aussi un petite fille appelée Kit à qui Juliet dédiera un manuscrit. Il faut rappeler que l'île de Guernesey (comme Jersey) a été un avant-poste de l'armée allemande. Les habitants de l'île ont souffert de la faim et du froid tout comme les membres du cercle qui ont créé un groupe chaleureux leur ayant permis de supporter les privations. Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, je vous laisse la découvrir. C'est une sorte d'enquête que mène Juliet. Ce film fait du bien (l'histoire d'amour est belle), et ce malgré quelques drames. Et si vous n'allez pas au cinéma, lisez le roman. Pascale a été conquise.

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samedi 16 juin 2018

Jurassic World : Fallen Kingdom - J. A. Bayona

Pour ceux qui aiment les films avec des dinos toutes dents et griffes dehors, Jurassic World : Falllen Kingdom est fait pour vous. On retrouve quelques personnages  (comme Claire et Owen) du film précédent Jurassic World plusieurs années après. Le parc d'attractions est en ruines et le volcan sur l'île est en train de réveiller. Pour sauver les dinos qui vivent sur l'île, quelques états dont les Etats-Unis se demandent s'il faut aller en secourir. Ils sont devancés par une expédition privée et armée commanditée par Eli MIlls "homme de confiance" de Lockwood, lui-même ancien asoocié d'Hammond, créateur du "Jurassic Park". Lockwood, qui est alité, demande à Claire (Bryce Dallas Howard), la dernière directrice du parc ,de se joindre à l'expédition, et Claire convainc Owen (Chris Pratt) - celui qui arrive à dresser les "raptors" - de se joindre à elle. Tout ce petit monde arrive sur l'île qui est en train de se recouvrir de lave. Owen veut surtout sauver "Blue", le seul raptor survivant du film précédent. On se rend compte assez vite que l'expédition qui attrape au moins un spécimen de chaque espèce ne le fait pas pour des motifs louables. Gravement blessée, Blue sera sauvée grâce à une transfusion involontaire par un "T-Rex". Dans la demeure de Lockwood où tous les animaux sont gardés dans des cages, les événements se précipitent et un dinosaure encore plus monstrueux et intelligent fait son apparition. Certaines séquences font très peur (donc ce film est à déconseiller aux personnes impressionnables et aux très jeunes enfants). Une fois de plus, j'ai été bluffée par les effets spéciaux. Les dinosaures sont plus vrais que nature. Un film distrayant pour ceux qui aiment ce genre. Pour rebondir sur la fin du billet de Pascale, je ne confonds pas Bryce Dallas Howard et Jessica Chastain, même si elles sont rousses toutes les deux.

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jeudi 14 juin 2018

Champions - Javier Fesser / La mauvaise réputation - Iram Haq

Suite à mes deux billets précédents, voici les 4ème et 5ème films qui m'ont plu.

Je commence par Champions (Campeones), un sympathique film espagnol de Javier Fesser qui raconte comment Marco, un entraîneur d'une équipe professionnelle de basket-ball se retrouve à entraîner une équipe de déficients mentaux (trisomiques et autres). Pour avoir conduit en état d'ébriété, Marco est condamné à trois mois de travaux d'intérêt général par une juge dont le neveu fait partie de l'équipe. Par ailleurs, Marco a des problèmes relationnels avec sa compagne qui est prête à avoir un enfant tandis que lui, non. Entraîner cette équipe composée d'hommes et d'une jeune fille "différents" et aux caractères bien à eux n'est pas une mince entreprise. Certains d'entre eux sont des handicapés de naissance, d'autres ont eu des traumatismes au cours de leur vie qui les ont fait devenir ce qu'ils sont. Marco veut se défiler plusieurs fois mais il ne peut pas, la juge y veille, tout comme un vieil homme qui coordonne l'équipe. Bien évidemment, tout va aller de mieux en mieux. Marco va s'attacher à eux et réciproquement. Un joli film qui peut changer le regard du spectateur sur les handicapés si ce n'est pas le cas.

Je passe à La mauvaise réputation d'Iram Haq. Pascale a eu du mal à se remettre de la projection. On peut la comprendre. En Norvège, dans la communauté pakistanaise, Nisha, 16 ans, vit presque une double vie. A l'extérieur, elle mène une vie d'Européenne, elle voit des amis, elle fréquente des garçons. Chez elle, c'est une autre histoire, elle obéit à ses parents, à cheval sur les traditions, qui n'admettent pas qu'une fille puisse fréquenter un garçon s'il ne se marie pas avec elle. Ils craignent le "qu'en-dira-t-on". Le titre original du film en urdu est "Qu'est-ce que les gens vont dire?". Mirza, le père, un être doux en apparence, devient violent, quand, une nuit, il surprend Nisha dans sa chambre avec un garçon. Mirza tabasse gravement le petit ami et Nisha se réfugie dans un foyer où elle est prise en charge par les services sociaux. Plus tard, quand Nisha revient chez ses parents, elle est enlevée par son père et son frère qui l'emmènent loin. Son père l'accompagne jusqu'au Pakistan chez sa soeur et son beau-frère. Là, elle devra devenir une bonne Pakistanaise. Elle est vraiment prisonnière et ne peut aller nulle part. Je vous laisse découvrir les humiliations qu'elle va subir avant son retour en Norvège. Comme Pascale, je n'ai aucune sympathie pour les adultes, la mère et la tante de Nisha sont à mon avis les pires. On se demande comment elles peuvent se comporter ainsi entre femmes. A priori, le personnage de Nisha ressemble à la réalisatrice qui a écrit le scénario. Pendant 26 ans, cette dernière n'a pas revu ses parents. Son père l'a contactée peu de temps avant qu'il ne décède. Elle lui a pardonné.

Pour l'anecdote, j'ai vu le film dans une immense salle de province d'au moins 400 places, nous étions... 3 spectatrices (je dis bien: zéro spectateurs). C'est peu. Dommage car le film vaut largement la peine qu'on aille le voir.

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mardi 12 juin 2018

Trois visages - Jafar Panahi

Suite à mon billet précédent, je continue avec Trois visages de l'Iranien Jafar Panahi qui a aussi signé le scénario. Ce scénario a d'aileurs été récompensé par un prix au dernier festival du film de Cannes. L'histoire débute par un film vidéo que Behnaz Jafar, une célèbre actrice iranienne, reçoit sur son téléphone portable. Sur la vidéo, une jeune fille prend à partie l'actrice en lui repprochant de ne pas l'avoir aidée, de ne pas avoir répondu à ses appels. Elle l'appelle à l'aide avant de se pendre dans un genre de grotte ouverte. Behnaz Jafari, qui culpabilise, annule un tournage en cours et demande à son ami le réalisateur Jafar Panahi, de l'accompagner au nord ouest de l'Iran pour vérifier ce qu'il est en est. La jeune fille qui rêve d'être actrice est-elle morte ou encore vivante? Est-ce une tragédie ou un canular? Cela nous permet de voir les paysages rocheux et assez désolés de cette partie de l'Iran où l'on parle turc dans des villages comme celui où vit la jeune fille, Marziyeh. Quand ils arrivent en voiture 4x4 par une route étroite où il est impossible de rouler en double-sens (et où parfois, un taureau qui a fait une mauvaise chute bloque tout), Behnaz et Jafar apprennent que Marzizyeh a disparu depuis 3 jours, on ne sait pas où elle se trouve. Son frère, très remonté contre elle, ne veut pas qu'elle devienne actrice. Dans certaines parties de l'Iran, les actrices sont considérées comme des femmes de mauvaise vie, même si, par ailleurs, Behnaz reçoit au début un accueil chaleureux des villageois. Elle est en effet connue même dans ces contrées reculées, à la différence de Jafar Panahi. Ce dernier ne parle pas beaucoup et reste souvent dans sa voiture qui lui sert de refuge. On le sent à l'aise dans cet habitacle confiné. Le troisième visage (de femme) du titre est celui de Shaharzad, une actrice plus très jeune qui fut célèbre avant la révolution islamique. On parle d'elle, on ne la voit qu'en ombre chinoise au loin à travers une vitre et on l'entend en voix "off" dire un texte. Elle vit désormais dans le même village que Marziyeh. Avec ce film, le réalisateur évoque son pays avec poésie et parfois humour (évocation du prépuce voyageur) et un peu de tendresse. Il décrit les contraintes sociales et les traditions ancestrales qui régissent la vie de ces gens. Depuis plusieurs années, Jafar Panahi gêne les autorités religieuses de son pays. Il aurait le droit de sortir du territoire iranien mais alors il serait empêché d'y revenir. C'est sa fille qui est venue recevoir le prix à Cannes. Un film à voir. Pour ceux qui ne connaissent pas Jafar Panahi, qui a été l'assistant du réalisateur Abbas Kiarostami, je recommande Le cercle (2000) et Taxi Téhéran (2015). Lire le billet de Maggie.

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samedi 9 juin 2018

Opération Beyrouth - Brad Anderson / Une année polaire - Samuel Collardey

Je suis contente car je viens de voir en une semaine cinq (5) bons films qui viennent de sortir.

Voici les deux premiers. Je les chronique dans l'ordre où je les ai vus.

Opération Beyrouth de Brad Anderson est un thriller politique très honorable que je vous conseille tout comme Pascale. Le scénario bien écrit est de Tony Gilroy qui a fait les adaptations des "Jason Bourne" et qui est aussi le réalisateur et le scénariste Michael Clayton. En 1972, à Beyrouth, un diplomate américain Mason Skiles organise une soirée avec le "tout Beyrouth". Marié, il est sur le point d'adopter un petit Libanais de 12 ou 13 ans, Karim. Peu après le début de la réception, un ami de Skiles, Cal Riley membre de la CIA, apporte des informations inquiétantes sur Karim. Une fusillade éclate et Karim est enlevé. 10 ans plus tard, en 1982, Mason devenu alcoolique vit à Boston et travaille comme médiateur dans des entreprises. Ce métier va lui servir quand il retourne à Beyrouth un peu à l'insu de son plein gré. Il retrouve Beyrouth ravagé par la guerre. Son ami Cal a été kidnappé et les ravisseurs ne veulent traiter qu'avec Mason. Je m'arrête là pour le résumé. Le film bien rythmé tient en haleine jusqu'au bout. Skiles interprété par Jon Hamm (un acteur à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas la série Mad Men) doit louvoyer entre la CIA, Tsahal et Israël et l'OLP. Il est épaulé par Sandy Crowder (Rosamund Pike, toujours très bien). Elle n'est pas qu'une simple faire-valoir. Je crois que le film passe inaperçu (comme aux Etats-Unis) et c'est bien dommage. Je recommande.

Je passe à Une année polaire de Samuel Collardey qui un docu fiction. Anders, un grand Danois barbu a fait des études pour devenir instituteur au grand dam de son père qui comptait qu'Anders, son enfant unique, reprenne la direction de l'immense ferme familiale depuis huit générations. Dans la première scène, dans un bureau, on voit Anders admirer une photo qui pourrait être une partie du Groenland. C'est là qu'il choisit de partir pour son premier poste, dans un village de 80 habitants, des Inuits qui voient les Danois comme des colonisateurs. La plupart des adultes parlent groenlandais, l'une des quatre langues inuit. Dès le premier jour de classe, Anders se rend compte qu'il n'est pas le bienvenu. Les jeunes élèves dont Asser (haut comme trois pommes) sont insolents envers lui. Anders constate tout de suite un absentéisme des élèves. Il mène son enquête. Asser, par exemple, soutenu par sa grand-mère, préfère partir chasser le phoque avec son grand-père que d'aller à l'école. Il s'interroge aussi sur le fait que les enfants ne vivent pas forcément avec leurs parents mais plutôt avec une famille d'accueil, cousins ou autres. Les conditions de vie sont rudes. En particulier, il faut aller chercher de l'eau potable dans une citerne. Une petite partie du film se déroule dans des étendues glacées à perte de vue. Grâce à ce film, j'ai appris comment, pendant la période des neiges, on entreposait les personnes décédées dans leur cercueil. En effet, on ne peut pas creuser la terre. Le cercueil est placé dans un genre de niche avec une croix sur le côté en attendant la fonte des neiges. Petit à petit, Anders s'acclimate en se mettant à la langue groenlandaise et en partant pêcher et chasser le phoque et l'ours blanc. Les Inuits se nourrissent de chair de phoque tous les jours. Pour l'ours blanc, je vous laisse découvrir ce qui arrive et si Anders restera ou pas dans ce village. Un joli film très dépaysant.

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jeudi 7 juin 2018

Vive les comédiens! - Cabu (le livre)

Je [ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] me suis dépêché pour compléter mon hommage à Cabu du mois dernier (dans ma série en mémoire des tués de Charlie hebdo)...

Quelques semaines après notre sortie à la Comédie Française, dasola m'a offert le livre-catalogue de l'exposition Cabu (Vive les comédiens!), qui n'était pas encore paru lorsque nous étions allé voir à la librairie du théâtre.

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L'ouvrage contient quelques textes sur les rapports qu'a entretenu Cabu avec le théâtre toute sa vie, mais rappelle aussi les figures et événements marquants des dernières décennies. Cerise sur le gâteau pour un gestionnaire de bases de données: j'y ai trouvé une liste "complète" des affiches théâtrales illustéres par Cabu (qui fleure le catalogue de la collection particulière d'un passionné). Mais j'en ai maintenant la certitude: nous n'avions pas vu tous les dessins exposés! En voici quelques-uns pour compléter les photos précédentes.

P1090452 p. 93, un dessin datant de 1957 et des débuts de Cabu dans la presse nationale (Ici Paris). A l'époque, on ne parlait pas encore en France de "kawaii" (dessin "mignon", dans les manga)...

Dans les années 60, faute de photocopieuse, Cabu découpait des têtes particulièrement réussies pour les réutiliser dans d'autres compositions comme des "rustines" [terme que m'avait enseigné le 1er dessinateur que j'aie jamais interviewé, il y a une trentaine d'années]. Voici, entre autres exemples, Jean Piat,

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P1090448  P1090450  P1090449  Cabu pouvait semble-t-il avoir ses "têtes". Ici, Robert Lamoureux, bien reconnaissable dans trois dessins différents (pp. 59, 69, 61).

Le livre propose à plusieurs reprises d'intéressants parallèles entre les illustrations réalisées pour la critique théâtrale du Figaro pour telle ou telle pièce et la chronique / critique complète (dessin + texte) dans Hara-Kiri (pour le même spectacle) [personnellement, je n'ai jamais lu Hara-Kiri - j'étais trop jeune]. Ici, cela concerne une pièce nommée Les poissons rouges, ... (p.66).

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Le choix de dessins de l'exposition et du livre ne montre pas grand-chose sur la religion (tandis que la critique sociale est largement présente - j'ai bien aimé le dessin sur le Festival d'Avignon p.99). P1090453

Imagine-t-on les Anglais lançant l'anathème pour crime de lèse-auteur national? (p.100)  P1090454

Ci-après un document intéressant, un "Grand Duduche" inédit (?), ou en tout cas refusé, à l'époque, pour Pilote, par Goscinny (pourquoi?).  P1090462 p. 135.

Pas facile, la vie d'artiste / d'acteur? (p.140) [il m'a fallu regarder attentivement le croquis avant d'en savourer le sens].

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Et pour finir, j'ai bien aimé ce dessin "de jeunesse" (13 ans?! Inédit?), p.130.

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Le blog Marque pages en parle aussi.

Pour ma part, mon prochain article à venir pour juillet portera peut-être encore sur Cabu... avant de repasser les mois suivants sur d'autres auteurs assassinés aussi le 7 janvier 2015 - que je n'oublie pas non plus.

*** Je suis Charlie ***

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mardi 5 juin 2018

Une certaine rencontre - Robert Mullligan / Foxtrot - Samuel Maoz

Voici deux films qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre sauf que je les ai vus le même soir de la semaine dernière l'un après l'autre. Je suis rentrée chez moi vers 23 heures sous une pluie battante à Paris et je n'avais bien entendu pas de parapluie... Mais quant on aime le cinéma, on met de côté ces détails.

Je commence par Une certaine rencontre de Robert Mulligan (1964), j'y suis allée pour Natalie Wood et Steve McQueen. C'était la première fois que j'entendais parler de ce film invisible depuis 1964. J'ai été un peu mitigée même si la séquence d'ouverture est très réussie: une grande salle pareille à une salle de spectacle sans les fauteuils. Tout à coup, elle commence à se remplir. Des musiciens de toutes sortes qui courent le cachet attendent qu'on les appellent pour une prestation. Parmi eux, Rocky (Steve McQueen) en quête d'un contrat d'un soir. Peu de temps après, on voit arriver une jeune femme Angie (Natalie Wood) Elle profite de sa pause déjeuner (elle est vendeuse dans un grand magasin new-yorkais). Elle se dirige vers Rocky et lui annonce qu'elle est enceinte et qu'elle veut avorter. Rocky est stupéfait et ne sait pas quoi faire. Leur aventure a duré une nuit et lui l'a déjà oubliée. Angie est issue d'une famiile italienne très protectrice envers elle. Ses frères la surveillent de près. Elle fait tout pour s'émanciper mais sa grossesse n'était pas prévue. Rocky va accepter de l'aider. Pour ce faire, il renoue avec sa propre famille qui lui donne de l'argent. La séquence où Angie doit se faire avorter est marquante. Je pense que c'était assez osé pour l'époque et pour l'Amérique. L'ensemble du film est un enchaînement de scènes qui n'ont pas beaucoup de lien entre elles. Il manque un scénario structuré. Le couple McQueen/Wood est sympathique mais ils ne jouent pas sur le même registre. Natalie Wood en fait un peu beaucoup dans certaines scènes (elle manque un peu de retenue, elle est même parfois crispante) et Steve McQueen n'est pas mal dans son rôle d'homme dépassé par les événements mais qui assume quand même. Une partie du film se passe en extérieur avec les acteurs filmés au milieu de figurants. L'épilogue "happy end" avec le baiser final au milieu de la foule n'est pas forcément crédible. Comme Strum le fait remarquer, la musique d'Elmer Bernstein est belle. Ce film est une curiosité et vaut la peine d'y aller pour le couple Wood/McQueen.

Les photos de la brochure à l'entrée de la salle.

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Je passe maintenant à Foxtrot du réalisateur israélien Samuel Maoz. Le film se donnait dans le cinéma juste à côté de l'autre dans une rue du Quartier Latin. J'en profite pour remercier Pascale de m'avoir convaincue d'aller le voir. Je me joins à son avis très positif: Foxtrot qui a reçu le Grand prix du jury au festival de Venise en 2017 vaut la peine d'être vu.

Le film se décompose comme une pièce en trois actes. Acte 1, Michael Feldmann, la presque cinquantaine, habitant dans un grand appartement pas très gai, apprend que son fils Yonatan qui faisait son service militaire est mort à un poste frontière en Israël. Cet homme est dévasté tout comme sa femme Daphna qui est mise sous sédatif. Pendant plus d'une demi-heure, on peut ressentir ce que des parents peuvent éprouver à la perte de leur enfant. Ils n'osent même pas dire à leur fille ce qui s'est passé. Michael ne pleure pas mais il s'auto-mutile. Cette disparition est d'autant plus terrible que l'armée, qui organise les obsèques, refuse que Michael et Daphna voient le corps de leur fils mort.

Acte 2: On découvre Yonatan et quelques soldats comme lui qui gardent un poste frontière au milieu de nulle part où s'arrêtent quelques voitures à contrôler. Ils dorment dans un baraquement qui a tendance à s'enfoncer dans la boue. Quand un dromadaire tout seul surgit sur la route, ils lèvent la barrière sans hésiter. Ils passent le temps comme ils peuvent, en dansant le foxtrot par exemple ou en dessinant. Il leur arrive malheureusement de commettre de tragiques bavures lors de contrôles.

Acte 3 : Retour dans l'appartement où l'on retrouve Michael et Daphna moins abattus alors que...

J'ai trouvé les images et certains plans magnifiques, comme les vues plongeantes sur les personnages. C'est un film qui parle de l'absurdité des guerres en général. J'ai trouvé l'ensemble terrible et poignant. Pendant le générique de fin, j'ai entendu une femme sangloter dans la salle. Un film à voir, pour l'histoire, pour les partis pris de mise en scène et aussi pour les acteurs, s'il passe encore par chez vous.

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samedi 2 juin 2018

Dans les angles morts - Elizabeth Brundage

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Je viens de terminer Dans les angles morts de l'Américaine Elizabeth Brundage (Editions Quai Voltaire / La Table ronde, 512 pages). Ce roman est tout à fait le genre d'histoire que j'aime avec des personnages que je serais contente de rencontrer (enfin pas tous). Ce roman est avant tout un thriller psychologique qui commence par un crime affreux dans une ferme isolée aux abords d'une petite ville située dans l'état de New-York. Le 23 février 1979, George Clare, professeur d'université, se présente tout bouleversé devant le seuil de la maison de ses voisins. Il porte dans ses bras sa fille Franny âgée de 4 ans. Il leur annonce qu'il est arrivé quelque chose à sa femme Catherine. Six mois plus tôt, pendant l'été 1978, George, son épouse, Catherine et leur fille Frances (Franny) emménagent dans une maison où un suicide a eu lieu peu de temps auparavant. Mme et Mme Hale, un couple de fermiers ayant fait faillite, avaient été retrouvés morts dans leur lit, laissant trois garçons derrière eux, dont Cole, âgé de presque 14 ans. Elizabeth Brundage alterne les récits et les points de vue et raconte par bribes la vie du couple Clare pendant ces cinq ou six mois qui ont précédé le drame survenu en février 1979. On côtoie pas mal de personnages et on apprend des choses sur la personnalité du couple Clare, un couple très mal assorti et ne venant pas du même milieu social. Catherine était une jeune femme catholique qui n'a pas osé quitter son mari alors qu'elle ne l'aimait plus. C'était une maman aimante. George se révèle être un imposteur qui a menti sur son cursus universitaire et sur d'autres choses. Il n'hésite à pas à recourir aux dernières extrémités pour ne pas être démasqué. C'est un pauvre type qui trompe sa femme et éprouve du mépris envers elle. Parmi la galerie de personnages qui gravitent autour d'eux, les trois garçons du couple suicidé jouent un rôle dans l'histoire. Cole, par exemple, devient le "baby-sitter" de Franny et il en profite pour repeindre la ferme. Justine et son mari Bram, des voisins un peu bohêmes, deviennent amis avec Catherine tout comme Mary Pratt, agente immobilière. Je ne vous dis rien de plus sur l'histoire que je vous laisse découvrir. J'ai trouvé ce roman prenant, un vrai "page turner". Je conseille tout comme Valérie, Krol, cathulu et Kathel. Un billet plus réservé de Miscellanées. Ce roman paru en anglais en 2016 est le 4ème de l'écrivain, mais le premier traduit en français.

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mercredi 30 mai 2018

En guerre - Stéphane Brizé

Sélectionné en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, En guerre de Stéphane Brizé est un film coup de poing dont on sort sonné. A Agen, Lot et Garonne, l'usine Perrin, fabricant de pièces détachées d'automobiles, doit fermer, alors qu'elle est bénéficiaire: elle n'est, selon la direction, pas assez "compétitive". Les 1100 salariés avaient pourtant consenti de lourds sacrifices: 40 heures payées 35 depuis 2 ans selon un accord écrit entre la direction et l'usine. Laurent Amédeo (Vincent Lindon, impérial) et quelques autres syndicalistes organisent des piquets de grève afin d'empêcher la production. Par ailleurs, ils font tout pour obtenir avec un contact direct avec le patron allemand (francophone et francophile) pour lui expliquer leur point de vue et demander pourquoi cette fermeture. En guerre est filmé caméra à l'épaule comme un reportage télévisé. On est au plus près des grévistes. Leurs revendications sont clairement exprimées. Laurent, lui ne veut pas de l'argent des indemnités qu'on lui propose. Il veut travailler et avoir son chèque à la fin de chaque mois. Des grévistes le suivent dans son combat, d'autres, au bout de quelques semaines, voient leurs intérêts d'une autre manière. C'est ce que cherche la direction: diviser les gens. Le discours très "langue de bois" de la partie adverse est édifiante. C'est une guerre sur le front social. J'ai été frappée par plusieurs scènes dont celle qui se passe au MEDEF où les grévistes se font refouler par la police et celle de la confrontation (enfin!) entre le patron allemand et les grévistes. La séquence finale que je ne dévoilerai pas laisse le spectateur hébété. A la fin de la projection à laquelle j'ai assisté avec mon ami, des spectateurs ont applaudi. J'avais aimé la Loi du marché, mais ce film-ci lui est supérieur par la manière de filmer et la qualité du scénario. Dommage qu'il n'ait rien eu à Cannes. Lire les billets enthousiastes de Pascale et Ffred.

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