mardi 4 octobre 2022

Les mystères de Barcelone - Lluis Danés

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Grâce à Baz'art, je suis allée voir Les mystères de Barcelone, un film catalan qui a été multiprimé à juste titre. Le titre en VO est plus explicite (La Vampire de Barcelone). Avec une sublime image en noir et blanc émaillée de rouge pour certaines scènes, le film nous emmène dans Barcelone en 1912. De jeunes enfants, surtout des petites filles, disparaissent. Elles sont toutes issues d'un milieu pauvre sauf une, Teresa Guitart, issue d'une riche famille. Le pays est en émoi. Les journalistes sont à l'affût d'indices. Sebastià Comas, un journaliste morphinomane, est particulièrement touché par l'enlèvement de ces petites filles. Lui-même a perdu une enfant. Il fait des cauchemars récurrents sur cette disparition. Teresa est heureusement retrouvée vivante. Une femme l'avait enlevée mais a priori, elle ne lui voulait pas de mal. Il s'agit d'Enriqueta Martí que l'on a surnommée à l'époque "La vampire de Barcelone". L'histoire est tirée d'un fait divers réel qui a défrayé la chronique pendant quelque temps. Il semble que dans son appartement, on ait retrouvé du sang et des os humains. Parallèlement, Sebastià Comas mène une enquête dans un bordel de Barcelone où l'on trouve des notables de la ville. Le lieu dont les murs, les rideaux et le mobilier sont de couleur rouge, fait froid dans le dos. Et on n'y trouve pas que des adultes consentants si je puis dire. On pourra trouver l'histoire assez glauque mais le réalisateur a su trouver la juste mesure. L'ensemble m'a beaucoup fait penser à un conte horrifique. Un film qui m'a vraiment plu.

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lundi 3 octobre 2022

La Coupe d'Or - John Steinbeck

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Belette m'a signalé que les participations au "Mois américain en solitaire 2022" pouvaient être enregistrées au moins jusqu'au 3 octobre (le "bilan" devant être publié mardi 4). Du coup, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais me fendre d'un court billet sur un (autre) livre de Steinbeck, La Coupe d'Or, que je n'avais jamais lu jusqu'au mois dernier, alors que j'en connaissais l'existence depuis les années 1980. Pour rappel, Belette et PatiVore ont perpétué ce "Mois américain" que sa fondatrice, Titine, n'organisait pas en 2022. J'inscris aussi ce livre pour le challenge 2022 en classiques co-organisé par Nathalie et Blandine

P1150499Je me suis offert le bouquin (d'occasion) le 15 septembre 2022. La Coupe d'Or est le premier livre qu'a publié en 1929 (sans succès à l'époque) John Steinbeck, alors âgé de 27 ans. L'oeuvre est difficilement classable. On peut croire qu'il s'agit d'une biographie du pirate Henry Morgan (personnage historique). Mais c'est beaucoup moins simple que cela. On hésite entre roman initiatique sur le sens de la vie, aventures picaresques, démonstration de l'inanité des choses, tentative de prouver que les pirates qui ont fait rêver tant de gamins (de lecteurs) n'étaient que de pauvres types pas très malins... Ainsi, dans ce roman, nous suivons toute la vie d'un ado attardé du XVIIe siècle qui, élevé au sein d'une famille aisée mais dominée par sa mère, n'a guère qu'une idée ou deux dans le crâne. Notamment, l'idée fixe d'aller courir l'aventure aux Antilles pour y trouver gloire et fortune avant de revenir cueillir l'amour au pays. Mais notre "embarqué volontaire" se heurte évidemment au principe de réalité, une fois arrivé aux Antilles: si la traversée se passe bien, il est vendu comme serviteur pour 5 ans par le capitaine avant même d'avoir quitté le navire. Avant ce terme, il aura trouvé à s'embarquer, cette fois comme boucanier, pour apprendre à mener navire et hommes. Et les années passent, à la poursuite de ses chimères. Il vieillit sans guère mûrir, tout en devenant craint, respecté, aimé? Le roman est rythmé par la manière dont il raconte les aventures que nous lui avons vu vivre, embellies par les ans à chaque récit (que ses interlocuteurs le croient ou non). Après avoir rencontré le Roi (Charles II, roi d'Angleterre) et été anobli, il mourra dans son lit, riche et tout autant insatisfait qu'au premier jour, si j'ai bien compris. Quand on parcourt cette oeuvre, on n'y retrouve guère le Steinbeck écrivain "réaliste" que l'on connaît. Et je ne vous ai même pas dit ce qu'est la "coupe d'or". Ces 303 pages se lisent vite, à vous de vous faire votre propre opinion! 

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samedi 1 octobre 2022

Covid-19: que nous distillent-ils? - N°30

Avec un beau "chiffre rond" atteint, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) pense cette fois suspendre (pour la seconde fois) mes parutions "Covid-19" (30 billets en 31 mois, tout d'même!). Après, si Macron remet le couvert d'une manière ou d'une autre sur ce sujet, ma chronique reprendra...

Remontée d'un article très utile en cette période automnale: comment différencier les symptômes d'un simple rhume de ceux du Covid-19? Mais en cas de doute, vous pouvez toujours vous offrir un test, hein... 

07/09/2022: le gouvernement duplique sa communication entre covid-9 et crise de l'énergie... ? Ah bah ça doit être pour faire des économies.

08/09/2022: un pas en avant, cinq pas en arrière...  Selon le PNUD, dans le monde, le niveau de vie est revenu 5 ans en arrière à cause du Covid-19. Et une troisième guerre mondiale, ça donnerait combien d'années de recul? On va éviter de sous-entendre que si ça tuait 7 milliards sur 8, ça sauverait peut-être "la planète", hein...

21/09/2022: les anticorps du nez plus efficaces pour éviter l'infection au Covid-19 (plus exactement, les immunoglobines A)? Depuis le temps qu'on nous promet un vaccin à sniffer (ô bonheur)...

Même date: selon une étude, le risque de caillots sanguins mortels subsiste jusqu'à près d'un an après une contamination au covid-19. Pour les personnes les plus prédisposées, sans doute?

Il fallait, bien sûr, que cela se passe dans un pays développé et se réclamant du capitalisme. 240 millions de dollars auraient été détournés durant le covid-19... Business as usual, surtout au bon prétexte d'aide à l'enfance.

22/09/2022: la barre symbolique du million... de tests hebdomadaires a été franchie, a communiqué le Ministère de la santé. Avec 30 000 résultats positifs, surtout chez les jeunes de moins de 16 ans (d'âge scolaire, donc). Courage, braves gens, vaccinez-vous, re-vaccinez-vous... (enfin, c'est valable surtout pour toutes les personens qui ont une indication à la vaccination).  

23/09/2022: après deux "rebonds" (Yahoo puis JDD), je suis arrivé sur The Conversation: cela rend compte d'une étude fort complète sur le "Covid long" (qui toucherait des millions de personnes dans le monde). La bonne nouvelle, c'est que les toutous spécialement formés sont capables de le détecter... 

24/09/2022: un autre coronavirus (à ce jour inoffensif pour les humains) pourrait poser un problème de santé publique si jamais il se "combinait" avec l'un de ses petits copains... Khosta à déclarer? 

Si j'ai bien interprété ce que j'ai glané à droite ou à gauche (y compris en demandant à des proches!), il semble que la principale utilisation (à défaut d'utilité) de TousAntiCovid soit (ait été?) de télécharger certificats de vaccination et attestations covid-19 en mode électronique sur smartphone. Tout ça pour ça... J'attends qu'une estimation nous donne le coût évité par rapport... aux impressions papier devenues potentiellement inutiles.

28/09/2022: je trouve que la presse parle de plus en plus du "covid long" ces dernières semaines. Et beaucoup moins de vacciner l'intégralité de la population. A mon avis, "Big Pharma" doit être en train de concocter tout un tas de traitements spécifiques, ou je ne sais pas ce que le terme de "campagne de presse" signifie!

A ce jour, le dernier variant à la mode serait Omicron BA2.75.2. Depuis 10 mois, Omicron n'a cessé de se réinventer, grâce à deux facultés: très haute transmissibilité et échappement immunitaire. Si jamais il se stabilise définitivement, j'espère qu'on l'appellera ZZ3,1415926... Mais finalement, si je comprends bien, l'homme et le virus ont fini par s'apprivoiser mutuellement? Allez, j'ai aucune envie de chercher l'intégralité des interventions filmées de Raoult (le professeur, pas le politicien!). Pour voir si, par hasard, ce ne serait pas une des choses (entre autres vérités ou contre-vérités) qu'il aurait prédites un jour ou l'autre... 

Pour ma part, j'ai fini par me payer mon propre test sanguin. Et voilà ce que ça dit ("sans le mot de passe du propriétaire, vous ne pouvez copier aucune partie du document").
"Sérologie quantitative anti-Sars-CoV2 (Covid-19)
(Technique immunoluminométrique permettant la détermination quantitative des IgG spécifiques dirigées contre la protéine Spike du Sars-Cov-2)
Recherche des IgG anti-Sars-CoV2 (Covid-19)             Positive
"
Titre des Ig G anti-Sars-CoV2 (Covid-19)                           90.5 BAU/mL
Interprétation: Titre < 33.8 : Négatif, Titre >= 33.8 : Positif
Présence d'IgG spécifiques en faveur d'un contact avec le Sars-CoV2 (Covid-19) ou d'une vaccination Covid."
En gros, ça me confirme ce dont je pouvais déjà, statistiquement, me douter, sans vraiment me servir à rien...

Hors sujets: 

23/09/2022 - encore une mauvaise nouvelle: au Groënland, l'état de santé de la morue arctique inquiète. (...inquiète les scientifiques, disons - pas la morue)

Même jour: près de 50 incendiaires ont été arrêtés cette année, de tous milieux sociaux, âges et profils (majoritairement des hommes, parfois fragiles psychologiquement). Il y a quelques pompiers volontaires, mais ce n'est pas la majorité. Du genre? Hé ben moi, je trouve que ça va beaucop mieux en le disant!  

...Et en même temps, on apprend sur le site Public Sénat que l'indemnité horaire des pompiers volontaires vient d'être augmentée (à 8,36 euros pour les sapeurs-pompiers, 10,13 euros pour les sous-officiers et 12,50 euros pour les officiers). Et la durée de service avant de toucher une rente annuelle est passée de 20 à 15 ans. Le tout cherchant à lutter contre la baisse des vocations. 

Ah, un dernier truc: je ne sais pas qui sont les communicants qui ont pondu le dernier logo en date sur le recyclage, ni combien ils ont été payés, mais ce sont des nuls, je trouve. C'est pas un bonhomme ("Triman") qu'ils auraient dû mettre en avant, mais un trimaran. La mer, si polluée finalement...

== Rappel: sauf catastrophe sanitaire majeure, il n'y aura pas de chronique "Covid-19" le 1er novembre (jour des morts?), ni les premiers des mois suivants... ==

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vendredi 30 septembre 2022

Tortilla Flat / Rue de la Sardine / Tendre jeudi - John Steinbeck

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Je (ta d loi du cine, "sqatter" chez dasola) remercie PatiVore et Belette de m'avoir suggéré l'idée de participer à leur Mois Américain 2022 en solitaire, qui perpétue l'initiative lancée à l'origine par Titine. Il semble que je sois le seul blogueur mâle à avoir participé à leur challenge? Cela m'a donné l'occasion de relire trois romans de Steinbeck, qui m'avaient été offerts pour Noël en 1980, 1981 et 1982. A l'époque, chaque membre de ma famille susceptible d'offir un cadeau pour Noël au grand garçon que j'étais se voyait affligé / infliger (?) par mes soins (d') une liste de l'oeuvre complète d'un de mes auteurs favoris (en général prolixe - et décédé), à utiliser jusqu'à extinction pour Noël et mon anniversaire (seules "fêtes à cadeaux" chez moi). Ces trois romans peuvent aussi participer au challenge 2022 en classiques co-organisé par Nathalie et Blandine

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Je m'y prends pratiquement à la dernière minute pour publier mon billet. Un mois, ça doit être un délai trop court pour moi, le temps d'avoir l'idée, de lire et surtout de chroniquer. Et je voulais faire un seul billet pour les trois livres de la photo ci-dessus (les illustrations des Folio sont de Jean-Paul Théodule, j'ignore l'auteur de celle du Livre de Poche).

P1150491Dans Tortilla Flat (écrit en 1935), John Steinbeck, avec beaucoup de tendresse, peint des personnages haut en couleur, des "paisanos" de Monterey, sur les hauteurs de la ville. Ce sont des "déclassés" sans domicile fixe, dormant dans les bois lorsqu'ils ne sont pas retenus en prison ou chez une belle... Mais quand l'un d'eux se suicide, c'est sans le faire exprès. Le principal héros, Danny, hérite de deux maisons. Il commence par occuper l'une et louer l'autre à l'un de ses copains - qui ne lui paiera jamais de loyer, bien entendu. Ce dernier en invite un autre... avant d'incendier la maison, et nos deux paisanos échaudés rejoignent donc Danny dans la sienne. Puis un autre copain arrive, et encore, et encore... Au final, la Maison de Danny peut faire songer à celle du film Affreux, sales et méchants. Mais les rencontres avec leurs amours de passage se déroulent toujours hors de cette maison-là, le plus souvent chez les femmes, mariées ou non. 

Le gallon de vin que se procurent régulièrement nos compères leur est vendu un dollar (un gallon représente approximativement quatre litres). Ils consomment aussi du brandy, du whisky... mais c'est plus cher! On est vraisemblablement en pleine période de prohibition, ce qui n'a pas l'air de les empêcher outre mesure de se saoûler au whisky de... 4 mois d'âge! En désespoir de cause, s'ils n'ont vraiment aucune autre solution, nos paisanos sont prêts à tout pour se procurer leur boisson, et acceptent même de travailler pour deux dollars par jour. Ce sont de vrais copains, mais qui peut résister à l'attrait d'un verre supplémentaire? Cependant, celui qui vole un membre de la troupe peut en être cruellement puni. 

La bande de Danny, qui s'étoffe au fil du roman, termine à sept personnages : Pilou, Pablo, Jesus-Maria, le Pirate, Big Joe Portugee, Johnny Pom Pom et Tito Ralf. Mais nos paisanos sont parfois sujets à la mélancolie sinon à la dépression, jusqu'à ce qu'une fête leur remonte le moral et cimente leur communauté. Je retiens la citation finale, après la destruction de leur havre de paix."Les amis de Danny gardaient toujours les yeux fixés sur les ruines fumantes. Puis ils s'observèrent l'un l'autre avec des regards étranges et reportèrent une fois encore leurs yeux sur la maison brûlée. Un peu plus tard, ils se retournèrent et s'en allèrent d'un pas tranquille. Il n'y en avait pas deux qui marchassent ensemble". [on notera l'imparfait du subjonctif].

J'ai trouvé quelques autres billets sur cet ouvrage: Joëlle de la Bibliothèque du dolmen, Leiloona, Nad du blog L'amarrée des motsSandra du blog Lettres et caractères

P1150493Rue de la Sardine (paru en 1945) est un peu de la même veine. Nous sommes toujours à Monterey, mais cette fois dans la partie basse de la ville, du côté des conserveries. Dans les 30 premières pages du roman, Steinbeck nous conte deux suicides différents (pour différentes raisons). Et pourtant le roman fait aussi dans le genre comique. Il est composé de chapitres dont les liens sont ténus, on peut plutôt les considérer comme des "tranches de vie" sans vraiment de début ni de fin... Il nous narre la vie des habitants du quartier. Les 32 chapitres n'ont même pas de titres. Ce coup-ci, l'équipe de loosers sympathiques est menée par Mack. La bande se compose de Gay, d'Eddy, d'Hazel. Il y a aussi le propriétaire de leur "palais [des coups]" (Lee Chong, le marchand chinois d'en face), la Maison de Dora (Le drapeau de l'Ours) et ses filles, Henry le peintre qui vit dans un bateau éternellement en construction... Entre autres personnages, on y croise aussi la ford T. Je ne résiste pas au plaisir d'une citation: "quelqu'un devrait se décider à écrire un essai sur les effets moraux, physiques et esthétiques du modèle T sur la nation américaine. Deux générations d'Américains en savent davantage sur les engrenages du modèle T, que sur le clitoris, sur le système planétaire de son changement de vitesse que sur le système solaire des étoiles. Chez nous, le modèle T a modifié pour une grande part la notion de la propriété. Les clefs anglaises ont cessé d'être un objet personnel, et une pompe pour gonfler les pneus appartient désormais à celui qui l'a ramassée le dernier." A part cela, comme figure notable, le roman comporte aussi, voire surtout, Doc (personnage inspiré d'un ami de Steinbeck), qui tente péniblement de vivre de son activité de biologiste dans le laboratoire dont il est propriétaire. Doc, c'est la providence du quartier, celui qui vous dépanne de quelque sous contre des animaux dont il n'a pas forcément besoin, celui qui, tout en s'en défendant, peut soigner les bobos: tout tourne un peu autour de lui... Et quand, pour le remercier de ses services, les habitants du quartier décident de lui offrir une fête, c'est souvent lui qui en fait les frais!

Concernant Rue de la Sardine, j'ai seulement déniché un vieux billet (commentaires fermés...) sur le blog Le bouquineur

P1150492Tendre jeudi (publié en 1954) enfin, c'est une extraordinaire histoire d'amour, l'envers lumineux du si sombre A l'Est d'Eden. Il s'agit de la suite de Rue de la Sardine. Suzy n'est pas un homme (comme celui que chante Joe Dassin), certes non. Cette fois-ci, il y a une histoire avec un début, un milieu et une fin, et 40 chapitres avec des titres variés et signifiants (certains ne font que 2 pages). Le premier chapitre dépeint ce qui s'est passé "rue de la Sardine": notamment, la seconde guerre mondiale... Doc a été appelé sous les drapeaux, et, de retour dans ses foyers, doit relancer son laboratoire... (il a l'idée d'un article scientifique qu'il ne lui reste plus qu'à rédiger). Le nouvel épicier est mexicain. On peut relever que, à cette époque-là, le gallon de vin vaut 62 cents [0,62 dollar] (p.172). Mack et sa bande constatent que Doc a le blues. Au 5ème chapitre, Suzy entre en scène. Doc et elle vont se tourner autour, s'attirer et se repousser... avec leurs caractères respectifs bien trempés. Il faudra que toute la bande du quartier s'en mêle, spécialement Hazel, esprit simple, qui, à défaut de devenir Président des Etats-Unis, s'avèrera très efficace dans le rôle de Deux ex machina. Et l'on verra à la fin (le chapitre 40 est magnifique!) Doc et Suzy partir en expédition de recherche scientifique vers le bord de la mer... 

Je n'ai pas pour le moment de billets ayant chroniqué Tendre jeudi à indiquer. 

Je noterai que mes éditions de ces trois oeuvres ont chacune été traduites par une personne différente (je suis bien incapable de lire de la littérature étrangère en VO). C'est peut-être ce qui explique quelques menues différences (par exemple L'ours au lieu du Drapeau de l'ours, le Palais au lieu du Palais des coups...).

Je prends en tout cas conscience que, à l'époque où j'ai lu pour la première fois ces trois romans, internet n'existait pas: chercher les oeuvres disponibles (ou même existantes) pour un auteur donné était nettement moins simple qu'aujourd'hui... Je peux signaler que j'ai découvert en septembre 2022 l'existence de nouvelles oeuvres de Steinbeck publiés en français dans l'une ou l'autre collection format poche, en plus de celles dont je connaissais les titres parce qu'ils figuraient comme "autres titres" dans mes bouquins des années 1980 (Folio et/ou Poche), voire dans les catalogues de ces collections, que distribuaient les libraires lorsqu'on les leur demandait: Voyage avec Charley, Dépêches du Vietnam, Lune noire, Dans la mer de Cortès, Une saison amère, ... sont donc des livres que j'ignorais. Leur découverte pourrait être à mon programme pour un prochain "Mois américain"!

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mercredi 28 septembre 2022

Coup de théâtre - Tom George / Don't Worry Darling - Olivia Wilde

En ce moment, je trouve peu de films qui me donnent envie de me déplacer dans une salle obscure. En voici deux, le premier, Coup de théâtre, m'a bien divertie. En revanche, je me suis posé beaucoup de questions au sujet du second.

Coup de théâtre de Tom George est délicieusement "british" avec un crime et quelques suspects. Cela se passe à Londres dans les années 50. L'énigme policière se passe dans le milieu du spectacle. Un producteur qui est aussi le narrateur au début du film est assassiné dans les coulisses du théâtre où se joue La souricière d'Agatha Christie. Sur scène, Richard Attenborough interprète un des rôles de la pièce avec son épouse. Une jeune policière zélée appelée Stalker fait souvent des conclusions hâtives sur qui a tué. Heureusement que son supérieur, l'inspecteur Stoppard, la freine dans ses élans. La délicieuse Saoirse Ronan qui joue Stalker vaut à elle seule le déplacement. Avec Sam Rockwell qui joue l'inspecteur, ils forment un duo irrésistible. Il faut noter que l'on a l'occasion de voir le personnage d'Agatha Christie compètement échevelée. C'est un film très amusant.

Je passe à Don't Worry Darling d'Olivia Wilde dans lequel jouent des acteurs et chanteurs qui me sont inconnus ou presque. Déjà, là, j'étais un peu larguée car les spectateurs avaient l'air de savoir ce qu'ils allaient voir et qui ils allaient voir. Il y avait beaucoup de monde dans la salle. L'histoire se passe a priori dans les années 50 à Victory, une ville localisée au milieu de nulle part dans un désert. Des couples jeunes et beaux avec ou sans enfants ont une vie qui semble idyllique. Toutes les maisons d'habitation spacieuses se ressemblent. Les jeunes femmes font le ménage et la cuisine tandis que les maris se dirigent dans un genre de bunker où ils exercent un travail top secret. Mais très vite, on se rend compte que des choses étranges se passent. L'histoire se concentre sur quelques couples dont celui formé par Alice et Jack Chambers. Alice en particulier commence à avoir des hallucinations. Et elle commence à voir des choses qu'elle ne devrait pas voir. Le cauchemar éveillé commence et puis j'ai suivi le fil de l'histoire en me demandant où la réalisatrice (qui joue aussi un personnage de l'intrigue) voulait en venir. Il y a plein de zones d'ombre, plein de questions restent sans réponses. Je n'ai ni aimé, ni détesté le film, je suis restée perplexe. Une spectatrice derrière moi a immédiatement dit à son conjoint "je n'ai pas aimé du tout". Lire le billet d'Henri Golant

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dimanche 25 septembre 2022

Taormine - Yves Ravey

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Désormais, dès que je vois qu'un roman d'Yves Ravey est publié, je me le procure aussitôt. J'ai lu le roman Taormine (Editions de Minuit, 138 pages), mon sixième de l'écrivain, en une demi-journée. Comme le titre l'indique, l'histoire se passe en Sicile à Taormine et ses environs. Melvil (sans emploi, il refuse tous les postes qu'on lui propose) et Luisa (qui travaille au CNRS) Hammet viennent dans ce coin de l'ïle pour passer une semaine afin de se reposer et faire des excursions. Leur couple va mal. Melvil espère que la semaine en Sicile va aider à ce qu'ils se réconcilient. Après avoir atterri à l'aéroport de Catane, ils partent en direction de Taormine pour rejoindre leur hôtel 4 étoiles. Mais Luisa a tellement hâte de voir la mer tout de suite, qu'ils font un détour qui leur apporte de très gros ennuis. En effet, dès leur détour terminé, quand ils veulent rejoindre la route nationale, il fait nuit et il pleut, la voiture de location assez bas de gamme percute quelque chose. Même si la voiture est endommagée, elle peut rouler. Le couple ne s'est pas arrêté pour savoir ce qui s'est passé. C'est le lendemain que Luisa qui parle et lit l'italien apprend par les journaux qu'un petit garçon a été tué par une voiture. Autant Luisa, qui a des remords de conscience, voudrait aller au poste de police, autant Melvil qui est le narrateur ne se sent pas vraiment coupable. Il veut seulement trouver un garage pour réparer les dommages sur la carrosserie. Ils vont être pris dans un engrenage qui va leur coûter beaucoup d'argent. J'ai trouvé la fin très ouverte. Comme d'habitude, Ravey ne s'encombre pas de descriptions. Il s'en tient à la simple narration de l'histoire. On n'éprouve aucune sympathie pour les personnages mais cela n'empêche pas que j'arrive à espérer qu'ils s'en sortent, même si ce qu'ils ont fait est impardonnable. Un bon moment de lecture. 

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jeudi 22 septembre 2022

Plan 75 - Chie Hayakawa

Que vous soyez déprimé ou non, préparez-vous à ce que votre moral soit au plus bas en sortant d'une projection de Plan 75, d'une cinéaste japonaise dont c'est le premier film. Plan 75 se passe dans un futur assez proche semble-t-il. Les "vieux" sont de plus en plus nombreux au Japon et ils sont surtout devenus une charge pour le pays. Dans une première séquence assez floutée, un jeune homme vient de perpétrer un massacre dans un "EHPAD" japonais. C'est pour éviter que d'autres tueries de ce type aient lieu qu'un programme "Plan 75" est organisé au niveau national. Toutes les personnes âgées de 75 ans et plus ont la possibilité de se faire euthanasier. C'est a priori sur la base du volontariat mais la pression (sociale...) est tellement forte que beaucoup de personnes acceptent de recevoir 100 000 yens (environ 728 euros - "taux de chancellerie") avant de mourir, pour faire ce qu'elles veulent avec, et rendez-vous est pris pour le traitement fatal dans un établissement. Michi, une vieille dame de 78 ans qui vit seule et voit mourir ses trois amies, accepte de signer pour ce programme. Il n'y a plus rien, semble-t-il, qui la retient sur cette terre et elle vit dans un immeuble voué à la démolition. C'est un film sur la solitude des personnes âgées qui n'ont plus rien à quoi se raccrocher. Le constat est terrible. En revanche, dans le cadre du programme, Michi peut appeler une personne pendant les jours qui lui reste à vivre. Elle a le droit à 15 minutes de conversation par session. En parallèle, on voit Hiromu, un jeune homme travaillant pour le programme, qui apprend que son oncle a accepté de signer "Plan 75". Les sentiments d'Hiromu changent quelque peu quand il apprend ce que deviennent les défunts. Le film dénonce en pointillé le fait que ce programme, c'est du "business". Il coûte un peu, mais par ailleurs il rapporte beaucoup d'argent à l'Etat japonais. D'ailleurs il est même question que plan 75 devienne plan 65... Une séquence terrible montre le tri des vêtements et autres effets personnels des défunts. Cela fait penser à ce que faisaient les nazis envers les morts des camps d'extermination. J'ai trouvé la réalisation de ce film d'une grande maîtrise. Beaucoup de choses sont suggérées et non montrées, c'est ce qui rend l'histoire encore plus terrible. L'actrice principale Chieko Baishô (81 ans) est très émouvante. Un film que l'on n'oublie pas. Avec mon ami, on est sorti de la projection très secoués. Lire les billets de Pascale et Vincent.

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lundi 19 septembre 2022

Sel - Jussi Adler Olsen

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Je viens de terminer Sel de Jussi Adler Olsen (Editions Albin Michel, 551 pages (! c'est juste le nombre minimun de pages demandé) lu dans le cadre du challenge du pavé de l'été organisé par Brize que je remercie une fois encore. Sel est la neuvième enquête de l'équipe du département V. Dans la série, je n'avais lu que le premier, Miséricorde, que j'avais trouvé haletant mais éprouvant. Dans ce neuvième tome, j'ai retrouvé, à Copenhague, le sous-commissaire Mork et son adjoint Assad tous deux mariés et pères de famille. Dans l'équipe, il y a aussi Rose et Gordon Taylor. Ce quatuor va être amené à enquêter sur des morts (accidents ou suicides) dont les premières datent des années 1980. Il se trouve que ce sont des assassinats déguisés. On en dénombre vingt-six, un tous les deux ans. Le point commun entre ces crimes, c'est le petit tas de sel de cuisine retrouvé sur les lieux des crimes. On a même retrouvé du sel à l'intérieur de certains corps. Les victimes étaient toutes des être nuisibles pour la société. On devine assez vite qui est le responsable des crimes et le pourquoi, ainsi que la symbolique biblique du sel. Le côté haletant du roman, c'est comment les membres du département V vont arriver à attraper le coupable, particulièrement intelligent mais d'une cruauté sans nom. Dans ce roman, il y a pas mal d'allusion à des choses qui se sont passées dans les romans précédents, et à la fin de ce tome, Carl Mork est arrêté par quelques-uns de ses collègues de la police. Je pense qu'il faut attendre le tome 10 pour en savoir plus. Mais je n'ai pas trouvé gênant de ne pas avoir lu les huit tomes précédents. Un roman que je recommande. Lire les billets de Shangols et Cannibal lecteur.

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vendredi 16 septembre 2022

Chronique d'une liaison passagère - Emmanuel Mouret

Je me suis décidée à aller voir le nouveau film d'Emmanuel Mouret, Chronique d'une liaison passagère. Le cinéaste tourne en moyenne un film tous les deux. Une fois de plus, c'est une fantaisie, sur l'infidélité, le couple, le bonheur. Il faut noter que l'on entre dans le vif du sujet dès la première image. Charlotte et Simon sont dans un bar et ils commencent à parler. Nous sommes un 28 février. Charlotte et Simon se sont rencontrés peu de temps auparavant dans une soirée. Elle lui a donné son numéro de téléphone, il l'a rappelée. On assiste à leurs rencontres pendant quelques mois. Simon, marié et père de deux enfants, vit sa première relation extra-conjugale. Il est timide, il n'ose pas tout. Pour Charlotte, cette mère de trois enfants sans mari, elle ne veut plus aucune contrainte. Elle fonce. Leur relation repose sur le plaisir (sexuel) sans engagement, sans sentiment amoureux, sans projection dans le temps. Les deux personnages sont de tous les plans et ils n'arrêtent pas de parler avec un débit rapide. Mais au fil du temps, leur relation évolue, leurs sentiments aussi et pas de la même façon. Tout est dit dans le titre mais je vous laisse découvrir comment se termine l'histoire. Sandrine Kiberlain et Vincent Macaigne sont très bien. Un film qui se laisse voir.

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mardi 13 septembre 2022

Rattrape-le ! - Jake Hinkson

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Après L'Enfer de Church Street qui m'avait beaucoup plu, je viens de lire en deux jours Rattrape-le! de Jake Hinkson (Edition Gallmeister, 378 pages). L'écrivain a une fois de plus situé son histoire en Arkansas, près de Little Rock, où sévissent différentes églises évangélistes comme les Baptistes et les Pentecôtistes. Lily Stevens, âgée de dix-huit ans, est enceinte de cinq mois. Cette fille d'un pasteur pentecôtiste doit se marier avec Peter, le père de l'enfant. Malheureusement pour elle, Peter disparait la veille du mariage sans rien dire. Lily ne veut pas croire que Peter l'ait abandonnée. Elle est sûre qu'il lui est arrivé quelque chose. Si Peter ne reparaît pas, elle va se retrouver mère célibataire et cette situation est très mal vue dans l'église pentecôtiste à laquelle elle appartient. Son père doit démissionner de son poste de pasteur. Lily est une fille obstinée et après qu'elle soit allée porter plainte en vain à la police, elle décide de mener son enquête par elle-même. Elle entraîne avec elle un collègue de Peter, Allan Woodson, qui se trouve être le demi-frère de Peggy Stevens, la mère de Lily. Ce colosse de quarante-deux ans est chauve et homosexuel. Il s'occupe depuis des années de son vieux père. Je vous laisse découvrir ce qui est arrivé à Peter à la toute fin du roman. L'intrigue est assez noire et se passe dans cette Amérique profonde que j'ai du mal à comprendre, où la religion guide les actions et le comportement de beaucoup de gens à quelques exceptions près. Un très bon roman haletant que je conseille.

Lire les billets de Pierre Faverolle et Baz'art

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J'inscris ce billet pour Le mois américain 2022 en solitaire perpétué par Pativore et Belette2991 (créatrice des logos).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
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