dimanche 10 novembre 2019

Adults in the room - Costa Gavras

Avec Adults in the room d'après le livre de Yanis Varoufakis, le réalisateur d'origine grecque Costa-Gavras se penche sur le problème de la crise de la dette publique grecque qui a commencé en 2008. L'histoire qui nous est racontée se passe en 2015. Yanis Varoufakis, le ministre des finances du gouvernement d'Alexis Tsipras, va essayer de renégocier la dette pharaonique –320 milliards d’euros– et tenter de mettre fin à l’austérité et à la crise qui touche son pays. Il affronte la troïka, constituée par la BCE (Banque centrale européenne), le FMI (Fonds monétaire international) et la Commission européenne, au cours de différentes rencontres. Il veut tout faire pour sortir la Grèce de l'Euro et aboutir à un "Grexit". Je trouve le sujet passionnant, mais j'ai trouvé que le film de Costa-Gavras l'était nettement moins (passionnant). Les séquences de débats se suivent mais cela reste un peu statique. On assiste aux rencontres entre Varoufakis et des Français comme Michel Sapin, Pierre Moscovoci ou même un certain Emmanuel M., ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique à l'époque. Le film se termine avec le résultat du référendum de juillet 2015, où le "non" l'a emporté sur les propositions faites par la troïka. Il n'y a pas de suspense, de coup de théâtre. J'ai trouvé l'ensemble un peu "plan plan", sauf une séquence à la fin qui détonne. Sinon, le titre du film se réfère à une phrase prononcée en juin 2015 par Christine Lagarde qui, à force d'assister à toutes ces commissions a dit qu'il fallait "restore the dialogue with adults in the room"  (restaurer le dialogue avec des adultes dans la salle) car elle trouvait que les présents avaient un comportement enfantin voire infantile.

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jeudi 7 novembre 2019

Les années 70 - Cabu / Gébé / Willem

Dans le cadre de mes hommages mensuels aux victimes du 7 janvier 2015, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) reviens cette fois-ci aux origines (sinon aux "fondamentaux"?) de Charlie Hebdo, grâce à un livre que j'avais déniché (chiné) il y a déjà quelque temps.

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Les années 70, Cabu - Gébé (avec la participation de Willem), texte de Gébé, éditions First, 1992. Comme chacun sait, ces dessinateurs se sont connus à Hara Kiri (mensuel créé en septembre 1960 et qui durera jusqu'en 1989), ayant engendré Hara Kiri Hebdo, apparu en 1969, et devenu Charlie Hebdo en 1970. "En ce temps là, "...

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... c'est ainsi que commence le texte, page 7, de ce livre publié en 1992, l'année de la renaissance de Charlie Hebdo. Rappelons que le N°1 de la série actuelle est paru mercredi 1er juillet 1992 et s'est vendu à 120 000 exemplaires. Mais Les années 70, voilà des années que la génération Y, les Millenials, ou la génération Z (encore moins), ne peuvent pas connaître en les ayant vécues. Pour ma part, je peux dire "j'y étais!", même si les événements dépeints dans cet ouvrage me sont passés, je crois, largement au-dessus de la tête.

Le texte de Gébé assure le fil conducteur, tandis que les reportages dessinées de Cabu scandent la diversité des luttes (manifestations antimilitaristes, Larzac, luttes antinucléaires, Lip, procès de Charlie [1978]...). C'est de manière plus ou moins allusive que l'ouvrage brosse, p.20-22, l'histoire très conviviale (ou la légende, bien connue de tous) de l'apparition de Hara Kiri Hebdo, puis de sa transformation en Charlie Hebdo.

J'ai bien apprécié les crédits iconographiques, très bien faits (p.126-127 - quelques coquilles minimes) et qui m'ont servi pour mes comptages. Comme je l'ai déjà indiqué dans certaines de mes chroniques précédentes, je trouve que beaucoup de compilations ou anthologies de dessinateurs de la série actuelle de Charlie omettent de préciser la date et le numéro de parution pour chaque dessin. Bref, Les années 70 alignent 170 dessins (41 de Gébé, 19 de Willem, 108 de Cabu, et 2 de Fournier). Ce Fournier-là (Pierre, le fondateur de La Gueule ouverte), ne doit pas être confondu avec ceux de Spirou (Jean-Claude, ou un autre Pierre!).

Dans les dix dessins que j'ai choisi de citer ci-dessous, j'ai fait, proportionnellement, la part fort belle à Gébé, Fournier ou Willem. J'ai en effet déjà consacré plusieurs billets à Cabu, et j'aurai d'autres occasions de le faire. En tout cas, si Fournier et Gébé sont décédés trop jeunes (à 35 et 74 ans) cependant que Cabu a, lui, été assassiné (à 76 ans, presque 77), Willem (né en 1941) continue à dessiner chaque semaine dans Charlie Hebdo (merci à lui!).

 p.16 Gébé (10/05/1971). P1110544 Et pour la retraite à 64 ans, comment insulter les libéraux?

p.22 Gébé (10/01/1971). P1110545 Sourire... de quelle couleur? 

p.41 Cabu (08/01/1976). P1110547 La Révolution, ce n'est plus demain la veille...

p.54 Cabu & Willem (22/12/1977). P1110556  P1110553 Fauchon plastiqué (les textes de Cabu sont excellents, je trouve!).

p.61 Gébé (14/08/1972). P1110548 Je suppose que cela ne visait même pas l'usine de La Hague, mais tout simplement l'absence de stations d'épurations en bord de mer? Il faudrait relire le numéro concerné ...

p.62 Fournier (10/07/1972). P1110549 (à Mururoa, c'était bien l'époque des essais nucléaires aériens, dont certaines retombées ont pu voyager loin...).

72 Gébé (05/08/1976). P1110550 Un dessin bien symbolique.

p.118 Willem (05/07/1979). P1110557 Remplaçons donc "boat-people" par "migrants, et il serait publiable tel quel de nos jours!

p.119 Cabu (05/07/1979). P1110552 Moi, ce masque me fait un peu penser à quelqu'un d'autre...?

Je me suis permis de remarquer qu'effectivement (comme le mentionne wikipedia consulté le 3 novembre 2019), les textes des BD du Néerlandais Willem, à cette époque, sont truffés de fautes d'orthographe, et il refusait de les faire corriger (cela donnait un genre certain à ses grandes planches). J'ai encore vu sur internet que cet album a pu être qualifié de "chronique historique dans la liste des ouvrages de Gébé". Par contre, je n'ai pas trouvé sur la blogosphère de critiques concernant cet ouvrage déjà ancien. Peut-être en existe-t-il et ai-je mal cherché, je corrigerai si nécessaire!

*** Je suis Charlie ***

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mercredi 6 novembre 2019

Le crépuscule de Shigezo - Sawako Ariyoshi

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Le crépuscule de Shigezo (Editions Mercure de France, 304 pages) de Sawako Ariyoshi (1931-1984), publié en 1972 au Japon, est paru pour la première fois en français en 1986 aux Editions Stock, sous le titre de Les années du crépuscule. Sawako Ariyoshi a beaucoup traité de la condition des femmes au Japon. Elle a été comparée à Simone de Beauvoir. Je l'ai lu dans une édition de 2018.

A Tokyo, Akiko et Nobutoshi Tachibana sont mariés depuis plusieurs années et ont un fils de 17 ans appelé Satoshi. Dans un petit pavillon attenant à leur maison, vivent Shigezo, 84 ans, et sa femme, les parents de Nobutoshi. La femme de Shigezo décède brutalement d'une attaque et Shigezo se retrouve seul. Akiko, qui n'a aucun lien de sang, commence à s'occuper de lui comme le veut la coutume. Le récit décrit plus de six mois de la vie d'Akiko qui se trouve bouleversée par ce qui arrive. Shigezo perd la tête, il souffre de démence sénile. Lui qui était un tyran domestique qui s'est plaint toute sa vie de problèmes intestinaux, retombe en enfance. Akiko assume seule la charge, son mari et sa belle-soeur, les enfants de Shigezo, ne l'aident  absolument pas, ils ne sentent pas concernés. Akiko qui travaille dans un cabinet d'avocats est obligée de rester de plus en plus souvent chez elle pour s'occuper de Shigezo. Elle perd le sommeil. On se demande comment elle tient. Sawako Ariyoshi brosse un portrait terriible de la condition des personnes âgées au Japon où rien n'est vraiment prévu pour eux, à part l'asile psychiatrique en dernier recours. Akiko qui doit prendre toutes les décisions seule ne peut s'y résoudre. Une histoire émouvante avec un beau portrait de femme. Akiko a bien du courage.

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dimanche 3 novembre 2019

Le traître - Marco Bellochio

Le Traître qui dure 2H32 est intéressant et assez passionnant par la manière dont il aborde son sujet. Il s'agit du nouveau film de Marco Bellochio, le réalisateur italien octogénaire. Il raconte comment le témoignage de Tommaso Buscetta, un membre de "Cosa Nostra" dans les années 80, a permis la condamnation de plus de 475 personnes lors d'un maxi-procès qui s'est déroulé de février 1986 à décembre 1987 à Palerme. Le film commence en octobre 1981, lors de la fête de Sainte Rosalie, la patronne de la ville de Palerme, dans une belle demeure. C'est la fête et de nombreux membres de "Cosa Nostra" de différentes familles, dont celles du village de Corleone, sont réunis. Leurs noms sont affichés sur l'écran. Dans les séquences qui suivent, on assiste à des exécutions. Des membres de "Cosa Nostra" sont tués à bout portant par d'autres. C'est une vraie vendetta dont on ne nous dit pas forcément l'origine. Tommaso Buscetta, un des chefs de cette organisation pyramidale, décide de partir avec une partie de sa famille au Brésil pour ses "affaires". Quelques mois après, il est arrêté et extradé en Italie. Même s'il considère qu'il n'est pas un repenti, il accepte de répondre aux questions du juge Falcone qui est à l'origine du "pool" antimafia. J'ai trouvé un peu dommage que l'on ne voie pas assez les échanges entre Falcone et Buscetta, qui déclare qu'il n'était qu'un simple "soldati" - soldat - dans l'organisation. Ensuite, le maxi-procès se déroule dans une sorte de bunker où l'on voit les mafieux enfermés derrière des barreaux solides à l'épreuve d'armes lourdes. Tels des tigres ou des hyènes en cage, les mafieux manifestent bruyamment et fanfaronnent. Après le jugement rendu et les condamnations proclamées même par contumace, Buscetta part aux Etats-Unis comme témoin protégé. Plus loin dans l'histoire, on peut noter la séquence marquante de l'assassinat du juge Falcone et de sa femme dans une voiture. Ils étaient escortés par des policiers. C'est une portion d'autoroute sur laquelle ils roulaient qui est pulvérisée par 600 kg d'explosifs. L'originalité est que tout est filmé de l'intérieur de la voiture du juge. Buscetta est mort d'un cancer en 2000 aux Etats-Unis. Un film à voir.

Lire les billets de Neil, de Strum et de ffred.

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jeudi 31 octobre 2019

La fille de Vercingétorix - Jean-Yves Ferri et David Conrad

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Dans cet album écrit par le duo Jean-Yves Ferri (pour le texte) et Didier Conrad (pour les dessins), on apprend que Vercingetorix, le vainqueur de la bataille de Gergovie mais le vaincu d'Alésia, avait une fille, Adrenaline, une grande ado rousse qui a été élevée par des Arvernes et a une tendance à fuguer. La fille de Vercingétorix est emmenée dans le village gaulois par ses pères adoptifs, Monolitix et Ipocalorix, membres du FARC (Front Arverne de Résistance Checrète). Ils veulent la soustraire à Adictoserix, un "pisteur" à la solde de César qui souhaiterait qu'Adrénaline soit élevée à la romaine. Adrénaline, comme toutes les grandes ados de son âge, veut qu'on la laisse tranquille. Elle rêve de partir sur un bateau pour se diriger vers l'île de Thulé car elle en a ras l'amphore qu'on se serve d'elle et du torque (donné par son père) pour faire la guerre. Elle se lie avec Blinix et Selfix (les fils respectifs d'Ordralfabétix et de Cétautomatix) qui vont l'aider à s'enfuir, mais Adictoserix et son cheval Nosferatus ne sont pas loin. Un album plaisant qui fait passer un bon moment. Pour ma part, je l'ai préféré à Astérix et la Transitalique, même si mon préféré des quatre (à ce jour) signés Conrad & Ferri reste Le papyrus de César.

Pour la petite histoire, à Paris, on connait beaucoup mieux la rue d'Alésia qui traverse le XIVème arrondissement d'ouest en est (et sa station de métro) que la rue de Gergovie (beaucoup plus modeste) au moins 5 fois moins longue. Elle est parallèle à la rue d'Alésia. Comme quoi, une défaite est mieux célébrée qu'une victoire.

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lundi 28 octobre 2019

Sorry We Missed You - Ken Loach

J'ai vu en avant-première Sorry We Missed You, le dernier film de Ken Loach, lors d'un festival de cinéma en province, il y a deux semaines. Je ne suis pas sortie indemne de la projection. Quelle claque! Dans la famille Turner, nous avons Ricky le père, Abbie la mère et les deux enfants, un garçon d'une quinzaine d'annés et une fille d'une dizaine d'année. A Newcastle, en Angleterre, la famille Turner a du mal à joindre les deux bouts. Ils sont locataires d'une petite maison. Abbie s'occupe de personnes âgées à leur domicile. Elle est payée à la prestation. Ricky demande à Abbie de vendre sa voiture afin qu'il puisse s'acheter à crédit une camionnette. Il a décidé de se mettre à son compte en faisant des livraisons de colis. Le pauvre, il ne sait pas dans quoi il s'engage! Il se met au service d'un service de livraisons d'une société. Il est payé à la livraison en parcourant Newcastle et ses environs en faisant des horaires de "dingues" de 7 h à 21h, 6 jours sur 7. S'il a un empêchement, il a une amende, s'il casse ou perd son traceur pour les livrasons, il doit le rembourser, si certains produits disparaissent et ne sont pas assurés, c'est lui qui doit payer. Pendant ce temps, sa famille pâtit de cette nouvelle situation familiale. Le fils est en pleine révolte et Abbie est beaucoup plus fatiguée qu'avant, puisqu'elle est obligée de prendre les transports en commun. Ken Loach suit ses personnages au plus près. Les acteurs sont tous remarquables (mention spéciale à Debbie Honeywood qui interprète Abbie). En tant qu'actrice semi-professionnelle issue de la classe ouvrière, elle crève l'écran. Un film à voir.

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vendredi 25 octobre 2019

Shaun le mouton - Will Becher / La fameuse invasion des ours... - Lorenzo Mattotti

Voici un billet léger sur deux films d'animation épatants.

Je commence avec Shaun le mouton: la ferme contre-attaque des studios Aardman, où j'ai eu le plaisir de retrouver Shaun le mouton et ses congénères, qui vont faire le maximum pour permettre à une petite Alien appelée Lula de retourner vivre dans son monde extra-terrestre auprès de ses parents. Lula, de couleur rose et bleue, est arrivée à bord d'une soucoupe volante qui s'est écrasée dans un bois pas loin de la ferme de Shaun. Ce dernier se fait fort d'affronter les obstacles qui se mettent en travers de son chemin pour sauver Lula. De son côté, le fermier un peu benêt crée un parc d'attraction sur les ovnis. Il y aussi Red, la "méchante" d'une organisation gouvernementale qui cherche à capturer la petite extraterrestre. On découvre vite que Lula est une alien facétieuse. Elle a des dons de télékinesie, elle peut devenir phosphorescente, elle déteste les brocolis mais adore les pizzas et les gâteaux. Une histoire très sympathique dont je ne vous dévoilerai pas la fin.

Je passe à La fameuse invasion des ours en Sicile de Lorenzo Mattotti, d'après un roman pour la jeunesse de Dino Buzzati paru en 1945. Ce film est une merveille visuelle. Il y a longtemps, en Sicile, les ours et les humains vivaient en bonne intelligence, jusqu'à ce qu'un jour Tonio, le fils de Léonce, le roi des ours, soit enlevé pendant qu'ils étaient tous les deux à pêcher du saumon. Au bout d'un certain temps, Léonce entraîne toute sa tribu vers la ville où vivent les humains et où se trouve Tonio. La guerre est déclarée, les péripéties sont nombreuses et De Ambrosis, un magicien et sa baguette vont jouer un grand rôle dans l'épilogue de l'histoire. Mais c'est surtout le dessin, les couleurs chaudes (jaune, rouge, orange), l'animation en général qui sont les atouts majeurs de ce film, que je vous recommande.

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mardi 22 octobre 2019

Pour Sama, Journal d'une mère syrienne - Waad Al-Kateab et Edward Watts

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Pour Sama est un documentaire bouleversant. Waad Al-Kateab, native d'Alep en Syrie, a filmé pendant plus de 5 ans (entre 2011 et 2016) la guerre à Alep. Cela a commencé en 2011 avec la propagation du printemps arabe en Syrie et les premiers tirs sur les manifestants pacifiques par le régime de Bachar El-Assad. L'armée syrienne libre est créée en juillet 2011 en réaction à cette répression. De là, il y a une nouvelle étape avec la mise en action d'avions bombardiers du régime. Waad a commencé à filmer avec son smartphone puis avec une mini-caméra. Elle, qui souhaite devenir journaliste, veut laisser un témoignage à sa fille Sama, née le 1er janvier 2016 à Alep. Au début, l'image est hachée, on ne voit pas grand-chose, et puis au fur et à mesure que le film se déroule (il dure 1h40), on est pris par les images et les visages. Waad a réussi à garder la bonne distance, quand les blessés plus ou moins graves ou les morts arrivent dans l'hôpital administré par son ami médecin Hamza, qui deviendra son mari. On voit de loin des bombes à fragmentation ou des bombes baril lancées depuis des avions russes sur la population civile, dont beaucoup d'enfants. On ne peut pas oublier ces visages de gamins qui pleurent parce qu'ils ont perdu leur petit frère. Les hôpitaux sont aussi bombardés. Il y a du sang partout. Mais parfois un miracle survient, comme dans le cas d'un nouveau-né sorti en catastrophe du ventre de sa mère gravement blessée et enceinte de neuf mois. On croit le bébé mort-né et puis non, à force de le secouer de haut en bas et de le masser, il pousse son premier vagissement. C'est magnifique. Quant à la petit Sama qui ne pleure même pas quand il y a le bruit d'un bombardement, elle aura vécu un an à Alep en zone de guerre.

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samedi 19 octobre 2019

Les treize marches - Kazuaki Takano

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C'est par hasard que j'ai lu ce roman policier japonais, écrit en 2001, que j'ai trouvé passionnant. Treize marches de Kazuaki Takano (Editions 10/18, 376 pages haletantes) décrit le système judiciaire japonais, régi par des codes très stricts. Il est en particulier question de la peine de mort par pendaison au Japon, qui existe encore, et on apprend tout du cérémonial avant l'exécution. Avant qu'un condamné à mort soit exécuté, il faut que la proposition d'exécution reçoive l'approbation de treize bureaucrates issus de cinq postes différents. Les  treize marches du titre font aussi référence à des marches qu'aurait gravi Ryô Kihara, un jeune homme qui attend d'être exécuté depuis plus de sept ans. Et l'exécution est proche. Kihara souffre d'amnésie, il ne se souvient pas d'avoir tué un vieux couple dans leur maison. Shôgi Nangô, un surveillant-chef de prison qui vient de démissionner pour raisons personnelles (que je vous laisse découvrir), et Jun'ichi, un homme en liberté conditionnelle qui sort de deux ans de détention pour un homicide involontaire, sont chargés par un avocat d'innocenter Kihara avant qu'il ne soit exécuté. Ils ont trois mois pour le faire. Et ils toucheront une grosse somme d'argent. C'est l'occasion pour Jun'ichi d'essayer de se racheter aux yeux de ses parents et de la société. En effet, il faut savoir que la famille d'un condamné, quitte à ce qu'elle se ruine, doit verser une somme plus ou moins importante à la famille de la victime. A la fin de l'ouvrage, il y a une bibliographie qui a inspiré Kazuaki Takano sur le droit pénal, la peine de mort, etc. Un roman de "qualité supérieure" (comme l'a écrit le regretté Claude le Nocher), que j'ai dévoré. Lire aussi les billets d'Encore du noir et Nahe.

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mercredi 16 octobre 2019

Joker - Todd Phillips

Moi qui étais effrayée par les clowns quand j'étais petite, je m'en méfie encore. Cela ne m'a pas empêchée d'aller voir Joker, attirée par la bande-annonce prometteuse. A Gotham City, dans les années 80, les temps sont difficiles pour une certaine partie de la population dont fait partie Arthur Fleck, un comédien qui peine à faire rire. Il rêve de se produire dans des monologues comiques dans un cabaret en s'inspirant d'histoires qu'il a écrites dans un cahier d'écolier. Ou bien de passer à la télévision dans l'émission tardive de Murray Franklin (Robert de Niro, très inspiré). Pour gagner sa vie, il essaye par exemple de faire rire des petits cancéreux dans un hôpital, ou alors, il se fait tabasser par une bande de jeune garçons devant un magasin dont il annonçait la fermeture. Arthur souffre d'un trouble pas banal, il est pris de crises de rire quand il est sous le coup de l'émotion. Ce rire sardonique très particulier devient de plus en plus fréquent et les gens autour de lui commencent à avoir peur de lui. C'est un homme qui vit avec Penny, sa mère malade dont il s'occupe jusqu'à ce que... De clown triste et pathéthique, Arthur va devenir tout à coup un dangereux criminel sous le nom du Joker, un des ennemis mortel de Batman. Je vous laisse découvrir la suite. J'avoue être mitigée sur ce film qui ne peut pas laisser indifférent. Le film tient surtout pour la performance de Joaquin Phoenix dans le rôle d'Arthur Fleck (même si j'avais préféré Heath Ledger dans The Dark Knight: le chevalier noir). Il faut noter qu'il y a au moins deux scènes d'une violence inouïe. Une semaine après avoir vu Joker, je ne peux pas dire si j'ai aimé ou non, car ce n'est pas un film aimable. Et puis la réalisation n'a rien d'exceptionnel. A la fin de la projection, j'ai été frappée par les nombreux groupes de spectateurs qui commençaient à discuter, avant même de quitter la salle. Ils avaient besoin de s'exprimer. Lire les billets de Mymp et Henri Golant.

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