samedi 26 avril 2014

96 heures - Frédéric Schoendoerffer / Dans la cour - Pierre Salvadori

Le point commun de ces deux films est qu'ils sont sortis cette semaine, le mercredi 23 avril 2014.

Je commence par 96 heures de Frédéric Schoendoerffer que j'ai voulu voir pour la confrontation entre Niels Arestrup et Gérard Lanvin. Le film est pratiquement un huis-clos qui se déroule dans une grande maison blanche, dont l'architecture m'a fait penser à celle d'un Le Corbusier. Carré (Gérard Lanvin), commissaire de police, est retenu prisonnier par Kancel (Niels Arestrup), qui est libre pendant 96 heures (le temps d'une garde à vue). Je vous laisse découvrir comment. Kancel veut que Carré lui dise qui est la "balance" qui a permis son arrestation trois ans auparavant. Jusqu'au dernier quart d'heure du film qui dure 1H30, il y a peu d'action et de violence, et puis tout s'emballe. Le film se laisse voir. On ne s'ennuie pas. Les rôles féminins sont en retrait mais ont leur importance: Laura Smet joue la fille de Kancel, Anne Consigny la femme de Carré, et Sylvie Testud, la fliquette qui est la collègue de Carré. C'est vraiment un film d'acteurs.

Maintenant je passe au film Dans la cour de Pierre Salvadori (qui a co-écrit le scénario), dans lequel Gustave Kervern et Catherine Deneuve joue Antoine et Mathilde, deux êtres seuls et dépressifs. Ils se rencontrent quand Antoine devient le gardien de l'immeuble où vit Mathilde. Antoine, qui est insomniaque, fait ce qu'il peut pour surmonter sa déprime ainsi que celle de Mathilde quand cette dernière devient, du jour au lendemain, obsédée par une très grosse fissure apparue dans le mur de son salon. Serge (Feodor Atkine), le mari de Mathilde, ne sait pas quoi faire et songe même à la faire interner semble-t-il. Mathilde et Antoine mis à part, certains habitants de l'immeuble ont des manies ou des comportements étranges. Le film bénéficie de dialogues souvent drôles. Il y a de la tristesse qui se dégage de l'ensemble mais ce n'est jamais larmoyant. Le film vaut surtout pour les deux acteurs principaux, Gustave Kervern, vraiment excellent, et Catherine Deneuve qui assume son âge et trouve un beau rôle. Après le film d'Emmanuelle Bercot Elle s'en va, elle continue d'avoir une carrière digne d'intérêt. Lire les billets d'Alex-6, de ffred et d'Alain.

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mercredi 23 avril 2014

Les trois soeurs du Yunnan - Wang Bing

Tourné en 2011, le film Les trois soeurs du Yunnan est sorti mercredi 16 avril 2014 dans trois salles à Paris. J'espère que quelques salles en province ont eu la bonne idée de programmer ce documentaire de 2H25 sans musique qui se passe à 3200 mètres d'altitude dans la province du Yunnan en Chine. Yingying (10 ans), Zhenzhen (6 ans) et Fenfen (4 ans) sont trois soeurs qui vivent dans des conditions assez misérables. L'aînée tousse, la plus jeune a des poux, mais elles ne se laissent pas aller (il faut dire qu'elles n'en ont pas le temps). Leur mère semble être partie sans crier gare. Quant au père de 32 ans, qu'on a l'occasion de voir pendant le film, il travaille dans une ville éloignée. Le réalisateur suit la vie des fillettes qui dorment, mangent, se réchauffent auprès d'un feu allumé au centre de la pièce à "vivre" dans une masure, sans électricité, sans eau (il y a un robinet à l'extérieur), sans fenêtre (seule la porte d'entrée ouverte laisse pénétrer un peu le jour). Elles aident leur tante dans les travaux de la ferme: sortir les cochons, ramasser des pommes de terre, faucher l'herbe au milieu d'une nature ventée et assez aride (mais superbe). C'est surtout Yingying, la fille ainée, à laquelle le réalisateur s'attache. Elle ne parle pas beaucoup mais essaye tant bien que mal de faire quelques devoirs scolaires. La caméra n'est jamais indiscrète ni insistante. Nous, spectateurs, sommes immergés dans une Chine inconnue que je vous conseille de découvrir. Lire le billet de Chris.

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dimanche 20 avril 2014

The best offer - Giuseppe Tornatore / Tom à la ferme - Xavier Dolan

Voici deux films vus pendant ce week-end de Pâques 2014.

Je voudrais d'abord évoquer The best offer du réalisateur italien Giuseppe Tornatore qui a aussi écrit le scénario. Il semble que ce film n'a pas eu beaucoup d'échos dans la presse bien qu'il soit sorti dans pas mal de salles (à Paris et ailleurs). Le héros de l'histoire que j'ai trouvé cruelle et tragique s'appelle Virgil Oldman, la cinquantaine finissante et célibataire endurci. Commissaire-priseur réputé et lui-même riche collectionneur de tableaux (des portraits de femme), il tombe amoureux d'une femme, Claire Ibbetson, qui lui demande d'expertiser et de vendre divers biens plus ou moins précieux entreposés dans une demeure à l'abandon. C'est dans une aile de cette maison qui tombe en ruine que Claire, souffrant d'agoraphobie, vit recluse. Pendant longtemps, il n'y aura que des échanges téléphoniques entre Virgil et Claire. J'ai aimé l'atmosphère délétère qui se dégage de ce film (peut-être un peu long: 2H10). Goeffrey Rush qui interprète Virgil est remarquable jusqu'au bout. J'ai eu de la peine pour le personnage de Virgil (il ne méritait vraiment pas ce qui lui arrive), mais je ne vous dirais pas quoi ni pourquoi, ne voulant pas trop dévoiler de l'histoire dans laquelle un automate datant du XVIIIème siècle fabriqué par Jacques Vaucanson a un rôle à part. J'ai trouvé la musique du film écrite par Ennio Morricone très belle. Un film que je vous conseille.

Maintenant je passe à Tom à la ferme du Québécois Xavier Dolan (il est âgé de 25 ans) qui joue aussi le rôle principal de Tom. Venant de Montréal, Tom arrive à la ferme de la mère et du frère de Guillaume qui a été son petit ami. Guillaume vient de mourir et Tom vient assister à l'enterrement. Agathe, la mère de Guillaume, ignore que son fils était homosexuel. En revanche, Francis, le frère de Guillaume, le savait, et il commence à le faire payer très cher à Tom en le martyrisant. Car, dans cette province québécoise, l'homosexualité semble un sujet tabou. Francis est un "pauvre type" peu sûr de lui et violent. J'avoue que j'ai eu du mal à comprendre le personnage de Tom qui change d'attitude d'un plan à l'autre. Il ne sait pas ce qu'il veut ou pas. Je ne comprends pas pourquoi il se laisse humilier et frapper par Francis. Psychologiquement, ce personnage est un mystère. A part ça, j'aurais aimé que l'on voit davantage Agathe (la mère) et Sarah, une amie de Tom et Guillaume qui apporte de la fraîcheur. Sans avoir aimé tout à fait Tom à la ferme, je le conseillerais tout de même car il y a de beaux moments, dont la séquence d'ouverture avec en fond sonore l'interprétation a cappella de Les moulins de mon coeur de Michel Legrand. Lire les billets d'Alex-6 et ffred.

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jeudi 17 avril 2014

Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? - Philippe de Chauveron

C'est la bande-annonce hilarante qui m'a donné envie de voir ce film. Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? (sorti hier, 16 avril 2014) ne m'a pas déçue. Avec mon ami avec qui je l'ai vu en avant-première, nous avons en effet beaucoup ri. Dans les cinq premières minutes du film, nous assistons à trois mariages successifs à quelques mois d'intervalle, cérémonies au cours desquelles on remarque deux personnes qui ne sourient pas du tout pour la photo. Claude et Marie Verneuil marient leurs filles, la première avec un Asiatique (bouddhiste?), la deuxième avec un Musulman et la troisième avec un Juif. Comme dirait l'un des trois gendres, pour Claude et Marie, c'est Fukushima. Claude Verneuil (Christian Clavier qui n'en fait pas des tonnes) est notaire, gaulliste, va à la messe. Il vit dans une très belle demeure à la campagne dans la région de Chinon aux côtés de sa femme Marie (Chantal Lauby, très bien). Parents de quatre filles, ils voudraient bien que Ségolène, leur petite dernière, épouse un catholique. Qu'à cela ne tienne, elle leur annonce qu'elle se marie avec un catholique (il s'agit d'un Noir originaire de Côte d'Ivoire). Le film est une suite de situations parfois convenues mais la plupart du temps très très drôles. La salle riait aux éclats. C'est un film qui montre la France multi-ethnique où un Juif peut commercialiser du "bio halal". J'ai retenu la séquence de la messe de minuit et celle où Marie pour ne froisser personne a cuisiné trois dindes: une halal, une casher et une laquée. Je pense que le film va rencontrer un certain succès. Je pense aussi que vous pouvez y aller pour vous divertir.

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lundi 14 avril 2014

Quatre romans lus et non commentés depuis courant mars 2014

Ayant été assez occupée ces temps-ci, j'ai été assez flemmarde sur la rédaction d'un billet "livres". J'ai attendu, attendu, et pourtant j'ai pas mal lu depuis la mi-mars 2014.

 Je commencerai par Les chiens de Belfast (Editions du Seuil, 264 pages) de Sam Millar. Après Poussière tu seras, Sam Millar nous raconte une histoire très noire. Cela se passe à Belfast. Il y a peu de mention de lieux de cette ville, l'histoire pourrait se passer ailleurs. Suzy, une jeune femme, prend pour cibles quelques hommes. Elle leur fait subir des morts raffinées. Elle exerce une vengeance dont on connaîtra les motifs (qui remontent loin dans le temps) à la toute fin du roman. Face à elle, Karl Kane, un détective privé qui souffre d'hémorroïdes, entre en scène. Il devra aussi lutter contre certains flics "pourris". Ce roman est le premier d'une trilogie où l'on retrouvera Karl Kane. Je ne sais pas si je lirai les deux autres. Lire les billets de Cathe et de Claude Le Nocher

 

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Avec La confrérie des chasseurs de livres (Actes sud, 315 pages) de Raphaël Jérusalmy (lire le billet de Dominique qui m'avait donné envie de découvrir ce roman), l'écrivain nous invente une suite à la vie de François Villon, disparu (et donc présumé mort) le 5 janvier 1463 à l'âge de 31 ans. Louis XI cherche à affaiblir le pouvoir du Vatican et à renforcer le sien en faisant développer l'imprimerie en France. Cela permettrait la diffusion de textes et d'idées progressistes. Villon et son acolyte Colin sont chargés de convaincre un imprimeur allemand de s'installer en France. Puis Villon va traverser les mers jusqu'à Jérusalem et Saint Jean d'Acre afin d'acquérir des textes rares; il est fin lettré sous ses airs de voyou et il va se trouver confronté à une mystérieuse confrérie de chasseurs de livres qui essayent de cacher certains textes. Le rythme du roman est trépidant, on s'y perd un peu mais la lecture est agréable.

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Un notaire peu ordinaire d'Yves Ravey (Les éditions de Minuit, 100 pages) est un court roman glaçant dont la fin m'a surprise. Je ne m'attendais pas au retournement de situation final. Le narrateur qui est un témoin neutre de l'histoire (il ne prend pas part à l'action) nous raconte de manière détachée l'histoire de Freddy, le cousin de sa mère, sorti depuis peu de prison. Freddy avait été accusé de viol sur mineure. Madame Rebernak, la mère du narrateur, ne veut pas que Freddy s'installe trop près de chez elle. Elle craint pour sa fille Clémence. Elle se confie au notaire de la famille, Maître Montussaint, qui offre de l'aider à éloigner Freddy. J'ai beaucoup aimé le style minimaliste mais très évocateur du roman. Lire les billets de Keisha et de Sandrine.

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Je termine avec un roman léger et fondant, Le théorème du homard de Graeme Simsion (Editions NiL., 380 pages sympathiques). En Australie, à Melbourne, Don Tillman, qui vient d'avoir quarante ans et reste toujours célibataire, est un excellent professeur de génétique mais complètement "à côté de la plaque" pour la vie en société. C'est pourquoi il décide de mener à bien son "Projet Epouse" en établissant un questionnaire détaillé qui doit éliminer beaucoup de candidates potentielles. Don Tillman est un maniaque de l'exactitude, il ne fume pas, il mange du homard tous les mardis, etc. Sa vie réglée va se retrouver chamboulée quand il rencontre Rosie, une jeune étudiante, barmaid dans un bar gay la nuit. Rosie veut découvrir qui est son père et Don grâce à l'ADN et la génétique va l'aider dans son "Opération Père". C'est un roman charmant qui fait du bien. Je conseille, tout comme Leiloona et Syl.

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 Et très prochainement, la suite de mes lectures... [cf. billet du 11/05/2014]

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vendredi 11 avril 2014

I am Divine - Jason Schwarz / De toutes nos forces - Niels Tavernier

I am Divine est un documentaire américain de Jason Schwarz qui rend un hommage sage à un homme qui ne l'était pas. Cet homme, c'était Harris Glen Milstead, devenu Divine (1945-1988) pour le public. Il s'est rendu célèbre en se travestissant en femme alors qu'il était d'une corpulence imposante. Il s'habillait avec des tenues moulantes. Il a été rendu célèbre par les films du réalisateur John Waters qui fait partie de ceux qui interviennent dans ce documentaire alternant témoignages (dont la mère de Divine à qui est dédié le film) et images d'archives. Divine, personnage "trash" hors norme, était né à Baltimore. Enfant martyrisé par ses camarades, il prendra une sorte de revanche par la vie qu'il va mener, où le bon goût n'est pas de mise. J'ai trouvé cet homme touchant. Il est connu pour avoir joué dans les films Polyester, Hairspray, Pink Flamingo et Female Trouble, tous réalisés par John Waters. Divine est mort d'une crise cardiaque à 42 ans. Pour ma part, je l'avais découvert dans le seul film où il interprétait le rôle d'un homme, dans Trouble in mind (1985 - Wanda's Café, en VF) d'Alan Rudolph. Lire les billets de Neil et de ffred.

Et maintenant un film complètement différent: De toutes nos forces de Niels Tavernier (le fils de Bertrand), qui a aussi écrit le scénario (il s'est inspiré d'une histoire vraie). Julien Amblard, un jeune homme, souffre d'une paralysie cérébrale. Cloué dans une fauteuil roulant, il arrive à convaincre son père, Paul (Jacques Gamblin), qui semble se désintéresser de lui, pour qu'ils concourent ensemble dans un triathlon à Nice. Sans dévoiler la fin que l'on peut deviner, cette histoire montre surtout comment une famille arrive à se retrouver et à se ressouder face à ce défi sportif. Presque un tiers du film nous permet de suivre l'épreuve sportive, cela n'est pas "de la tarte" pour les concurrents. Pour Paul, l'exploit est d'autant plus remarquable qu'il a son fils (qui est presque un poids mort) avec lui. Film qui dégage beaucoup de chaleur humaine. Lire le billet de Géraldine.

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mardi 8 avril 2014

Lire à Limoges 2014

Comme l'année dernière (où je n'avais pas fait de billet, mon dernier remonte à 2011), je me suis rendue au salon "Lire à Limoges" où Françoise Chandernagor était l'invitée d'honneur. Cette manifestation s'est déroulée du 4 au 6 avril 2014. L'entrée est libre. Sous un grand barnum, les auteurs sont rassemblés côte à côte autour de stands. Je m'y suis rendue à deux reprises, le samedi 5 avril. D'abord en matinée où l'affluence était raisonnable. Là, j'ai pu parler quelques instants avec Pierrette Fleutiaux très souriante et sympathique. Elle m'a dédicacée deux de ses romans, Des phrases courtes, ma chérie et Les amants imparfaits.

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Assise tout à côté, il y avait Françoise Chandernagor, tout aussi souriante même si ce n'est pas évident sur la photo.

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Sinon, de nombreux lecteurs attendaient leur tour pour avoir une dédicace de Katherine Pancol. Cette dernière prenait même la peine d'échanger quelques mots avec les gens.

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Après déjeuner, accompagnée par ma cousine, nous nous sommes rendues de nouveau sous le Barnum et là, l'affluence était à son comble et il faisait très chaud. Ce salon permet de découvrir des éditeurs et des auteurs régionaux. Un stand était consacré au Moulin du Got. Sinon, j'avais espéré faire dédicacer Mauvais genre par Chloé Cruchaudet qui devait venir. Malheureusement, s'étant coincé le dos, elle n'était pas là.
Selon le quotidien régional, Le Populaire du Centre, le succès a été au rendez-vous pour cette manifestation à l'atmosphère bon enfant.

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samedi 5 avril 2014

Nebraska - Alexander Payne

Je vous recommande tout particulièrement Nebraska d'Alexander Payne, un film sorti le 2 avril 2014. Pour son interprétation de Woody Grant, Bruce Dern a reçu un prix d'interprétation mérité au dernier festival de Cannes de 2013 (mais le prix aurait pu être décerné à l'ensemble de la distribution). Woody Grant, un vieux monsieur septuagénaire entêté, porté sur la bière, qui vit à Billings dans le Montana (USA) avec sa femme et ses deux fils, semble souffrir de confusion mentale. Il s'est mis en tête d'aller dans la ville de Lincoln dans le Nebraska (distante de plus de 1500 km) pour récupérer son gain d'un million de dollars (il a reçu une lettre publicitaire en ce sens). David, le fils cadet de la famille, finit par accepter d'accompagner son père, qui était prêt à y aller à pied s'il l'avait fallu. Sur la route, ils vont s'arrêter devant le Mont Rushmore ainsi que dans la ville de Hawthorne où ils logent chez le frère de Woody. Bien évidemment, le gain éventuel fait bien des envieux. Des scènes touchantes ou drôles émaillent ce "road movie" empreint d'humanité où les acteurs ont la part belle. L'actrice June Squibb, que je ne connaissais pas et qui joue la femme de Woody, est sensationnelle. Filmé dans un très beau noir et blanc, ce film élégant est le film à voir cette semaine. Lire les billets de ffred, d'Alex-6 et Mymp.

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mercredi 2 avril 2014

Braddock America - Jean-Loïc Portron et Gabriella Kessler

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Comme je n'ai pas trouvé pas beaucoup de films de fiction qui m'ont tentée en mars 2014, j'ai été contente de voir un documentaire. Donc, avant qu'il ne soit trop tard, je voulais évoquer Braddock (sorti dans 1 ou 2 salles à Paris, le 12 mars 2014 qui a été réalisé par deux français qui se sont rendus aux USA, en Pennsylvanie dans les environs de Pittsburgh, dans la ville berceau de l'industrie de l'acier. Braddock est désormais une ville sinistrée, victime de la désindustrialisation et de la mondialisaton, les quatre aciéries ayant fermé. Les habitants réduits au chômage sont partis dans la ville voisine, abandonnant des centaines de maisons qui ne trouvent pas preneur. La ville est en friche. L'hôpital, pas assez rentable, a été détruit comme les maisons. Ces démolitions sont une lourde charge financière pour cette petite ville, où les habitants qui restent se confient aux documentaristes, qui, eux, n'interviennent pas. Ce film donne priorité aux voix, à l'humain, au policier qui recense les maisons abandonnées, à d'anciens ouvriers des aciéries qui ont des sanglots dans la voix. Mais l'ensemble reste digne. Dans ce pays très individualiste, une certaine solidarité est née entre ces personnes qui font tout pour que Braddock ne devienne pas une ville morte. Un documentaire vraiment intéressant.

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dimanche 30 mars 2014

La fin du monde a du retard - J.M. Erre

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Grâce à Clara, j"ai eu le plaisir de constater que le J.M. Erre nouveau était paru. Lu en un week-end, courant février 2014, La fin du monde a du retard (Editions Buchet-Chastel, 400 pages) est plutôt amusant. On retrouve la verve stylisque de l'écrivain qui fait tout le sel de cette lecture. Je suis peut-être un tout petit moins enthousiaste sur l'histoire elle-même, qui m'a parue encore plus loufoque que celles des romans précédents. Julius et Alice, deux amnésiques de 30 ans et 25 ans, s'enfuient d'un hôpital psychiatrique du nord de Paris où ils étaient pensionnaires depuis quelques mois. Alice est la seule survivante de la cérémonie de son mariage dans laquelle plus de 200 personnes ont trouvé la mort suite à un court-circuit. Quant à Julius, il croit que la fin du monde est proche. Un pigeon à collerette blanche, borgne, laid et à qui il manque une patte et des plumes joue un rôle essentiel dans cette histoire de course-poursuite entre les deux aliénés poursuivis par des paparazzi appelés Albert et Raoul Volfoni (hommage à Georges Lautner et ses Tontons flingueurs? Bernard Blier et Jean Lefèvre incarnent les frères Raoul et Paul Volfoni dans le film), puis par Joseph Gaboriau, un commissaire à 6 jours de la retraite et son adjoint Matozzi. J'avoue que j'ai trouvé que le roman qui dure donc 400 pages s'étire un peu en longueur, mais on ne boude pas son plaisir en lisant certains paragraphes, comme par exemple [Julius et Alice sont dans une librairie]:
"Sur la gauche, une étagère consacrée à la poésie attendait depuis cinq ans, sept mois et quatorze jours qu'un lecteur s'approche.
Le libraire apparut, un casque de chantier sur la tête, une énorme masse à la main et un badge "Espèce en voie de disparition" sur la poitrine.
- Excusez-moi, fit l'homme, j'étais en train de mettre au pilon un carton de liseuses qu'on m'a livrées par erreur. Il n'y a rien de plus revigorant qu'une petite extermination d'ebooks de bon matin. Je peux faire quelque chose pour vous?
- Qu'est ce que c'est que ça? demanda Julius, furibard, en brandissant un exemplaire du Codex de Tiresias.
- Je savais bien qu'on finirait par me poser cette question un jour, fit l'homme en soupirant, mais je ne croyais pas que ce moment arriverait si tôt. Ca s'appelle un livre. L-I-V-R-E. C'est fait avec du papier."

 Lire les billets enthousiastes de Sharon, Cuné, Un autre endroit et Cathulu.

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