mercredi 1 mai 2013

Le trésor de la baie des orques - Kenneth Cook

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Dès que j'ai vu Le trésor de la baie des orques (Editions Autrement, 300 pages) chez mon libraire, je n'ai pas résisté à me le procurer dès que possible. En effet, je suis devenue une inconditionnelle de l'écrivain australien Kenneth Cook disparu trop tôt (1929-1987) depuis ma découverte de ses nouvelles: Le koala tueur, La vengeance du wombat et L'ivresse du kangourou, sans oublier ses romans Cinq matins de trop et A coups redoublés. C'est un écrivain qui savait raconter des histoires assez délirantes avec beaucoup d'humour. Dans Le trésor de la baie des orques, il n'y a pas trop d'humour mais le sujet ne s'y prête pas. Au début du XXème siècle, en Australie, Jonathan Church, 28 ans, presque sans argent (il a tout perdu au jeu) arrive dans le petit port de pêche de Three Fold Bay, qui appartient en quasi-totalité à David Hoyle, un être plein de graisse, sans scrupules, très antipathique et qui exploite les pêcheurs qui travaillent pour lui. Car ce roman est avant tout une description détaillée assez terrible de la pêche à la baleine. Pour la pratiquer, les pêcheurs sont aidés efficacement par une colonie d'orques aux dents comme des rasoirs qui servent de rabatteurs. Chaque pauvre baleine qui pèse 100 tonnes est assaillie de toutes parts avec les requins qui arrivent en renfort. Sinon, je vous laisse découvrir :
- quel est le trésor du titre,
- comment Jonathan Church va tomber amoureux d'une jeune Japonaise,
- comment David Hoyle soigne son lumbago,
- et enfin, qui est le vieux "Judas" et de quelle façon il venge un congénère.

Ce roman se lit agréablement vite. Je vous le conseille.

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dimanche 28 avril 2013

Stoker - Chan-wook Park

Le 1er mai prochain sort, parmi beaucoup d'autres, Stoker, du réalisateur coréen Chan-wook Park. J'ai vu ce film en avant-première (apparemment à la même séance et au même rang que de célèbres blogueurs dont je ne connais pas plus les visages qu'ils ne connaissent le mien!).
C'est une histoire intrigante et assez malsaine filmée avec une image et des plans superbes (certains pourraient faire penser à des tableaux). On peut le considérer comme un objet filmique non identifié qui vaut le détour. Je pense qu'il va faire parler dans "les dîners en ville". L'histoire commence par un enterrement, celui du père d'India Stoker (Mia Wasikowska), 18 ans. Il est mort dans un accident de voiture. A cet enterrement, India fait la connaissance de son oncle Charlie (dont elle ignorait l'existence), au regard bleu mais inquiétant. On se rend compte au fur et à mesure que l'histoire, d'un peu bizarre, devient très inquiétante (il y a des scènes de violence fulgurante entrecoupées de scènes plus lentes). Isabel Stoker (Nicole Kidman), la mère d'India, n'est pas très équilibrée, Charlie (Matthiew Goode) séduit (tel l'ange de Théorème) cette mère, mais surtout India qui n'est pas la jeune fille sage que l'on croit. Le film bénéficie d'une réalisation éblouissante qui transcende un scénario somme toute assez classique. Le réalisateur ménage beaucoup de suspense. La musique contribue un peu plus au côté malsain et pervers du film que je vous conseille vraiment. D'ailleurs il n'y a pas que moi, lire les billets de Wilyrah, Ffred, Alex et Mymp.

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jeudi 25 avril 2013

Effets secondaires - Steven Soderbergh

J'ai hésité à aller voir Effets secondaires de Steven Soderbergh, n'ayant pas gardé un bon souvenir de Contagion du même réalisateur. Hé bien, ce nouveau film est à mon avis nettement mieux. Il commence comme un thriller médical et s'achève comme un thriller tout court. Une jeune femme, Emily (Rooney Mara), tue à l'arme blanche son mari qui vient de sortir de prison, après que celui-ci ait purgé une peine pour une fraude financière. Avant d'en arriver là, on a constaté que cette jeune femme est déprimée, qu'après plusieurs tentatives de suicide, elle prend des antidépresseurs prescrits par un psychiatre (Jude Law). J'ai vraiment cru que le réalisateur avait l'intention de faire une critique des effets secondaires des médicaments. Et bien pas du tout... Je vous laisse découvrir tous les retournements de situations. L'action est bien menée. Catherine Zeta-Jones, en psychiatre pas très nette et de surcroît lesbienne, est convaincainte. Jude Law montre qu'il a un talent certain loin des personnages de jeunes premiers; et enfin Rooney Mara, avec son visage lisse, revèle bien des zones d'ombre. Un très bon film. Lire le billet d'Alex.

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lundi 22 avril 2013

Dans l'ombre de la lumière - Claude Pujade-Renaud

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Suite à un billet récent de Dominique, j'ai acheté Dans l'ombre de la lumière (Actes Sud, 300 pages) de Claude Pujade-Renaud (dont je n'avais jusqu'ici rien lu). Et je l'ai "dévoré" en moins d'une journée avec un immense plaisir. Pendant quelques heures, je me suis immergée dans un passé lointain à Carthage, Thagaste et Rome entre 373 et 430 de notre ère. La narratrice s'appelle Elissa, elle fut l'amante et la concubine d'Augustinus (futur Saint-Augustin) dont elle eu un fils. Cette liaison dura 15 ans. Répudiée par Augustinus, elle suivit cependant de loin en loin le parcours de l'homme qu'elle n'avait jamais cessé d'aimer (elle lui restera fidèle jusqu'au bout) par l'entremise des discours d'Augustinus consignés sur des parchemins. Elle n'éprouve aucune aigreur, ni ressentiment, mais seulement une certaine passion amoureuse pour un homme qui fut un grand orateur et qui se convertit au christianisme après avoir appartenu comme Elissa à la secte des Manichéens. Mme Claude Pujade-Renaud a un beau style clair et son texte permet de connaître un peu de l'histoire de la chute de Rome en 410. Le texte se lit d'autant plus agréablement qu'il est composé de petits chapitres. Merci Dominique pour ce conseil.

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samedi 20 avril 2013

20 ans d'écart - David Moreau (billet supplémentaire)

20 ans d'écart de David Moreau, c'est la rencontre dans un avion de Rio à Paris de baskets avec des hauts talons, ou plutôt le coup de foudre de Balthazar (Pierre Niney), 21 ans, pour Alice (Virginie Efira), 38 ans. Alice se trouve à un moment critique dans sa vie professionnelle, elle travaille pour un magazine de mode (univers impitoyable s'il en est). Mère divorcée (elle a une petite fille), sa vie sentimentale est au point mort tandis que son ex-mari a des aventures avec des femmes très jeunes. Le père de Balthazar n'est pas en reste en fréquentant une femme qui pourrait être sa fille. Tout ça pour dire que le couple que formera Alice et Balthazar (car Alice va tomber amoureuse du jeune homme) est plein de fraîcheur et de spontanéité et leur idylle semble partie pour durer longtemps. C'est un film sans aucune vulgarité qui "donne la pêche" (mesdames).

PS: je me dois de signaler que Ta d loi du cine avait d'abord écrit dans la 1ère version de son billet d'hier que j'avait énergiquement refusé de voir ce film. Dès que j'ai su cela, je lui ai fait rectifier avant publication. Non mais!

PS2: la rédaction de mon billet contient peut-être moins d'images, mais en voici une pour l'illustrer (celle du dossier de presse)!

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vendredi 19 avril 2013

20 ans d'écart - David Moreau

[Billet de ta d loi du cine, "squatter" chez dasola, rédigé le 15/04/2013]

Avec quelques semaines de retard, je voudrais rendre compte du film 20 ans d’écart, auquel j’avais consacré une entrée «Solo *GC» ayant comme date limite le 31 mars 2013. Dasola avait refusé de m'accompagner sur le moment (un peu comme pour Lucky Luke?) (1). Lorsque je suis arrivé dans la salle, les rangs clairsemés m’ont fait craindre le navet bouche-à-oreillé. Et puis on est passé, très vite, de quelques dizaines de spectateurs à une salle bien remplie (disons 200 places sur 300 ?). Pour l'anecdote, il me semble bien que figurait parmi les bandes-annonces pré-projection Perfect Mothers (que je n'ai toujours pas vu) - même si je ne pourrais en jurer. Pour notre 20 ans d'écart, ce n'est sans doute pas la peine de rappeler l'argument du film, bien résumé dans son titre: une comédie (romance) qui fonctionne sur le ressort du «contraste» entre deux personnes contemporaines; mais je qualifierais ce contraste de «vertical» (l’âge) au lieu des contrastes «horizontaux» que l’on a vus mille fois (religion, couleur de peau, culture, milieu social, caractère, profession…).

Pour des raisons professionnelles (pour faire preuve d'originalité) dans un milieu pas si glamour qu'il n'y paraît, et suite à un quiproquo initial, une quasi-quadra séduit un étudiant. A partir de là, si l'on ricane à certains moments, à d’autres on rit de bon cœur (ah, les scènes avec le scooter rose -"je l'ai acheté sur photo N&B!"- ou les pétarades...). Avec manipulation ou naïveté, le scénario navigue intelligemment entre les péripéties pro et perso. Côté féminin, ce qui est au départ calculé devient un peu plus abandonné (à défaut d’être sincère) quand le jeu prend un coup de chaud. J’ai trouvé que c’était joué avec beaucoup de crédibilité, même si les acteurs principaux (à ce jour, pas encore 36 ans pour Virginie Efira, mais déjà 24 ans pour Pierre Niney "de la Comédie Française" [ça m'a fait sourire, dans le générique]) n'ont pas tout à fait l'âge des rôles. Il me semble avoir relevé qu'ils n’ont d'ailleurs dans le film pas 20 ans d’écart, mais seulement 17 (si j’ai bien compris, 21 ans contre 38: à un moment, je crois qu’«elle» dit «quand tu auras 31 ans, j’en aurai 48… - ou 41, 58…»). Côté mâle, on a donc un (jeune) homme sincère (par parenthèse, en langage codé, est-ce que que ça ne signifie pas «ne disant pas ne pas être marié/maqué s’il l’est»?); mais un grand cœur que l’on fracasse, ça vous ramène le petit jeunot de base au stade larvaire (attendrissant?).

Au-delà de la comédie, peut-être y a-t-il un brin de satire légère de la dé-composition de relations familiales compliquées (dans un certain milieu social, tout de même!), avec une grande soeur plus que crispante, une pré-ado sensible aux réseaux sociaux et au qu'en-dira-t-on, et des pères qui ont refait leur vie en fricotant sans embarras avec des jeunettes. Pour notre héroïne, c'est mignon (touchant?) de lui voir faire des efforts -assumés!- pour se donner un look rajeunissant (une caricature d'adulescent?): petits états d'âme, mais grandes ambitions. En fait, elle doit mettre toute son énergie à satisfaire une papesse de la mode (diablesse dont je suis bien incapable de distinguer si elle s’habillait en Prada). Sa hiérarchie lui "met la pression": de belles relations de business où, à un moment, entre deux gentillesses, on te dit sans appel «c'est ça ou tu dégages» (et exécution au final). Pour continuer à parler en termes d'images, photographe et coiffeur (?) de mode sortent de ce film habillés pour l’hiver.

Je pourrais encore parler des «effets» attendus qui ne se produisent pas: par exemple, je croyais entendre en «morceau de bravoure» un exposé improvisé sur Oscar Niemeyer et le Bunker (PCF)... ou alors, ça a été coupé au montage et on y aura droit dans des bonus de DVD? Mais pour conclure, je dirais que j'ai bien aimé, que c’est un film bien gentillet, déjà, à revoir au moins tous les 15 ou 20 ans (à différentes étapes de sa propre vie…). Et je ne sais pas si on peut le mettre sur le même plan (c'est prématuré), mais j'aurais envie d'y rentrer régulièrement, comme j'aime bien revisionner d'autres comédies ou romances comme Avanti!, Holiday, Un jour sans fin... Enfin, un truc à retenir: surtout, surtout, ne confiez jamais à une personne que vous avez menti à une autre - occasion de méditer l’expression «être tenu(e) à bout de gaffe»!

(1) elle en revient: voir son billet ici.

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mardi 16 avril 2013

Le Temps de l'aventure - Jérôme Bonnell

Voici un film qui nous raconte la brève rencontre d'Alix, une femme dans la quarantaine, avec un homme dont elle a croisé le regard dans un train qui la mène de Calais à Paris. Le Temps de l'aventure se déroule à Paris pendant une journée, le 21 juin, jour de la fête de la musique. Venue pour passer une audition entre deux représentations théâtrales d'une pièce d'Ibsen à Calais, Alix, qui est actrice, va vivre une belle mais éphémère relation charnelle avec un Britannique venu, lui, pour un enterrement. Ce film permet surtout à Emmanuelle Devos (Alix), qui est filmée au plus près, de trouver son plus beau rôle. Alix va se trouver à un moment charnière de sa vie: partir avec cet homme inconnu et tout abandonner, ou alors continuer comme si rien n'était arrivé. J'ai relevé quelques séquences notables comme celle de l'audition où Alix montre l'étendue de sa palette d'actrice, ou celle de la confrontation entre Alix et sa soeur: c'est "saignant". Et puis, il y a Gabriel Byrne qui joue l'amant d'un jour d'Alix: il est vraiment très bien. Ce film pourra déconcerter certaines personnes, mais je pense qu'il vaut vraiment la peine d'être vu. Et j'ai trouvé somme toute la fin assez ouverte.

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samedi 13 avril 2013

Deux albums dessinés par Florence Cestac

[Billet de Ta d loi du cine, "squatter" chez dasola]

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"On" m'a offert tout récemment une bande dessinée, Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps, dessinée par Florence Cestac et scénarisée par Jean Teulé (avec une dédicace de celui-ci). Il s'agit d'une biographie du dessinateur de BD Charlie Schlingo, mort en 2005 à moins de 50 ans (par la faute, ou à cause, de la méchanceté? Si, si), que l'une et l'autre avaient connu. Des interviews facilement trouvables sur internet donnent les témoignages des auteurs lors de la parution de l'album (début 2009). Apparemment, tout est basé sur des faits réels, avec seulement une "licence poétique". Par rapport aux auteurs: j'ai lu quelques albums de Florence Cestac et de ses personnages à gros nez (j'en possède deux autres), notamment quelques-uns de sa série sur Les ado, Laura et Ludo, très différente d'Agrippine de Bretécher - est-ce qu'elle y dépeint mieux la réalité, je ne sais pas. Quant à Jean Teulé, dont j'ai découvert la biographie, je pensais (je ne sais pourquoi) que c'était un romancier âgé d'entre 70 et 80 ans. Hé bien non, il vient juste d'avoir 60 ans, et il a commencé par la bande dessinée (il s'était forgé un style graphique particulier semble-t-il). Pour en revenir à Charlie Schlingo, je n'avais jamais eu envie d'ouvrir un de ses albums. Il a apparemment construit dans ses oeuvres un univers spécial au sein de la BD, tout en vivant sa vie comme s'il était dans une bande dessinée (le titre de sa bio est une citation de ce qu'il disait régulièrement quand on lui demandait comment ça allait, si j'ai bien compris). Je pense avoir maintenant la curiosité, au moins, d'essayer d'en découvrir quelques-uns (on trouve des rééditions).

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Bon allez, je vais aussi dire quelques mots de Comment faire de la "bédé" sans passer pour un pied-nickelé, de Florence Cestac et Jean-Marc Thévenet. Dans l'édition que je possède (celle en couleur, de 2001, et non celle de 1988 [bichromie ?]), il y a bien, comme annoncé dans la préface, 19 portraits (plus celui de l'éditeur). De l'introverti (qui referme son carton à dessin juste après l'avoir entr'ouvert) à Crazy Popov le graffeur, en passant par le gaffeur, le copain de, les copines, le fils de, etc., tous pensent et/ou parlent sur 2 pages (avant d'entrer dans le bureau de l'Eéééditeur / dans le bureau de l'éditeur - et il faut voir la tête de l'éditeur dans la dernière case!), avec en général, en page introductive, un portait en pied qui les croque bien. C'est beau comme du La Bruyère. On sent qu'il y a du vécu: Cestac (dessinatrice) et Thévenet (scénariste) ont été tous deux directeurs de collection aux éditions Futuropolis dans les années 1980, et ont dû en voir défiler, des auteurs candidats à la publication, dans leurs bureaux... Je cite le communiqué de presse (mise en vente le 20 janvier 2001): "Au fait, parmi tous ces jeunes gens que [Florence] a reçus, il y en a bien qui sont devenus célèbres et qui ont servi de modèles, non? Réponse: Oui... Mais je ne donnerai pas de noms: je risquerais de me fâcher avec tout le monde!". A lire pour rire.

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mercredi 10 avril 2013

Le carnet de la mathématicienne - Michelle Richmond / Autobiographie de la mort - Propos recueillis par George Pendle

Voici deux romans dont une autobiographie fictive surprenante.

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Je commence par le roman de Michelle Richmond, Le carnet de la mathématicienne (Editions Buchet-Chastel, 400 pages). C'est le troisième roman de cet écrivain traduit en français et le premier que je lis. Ce roman m'a procuré un agréable moment de lecture. Il y est un peu question de mathématiques (surtout de la conjecture de Goldbach: "tout nombre entier pair supérieur à 3 peut s’écrire comme la somme de deux nombres premiers"). Mais il s'agit surtout de l'enquête que mène, 20 ans après, Ellie Enderlin (elle travaille comme goûteuse de café dans une grande entreprise caféière) sur la mort de sa soeur, Lila, jeune et brillante mathématicienne. Le corps de cette dernière fut découvert recouvert de feuilles dans un bois. Cette enquête fait suite à la rencontre d'Ellie (au Nicaragua) avec Peter McConnell, amant de la jeune morte et qui fut soupçonné d'être responsable de sa mort sans qu'il y ait eu de preuve tangible. C'est un roman très facile à lire, écrit à la première personne, Ellie étant la narratrice. L'écrivain nous tient en haleine jusqu'au bout. A ce jour, la conjecture de Goldbach fait partie des assertions mathématiques non démontrées.

 

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Maintenant, voici Autobiographie de la mort (Editions Rivages, 400 pages), un ouvrage étonnant dans lequel la mort en personne se confie à George Pendle (un jeune écrivain anglais né en 1976). La mort n'est ni plus ni moins que l'enfant de Satan et du Péché. Je rappellerais aux non-anglicistes que la mort est un mot masculin en anglais. J'avoue que le début de l'ouvrage m'a fait un peu peur, je trouvais que cela partait dans tous les sens, cela m'a paru un peu délirant; et puis, à partir du moment où la mort croise le chemin de Dieu, des prophètes, de l'Archange Gabriel et même des humains, je me suis beaucoup distrait en sa compagnie. Ce n'est pas une sinécure d'être monsieur la mort, surtout quand il décide de sauver la vie de certaines créatures ou quand il tombe amoureux d'une certaine Maud. Ce roman est assez caustique et irrévérencieux et souvent drôle ("very british"). Il ne faut pas oublier que sans la vie, la mort n'existerait pas et inversement. Je vous conseille cette lecture.

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dimanche 7 avril 2013

Perfect mothers - Anne Fontaine / Quartet - Dustin Hoffman

Je voudrais rendre compte de deux films qui viennent de sortir le mercredi 3 avril 2013.

D'abord, Perfect Mothers, de la réalisatrice française Anne Fontaine, est adapté d'un roman de Doris Lessing, Les grands-mères. De nos jours, l'histoire pas banale se déroule en Nouvelle Galles du Sud, en Australie, au bord de la mer dans un cadre assez idyllique. Deux femmes à la quarantaine épanouie, Lil (Naomi Watts) qui est veuve, et Roz (Robin Wright) qui est mariée, sont amies depuis des années. Elles ont chacune un fils, Ian et Tom, qui sont amis depuis l'enfance. Ils font du surf ensemble. Un soir, Ian (le fils de Lil), amoureux de Roz, devient son amant. Pour se venger, Tom (le fils de Roz) fait de même avec Lil. On aurait pu attendre d'Anne Fontaine, réalisatrice de Nettoyage à sec, Coco avant Chanel, Entre ses mains ou Nathalie, quelque chose de plus sulfureux, de transgressif. Mais non, c'est un film sage, beau à regarder (tant les acteurs que les paysages). Les deux actrices sont vraiment bien (surtout Robin Wright). Les deux jeunes hommes sont plutôt bien de leur personne. Je vous laisse découvrir ce que devient ce quatuor (presque incestueux) qui s'agrandit pendant un certain temps (Ian et Tom se marient et ont chacun une fille). Petite remarque: le titre original anglais (!) est Two mothers (Deux mères). Pour sa sortie française, le titre devient, toujours en anglais (!), Perfect mothers (Mères parfaites). C'est un film qui m'a donné envie de découvrir la Nouvelle Galles du Sud et de lire Les grands-mères, et que je peux vous conseiller (1).

En ce qui concerne Quartet, c'est la première réalisation de l'acteur Dustin Hoffman. Il permet d'admirer, une fois de plus, des acteurs comme Maggie Smith ou Tom Courtenay, qui ont l'âge des rôles. Dans un paysage idyllique en Angleterre, une maison de retraite abrite des artistes retraités: chanteurs d'opéras, musiciens et acteurs, etc. Une soirée de gala se prépare afin de recueillir des fonds pour garder l'établissement ouvert. Jean Horton (Maggie Smith), ancienne chanteuse lyrique, vient juste d'intégrer l'institution, provoquant la fureur de Reggie (interprète lyrique lui aussi). Je vous laisse découvrir pourquoi. La musique classique (Bach) et des airs d'opéra comme Rigoletto de Verdi servent de musique de film. D'ailleurs, le quatuor de Rigoletto sert de "clou du spectacle" et conclut le film. Il semble que c'est la passion de Dustin Hoffman pour l'opéra qui l'a amené à faire un tel film. C'est plaisant, avec quelques répliques plutôt drôles, même si on sent aussi une certaine tristesse qui se dégage de l'ensemble. En effet, c'est une histoire sur la vieillesse qui atteint beaucoup d'entre nous un jour ou l'autre. A voir et à entendre.

(1) Pour répondre à la question de Keisha ci-dessous, je précise que j'ai vu le film en VO.

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