mardi 15 octobre 2013

Premier homme - Xavier-Marie Bonnot / Stoppez les machines - François Muratet

Dans Premier homme de Xavier-Marie Bonnot (Actes Sud, 400 pages), on retrouve le commandant marseillais Michel De Palma, surnommé Le Baron (voir mon billet sur Le pays oublié du temps), à 3 semaines de partir à la retraite. On demande à De Palma d'enquêter sur les causes peut-être suspectes d'un grave accident de plongée, dans les calanques au large de Marseille où se situe une grotte souterraine. Dans ce roman bien construit, l'écrivain mêle psychiatrie et archéologie. Le point de départ de cette histoire se situe donc dans une grotte sous-marine ornée où se trouve un dessin représentant un crime: un homme transpercé d'une flèche. C'est le premier dessin préhistorique de ce genre, il remonte à -22000 ans. Cela donne l'occasion à de Palma revenir sur une ancienne affaire où des femmes avaient été assassinées. C'est aussi un roman qui parle de gemellité, de folie et du "Premier Homme", surnom d'un homme devenu un dangereux criminel, qui est passé par l'asile psychatrique de Ville Evrard, en banlieue parisienne. L'histoire est passionnante.

P1040486


Avec Stoppez les machines de François Muratet (Babel noir, 384 pages), qui a été écrit en 2001, nous voilà revenus de nos jours au moment de l'accord sur les 35 heures (à l'automne 2000). "La Métallique", une usine de pièces détachées dans le "9.3" à Stains, se met en grève car la direction arrange à sa façon cette mise en place des 35 heures pour qu'elle soit supportée entièrement par les ouvriers. Parallèlement, on apprend que l'usine va certainement être victime d'une OPA, et cette grève peut servir quelques intérêts financiers. Bien entendu, c'est la "base" qui va trinquer en la personne de Mona, Pascal, Marc ou Rachid. Un très bon roman, bien écrit, avec une histoire relativement originale pour un polar (elle se passe dans le monde ouvrier). Je recommande. D'après wikipedia, François Muratet est professeur d'histoire-géographie en Seine-et-Marne. Il a écrit trois romans, dont Stoppez les machines.

P1040485

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , ,

samedi 12 octobre 2013

Elle s'en va - Emmanuelle Bercot

J'ai pas mal hésité à voir ce film pour la raison que je ne suis pas une grande "fan" de Catherine Deneuve. Et bien, Elle s'en va d'Emmanuelle Bercot est un "road-movie" très sympa. Betty (Catherine Deneuve), la bonne soixantaine, est patronne d'un restaurant en Bretagne. Elle vit avec sa mère (merveilleuse Claude Gensac). Au cours d'une soirée, cette dernière annonce que l'homme que Betty aime et attend depuis des années vient de quitter sa femme pour une "jeunette" de 25 ans. Le monde de Betty s'écroule. Le lendemain, elle prétexte d'aller prendre l'air pour s'en aller avec sa voiture et, comme seul bagage, les vêtements qu'elle porte. S'ensuit un périple depuis la Bretagne jusque vers le lac d'Annecy puis retour vers le centre de la France. Pour trouver des cigarettes, Betty va faire des rencontres inattendues et souvent touchantes, comme celle avec un vieux paysan aux mains perclus de rhumatismes qui ne s'est jamais marié parce que sa fiancée (morte de tuberculose à 21 ans) lui avait demandé de ne pas le faire. Ou celle avec des femmes dans un dancing. Ce sera aussi l'occasion de faire connaissance avec son petit-fils et de se réconcilier avec sa fille. Et en fin de compte, pourquoi pas, de refaire sa vie? Il semble que la réalisatrice a fait tourner beaucoup de non-professionnels (comme le vieux paysan par exemple). Elle s'en va m'a bien plu car c'est un film sans prétention, et Catherine Deneuve est surprenante dans le rôle de Betty qui lui va bien. Je suis sortie de la projection assez euphorique.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,
mercredi 9 octobre 2013

Patrice Chéreau est mort

Il y a un moment que je voulais évoquer Patrice Chéreau et je n'aurais pas cru que cela se ferait dans de telles circonstances. J'avoue que plus de 24 heures après (l'annonce de son décès date de lundi 7 octobre 2013), je suis encore bouleversée de cette nouvelle car pour ce qui me concerne cet homme m'a fait apprécier le théâtre et l'opéra. Je l'admirais depuis 30 ans, quand avait commencé l'aventure du théâtre des Amandiers à Nanterre où j'ai vu toutes ses mises en scène: Combat de nègre et de chiens de B. M. Koltès, Les Paravents de Jean Genet (avec Maria Casarès), Quartett d'Heiner Müller, La Fausse suivante de Marivaux (un de ses écrivains classiques de prédilection), Dans la solitude des champs de coton, Quai Ouest, Retour au désert (avec Jacqueline Maillan), l'opéra seria Lucio Silla de Mozart, et bien sûr Hamlet de Shakespeare en 1988. J'avais été désolée d'avoir manqué Peer Gynt d'Ibsen en 1981. C'est lui qui a fait connaître Bernard-Marie Koltès au grand public (Dans la solitude..., Quai... et Retour... citées plus haut sont aussi trois pièces écrites par B.-M. Koltès). Pendant les années "Chéreau", Nanterre a été un lieu incontournable où Luc Bondy par exemple a mis en scène Terre Etrangère de Schnitzler: une merveille absolue. Après Nanterre, j'ai continué à suivre Patrice Chéreau et ses spectacles dont Le temps et la chambre de Botho Strauss à l'Odéon, Phèdre de Racine et La Douleur de Marguerite Duras avec Dominique Blanc en tête d'affiche. Je n'oublie pas ses mises en scène d'opéra: j'en ai vu quelques-unes. Outre Lucio Silla de Mozart, j'ai eu la chance de voir Don Giovanni de Mozart à Salzbourg en 1994, Cosi fan Tutte de Mozart et La maison des morts de Janacek à Aix en Provence. J'avoue avoir eu plus de mal avec son cinéma. Par ailleurs, Patrice Chéreau était un immense directeur d'acteurs et acteur lui-même. C'était chaque fois un grand plaisir d'assister à un de ses spectacles (j'en ai vu certains à des moments difficiles dans ma vie et je me sentais mieux quand je sortais de la représentation). Je ne sais pas trop quoi écrire de plus car ma peine est immense. Ce 7 octobre 2013 restera une journée funeste dans mon souvenir. C'est un grand pan de ma vie de spectatrice de théâtre et d'opéra qui s'estompe. Voici une émission de France Culture du 25 mars dernier où on peut l'entendre dire des textes et parler de choses et d'autres. Sinon, j'avais déjà réservé pour Comme il vous plaira de Shakespeare dont il aurait assuré la mise en scène au printemps prochain aux Ateliers Berthier qui dépendent du théâtre de l'Odéon à Paris. Le spectacle n'aura pas lieu...

P1040570

Portrait de Patrice Chéreau sur un des murs du Ministère de la Culture (nov. 2013)

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mardi 8 octobre 2013

Sur le chemin de l'école - Pascal Plisson / La dette - Sophie Mitrani et Nicolas Ubelmann

Voici deux documentaires qui ne sont pas mal mais ne m'ont pas totalement satisfaite.

Le premier, Sur le chemin de l'école, est plein de bons sentiments, mais avec un côté factice qui m'a gênée. Le réalisateur se met en position de simple observateur et pas plus. Quatre écoliers (trois garçons et une fille) font des kilomètres tous les jours ou presque pour aller à l'école.
D'abord, Jackson 11 ans et sa petite soeur Salomé, deux Kenyans qui font 15 kilomètres matin et soir (durée du trajet 2 heures dans les deux sens) à traverser la savane où le danger n'est pas constitué par les automobiles, mais par les éléphants qui chargent dès qu'ils se sentent menacés.
Ensuite Zahira, une jeune Marocaine qui est en internat et qui fait, une fois par semaine, l'aller-retour (4 heures de marche x 2) pour rejoindre son école. Entre les cailloux, les montées et les descentes dans les montagnes de l'Atlas, le chemin est éprouvant. A mi-parcours, elle est rejointe par deux copines.
Puis encore Samuel, un Indien du Golfe du Bengale, handicapé physique avec un sourire qui lui mange le visage, qui est trainé sur 4 km par ses deux frères plus jeunes dans un genre de fauteuil (?) roulant fait de bric et de broc et tout rouillé.
Et enfin Carlos, un Argentin qui va à l'école à cheval avec sa petite soeur qui est assise derrière lui. Le tracé dans ces magnifiques paysages de Patagonie est parfois glissant et dangereux. Ils rejoignent l'école en 1h30 tous les matins. Le réalisateur passe d'un enfant à l'autre en captant des moments un peu marquants. Les parents de tous ces enfants sont montrés sous leur meilleur jour: ils montrent qu'ils sont contents que leurs enfants aillent à l'école.
Le film se termine avec l'espoir qu'ils vont tous réussir à terminer l'école diplômés: Jackson gagne une Bourse, Samuel rêve d'être médecin, Carlos rentre à l'internat et Zahira espère devenir institutrice, et que d'autres filles de l'Atlas iront elles aussi à l'école. J'ai trouvé ce film un peu trop bien pensant à mon goût. Et à part la toute fin, j'ai trouvé que l'ensemble manquait de naturel.
Mais allez voir le film en famille avec des élèves récalcitrants. Peut-être que cela les fera réfléchir.

Maintenant je passe à La Dette, documentaire de 71 minutes sorti dans une seule salle à Paris et qui essaye de nous éclairer sur les mécanismes de la dette qui menace les pays européens et les autres. La question principale posée dans ce documentaire, c'est "d'où vient la dette?". Il y a quelques rappels historiques comme le fait que la Banque de France a été fondée en 1800 par des financiers privés. J'ai compris que 95% des opérations bancaires étaient de simples écritures. Souvent les banques ne possèdent pas l'argent qu'elles prêtent. Elles peuvent faire ça car elle en ont le droit parce qu'elles sont des établissements bancaires. Cela leur donne une légitimité. Les banques empruntent à des taux très bas et prêtent à des taux usuraires souvent énormes. Il y a pas mal de témoignages, de graphiques. Le film se termine avec l'Islande et les Islandais qui sont parvenus grâce à un référendum à empêcher que l'argent public rembourse l'énorme dette privée qui a presque mis cette île en faillite. J'ai trouvé ce documentaire pas mal fait mais un peu fouillis, ça part dans tous les sens et il ne propose pas vraiment de solution pour résorber la dette. Intéressant malgré tout. Voir le site du film.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,
samedi 5 octobre 2013

La vie domestique - Isabelle Czajka

Hier soir, le 4 octobre 2013, une avant-première de La vie d'Adèle avait lieu dans le complexe de cinéma où je vais très souvent. J'aurais pu y assister mais finalement, je suis allée voir La vie domestique (sorti mercredi 2 octobre 2013) d'isabelle Czajka, une réalisatrice que je ne connaissais pas du tout. J'ai trouvé que  La vie domestique était très réussi, tant du point de vue du scénario que de la direction d'acteurs. Il s'agit d'une adaptation d'Arlington Road de Rachel Cusk, dont j'avais dit beaucoup de bien. La réalisatrice, qui est aussi la scénariste, a resserré l'intrigue autour de quatre mères de famille dans la quarantaine. Elles vivent dans une banlieue plutôt chic, avec mari et enfants, dans de beaux pavillons proprets. Juliette (Emmanuelle Devos) donne des cours d'initiation à la littérature dans un LEP en attendant d'être embauchée (ou non) dans une maison d'édition. Betty (Julie Ferrier), Marianne (Natacha Régnier) et Inès (Héléna Noguerra) sont mères au foyer. Pendant une journée, on assiste à leur rythme de vie plutôt monotone: elles emmènent et vont rechercher les enfants à l'école, font leurs courses dans un immense centre commercial, vont au parc. On sent assez vite qu'elles ne sont pas vraiment épanouies, elles s'ennuient. Elles ne sont pas bien loties avec des maris qui m'ont paru assez mufles, traitant leur femme comme simple élément du décor. Entre le début et la fin du film, seule Juliette va changer, en éprouvant du mépris pour son mari. C'est fait de manière subtile comme tout le film, qui permet de voir Marie-Christine Barrault, qui joue la mère de Juliette dans une scène mémorable. Un film que je vous conseille. J'espère qu'il ne passera pas inaperçu. Lire le billet de Chris.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 2 octobre 2013

Le linguiste était presque parfait - David Carkeet / D'acier - Silvia Avallone

P1040487

Sous ce titre, Le Linguiste était presque parfait de David Carkeet (romancier américain né en 1946), se cache un roman plein d'humour qui se passe aux Etats-Unis dans un institut où des linguistes (dont un dénommé Jeremy Cook - le personnage principal de l'histoire) étudient le langage de bambins âgés de 9 mois à 4 ans. Deux meurtres sont commis au sein de cet institut: un journaliste, et un des linguistes (Arthur Stiph), qui avait rendez-vous avec un "contre-ami" la nuit où il a été tué. C'est grâce à un "mboui" (une locution énigmatique dite par un petit garçon de 16 mois) que le meurtrier sera démasqué après que tout le monde ait soupçonné tout le monde. Pour ceux qui connaissent la langue anglaise, les patronymes de certains personnages sont signifiants: Stiph (Stiff - raide), Wach (Watch - montre), Jeremy Cook (cuisinier) qui est le principal suspect du lieutenant de police Leaf (feuille), etc. J'ai trouvé très plaisant ce roman qui date de 1980 (Editions Monsieur Toussaint Louverture, 286 pages). On retrouve Jeremy Cook dans deux autres romans pas encore traduits en français.

 

P1040496

Avec D'acier de Silvia Avallone (Editions J'ai lu, 400 pages), on fait la connaissance de deux adolescentes de presque 14 ans (quand l'histoire commence), Anna et Francesca, qui vivent avec leurs familles à Piombino, triste ville industrielle de Toscane, face à l'île d'Elbe. L'histoire sur passe entre l'été 2001 et l'été 2002. Francesca et Anna sont amies d'enfance et vivent dans le même immeuble. Inséparables, elles sont jolies comme tout et commencent à attirer les regards concupiscents de la gent masculine alentour. Le père d'Anna est un trafiquant "à la petite semaine", quant au père de Francesca il bat sa femme et sa fille. Pendant ces douze mois, elles vont connaître plusieurs épreuves et entrer de plain-pied dans le monde des adultes. Ce n'est pas de la grande littérature, mais ça se lit agréablement.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
dimanche 29 septembre 2013

Blue Jasmine - Woody Allen

Attention: je considère que c'est un très grand film. Il est sorti mercredi 25 septembre 2013, courez voir Blue Jasmine, le dernier Woody Allen. Woody, après ses incursions plus ou moins réussies en Europe (Paris, Londres et Rome), revient aux Etats-Unis, plus précisément à New-York et San Francisco. Jasmine arrive à San Francisco en provenance de New-York avec, comme seuls biens, quelques bagages de marque (LV) et une veste Chanel. Jasmine ne va pas bien, elle n'arrête pas de parler toute seule. A peine sortie d'une grave dépression, elle se réfugie donc à San Francisco, chez sa soeur Ginger qui vit seule avec ses deux fils. Jasmine est veuve depuis peu, son mari, qui était un escroc (il faisait des placements financiers douteux), s'est pendu dans sa cellule. Ginger (Sally Hawkins, excellente), qui a subi le mépris de Jasmine, s'est séparée de son mari. Après avoir vécu dans le luxe et l'insouciance dans un magnifique appartement à Manhattan, la dégringolade de Jasmine dans l'échelle sociale est rude. Je n'en dirai pas plus sur l'histoire, très bien menée, dominée par l'interprétation magistrale de Cate Blanchett qui "crève" l'écran avec beaucoup de classe. J'espère qu'elle va être nommée aux Oscars. Elle n'en fait jamais trop. Le dernier plan où l'on voit sa mine défaite est terrible. Un film indispensable à voir de la part du réalisateur new-yorkais.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [42] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 26 septembre 2013

Ma vie avec Liberace - Steven Soderbergh / Gibraltar - Julien Leclercq

Voici deux films vus récemment qui méritent éventuellement votre attention.

D'abord Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh, pour lequel Michael Douglas vient de recevoir un "Emmy award" (1) pour son interprétation. En effet, sorti en salles en France, ce téléfilm n'a eu droit aux Etats-Unis qu'à une diffusion télé sur la chaîne HBO qui l'a produit. Présenté à Cannes, Ma vie avec Liberace a reçu des critiques très favorable. Liberace (1919-1987) est peu connu en France. Dès l'âge de 4 ans, il a commencé à apprendre le piano. Il a connu la célébrité dans les années 1950 à 70 quand il passait à la télé américaine, jouant des airs connus de musique classique ou des airs plus populaires avec beaucoup de virtuosité. Il s'est surtout produit à Las Vegas. Le film retrace les 10 dernières années de la vie de Liberace entre 1977 et 1987 (il est mort du Sida), et en particulier, l'époque de sa liaison houleuse avec Scott Thorson qui fut son secrétaire, son garde du corps et son amant. Par ailleurs, il a toujours nié son homosexualité. Liberace (qui n'est pas un personnage très sympathique) est très bien interprété par Michael Douglas, mais j'ai surtout admiré l'interprétation de Matt Damon qui joue Scott Thorson. Son rôle est complexe. En homme amoureux et jaloux qui accepte de faire de la chirurgie esthétique pour ressembler à son amant Liberace, d'affiner sa silhouette. Matt Damon émeut beaucoup. Rien que pour lui, allez voir ce film.

Maintenant, je passe à Gibraltar de Julien Leclercq qui permet à Gilles Lellouche de trouver un rôle assez intense. Il interprète un propriétaire d'un bar criblé de dettes et détenteur d'un bateau à Gibraltar, bout de terre anglaise au sud de l'Espagne où se passent de nombreux trafics (14 km de mer séparent l'Espagne du Maroc). Marc Duval (Gilles Lellouche) devient convoyeur de drogue et d'armes (presque) malgré lui en acceptant de travailler pour les douanes françaises. A force de jouer un jeu dangereux avec les gangs irlandais et un baron de la drogue italien, il ne va pas sortir indemne de cette épreuve. D'autant plus qu'il a une femme, une petite fille et une soeur qui lui donnent du souci. La mise en scène est nerveuse. Cela se laisse voir. Le scénario est tirée d'une histoire vraie.

(1) C'est à peu près l'équivalent des Oscars pour la télévision.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , , ,
lundi 23 septembre 2013

Palmer en Bretagne - Pétillon / Silex and the City (4. Autorisation de découverte) - Jul / Le démon du soir - Florence Cestac

Dans Palmer en Bretagne de Pétillon (Editions Dargaud), Jack Palmer, le détective bien connu, surpris par la marée, va rester coincer sur un rocher au large d'une île bretonne entourée d'algues vertes qui puent. Comme personne ne veut aller à sa rescousse, il est obligé d'attendre que la marée redevienne basse. Surnommé "Crétin" par son employeur Maroilles, Palmer va assister de loin à la mort d'un jogger mais il va louper tout le reste des nombreuses péripéties décrites dans les 51 pages de cette BD distrayante. On y parle d'art moderne, de homards bretons et canadiens, d'algues vertes, de cochons et porcelets, de kouign-amann, de "fest-noz", mais aussi de chantage à l'assurance, de pédalo, de cycliste et du temps breton...

P1040505

Voici maintenant Silex and the city, tome 4 (Autorisation de découverte) de Jul, album (publié chez Dargaud) dans lequel on retrouve la famille Dotcom, qui fait face à la maladie de la maman, Spam, qui a un cancer opérable. Les Dotcom doivent trouver l'argent pour financer l'opération. Dans le même temps, la famille pense que Web, la fille, est enceinte, et on découvre que, dans sa jeunesse, le grand-père Julius a vécu un temps en couple avec un homme. Comme pour les trois précédents albums, il y a plein de références à notre monde moderne. J'ai trouvé cet album plus construit que les précédents avec un vrai fil conducteur: je conseille.

P1040504

Je terminerai par un album (encore aux éditions Dargaud mais je ne l'ai pas fait exprès) dessiné par Florence Cestac, Le démon du soir ou la ménopause héroïque. Noémie, presque 60 ans, apprend qu'elle n'a pas de cancer du sein, après plusieurs jours d'angoisse. Elle décide de changer de vie du jour au lendemain en envoyant tout promener: mari, boulot, etc. Car Noémie veut profiter de la vie au maximum. Noémie devient tonique, vit des expériences sexuelles assez intenses. La vie commence vraiment à 60 ans. C'est une BD très optimiste à lire par les femmes de tous âges.

P1040493

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , , ,
vendredi 20 septembre 2013

Hilarion (L'énigme des fontaines mortes) - Christophe Estrada

Voici un premier billet sur un roman policier français paru chez Actes Sud qui m'a procuré un grand plaisir de lecture et que je vous recommande chaudement. Un ou deux autres suivront.

Hilarion (L'énigme des fontaines mortes) de Christophe Estrada (Babel Noir, 520 pages) se passe à l'automne 1776 à Aix en Provence et à Toulon. Le jeune roi Louis XVI vient d'être couronné. Pour asseoir son autorité, il vient de rétablir les parlements du royaume où siègent nobles et bourgeois (la classe montante). Le chevalier Hilarion de S., jeune homme issu d'une famille noble, a gagné la confiance du roi après avoir démasqué les pénitents rouges (une confrérie aristocratique qui tentait de restaurer la féodalité). A peine Hilarion arrivé à Aix comme missionnaire de Louis XVI, un lieutenant criminel fait appel à lui pour l'aider dans une enquête. Un jeune noble (dernier héritier mâle d'une famille) vient d'être découvert nu, étranglé et émasculé, dans une fontaine asséchée. Deux autres crimes au même modus operandi suivent peu de temps après. Les trois victimes se connaissaient. Les notables de la ville sont en émoi, seuls des gens du peuple peuvent avoir perpétré ces infamies. Treize ans avant la prise de la Bastille, on constate que la noblesse s'accroche à ses privilèges et qu'elle boit du chocolat chaud (boisson en vogue), qu'elle ignore les gens du peuple qui ne font pas partie de son monde, sauf quand elle a besoin d'eux. Estrada, dans ses descriptions, rend vivant la vie quotidienne à cette époque où l'on se couche souvent après minuit. A Aix, en plus du chocolat, on mange des lentilles, du pain blanc (pour la noblesse) et des anchois. Les rues ne sont pas pavées et sont couvertes de boue, sans oublier les odeurs nauséabondes dans plusieurs rues (je vous en laisse deviner l'origine). Quant à Hilarion, et c'est un des nombreux aspects intéressants de ce roman, on ne sait pas grand-chose de ce qui le concerne, sauf que c'est un escrimeur redoutable formé par un maître d'escrime italien. Ce roman historique se lit très vite et vraiment agréablement, il a reçu quelques prix mérités.

Merci beaucoup à Sandrine (Yspadden), qui en parle très bien, pour cet excellent conseil.

P1040484

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , ,