jeudi 12 décembre 2013

The lunchbox - Ritesh Batra

Voilà The Lunchbox, un film que je vous conseille absolument, et quand vous sortirez de la projection, vous n'aurez qu'une envie: aller dans un bon restaurant indien, car vous aurez faim après avoir aperçu les plats odorants que prépare Ila. Ila est une jeune femme indienne qui vit à Bombay. Comme des milliers d'autres, elle prépare un casse-croûte à l'indienne à son mari dans une lunchbox (littéralement une boîte à déjeuner). Elle décide de se surpasser pour reconquérir son mari qui semble aller voir ailleurs. Elle compose des mets odorants et goûteux qu'elle répartit dans des boîtes métalliques cylindriques empilées formant un ensemble. A Bombay, plusieurs milliers de ces lunchbox sont acheminées par plus de 5000 livreurs qui en principe ne se trompent jamais de destinataire. Une chance sur un million qu'il y ait eu une erreur (selon une étude de l'université d'Harvard qui s'est penchée sur le sujet). Et bien, justement, la lunchbox d'Ila est livrée accidentellement à un homme, dans la cinquantaine, à un mois de la retraite. Solitaire et pas très sociable, Saajan Fernandes apprécie ce repas. L'après-midi, les mêmes livreurs retournent les boîtes vides chez les expéditeurs. Le soir, en voyant la réaction de son mari, Ila se rend immédiatement compte qu'une erreur de livraison s'est produite. Elle glisse dans la lunchbox du lendemain un mot au destinataire inconnu. Une correspondance s'ensuit. C'est un film qui fait du bien. Saajan, veuf depuis plusieurs années, recommence à s'ouvrir aux autres, à se sociabiliser. Ila, elle, va réussir à s'émanciper de son mari: on la voit vivre plus ou moins cloîtrée à la maison, conversant avec sa voisine (que l'on ne voit jamais). Je vous laisse découvrir toute la finesse de cette histoire. C'est frais et rafraîchissant. J'espère que ce premier film de Ritesh Batra va sortir partout en France. Lire les billets d'Alex et Chris.

P1040586

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 9 décembre 2013

Casse-tête chinois - Cédric Klapisch

J'ai vu Casse-tête chinois de Cédric Klapisch, dernier volet de la trilogie commencée avec L'auberge espagnole et Les poupées russes. C'est le deuxième film que j'ai vu dans un nouveau cinéma du XIXème que ne semble pas avoir apprécié Wilyrah. Dans Casse-tête chinois, on retrouve Xavier, Wendy, Isabelle et Martine qui approchent tous les quatre de la quarantaine. Xavier écrit un roman. Papa d'un garçon et d'une fille, il vient de se séparer de Wendy qui part à New-York avec leurs deux enfants. Ne voulant pas vivre loin de sa progéniture, Xavier part s'installer à son tour dans la "Grande Pomme" et squatte un temps chez Isabelle qui vit avec Ju, une charmante eurasienne (mais cela n'empêche pas Isabelle d'aller voir ailleurs). Quant à Martine, divorcée et aussi mère de deux enfants, elle arrive à New-York pour des vacances et pour rencontrer des Chinois (je vous laisse découvrir pourquoi). Comme les deux autres films, Casse-tête chinois est un film sympathique avec une séquence calquée sur l'une de celles de l'Auberge espagnole. Kelly Reilly qui a le rôle le plus ingrat de cette histoire est toujours aussi jolie et Romain Duris est égal à lui-même. J'avoue avoir quand même préféré Les Poupées russes qui est pour moi le meilleur des trois (il y avait un vrai scénario). Et pourtant j'ai apprécié New-York vu sous l'oeil de Klapisch - j'ai  bien reconnu la ville avec des quartiers ou des lieux comme Columbus Circle et Chinatown (d'où le titre "Casse-tête chinois"). Lire les billets d'Aifelle, Alain, Chris et celui très négatif de Wilyrah.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : ,
vendredi 6 décembre 2013

Hunger Games (L'embrasement) - Francis Lawrence

Voilà un des deux films vus à 2 jours d'intervalle dans un nouveau cinéma qui vient d'ouvrir en octobre 2013. Il est situé au nord de Paris dans le XIXème arrondissement. Il est équipé de grandes salles avec de grands écrans: des conditions assez idéales pour bien profiter des films.

Hunger Games (L'embrasement) est la suite de Hunger games (c'est préférable d'avoir vu cette première partie pour mieux comprendre la seconde): Katniss Everdeen (la gagnante des 74èmes Hunger games) est revenue dans sa famille dans le 12ème district et elle chasse à l'arc. En compagnie de Peeta Mellark (l'autre gagnant), elle est chargée de faire le "tour des vainqueurs" en allant dans chaque district pour prononcer un discours apaisant et bien rôdé afin d'éviter toute révolte (les gens n'ont pas oublié les victimes des 74èmes Hunger games). Mais le président Snow se méfie de Katniss, et, ne la trouvant pas assez convaincante, il décide de l'éliminer en organisant les 75èmes jeux: des anciens vainqueurs, dont elle et Peeta, vont devoir de nouveau s'affronter dans un combat à mort, sauf que cette fois-ci des alliances se forment et la révolte gronde. Comme pour le premier, j'ai trouvé l'histoire assez captivante (avec quelques moments assez violents voir effrayants comme la séquence des singes, la gueule ouverte avec des dents pointues) et sans temps mort. On revoit les mêmes acteurs (Donald Sutherland, Stanley Tucci, Woody Harrelson et Jennifer Lawrence) avec quelques nouveaux venus (Philip Seymour Hoffman, Jeffrey Wright et Amanda Plummer). Suzanne Collins (l'auteur des romans), qui a participé à l'adaptation, sait ménager le suspense. Preuve en est que quand le film se termine, on attend la suite avec impatience. Cela va se concrétiser par Hunger games: la révolte qui sera divisé en deux films, l'un sortira en 2014 et le dernier en 2015.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 3 décembre 2013

Confiteor - Jaume Cabré

P1040584

J'ai voulu lire Confiteor (Actes Sud, 771 pages) de l'écrivain catalan Jaume Cabré, car j'ai été attirée par la couverture: un petit garçon de dos qui essaye de prendre un livre dans une immense bibliothèque. Adrià Ardevol est le narrateur et personnage principal de ce roman complexe et virtuose tant du point de vue narratif et que stylistique. Je voudrais donner quelques impressions sur ma lecture en commençant par décrire le style narratif avec le passage entre le "je" et le "il" et le "il" et le "je" dans une même phrase sans que le lecteur ne se perde. On remarque aussi la façon qu'a Cabré de jongler, dans un même paragraphe, d'une époque à l'autre et d'un personnage à l'autre. Car le roman est ample et brasse plus de 600 ans d'histoire de l'Europe: de l'Inquisition au XVIIIème siècle, du début du XXème siècle à nos jours, en passant par le nazisme et le franquisme. Ce roman est une longue lettre confession ("confiteor" en latin) d'Adrià Ardevol, né en 1946 à Barcelone. Il écrit cette confession à Sara, la femme de sa vie, avant qu'il ne soit trop tard. Le roman commence par cette phrase "... j'ai compris que naître dans cette famille avait été une erreur impardonnable". Les parents d'Adrià ont des rêves pour leur fils, ils voudraient qu'il devienne polyglotte et violoniste virtuose en même temps. Et en effet, le fil conducteur principal de cette histoire est un violon, un Storioni fabriqué en 1764 et appelé le Vial (du nom de son premier propriétaire). On apprend au fil du récit comment le Vial est arrivé dans la famille d'Adrià: c'est son père Félix qui a réussi à se le procurer. Adrià a été élevé par un père dur et exigeant et une mère qui ne l'aimait pas vraiment. Confiteor traite du mal sous toutes ses formes, mais aussi d'amour (Adrià et Sara), d'amitié (Adrià et Bernat Plensa, un camarade d'enfance), de jalousie et de trahison. Le roman parle aussi de peinture (Sara est peintre), de littérature et de livres, car Adrià devenu polyglotte (il apprendra une dizaine de langues dont l'araméen) va écrire et enseigner sur l'histoire des idées. Il va aussi acquérir des manuscrits. Je n'en dirai pas plus, mais je vous recommande absolument ce roman vertigineux qui se lit très bien malgré sa longueur. J'ai été vraiment transportée. Je terminerai ce billet en pensant aux petites figurines, Aigle-noir (un indien Arapaho) et le shérif Carson, à qui Adrià se confie jusqu'à l'âge adulte. Lire les très bons billets de Richard, Malika, Cuné (merci Aifelle), Mélopée et Cachou. J'ajouterai que ce roman de la rentrée littéraire 2013 a été encensé par la critique et surtout par toutes les librairies que je fréquente.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [30] - Permalien [#]
Tags : , ,
samedi 30 novembre 2013

Les garçons et Guillaume, à table! - Guillaume Gallienne

J'avais plutôt un a-priori négatif sur ce film, mais faute de mieux à me mettre devant les yeux et après la lecture du billet d'Aifelle, je me suis décidée à aller le voir. J'avoue être restée perplexe devant Les Garçons et Guillaume, à table! de Guillaume Gallienne. Plutôt qu'une histoire, il s'agit d'une suite de saynètes où Guillaume et sa maman sont les protagonistes principaux: Guillaume au Maroc, en internat en Angleterre, en Espagne (il apprend à danser), singeant Sissi (l'impératrice), en cure en Allemagne, chez les psys (il en voit plusieurs), au conseil de révision pour partir au service militaire, dans un bar gay, etc. Je reconnais avoir eu deux fous rires irrépressibles qui m'ont prise par surprise, mais sinon, je me suis demandé pourquoi le film fait autant parler de lui, car pour moi il s'agit d'assister à la psychanalyse d'un homme qui a obéi à sa maman en acceptant de se comporter comme une fille. Guillaume nous fait profiter de cet état de fait (nous, spectateurs). J'ai trouvé dommage que l'on ne voit pas plus la mère ("Maman") qui est un personnage haut en couleur. Les scènes où elle apparaît m'ont paru les plus drôles, et c'est Guillaume Gallienne qui l'interprète. C'est donc un film en hommage aux mères en général et à la maman de Guillaume en particulier, mais cela ne va pas plus loin. Par ailleurs, je n'avais pas vu le spectacle éponyme, mais j'apprécie l'émission de Guillaume Gallienne le samedi en fin d'après-midi à la radio sur France Inter (quand je pense à l'écouter).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 27 novembre 2013

L'analphabète qui savait compter - Jonas Jonasson

P1040557

Après Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, voici le nouveau roman trépidant de Jonas Jonasson, L'Analphabète qui savait compter (475 pages, Editions Presses de la Cité). L'histoire commence dans le ghetto de Soweto en Afrique du Sud, en plein Apartheid, dans les années 60. On  fait la connaissance de Nombeko Mayeki, une jeune Noire de 5 ans, orpheline de très bonne heure, qui commence sa vie en vidant les latrines. C'est une gamine qui ne sait pas lire mais qui est surdouée pour les chiffres. Je vous passe les quelques péripéties qui l'amènent à devenir détentrice de plusieurs diamants et à apprendre à lire. A quinze ans, en 1976, suite à un accident de voiture dont elle est victime, elle se retrouve condamnée pendant sept ans à devenir domestique chez le chauffard, un ingénieur afrikaaneer, alcoolique et incompétent dans son domaine. Pourtant, ce dernier est chargé de transformer l'Afrique du Sud en puissance nucléaire. Pendant ces 7 ans, assoifée de connaissance, Nombeki va acquérier une grande culture scientifique. A plus de 9000 km de là, dans la région de Stockholm deux jumeaux, Holger et Holger - l'un n'ayant pas été déclaré à l'état-civil - mènent une enfance pas banale, l'un étant doué pour les études, l'autre pas, entre une mère aimante et un père vouant une haine irraisonnée à la royauté en place. Je vous laisse bien entendu découvrir les circonstances qui provoqueront la rencontre improbable entre les jumeaux et Nombeko, elle-même poursuivie par les services secrets israéliens (elle voyage avec une bombe atomique non déclarée). L'histoire est totalement délirante et invraisemblable, mais sous la plume de Jonasson cela devient presque naturel. Il a un sens du rythme et de la narration incroyable. Et il ne perd jamais le lecteur. Je vous recommande ce roman déjanté.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [22] - Permalien [#]
Tags : ,
dimanche 24 novembre 2013

La Vénus à la fourrure - Roman Polanski

Voici La Vénus à la fourrure, un film très distrayant - c'est souvent drôle - qui respecte les unités de temps, de lieu et d'action. Toute l'histoire, qui est l'adaptation d'une pièce anglo-saxonne de David Ives, se déroule dans un théâtre à l'italienne. Thomas, un metteur en scène, est sur le point de quitter le lieu après une journée d'audition. Il est désespéré de ne pas trouver une actrice digne de ce nom pour jouer le rôle principal de l'adaptation théâtrale du roman de Léopold von Sacher-Masoch: La Vénus à la fourrure. C'est à ce moment-là que déboule Vanda, un chewing-gum dans la bouche, assez vulgaire dans sa façon de parler. Thomas se laisse peu à peu prendre par l'aplomb, le naturel et la faconde de Vanda qui sous ses airs trompeurs connait très bien le texte de la pièce dont on nous donne des bribes. Bien entendu, les échanges entre Thomas et Vanda vont évoluer vers des rapports de maîtresse/esclave. Mathieu Amalric dans le rôle de Thomas joue très bien sa partie, mais c'est Emmanuelle Seigner qui m'a totalement convaincue avec sa gouaille dans le rôle de Vanda. Son final dansé, vêtue seulement d'une étole de fourrure, est superbe. Il semble que La Vénus à la fourrure de Roman Polanski soit un échec public depuis sa sortie en France, et je trouve cette information bien regrettable car j'ai trouvé ce film nettement meilleur que Carnage du même réalisateur. En préambule, on voit la façade du théâtre Hébertot à Paris (pour ceux qui connnaissent), et il m'a semblé, en revanche, que l'on voit la façade du théâtre de l'Atelier (toujours à Paris) quand le film s'achève.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 21 novembre 2013

Inside Llewyn Davis - Ethan et Joël Coen

Inside Llewyn Davis d'Ethan et Joël Coen, c'est avant tout de la musique folk et deux chats roux fugueurs. Comme un mouvement perpétuel, le film commence et se termine de la même façon, on suit quelques jours dans la vie de Llewyn Davis, qui squatte chez les uns les autres à New-York pendant l'hiver 1961. Llewyn est un homme seul qui a du mal à percer en tant que chanteur guitariste. Il se produit seul ou accompagné dans quelques lieux de concert. Sur un laps de temps relativement court (ces quelques jours), Llewyn va vivre une rupture amoureuse, une audition (ratée) à Chicago, une dispute entre amis suivi d'une réconciliation, et se mettre à la poursuite d'un chat roux. Dans Inside Llewyn Davis, en dehors de la photo qui est très belle (New-York en hiver est superbe), on entend des chansons qui m'ont plu. Je me suis d'ailleurs acheté la bande originale du film, cela fait longtemps que cela ne m'était pas arrivé. Ce film d'atmosphère est plaisant. Il y a un côté nostalgique un peu triste. Je recommande d'autant plus que l'acteur principal, Oscar Isaac, est vraiment bien. Un très beau rôle. Enfin, je signale un billet d'Eeguab très intéressant sur le livre qui a inspiré les réalisateurs.

P1040582

P1040581

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 18 novembre 2013

Blanche-Neige doit mourir - Nele Neuhaus / L'obscure mémoire des armes - Ramon Diaz-Eterovic

Voici deux romans que je vous recommande vivement.

 P1040579

D'abord Blanche-Neige doit mourir (Collection Actes Noir - Actes Sud, 390 pages) de Nele Neuhaus (Flétrissure), dans lequel on retrouve l'inspectrice Pia Kirchhoff et le commissaire Oliver von Bodenstein, qui officient dans une petite ville près de Francfort en Allemagne. Ils sont appelés pour enquêter suite à la découverte d'un squelette féminin dans une cuve de carburant d'un aéroport désaffecté. Simultanément, Tobias Sartorius, 30 ans, vient de sortir de prison après dix ans de détention pour avoir été reconnu coupable du meurtre de deux jeunes filles dont on n'a jamais retrouvé les corps. Je pense que vous allez deviner le rapport entre le squelette et Tobias, mais ce n'est que le début d'une enquête pleine de rebondissements qui se passe dans un village où tous les habitants en ont lourd sur la conscience. Il y a une sorte d'omerta sur ce qui s'est passé 11 ans auparavant. Trois familles dont celle de Tobias ont été anéanties. On devine en partie qui sont les "méchants" de l'histoire bien avant la fin jusqu'au coup de théâtre final. J'ai trouvé le récit haletant.

 

P1040578

Avec L'obscure mémoire des armes (Métailié noir, 280 pages) de Ramon Diaz-Eterovic (La couleur de la peau), nous voici de retour au Chili à Santiago en compagnie d'Heredia et de son chat Simenon. Quand le roman commence, Heredia s'ennuie, on fait très peu appel à lui. Il a juste de quoi payer quelques factures et nourrir son chat, jusqu'au moment où Griseta, l'amante d'Heredia, lui demande d'aider une amie: en effet, le frère de cette dernière a été abattu en sortant de son travail. L'enquête officielle a été bâclée et déclarée close. En acceptant cette affaire, Heredia se retrouve à remonter dans le temps à l'époque de la dictature de Pinochet et des tortionnaires qui ont sévi à cette époque... Ramon Diaz-Eterovic est un bon conteur. Il n'ennuie jamais le lecteur. On suit les déambulations d'Heredia dans Santiago avec intérêt. C'est un bonheur de lecture.

vendredi 15 novembre 2013

Violette - Martin Provost

Après Séraphine (de Senlis), le réalisateur Martin Provost s'est attelé à l'évocation d'une partie de la vie de l'écrivain Violette Leduc (1907-1972) qui est relativement peu connue. Beaucoup de personnes ignorent son oeuvre (j'en fais partie). Le film commence sous l'Occupation. Violette, réfugiée à la campagne, vivote en faisant du marché noir, et elle commence à écrire sur des cahiers d'écolier, sous l'impulsion de Maurice Sachs qu'elle aime d'un amour impossible (il est homosexuel). Violette souffre d'avoir été une bâtarde, elle se plaint sans cesse de ne compter pour personne, d'être seule. Le film est composé en 7 chapitres se référant à des personnes qui ont cotoyé Violette. Les deux personnes essentielles dans la vie de Violette furent sa mère, Berthe Leduc, et Simone de Beauvoir dont elle fut réellement amoureuse. Simone de Beauvoir l'a soutenue et financièrement et en lui prodiguant des conseils d'écriture pendant presque 20 ans. Pour être honnête, j'ai trouvé le personnage de Simone de Beauvoir plus intéressant que celui de Violette Leduc. Je comprends que l'une soit devenue célèbre et l'autre non. Concernant le film proprement dit, le réalisateur qui est aussi co-scénariste a fait un travail honnête en montrant une Violette pleine de contradictions, et somme toute malheureuse. D'ailleurs, elle a fait un long séjour en hôpital psychiatrique dans les années 50. Pour ma part, je pense qu'il est difficile de filmer une vie d'écrivain. On voit Violette écrire (un peu). Les titres de ses livres (ainsi que ceux de Simone de Beauvoir) sont mentionnés, mais à part ça, il n'y a pas beaucoup plus: c'est dommage mais c'est ainsi. Concernant les acteurs, Emmanuelle Devos m'a semblé un peu trop jolie pour jouer le rôle de Violette Leduc qui avait un visage ingrat. Sandrine Kiberlain, grande et osseuse, compose une Simone de Beauvoir convaincante. Catherine Hiégel qui joue la mère de Violette est très bien dans un rôle pas facile. Je conseille ce film pour ses nombreuses qualités, mais je ne suis pas encline à me plonger dans l'oeuvre de Violette Leduc, dont le roman (autobiographique) le plus célèbre reste La Bâtarde, paru en 1964 (il a frôlé le prix Goncourt).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : ,