jeudi 25 novembre 2010

Le fils de l'ombre - Jon Sprunk

Dans le cadre d'une opération spéciale "Masse Critique" de Babelio dédiée aux littératures de science-fiction, fantasy et aux mondes de l'imaginaire, j'ai choisi un livre paru aux Editions Bragelonne, Le fils de l'ombre (1er tome d'une trilogie), d'un écrivain américain, Jon Sprunk. Il s'agit de son première roman, qui est paru en même temps dans plusieurs pays. Je ne sais pas quand seront publiés les deux autres tomes. J'annonce tout de suite que c'est la première fois que je lis ce genre de littérature. Je voulais tester. Ce ne fut pas désagréable du tout. Dans une époque indéfinie plus moyenâgeuse que futuriste, l'histoire se passe à Othir en proie à des querelles de pouvoir. Caim, le héros, est un assassin. Il tue sur commande. Il devient lui-même une proie pour des plus "méchants" que lui. On se situe dans un univers de sorcellerie où tous les combats se font à l'arme blanche. Caim est doté de pouvoirs surnaturels de par sa mère. Il a des principes et un esprit chevaleresque quand il doit sauver une jeune fille, Joséphine, qui n'est pas une simple donzelle écervelée. Caim est épaulée par une sorte d'elfe, Kit (il n'y a que lui qui la voit), une jeune femme au caractère bien trempé et qui éprouve un peu de jalousie vis-vis de Joséphine. Les ennemis de Caim s'appellent Ral et Levictus (ce dernier étant un grand sorcier). Tous les noms des lieux et des villes sont inventés (en revanche, on parle de fiacre et de moquette!). Cela peut sembler déstabilisant car on manque de repères, mais on s'habitue. Quelques termes péjoratifs sonnent très contemporains (cela détonne un peu). Quand le roman s'achève, on a envie de savoir quelles nouvelles aventures va vivre Caim. Vivement la suite! Et merci Babelio.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 23 novembre 2010

Tag des quinze écrivains

Comme annoncé dans le questionnaire précédent du 19/11/2010, voici le 2ème tag que m'a transmis Lystig: "citer quinze auteurs en 15 minutes". Je reviens toujours aux mêmes.

Nicolas Gogol pour les Ames mortes. Un chef-d'oeuvre.

Thomas Mann pour La montagne magique et Docteur Faustus ainsi que pour avoir été le géniteur d'un écrivain de talent comme Klaus Mann.

Knut Hamsun pour La Faim.

Yukio Mishima pour Mme de Sade.

Arthur Schnitzler pour Mlle Else et La Ronde.

Thierry Jonquet pour l'ensemble de son oeuvre (découverte récemment).

Daniel Pennac pour les Malaussène.

Honoré de Balzac pour Le Père Goriot.

Guy de Maupassant pour tous ses romans et toutes ses nouvelles.

Agatha Christie dont j'ai lu tous les romans avec Poirot, Marple et les autres à l'âge de 15 ans.

Kénizé Mourad pour De la part de la princesse morte (très beau roman duquel je rêve de voir un film tiré).

Nikos Kazantsakis pour La dernière tentation du Christ.

Philip Roth pour sa narration.

Paul Auster pour son univers.

Henri Troyat pour ses sagas.

Et, non, moi je ne tague décidément pas d'autres blogueurs/euses...

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags :
dimanche 21 novembre 2010

Films vus et non commentés depuis le 31/07/2010

Comme j'ai repris du retard dans mes critiques de films, voici un billet sur quatre films vus depuis un petit moment et dont je voulais absolument parler.

Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman, documentaire chilien qui se passe dans la région du désert d'Atacama, là où sont installés les télescopes les plus puissants du monde car l'air y est d'une grande pureté. Les astronomes peuvent étudier le ciel, les étoiles, les galaxies dans des conditions optimales. Mais Atacama fut (et cela, je l'ignorais) un des endroits où furent emprisonnés et tués des milliers de personnes sous la dictature de Pinochet. Le documentaire se concentre sur ce douloureux sujet en montrant quelques femmes qui sont à la recherche dans ce désert des os des squelettes de victimes, qui un frère, qui des parents. A mesure que le temps passe (35 années se sont écoulées), elles sont de moins en moins nombreuses à chercher. Elles voudraient que l'on n'oublie pas ces disparus. L'une d'elle dit que les télescopes devraient servir à radiographier le sol pour trouver les corps. J'ai aussi noté le témoignage d'un rescapé d'un camp (à ciel ouvert) qui a appris à lire la cartographie du ciel pendant sa détention. Ce documentaire nous fait entendre une voix off un peu pompeuse, mais je trouve que c'est un documentaire intéressant et émouvant.

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen, comédie douce-amère qui a un début, un milieu mais pas de fin (en tout cas, on ne la voit pas à l'écran). Retour à Londres pour une histoire pessimiste et misanthrope où l'on sent un certain désenchantement de la part de Woody qui se fait peu d'illusions sur les relations entre les personnes. Tout se rapporte au sexe et à l'argent, même s'il y a un peu de sentiment (le veuf qui essaye de communiquer avec sa femme défunte dans l'au-delà). Mais tout est raconté de façon suffisamment légère pour amener un sourire de temps en temps. Pour résumer, un homme, Alfie (Anthony Hopkins), ne supportant pas de vieillir, quitte sa femme, Helena (Gemma Jones), avec qui il était marié depuis plus de 30 ans. Il se remarie avec une jeune femme écervelée qui fait de la musculation, et il prend du V**gr*. La mère, pour se rassurer, écoute les conseils de voyance d'une bonimenteuse, et finit par se réfugier dans le spiritisme. La fille du couple séparé, Sally (la délicieuse Noami Watts), est quittée par son mari Roy (Josh Brolin), écrivain en mal d'inspiration, qui trouve la jeune voisine de l'immeuble d'en face très à son goût. Non seulement ce mari est un goujat, mais en plus il est malhonnête: il pique le manuscrit d'un copain qu'il croit mort dans un accident, mais qui en fait est "seulement" dans le coma. Sally, elle, travaille dans une galerie d'art, mais est convaincue que sa mère va lui prêter de l'argent pour ouvrir sa propre galerie. Le film virevolte d'un personnage à l'autre, d'une situation à l'autre. Je sais que ce film ne fait pas l'unanimité dans la blogosphère. Personnellement, je l'ai beaucoup apprécié.

Moi, moche et méchant de Chris Renaud et Pierre Coffin: et oui, vous avez bien lu, j'ai vu ce film en 2D dans ma province. Je ne sais pas ce que donnait la 3D, mais là, j'ai beaucoup apprécié l'histoire de ces trois orphelines qui arrivent à apprivoiser Gru, le "méchant" qui veut voler la lune en la miniaturisant. En revanche, les minions n'ont pas de rôles marquants, mais ils aident à sortir Gru et les petites de situations dangereuses.

Divorce à la finlandaise de Mika Kaurismaki (le frère d'Aki). On croit à une simple histoire d'un couple qui se sépare, mais pas du tout. Ce n'est même qu'un prétexte. Les personnages qui gravitent autour de Tuula et Juhani sont hauts en couleur, comme un proxénète ou une chef de gang jouée par Katie Outinen (habituée des films d'Aki). Rien que le voisin qui surveille la maison du couple vaut le détour. C'est foutraque, ça part dans tous les sens mais j'ai trouvé le film sympathique.

vendredi 19 novembre 2010

Tag de la petite enfance

A cause d'une activité professionnelle intense, je suis un peu à la traîne pour rédiger des billets. J'en profite que Lystig m'ait "taguée" 2 fois, ici et là. pour faire d'une pierre deux coups. Voici le 1er épisode (Tag de la petite enfance):

1/ Quand vous étiez petit(e), que répondiez-vous à la question : "Et toi, que veux-tu faire quand tu seras grand(e)?"
Professeur de français et puis professeur d'histoire. On m'en a dissuadé.

2/ Quels ont été vos BD et dessins animés préférés?

Tintin, Tintin et Tintin.

3/ Quels ont été vos jeux préférés?

Les jeux de société (j'étais malheureuse de ne pas y jouer très souvent, je suis fille unique).

4/ Quel a été votre meilleur anniversaire et pourquoi?

Mes 18 ans, j'étais majeure.

5/ Qu'est-ce que vous auriez absolument voulu faire que vous n'avez pas encore fait?

Ecrire (ou adapter) un scénario pour le réaliser ensuite.

6/ Quel était votre premier sport préféré?

La balle au prisonnier et jouer à l'élastique.

7/ Quelle était votre première idole de musique?

Jacques Brel, Joe Dassin ex-aequo.

8/ Quel a été votre plus beau cadeau de Noël (ou équivalent) que vous avez reçu?

Tous les cadeaux de Noël étaient beaux.

Mes réponses au 2ème tag sont à paraître prochainement... [publié le 23/11/2010]

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags :
mercredi 17 novembre 2010

Potiche - François Ozon (d'après la pièce de Barillet et Grédy)

Sorti le 10 novembre, Potiche de François Ozon est l'adaptation d'une pièce de théâtre à succès de Barillet et Grédy créée par Jacqueline Maillan dans les années 80 (les deux auteurs semblent toujours vivants). Dans le film, on peut voir dans la première séquence, Catherine Deneuve courir dans les bois en bigoudis et en tenue de jogging et écrire des petits poèmes. Elle joue le rôle de Suzanne Pujol née Michonneau mariée depuis 30 ans à Robert (Fabrice Luchini, peut-être le moins convaincant de tous), un rustre et un goujat qui la trompe allègrement depuis plusieurs années avec sa secrétaire Nadège (Karine Viard assez irrésistible) et quelques autres. Il considère sa femme comme une potiche qui doit tenir son rang. C'est pourtant Suzanne qui a apporté en dot l'usine de parapluies dont Robert s'occupe d'une poigne de fer. Suzanne et Robert ont deux enfants, Joëlle et Laurent. La première jouée par Judith Godrèche (qui a le rôle le plus antipathique du film) est très proche de son père, le deuxième, Jérémy Renier (clone de Claude François), a un tempérament artistique. Nous sommes en 1977 à Sainte-Gudule, la révolte gronde dans l'usine occupée où Robert est pris en otage par des syndicalistes. Les revendications sont légitimes. C'est Suzanne qui se montre à la hauteur pour négocier et faire libérer son mari. Elle a eu l'appui du député maire communiste de la ville, Babin (Gérard Depardieu), dont on apprend qu'il fut son amant 25 ans auparavant. L'histoire nous montre l'émancipation d'une femme qui est peut-être "une potiche mais pas une cruche" (dernière réplique du film dite par Robert Pujol sur sa femme). Le film donne l'occasion d'entendre quelques chansons de ces années-là par Michèle Torr et le groupe Il était une fois. Quelques répliques comme "Travailler plus pour gagner plus" (Pujol aux ouvriers) ont été ajoutées par rapport à la pièce originale ("casse-toi pauv' c..." a été ajusté). Et on a le plaisir d'écouter à la toute fin Catherine Deneuve chanter une chanson de Jean Ferrat: "C'est beau la vie". Pour résumer, allez voir Potiche (1H40 de bonheur). La salle où nous avons vu le film, mon ami et moi, était bourrée et les spectateurs semblaient enchantés.

Une fois rentrés à la maison, nous avons regardé le DVD de la pièce (2H15, dans la collection "Au théâtre ce soir"). Le film est fidèle à la pièce tout en l'ayant aérée et resserrée.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 15 novembre 2010

Les dessous de table - Nicole Versailles

Grâce à Aifelle que je remercie, je me suis procurée directement en Belgique le recueil de 18 nouvelles écrites par Nicole Versailles (alias Coumarine pour la blogosphère). Ce sont 18 nouvelles à la belle écriture fluide, 18 nouvelles qui racontent des moments de vie de personnages jeunes ou vieux, autour de la table qui sert à manger et à écrire en général. Ces courtes nouvelles (moins de 10 pages chacune) se passent pendant les repas de famille ou en solitaire, à la cuisine, au restaurant ou dans un monastère. Des non-dits, des secrets ou des annonces sont révélés - ou pas. Les repas peuvent être des moments où l'on attend. J'ai beaucoup aimé trois nouvelles parmi Les dessous de table:

Une bonne soupe en sachet: un vieux monsieur prend son repas dans la cuisine. Il mange de la soupe en sachet. Sa femme est morte. On apprend pourquoi et comment.

Une seule rose: dans un appartement, une femme attend un homme. Elle prépare la table et mitonne comme tous les jours de bons petits plats. Pour une fois, il est en retard. Que se passe-t-il?

3, rue de l'Escadron: une femme et son mari Pierre n'ont plus de nouvelles de leur fille Céline qui est partie sur un coup de tête en traitant ses parents de tous les noms. Cette dernière a griffonné sur un ticket chiffonné son adresse où la joindre en cas d'absolue nécessité. Sa mère (qui est la narratrice) lui écrit régulièrement en se servant de la table de la cuisine sans obtenir de réponse. La fin est terrible.

Ce recueil que vous pouvez commander chez l'éditeur Memory Press vaut vraiment la peine. J'aime beaucoup le style et l'écriture. Merci Coumarine pour ce bon moment de lecture.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,
samedi 13 novembre 2010

The American - Anton Corbijn

J'ai adoré The American. Ce film est un thriller très élégant. Le héros, un fabricant d'armes de précision, se retrouve lui-même une cible pour des tueurs. Cela commence en Suède où Jack/Edward (je n'ai pas bien compris, on le connaît sous l'une ou l'autre identité?) tue deux ou trois personnes dont une jeune femme avec qui il venait de passer la nuit. Il s'enfuit en Italie dans les Abruzzes (aux paysages sublimes qui servent à quelques courses poursuite mémorables), au nord-est de Rome. Georges Clooney (Jack/Edward) y donne la réplique à deux femmes très belles: l'une est une prostituée, et l'autre est une tueuse à gages qui a le même employeur que lui. Les dialogues sont minimalistes et la photo très travaillée (visuellement, on en prend plein les yeux). Voulant se retirer des affaires, Jack/Edward se laisse quand même convaincre par son employeur, un Hollandais, de fabriquer encore une arme pour tirer sur une cible (dont on ne connaîtra jamais l'identité). Il reçoit ses instructions par téléphone. Ce que j'ai beaucoup apprécié dans le film, c'est que l'on ne sait rien, on ne nous dévoile rien ou presque, l'intrigue reste un mystère jusqu'au bout. On ne sait pas qui est Jack/Edward, quelles sont ses motivations. Pourquoi veut-on le tuer? A un moment donné, le réalisateur semble nous lancer sur une piste avec un curé un peu trop curieux, ce dernier est-il au courant de quelque chose? Clooney a une présence étonnante. Je n'ai pas vu Control du même réalisateur. Pour conclure, The American (adapté d'un roman de Martin Booth que je pense lire un jour) fut une belle surprise. Leunamme en dit beaucoup de bien.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 11 novembre 2010

Exposition "Habiter à Paris" au Pavillon de l'Arsenal

Je voulais évoquer, avant qu'il ne soit trop tard, une exposition visitée il y a déjà quelque temps avec mon ami. J'en ai profité pour découvrir le Pavillon de l'Arsenal, qui sert pour les expositions de la ville concernant l'architecture à Paris (article sur Wikipedia pour en savoir plus). L'entrée est libre et gratuite. Une partie est permanente (avec notamment des vidéos sur les politiques et efforts d'aménagement de Paris à travers les décennies), l'autre dédiée à des expositions temporaires.

L'exposition "Habiter 09.08/09.09", qui se tient du 14 octobre au 15 novembre 2010 au Pavillon de l'Arsenal, présente 29 récents résultats de concours d'architecture publics et privés pour la construction de logements à Paris. Projets retenus et non-retenus (en général, au moins 4 projets différents) sont exposés de manière identique: une maquette et un panneau (suspendu par un ingénieux système d'accrochage) comportant images de synthèse, plans et coupes. Apparemment (je suis profane!), les cabinets d'architecte qui concourent doivent souvent utiliser les mêmes outils pour la réalisation des maquettes. Dans certains cas, les projets sont très similaires les uns aux autres (en raison des contraintes de l'appel à projet: forme de la parcelle...); dans d'autres, on distingue de réelles traces d'originalité. Je dois dire que les lauréats ne sont pas forcément ceux que j'aurais choisis. Au demeurant, le lieu lui-même est un beau morceau d'architecture (un pavillon métallique). D'après les mots échangés devant les projets, on sentait que beaucoup de visiteurs venaient à titre professionnel: des étudiants en architecture, ou des architectes... Il y avait aussi des parents avec des enfants qu'ils avaient bien du mal à empêcher de toucher aux maquettes. Mon ami a été sensible à une grande maquette en bois de plusieurs mètres carrés datant de 1960, qui représente Paris centre à cette époque, qu'il a jugée le clou de l'exposition. Je reprend ce qu'il me disait: restera-t-il autant, dans un demi-siècle, des petites maquettes-projets en carton, en balsa ou en plastique?

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :
mardi 9 novembre 2010

Indignation - Philip Roth

Le dernier roman de Philip Roth, Indignation (Editions Gallimard, 195 pages), est une grande réussite. Le récit est écrit à la première personne par Marcus Messner (Juif athée), et l'on apprend vers la page 50 qu'il est décédé. Nous sommes en 1951, un an après le début de la guerre de Corée. Marcus, fils d'un boucher casher de Newark, suit sa deuxième année universitaire à 800 km de chez lui, loin de la maison familiale et des relations conflictuelles avec son père. Il se retrouve à l'université traditionaliste de Winesburg où les Juifs (comme lui) sont peu nombreux. Il est de bon ton d'écouter les sermons religieux toutes les semaines et il est conseillé d'appartenir à une fraternité (deux choses que Marcus refuse). Les premières semaines passées, Marcus, qui est un être solitaire, et ne s'entend pas avec ses coturnes (il se retrouve dans une chambre isolée) est convoqué par le doyen de l'université Caudwell. L'entretien que ce dernier fait passer au jeune homme est l'un des deux passages essentiels (pp. 78 à 100) du roman. Il permet à Marcus d'exprimer son indignation en face de questions très personnelles sur sa vie, ses goûts, ses pensées politiques, et autre. L'autre point fort du roman se situe à la fin (pp. 181 à 188) avec une diatribe du président de l'université Albin Lentz qui donne une leçon de morale à tous les étudiants masculins suite des comportements malheureux envers les filles du campus. Lui aussi exprime son indignation. Je ne vous dévoilerai rien d'autre de l'histoire mais je vous le recommande absolument. Je n'avais rien lu de Philip Roth depuis La bête qui meurt. Je suis toujours aussi enthousiaste.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : ,
dimanche 7 novembre 2010

No et moi - Zabou Breitman

Voici un deuxième film vu en avant-première (il sort le 17 novembre 2010). No et moi de Zabou Breitman est une adaptation du roman de Delphine Le Vigan (que je n'ai pas lu). No, c'est Nora, une jeune SDF de 19 ans abandonnée par sa mère depuis l'âge de 12 ans. Elle erre de gare en gare. C'est à la gare d'Austerlitz qu'elle rencontre Lou, une lycéenne précoce âgée de 13 ans qui est déjà en Seconde au lycée. Lou a décidé de faire un exposé (qui recueille les louanges du prof et de la classe) sur les SDF (surtout les femmes). No accepte d'être interviewée et pourtant même si elle parle beaucoup, elle dévoile peu d'elle-même et de sa vie. En revanche, elle boit pas mal (surtout de la vodka). Lou, qui vit entre sa mère dépressive et son père qui fait ce qu'il peut pour maintenir une vie de famille, se sent mal-aimée et n'a pas d'amis en classe. Leur rencontre va changer la vie de ces deux jeunes filles. Un garçon dans la classe de Lou (qui lui aussi a ses problèmes) va se lier avec No et Lou. Cette dernière arrive à convaincre ses parents d'héberger No pour un temps. Mais rien n'est simple, car No, qui a trouvé un travail de femme de chambre dans un hôtel, a des difficultés d'adaptation malgré l'attachement de Lou à son égard. En revanche, la mère de Lou semble sortir de son état dépressif. Au bout du compte, l'histoire qui se termine presque au même endroit où elle a débuté, dans une gare (la gare du Nord), a permis à quelques personnages d'évoluer, de se sentir moins seuls, de changer tout simplement, même si leur futur est dans l'incertain. C'est un beau conte triste et gai à la fois sur l'amitié. Je vous conseille ce film rien que pour les deux jeunes actrices, Julie-Marie Parmentier qui joue No et Nina Rodriguez qui interprète Lou. Elle a un sourire qui ferait fondre un iceberg. Zabou Breitman a réalisé un joli film qui mérite que l'on s'y attarde.

Voir la bonne critique d'Ariane.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : ,