mercredi 6 avril 2011

La septième vague - Daniel Glattauer

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Aujourd'hui, 6 avril 2011, paraît la suite, en français. De quoi, me direz-vous? Mais de Quand souffle le vent du nord, bien évidemment. La septième vague, que j'ai reçu en avant-première (merci les Editions Grasset) et dans lequel on retrouve Leo Leike et Emmi Rothner, reprend trois semaines après la fin du premier volume, et puis 3 mois plus tard. Je ne dévoilerai pas l'intrigue, si ce n'est que Leo est revenu de Boston, qu'Emmi et lui se rencontrent en vrai (je ne vous dirai rien sur ce qui se passe entre eux). Je ne dévoilerai pas davantage l'évolution de la relation d'Emmi et de Bernhard, ni la relation entre Leo et Pam rencontrée à Boston. Je vous dirai que les échanges de mails sont parfois très longs, qu'il y a des jolis moments de rhétorique à fleuret moucheté (comme pp.83-84):
"... Réponse (de Leo): Oui, mais (...). Non, pas de mais. Oui!
Réponse d'Emmi:... Puis-je faire une analyse? D'abord le "oui" de l'accord apparemment résolu. Puis la virgule de l'ajout à venir. Puis le "mais" de la restriction annoncée. Puis la ronde parenthèse de l'art typographique. Puis les points de suspension de la mystérieuse hésitation. Puis assez de discipline pour fermer la parenthèse et remballer le trouble anonyme. Puis un point conformiste, pour maintenir un ordre apparent dans le chaos interne. Puis soudain le "non" entêté du refus apparemment résolu. Encore la virgule de l'addition imminente. Puis le "pas" du rejet sans compromission. Puis un autre "mais", résolutoire celui-là, un "mais" qui n'est là que pour montrer qu'il n'y en a plus. Tous les doutes sont sous-entendus. Aucun doute n'est exprimé. Tous les doutes sont balayés. A la fin, se dresse un courageux "Oui", accompagné d'un point d'exclamation entêté..."
Sinon, le ton du roman m'a paru plus grave (je n'ai pas souri comme pour le premier). Leo et Emmi, 37 et 35 ans, ont mûri. Leurs sentiments ont évolué, surtout ceux de Leo qui se rend compte que Emmi est tout pour lui (mais chut, pas un mot de plus). Je vous laisse aussi découvrir la signification du titre "La septième vague". Mon ami, qui n'a pas pu s'empêcher de lire les dernières pages du roman (qu'il va dévorer incessamment sous peu) m'a dit qu'il imaginait bien qu'il pourrait y avoir une suite. Eh bien, je ne suis pas d'accord avec lui. Le roman s'achève naturellement et ce qui doit arriver à Emmi et Leo ne nous regarde plus.

Je remercie à nouveau les Editions Grasset qui ont pensé à moi. Et je vais faire de ce roman un livre voyageur. Merci à celles et ceux qui le souhaitent le recevoir de m'envoyer un mail.
Sinon, la déferlante a commencé: voir les billets de Clara et Cathulu entre autres.

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dimanche 3 avril 2011

900ème billet - déjà.

[Dasola:] Et oui, je suis arrivée à 900 billets, 4 ans et 3 mois après la création de mon blog. On me l'aurait dit à l'époque, je ne l'aurais pas cru. J'ai souvent des moments de doute, de fatigue, de lassitude. J'ai l'angoisse de l'écran blanc. J'aime écrire des billets rapidement, cela m'arrive souvent. Mais parfois, c'est dur d'écrire sur un livre ou un film ou autre chose car je ne sais pas comment en parler (en bien ou en mal). D'un billet par jour au départ, je suis passée à un billet tous les trois jours depuis 4 mois et je me sens plus à l'aise, je suis moins contrainte par les délais de parution. Et malgré les réticences de mon statisticien préféré, je suis contente de mettre des touches de couleur quand je fais un billet sur un livre (avec la photo de la couverture) J'ai toujours autant de plaisir à recevoir des commentaires qu'à en faire. Je dois dire que 99,99% des coms que l'on m'écrit sont gentils. Parfois, ils sont très longs, parfois, il n'y a qu'un mot ou deux.
Maintenant, parlons statistiques et c'est pour cela que je passe le clavier et la souris à mon statisticien qui fait cela très bien.

[Ta d loi du cine:] Certains commentaires aux billets-bilans précédents (centaine ou anniversaire) se demandaient... comment ces statistiques étaient tenues. Je peux aujourd'hui dire avoir développé une petite base de données me permettant de "mouliner", d'une part les pages de gestion des commentaires du blog dasola dans canalblog (et d'en extraire pseudo, email, blog éventuel, date et heure du commentaire, billet concerné), d'autre part les pages des billets eux-même (pour en tirer titre, catégorie, tag...). J'utilise un logiciel appelé filemaker qui permet de gérer pas mal de relations entre les données. Il est possible, par exemple, de regrouper facilement des blogueurs/euses qui sont venus successivement avec différents pseudo, différents blogs et/ou différents emails. Ou de faire des statistiques de longueur, des totaux, etc. Ainsi, je peux dire que la longueur moyenne d'un commentaire est de 240 caractères, on frôle donc les 2 millions de caractères pour les plus de 8240 reçus sur le blog à ce jour. Parmi les 10 plus longs (plus de 3000 caractères chacun), on relève évidemment 5 réponses à des questionnaires! Les 10 plus courts ne dépassent pas 12 caractères. Il est aussi plus facile de voir tous les billets qu'un blogueur donné a commentés (j'ai constaté un "bogue" dans l'affichage du gestionnaire de canalblog après le tri par pseudo: lorsqu'il y a plus d'une page [20 commentaires] pour le même pseudo, on retrouve parfois le même com' d'une page sur l'autre, on peut donc avoir le nombre exact de commentaires mais pas le détail. Passons). Je peux aussi facilement identifier si tel ou tel blogueur suit le blog depuis plus ou moins longtemps... Par exemple, Ffred n'est plus - à ce jour - le recordman du nombre de commentaires (222, tout de même), il est dépassé par Aifelle (225), qui ne suit le blog de Dasola que depuis le 25/10/2008 (contre le 06/02/2007 pour Ffred). Indépendamment des statistiques et pour en revenir à l'humain, je sais que Dasola et Aifelle se sont rencontrées plusieurs fois; Ffred a-t-il été croisé au cinéma? En tout cas, pour savoir ce qu'un commentateur donné écrit de son côté, il me faut toujours aller sur son propre blog, je n'envisage pas de reconstituer l'ensemble de la blogosphère dans mon disque dur!

PS: oups, ne pas oublier de remettre, une fois de plus, la liste des TROIS derniers billets de 2007 qui n'ont pas encore été commentés, des fois qu'ils finiraient par en grapiller un... Par ordre chronologique, ça donne:
L'Ami de la famille - Paolo Sorrentino (Cinéma - 12/05/2007) (1)(1)
Les temps difficiles - Edouard Bourdet (Théâtre - 04/06/2007) (1)
Lumière silencieuse - Carlos Reygadas (Cinéma - 14/12/2007)

(1) Commentaire suscité par le présent billet durant les presque 2 mois où il est resté en page d'accueil du blog.

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jeudi 31 mars 2011

Easy money - Daniel Espinosa

Le 16 mars 2011, j'ai vu, en avant-première, Easy Money (le titre original est Snabba cash) de Daniel Espinosa (né en Suède mais d'origine chilienne par ses parents). L'affiche ne m'inspirait pas plus que cela et je m'attendais à un simple film policier avec des bons, des méchants et pas mal de coups de feu. Et bien pas tout à fait. D'abord, ce film policier (sorti cette semaine, le 30 mars) est suédois. Le scénario est adapté d'un roman (paru en Presse Pocket) de Jens Lapidus (que je ne connais pas du tout). On y suit l'itinéraire de trois hommes impliqués dans un trafic de drogue à grande échelle: JW, un jeune Suédois, beau gosse, fréquente des gens aisés en faisant croire qu'il est issu du même milieu qu'eux alors qu'il vit dans une chambre d'étudiant et fait le taxi pour payer ses études; un Serbe, Mrado, tueur à gages, qui se retrouve à garder sa fille (la mère étant incapable de le faire); et un latino, Jorge, qui vient de s'évader de prison. Avant de s'enfuir de Suède, ce dernier prépare un gros coup: importer une grande quantité de cocaïne. Mais lui aussi a une famille: sa soeur, mariée à un Suédois, attend un bébé. J'ai trouvé que le film était un peu long à démarrer et je me demandais qui était qui, et puis, au fur à mesure du déroulement de l'histoire, on se retrouve dans l'intimité de ces trois personnages avec leurs états d'âme, leur code de l'honneur, leurs doutes. Sans les défendre, on arrive à être proche d'eux. A part l'une des dernières séquences avec une fusillade, la violence n'est pas trop présente dans ce film où l'on peut noter quelques moments de tendresse. La relation de Mrado avec sa fille m'a touchée. Les acteurs, qui me sont inconnus, jouent avec justesse. Dans le dossier de presse, il est dit que certains sont des non-professionnels. Ce polar nordique qui a été un triomphe dans son pays (1 Suédois sur 9 l'a vu!) montre un nouveau souffle du cinéma suédois. Un remake américain est déjà prévu. Je vous conseille ce film (malgré ses maladresses) s'il passe par chez vous.

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lundi 28 mars 2011

Miss Mackenzie - Anthony Trollope

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Après Quelle époque! dont j'avais dit tout le bien ici, je voulais lire un autre roman d'Anthony Trollope. Dans Miss Mackenzie, j'ai fait la connaissance de Margaret Mackenzie, jeune femme de plus de 30 ans dans les années 1860, à Londres. Après avoir perdu son frère Walter (associé dans une entreprise de fabrication de toile cirée en péril) qui lui a légué une rente confortable de 800 livres, Margaret devient une riche héritière. Trois prétendants se présentent à elle. Elle hésite, n'est pas prête à s'engager entre John Ball, son cousin (qui devait toucher l'héritage), veuf et père de plusieurs enfants, Samuel Rubb, l'associé de son frère prêt à tout pour sauver l'entreprise, et le révérend Maguire très éloquent quand il lit des passages de la Bible mais pas très riche et malheureusement doté d'un oeil défectueux qui le défigure. Vers le milieu du roman, coup de théâtre, Margaret apprend par un notaire qu'elle est redevenue pauvre (l'héritage revient à un autre). Cette nouvelle révélée en une phrase ne décourage pas les trois soupirants (pour différentes raisons). Au bout du compte, il ne se passe pas grand-chose pendant les 500 pages du roman (paru en Livre de Poche). Mais on ne peut qu'admirer l'art de Trollope pour faire vivre des personnages hauts en couleur avec leurs qualités et leurs défauts. On peut se sentir proche de certains d'entre eux qui vivaient dans cette société victorienne (aux classes sociales très distinctes qui ne se mélangeaient pas), où l'argent régissait tout.

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vendredi 25 mars 2011

True Grit - Joel et Ethan Coen

Trois semaines après sa sortie, j'ai vu True Grit et je dois dire que j'ai passé un très bon moment en compagnie de Rooster Cogburn et Matty Ross qui poursuivent en territoire indien (ils n'en croiseront guère) l'homme qui a tué le père de Matty. Je ne qualifierai pas ce film de chef d'oeuvre mais c'est un western assez humoristique même si la fin est plutôt désenchantée. Tout le début avec la première rencontre entre Mattie et Rooster, Mattie qui dort dans un cercueil à côté de pendus, Mattie et la grand-mère qui ronfle, Mattie qui négocie le rachat des poneys, consiste en des scènes très bien faites et assez drôles. Après, mon intérêt s'est peut-être un peu émoussé avec le "méchant" plus bête qu'autre chose qui apparaît très tard dans le film. Mais le Texas Ranger joué par Matt Damon et une bande de hors-la-loi mettent du piment dans l'histoire. On ne devine pas forcément que c'est un film des frères Coen, qui aiment changer de genre à chaque film. Appréciant Jeff Bridges depuis longtemps (et c'est un des raisons qui m'a donné envie de voir le film), j'ai constaté qu'il en fait des tonnes mais avec beaucoup de talent. Il est touchant. La jeune actrice qui joue Mattie s'en sort très bien. Un bon film.

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jeudi 24 mars 2011

Liz nous a quittés

Ca y est, Liz [Taylor] (1932-2011) vient de s'éteindre suite à une insuffisance cardiaque à 79 ans. Elle représentait le Hollywood d'antan, le glamour, c'était une star. Je n'étais pas une inconditionnelle de cette actrice (qui a commencé sa carrière à l'âge de 10 ans) mais je l'avais bien apprécié dans des films tels que La chatte sur un toit brûlant de Richard Brooks (1958), Reflets dans un oeil d'or de John Huston (1967) ou Cléopâtre (1963) et Soudain l'été dernier de Joseph L. Mankiewicz (1959), Une place au soleil de George Stevens (1951) ou dans les deux films de Joseph Losey: Boom et Cérémonie secrète (1968). Elle était plus connue pour ses frasques conjugales que pour ses rôles sur grand écran (et c'est dommage). Mariée 8 fois avec 7 hommes différents (2 fois avec Richard Burton), elle a eu 4 enfants. Je n'ai pas grand-chose à dire de plus si ce n'est que c'est une nouvelle bien triste. Cette belle femme aux magnifiques yeux violet va manquer.

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mardi 22 mars 2011

Salon du livre 2011

Suite à un gentil mail d'Aifelle qui avait décidé d'aller au Salon du livre de cette année et qui me proposait qu'on s'y retrouve, rendez-vous fut pris le vendredi 18 mars en nocturne. Je la retrouvai en train d'assister à la rencontre Nancy Huston/Sofi Oksanen débattant sur "La femme face à l'Histoire". L'une parle le français, l'autre pas. J'ai pu admirer la magnifique chevelure de Sofi Oksanen et observer ses mimiques très expressives. Je n'avais pas d'objectif précis en tête en allant au salon (sauf que je voulais une dédicace de Jo Nesbo). Toujours est-il que j'ai suivi Aifelle qui s'était très bien organisée en ayant noté à quel stand et quelle heure trouver les écrivains pour la dédicace de leurs ouvrages. Il y eu quelques loupés, des écrivains n'étaient pas présents sur les stands (pas aux heures prévus) ou ils ne restaient pas longtemps (comme Jo Nesbo). Dans l'après-midi de vendredi, Aifelle avait été contente d'avoir pu rencontrer l'écrivain japonais Akira Mizubayashi qui parle très bien le français. J'ai retrouvé à peu près les mêmes exposants que l'année dernière (les mêmes absents aussi d'ailleurs). Les stands m'ont semblé plus petits, tout m'a semblé resserré comme la durée du salon lui-même qui ne durait plus que 4 jours au lieu de 6 les années précédentes. En revanche, la nocturne de vendredi durait jusqu'à 23H00 et samedi, dimanche, le salon durait jusqu'à 21 heures. Je trouve que l'absence des petits éditeurs se fait de plus en plus cruellement sentir. Je me suis attardée au stand Canada Québec, endroit où j'ai pu entendre parler le français avec l'accent de la belle province. Comme tous les ans, j'ai pu apercevoir Amélie (Nothomb) et son chapeau. Je n'ai pas fait de folie en achat mais j'ai eu ma dédicace de Jo Nesbo (le pauvre n'avait pas l'air à l'aise, ne parlant pas français). Puis Aifelle et moi, on a eu, sur du papier A5, une dédicace de Sofi Oksanen (qui d'ailleurs s'est trompée de date) et enfin, une dédicace de Steinunn Sigurdardottir (qu'Aifelle m'a conseillé de lire). Les écrivains acceptent tous de bonne grâce d'être pris en photos, comme Frédérique Deghelt (avec qui Aifelle a longuement conversé), Jeanne Benameur ou encore Jérôme Garcin. Pour un reportage plus exhaustif avec beaucoup de photos, allez sur le site d'Aifelle, ici et .

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P1020058 La signature de Sofi Oksonen

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Celle de Jo Nesbo

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Et enfin celle de Steinunn Sigurdardottir

 

 

 

 

 

 

 

  Et voici mes acquisitions:

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samedi 19 mars 2011

We want sex equality - Nigel Cole

Je voudrais tout d'abord dire que le titre sous lequel le film de Nigel Cole est distribué en France, We want sex equality ("Nous voulons l'égalité des sexes") m'a semblé quelque peu racoleur, alors que le titre original Made in Dagenham ("Fabriqué à Dagenham") est plus neutre. Toujours est-il que l'histoire (basée sur des faits réels) se passe en 1968 à Dagenham en Angleterre où étaient implantées les usines Ford. A cette époque, Ford employait 55000 hommes et... 187 femmes. La tâche principale de ces dernières consistait à coudre à l'aide de coupons de tissu (sans qu'on leur fournisse de modèle), les revêtements des portières des voitures sortant des usines. Elles étaient considérées comme des ouvrières non qualifiées et pourtant... Beaucoup moins bien payées que les hommes, elles se mirent en grève avec le soutien d'un contremaître (Bob Hoskins, très bien). Elles réclamaient le même salaire que les hommes: à travail égal, salaire égal. C'était la première fois que des femmes osaient se mettre en grève. Très déterminées dans leur revendication, elles sont arrivées à paralyser la fabrication des voitures. Parmi les grévistes, on fait la connaissance de Rita (Sally Hawkins) qui devient la meneuse de l'action de ces femmes qui ont des personnalités attachantes. C'est un film optimiste, mais en même temps, il fait regretter cette époque où les hommes politiques n'étaient pas inféodés aux hommes d'argent. En l'occurrence, ici, il s'agit de la ministre du travail de l'époque, Barbara Castle (Miranda Richardson, plus vraie que nature) qui sut résister aux menaces de fermeture de l'usine par la direction. Son attitude fut exemplaire et elle sut être diplomate. Le film comporte quelques longueurs et maladresses et quelques histoires annexes n'apportent rien au récit, mais je vous le conseille vivement.

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mercredi 16 mars 2011

La commissaire n'a point l'esprit club - Georges Flipo

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Je n'ai pas résisté quand je l'ai vu chez mon libraire, j'ai acheté et lu le dernier Georges Flipo, La commissaire n'a point l'esprit club (Editions de la Table ronde, 280 pages). Comme j'avais eu une impression mitigée suite à la lecture de La commissaire n'aime pas les vers, j'espérais que la nouvelle enquête de Viviane Lancier me plairait peut-être plus. Hé bien, désolée, mais non. J'ai été très déçue par ce roman (encore plus que l'autre). Il partait avec un handicap de taille: je l'ai lu juste après le Leonardo Padura (le contraste fut rude, je n'aurais pas dû). Viviane Lancier (toujours aussi peu sympathique, selon moi) est envoyée dans un club de vacances à Rhodes où le chef du village club, surnommé "Le King", a été retrouvé pendu en haut d'un mât dans un amphithéâtre. Elle a comme adjoint, non pas son cher Augustin Monot, mais un jeune inspecteur, Willy Cruyff. Je ne vous parlerai pas des personnages aux surnoms génériques ou particuliers tels que "Hétoilas", "Chéris", "Cocos", "Piqûre", "Picole", "Vent-Debout", "Clown", j'en passe et des meilleurs. Je n'ai pas bien compris comment Viviane et Willy arrivaient à démasquer le ou les coupables car je n'ai pas trouvé l'enquête clairement menée et décrite. Sinon, moi non plus, je n'ai pas l'esprit club.

S'il vous plaît, Georges, laissez Viviane à ses amours hypothétiques, à son (mauvais) caractère et à ses régimes amaigrissants et réécrivez des nouvelles, genre dans lequel vous êtes tellement doué (lire ici et ). Voilà, c'est dit.

PS: tous les goûts sont dans la nature: je dois ajouter que mon ami, qui l'avait lu avant moi, avait ri à plusieurs reprises lors des 30 premières pages...

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dimanche 13 mars 2011

Winter's bone - Debra Granik

Voici un billet sur Winter's bone de Debra Granik (d'après un roman de Daniel Woodrell). Film recommandé en particulier par Yuko (que je remercie), il semble qu'il ait reçu des prix dans de nombreux festivals. J'avoue que je n'avais pas du tout entendu parler de ce film jusqu'à sa sortie et si je ne n'avais pas lu plusieurs bonnes critiques, je ne suis pas sûre que j'y serais allée. Je ne regrette vraiment pas de l'avoir vu, bien au contraire. La réalisatrice nous plonge dès les premières images dans un paysage d'hiver triste au milieu des bois (nous sommes dans les monts Ozarks du Missouri). De nos jours, deux jeunes enfants, un garçon et une fille, jouent avec pas grand-chose devant la maison qui est une masure sans confort. Elle suinte la misère et l'abandon comme les baraques aux alentours. Leur grande soeur, Ree Dolly, âgée de 17 ans, devenue le chef de famille, veille sur eux, leur fait faire les devoirs, cuisine, etc. La mère qui vit avec eux est mutique et ne fait rien. Quant au père, il a disparu (pour ne pas rester en prison) après avoir payé une caution (en l'occurrence, il a donné la maison). C'est d'ailleurs tout le sujet du film. Ree Dolly, très déterminée, n'a de cesse de retrouver ce père qui doit se présenter au tribunal, sinon elle, ses deux frère et soeur et leur mère seront obligés de quitter les lieux. On assiste à des scènes dures où la violence et la faim sont très présentes. On tue les écureuils pour les manger. Le cheval de la famille qui n'a pas eu de foin depuis trois jours est cédé aux voisins (plutôt solidaires et compatissants). Ree Dolly n'est pas la bienvenue quand elle pose des questions sur son père. Même son oncle semble menaçant. Tous les personnages frustres et souvent analphabètes ont des trognes pas possibles, autant les femmes que les hommes. Le shérif du comté ne peut pas faire grand-chose. La description de cette Amérique profonde du Missouri n'est pas rose. Les caractères des personnages sont aussi âpres et durs que le climat. C'est vraiment l'Amérique des laissés-pour-compte. Le film se situe dans la lignée de Frozen River et aussi de Wendy et Lucy. La jeune comédienne, Jennifer Lawrence (que la réalisatrice filme au plus près et qui est pratiquement présente de la première à la dernière image), joue très bien. Un film que je vous recommande. Voir les billets de Yuko, Alex, Marco Ze blog et Ariane.

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