samedi 9 novembre 2013

Puzzle - Franck Thilliez / Demain j'arrête! - Gilles Legardinier / Petits suicides entre amis - Arto Paasilinna

 Voici trois romans lus récemment.

Je commencerai par Puzzle (Editions Fleuve noir), le nouveau roman de Franck Thilliez. Il a même bénéficié de la pub dans le métro parisien, c'est dire. Je résumerais mon sentiment sur ce roman en deux onomatopées: mouai, bof. C'est le premier Franck Thilliez que je lisais. J'ai fait figure d'extra-terrestre face à tous les fans de cet écrivain (et ils semblent nombreux). En effet, à l'occasion d'une soirée privée (à Paris) organisée par une enseigne très connue, trente personnes -dont moi- ont rencontré Franck Thilliez, qui fêtait ses 40 ans le 17 octobre dernier. Franck Thilliez nous a expliqué parmi d'autres choses qu'avant de commencer un roman, il se documentait beaucoup sur les faits divers scientifiques ou autre. En l'occurrence, Puzzle tourne autour d'un jeu de rôle virtuel et réel, "Paranoïa", et de la découverte par des policiers d'un crime de masse dans un chalet en montagne. En effet, 8 personnes ont été assassinées avec un tournevis orange. Sinon, le roman qui traite de schizophrénie et de psychiatrie se passe en grande partie dans un hôpital psychiatrique désaffecté en pleine montagne. Là, un homme nommé Hadès est le maître d'un jeu (une sorte de chasse au trésor) qui doit rapporter 300 000 euros au gagnant. Parmi les 7 candidats, il y a Ilan Dedisset et Chloé Sanders. Je ne vous en dirai pas plus, sauf pour souligner que le roman m'a paru long (428 pages tout de même), que c'est moyennement bien écrit et qu'au bout du compte, l'intrigue est embrouillée: j'ai été un peu perdue dans les méandres de l'histoire. Peut-être est-ce volontaire de la part de l'auteur? J'ai récupéré deux autres romans de Franck Thilliez dans ma PAL: Atomka (l'avant-dernier paru), et un volume qui rassemble ses deux premiers romans, Train d'enfer pour Ange rouge et Deuils de miel où l'on fait connaissance des deux personnages récurrents qui apparaissent dans un roman sur deux: le commissaire Sharko et le lieutenant Sibersky.

P1040542

 

Maintenant, voici Demain j'arrête! de Gilles Legardinier (Editions Pocket, 400 pages), qui a été chroniqué sur de nombreux blogs. Ecrit par un homme, ce roman nous raconte l'histoire de Julie Tournelle, jeune employée de banque dans une ville de province qui va devenir employée dans une boulangerie par amour pour Ric Patratas (cela ne s'invente pas). Ce jeune homme mystérieux semble cacher un secret. Tout le monde est beau et gentil dans ce roman: les hommes sont tous débrouillards, de vrais gentlemen envers les dames. En revanche, Julie m'a paru un peu godiche par moment, mais elle a un coeur en or. J'ai trouvé ce roman gentillet, mais pas de quoi fouetter un chat avec un bonnet péruvien.

P1040541

 

Pour terminer, j'ai continué ma découverte d'Arto Paasilinna (lire mon billet) avec Petits suicides entre amis (Editions Folio, 290 pages), et je n'ai pas été déçue. Une trentaine de finlandais déprimés, mélancoliques, ruinés (je vous laisse les découvrir) se retrouvent dans un beau car Pullman, car ils ont décidé de se suicider tous ensemble en faisant le grand saut dans l'océan au cap nord en Norvège, mais rien ne se passe comme prévu. Des récalcitrants de dernière minute retardent le moment fatal de passer de vie à trépas. J'ai suivi avec intérêt le voyage de ces personnages qui, après la Norvège, vont aller en Suisse et de là jusqu'au sud du Portugal, après avoir échangé des coups avec des Allemands querelleurs. Sans dévoiler la fin, on peut deviner que tout va bien se terminer pour les suicidaires qui vont retrouver le goût de vivre. Un roman vraiment sympa.

 P1040540

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

mercredi 6 novembre 2013

Quai d'Orsay - Bertrand Tavernier

Aujourd'hui, 6 novembre 2013, sort l'excellente adaptation cinéma de Quai d'Orsay, cette BD en deux tomes dessinée et écrite par Christophe Blain et Abel Lanzac (pseudonyme du diplomate Antonin Baudry). Le deuxième tome a été primé au festival de la BD d'Angoulême en 2013. Le film que nous avons vu en avant-première (mon ami et moi) le 1er septembre dernier, nous a été présenté par le réalisateur, Bertrand Tavernier. Il a déclaré avoir adoré la BD, que l'adaptation a été facile et qu'il s'était bien "marré" pendant tout le tournage. Il a pu tourner au Quai d'Orsay, à l'ONU (même si cela n'a pas été de la tarte d'avoir les autorisations). Il est très content des acteurs qu'il a choisis, en particulier Thierry Lhermitte et Niels Arestrup. C'était la deuxième ou troisième fois que le film était présenté au grand public (il avait notamment été en compétition au festival du film francophone d'Angoulême, fin août 2013).
Si vous voulez voir une comédie intelligente et réussie, allez voir ce film jubilatoire avec des claquements de portes mémorables. Le scénario a été resserré autour des personnages du ministre des affaires étrangère Alexandre Taillard de Worms (Thierry Lhermitte, très crédible, est excellent), du directeur de cabinet Claude Maupas et de la nouvelle recrue chargé des langages, Arthur Wlaminck. Tavernier a fait quelques ajouts par rapport aux BD. Le plus gros du scénario est tiré du 1er tome. Alexandre est entouré de quelques conseillers qui constituent sa garde rapprochée, son "commando", dont Claude Maupas (Niels Arestrup, étonnant) qui reste "zen" en toutes circonstances. Le fil rouge de l'histoire est l'accouchement cahotique du discours que prononcera Alexandre Taillard de Worms dans la salle du Conseil de sécurité de l'ONU. Comme dans la BD, le film est ponctué de pensées d'Héraclite (philosophe grec du VIème siècle avant J.-C.) qui est un des maîtres à penser d'Alexandre. Je le répète, ce film est très distrayant. Je pense à la séquence des "stabilos jaunes" dont Alexandre ne peut pas se passer. Tavernier a très bien su représenter les entrées fracassantes d'Alexandre dans les pièces du Quai d'Orsay. D'ailleurs, si vous restez jusqu'au générique de fin, vous pourrez lire qu'aucune porte du Quai d'Orsay n'a été blessée durant le tournage. Très drôle, vous dis-je. Lire le billet de Lo.

PS: Mon ami Ta d loi du cine, fan de la BD, doit rédiger bientôt le plus rapidement possible un billet sur les deux tomes de Quai d'Orsay...

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [34] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 5 novembre 2013

Le bleu est une couleur chaude - Julie Maroh

Après avoir vu La vie d'Adèle, j'ai voulu lire la BD dont s'est librement inspiré le réalisateur Abdellatif Kechiche. J'avoue avoir énormément aimé Le bleu est une couleur chaude (Editions Glénat, 150 pages). Cette BD m'a paru empreinte de délicatesse et de fragilité et somme toute très pudique. On sent une sensibilité féminine totalement absente du film. Quand débute l'histoire, Clémentine (l'Adèle du film) est décédée et Emma se met à lire les journaux intimes que lui a laissés la jeune morte. Comme on peut dire d'un roman que c'est un roman d'amour, là, nous avons une BD d'amour. Vers le milieu des années 90, Clémentine, 16 ans, tombe amoureuse d'Emma, une fille un peu plus âgée, avec toutes les conséquences douloureuses que cela peut entraîner. Avant acceptation (jusqu'à être rejetée par ses parents), Clémentine grandit et vit au rythme de sa relation avec Emma, la jeune femme au cheveux bleus. La couleur bleue est très présente dans l'album. J'ai mis une heure pour lire cette tragique histoire (et j'ai été émue). Le film, lui, dure trois heures (et j'ai été relativement contente quand j'ai vu le générique de fin...).

P1040539

  

     P1040537

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [24] - Permalien [#]
Tags : ,
samedi 2 novembre 2013

The snowpiercer - Bong Joon-ho / Le transperceneige - Rochette et Lob

Voici un film de science-fiction qui, selon moi, est réussi. Il ne s'agit pas d'une énième superproduction américaine, mais d'un film plus personnel réalisé par un cinéaste coréen, Bong Joon-ho (The Host ou The mother). Un train composé de dizaines et de dizaines de wagons, The snowpiercer (Le transperceneige), roule sans s'arrêter depuis 17 ans. En 2014, suite à  un cataclysme climatique provoqué par l'homme, la Terre est devenue un enfer glacé d'où toute vie a disparu. En 2031, les derniers humains sont entassés dans ce train, genre d'arche de Noé. On y trouve ainsi un immense aquarium où sont rassemblés des animaux des fonds marins et quelques végétaux préservés. Les plus miséreux des humains sont relégués dans les wagons de queue, entassés comme des prisonniers de camps de concentration. Vivant dans une grande promiscuité, ils se nourrissent (sans le savoir) de cafards transformés en plaquettes noires qui ressemblent à de la gomme. La révolte gronde quand deux jeunes garçons sont emmenés de force vers l'avant du train. Quelques-uns de ces hommes et femmes (régulièrement punis, humiliés, mutilés et comptés) se lancent à leur recherche et décident de remonter le train. Au fur et à mesure que les principaux protagonistes avancent vers l’avant du train, on découvre des passagers, enfants et adultes, nettement mieux lotis, qui vénèrent un dénommé Wilford qui a conçu ce train au mouvement perpétuel. Je vous laisse découvrir les nombreuses péripéties de ce film qui m’a plu tant au niveau de l’histoire (qui correspond à un condensé de notre monde actuel entre riches et pauvres, où certains sont plus égaux que d'autres) que du point de vue cinématographique. Tous les acteurs sont convaincants: Chris Evans, Ed Harris, John Hurt, Tilda Swinton (méconnaissable avec son dentier et ses lunettes) et Octavia Spencer. Le dernier plan avec l'ours blanc est très beau.

Ce film est adapté du Tranperceneige (Collection A Suivre, Editions Casterman, 134 pages), une BD française en noir et blanc, dont le 1er tome a été pré-publiée de 1982 à 1983, que je viens de lire (tout au moins ce 1er tome). Il s'agit d'une série qui comporte trois volumes (qui vont reparaître). Elle a été créée par Jean-Marc Rochette (dessins) et Jacques Lob (texte, pour le 1er tome), lui-même remplacé par la suite par Benjamin Legrand (pour les deux tomes suivants, en 1999 et 2000). On retrouve l'idée de départ (le train au mille et un wagon dans un décor post-apocalyptique), mais pour le reste, le déroulement de l'histoire était assez différent dès le départ. Le personnage principal (Proloff), qui est dans un des wagons de queue, a tenté de s'échapper du wagon. Escorté par des militaires, on doit le mener vers l'avant du train. Une jeune femme, Adeline, l'accompagne. L'intrigue est peut-être plus resserrée.
En tout cas, je vous conseille le film et la BD.

P1040525

mercredi 30 octobre 2013

La vie d'Adèle (chapitres 1 & 2) - Abdellatif Kechiche

Ca y est, je viens de passer 3 heures en compagnie d'Adèle. La vie d'Adèle narre donc la rencontre d'Adèle, bonne élève en 1ère L dans un lycée à Lille, avec Emma, étudiante en 4ème année aux Beaux-Arts. On assiste à leurs ébats passionnés (certainement sur plusieurs années) avant leur séparation brutale. Le coeur du film est en effet la relation très charnelle que partagent Adèle et Emma. Elles se donnent du plaisir mutuellement mais sont mal assorties sur tout le reste. Je n'ai pas ressenti le fait qu'elles s'aimaient vraiment d'amour pendant leur liaison, plus particulièrement Emma, qui est un personnage en retrait dans cette histoire. Je me suis posée la question pendant tout le film de savoir ce qu'Adèle avait pu trouver à Emma. En plus, cette dernière se révèle assez méchante quand elle rejette Adèle, j'ai été choquée par les mots qu'elle emploie. Quant au film lui-même, il aurait gagné à durer 1/2 heure de moins. Les scènes de s*xe sont assez explicites (mais pas beaucoup plus que dans Shame) et vaguement répétitives. Personnellement, je préfère imaginer les choses plutôt que les voir à l'écran. En revanche, tous mes éloges vont vers Adèle Exarchopoulos qui joue Adèle. Elle est extraordinaire. Présente à l'écran de la première à la dernière image (le réalisateur ne la lâche pas un instant), elle supplante haut la main Léa Seydoux (Emma) qui ne m'a pas paru très expressive. Quand l'histoire se termine, Adèle aura réalisé son rêve de devenir institutrice. J'ai d'ailleurs trouvé toutes les séquences qui se passent avec les jeunes élèves très réussies. Quant à moi, j'ai été contente de voir ce film qui comporte des moments superbes, mais je ne suis pas sûre de le revoir contrairement à Chris (il est très admiratif du film). Lire d'autres billets tout aussi enthousiastes, d'Alain, Wilyrah, et Ffred, et un peu plus mesurés, d'Alex, Alain et de Mymp. Et celui très intéressant de Mathilde (je suis en accord avec ce qu'elle écrit).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [36] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 27 octobre 2013

Le justicier d'Athènes - Petros Markaris / Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison - Arto Paasilinna

P1040521

Dans Le justicier d'Athènes de Petros Markaris (Editions du Seuil, 336 pages), deuxième volet de la "trilogie de la crise", on retrouve le commissaire Charitos et toute son équipe face à un tueur qui commet des crimes en tirant des flèches enduites de ciguë entraînant une mort rapide (Socrate s'est suicidé à la ciguë), et ce même tueur n'hésite pas à transporter les corps dans des lieux de fouilles archéologiques. Les victimes n'ont pas été choisies au hasard, mais sur le fait qu'elles ont fraudé le fisc. Le tueur, qui s'est baptisé "Le percepteur national", envoie des lettres de menace à ses futures victimes avant de les tuer. En 2011, en pleine crise économique grecque, ce tueur devient presque un héros pour pas mal de contribuables qui ont du mal à joindre les deux bouts. L'enquête s'avère difficile pour Charitos qui doit rendre des comptes à son supérieur qui lui-même, etc. De plus, Charitos et sa femme Adriani sont consternés d'apprendre que Katérina, leur fille, vient d'accepter un travail en Afrique (en Ouganda). Son mari, Phanis, doit l'accompagner. Une fois encore, Petros Markaris situe son histoire à Athènes où les embouteillages ralentissent les enquêteurs. Je note une fois de plus la précision dans la désignation des noms de rues. Il faut vraiment avoir un plan d'Athènes en lisant les romans de Petros Markaris. En revanche, j'ai été un tout petit peu déçue par l'intrigue et sa résolution par rapport à Liquidations à la grecque. Mais cela n'empêche pas que je vais continuer à lire Petros Markaris. J'attends avec intérêt le troisième tome de sa trilogie.

 

P1040519

Après Athènes, je vous emmène, avec Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison d'Arto Paasilinna (Folio, 375 pages), en Laponie finlandaise, en compagnie d'un inspecteur de la sécurité nationale finlandaise, Jalmari Jyllänketo. Se faisant passer pour un contrôleur en agriculture biologique, il est chargé de mener une enquête à propos de rumeurs sur des disparitions d'individus. Ceux-ci auraient été emmenés dans un grand domaine maraîcher où les mines de fer sont devenues des champignonnières tandis que les terres marécageuses ont été transformées en potagers bio. Dans cette histoire qui est plutôt une fable optimiste, on fait la connaissance de plusieurs dizaines de personnages, dont un évêque, un ex-député, un aviateur. Tout ce petit monde est mené à la baguette par une femme, Ilona, dont la fille Sanna tombe amoureuse de Jalmari. Et ce dernier apprend que ceux qui travaillent dans les champignonnières ne sont pas là de leur plein gré: il s'agit d'hommes d'affaires finlandais, de motards et même de condamnés à mort américains. Je ne vous en dirai pas plus. C'est le deuxième roman d'Arto Paasilinna que je lis, j'ai vraiment beaucoup aimé.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
jeudi 24 octobre 2013

9 mois ferme - Albert Dupontel

J'ai eu l'occasion de voir 9 mois ferme lors d'une avant-première en présence du réalisateur/acteur Albert Dupontel qui s'est prêté, à l'issue de la projection, au jeu des questions-réponses.

Je dirais tout de suite que le film ne m'a pas enthousiasmée autant que les critiques que j'ai lues et entendues et que le public qui semble aller le voir en masse. J'ai trouvé que l'humour n'était pas toujours très léger (j'ai presque préféré Le Vilain). J'ai souri souvent, mais sans plus. Ariane Felder (Sandrine Kiberlain) est une juge d'instruction, 40 ans, célibataire endurcie, qui a toute la journée le nez dans ses dossiers. Elle ne s'accorde aucun répit ni aucune fantaisie sauf cette soirée fatale du 31 décembre où elle se laisse aller dans tous les sens du terme. 5 mois plus tard, elle apprend qu'elle est enceinte mais ne se rappelle absolument pas qui pourrait être le père. Grâce à des caméras de surveillance, elle visualise l'ampleur du désastre (comment elle a pu tomber enceinte) mais elle n'arrive pas à voir avec qui elle se trouve. En menant son enquête, Ariane se révèle pleine de ressources pour trouver de l'ADN du père putatif, n'hésitant pas à asséner un coup avec un club de golf sur la tête d'un de ses collègues trop entreprenant. L'histoire bien menée est ponctuée de gags visuels et auditifs (cela m'a fait penser à Laurel et Hardy, c'est dire). La scène avec l'avocat bègue restera certainement dans les annales. Les apparitions de Jean Dujardin qui pratique la langue des signes pour les sourds à la télé ne sont pas mal non plus. Mais la raison de voir le film reste Sandrine Kiberlain qui déploie un grand talent comique.

En revanche, j'ai bien apprécié l'intervention d'Albert Dupontel, cheveux mi-long bouclé, qui nous a expliqué clairement et simplement qu'il a mis 18 mois pour écrire son scénario, qu'au début, il voulait tourner le film en anglais avec Emma Thompson (mais ça ne s'est pas fait). Sandrine Kiberlain a été choisie très tard alors que le projet était bien avancée. Il ne regrette bien évidemment pas son choix, au contraire. L'idée du film lui est venue après avoir vu 10ème chambre, instants d'audience (2004), film de Raymond Depardon. D'ailleurs la juge que l'on voit à la fin du film de Dupontel est la même que l'on voyait dans le documentaire de Depardon.

Lire le billet enthousiaste de Géraldine.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
Tags : ,
lundi 21 octobre 2013

Room 514 - Sharon Bar-Ziv / Salvo - Fabio Grassadonia et Antonio Piazza

Voici deux films qui risquent trop de passer inaperçus (surtout qu'ils se donnent dans très peu de salles même à Paris). C'est pourquoi je tiens à en parler, car je les ai vus l'un après l'autre dans le même cinéma que j'aime fréquenter (aux Champs-Elysées à Paris) et j'ai passé très bon moment.

D'abord, Room 514 de Sharon Bar-Ziv (on devait être 6 ou 7 dans la salle) est un huis-clos qui se passe dans une salle d'interrogatoire pendant quelques jours. Anna, une jeune femme qui termine son service militaire dans l'armée israëlienne, est chargée de faire toute la lumière sur un affrontement entre une patrouille israélienne et quelques civils palestiniens dont l'un au moins a été gravement blessé. Le réalisateur respecte l'unité de lieu, d'action et presque de temps. Il se passe pas mal de choses dans cette salle 514, un drame se noue, un couple s'enlace, il y a des pleurs et des moments de rage et de désespoir. Il paraît que le film a été tourné en 4 jours. Un film à voir.

Puis j'ai enchaîné avec Salvo de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza (cette fois-ci, on devait être 15 dans la salle). En Sicile, Salvo est un tueur à gages (beau brun aux yeux bleus) qui exécute des contrats sans états d'âme particuliers, jusqu'au jour où il épargne une jeune aveugle qui est la soeur d'un homme qu'il vient de tuer. On se rend compte que Salvo est subjugué par cette jeune fille obstinée. Je vous laisse découvrir ce qui arrive à ces deux personnages qui ne parlent pas beaucoup, mais certains gestes sont éloquents de la part de Salvo. Il y a peu de dialogues, un peu de musique, un paysage aride brûlé par le soleil avec la mer que l'on voit de temps en temps et une usine désaffectée. Tout cela donne une ambiance particulière. J'espère que le film ne disparaîtra pas trop vite des écrans.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
vendredi 18 octobre 2013

Prisoners - Denis Villeneuve

Prisoners a été réalisé par le canadien Denis Villeneuve qui a connu un grand succès avec l'excellent Incendies. Denis Villeneuve a réussi avec brio son incursion à Hollywood avec un film qui tient en haleine pendant 2H30 sans temps mort. La plus grande partie du film se passe sous la pluie, pendant la nuit, dans un décor triste et hivernal. On ressent un danger permanent. Il y a peu de musique. On est vraiment "dedans" et parmi les personnages. Deux petites filles, une blanche et une noire, disparaissent un après-midi du "Thanksgiving day", en novembre, pendant que les parents respectifs ne se doutent de rien. Un suspect est arrêté. Le jeune homme semble avoir un QI très faible, il est incapable de répondre aux question. Trouvant que l'enquête n'avance pas, l'un des parents (Hugh Jackman) prend l'affaire en main. Il a des méthodes pas très orthodoxes et plutôt condamnable. De son côté, le jeune inspecteur (Jake Gyllenhaal) fait ce qu'il peut. Sans trop en dévoiler de l'intrigue, un labyrinthe et des serpents sont des éléments importants de l'histoire. Je recommande absolument ce film qui tient toutes ses promesses.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [31] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 15 octobre 2013

Premier homme - Xavier-Marie Bonnot / Stoppez les machines - François Muratet

Dans Premier homme de Xavier-Marie Bonnot (Actes Sud, 400 pages), on retrouve le commandant marseillais Michel De Palma, surnommé Le Baron (voir mon billet sur Le pays oublié du temps), à 3 semaines de partir à la retraite. On demande à De Palma d'enquêter sur les causes peut-être suspectes d'un grave accident de plongée, dans les calanques au large de Marseille où se situe une grotte souterraine. Dans ce roman bien construit, l'écrivain mêle psychiatrie et archéologie. Le point de départ de cette histoire se situe donc dans une grotte sous-marine ornée où se trouve un dessin représentant un crime: un homme transpercé d'une flèche. C'est le premier dessin préhistorique de ce genre, il remonte à -22000 ans. Cela donne l'occasion à de Palma revenir sur une ancienne affaire où des femmes avaient été assassinées. C'est aussi un roman qui parle de gemellité, de folie et du "Premier Homme", surnom d'un homme devenu un dangereux criminel, qui est passé par l'asile psychatrique de Ville Evrard, en banlieue parisienne. L'histoire est passionnante.

P1040486


Avec Stoppez les machines de François Muratet (Babel noir, 384 pages), qui a été écrit en 2001, nous voilà revenus de nos jours au moment de l'accord sur les 35 heures (à l'automne 2000). "La Métallique", une usine de pièces détachées dans le "9.3" à Stains, se met en grève car la direction arrange à sa façon cette mise en place des 35 heures pour qu'elle soit supportée entièrement par les ouvriers. Parallèlement, on apprend que l'usine va certainement être victime d'une OPA, et cette grève peut servir quelques intérêts financiers. Bien entendu, c'est la "base" qui va trinquer en la personne de Mona, Pascal, Marc ou Rachid. Un très bon roman, bien écrit, avec une histoire relativement originale pour un polar (elle se passe dans le monde ouvrier). Je recommande. D'après wikipedia, François Muratet est professeur d'histoire-géographie en Seine-et-Marne. Il a écrit trois romans, dont Stoppez les machines.

P1040485

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , ,