jeudi 11 mars 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10

Avant de prendre quelques jours de pause pour cause de "coup de mou" et de beaucoup de boulot, voici un billet avec une partie des films vus que je n'avais pas encore eu l'occasion d'évoquer. Un ou plusieurs billets sur les autres films suivront à partir de mon retour, vendredi 19 mars 2010. Je tiens à remercier tous les blogueurs pour leur fidélité et leur gentillesse à mon égard. 

A Serious Man des frères Ethan et Joel Cohen ne laisse personne indifférent sur les blogs. Personnellement, je me suis interrogée devant cette évocation des années 60 (assez autobiographique semble-t-il) par les deux frères. Il y a d'abord un prologue (la séquence la plus réussie du film), qui se passe au 19ème siècle et semble déconnecté du reste de l'histoire: un dibbouk (un mort) vient rendre visite aux vivants. Puis, sans transition, on se retrouve dans une petite ville de l'Etat du Minnesota aux Etat-Unis, avec un prof stagiaire, Larry Gopnik, marié et père de famille, qui attend sa titularisation dans l'université où il enseigne la physique. Sa femme (au "look" vestimentaire et à la coiffure un peu ridicules voire vulgaires) lui annonce qu'elle veut divorcer pour aller vivre avec un autre, tout en respectant la pure tradition juive. Les enfants ne sont pas en reste: le fils préfère écouter de la musique en classe plutôt que d'apprendre l'hébreu; quant à la fille, elle veut se refaire le nez. N'oublions pas le rôle des rabbins (il y en a trois dans le film), qui font office de confesseur et de psy pour Larry, mis à la porte de sa maison, devant aider son frère au chômage, pas insensible au charme d'une voisine et en butte aux menaces d'un élève voulant le soudoyer pour que Larry lui donne une meilleure note (ouf!). Le film n'est pas vraiment une comédie mais plutôt une étude de moeurs qui finit avec la célébration de la bar mitzvah du fils. Pour ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre des frères Coen, je ne leur conseille pas forcément de commencer par celui-ci; pour les autres, ce film leur montrera une autre facette du talent des deux frères, même si je n'ai pas été complètement enthousiasmée.

L'autre Dumas de Safy Nebbou commence à être bien dans le dernier quart d'heure. En un mot, j'ai été déçue par ce film, après m'être attendue à une histoire sur l'écriture à deux mains, les romans, la création littéraire. En effet, les deux protagonistes principaux du film sont Alexandre Dumas et Auguste Maquet. Ce dernier, dont de nos jours on a oublié l'existence ou presque, a été (paraît-il) l'inspirateur des Trois mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo. L'histoire se passe en 1848 à la veille de la prise du pouvoir par Napoléon III. A Trouville, où Dumas et Maquet passent quelque jours, une jeune fille se méprend en prenant Maquet pour Dumas. Je ne raconterai pas la suite, qui est pleine de rebondissements mais qui traine en longueur. Benoît Poelvoorde est vraiment bien, ainsi que Catherine Mouchet qui joue sa femme et Dominique Blanc en compagne de Dumas. Depardieu fait du "Depardieu", et je ne dirai pas grand-chose d'autre, à part que, à mon avis, c'est du niveau d'un honnête téléfilm mais sans plus.

Liberté de Tony Gatlif constitue un film à voir pour l'histoire, pour la musique, la modestie dans le traitement du sujet, pour la musique, pour James Thierrée, pour Marie-José Croze et Marc Lavoine: que de bonnes raisons en somme. C'est un très beau film sur un sujet connu mais qui n'avait pas encore été traité au cinéma (me semble-t-il). L'histoire est inspirée de faits réels. En 1943, en France, les gens du voyage sont pourchassés par le régime de Vichy. Une famille de 15 personnes, qui vivent dans des roulottes et parcourent la France, va bénéficier d'un répit grâce à l'aide du maire d'un village (Marc Lavoine) et d'une institutrice (Marie-José Croze). Parmi les gens du voyage, il y a Taloche (James Thierrée) qui donne un peu de folie au film. En revanche, une fois de plus, Carlo Brandt dans le rôle de M. Pentecôte joue encore le salaud de service. Son personnage est vraiment abject. La musique tzigane que l'on entend est bien agréable mais il y en a trop peu.

Crazy Heart de Scott Cooper est un premier film réussi et il a permis à Jeff Bridges d'être justement récompensé de l'Oscar du meilleur acteur dimanche 7 mars 2010. C'est une histoire simple et belle d'un chanteur de country au bout du rouleau, alcoolique et se produisant dans des arrière-salles minables. Mais sa rencontre avec une jeune journaliste débutante, mère célibataire qui pourrait être sa fille, va le transformer. L'histoire est un peu convenue mais il se dégage une vraie chaleur humaine. Robert Duvall qui est aussi producteur exécutif du film joue un petit rôle de tenancier de bar. Maggie Gyllenhaal en jeune mère méfiante envers les hommes irradie avec ses beaux yeux bleus. Il faut noter l'apparition et la prestation tout à fait honorable de Colin Farrell, en chanteur country. Mais revenons à l'essentiel: Jeff Bridges, qui est magnifique et joue avec beaucoup de sobriété. Il joue de la guitare et chante très bien. Un grand rôle pour un grand acteur. En revanche, on a un petit coup de "blues" (nostalgie...) quand on sort de la salle.

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mardi 9 mars 2010

La clé des mensonges - Jean-Bernard Pouy

Jean-Bernard Pouy, l'auteur des aventures du Poulpe, a reçu, pour La clé des mensonges, le Prix du polar 1989. C'est le premier roman que je lis de cet auteur et cela ne sera pas le dernier (j'en ai deux autres dans ma PAL). Paru en folio policier, La clé des mensonges est un roman assez court (180 pages), et haletant, puisque nous suivons deux personnes en cavale à leur corps défendant. Le roman alterne deux récits dans le temps, qui se rejoignent à un moment donné. Cela commence à la gare d'Austerlitz et se termine vers Carcans-Plages, dans la région de Bordeaux. L'histoire est narrée à la première personne par le maréchal des logis de gendarmerie Pierre Zapala, 55 ans, veuf et à 15 jours de la retraite. Il est chargé, avec son collègue Morzodec, d'escorter une jeune femme d'une vingtaine d'années, menottée. Elle est le témoin-clé dans une affaire criminelle, avec en toile de fond un trafic d'armes et d'oeuvres d'art. Dans le train, ils se font tirer dessus par on ne sait qui et Morzodec est tué. La cavale commence pour Zapala et la jeune femme, Alix. Ils sont poursuivis par des tueurs et des policiers. Alix avale une clé qu'elle avait à une chaîne autour du cou. Cet objet de convoitise ouvre un coffret renfermant quelque chose, mais quoi? Au bout du compte, cette partie de l'histoire nous est dévoilée par bribes à la page 120, mais cela demeure flou et reste seulement un prétexte. L'auteur préfère se concentrer sur les deux fugitifs aux rapports d'abord houleux et tendus mais qui finissent par se tolérer et s'entraider, car ils ne peuvent faire autrement. On voit une évolution dans leur relation qui devient un rapport père/fille. Je trouve que le titre "La grande illusion" conviendrait bien. On peut dire que Zapala n'aura jamais autant vécu que ces quelques jours. J'ai aimé ce style direct et ces phrases courtes. A découvrir.

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dimanche 7 mars 2010

Questionnaire "de Rob"

Pour changer un peu des critiques de films (j'en ai encore une douzaine en cours de rédaction), voici un petit questionnaire trouvé (entre autre) chez Rob.

01. Le film que vous possédez mais que vous n'avez jamais vu?

8 1/2 de Federico Fellini.

02. L'album qui ferait une excellente bande originale?

N'importe quel album des Doors (mais c'est déjà fait en partie).

03. Le biopic que vous ne voulez surtout pas voir?

La vie de Romy Schneider (je sais que c'est dans les tuyaux). Sinon, pas intéressée par la vie (et l'oeuvre) de M. Sarkozy sur grand écran.

04. La scène la moins érotique de l'histoire du cinéma?

Il n'y a pas une scène mais toutes celles où l'on voit des actrices se déshabiller sans raison précise. Je pense en particulier à la première séquence de La petite Lily de Claude Miller, Ludivine Sagnier qui se dévêt. Sans intérêt, cela me gêne et ce n'est pas érotique du tout.

05. Le film que tout le monde a vu sauf vous?

 Avatar de James Cameron.

06. Le film que tout le monde a détesté sauf vous?
 
Je sais que le film n'a pas été très prisé, mais moi j'avais trouvé la construction à rebours très originale: il s'agit de 5x2 de François Ozon.

07. La personnalité qui devrait faire du cinéma?

Je ne vois pas. Il y a déjà trop d'acteurs qui ne trouvent pas de rôle.

08. Le film de 2025 que vous attendez le plus?

Dans 15 ans, le 11ème film de Jacques Audiard.

09. Le film des mois à venir qui va vous décevoir?

Peut-être le Alice de Tim Burton. En y pensant, je ne sais pas si l'univers de Lewis Carroll et celui de Tim Burton sont compatibles.

10. Le cinéaste avec qui vous aimeriez boire des coups?

Comme je ne bois pas, c'est dur de répondre. J'aimerais bien discuter avec Claire Denis.

11. L'objet auquel vous aimeriez consacrer un film?

C'est un gros objet: la Tour Eiffel. Je la vois tous les jours ou presque depuis 48 ans. Elle sert immanquablement d'arrière-plan à moult films (surtout américains). Elle mériterait que l'on en fasse une héroïne à part entière.

12. La réplique que vous aimeriez connaître par coeur?

Toutes les répliques écrites par Michel Audiard dans les Tontons Flingueurs de Georges Lautner. 

13. L'acteur/actrice en qui vous vous reconnaissez?

Dominique Blanc.

14. Le festival que vous aimeriez créer?

L'anti-festival de Cannes, dont les critiques "officiels" seraient bannis. Ce serait un festival avec des films choisis par et projetés pour le grand public et récompensés par le même grand public.

15. La chose qu'on ne devrait plus jamais voir au cinéma?

La vulgarité et la bêtise mais c'est un vaste programme.

16. La place idéale dans la salle de cinéma?

Au milieu du milieu avec personne devant.

17. Le nom d'acteur/réalisateur que vous n'arrivez pas à retenir?

Je suis incapable de retenir les noms des acteurs et réalisateurs coréens.

18. Le métier de cinéma auquel vous ne comprenez rien? 

Un métier que je ne comprends pas parce que je ne sais pas en quoi cela consiste: l'étalonnage.

19. Le conseil à donner à un ado qui veut faire du cinéma?

Rester humble en toute chose.

20. La question que vous aimeriez ajouter à ce questionnaire?

"Quel métier du cinéma aimeriez-vous exercer?"
[Ma réponse:] Monteuse. On crée à partir de l'existant.

21. Le film à regarder le 24 décembre au soir?

The shop around the Corner d'Ernst Lubistch.

22. Le film que vous prétendez aimer alors qu'en fait pas vraiment?

Eyes wide shut de Stanley Kubrick.

23. Le film que vous êtes la seule à détester?

Le goût des autres d'Agnès Jaoui.

24. Le film que vous avez honte d'avoir vu?

Le derrière, le film de Valérie Lemercier. J'étais surtout très en colère d'avoir perdu mon temps.

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vendredi 5 mars 2010

The Ghost Writer - Roman Polanski

Brillantissime! C'est le terme qui me vient immédiatement à l'esprit après avoir vu The Ghost Writer, mercredi 3 mars 2010, le jour de sa sortie. Quelle maestria dans la mise en scène, qui se caractérise par sa fluidité, ai-je trouvé. Pour moi, Roman Polanski a amplement mérité sa récompense au dernier festival de Berlin. Quant aux acteurs, je commencerai d'abord par Ewan Mc Gregor qui a trouvé son meilleur rôle à ce jour. Olivia Williams avec ses airs de femme sage joue l'ambiguïté juste comme il faut. Pierce Brosnan interprète un ex-premier ministre très crédible. Tom Wilkinson est impeccable comme souvent. Même Eli Wallach, dans une scène, fait une prestation qui se remarque. Avec The Ghost Writer (adapté d'un roman de Robert Harris), Roman Polanski montre qu'il fait encore partie des très grands du métier. C'est le premier film que j'aime autant de ce réalisateur depuis... Chinatown (en 1974). Un "ghost writer" (un écrivain fantôme) est l'équivalent anglais de "nègre littéraire" en français. Celui qui est le héros de l'histoire (Ewan Mc Gregor) est chargé par un éditeur londonien de corriger ou de réécrire certains passages des mémoires d'un ex-Premier ministre anglais démissionnaire, Adam Lang, retiré aux Etats-Unis sur une île battue par les vents, au large de la Nouvelle-Angleterre. Le cadavre du "nègre" précédent, tombé d'un ferry, a été retrouvé sur le rivage près de la demeure d'Adam Lang. Pour 250000 dollars, le "nouveau nègre" emménage chez Adam Lang, qui est entouré de sa femme, Ruth, et de sa "garde rapprochée". A partir de ce moment-là, parce qu'il est un homme curieux, Le Nègre se retrouve en peu de temps amené à enquêter sur la mort de son prédécesseur, sur les débuts de Lang dans la politique, etc. L'atmosphère se fait de plus en pesante voire menaçante. Le Nègre est seul face aux autres, et doit affronter des situations qui mettent sa vie en danger. Il rencontre des gens et pose des questions. La dernière séquence, fulgurante, où tout se passe "hors champ", est inoubliable.

Si donc vous voulez voir ce qu'est un film bien réalisé (même si je n'y connais rien en cette matière), courez voir The Ghost Writer. Vous passerez un moment de bonheur intense comme le public qui était dans la salle avec moi. Certains spectateurs ont applaudi à la fin. Je n'ai pas vu passer les 2H08 (pour la première fois depuis longtemps). C'est un film prenant, jubilatoire, ambigu, intriguant, ironique, passionnant, virevoltant, angoissant, "hitchcockien" dans le bon sens du terme (et j'en oublie). La musique d'Alexandre Desplat s'harmonise bien à l'ensemble. The Ghost Writer fait d'ores et déjà partie de mes films de l'année. Voir les excellentes critiques de Céline et Pascale.

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mercredi 3 mars 2010

Shutter Island - Martin Scorsese

J'ai trouvé que Shutter Island, le dernier film de Martin Scorsese, démarrait bien (pendant les 20 premières minutes) avec une atmosphère lourde, une image sombre. C'est après que cela se gâte. Par ailleurs, on se sent tout de suite oppressé d'autant plus qu'il n'arrête pas de pleuvoir pendant tout le film. L'inspecteur de police Teddy Daniels et son adjoint Chuck Aule sont à bord d'un bateau qui relie le continent à une île au large de la Nouvelle-Angleterre (USA). Arrivés sur place, ils commencent à enquêter sur la disparition d'une certaine Rachel Solando qui s'est évaporée d'une cellule où elle était internée, dans l'institution psychiatrique pour criminels malades mentaux situé en ce lieu. Auparavant, comme la tempête faisait rage et que le bateau tanguait, Teddy Daniels a eu le mal de mer. C'est le début de son mal-être. L'aspect de l'île est sinistre avec ses bâtiments cernés de barbelés. Les fous les plus dangereux sont emprisonnés dans une sorte d'édifice fortifié. Au loin, un phare domine l'île. En plus de cette Rachel, il semble qu'un autre individu ait disparu, le numéro 67. Je vous passerai les détails de l'histoire, car petit à petit, on se lasse un peu de ce que l'on voit sur l'écran. L'enquête des deux hommes est parasitée par des scènes où Teddy Daniels, en proie à des migraines ou des cauchemars, voit sa femme disparue, à moins qu'il ne se trouve dans le camp de concentration de Dachau (il a fait partie des libérateurs). On se demande où le réalisateur nous emmène. L'utilisation de ces flashback m'a gênée et ralentit l'histoire qui nous intéresse (Le film dure 2H15). La fin m'a parue démonstrative, à la différence du roman, que j'avais lu il y a 4 ou 5 ans, et qui est plus énigmatique, brutale et imprévisible. Leonardo Di Caprio joue bien son rôle mais sans plus (il est vrai que son personnage n'est pas évident). Je décerne une mention spéciale à Patricia Clarkson qui apparaît de manière vraiment sensationnelle dans une scène unique. Emily Mortimer et Michelle Williams sont plutôt pas mal et même bouleversantes par moment. Le film fait un démarrage sur les chapeaux de roue aux Etats-Unis où il est sorti en même temps qu'en France. A vous de juger ce film. Voir aussi les billets très élogieux d'Amanda, de ffred et de Dr Orlof et celui plus mesuré d'Edisdead.

NB: au vu de la plupart des commentaires ci-dessous, je voudrais redire que ce film m'a déçue; et je vous conjure d'aller voir The Ghost Writer.

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lundi 1 mars 2010

Underworld USA - James Ellroy

Ce n'est pas évident de parler d'un livre aussi foisonnant. Je me contenterai de quelques considérations qui j'espère, vous donneront envie au moins de commencer à lire ce livre. J'ai mis deux semaines pour terminer ce "pavé" de 840 pages imprimé sur papier fin. Le roman de James Ellroy se divise en 5 parties et 131 chapitres. Underworld USA (Editions Rivages) clôt la trilogie commencée avec American Tabloid et American Death Trip (pas lus - AT est planqué, avec une dédicace, derrière mes PAL). L'histoire se passe aux Etats-Unis entre le 14 juin 1968 (peu de temps après la mort de RFK - Robert Fitzgerald Kennedy) et MLK - Martin Luther King) et le 3 mai 1972, en plein règne de Richard Nixon qui à la fin parle déjà de micros cachés au Watergate. Il y a aussi un prologue de 4 pages qui consiste en une description magistrale et très cinématographique du braquage d'un transport de fonds qui a eu lieu le 24 février 1964 à Los Angeles: bilan de 6 morts mais un butin de quelques millions de dollars et plusieurs dizaines d'émeraudes qui disparaissent (c'est le fil rouge de l'histoire: que sont devenues ces émeraudes et à quoi ont-elles servies?). Le reste du roman est un peu de l'histoire de l'Amérique vue par James Ellroy, où Edgar Hoover (homosexuel, raciste et grand patron du FBI pendant 50 ans), Howard Hughes (surnommé Dracula, avionneur milliardaire), Sal Mineo (un des acteurs de La Fureur de vivre de Nicholas Ray), personnages ayant existé, côtoient des personnages a priori fictifs, comme Dwight Holly, agent du FBI, Wayne Trudrow, ancien flic et bon chimiste travaillant pour la pègre, Donald Crutchfield, détective privé, Scotty Bennett, inspecteur de police assassin et violent, Marshall Bowen, un noir qui infiltre des partisans de groupuscule "blacks" qui menacent la tranquillité de l'Amérique "blanche" de Hoover. Il y aussi trois ou quatre très beaux personnages féminins, Joan Rosen Klein, Karen Sefakis, Celia Reyes et Mary Beth Hazzard. C'est un roman où l'on apprend la mainmise des Etats-Unis sur la République Dominicaine (RD dans le texte), et comment HaÏti et les Haïtiens (descendants d'esclaves noirs) sont méprisés par les Dominicains (d'ascendances espagnole et française). Les Haïtiens étant considérés comme de simples tueurs de poules pour les rites vaudous. Puis on apprend aussi comment, en RD, les hôtels et les casinos se sont implantés grâce aux pots-de-vin versé par les Américains au dictateur dominicain de l'époque et à ses sbires. A part ça, je n'ai pas évoqué la narration proprement dite qui est pleine de ramifications compliquées (mais je n'ai pas trop perdu le fil). C'est un roman ample, bien construit, avec un style particulier propre à Ellroy qui utilise beaucoup d'acronymes et des termes peu châtiés. Il y est beaucoup question de drogues de toutes sortes, d'alcool, d'amphétamines, de tortures, de meurtres, de sang versé. Et pourtant, de la tendresse se dégage dans certains passages. Je ne regrette pas ma lecture et puis cela m'a fait plaisir de relire du James Ellroy que j'avais abandonné après Le Dahlia Noir (très bien). Du même auteur, je recommande aussi les trois premiers parus (et qui l'ont fait connaître au public français). Ils sont publiés en Rivages poche: Lune sanglante, A cause de la nuit et La Colline aux suicidés, avec le détective Lloyd Hopkins.

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samedi 27 février 2010

12 - Nikita Mikhalkov

Je vous conseille vivement de voir 12, le film de Nikita Mikhalkov, qui dure 2H35 avec 11 acteurs russes inconnus, plus le réalisateur lui-même qui interprète le 12ème juré chargé de donner le verdict à la fin. Il s'agit d'une adaptation de Douze hommes en colère, la pièce de Reginald Rose (je pense que tout le monde connaît le film de Sidney Lumet avec Henry Fonda). Ce film, 12, n'est pas qu'une simple adaptation, c'est plus que cela. Le jeune homme en attente du verdict (qui doit rendu à l'unanimité) est tchétchène (il est accusé d'avoir poignardé son père adoptif qui était russe). Les délibérations se passent dans un gymnase. Dès le départ, onze jurés jugent le Tchétchène coupable, le 12ème juré le déclare non coupable après quelques considérations personnelles. A partir de ce moment-là, le débat s'éternise mais il est passionnant. Pour l'aérer, si je puis dire, ce huis-clos est entrecoupé de scènes de luttes armées entre soldats russes et Tchétchènes (j'ai rarement vu des scènes aussi violentes), sans parler d'une scène répétée un peu floue avec un chien qui a quelque chose dans la gueule (à la fin, on voit ce qu'est cette "chose"). Les jurés (uniquement des hommes) sont représentatifs de la diversité de la population russe, et deux d'entre eux sont de confession juive. Tour à tour, chacun d'eux donne son état d'âme, et l'on croit percevoir leur faiblesse ou leur force. Grâce à ces onze hommes (le personnage joué par Mikhalkov reste en retrait), c'est un portrait de la Russie actuelle qui nous est présenté. J'ai été bercée par cette langue que je ne comprends pas. Les acteurs sont tous sensationnels. Il y a bien deux ou trois longueurs mais j'ai trouvé ce film passionnant. S'il passe dans votre région, allez le voir. La conclusion est celle de la pièce originale mais avec une variante assez inattendue. Voir aussi le billet de Céline.

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vendredi 26 février 2010

Sumo - Sharon Maymon et Erez Tadmor

Sumo, malgré son titre, n'est pas une comédie japonaise mais israélienne (de Sharon Maymon et Erez Tadmor). En plus du sport cher à notre ancien président, l'histoire traite de l'acceptation de soi face au surpoids, des relations entre mère et fils, et tout simplement d'amitié. C'est un film qui dégage beaucoup de chaleur humaine. Hirzl, qui pèse plus d'un quintal et demi, suit avec quatre amis (de corpulence équivalente) des séances de "weight losers". On ne peut pas dire que cela soit une réussite. Bien au contraire, l'animatrice des séances (filiforme comme de bien entendu) lui fait la morale en lui disant qu'elle le voit grossir à vue d'oeil depuis six mois. Dans le même temps, Hirzl ayant perdu son emploi de serveur de restaurant (son physique est malheureusement le responsable), il se fait engager dans un restaurant japonais. De fil en aiguille, il décide de devenir sumo après avoir vu un combat à la télévision, et il convainc les quatre copains de faire de même... C'est un film sans prétention et qui fait un bien fou. Je suis sortie de la projection toute contente, et tant pis pour eux, vraiment, si certains critiques trouvent Sumo ni très profond, ni intéressant, comme je l'ai lu.

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jeudi 25 février 2010

Last exit to Brest - Claude Bathany

Cette fois-ci, c'est grâce au billet d'Alain sur le nouveau roman de Claude Bathany, Country Blues, paru aux Editions Métailié Noir, que j'ai voulu connaître cet écrivain français en commençant par son premier titre paru, Last Exit to Brest (2007) chez le même éditeur. Le roman de 140 pages est composé de deux parties (deux faces): Solos et Chorus. En effet, Last Exit to Brest est le nom d'un groupe de rock brestois dont les membres sont présentés tour à tour dans de courts chapitres par le manager du groupe, Alban Le Gall, qui est le "fil rouge" et le narrateur de l'histoire policière. Alban Le Gall, agent de sécurité, homosexuel de quarante-cinq ans, est un homme genre "nounours" auquel on s'attache tout de suite. D'ailleurs, la plupart des personnages sont décrits avec une tendresse certaine. Chaque chapitre se termine par des articles tirés de la rubrique "faits divers" du Télégramme de Brest qui nous dévoilent peu à peu comment des membres du groupe vont se trouver mêler (plutôt à leur insu) à une affaire qui a commencé par un braquage suivi de plusieurs cambriolages de distributeurs de billets de banque (au cours desquels un homme sera tué). Le malheureux sera le premier mort d'une longue série. Claude Bathany (né à Brest en 1962) nous fait partager son attachement à sa ville natale avec sa rade ainsi que son goût pour la musique. Le groupe "Last Exit to Brest" se produit dans un bar brestois appelé le Larsen qui se retrouve être un des lieux principaux de l'intrigue. Merci encore à Alain pour cette belle découverte. J'ai prévu de lire Country Blues très prochainement (je l'ai déjà acheté, bien sûr) [chroniqué le 23/03/2010].

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mardi 23 février 2010

Complices - Frédéric Mermoud

J'annonce tout de suite que j'ai trouvé Complices très réussi. C'est le premier film du réalisateur Frédéric Mermoud (auteur aussi du scénario) qui a construit une histoire avec habileté. Le corps d'un jeune homme Vincent (Cyril Descours) est retrouvé dans le Rhône. Les inspecteurs Hervé Cagan (Gilbert Melki) et Karine Mangin (Emmanuelle Devos) sont chargés de l'enquête. Les séquences alternent: d'une part, celles en flash-back qui nous présentent Vincent (jeune prostitué mâle) et sa rencontre avec une jeune lycéenne en année du bac, Rebecca (Nina Meurisse), et tout ce qui s'ensuit jusqu'à la tragédie finale. Ils vont s'aimer passionnément et elle accepte même d'être sa partenaire sexuelle chez des clients. Certaines scènes sont crues mais c'est tellement bien filmé que cela ne choque pas. Et d'autre part, les scènes de l'enquête menée par le couple formé par Gilbert Melki et Emmanuelle Devos. La relation entre eux est touchante et pleine de non-dits. On veut croire qu'ils vont tomber dans les bras l'un de l'autre, mais non, et c'est dommage. Plutôt que passer par meetic (avec des rencontres peu concluantes), Karine aurait le partenaire tout trouvé en face d'elle. Et lui, grand timide, ne dit rien. C'est un film noir qui se termine avec une note d'espoir. Plus qu'une simple histoire criminelle, cette oeuvre dépeint la difficulté de dire ses sentiments. Un réalisateur prometteur.

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