lundi 11 mars 2013

Miséricorde - Jussi Adler Olsen / L'enfant de Neanderthal - Thierry Bethune

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Ca y est, j'ai terminé Miséricorde (Editions Livre de Poche), le premier roman d'une série de Jussi Adler Olsen. Cet écrivain danois fait fureur sur la blogosphère avec ses trois romans déjà parus en francçais. Pendant 510 pages, j'ai suivi avec grand intérêt la première enquête de Carl Morck et de son assistant Hafez, seuls membres du département V, créé tout récemment au sein de la police danoise. Nous sommes en 2007. Carl Morck sort d'une enquête traumatisante dans laquelle un des ses collègues a été tué et l'autre paralysé à vie. On demande à Carl et à Hafez, qui forment au départ un duo improbable, de reprendre des affaires plus ou moins classées. Ils choisissent le cas de Merete Lyngaard, jeune femme politique pleine d'avenir disparue à bord d'un ferry, en 2002, cinq ans auparavant. Le récit alterne la progression de l'enquête et le calvaire qu'endure Merete dans un immense caisson: elle a été enlevée et elle vit sequestrée depuis lors dans des conditions effroyables. Une des choses qui la fait tenir, c'est l'espoir de revoir un jour son frère Oluf qui souffre de problèmes neurologiques consécutifs à un accident de voiture. Le roman est absolument haletant et les personnages intéressants. Je ne manquerai pas de lire les deux romans suivants, Profanation et Délivrance. Lire les billets d'Aifelle, Yv, Lystig, Valérie et beaucoup d'autres. Sinon, voici un lien pour avoir un avis sur Délivrance, le troisième roman paru de cet écrivain.

 

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Voici maintenant L'Enfant de Neanderthal, le premier roman de Thierry Béthune (Editions Albin Michel, 280 pages), un roman dont l'histoire qui se situe à la limite de la science-fiction sort vraiment de l'ordinaire (elle reste assez invraisemblable). Abel nous narre son histoire dont les origines remontent à plus de 28 800 ans, au temps où des Neanderthaliens (peut-être les derniers de l'espèce) furent massacrés par les hommes de Cro-Magnon dans le sud de la France. De nos jours, grâce aux avancées dans la génétique, les découvertes de l'ADN et la fécondation in vitro, Lorraine Sandel alias Louise Miller a mis au monde un garçon, Abel Inuk, enfant aux cheveux blonds mais au type prognathe (il est très laid). Quand le roman débute, Abel, âgé de 22 ans, est en fuite depuis que sa mère et l'ami de celle-ci, un médecin à la retraite, ont été assassinés un an auparavant. Abel se rend compte qu'il n'est vraiment pas un être comme les autres. Grâce à quelques relations de sa mère et aux services secrets français (?), il arrive à se cacher et à changer physiquement d'apparence afin d'échapper aux griffes de tueurs à ses trousses. On sent que Thierry Bethune s'est passionné pour la préhistoire et la renaissance d'espèces disparues grâce à l'ADN. C'est un roman bien écrit et intéressant mais qui reste superficiel dans le propos. A vous de voir.

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vendredi 8 mars 2013

La Demora (Le Retard) - Rodrigo Plà

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C'est dans des cas comme celui-là que je me dis que je suis contente de tenir un blog pour pouvoir défendre un film notable qui sort dans un circuit réduit et dont la presse parle peu.

Trois semaines après sa sortie, La Demora, film franco-mexico-uruguayen, n'est pratiquement plus à l'affiche à Paris (1 séance par salle et par jour) et c'est tout à fait dommage car le nouveau long-métrage du réalisateur de La Zona vaut vraiment la peine d'être vu. C'est un "petit" film qui peut toucher beaucoup de monde par le sujet traité sans aucun misérabilisme. Il nous raconte une histoire simple. En Uruguay, à Montevideo où le vent souffle et les nuits sont fraîches, Maria est une femme seule pour s'occuper de ses trois enfants et d'Agustin, son vieux père en bonne santé mais qui perd la mémoire. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle fait de la couture (elle coud des pièces en toile de jean) en tant qu'intérimaire pour une grande entreprise. Ayant peu de temps pour elle, elle se rend compte que son père qui n'est pas vraiment autonome représente une charge de plus en plus lourde. Son père accepte de partir dans une maison de retraite publique. Mais il n'est pas assez indigent pour être accepté. Peu de temps après, Maria prend une terrible décision: elle abandonne son père sans ses papiers dans une zone d'habitation très éloignée. Sans vous révéler la fin qui est belle, on sort émus de la projection dans laquelle il n'y a pas de jugement porté contre Maria malgré son acte répréhensible. Ce film nous parle de l'abandon des personnes âgées pour des bonnes ou mauvaises raisons. A mon avis, cela peut ou pourra arriver en France. Les deux acteurs principaux sont remarquables, surtout Carlos Vallarino, un acteur non professionnel qui joue Agustin. S'il passe par chez vous, allez le voir.

Lire le billet très positif de PierreAfeu.

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mardi 5 mars 2013

Sans tête - Jean-Michel Roche / Sans emploi, tomes 1 et 2 - Jibé

 

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Avec Sans tête de Jean-Michel Roche (Editions Pavillon noir), j'ai fait la connaissance de la commissaire Fabienne Quinot, ravissante petite blonde aux yeux gris (elle n'a pas les mêmes problèmes de poids que la commissaire de Georges Flipo, ni le même caractère). Elle est entourée d'une équipe qui lui est toute dévouée. Envoyée en Provence près de Bandol pour enquêter sur un cadavre d'une femme de 40 ans trouvée SUR un cercueil dans un caveau (le cadavre momifié n'a pas de tête), il faudra tout son flair et l'aide en particulier de son ami/amant journaliste pour découvrir par qui et pourquoi Sylvie Lepautre, pédégère d'une grande société de cosmétiques, a été assassinée. La franc-maçonnerie dont l'auteur semble connaître les dessous joue un rôle dans l'affaire. Sans donner plus d'indices, je dirais que le cadavre n'est pas forcément celui que l'on croit. C'est un roman qui se lit très agréablement même s'il y a quelques facilités dans les descriptions, les expressions (les dialogues font parfois un peu "artificiels", avec des "mots d'auteurs" qu'on n'entendrait guère au quotidien). C'est en tout cas suffisamment distrayant pour que j'aie envie de lire, un de ces jours, le livre précédent de Jean-Michel Roche: Etranges affaires au quai des Orfèvres.

 

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Sans emploi 1 (J'ferai ça demain) et Marche ou rêve (Sans emploi - tome 2) de Jibé (Editions Marabout/Marabulles) sont deux BD très sympas où l'on fait la connaissance de Constantin, 22 ans, qui n'arrive pas à se résoudre à travailler (travailler c'est fatiguant), un peu dragueur, très allergique aux poils de chat, qui en prend à son aise avec la vie, pas compliqué, vivant aux crochets de son copain Jean. Constantin veut quand même prouver aux filles qu'il n'est pas un "loser". Ce personnage d'"adolescent attardé" est mis en situation dans des "strips" qui se suivent avec un embryon d'histoire. C'est souvent drôle. On sent qu'il y a du "vécu" dans ce que Jibé nous raconte. J'aime beaucoup les dessins pas forcément expressifs mais j'ai apprécié que le texte des "bulles" soit très lisible. La fin du deuxième volume annonce un troisième que je lirais volontiers. A noter que, pour la publication "papier", l'auteur avait retravaillé (et redessiné dans certains cas) les strips parus sur son bdblog.

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samedi 2 mars 2013

Alceste à bicyclette - Philippe Le Guay / Möbius - Eric Rochant

Suite au billet de Gambadou, je suis allée voir Alceste à bicyclette de Philippe Le Guay (Les femmes du 6ème étage). C'est l'occasion de voir Fabrice Luchini en forme dans le rôle d'un acteur retiré du monde du spectacle depuis plus de 3 ans. Gauthier Valence (Lambert Wilson), star d'une sitcom, voudrait monter Le Misanthrope de Molière au théâtre. Pour ce faire, il a l'idée d'aller jusqu'à l'île de Ré où vit Serge Tanneur (Fabrice Luchini) afin de le convaincre de lui donner la réplique. Ils joueraient à tour de rôle Alceste et Philinte. Ce film permet de nous faire entendre les alexandrins de la pièce, et de constater (selon moi) que Fabrice Luchini n'est pas forcément l'acteur idéal pour jouer Alceste, il met trop d'emphase dans sa diction. Comme point de détail, je dirais que la coiffure de Lambert Wilson (la chevelure rabattue) ne lui sied pas du tout. Une grande partie du film se passe sous la pluie, heureusement que Maya Sansa, ravissante actrice italienne, apporte un peu de soleil avec son délicieux accent. Sinon, il faut voir ce trio se déplacer à bicyclette (dont l'une sans frein). Les relations entre Gauthier et Serge deviennent à l'image de celles d'Alceste et Philinte: houleuses et teintées de jalousie. Je vous laisse découvrir l'épilogue dans lequel le 113ème vers de la pièce est essentiel car il ne faut pas se tromper quand il s'agit de dire "effroyable" haine plutôt qu'effrayante ou indicible. Un bon moment de cinéma qui donne envie de se replonger dans Molière.

Par ailleurs, suite au conseil d'Alex et au billet de présentation très complet d'Alain, je suis aussi allée voir Möbius d'Eric Rochant. Et je suis un peu embêtée d'en parler, mais j'avoue que je n'ai rien compris à l'histoire si ce n'est qu'il s'agit une histoire d'espionnage financier (ou diplomatique?). On croise des espions russes, américains, monégasques (le film a été tourné pour partie à Monaco), un agent double, un espion russe amoureux d'une jeune Américaine, espionne et qui plus est "tradeuse" de talent. Pour rendre les choses plus complexes, on donne des surnoms à chaque agent. Au bout de cinq minutes du film, j'étais complétement perdue. D'autant plus que j'ai trouvé que la prise de son n'était pas terrible: je n'ai pas compris les dialogues du début. Jean Dujardin joue bien, même s'il n'est pas crédible en espion russe. J'ai trouvé que l'ensemble faisait très artificiel. C'est un film qui se prend très au sérieux, alors que certains dialogues (entre Cécile de France et OSS... pardon Jean Dujardin) m'ont semblé très "cucul la praline". Tout ça pour dire que je ne peux vraiment pas donner d'autre avis sur ce film.

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mercredi 27 février 2013

Passion - Brian de Palma

J'ai vu et apprécié Passion de Brian de Palma qui est un remake de Crime d'amour d'Alain Corneau (son dernier film). Je l'ai d'ailleurs trouvé nettement plus réussi que le long-métrage original. Le scénario m'a paru plus crédible et il n'y a pas le déséquilibre que j'avais noté entre les deux personnages principaux. A noter, pour l'anecdote, que le réalisateur, qui a réadapté l'histoire tournée à Berlin, a gardé les mêmes prénoms pour les deux personnages féminins, Christine et Isabelle. Mais à l'inverse de Crime d'amour, la blonde Isabelle est devenue brune (Noomi Rapace), quant à la brune Christine, elle est devenue blonde (Rachel McAdams). J'ai été un peu destabilisée au début mais cela ne m'a pas empêché de suivre avec grand plaisir les relations amour-haine teintées de perversité et d'humiliation qui unissent Christine et Isabelle (les deux actrices sont vraiment très bien), l'une étant la supérieure hiérarchique de l'autre dans une grande société de communication publicitaire. Un troisième personnage, Dani, qui n'existe pas dans le film original, va jouer un rôle essentiel dans le drame qui se joue devant nous. Le film frappe par le travail sur l'image. Dans le corps du film, Brian de Palma se sert de tous les supports possibles pour nous raconter cette histoire : les images sur ordinateur, sur téléphone portable, des caméras de surveillance. Il utilise même le "split screen" (image coupée au milieu de l'écran), sans oublier les images mentales issues de cauchemars. Cette histoire d'une grande violence dont le rythme s'accélère à la fin se termine dans une musique tonitruante. Je recommande.

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dimanche 24 février 2013

L'énigme de Flatey - Viktor Arnar Ingolfsson

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Après l'Est de l'Islande avec l'Erlendur d'Indridason, voici L'énigme de Flatey de Viktor Arnar Ingolfsson (Editions du Seuil, 350 pages), que j'ai donc lu juste après Etranges rivages. L'intrigue de ce livre se situe dans la partie Ouest de l'Islande, à Flatey (île plate en islandais), à une centaine de milles au nord de Reykjavik. L'histoire se déroule entre le jeudi 2 juin 1960 et le mercredi 8 juin 1960. Un corps à l'état de squelette est trouvé sur une petite île au large de Flatey. Kjartan, l'adjoint du préfet de cette région, est envoyé sur place pour établir un rapport et découvrir la cause du décès de cette victime dont on découvre assez vite l'identité. Il s'agit d'un universitaire qui était spécialistes des sagas (islandaises) - c'est un genre littéraire -, qui voulait découvrir la solution d'une énigme en quarante questions contenue dans "Le livre de Flatey", un manuscrit écrit en langue islandaise sur du parchemin, regroupant des textes sur la vie de rois de Norvège au Moyen-Age. L'énigme de Flatey nous donne surtout l'occasion de découvrir de manière pittoresque les us et coutumes des habitants de cette île. Se nourrissant de viande de phoque et de macareux, ils n'avaient pas l'électricité, et ils étaient reliés à la "civilisation" grâce au bateau postal qui faisait une halte dans l'île une fois par semaine. Le téléphone fonctionnait grâce à une dynamo. On n'oublie pas de sitôt le bourgmestre ou le maître d'école, pécheurs et chasseurs de phoques comme les 70 habitants de cette île aux dimensions liliputiennes : 500 mètres de large pour 2 km de long. Pendant tout le livre, l'écrivain égrène les 40 questions permettant de trouver la solution de la charade littéraire. C'est un roman très agréable à lire. Je le recommande.

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jeudi 21 février 2013

Syngué sabour - Pierre de patience - Atiq Rahimi

J'ai été très tentée par l'idée de voir l'adaptation filmique (sortie cette semaine) du roman d'Atiq Rahimi (Prix Goncourt 2008). C'est l'écrivain, qui est aussi réalisateur, qui dirige Syngué Sabour - Pierre de patience. Dans une ville iranienne en état de siège, une femme veille son mari couché, yeux ouvert mais immobile avec une balle logée dans la nuque. Elle attend la cicatrisation en s'occupant de lui avec dévouement. J'avoue avoir été gênée par le premier quart d'heure qui m'a paru brouillon, agité. Et puis le film se concentre sur la confession de cette femme qui se sert de son mari comme pierre de patience (voir le roman). Et on assiste à la métamorphose de cette femme. Elle, qui portait le voile intégral pour sortir, commence à se féminiser en se coiffant et se maquillant avec soin. Pendant ce temps, elle prend de l'assurance, fait des révélations de plus en plus intimes devant son mari inerte. La réalisation n'a rien d'exceptionnel mais elle permet à Golshifteh Farahani (que j'avais découverte dans A propos d'Elly d'Asghar Farhadi) de trouver un beau rôle de femme qui s'émancipe de son mari à sa façon même si je n'ai pas ressenti la rage que l'on trouve dans le livre. J'espère que ce film donnera envie de (re)lire le roman qui m'avait semblé plus intense.

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lundi 18 février 2013

Les Chutes - Joyce Carol Oates

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Les Chutes est le troisième roman de Joyce Carol Oates que je lis. J'en ai profité pour tester le format (12 x 8,25 cm, avec du papier "Bible") lancé par les éditions du Point.2 du Seuil (le concept a été inventé par un éditeur hollandais qui a déposé le brevet). J'ai mis un peu de temps à m'habituer à lire ce format qui ressemble à une "liseuse en papier" car les pages sont très fines. Mais j'ai apprécié la police de caractères et la largeur des interlignes qui rendent la lecture aisée. Quant au roman proprement dit, qui a reçu le prix Femina étranger en 2005, il m'a beaucoup plu, même si Ariah Littrell, le personnage central de l'histoire, m'a pas mal crispée: je l'ai carrément trouvé insupportable. Les "Chutes" sont celles du Niagara. L'histoire se passe dans la région de Niagara Falls sur une période de presque 30 ans, entre 1950 et 1978. En juin 1950, Ariah Littrell, fille d'un révérend méthodiste dans l'état de New-York, devient veuve le lendemain de ses noces. Son mari, Gilbert Erskine, qui était lui aussi un révérend, s'est suicidé en se jetant dans les Chutes. Ce mariage arrangé (les deux conjoints ne s'aimaient pas) se termine avant d'avoir commencé. En revanche, c'est à partir de là que la romancière nous raconte l'histoire d'Ariah, qui se remarie très rapidement avec Dirk Burnaby, un avocat de valeur (qui aura un destin tragique). Professeur de piano, Ariah possède une personnalité complexe et anxieuse, marquée par son éducation à Troy (Etat de New-York), et certainement éprouvée par le drame de son premier mariage. Cela se sent bien dans l'éducation qu'elle donnera à ses trois enfants, deux garçons et une fille. Le roman permet par ailleurs à Joyce Carol Oates d'évoquer les problèmes de pollution et d'insalubrité qui sont survenus à cause des usines chimiques implantées dans la région. Une fois de plus, j'ai admiré le style narratif de l'écrivain. C'est un roman qui se lit vraiment très bien et d'une traite. Lire les billets de Mango, Manu et Claudialucia.

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vendredi 15 février 2013

7 psychopathes - Martin McDonagh / Hitchcock - Sacha Gervasi / Shadow Dancer - James Marsh

Voici trois films vus assez récemment et qui m'ont procuré de bons moments de cinéma.

7 Psychopathes de Martin McDonagh (Bons baisers de Bruges) est un film qui bénéficie d'un casting assez exceptionnel et d'un adorable toutou, un shih tzu. C'est sanglant et loufoque. Marty (Colin Farrell), un scénariste en mal d'idées, se retrouve grâce à Billy (Sam Rockwell), un acteur de ses amis, à croiser le chemin d'individus tels un kidnappeur de chien, un tueur masqué au valet de carreau, un psychopathe qui adore son Shih Tzu, ou un serial-killer à la retraite. Ce film est surtout l'occasion de voir, en plus des deux acteurs déjà cités, Christopher Walken, Woody Harrelson, Tom Waits et Harry Dean Stanton. Dans une séquence, ce dernier en tenue de pasteur m'a fait penser à Robert Mitchum à côté d'un réverbère dans La nuit du chasseur. Assez distrayant mais violent.

Hitchcock de Sacha Gervasi peut faire penser à un "making of" du film Psychose. Dans ce film, Alfred Hitchcock (1899-1980) est décrit comme un boulimique vidant le frigo. Légèrement voyeur (il épie ses actrices), il est capable d'hypothéquer sa maison pour financer son film. En effet, après le triomphe de La mort aux trousses, "Hitch" a décidé d'adapter Psychose de Robert Bloch. Dans l'histoire, l'héroïne va être assassinée dans la première moitié du film au cours d'une scène d'anthologie sous une douche. La violence du sujet et la scène dénudée du crime mettent Hitchcock dans la ligne de mire de la censure américaine et du futur distributeur du film (nous sommes en 1959). Heureusement, Hitchcock reçoit l'appui presque indéfectible d'Alma, sa femme depuis plus de 30 ans, et de Lew Wasserman, son producteur. C'est toujours agréable pour moi de voir un film qui parle de cinéma, d'acteurs, de tournage. Dans le même genre, il m'a fait penser à un autre film récent, My week with Marilyn. Anthony Hopkins dans le rôle d'Hitchcock se sort plutôt bien de son personnage. Etant une fan d'Helen Mirren, je me suis régalée de la voir dans le rôle d'Alma qui fut l'assistante d'Hitchcock dans l'adaptation de plusieurs scénarios des films tournés par son mari. C'est une oeuvre qui m'a donné envie de revoir Psychose.

Shadow dancer de James Marsh est un film noir qui se passe à Belfast et à Londres en 1993. Colette McVeigh, une jeune femme membre de l'IRA, est obligée de devenir une informatrice pour le MI5. Pour cela, elle est menacée de prison à vie et d'être séparée de son petit garçon. J'ai aimé l'atmosphère pesante du film où l'on sent la menace permanente. Clive Owen qui joue un agent du MI5 est remarquable. Mac, son personnage, devient désemparé face aux tendres sentiments qu'il se met à éprouver pour Colette. C'est Andrea Riseborough qui interprète Colette. C'est une actrice à suivre. Petite anecdote, j'ai vu le film en avant-première en présence de Clive Owen. Ce fut un moment sympa mais trop court. La fin du film assez inattendue est glaçante.

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mardi 12 février 2013

Etranges rivages - Arnaldur Indriðason

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Comme l’annonce l’accroche qui entoure le roman, Erlendur est revenu. On sait enfin ce qu’il a fait de ses vacances qu’il a passées dans les fjords à l’est de l’île (lire les romans La rivière noire et La muraille de lave).

Dans Etranges rivages d’Arnaldur Indriðason (300 pages, Editions Métailié noir), Erlendur est décidé à mettre un point final à la tragédie qui l’a frappé, lui et ses parents (la disparition de son petit frère Bergur, 8 ans à l’époque), plusieurs dizaines d’années auparavant, pendant un blizzard. Erlendur, qui avait deux ans de plus, se sent responsable de ce qui s'est passé. En parallèle, il mène une enquête officieuse sur ce qui est arrivé le 14 janvier 1942 à Matthildur, une jeune femme habitante de la région et disparue lors d’une tempête effroyable le même jour que des soldats britanniques (qui faisaient partie de l’armée d’occupation en Islande pendant cette période trouble).

La narration ne laisse aucun répit au lecteur (j’ai lu le roman d'une traite en une journée avec un immense plaisir). C’est absolument haletant. Petite précision: presque tous les témoins directs ou indirects survivants qui interviennent dans l'histoire sont octogénaires ou nonagénaires.

Erlendur est un homme entêté qui arrive à faire parler les différents personnages dont Ezra (90 ans) qui a été l’amant de Matthildur. C'est comme cela qu'Erlendur découvre que Matthildur a été assassinée. Je vous laisse découvrir le mobile et si le squelette est ou non retrouvé. Concernant la mort de Bergur, une petite voiture rouge (comme celle photographiée sur la couverture du roman) est un élément important qui ressurgit. Quand le roman s’achève, la boucle est bouclée pour Erlendur même si ce n’est pas totalement satisfaisant. Indridason rend les personnages attachants malgré leurs défauts. On n’oublie pas de sitôt Hrund (l’une des sœurs de Matthilidur), Ezra, Boas (un chasseur de renards), Ninna (une amie de Matthildur), sans oublier Jakob, le mari de Matthildur. Je trouve que ce roman d’Indriðason est un excellent cru.

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