vendredi 27 août 2010

Les tribulations d'un précaire - Iain Levison / Départs anticipés - Christopher Buckley [Livres lus en vacances (2ème partie)]

Comme promis, je continue mes chroniques des lectures de ma pause estivale. Suite à mon billet du 17/08/2010, voici deux autres livres très différents.

Les tribulations d'un précaire de Iain Levison (éditions Liana Levi) n'est pas un roman, mais un récit. Je pense qu'il donne un avant-goût, dans un autre style, au livre de Florence Aubenas, Quai de Ouistreham, que je n'ai pas encore lu. Il nous raconte ses différentes expériences de travail, souvent pénibles et peu rémunératrices. Une licence de lettres en poche (qui lui a coûté 42000 $!), il va devenir homme à tout faire sur un plateau de cinéma, serveur dans une réception, employé dans une poissonnerie de supermarché (suivi d'un licenciement sec), chauffeur de poids lourd/déménageur, et surtout pêcheur en Alaska. Ce n'est pas toujours drôle mais le ton est suffisamment caustique pour que j'aie lu ce récit avec intérêt. Voici un aperçu du ton du récit avec le premier paragraphe: "C'est dimanche matin et j'épluche les offres d'emploi. J'y trouve deux catégories de boulots. Ceux pour lesquels je ne suis pas qualifié et ceux dont je ne veux pas. J'étudie les deux." Depuis, Iain Levison est devenu écrivain. Cf. mon billet du 17/02/2008 sur Un petit boulot.
 
Départs anticipés (Point seuil) de Christopher Buckley est un roman satirique (le premier que je lis de cet auteur). Au vu de la 4ème de couverture, je ne m'attendais pas du tout à l'histoire que j'ai lue au début. En effet, il nous y est annoncé (en résumé) l'histoire (de pure fiction) des retraités (les baby boomers) américains qui vivent aux crochets de la jeune génération grâce à la retraite par répartition à notre époque de crise économique. Le roman n'est pas tout fait cela. C'est surtout l'histoire de Cassandra (Cass) Cohane (qui a changé son nom de famille en Devine), conseillère en communication car elle n'a pas faire ses études à Yale (à cause de son papa), blogueuse forcenée. C'est elle qui déclare la guerre à ces "baby boomers" en ayant l'idée du "transitionnement volontaire" soit pour parler plus clairement "le suicide assisté" quand on atteint l'âge de 70 ans. Le roman brosse les portraits de personnages hauts en couleur comme Cassie (je vous laisse découvrir tout ce qui lui arrive, par exemple son passage miné dans l'armée), et d'autres qui gravitent autour d'elle, plus ou moins proche du pouvoir: Gideon Payne, évangéliste puceau et peut-être matricide; Monsignor Massimo Montefeltro (sorte de d'Ambassadeur en second du Vatican);  Randolph K. Jepperson, congressiste puis sénateur du glorieux état du Massachussetts, futur candidat à la présidence des Etats-Unis
et amant de Cassandra; Bucky Temple, conseiller politique du président des Etats-Unis en place; Terry Tucker, patron et plus tard associé de Cassie. Tout ce petit monde arrive à être attachant malgré leurs défauts (qui sont nombreux). Bien entendu il y a ceux qui sont "pour" et ceux qui sont "contre" concernant le projet du transitionnement. Au cours de ma lecture, j'ai cru que j'allais abandonner vers la page 160, je n'accrochais pas. Je me demandais où Christopher Buckley voulait m'emmener; et puis les presque 300 dernières pages se lisent d'une traite. La seule chose que je vous dirai pour conclure est que ce fameux "transitionnement" n'est pas adopté... mais il reste à l'étude.

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mercredi 25 août 2010

800ème billet

Mon huit centième billet tombe en cette fin de période estivale où, dans la blogosphère, le rythme de billets et celui des commentaires sont loin de tourner à la vitesse maximum. Je vais malgré tout publier un billet "statistiques" essentiellement axé sur mes commentaires reçus - histoire de continuer à épater certains de mes lecteurs ou lectrices par un "billet-bilan" comme à chaque centaine.

En divisant le nombre de mes commentaires [6563] par le nombre de personnes m'en ayant laissé [619], je m'aperçois que la moyenne de commentaires par personne dépasse les 10. Mais on fait vraiment dire n'importe quoi aux statistiques (n'en déplaise au statisticien)... En fait, mon recordman ne m'a pas encore fait 200 commentaires (cela ne saurait tarder, il en est à 198 - coucou, Ffred!). Et à l'inverse (à l'autre bout de ma courbe - de Gauss??), j'ai eu 287 commentaires de personnes qui ne sont pas revenues (dont 87 sans blog). Pour les 200 blogueurs à un seul commentaire (ceux que j'appellerais les "fragiles"), il y en a plus de 90 avec lesquels l'échange n'est pas ou plus possible, soit parce que leur blog ne parle pas du tout ni de films ni de littérature (mais de photos, cuisine, couture, art en général, politique...) [une quinzaine], soit parce qu'il sont passés en pause ou bien ont déjà disparu de la Toile [plus de 50 - on est vraiment dans l'éphémère], soit parce qu'ils réclament l'inscription à "leur" forum pour pouvoir échanger, quand il ne s'agit pas de "pollueurs" qui souhaitent surtout augmenter la fréquentation de leur site professionnel (je ne les supprime pas toujours - mais j'attends souvent quelque temps avant de "valider" leurs commentaires - en général succincts et rarement très intéressants).

En ce qui concerne les 72 blogueurs qui sont venus seulement 2 fois déjà me commenter, au moins 23 ne sont plus non plus "dans le coup" (je m'en aperçois quand, de temps en temps, je pense à repasser chez eux - mais je ne suis pas encore repassée chez tous récemment), et 5 sont des "sans blogs" (en général, leurs 2 visites se sont suivies très rapidement). Citons rapidement et pour information le nombre de personnes à 3 commentaires (68, dont un seul non-blogueur), et à 4 commentaires (32). Ces chiffres peuvent évoluer tous les jours! Par rapport au total, moins du tiers (188 sur 619) des personnes venues voir mon blog ont fait à peu près les 8/10e (5279 sur 6563) de mes commentaires. Ca ne colle pas tout à fait avec la règle "commerciale" des 20/80 (80% du "chiffre d'affaire" généré par 20% des "clients"), mais que faut-il en penser? Bien entendu, divers biais rentrent en compte, si l'on se replace dans le contexte "humain" des blogs: la notion de "flux" et de "stock". Je calcule mes statistiques depuis le début de mon blog; certains blogueurs venus durant ces 3 ans et quelque, et qui étaient très actifs à l'époque, ont pu quitter la blogosphère; certains de ceux qui ne m'avaient laissé qu'un commentaire ont pu y être plus qu'éphémères. Je compte aussi comme une "personne" les commentateurs "sans blog". L'un d'eux est rentré dernièrement dans la catégorie "commentateurs fidèles sans blog" créée spécialement pour lui (mon statisticien préféré est hors-concours!).

Et de mon côté? En 2010, à ce jour, j'ai visité pour la 1ère fois 250 blogs (mi-cinéma, mi-littérature), et j'en ai revisité (parfois pour la 5ème ou 6ème fois!) pas loin de 400 (qui, eux, ne m'ont ou m'avaient toujours pas fait de commentaire). Sans parler, bien entendu, de tous les com' échangés ou rendus avec ceux qui étaient déjà venus chez moi.

Je vois assez fréquemment des blogs vivant "en circuit fermé" avec une petite liste de blogeurs/euses qui sont toujours les mêmes. Je ne fonctionne pas ainsi: pour mes billets ayant plus de 10 commentaires, je pense qu'il serait extrêmement difficile de trouver la même liste de commentateurs sur deux billets différents... Tiens, il faudrait vérifier (c'est bizarre, je vois mon statisticien qui vire au verdâtre...).

Bon, je termine par une pirouette: ce billet étant déjà suffisamment long, je ne rentrerai donc pas dans le détail (par catégorie, par nombre de commentaires, par tag...) de mes 100 derniers billets. Qu'il vous suffise de les lire! C'est d'autant plus facile que canalblog a rajouté tout récemment en option un outil de recherche que je trouve bien pratique: merci! (en haut de ma colonne de gauche).

PS: je suis désolée pour mes lecteurs les plus anciens, mais mon statisticien insiste pour que je soumette, une fois de plus, la liste de mes quelque six derniers billets de 2007 qui n'ont pas encore été commentés. Par ordre chronologique, ça donne:
L'affaire de la rue de Lourcine - Eugène Labiche - mise en scène Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff (Théâtre -
18/03/2007) (1)
L'Ami de la famille - Paolo Sorrentino
(Cinéma - 12/05/2007)
Les temps difficiles
- Edouard Bourdet
(Théâtre -
04/06/2007)
A la vitesse de la lumière
- Javier Cercas
(Livres - 19/07/2007) (1)
Le roi des Juifs - Nick Tosches (Livres - 04/12/2007) (1)
Lumière silencieuse - Carlos Reygadas (Cinéma - 14/12/2007)

(1) Commentaire suscité par le présent billet durant le mois (et un peu plus) où il est resté en page d'accueil de mon blog.

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lundi 23 août 2010

Cleveland contre Wall Street - Jean Christophe Bron

Si, comme moi, vous n'avez toujours pas compris ce que sont les subprimes, la titrisation et autres termes barbares qui ont causé tant de dégâts financiers non négligeables aux Etats-Unis (et ce n'est pas fini), je vous conseille ce documentaire-fiction absolument remarquable fait par un Suisse. C'est un authentique film à suspense. On assiste à un procès avec un vrai juge, de vrais avocats, 8 vrais jurés et des protagonistes qui ont été acteurs et/ou témoins de ce qui s'est passé et se passe encore à Cleveland (Ohio, USA), et plus précisément dans un ghetto du ghetto nommé Slavic Village à l'est de Cleveland. 20 000 familles soit 100 000 personnes ont été expulsées de leurs maisons. Celles-ci ont été laissées à l'abandon, vendues aux enchères et sont souvent devenues des "squats". Ces expulsions ont commencé avant même la crise financière mondiale que l'on connaît. Cleveland est une ville sinistrée qui a voulu intenter un procès à 21 banques de Wall Street pour leur demander réparation. Les avocats des banquiers ont réussi à faire arrêter la procédure. Le réalisateur, Jean Stéphane Bron, a donc reconstitué un procès qui aurait dû avoir lieu. On est frappé par la personnalité de chacun des protagonistes: l'avocat de la défense, l'avocat "du diable" (Wall Street) au visage patelin; et surtout par les témoins comme l'ancien policier, les larmes aux yeux quand il raconte qu'il a dû expulser une vieille dame de 86 ans, ou comme un père de famille, ouvrier qualifié, qui, après avoir témoigné, regarde impuissant la vente aux enchères de sa maison; ou bien encore le jeune noir dealer de drogue à ses heures qui est devenu démarcheur pour vendre des subprimes. Plus il en vendait, plus il était payé "au noir", jusqu'à 7000 dollars. On assiste au procès jusqu'aux délibérations et au verdict qui se défend (si, si). C'est surtout la faillite d'un système (la vie à crédit) qui est montrée du doigt. Je vous laisse découvrir les exemples qui sont donnés. La plupart des victimes sont des personnes faibles ou vulnérables: les noirs, les personnes âgées et les gens pas très fortunés (c'est un euphémisme). La grande force de ce documentaire-fiction Wall Street contre Cleveland réside dans l'absence de manichéisme (à la différence des films d'un autre documontreur, Michael Moore pour ne pas le nommer). A ce jour, des familles continuent à être expulsées. Allez voir ce film riche d'enseignements et de questionnements... Non, courez-y plutôt!

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jeudi 19 août 2010

Inception - Christopher Nolan

Je reprends mes billets cinéma en essayant de faire une critique sur un film qu'il faut au moins avoir vu pour en parler sur les blogs ou les dîners en ville. Très sincèrement et spontanément, je n'étais pas pressée d'aller le voir. Je me suis décidée en voyant fleurir moult billets sur ce film de Christopher Nolan. Presque trois semaines après l'avoir vu, que m'en reste-t-il? Je le trouve techniquement bien fait avec de belles séquences comme celle qui se passe à Paris. En revanche, j'ai trouvé le scénario un peu superficiel, malgré de très bonnes idées (de dimensions métaphysique et philosophique). J'ai trouvé un peu simpliste la machine instillant, à l'aide d'électrodes, un rêve identique programmé dans le cerveau de plusieurs individus en même temps. J'aurais aimé savoir comment les scientifiques en étaient arrivés là. Cela est acté dès le début, il faut y croire, et c'est justement ce fait qui m'a gênée. On ne nous donne aucune indication quant à l'époque où se passe l'histoire, certainement dans un futur proche. Inception se révèle marquant par les séquences où les rêves s'emboîtent les uns dans les autres. On arrive à descendre jusqu'à 5 niveaux de rêve. Je retiens d'Inception le personnage (à mon avis le plus intéressant) de Mal jouée par Marion Cotillard. C'est une morte qui vient interférer dans les rêves d'un vivant, en l'occurrence son mari Cobb (Leonardo di Caprio, très bien), qu'elle hante. Si cette morte n'existait pas (!!!), il n'y aurait plus beaucoup d'histoire, des événements n'auraient plus lieu d'être. Concernant les rêves proprement dits, j'ai été frappée par les ralentis, par les personnages en apesanteur, les paysages enneigés ou les gratte-ciel à perte de vue ainsi que par les falaises qui s'écroulent. Un reproche que je ferais au film, mis à part le scénario, est que certains personnages ne sont pas exploités (par exemple, celui interprété par Ellen Page n'apporte rien). On ne connaît pas leur motivation excepté le fait que rêver est une drogue dont on ne peut plus se passer. A part ça, pendant que j'écris ce billet, ne rêvons-nous pas tous ensembles?
Lire les nombreux billet élogieux sur ce film comme ceux de Wilyrah, ffred, la nymphette, alamissamoun, bastien, Oriane ou Thomas Grascoeur par exemple. Il y a quand même d'autres sons de cloches comme ceux d'Armelle et 007Bond (1).

(1) Ed parle de tout autre chose: j'avais lu son billet trop vite, comme lui et Nolan me l'ont fait remarquer ci-dessous.

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mardi 17 août 2010

Le grand Loin - Pascal Garnier / Le bal des débris - Thierry Jonquet [Livres lus pendant mes vacances (1ère partie)]

Pendant ma pause estivale, je ne suis pas allée au cinéma (sauf pour voir Inception) mais j'ai pas mal lu.

J'ai donc sous le coude quelques notes sur divers romans et récit. Je commence avec:

Le grand Loin de Pascal Garnier (éditions Zulma): une histoire très noire dans laquelle Marc, la soixantaine, emmène sa fille Anne, 36 ans, internée en hôpital psychiatrique, dans un voyage (sans retour) en camping car. L'histoire dans lequel apparaissent quelques cadavres d'individus décédés de façon pas naturelle (on devine aisément qui est le coupable de ces forfaits) - figurent aussi un chat appelé Boudu, un doigt gangréné, un sorcier vaudou - se termine bien évidemment très mal. C'est une histoire perturbante très bien écrite avec un ton et un style particulier. C'est le deuxième roman de Pascal Garnier que je lis (après Comment va la douleur?), ce n'est pas le dernier.

Le bal des débris de Thierry Jonquet, roman récemment réédité (Poche point seuil), est totalement jubilatoire. C'est un des premiers romans de cet écrivain disparu il y a juste un an. Fredo, le narrateur, 24 ans, travaille dans un "hosto pour vieux" (sic): il pousse des chariots toute la journée. Il est marié à Jeanine, une syndicaliste CGT active, assistance sociale dans un autre hosto à vieux à de la région. Fredo raconte sa (més)aventure qui s'est passée trois mois auparavant. Un certain Lepointre Alphonse, ancien truand, admis à l'hôpital pour un accident sur la voie publique, va changer sa vie. L'histoire peut se résumer à: comment faire sortir des bijoux volés à une "vieille" hospitalisée, quand la police fouille partout et devient omniprésente au sein de l'hôpital. La fin, en pied-de-nez bien trouvé, se déroule en Bretagne. Ce roman permet à Thierry Jonquet d'épingler, avec verve et une grosse pointe de vitriol, le monde médical en général et les services de gériatrie en particulier.

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samedi 31 juillet 2010

Films vus et non commentés depuis le 01/07/2010

Comme je l'avais écrit, je mets mon blog en vacances estivales jusqu'au 16 août inclus.

Mais juste avant, voici un billet sur 5 films qui méritent toute votre attention.

Le premier qui l'a dit de Ferzan Ozpetek est un film sympathique avec beaucoup de chansons de variété italienne entraînantes. Mais j'ai trouvé le scénario est un peu maladroit avec des personnages dont on ne sait pas trop quel est leur rôle (comme la charmante brunette), et je n'ai pas compris tous les flash-back. Chez les Cantone, fabricants de pâtes des Pouilles dans le sud de l'Italie, deux frères, Tommaso (qui veut devenir écrivain et qui vit à Rome) et Antonio (le frère aîné et héritier putatif de la fabrique), s'apprêtent, sans s'être concertés, à révéler leur homosexualité lors d'un repas familial. Après sa déclaration, Antonio est banni par son père. Tommaso, pris de court, n'a rien révélé et devient, de ce fait, l'éventuel successeur de son père qui a du mal à accepter ce qu'il vient d'entendre. Dans cette région d'hommes machos et virils, l'homosexualité est inconcevable. L'histoire tourne autour de cette famille où les femmes sont très présentes. En particulier, la grand-mère diabétique, la tante un peu nymphomane et fantasque ou bien la mère de Tommaso et Antonio qui sait très bien qu'elle est trompée par son mari. On assiste à plusieurs scènes très drôles avec des amis de Tommaso qui viennent de Rome, essayant de ne pas montrer qu'ils sont homosexuels.

Le film argentin Lluvia de Paula Hernandez se passe à Buenos Aires sous la pluie: il tombe des trombes d'eau pendant presque tout le film. Nous faisons tout de suite la connaissance d'Alma dans sa voiture, coincée dans un embouteillage. Survient Roberto, trempé et en bras de chemise, qui semble fuir quelque chose. Il s'invite dans la voiture d'Alma. Au fur et à mesure que le film se déroule, on apprend ce qui est arrivé à Roberto, qui est Alma et pourquoi elle ne répond pas à l'appel téléphonique d'un certain Andrès. J'ai trouvé ce film magnifique grâce à  la prestation des deux acteurs, Valérie Bertucelli et Ernesto Alterio. Un film que je vous conseille absolument.

Yo tambien, d'Alvaro Pastor et Antonio Naharro, est un film espagnol sur un sujet pas facile et traité avec beaucoup de pudeur mais c'est sur le fil. On peut se sentir mal à l'aise. Daniel commence un nouveau travail dans une association. Il tombe amoureux dès le premier regard de Laura, une blonde au physique avenant (mais une femme blessée incapable d'aimer). Daniel a fait des études universitaires, c'est un homme sensible de 34 ans; mais Daniel est trisomique de la tête au pied (comme il dit). Je conseille ce film pour sa délicatesse.

L'italien d'Olivier Baroux vaut la peine d'être vu pour Kad Merad qui m'a convaincue en arabe se faisant passer pour un Italien depuis des années car comme il est dit sur l'affiche, "Qu'on s'appelle Mourad ou Dino, on est tous égaux... surtout quand on s'appelle Dino". Mourad travaille chez un concessionnaire de voitures de luxe à Nice. Son patron, qui doit partir à la retraite, pense à lui pour lui succéder mais rien ne se passe comme prévu, surtout que Mourad a un rival pour le poste. En effet, la famille de Mourad habite Marseille, le père a une attaque cardiaque qui l'affaiblit. Il charge son fils de prendre sa place pour "superviser" le Ramadan qui vient juste de commencer. Mourad ne connait rien ou presque à l'Islam. Tout ce qui s'ensuit permet à Mourad de se remettre en question, de revenir à ses racines, etc. Film plaisant.

Enfin, j'évoquerai Donne-moi ta main d'Anand Tucker qui sort le 11 août prochain. Je l'ai vu lors d'une avant-première. L'histoire se passe en Irlande pour la grande partie mais tout commence aux Etats-Unis où une jeune bostonienne, Anna, vit depuis plusieurs années avec Jérémy, un Irlandais. Ils sont beaux (surtout elle) et riches, mais elle désespère qu'il lui offre une bague de fiançailles. Elle profite de l'occasion qu'il séjourne en Irlande, une année bissextile, pour le rejoindre afin de faire elle-même sa demande, le 29 février, comme une tradition locale l'autorise. L'avion est détourné pour cause d'intempéries vers le Pays de Galles. Qu'à cela ne tienne, le compte à rebours commence pour Anna qui veut rejoindre Dublin à tout prix à la date fatidique. Le film vaut pour la prestation de la gracieuse Amy Adams, les paysages irlandais sous la pluie et pour Matthew Goode (l'Irlandais de rencontre qui aide Anna pour atteindre son but) qui n'est pas mal du tout. Film très très sympathique, idéal pour l'été.

jeudi 29 juillet 2010

Le monde selon Bertie - Alexander McCall Smith

Dès sa parution en français aux éditions 10/18, il y a quelques semaines, je me suis précipitée pour acheter (sans hésiter) et lire le quatrième tome des aventures des habitants du 44 Scotland Street à Edimbourg: Le monde selon Bertie, d'Alexander McCall Smith. J'ai dévoré les 416 pages d'une traite avec un grand plaisir. Il ne se passe pas grand-chose d'extraordinaire chez ces Edimbourgeois mais j'ai voulu savoir ce que devenaient les personnages. Bertie, toujours âgé de 6 ans (c'est le seul qui ne vieillit et qui n'évolue pas beaucoup) est devenu le grand frère d'Ulysse, 4 mois. La maman de Bertie, Irène Pollock, a toujours le même comportement envers son fils: elle est insupportable. Comme dit l'auteur dans sa préface: pour sa mère, Bertie est un projet et non un enfant. Il continue de voir le psychothérapeute, le Dr Fairbairn, dont Ulysse semble être le portrait craché... Ce qui nous amène à nous poser une grave question: qui est le père d'Ulysse? La question reste en suspens. Domenica, revenue de Malacca, vit une situation pénible avec son ex-locataire, Antonia (devenue sa voisine de palier), à propos d'une tasse en porcelaine. Matthew, l'employeur de Pat (dont il croyait être amoureux) va peut-être découvrir l'amour avec Miss Harmony, l'institutrice de Bertie. Cette dernière va connaître un préjudice de carrière suite à son renvoi de l'école (vous saurez pourquoi en lisant le roman). Bruce revient s'installer à Edimbourg, toujours imbu de sa personne et dégageant une forte odeur de brillantine. Il trouve une âme charitable qui l'héberge gratuitement. Quant à Cyril, le chien d'Angus (qui est au désespoir), on ne le retrouve qu'à la fin. Le pauvre, soupçonné à tort d'avoir mordu des mollets innocents, s'est retrouvé à la fourrière en attente d'un verdict fatal. Heureusement que le témoignage de Bertie va le sauver. Pour en revenir à Ulysse, ses parents, Irène et Stuart, l'égarent à un moment donné dans les rues d'Edimbourg. Après quelques péripéties, tout rentre dans l'ordre. Le roman dégage un charme écossais indéniable. Lors de mon dernier voyage new-yorkais, j'ai vu qu'un 5ème tome était paru que l'on peut traduire littéralement par "L'insoutenable légèreté des scones": tout un programme! Petite anecdote en passant: dans une des librairies visitées (toujours à New-York), les romans d'Alexander McCall Smith étaient classés à la lettre M (ce qui me paraît aller de soi); mais dans une autre, ils l'étaient à la lettre S! Enfin, pour voir mes chroniques précédentes sur cette série, c'est ici et .

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mardi 27 juillet 2010

Copacabana - Marc Fitoussi

Copacabana de Marc Fitoussi est l'occasion de voir Isabelle Huppert dans un rôle plus léger que d'habitude: elle joue Babou, la mère d'Esmé(ralda) qui est sur le point de se marier d'ici peu. Esmé ne souhaite pas que sa mère assiste au mariage car elle lui fait honte. En effet, toute sa vie, Babou, de caractère assez fantasque, a eu du mal à trouver un travail stable et elle a fait mener à sa fille une vie chaotique en déménageant souvent. Rêvant de partir peut-être un jour au Brésil, Babou se résout, afin de remonter dans l'estime de sa fille, à accepter un emploi de vendeuse d'appartements en multipropriété à Ostende. Contre toute attente, Babou est douée dans ce domaine et obtient les meilleurs résultats. Elle attire la jalousie de ses collègues mais c'est son bon coeur qui va la perdre (je ne vous dirai pas comment ni pourquoi). Allez voir ce film bien joué par Isabelle Huppert et tous les autres, dont Aure Atika en "méchante", Noemie Lvovsky dans le rôle de la "bonne copine" qui prête sa voiture et Luis Régo qui interprète un amoureux transi (très convaincant dans les deux scènes où il apparaît). Je n'oublie pas Lolita Chammah (la fille d'Isabelle Huppert dans la vie) qui est vraiment très bien. Le film se termine joliment en musique. Tout cela donne envie de partir. Ce film simple et sans prétention semble rencontrer un certain succès public, c'est mérité.

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dimanche 25 juillet 2010

Les chaussures italiennes - Henning Mankell

Au vu de toutes les critiques plus que positives que j'ai lues sur la blogosphère, je me suis décidée à lire Les chaussures italiennes d'Henning Mankell, et pourtant j'avais des réticences après la lecture du résumé de la 4ème de couverture qui ne m'inspirait pas. Et après mon coup de coeur pour Profondeurs, roman froid comme la glace, j'ai été déçue par Les chaussures italiennes (Editions du Seuil). Je m'attendais à autre chose. D'abord, le titre du roman constitue seulement une référence à un passage court (et anecdotique) sur un Italien vivant en Suède, fabricant de chaussures sur mesure livrées un an après la date de commande. Les chaussures italiennes, qui se déroule sur une année, est un roman à la première personne dont le personnage central et narrateur s'appelle Fredrik Wallin. Ce dernier, âgé de 66 ans, ancien chirurgien orthopédiste dont la carrière a été brisée, vit reclus sur une île en compagnie d'une chatte et d'une chienne. Pour lutter contre le froid et la solitude, il creuse un trou dans la glace chaque matin et s'y immerge. Son seul contact extérieur consiste en un postier, Jansson qui vient trois fois par semaine en hydrocoptère ou par bateau. Wallin m'a paru tout de suite plutôt antipathique. Il reconnaît lui-même être un lâche (c'est peut-être pour cela que je n'ai pas aimé cette histoire). Un jour, Jansson, en guise de courrier, amène quelqu'un avec lui, Harriet, la femme que Wallin a aimée 40 ans plus tôt et qu'il avait laissée tomber du jour au lendemain. L'image d'Harriet s'aidant d'un déambulateur est surréaliste. Harriet est faible et malade, elle va mourir. Avec cet événement inattendu, Wallin découvre qu'il a une fille, Louise, jeune femme d'une trentaine d'années, assez marginale. Wallin, bousculé dans sa vie monotone, se remet en question. Il renoue contact avec la personne qu'il a mutilée suite à une erreur médicale. L'île où vit Wallin va devenir le lieu d'événements tragiques et parfois plus gais car Wallin va s'humaniser, s'ouvrir aux autres. Personnellement, j'ai eu du mal à m'attacher aux personnages et j'ai trouvé certains faits décrits invraisemblables. Je suis tout de même contente d'avoir lu ce roman malgré ma déception. Pour compléter, voir les avis enthousiastes d'Aifelle, Cuné, Dominique, Cathulu, Yv, BMR.

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vendredi 23 juillet 2010

Deux films avec Gemma Arterton

Je reprends temporairement mon rythme d'un billet tous les deux jours avant ma pause estivale du 1er au 16 août inclus. Car j'ai encore envie de parler de films que j'ai vus ou de romans que j'ai lus même si j'ai quelques réserves pour certains.
J'ai pu apprécier, coup sur coup, Gemma Arterton (
une jeune femme qui est train de se faire un nom dans le cinéma) dans deux films britanniques: La disparition d'Alice Creed de J. Blakeson et Tamara Drewe de Stephen Frears.

Le premier est un huis-clos à suspense très bien fichu avec un début presque sans paroles. Nous avons trois personnages: deux ravisseurs et leur victime, Alice Creed. On voit pendant le premier quart d'heure toute la préparation de l'endroit qui servira de geôle pour la kidnappée et qui est le cadre des 3/4 du film. On apprend petit à petit qu'Alice Creed n'a pas été choisie par hasard mais que des liens unissent la jeune et l'un des ravisseurs. On découvre aussi les liens qui unissent les deux ravisseurs: Vic et Danny, l'un étant un peu plus âgé que l'autre. Toute l'histoire se déroule côté victime et ravisseurs. Il n'y a aucune intervention extérieure. J'ai trouvé le parti pris du réalisateur assez original. Gemma Arterton en kidnappée donne du fil à retordre à ses deux ravisseurs très bien interprétés par Eddie Marsan et Martin Compston (qui a bien grandi depuis Sweet sixteen de Ken Loach en 2002).

Dans le deuxième, nous retrouvons Gemma Arterton dans le rôle de Tamara Drewe du film éponyme. C'est adapté d'une BD de Posy Simmonds qui vient d'être (ré)éditée en français. Devenue journaliste free-lance, Tamara revient dans le village de son enfance pour vendre la maison familiale. Vilain petit canard quand elle était petite, elle est devenue une ravissante jeune femme qui va faire des ravages auprès de la gente masculine alentour. Une des propriétés proche de la maison de Tamara abrite des écrivains plus en moins en mal d'inspiration. Il y a aussi deux jeunes filles (des chipies) désoeuvrées des environs qui s'occupent en espionnant les adultes. Elles vont semer le chaos autour d'elles, tout cela pour les (beaux) yeux d'une rock-star et de son chien appelé "Boss". C'est une histoire d'adultère, de vaches en folie. L'histoire se termine mal. Je ne vous dirais pas comment. J'aurais voulu apprécier plus cette comédie cruelle qui m'a parue manquer de rythme. C'est un peu long. Je m'attendais à autre chose. En revanche, les acteurs, très bien choisis, sont pratiquement tous inconnus du public français. Rien que pour eux et la campagne anglaise, je vous conseille ce film.

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