lundi 11 mars 2013

Miséricorde - Jussi Adler Olsen / L'enfant de Neanderthal - Thierry Bethune

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Ca y est, j'ai terminé Miséricorde (Editions Livre de Poche), le premier roman d'une série de Jussi Adler Olsen. Cet écrivain danois fait fureur sur la blogosphère avec ses trois romans déjà parus en francçais. Pendant 510 pages, j'ai suivi avec grand intérêt la première enquête de Carl Morck et de son assistant Hafez, seuls membres du département V, créé tout récemment au sein de la police danoise. Nous sommes en 2007. Carl Morck sort d'une enquête traumatisante dans laquelle un des ses collègues a été tué et l'autre paralysé à vie. On demande à Carl et à Hafez, qui forment au départ un duo improbable, de reprendre des affaires plus ou moins classées. Ils choisissent le cas de Merete Lyngaard, jeune femme politique pleine d'avenir disparue à bord d'un ferry, en 2002, cinq ans auparavant. Le récit alterne la progression de l'enquête et le calvaire qu'endure Merete dans un immense caisson: elle a été enlevée et elle vit sequestrée depuis lors dans des conditions effroyables. Une des choses qui la fait tenir, c'est l'espoir de revoir un jour son frère Oluf qui souffre de problèmes neurologiques consécutifs à un accident de voiture. Le roman est absolument haletant et les personnages intéressants. Je ne manquerai pas de lire les deux romans suivants, Profanation et Délivrance. Lire les billets d'Aifelle, Yv, Lystig, Valérie et beaucoup d'autres. Sinon, voici un lien pour avoir un avis sur Délivrance, le troisième roman paru de cet écrivain.

 

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Voici maintenant L'Enfant de Neanderthal, le premier roman de Thierry Béthune (Editions Albin Michel, 280 pages), un roman dont l'histoire qui se situe à la limite de la science-fiction sort vraiment de l'ordinaire (elle reste assez invraisemblable). Abel nous narre son histoire dont les origines remontent à plus de 28 800 ans, au temps où des Neanderthaliens (peut-être les derniers de l'espèce) furent massacrés par les hommes de Cro-Magnon dans le sud de la France. De nos jours, grâce aux avancées dans la génétique, les découvertes de l'ADN et la fécondation in vitro, Lorraine Sandel alias Louise Miller a mis au monde un garçon, Abel Inuk, enfant aux cheveux blonds mais au type prognathe (il est très laid). Quand le roman débute, Abel, âgé de 22 ans, est en fuite depuis que sa mère et l'ami de celle-ci, un médecin à la retraite, ont été assassinés un an auparavant. Abel se rend compte qu'il n'est vraiment pas un être comme les autres. Grâce à quelques relations de sa mère et aux services secrets français (?), il arrive à se cacher et à changer physiquement d'apparence afin d'échapper aux griffes de tueurs à ses trousses. On sent que Thierry Bethune s'est passionné pour la préhistoire et la renaissance d'espèces disparues grâce à l'ADN. C'est un roman bien écrit et intéressant mais qui reste superficiel dans le propos. A vous de voir.

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samedi 9 février 2013

Wadjda - Haifa Al Mansour

Wadjda de Haifa Al Mansour, c'est le premier film (coproduit avec l'Allemagne) réalisé par une femme et tourné en Arabie Saoudite. Wadjda est le prénom d'une petite fille de 12 ans, assez délurée, qui marche en baskets et porte un jean, écoute du rock et n'en fait qu'à sa tête. Elle vit avec sa mère qui donne des cours pendant que son père, qui est absent pour de longues périodes, revient de temps en temps. Nous sommes donc en Arabie Saoudite, à Ryad, de nos jours. Les femmes sont voilées (la maman de Wadjda porte le Niqab pour sortir et faire du shopping). Les femmes ne conduisent pas (elles payent un taxi collectif pour se faire conduire là où elles veulent). Wadjda rêve d'avoir un vélo bien à elle pour faire la course avec un jeune garçon de ses amis. Faire du vélo en Arabie Saoudite n'est pas interdit aux femmes mais pas bien vu. Comme sa maman rechigne à cette dépense, Wadjda décide de préparer un concours de chant coranique dans son école bien qu'elle ne soit pas une élève très attentive à l'école et ait du mal à déchiffrer et à psalmodier la Sourate des femmes. Par petites touches, la réalisatrice nous fait bien sentir le carcan religieux qui pèse sur ce pays (et certainement dans d'autres), où tout tourne autour de la prière et du Coran; un pays où les collégiennes se cachent des hommes (des ouvriers), où il est interdit de laisser le Coran ouvert (je vous laisse découvrir pourquoi), où l'on se lève à 4H ou 5H pour la première prière, où l'on interdit aux filles les contacts physiques (se tenir par la main par exemple), où les femmes doivent obtenir une permission du père ou du mari pour beaucoup de choses. On apprend que si le père de Wadjda n'est pas souvent là, c'est qu'il s'apprête à prendre une deuxième épouse. Wadjda va gagner son concours mais vous verrez ce qui va arriver. Allez voir ce film que je vous conseille. Lire les billets de Ffred, de Mymp, et celui compilé par Alain.

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lundi 7 janvier 2013

Argo - Ben Affleck / Jack Reacher - Christopher McQuarrie

Voici deux films américains que j'ai vus pendant les vacances de Noël et qui se laissent voir agréablement.

Le premier, Argo de Ben Affleck, s'inspire de faits réels. En novembre 1979, en Iran, après la fuite de Shah aux Etats-Unis, l'ambassade des Etats-Unis avait été prise d'assaut par les Iraniens. Nous étions en pleine révolution islamique avec l'imam Khomeiny. Six ressortissants américains employés de l'Ambassade américaine à Téhéran arrivent à s'échapper et partent se réfugier au consulat du Canada. La CIA tente une opération pour les exfiltrer, l'opération "Argo", du nom d'un film qui ne verra jamais le jour. Je vous laisse découvrir comment Hollywood a aidé la CIA et comment une coopération intelligente entre deux pays (USA et Canada) a porté ses fruits. Ben Affleck qui interprète aussi le rôle principal est excellent dans son rôle d'agent de la CIA parti sauver ses compatriotes. C'est un film sans esbrouffe, bien mené et passionnant. Il rencontre un joli succès mérité. Il ne faut pas oublier que, historiquement, les autres employés de l'ambassade sont restés otages plus d'un an, et n'ont été libérés par l'Iran qu'en janvier 1981, après l'élection de Reagan qui a succédé au Président Carter.

Le second film, Jack Reacher de Christopher McQuarrie (scénariste entre autre de l'excellent Usual suspects de Bryan Singer), est adapté d'un roman de Lee Child (je n'ai encore rien lu de cet écrivain). Jack Reacher, ancien membre de la police militaire américaine, est un héros récurrent de plusieurs de ses romans. C'est Tom Cruise (qui n'apparaît pas tout de suite à l'écran) qui interprète ce personnage énigmatique et insaisissable (au sens propre comme au figuré). En Pennsylvanie, sur la côte Est des Etats-Unis, un "sniper" tue de manière délibérée au fusil de précision cinq personnes (quatre femmes et un homme). James Barr, un ancien Marine, est rapidement appréhendé. Sur le point d'être jugé et condamné à la peine capitale, il demande à son avocate que Jack Reacher fasse quelque chose. Le film dure 2H10 mais on ne voit pas le temps passer. L'histoire est un peu cousue de fil blanc avec des "méchants" très méchants (mention spéciale à Werner Herzog dans le rôle du "Zec"), un "traître" (dont on ne connaîtra pas vraiment les motivations) et une jolie avocate qui se donne du mal pour innocenter son client. Et Jack Reacher se bat bien. Il y a une très belle scène nocturne de poursuite en voiture. Sinon, le bémol que j'émettrais est que ce film promeut l'auto-défense puisque Jack Reacher fait justice lui-même.

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vendredi 14 décembre 2012

Ernest et Célestine - Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier

Ernest et Célestine: pour résumer, allez voir ce film charmant d'une heure dix-neuf, bien fait, intelligent, qui n'est jamais niais. Il délivre un beau message: cohabitons tous en bonne intelligence. C'est une leçon de tolérance. Ernest, ours-orchestre à ses heures, vit de façon marginale dans une petite maison au sommet d'une colline, loin de ses congénères. En fouillant une poubelle pour chercher de la nourriture, il rencontre Célestine, une charmante souricette. Orpheline, douée pour le dessin, elle est chargée comme d'autres de son espèce de trouver des dents qui seront taillées en incisives pour remplacer les dents usées des rats. Tous ces rongeurs ont peur des grands "méchants" ours. Les ours vivent en surface alors que les rats et les souris se sont appropriés le monde souterrain. Je vous laisse découvrir les péripéties qui égrènent ce film. Le rythme du film est soutenu et bénéficie de dialogues écrits par Daniel Pennac. J'avoue que, jusqu'à ce que je voie le film, je n'avais jamais entendu parler des albums dessinés par Gabrielle Vincent (1929-2000). Les histoires d'Ernest et Célestine ont été publiés entre 1982 et 2004 aux éditions Casterman. Je compte bien en lire quelques-unes. Voici quelques photos que j'ai prises dans le dossier de presse en ma possession.

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Je terminerai en disant que j'ai vu ce film, sorti avant-hier mercredi 12 décembre 2012, dans une salle composée uniquement d'adultes qui étaient aussi enchantés que moi. Film à voir seul ou en famille.

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jeudi 29 novembre 2012

Royal Affair - Nikolaj Arcel

Royal Affair est un film historique très agréable à regarder. Il narre une page d'histoire dont je n'avais jamais entendu parler qui se passe au XVIIIème siècle, entre 1766 et 1775. Un Allemand, Johan Friedrich Struensee, devint le médecin personnel du roi Christian VII du Danemark et de Norvège (qui avait un comportement excentrique), et, par la même occasion, l'amant de la jeune reine Caroline Mathilde dont il tomba follement amoureux (et c'était réciproque). "Ce ménage à trois" sous l'influence de Struensee (ce dernier imprégné des écrits des philosophes français du siècle des Lumières comme Voltaire, Rousseau et Diderot) a essayé de changer les choses pour le bien des Danois. Pendant une courte période, 30 ans avant la Révolution française, ils vont mener une politique libérale et humaniste dans un pays où l'Eglise et les nobles possèdaient les terres et avaient droit de vie et de mort sur les serfs. Comme dans beaucoup d'autres pays à cette époque, la liberté d'expression n'existait pas - au contraire de la torture et de la peine de mort. La plus grande partie du film se passe dans le château de Christianborg à Copenhague. Ce film a été l'occasion de voir Mads Mikkelsen, un de mes acteurs "chouchous", dans un rôle qui le change de ses dernières prestations. Il joue un personnage amoureux - mais pas seulement. Cette histoire passionnante dont l'issue est tragique nous permet d'admirer de beaux décors et l'on sent qu'il a été apporté beaucoup de soin aux costumes. Je vous recommande ce film, très bien filmé. Lire les deux billets de ffred et Wilyrah.

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vendredi 3 août 2012

La vie sans principe - Johnny To / Rebelle - Mark Andrews et Brenda Chapman

Avant qu'il ne disparaisse définitivement des écrans, je veux évoquer La vie sans principe (1) du réalisateur hong-kongais Johnny To, un film assez jubilatoire (si, si) sur un sujet grave. En effet, en 2010, Hong-Kong est frappée de plein fouet par la crise financière européenne et surtout grecque car la bourse de Hong-Kong a spéculé sur l'Euro. L'essentiel de l'intrigue se passe dans une banque où des épargnants plus ou moins fortunés essaient de perdre le moins possible. Comme l'a très bien dit Alain Riou dans une récente émission récente du Masque et la Plume, ce film parle très bien de la cupidité humaine. Le film, qui m'a paru au début un peu confus, est constitué d'une suite de séquences qui forment un tout cohérent à la fin. J'ai surtout suivi le parcours de Theresa, une jeune employée de la banque. Sur le point d'être virée (elle ne fait pas assez de "chiffre", et pourtant elle ne ménage pas ses heures), elle va parvenir à s'en sortir grâce à une manne financière inespérée. C'est le premier film que je voyais de ce réalisateur. Je vous le conseille vraiment. Voir le billet très complet d'Oriane.

Et maintenant, voici Rebelle, le dernier né des studios Disney-Pixar, qui donne les deux rôles principaux à deux femmes: la mère, la reine Elinor, et sa fille, la princesse Merida, jolie rousse flamboyante et très bouclée. J'avais vu la bande-annonce qui m'avait moyennement attirée. Le film vaut nettement mieux que cela. En Ecosse, à une époque indéfinie, Merida, jeune princesse impétueuse, très douée à l'arc, va se rebeller contre sa mère, Elinor, qui veut qu'elle devienne une vraie jeune fille à marier. Le roi Angus, mari d'Elinor, regarde cela de loin. Pour tout compliquer, en Ecosse, dans cette période reculée, les légendes, les sorcières, les ours, les feux follets, les rivalités entre clans vont s'en mêler. Je ne vous dévoilerai rien de plus pour vous laisser la surprise. C'est un film qui peut plaire aux petits et aux grands. Je voudrais faire remarquer la grande qualité de l'animation. Les animaux comme les ours et le cheval Fergus sont très réussis. Le scénario original bien écrit n'est pas niais. Vraiment bien en 2D, mais la 3D existe. J'ai malheureusement vu le film en VF. Je pense que la VO vaut la peine d'être vue et entendue, car les acteurs qui font les "voix" sont tous d'origine écossaise.

(1) et non "Une vie sans principe" comme j'avais écrit initialement

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dimanche 22 juillet 2012

Films vus et non commentés depuis le 29/05/12

Voici trois films vus très récemment. Je vous conseille vraiment les deux derniers.

Autant j'étais sortie enchantée de Midnight in Paris, autant To Rome with love de Woody Allen a été une grosse déception dans l'ensemble, par la faute d'un scénario un peu faiblard. On assiste à une suite de saynètes pas très drôles sans liens véritables. Je ferais une exception avec les séquences où Roberto Benigni, un monsieur Tout-le-monde, se retrouve sous les feux des projecteurs de télévision et puis retombe dans l'oubli très vite (c'est vraiment très bien vu). Il faut noter que le film parle autant italien qu'anglais, et Woody filme relativement peu Rome.

Summertime (The Dynamiter) est un de mes coups de coeur estival. C'est le premier long-métrage d'un réalisateur à suivre, Matthew Gordon. Le film qui dure 1H15 suit au plus près des acteurs non-professionnels, dont William Ruffin, qui interprète Robbie Hendrick, le personnage central de l'histoire, un garçon de presque 15 ans. L'histoire se déroule de nos jours, pendant l'été au début des vacances scolaires, dans l'état du Mississipi (très pauvre). Dépressive, la mère de Robbie et de son petit frère Fess les a pratiquement abandonnés pour partir en Californie refaire peut-être sa vie. Livrés à eux-mêmes, ils  partagent une masure avec leur grand-mère mutique et un chien. Le film qui a été primé au dernier festival du film américain de Deauville ne tombe jamais dans le misérabilisme, bien au contraire. Il faut dire que Robbie est un garçon qui garde l'espoir que tout peut s'arranger. C'est lui qui tient sa famille à bout de bras. Il accepte un travail saisonnier fatigant dans une station-service. Il ne s'abandonne jamais au désespoir. Je vous laisse découvrir ce film qui en vaut vraiment la peine car on voit l'Amérique des gens de peu.

Quand je suis sortie de la projection d'Historias (des histoires qui n'existent que lorsque l'on s'en souvient) de Julia Murat, film franco-brésilo-argentin, (sorti cette semaine dans deux salles à Paris), je me suis sentie agressée par les bruits de la ville. En effet, pendant 1H30, Historias nous plonge dans une histoire hors du temps qui se passe quelque part dans un paysage brésilien verdoyant où les seuls bruits sont ceux des insectes, des oiseaux et de la cloche de l'église. La dizaine d'habitants d'un hameau oublié du monde, Jotuomba, vivent au rythme de la messe quotidienne et du repas partagé avec le prêtre. Madalena est celle qui pétrit la pâte la veille pour livrer des petits pains (faits avec des oeufs et de la farine) dans le magasin d'Antonio le lendemain matin. Il faut la voir installer les petits pains dans une niche du magasin réservée à cet effet. Pendant ce temps-là, Antonio prépare le café (pas bon paraît-il) qu'ils boivent avant d'assister à la messe. Madalena, la soixantaine, veuve, écrit tous les soirs à la lumière d'une lampe à pétrole des lettres à son mari disparu. L'arrivée inattendue de Rita, une jeune femme photographe, ne va pas trop déranger ce rythme de vie immuable où quelques interrogations affleurent comme le fait que personne ne peut plus entrer dans le cimetière et que depuis plus de trente ans, le nom des personnes décédées ne sont plus inscrites sur un panneau de l'église. C'est un film magnifique sur le temps qui passe, la vieillesse, l'oubli et le souvenir. Je me suis sentie dans un état de "zenitude" quand le film s'est terminé. Cela m'arrive rarement.

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mardi 29 mai 2012

Films vus et non commentés depuis le 26/04/12

Voici quatre films que je n'avais pas encore chroniqués.

Pour un premier long-métrage, Margin call de J. C. Chandor est une réussite. Il nous fait découvrir les prémices de la crise financière de 2008 au sein d'une grande banque d'investissement où interviennent des licenciements secs (aux Etats-Unis, la façon de faire est brutale). Juste avant de quitter les lieux, un des licenciés qui fut à la tête du département "management des risques" prévient qu'un gros problème va arriver, la banque est proche de la banqueroute. En 24 heures, on peut voir quelques personnages importants de cette banque essayer de s'en sortir au mieux et tant pis pour les autres. C'est un film qui prend son temps, il n'y a aucune agitation, on parle beaucoup autour d'une table ou ailleurs. Cela pourrait se jouer au théâtre. Les personnages sont tous plus cyniques les uns que les autres. Ce n'est jamais qu'une histoire d'argent comme dit le directeur joué impeccablement par Jeremy Irons. Les autres acteurs sont tout aussi excellents: Stanley Tucci, Kevin Spacey, Simon Baker (vu dans The Mentalist), Paul Bettany et Demi Moore. Un bon film.

Dark Shadows de Tim Burton (qui semble beaucoup s'être inspiré de la famille Addams) se regarde avec plaisir, mais la fantaisie y fait défaut. Exceptés Angélique (la sorcière) et Barnabas Collins (le vampire, revenu d'entre les morts au bout de 200 ans), les autres personnages manquent de consistance. La mort d'Angelique est un moment très poétique: elle se fèle comme une poupée de porcelaine. J'ai retenu deux autres scènes notables: quand Barnabas très pâle se lave les deux canines devant une glace avec une brosse à dent et la scène "torride" entre Angélique et Barnabas: ça déménage! A part ça, une grande partie de l'histoire que je ne raconte pas se passe surtout dans un manoir gothique en 1752 puis en 1972, où vivent les Collins qui forment une famille décomposée constituée par Elizabeth (Michelle Pfeiffer) et de son frère Roger (Johnny Lee Miller), père lâche et indigne, tandis que les deux enfants de la maisonnée sont perturbés l'un et l'autre pour des raisons différentes. Vit aussi là, une psychologue, Helen Bonham-Carter qui se met à rêver d'immortalité. Ce n'est pas forcément le meilleur film de Tim Burton pour ceux qui ne le connaissent pas encore.

Babycall du Norvégien Pål Sletaune est un thriller qui commence de façon plutôt banale, et qui, au fur et à mesure, change de ton pour entrer dans le genre paranormal et fantastique. Le film est porté par Noomi Rapace qui interprète Anna, une maman inquiète pour Anders, son petit garçon de 8 ans. Elle a quitté le domicile conjugal car son mari les battait, elle et son garçon. Elle loge dans l'appartement qu'on lui a alloué, situé dans une espèce de HLM impersonnel et très laid. N'étant pas tranquille la nuit, elle achète un "babycall" (autrement dit un interphone bébé) qui intercepte des cris et des pleurs venant d'ailleurs dans l'immeuble. Le fantastique intervient par petites touches et la fin assez inattendue qui lorgne vers Le 6ème sens est très réussie. Le réalisateur nous a bien manipulés. C'est un film que je vous recommande. (Lire le billet enthousiaste de ffred).

Moonrise Kingdom de Wes Anderson est le premier film que je vois de ce réalisateur. C'est en lisant un billet de Wilyrah que j'ai eu envie de le découvrir. Je n'ai pas été déçue car le film dégage un charme poétique et champêtre. En 1965 (on entend une chanson de Françoise Hardy), deux jeunes adolescents vivent une jolie histoire d'amour sur une île au large de la côte est des Etats-Unis. Le garçon est un scout rebelle qui n'a plus ses parents, la jeune fille est l'ainée d'une famille de quatre enfants qui vivent avec leurs deux parents un peu excentriques. Une des tempêtes du siècle qui va balayer tout sur son passage va aussi jouer un grand rôle. Il faut noter le casting impressionnant: Bill Murray, Frances Mc Dormand, Edward Norton, Bruce Willis, Tilda Swinton et en grand chef scout: Harvey Keitel! C'est un film pour petits et grands. Lire le billet enthousiaste de Wilyrah.

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dimanche 20 mai 2012

De rouille et d'os - Jacques Audiard

Etant une grande admiratrice du cinéma de Jacques Audiard (voir ici et ) depuis Regarde les hommes tomber, j'avais hâte de découvrir son nouveau film (son sixième). Le scénario est tiré d'une nouvelle d'un écrivain canadien, Craig Davidson (le recueil est paru aux Editions Albin Michel). L'argument de ce film, c'est le destin de deux personnes, Ali et Stéphanie, qui n'étaient pas fait pour se rencontrer, et pourtant la vie en a décidé autrement. Ali et Sam, son petit garçon de cinq ans, quittent le nord de la France pour partir vers Antibes, chez la soeur d'Ali, caissière dans une grande surface. Ali (Matthias Schoenaerts découvert dans Bullhead) est pauvre, il vole pour donner à manger à son petit garçon, et se bat à mains nues dans des combats clandestins qui lui font gagner de l'argent. Avec ses relations féminines, Ali fait l'amour comme il combat, vigoureusement. Pour lui, c'est un exercice hygiénique. Arrivé à Antibes, Ali se met à travailler comme agent de sécurité la nuit après avoir été "videur" d'une boîte de nuit (c'est là qu'il fait la connaissance de Stéphanie). Par ailleurs, Ali se comporte parfois assez brutalement envers son petit garçon mais sans penser à mal. Il ne connaît pas sa force. De son côté, Stéphanie (Marion Cotillard, qui retrouve enfin un grand premier rôle) travaille au Marineland d'Antibes, elle se produit avec des orques. Un jour, Stéphanie perd ses deux jambes lors d'une démonstration. Très seule, elle contacte Ali qui n'éprouve pas de la pitié pour elle mais lui montre beaucoup de délicatesse et c'est ce qu'elle apprécie. Il faut retenir quelques belles scènes dont celles où Stéphanie refait, assise sur son fauteuil roulant, les gestes pour attirer l'orque, et quand elle appelle l'orque en tapant sur l'immense aquarium. Je n'ai pas trouvé cette histoire d'amour aussi bouleversante que je m'y attendais, mais Audiard prouve une fois de plus qu'il est un formidable directeur d'acteurs; et il arrive à montrer un lourd handicap sans que cela tombe dans le voyeurisme. Si j'ai bien lu quelque part, De rouille et d'os fait allusion au goût du sang et aux dents que l'on peut perdre lors de combats. Ce film n'est pas mon préféré de ce cinéaste, mais je vous le conseille bien évidemment. Je pense qu'il gagnera peut-être un prix à Cannes où il est en compétition. Voir les billets d'Alex, de Wilyrah et de Claire.

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dimanche 8 avril 2012

La tristesse du samouraï - Victor del Arbol

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J'ai trouvé que La tristesse du samouraï du Catalan Victor del Arbol (Editions Actes sud, 350 pages), que Dominique a beaucoup apprécié, est un excellent roman policier (mais pas uniquement). L'histoire se passe sur 40 ans, de 1941 à 1981, entre Merida en Estramadure (sud-ouest de l'Espagne) et Barcelone et ses environs. Avec comme arrière-plan le franquisme, la seconde guerre mondiale et le putsch manqué de 1981, on suit l'histoire de plusieurs individus dont Maria, une avocate qui a mis un homme en prison. C'est l'histoire d'une femme très belle, Isabel, dont l'exécution a été ordonnée par son mari. C'est aussi le destin fracassé d'Andrès et Fernando, les fils d'Isabel. C'est enfin l'histoire d'une épée de samouraï, objet de fascination d'un petit garçon mais aussi instrument de mort. Au fur et à mesure, on comprend les liens unissant les personnages qui apparaissent dans ce roman très bien construit et qui ne se termine pas vraiment en "happy-end". Que de vies gâchées! Je pense que Victor del Arbol (qui travaille dans les services de police de la communauté de Catalogne) est un écrivain à suivre.

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