vendredi 17 septembre 2010

The Town - Ben Affleck

J'avais vu en avant-première ce film (sorti avant-hier, mercredi 15 septembre 2010) en me disant que j'allais passer un bon moment: et bien ce fut le cas. Ben Affleck est bien remonté dans mon estime (je n'avais pas été convaincue par Gone Baby Gone). The Town (la ville), c'est celle de Boston ou plus précisément Charlestown, un des quartiers de la ville (à la triste réputation d'être la ville qui subit le plus d'attaques de banques aux Etats-Unis). Quatre malfrats masqués d'une cagoule avec un dessin de tête de mort y dévalisent une banque. Tout se fait (presque) sans violence. Parmi les employés de la banque se trouve une jeune femme (la directrice), Claire Keesey (Rebecca Hall), qui ouvre le coffre sous la contrainte. Elle seule peut reconnaître l'un des braqueurs, James Caughlin (Jeremy Renner), au tatouage qu'il a dans le cou. D'autres cambriolages ont lieu. La bande est bien préparée et organisée sous la férule d'un fleuriste, un truand dangereux (Peter Postlethwaite). Cependant, l'un des quatre, Doug (Ben Affleck), n'oublie pas Claire dont il est tombé amoureux. Je ne vous dirai rien de plus. J'ai suivi cette histoire avec beaucoup de plaisir. C'est un film qui alterne l'action et des scènes plus reposantes. Il faut noter la présence du séduisant Joe Hamm (le personnage principal de Mad Men) en inspecteur du FBI. Ce film d'honnête facture devrait rencontrer un certain succès. A voir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 1 juillet 2010

Films vus et non commentés depuis le 09/04/2010

Avant d'entamer mon rythme saisonnier d'un billet tous les 4 jours comme l'année dernière, je voudrais évoquer quelques films que j'ai vus plus ou moins récemment, dont je n'ai pas parlé et qui me tiennent vraiment à coeur.

Les secrets est un beau film même s'il est dur et austère (l'image froide accentue cette impression). Il évoque trois femmes qui "squattent" une belle demeure à l'abandon et délabrée. Nous sommes en Afrique du Nord, en Tunisie ou en Algérie à la campagne. Raja Amari, la réalisatrice, ne dévoile rien sur ces femmes qui vivent cloîtrées dans la partie où logeaient les domestiques (je ne fais qu'imaginer). On apprend qu'il s'agit d'une mère et de ses deux filles, Aïcha (la plus jeune, âgée d'à peine 20 ans) et Radia. La mère et Radia surveillent Aïcha qui semble presque prisonnière, surtout quand les deux s'absentent comme par exemple lorsque Radia vend ses ouvrages de couture dans la ville voisine. Elles empêchent Aïcha de s'épanouir. Elles la protègent surtout des hommes. Une intruse devenue leur prisonnière va faire tout basculer. La fin inattendue est terrible. Le film est sorti en salle à Paris le 19 mai dernier. Je suis allée le voir parce qu'une collègue m'en avait dit du bien. Je n'ai pas regretté. La jeune Hafsia Herzi (vue dans La graine et le mulet où elle jouait Rym) qui interprète Aïcha est très bien.

L'illusionniste de Sylvain Chomet sur une histoire originale de Jacques Tati. Le film vaut surtout (à mon avis) pour la technique, et visuellement c'est une splendeur: un vrai travail d'art. Quant à l'histoire, j'ai été un peu décontenancée par les pérégrinations de ce magicien qui quitte Paris pour partir en Ecosse dans les Highlands, puis s'installe un temps à Edimbourg avant de partir pour ailleurs? En Ecosse, il va faire la connaissance d'une jeune fille. La nature de leurs rapports reste vague. Les rares paroles prononcées sont plus des borborygmes qu'autre chose. La dernière phrase du film (des mots écrits sur un papier) est: Les magiciens n'existent pas. Mon ami qui a vu le film avec moi a trouvé l'histoire poignante. Personnellement, je n'ai pas été touchée par ce film un peu froid. Pour les admirateurs de Tati, je pense qu'ils trouveront leur bonheur; pour les autres (dont je fais malheureusement partie): bof. Lire la critique élogieuse de Thomas Grascoeur.

La bocca del lupo de Pietro Marcello est un documentaire étonnant d'1H15 qui suit un homme, Vincenzo Motta, dans les rues pouilleuses de Gênes, ville natale de Christophe Colomb. Le film alterne des documents du temps jadis, à l'époque où Gênes prospérait, et des images des ruelles de Gênes d'aujourd'hui où l'on croise des travestis et des prostituées. Vincenzo (dont le visage m'a fait penser à celui de Gian Maria Volonte) a purgé une peine de 27 ans de prison. Il est maintenant libre et vit avec Mary Monaco, une transsexuelle qu'il a connue et protégée en prison. Leur amour dure depuis 20 ans. Le moment fort du film consiste dans la confession de Mary avec Vincenzo assis à côté d'elle. C'est beau et émouvant. Du grand cinéma.

Puzzle de la réalisatrice Natalia Smirnoff m'a beaucoup fait penser à Joueuse avec Sandrine Bonnaire. Maria del Carmen, qui fête ses 50 ans, est mère de famille (de deux grands garçons). Elle a un mari qui l'aime profondément. Maria se découvre une passion pour les puzzles (Rompecabezas en espagnol) qu'elle arrive à reconstituer très vite d'une manière personnelle en ne commençant pas par les bords. Cela se passe en Argentine. Voir l'article d'Alex qui donne des raisons à la genèse du film que j'ignorais complètement. L'actrice qui interprète Maria n'est pas très belle mais son visage rayonne de l'intérieur. Pour moi, c'est l'histoire d'une femme qui veut s'émanciper après s'être occupée de son mari et de ses enfants. Elle gagne un tournoi avec un partenaire. Est-ce qu'elle saura aller plus loin? La fin est très ouverte. Personnellement, j'ai voulu voir ce "Puzzle" car cette activité ludique a beaucoup occupé de mon temps pendant ma jeunesse. Je compte bien m'y remettre.

mardi 11 mai 2010

Invisible - Paul Auster

Je peux résumer Invisible en disant qu'il est composé de 4 parties: Printemps, Eté, Automne, et un épilogue, 40 ans plus tard, de nos jours. Cet épilogue remet en cause certains faits décrits précédemment. Les trois premières parties de l'histoire se passent en 1967 quand Adam Walker, âgé de 20 ans, étudiant à l'université, rencontre lors d'une soirée Rudoph Born, professeur invité à l'Université de Columbia à New York. Ce dernier est accompagné d'une certaine Margot. Rudolph Born lui fait une proposition intéressante que je vous laisse découvrir. En revanche, quelques jours, plus tard, Rudolph Born tue un jeune noir qui semblait le menacer et Adam est témoin de la scène. Choqué, il remet tout en question. C'est là qu'on apprend que ce qui vient de nous être raconté est le premier chapitre d'un livre qu'Adam essaie d'écrire. Il fait un blocage. "Il s'est étouffé, rendu invisible..." en ayant écrit à la première personne. C'est ce qu'il explique à un ancien camarade de fac, Jim (Paul Auster lui-même?) qui lui donne une piste sur comment pallier cette situation de blocage (voir la page 88 du livre - très intéressante - où le Je devient Tu et après Il). Et on constate en effet que la suite du texte est écrite successivement à la deuxième et troisième personne du singulier ce qui donne un point de vue narratif qui change. A partir de là, le récit continue à la deuxième personne du singulier et concerne plus directement Adam et ses relations incestueuses avec sa soeur aînée Gwyn en 1967. Auster décrit des situations explicites et assumées. Il n'y a aucun remord dans cette relation entre deux adultes consentants. Mais je comprends que cela puisse gêner les lecteurs. Paul Auster ne nous avait pas habitués à cela. Ceci mis à part. j'ai beaucoup aimé Invisible qui se lit vite et qui donne quelques clés sur la création littéraire. Je ne regrette pas cet achat parmi d'autres lors de ma virée au dernier Salon du Livre à Paris puisque Paul Auster me l'a dédicacé signé comme à quelques dizaines d'autres personnes. En revanche, mes romans préférés d'Auster restent sa trilogie New-Yorkaise: Cité de verre, Revenants et La chambre dérobée.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : ,
dimanche 21 mars 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10 (suite 1ère partie)

J'ai donc repris ma rédaction de billets après quelques jours qui ont passé trop vite à mon goût. Pendant cette période "sans blog", je n'ai malgré tout pas eu le temps de faire tout ce que je voulais, mais je ne pouvais pas laisser tomber mes lecteurs trop longtemps.

Je poursuis mes billets avec plusieurs films chroniqués car j'ai beaucoup de retard. D'autres suivront.

Sherlock Holmes de Guy Ritchie est un film distrayant où le méchant n'est pas Moriarty (quoique) mais un certain Lord  Blackwell, qui se sert de stratagèmes, de poisons et de tours de passe-passe pour essayer de s'emparer du pouvoir en Angleterre et instaurer une dictature. Heureusement que Sherlock Holmes et son fidèle Watson veillent, jeunes et fringants. Holmes (Robert Downey Jr) n'est pas encore trop "acccro" aux drogues, en revanche, il sait bien se battre à mains nues (il gagne des paris de cette façon). Watson, lui, est médecin-expert auprès des tribunaux. Parmi les méchants, il faut noter un géant parlant un français improbable et avec une force colossale. J'ai trouvé les effets spéciaux réussis et, pour une fois, j'ai tout compris. Mais il est vrai qu'on on nous explique plusieurs fois ce qu'il faut comprendre. Film distrayant.

Le père de mes enfants de Marion Hansen Love. J'ai enfin pu voir (avant qu'il ne soit trop tard) ce film dont j'avais entendu et lu du bien. La réalisatrice s'est inspirée de la vie du producteur Humbert Balsan, lequel s'est suicidé en 2005. Il y a deux grandes parties dans le film: avant et après la mort de Grégoire Canvel (Louis-Do de Lencquesaing, remarquable), producteur indépendant de films un peu d'avant-garde et beaucoup "Art et essai". Mais sa société de production "Moon Films" rencontre de grosses difficultés financières. Malgré une vie de famille équilibrée entre sa femme et ses trois filles, Grégoire se suicide sans que l'on nous donne une raison précise. Sa femme (Chiara Caselli) reprend le flambeau, et Clémence, sa fille ainée, va essayer de comprendre le pourquoi cette disparition. Ce film est une sorte d'hommage à ces personnages passionnés de cinéma qui y vouent leur vie et plus encore. C''est un film sur le milieu du cinéma avec ses doutes et ses problèmes. Le métier de producteur est dur et sans pitié. Mais ce n'est pas un film triste car, à la fin, Clémence s'émancipe en se tournant vers le cinéma. Film intéressant d'une jeune réalisatrice à suivre.

Je m'attendais à autre chose du film An education de la réalisatrice danoise Lone Scherfig, surtout en sachant que le scénario est de Nick Hornby. C'est un film sage dans lequel Carey Mulligan qui joue Jenny est une jolie révélation avec ses airs d'ingénue. Le titre pourrait se traduire en français par "Une éducation sentimentale". Tout est un peu languissant à mon goût, on est à la limite de l'ennui. Ce n'est pas très drôle. Il manque l'humour britannique. Pour résumer, Jenny, élève modèle en dernière année de lycée avant de tenter d'entrer à Oxford, tombe amoureuse d'un homme un peu escroc qui lui fait miroiter une vie romantique. C'est un vrai gentleman plein d'attentions pour elle. Ce faisant, il lui fait découvrir un début de vie aisée et insouciante. Bien entendu, il n'est pas ce qu'il dit être. Cela se termine dans le conformisme sans éclat: Jenny reprend ses études et puis voilà. De Lone Scherfig, je vous conseille plutôt Italian for Beginners: un film vraiment sympa tourné dans la lignée du "Dogme".

Soul Kitchen de Fatih Akin, troisième film que je vois de ce réalisateur germano-turc, est a priori une comédie. Je l'ai vu en avant-première en présence du réalisateur et des distributeurs français, qui nous ont surtout dit que le film avait fait 1 million d'entrées en Allemagne. Je pense ne pas avoir le même goût que les Allemands.... Fatih Akin s'essaye donc à faire sourire: il a encore des progrès à faire. C'est surtout le scénario que j'ai trouvé faiblard. Les acteurs s'amusent plus que nous, certains ne font que des apparitions comme Birol Unel (Head on). Cela se passe à Hambourg de nos jours. Zinos, un Allemand d'origine grecque, est le propriétaire d'une sorte de grand hangar qui fait restaurant. Les clients sont rares et la nourriture peu variée, mais des habitués se plaisent en ce lieu. Zinos est amoureux d'une jeune femme qui part en Chine. Il engage un nouveau chef de cuisine caractériel qui fait fuir les clients et Zinos se retrouve avec des problèmes de dos. Quel est le rapport, me direz-vous? Et bien pas beaucoup. On trouve quelques bonnes idées dont celle de l'Allemand blond, le "méchant" qui fait tout pour récupérer le hangar: c'est le terrain qui l'intéresse à des fins de spéculations immobilières. Selon le dossier de presse, l'histoire est inspirée de la vie de l'acteur principal Adam Dousdoukos qui a participé au scénario. Toujours est-il que je trouve Fatih Akin plus inspiré dans des films graves comme Head-on (cf. mon billet du 15/01/07).

<< précédents <<       >> suivants >>

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
mercredi 3 février 2010

Quelques films vus et non commentés depuis le 27/01/10

Cette fois-ci, contrairement à ma série précédente, le regroupement se justifie par le fait que j'ai vu depuis le début de l'année beaucoup de films qui risquent de disparaître des salles rapidement et dont je souhaite parler tant qu'ils passent encore, au moins, à Paris.

Agora (dont Céline a dit le plus grand bien) est un des premiers films que j'ai vus cette année. Il a été réalisé par Alejandro Amenabar (qui a aussi tourné Les autres, en 2001, et Mar adentro, en 2005). On peut le qualifier de "peplum" parce qu'il se passe pendant l'Antiquité, à Alexandrie, au IVème siècle après Jésus-Christ. L'originalité de l'histoire est que le personnage principal est une femme, Hypathie, une astronome qui a réellement existé. Son père, Theon, fut le dernier directeur de la célèbre bibliothèque de la ville. Cette période reflète une transition entre le déclin de la civilisation gréco-romaine et l'influence croissante du christianisme. Tour à tour, les Chrétiens, les Juifs et les non-croyants se persécutent mutuellement, sans parler de la bibliothèque mise à sac et des parchemins et autres documents brûlés (c'est un autodafé). Mais au bout du compte, la dernière persécutée, c'est Hypathie, femme cultivée, savante: on lui reproche d'être ce qu'elle est (cela reste malheureusement très actuel). J'ai trouvé la dernière séquence bouleversante, entre Hypathie et un jeune esclave affranchi qui l'aime. La reconstitution d'Alexandrie et de sa bibliothèque est très belle avec de nombreux effets numériques. J'ai lu des critiques disant que les personnages masculins ne sont pas intéressants: cela ne m'a pas dérangée puisque c'est le personnage féminin (Rachel Weisz, lumineuse) qui est important.

Restons avec une femme comme personnage central mais dans un registre complétement différent: Mother de Bong Joon Hoo (à l'affiche depuis cette semaine), vu en avant-première grâce à Jérôme de cinefriends (et je l'en remercie une fois de plus). J'avoue que j'ai eu un peu de mal à "entrer" dans l'histoire, et puis petit à petit, je me suis laissée emmener dans cette histoire d'amour entre une mère et son fils (on n'est pas loin de l'inceste). Dans une ville de Corée, une jeune fille est retrouvée morte en haut d'un immeuble dans une posture grotesque. On accuse Do-Joon, 28 ans, qui est le dernier à l'avoir vue. La mère de Do-Joon (âgée d'une soixantaine d'année) fait tout pour le sortir de prison en essayant de prouver son innocence. Pour cela, elle commettra jusqu'à l'irréparable. On ne connaît pas leur passé à tous les deux qui a dû être difficile. Le fils est à la limite de la débilité. Il y a une séquence au début du film qui nous montre cette femme dans un champ de blé en train de danser. Le reste n'est pas aussi bucolique et la fin est terrible. En tout cas, avant de traiter quelqu'un d'idiot, je ferais attention (cet aparté est destiné à ceux qui connaissent déjà l'histoire). L'actrice qui joue la mère est sensationnelle, c'est elle qui porte tout le film. On plaint cette mère, et en même temps, elle est monstrueuse. Seul défaut du film, c'est un peu long (surtout quand on sait ce qui s'est passé): 2h10. Du même réalisateur, j'avais vu Memories of murder (2004) que je n'avais pas du tout aimé.

Pour finir dans un registre plus léger, j'ai bien apprécié Pas si simple (dont le titre original est It's complicated) de Nancy Meyers, qui met en scène des quinquas qui assurent plutôt bien côté bagatelle devant la jeune génération ébahie. Meryl Streep m'a épatée une fois de plus dans le rôle d'une femme, Jane, divorcée depuis 10 ans, mère de trois enfants et qui revit quelques moments de folle passion (sexuelle) avec son ancien mari, Jack (lui-même remarié avec une plus jeune), joué par un Alec Baldwin avec quelques kilos en trop. L'histoire se passe entre Malibu en Californie et New York. Jane dirige une grande pâtisserie / salon de thé (elle est la reine du croissant, ayant pris des cours de cuisine en France). En plus de son ex-mari, elle entame une relation plus chaste avec un architecte, Adam (Steve Martin), qui lui refait toute sa maison. Dans ce film, on trouve quelques moments d'anthologie, dont un où Jack, sur un lit, en tenue d'Adam, dissimule à nos yeux ses parties intimes derrière un écran d'ordinateur allumé sur le mode webcam. Je ne vous raconte pas la suite. La salle était hilare. Une très bonne comédie qui semble avoir du succès depuis sa sortie.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

samedi 31 octobre 2009

Le démon des femmes - Robert Aldrich

J'ai enfin revu un film longtemps invisible qui m'avait marquée il y a plus de 25 ans (il date de 1968). C'était au temps du cinéma de minuit sur France 3. The legend of Lylah Clare (titre original et plus parlant que "Le démon des femmes") est un des trois films qu'Aldrich a consacré à l'univers impitoyable du cinéma en général et d'Hollywood en particulier (Les autres sont The big Knife et What happened to Baby Jane?). Lylah Clare, grande star d'Hollywood, est morte il y a plus de 20 ans sous les yeux de son mari et réalisateur Lewis Zarkan. Ce dernier, qui vit retiré, rêve de faire un film sur elle. Un impresario trouve un sosie de Lylah en la personne d'Elsa Brickman (qui est rebaptisée Elsa Campbell), jeune actrice pleine de fraîcheur, d'espoirs et d'illusions (Kim Novak, magnifique, tient les deux rôles: des flash-back ponctuent l'histoire). Le tournage va pouvoir se faire. Elsa, amoureuse de Zarkan, ira jusqu'au bout de l'expérience... Bien sûr, le spectateur saura, au fur et à mesure, comment est morte Lylah Clare. Ce n'est pas un film confortable, il prend à rebrousse-poil, il est dense et étouffant. Il y a pas mal de personnages tous plus monstrueux les uns que les autres, avec la femme à la jambe artificielle rapporteuse de ragots, l'impresario mourant, le producteur avide (Ernest Borgnine), le réalisateur égocentrique et l'actrice lesbienne disparue. Aux Etats-Unis, lors de sa sortie, le film fut un échec critique et donc commercial cuisant. Il faut dire que la fin, par exemple, atteint un niveau de cynisme rarement vu: une pub télé pour pâté pour chien "barkwell" (aboie bien) qui vient juste après l'annonce d'un décès. Je vous conseille de voir ce film pour les comédiens, pour la re-création de l'univers hollywoodien d'antan (comme on peut éventuellement l'imaginer), et pour le scénario riche. Je ne regrette pas de l'avoir revu. Comme Victime, il est projeté dans une seule salle. Dans le même ordre d'idées, il y a en ce moment à Paris une rétrospective Robert Aldrich à la cinémathèque française. J'espère que cela annonce de prochaines (re)sorties en DVD.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,
jeudi 15 octobre 2009

La lamentation du prépuce - Shalom Auslander

J'ai beaucoup appris (enfin je pense) et je me suis bien amusée à la lecture de ce roman (paru en poche aux éditions 10/18) très drôle et caustique, plutôt iconoclaste voire blasphématoire, où le narrateur (qui porte le même nom que l'auteur) a du mal à suivre les préceptes de la stricte orthodoxie juive dont il est issu. Orli, la femme du narrateur, doit bientôt accoucher. Shalom (qui signifie paix en hébreu) se demande s'il va faire pratiquer, selon la tradition, la circoncision du prépuce du bébé à naître. Il voudrait que son fils ne soit pas comme lui: élevé dans la religion. L'histoire alterne entre Shalom depuis son entrée à l'école primaire et Shalom futur papa. On lui a enseigné ce qui se fait ou non ou non pendant Shabbat (il y a 39 activités prohibées ce jour-là) et les autres jours de la semaine. La religion est au centre de son éducation. L'alimentation qui est essentielle à la vie bénéficie de 6 bénédictions de base. Sinon, l'enfance de Shalom est marquée par ses relations houleuses avec ses parents (son père surtout, menuisier de talent mais homme un peu violent). La mère de Shalom, soeur de rabbin, voudrait que son fils le devienne. Shalom ne répond pas vraiment à cette attente. Il n'arrête pas de faire des entorses à la religion. Il devient pick-pocket, fume des joints, se voue au plaisir solitaire grâce à des revues licencieuses (qui sont cachées sous le lit de son père) (les termes du roman sont plus crus). Mais éprouvant du remord, il les brûle par la suite. Pourtant à 18 ans, il se retrouve à Jérusalem pendant deux ans (il y a un passage savoureux avec le Mur des Lamentations). A 20 ans, il est encore puceau. La religion n'a rien arrangé. Par la suite, il devient "free-lance" dans la pub après avoir été croque-mort. Tout le roman est une suite de plaintes contre le "Tout-Puissant" qu'il craint et défie en même temps. D'ailleurs, il a peur d'être puni et que sa femme et de son fils meurent (jusqu'au moment de l'accouchement). Petite anecdote humoristique, il donne comme prénom à son fils: Pax (paix en latin). Pour résumer le roman, ce n'est pas facile d'être Juif orthodoxe à Monsey dans l'Etat de New-York et même ailleurs. Je recommande ce roman bien écrit au style alerte et distrayant.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : ,
mercredi 7 octobre 2009

Fish Tank - Andrea Arnold

Fish Tank veut dire littéralement "bocal à poisson". En effet, on ressent assez vite une impression de tourner en rond dans cette banlieue du grand Est de Londres. Les personnages vivent comme dans un bocal dont on peut difficilement sortir. Dès que le film commence, on suit Mia, jeune adolescente de 15 ans, "vilain" petit canard (l'actrice est ravissante) dans la cité "dortoir" (sinistrée) se trouvant dans l'Essex. Parlant comme un charretier, elle marche vite en arpentant les rues où des HLM affreux alternent avec des terrains vagues. En échec scolaire, elle ne se gêne pas pour insulter des filles de son âge (elle les trouve nulles en "break dance", elle-même s'entraîne dans son coin); mais dans le même temps, elle essaie de libérer une jument de ses chaînes. Mia ne fait que de courtes apparitions chez elle où vivent sa petite soeur, Tyler, qui parle aussi crûment qu'elle, et leur mère, Joanne (elle non plus n'a pas un langage châtié), encore jeune et qui vient de trouver un petit ami, Connor. Mia ne reste pas insensible au charme de ce dernier qui l'encourage à travailler sa "break dance". Il lui apporte une certaine sérénité. Ce qui pouvait arriver se passe et Connor disparaît de leur vie. J'ai craint à un moment donné que Fish Tank ne sombre dans le mélo avec une petite fille qui tombe à l'eau, mais non. Mia a la rage au coeur car elle se sent trahie par Connor, mais elle réagit, sa vie va peut-être changer, elle va sortir de son bocal. Je recommande vraiment ce film qui est l'occasion de découvrir Katie Jarvis, une belle révélation présente à l'écran de la première à la dernière image. Connor (Michael Fassbender assez charismatique) est très ambigu. Il abuse d'une certaine situation, il a en définitive un comportement minable. En revanche, on s'attache à Joanne et Tyler vers la fin. Et il y a une très belle scène où la mère et les deux filles dansent ensemble. Alex en parle ainsi que Rob.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 1 septembre 2009

Films vus et non commentés depuis le 21/07/2009

Avant de reprendre, j’espère, mes billets tous les deux jours, voici quelques mini-critiques de films que je n’avais pas encore chroniqués et que j'ai vu depuis mon billet précédent fin juillet 2009.

Public enemies de Michael Mann est un film que je ne conseille pas vraiment (à moins d'être fan du réalisateur): il consiste en une suite de fusillades tournées en caméra numérique sans profondeur de champ. Mon oeil ne s’est pas habitué pendant le film et cela donne une impression étrange. Dillinger, joué par un Johnny Depp légèrement empâté, s'évade de prison avec des complices. Tout le film repose sur la traque de Dillinger par Melvin Purvis (Christian Bale), agent du FBI. Marion Cotillard joue très bien les utilités mais ce n’est pas suffisant. C’est un film qui manque d’âme.

Victoria, les première années d'une reine du Canadien Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.) constitue un beau livre d'images avec de belles toilettes, de beaux décors, et Emily Blunt est crédible dans le rôle de la jeune Victoria, mais l’ensemble reste un peu anecdoctique. On ne sait pas trop qui est qui et pourquoi. Il manque un contexte historique dans lequel on apprendrait pourquoi la jeune reine a été, par exemple, la cible d'attentat (ce que je ne savais pas). Le couple formé par Victoria et Albert (Rupert Friend tout droit sorti de Chéri) est très "glamour" et ravira les âmes romantiques.

Là-haut, dessin animé de Pete Docter et Bob Peterson, m'a plu pour les 10 premières minutes du film, qui narrent presque sans paroles la vie d'un couple, Carl et Ellie, du jour où ils se rencontrent jusqu'à la mort d'un des deux. Et pour la scène de l'envol de la maison grâce à des ballons gonflés à l'hélium. A part ça, le film m’a paru un peu niais comme certains personnages (le petit garçon tête à claques et le chien qui vient en aide à Carl).

Adieu Gary de Nassim Amaouche a été tourné dans la ville blanche du Teil en Ardèche (d’après ce qui est annoncé dans le générique de fin). Cette ville "fantôme" est un beau décor de cinéma très "western. C’est une tranche de vie de quelques personnes qui (sur)vivent dans cet endroit sinistré (plus d’industrie, plus d'emploi) perdu au milieu de nulle part. Parmi ceux-ci, un père ouvrier (à la retraite ou au chômage?) joué par Jean-Pierre Bacri, ses deux fils (l’un sortant juste de prison), son amie Maria (Dominique Reymond) qui accepte d'être cobaye pour tester des médicaments, le fils de cette dernière, José mutique, attendant son père Gary parti depuis des années. Le film dégage une atmosphère étrange, pas désagréable. Ce film permet de voir Yasmine Balmadi (un des deux fils) dans son dernier rôle. Il vient de disparaître tragiquement cet été. Je l’avais découvert dans Wild Side de Sébastien Lifshitz (2004).

Simon Konianski de Micha Wald donne l’occasion de voir Popeck dans un rôle émouvant de grand-père juif qui aimerait bien que son fils Simon (Jonathan Zaccaï, parfait dans le rôle d’un homme un peu immature) trouve une nouvelle compagne qui ne soit pas "goy" comme celle qui vient de le quitter. Ce grand-père meurt brusquement. Simon et son fils partent en Ukraine avec le frère et la soeur d'Ernest pour l'enterrer. Après moult péripéties, ils arriveront sur le pays natal d'Ernest, rescapé des camps de la mort. Le film est sympathique mais décousu avec une scène qui m’a semblée invraisemblable (le passage de la frontière pour arriver en Ukraine).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,
jeudi 27 août 2009

Un prophète - Jacques Audiard

Enfin un grand film, et qui plus est français. Allez voir Un prophète, 5ème film très réussi de Jacques Audiard, joué en français, en corse et en arabe. La BA ne lui rend pas hommage. Presque toute l'histoire se passe dans une prison centrale. Malik, jeune Arabe de 19 ans, analphabète, vient d'y arriver afin de purger une peine de 6 ans. Il est assez vite repéré par le clan des Corses dont le chef, Luciani (Niels Arestrup, grandiose), l'oblige à tuer un Arabe, s'il ne veut pas être tué lui-même. Et il promet sa protection. Son forfait accompli, Malik deviendra, par la suite, calife à la place du calife grâce à son intelligence (il apprend à lire), à son sens de l'observation et à sa détermination. Grand Prix (amplement mérité) au dernier festival de Cannes 2009, Un prophète dure 2H30, et on est captivé dès le départ. Ce n'est pas facile de parler de ce film découpé en chapitres tellement il est riche. On peut le résumer ainsi: c'est l'itinéraire d'un agneau qui devient un loup. Il n'y a aucune psychologie dans ce que l'on voit. Jacques Audiard nous montre l'univers carcéral quotidien avec ses clans arabes et corses (qui restent entre eux). Il nous épargne le côté misère sexuelle et la religion, et pourtant il y a du surnaturel en la personne du fantôme de l'Arabe tué par Malik qui est souvent là comme l'Ange Gabriel. Malik est considéré comme Corse par les Arabes et inversement. Devenu le "larbin" de Luciani, cela lui sert dans son ascension. Luciani s'attache à lui et lui fait confiance: grave erreur. Le film comporte des scènes fulgurantes et est baigné par la musique d'Alexandre Desplats et quelques chansons. Pour ceux qui sont familiers des films d'Audiard, ils retrouveront sa façon de filmer caméra à l'épaule et certaines images entourées de noir, un peu floues dans certains plans. J'ai eu la chance de voir Un prophète en avant-première, le 25 août 2009, en présence de l'équipe du film, Jacques Audiard et cinq comédiens dont Niels Arestrup et Tahar Rahim. A l'issue de la projection, ils ont reçu une ovation debout. Il y a eu une séance de questions/réponses qui était surtout adressée à Audiard. J'ai moi-même posé une question à Niels Arestrup: est-ce que c'était le rôle ou le fait de retravailler avec Audiard qui lui avait plu? Il a répondu, en substance, "les deux". Il considère Jacques Audiard comme un grand réalisateur. Concernant le titre, Jacques Audiard n'a pas vraiment su répondre à cette question qui lui était posée. Et pourtant, à un moment donné dans une scène, on entend un personnage dire à Malik: "Tu es un prophète?". Cette soirée m'a laissé un très bon souvenir.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [36] - Permalien [#]
Tags : ,