samedi 30 avril 2011

L'étrangère - Feo Aladag

Encensé par la critique, le film allemand L'étrangère de Feo Aladag, sorti il y a une semaine, raconte une histoire tragique ponctuée par des moments de tendresse, mais la fin m'a parue prévisible. En Turquie, Umay, âgée de 25 ans, très malheureuse en ménage, prend son petit garçon Cem avec elle et quitte son mari qui la bat. Elle repart à Berlin, en Allemagne, où vivent ses parents qui l'accueillent d'abord avec joie. Quand ils découvrent qu'Umay ne repartira pas auprès de son mari, l'ambiance se gâte. Les deux frères et la soeur d'Umay lui en veulent beaucoup, ainsi que ses parents, qui deviennent indifférents vis-à-vis d'elle. Leur unique but est de séparer Umay de Cem pour que ce dernier reparte auprès de son père. Umay devient le déshonneur de cette famille très intégrée dans la communauté turque berlinoise. Une réplique du père en dit long: "Ah si elle était un garçon". Néanmoins Umay (la si jolie Sibel Kekilli), longue liane élancée, ne baisse pas les bras pour garder son petit garçon. Elle trouve un travail, reprend des études et rencontre même un homme charmant qui a le béguin pour elle. Malheureusement, suite à quelques scènes terribles, on devine que les choses ne vont pas s'arranger. Même Berlin filmée souvent de nuit apparaît comme une ville menaçante. Je trouve qu'il y a une scène de trop qui rend le film un peu démonstratif, celle où l'on voit le père et ses deux fils pleurer: j'ai pressenti la séquence finale. Ceci mis à part, le film me paraît quand même réussi. La réalisatrice ne fait aucune concession à certaines traditions ancestrales pesant sur les individus et plus particulièrement sur les femmes. En revanche, il faut noter que la religion est relativement peu évoquée. Je ne suis pas prête d'oublier la dernière séquence. Un film que je vous conseille.

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mercredi 27 avril 2011

Le Technicien - Eric Assous

Mon ami ayant lourdement insisté, je vais parler d'une pièce de théâtre qui se donne depuis septembre 2010 au théâtre du Palais-Royal à Paris (ils en sont à la 200ème représentation, nous l'avons vue très récemment). Il s'agit du Technicien qui réunit entre autres le couple Roland Giraud / Maiike Jansen. Je dois dire que l'on passe un excellent moment en leur compagnie. C'est une pièce de boulevard bien écrite qui se déroule dans le monde de l'édition. Mon ami a beaucoup aimé le décor avec plein de livres sur étagère. Séverine, divorcée depuis 25 ans de son mari, a monté une maison d'édition, qui ne marche pas trop mal (ils sont 8 salariés). Un jour, un homme se présente (sans rendez-vous et sans vouloir donner son nom à la secrétaire) pour se faire embaucher. Horreur! C'est son ex-mari, Jean-Pierre, qui vient lui demander de l'aide. Ancien homme d'affaires plus ou moins véreux, il vit maintenant dans le dénuement et au chômage, dit-il. C'est aussi un homme qui, une fois dans la place, sait profiter des opportunités, y compris faire du chantage à bon escient (et tant pis pour qui donne la corde pour se faire pendre). Il est toujours amoureux de Séverine bien que l'ayant quittée pour une autre - il y a fort longtemps. Des révélations nous sont données au fur à mesure que la pièce avance. La pièce qui dure 1H40 sans entracte a une mécanique bien huilée. Maiike Jansen que je n'avais jamais vu jouer sur scène fait preuve d'un grand tempérament comique (elle faisait d'ailleurs partie cette année des "nominées" au Molière pour la meilleure actrice). Les spectateurs, dont mon ami et moi, se sont bien amusés. Voilà une pièce qui mérite son succès et que je vous conseille d'aller voir. Cependant, je regrette, encore et toujours, que le prix des places de théâtre ne soit pas fait pour toutes les bourses - en tout cas quand on veut être bien placé. Il y avait quand même beaucoup de chevelures blanches ou grises dans l'assistance.

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mercredi 23 février 2011

Black Swan - Darren Aranofsky

Après moult hésitations (voir mon billet du 17/02/11), j'ai vu Black Swan de Darren Aranofsky. Je suis sortie de la projection avec un sentiment plus que mitigé. D'abord, je suis presque certaine que je le reverrai pas. Je dirais que l'un des défauts du film est l'inconsistance de son scénario et donc du personnage principal, Nina Sayers interprétée par Natalie Portman, qui affiche un rictus de souffrance pendant tout le film. Au bout d'un moment, cela devient insupportable. On ne peut pas avoir de l'empathie pour cette jeune femme qui n'a qu'un credo: être parfaite dans son métier de danseuse. Je pense qu'elle devrait se faire soigner car elle m'a semblé bien atteinte psychologiquement. D'ailleurs les cauchemars éveillés qu'elle fait semblent nous le prouver. Elle m'a davantage crispée qu'autre chose, j'avais envie de la secouer ou de lui donner une claque, mais pas de la consoler, surtout quand elle jette ses peluches au vide-ordures. Autre bémol à propos de ce film, qui est le côté que je trouve toujours déplaisant dans les films d'Aranofsky, c'est de nous montrer les scarifications du corps (en l'occurrence celui de Nina): quand elle s'arrache la peau de ses doigts ou qu'elle se gratte jusqu'au sang. Cette jeune femme qui est sous la coupe de sa mère (ancienne danseuse elle-même) a du mal à devenir une vrai femme et elle est aussi dominé par le seul personnage masculin du film, Thomas Leroy (joué par un Vincent Cassel pas si mal par rapport au rôle qu'il doit endosser). Je note que pour Darren Aranofsky (en tout cas dans ce film), le sexe se résume à la masturbation et à une séquence saphique. Je trouve que ce film manque cruellement de sensualité. Personnellement, j'adore voir des spectacles de ballets classiques. Je m'attendais à vibrer devant ce film comme je peux vibrer devant un ballet; et bien pas du tout. Le peu de danse que l'on voit est assez mal filmé. On parle aussi de la musique de Tchaikovski. Je ne la trouve pas du tout mise en valeur. Tout cela pour dire que Black Swan n'est pas mon film de l'année (1). En revanche, je verrais bien, un de ces jours, une belle interprétation du Lac des cygnes, cela m'en a redonné envie.

(1) Voir les critiques bonnes et moins bonnes de Leunamme, Ffred, Wilyrah, Neil, Edisdead, Tinalakiller, Chris, Alain, Quaty, Vincent, Ornelune, Oriane, Choupynette, Bond007 et beaucoup d'autres.

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vendredi 11 février 2011

Films vus et non commentés depuis le 29/12/2010

Voici quelques films qui ne méritent pas vraiment un billet à part entière. Il y en a pour tous les goûts (surtout si on n'est pas trop exigeant pour certains).

Les chemins de la liberté de Peter Weir narre le périple de 7 hommes évadés d'un camp de Sibérie en 1941, dont certains ont parcouru plus de 6500 km à pied pour arriver en Inde. Les acteurs ne jouent pas mal, les paysages sont beaux, mais il manque un souffle épique et je trouve que le réalisateur a du mal à faire croire que ces hommes ont marché autant de kilomètres. Changer de paysage et de climat ne fait pas tout.

Si vous voulez voir un film plutôt risible (surtout la fin), allez voir Le dernier templier de Dominique Sena. Si j'étais Satan, je porterais plainte pour atteinte à mon image démoniaque. A part ça, Nicolas Cage s'est fait plein de cheveux et Ron Perlman finit en cendres. Pour résumer l'histoire, on assiste à une suite de tueries lors de croisades sur plus d'une dizaine d'années, la peste fait des ravages, et tout cela est l'oeuvre de Satan qui cherche à détruire tous les exemplaires du livre de Salomon dont des passages lus à haute voix servent d'exorcismes contre lui. Film évitable même s'il a fait déjà pas mal d'entrées en salles en France.

J'ai vu Rien à déclarer de Dany Boon pour Benoît Poelvoorde, car le réalisateur et ses ch'tis ne m'avaient pas fait rire. L'histoire: à la veille de 1993 avec l'ouverture des frontières européennes, le métier de douanier est menacé. On sourit parfois à des scènes que l'on a l'impression d'avoir déjà vues. Comme dirait Ffred, cela ressemble quand même à du sous-De Funès. Mais Karine Viard, Benoît Poolvoerde, Bouli Lanners sont très bien. Pour le reste, bof, surtout que les dialogues ne sont pas un modèle de finesse.

Carancho
(Rapace en espagnol) de Pablo Trapero m'a laissé une impression mitigée. En pré-générique, on nous annonce qu'il y a des centaines de milliers de morts par accidents de la route en Argentine. Je voulais voir le film pour Ricardo Darin, et la BA me semblait prometteuse. J'avoue que, comme d'autres blogueurs, j'ai été déçue, car les tenants et les aboutissants de l'histoire sont nébuleux. Le film a été tourné caméra au poing, très près des acteurs: cela bouge beaucoup. Concernant le thème central de l'histoire, l'escroquerie aux assurances, on ne sait pas trop comment cela fonctionne si ce n'est que tout le monde semble dans le coup: les hôpitaux, les avocats véreux, les policiers et même les victimes consentantes (quand elles ne sont pas déjà mortes). A cela se greffe une histoire d'amour improbable entre l'avocat (Ricardo Darin) et une jeune urgentiste (Martina Gusman) qui se drogue pour tenir. Je n'y ai pas vraiment cru. En revanche la fin du film vous laisse tétanisé. Un film qui ne peut pas plaire à tout le monde. Pedro Trapero est le réalisateur d'un film que j'avais bien apprécié, Leonera, interprété déjà par Martina Gusman (sa compagne dans la vie).

L'avocat, de Cédric Anger, se laisse voir grâce à un scénario bien ficelé et un Benoît Magimel pas mal du tout en avocat idéaliste qui ne rêve que de plaider devant une cour. En face de lui, Gilbert Melki, patron véreux d'une entreprise de retraitement de déchets toxiques, est inquiétant à souhait, surtout qu'il est entouré d'acolytes peu recommandables. Une diffusion à la télé aurait peut-être été suffisante.

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mercredi 29 décembre 2010

Films vus et non commentés depuis le 21/11/10

Juste avant la fin de l'année, je veux évoquer quelques films vus récemment, dont un qui sort vraiment de l'ordinaire.

Le voyage du directeur des ressources humaines d'Eran Riklis (réalisateur du film Les citronniers) est adapté du roman qui porte le même titre et que j'avais beaucoup apprécié (ici), j'avoue que j'ai été déçue par le film que j'ai trouvé un peu longuet et sage. L'histoire est très fidèle au roman (peut-être trop?). Il y manque un grain de folie. C'est une des premières fois où cela m'arrive mais je n'imaginais pas du tout le DRH du roman comme le DRH du film. Ce n'est qu'un détail mais cela m'a perturbée pendant toute la projection. Voir le billet de ffred.

Le nom des gens de Michel Leclerc constitue une comédie réjouissante qui rencontre un succès certain depuis sa sortie. Il faut dire que la rencontre et les amours d'Arthur Martin (Jacques Gamblin, excellent) et de Bahia Benmahmoud (Sara Forestier) valent le détour. Arthur (qui a failli s'appeler Jacques) est jospiniste, spécialiste en épizootie, fils d'un employé de centrale nucléaire et d'une mère d'origine juive qui ne veut pas le dire. Bahia n'est pas brésilienne comme son prénom semblerait l'indiquer, mais française par sa mère et algérienne par son père. A l'époque où elle rencontre Arthur, elle n'hésite pas à user des ses charmes pour convertir à ses idées politiques (de gauche) des hommes de droite. Il y a des moments tendres ou émouvants. Quelles que soient les idées politiques des spectateurs, je pense qu'ils tomberont sous le charme du duo. Voir le billet de véranne.

Les émotifs anonymes de Jean-Pierre Améris fut
en revanche une petite déception. Je suis moi-même une émotive et je ne me suis pas du tout reconnue dans les comportements des deux protagonistes: Jean-René Van Den Hugde (Benoît Poelvoorde), patron d'une chocolaterie en faillite, et Angélique Delange (Isabelle Carré), une chocolatière de génie qui n'arrive pas à l'avouer au grand jour. Bien entendu, ils finiront dans les bras l'un de l'autre, mais pour en arriver là, on assiste à des séquences plus ou moins réussies. Parmi celles qui sont réussies, on peut noter les deux qui se passent dans un restaurant. Poelvoorde y donne toute la mesure de son talent. Pour le reste, comme celle avec la"webcam": bof. Et j'ai été frustrée par la fin abrupte. Je m'attendais à un épilogue. Je trouve que le film aurait dû s'intituler "Les timides anonymes". J'ai préféré le couple Poelvoorde/Carré dans Entre ses mains d'Anne Fontaine. Voir le billet d'Aifelle.

Je terminerai par Le soldat dieu (Caterpillar) de Koji Wakamatsu, sorti dans une seule salle à Paris. Un film étonnant qui mêle les images d'archives (dont l'explosion des bombes d'Hiroshima et Nagasaki) et des images de fiction. Cela se passe de 1940 à 1945, pendant la guerre sino-japonaise. Un lieutenant japonais, Kyuzo Kurokawa, amputé des deux bras et des deux jambes (il est aussi devenu sourd), est rendu à son épouse, Shigeko, qui est chargée de s'occuper de lui en tant que soldat dieu. Car il faut faire honneur à l'empereur et au Japon. Cet homme-tronc est un être abject vis-à-vis des femmes en général et de sa femme en particulier (on l'apprend par des flash-back). Malgré son handicap, il a des exigences sexuelles continuelles auxquelles sa femme se soumet. Les relations entre le mari et la femme sont violentes. De soumise, Shigeko devient un peu bourreau. L'actrice principale, Shinobu Terajima, est remarquable. Elle a reçu l'Ours d'argent de la meilleure actrice au dernier festival de Berlin en 2010. Je vous conseille vraiment ce film s'il passe par chez vous. Voir le billet de Dr Orlof.

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vendredi 17 décembre 2010

Deux mille kilomètres avec une balle dans le coeur - David Agrech

J'ai reçu ce roman  par l'intermédiaire de BoB [Blog-O-Book]. C'est mon ami qui m'a inscrite pour le recevoir. Deux mille kilomètres avec une balle dans le coeur (quel titre tout en longueur!), le premier roman de l'auteur, est paru directement en poche aux Editions du Masque. Je dis tout de suite que j'ai apprécié l'histoire mais que je n'ai pas vu le rapport avec le titre. Selon moi, il y a deux parties dans ce roman. A Paris, Daniel Ferrey, qui attend un bus pour rentrer chez lui, se fait tirer dessus sans raison apparente. C'est un homme sans histoire qui gagne sa vie en jouant aux courses de chevaux. Juste avant de s'effondrer sur le bitume, Daniel regarde la jeune femme sur l'affiche de l'abribus. Comme dans un rêve, il croit la voir descendre de ladite affiche et lui parler. Sauvé in extremis, Daniel arrive à rencontrer pour de vrai Anja, une jeune mannequin avec laquelle il aura une relation qui se terminera assez vite. Fin de la première partie. Revenu sur le lieu où il fut blessé et grâce à une vieille dame, il va rencontrer celle qui lui a vraiment parlé au moment où on lui tira dessus. Il s'agit de Clara, une jeune russe dont je vous laisse découvrir l'histoire. Cette deuxième grande partie est de loin la plus intéressante. Roman un peu bancal mais prometteur. L'auteur, David Agrech, est né en 1978 à Villefranche de Rouergue.

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dimanche 21 novembre 2010

Films vus et non commentés depuis le 31/07/2010

Comme j'ai repris du retard dans mes critiques de films, voici un billet sur quatre films vus depuis un petit moment et dont je voulais absolument parler.

Nostalgie de la lumière de Patricio Guzman, documentaire chilien qui se passe dans la région du désert d'Atacama, là où sont installés les télescopes les plus puissants du monde car l'air y est d'une grande pureté. Les astronomes peuvent étudier le ciel, les étoiles, les galaxies dans des conditions optimales. Mais Atacama fut (et cela, je l'ignorais) un des endroits où furent emprisonnés et tués des milliers de personnes sous la dictature de Pinochet. Le documentaire se concentre sur ce douloureux sujet en montrant quelques femmes qui sont à la recherche dans ce désert des os des squelettes de victimes, qui un frère, qui des parents. A mesure que le temps passe (35 années se sont écoulées), elles sont de moins en moins nombreuses à chercher. Elles voudraient que l'on n'oublie pas ces disparus. L'une d'elle dit que les télescopes devraient servir à radiographier le sol pour trouver les corps. J'ai aussi noté le témoignage d'un rescapé d'un camp (à ciel ouvert) qui a appris à lire la cartographie du ciel pendant sa détention. Ce documentaire nous fait entendre une voix off un peu pompeuse, mais je trouve que c'est un documentaire intéressant et émouvant.

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen, comédie douce-amère qui a un début, un milieu mais pas de fin (en tout cas, on ne la voit pas à l'écran). Retour à Londres pour une histoire pessimiste et misanthrope où l'on sent un certain désenchantement de la part de Woody qui se fait peu d'illusions sur les relations entre les personnes. Tout se rapporte au sexe et à l'argent, même s'il y a un peu de sentiment (le veuf qui essaye de communiquer avec sa femme défunte dans l'au-delà). Mais tout est raconté de façon suffisamment légère pour amener un sourire de temps en temps. Pour résumer, un homme, Alfie (Anthony Hopkins), ne supportant pas de vieillir, quitte sa femme, Helena (Gemma Jones), avec qui il était marié depuis plus de 30 ans. Il se remarie avec une jeune femme écervelée qui fait de la musculation, et il prend du V**gr*. La mère, pour se rassurer, écoute les conseils de voyance d'une bonimenteuse, et finit par se réfugier dans le spiritisme. La fille du couple séparé, Sally (la délicieuse Noami Watts), est quittée par son mari Roy (Josh Brolin), écrivain en mal d'inspiration, qui trouve la jeune voisine de l'immeuble d'en face très à son goût. Non seulement ce mari est un goujat, mais en plus il est malhonnête: il pique le manuscrit d'un copain qu'il croit mort dans un accident, mais qui en fait est "seulement" dans le coma. Sally, elle, travaille dans une galerie d'art, mais est convaincue que sa mère va lui prêter de l'argent pour ouvrir sa propre galerie. Le film virevolte d'un personnage à l'autre, d'une situation à l'autre. Je sais que ce film ne fait pas l'unanimité dans la blogosphère. Personnellement, je l'ai beaucoup apprécié.

Moi, moche et méchant de Chris Renaud et Pierre Coffin: et oui, vous avez bien lu, j'ai vu ce film en 2D dans ma province. Je ne sais pas ce que donnait la 3D, mais là, j'ai beaucoup apprécié l'histoire de ces trois orphelines qui arrivent à apprivoiser Gru, le "méchant" qui veut voler la lune en la miniaturisant. En revanche, les minions n'ont pas de rôles marquants, mais ils aident à sortir Gru et les petites de situations dangereuses.

Divorce à la finlandaise de Mika Kaurismaki (le frère d'Aki). On croit à une simple histoire d'un couple qui se sépare, mais pas du tout. Ce n'est même qu'un prétexte. Les personnages qui gravitent autour de Tuula et Juhani sont hauts en couleur, comme un proxénète ou une chef de gang jouée par Katie Outinen (habituée des films d'Aki). Rien que le voisin qui surveille la maison du couple vaut le détour. C'est foutraque, ça part dans tous les sens mais j'ai trouvé le film sympathique.

vendredi 17 septembre 2010

The Town - Ben Affleck

J'avais vu en avant-première ce film (sorti avant-hier, mercredi 15 septembre 2010) en me disant que j'allais passer un bon moment: et bien ce fut le cas. Ben Affleck est bien remonté dans mon estime (je n'avais pas été convaincue par Gone Baby Gone). The Town (la ville), c'est celle de Boston ou plus précisément Charlestown, un des quartiers de la ville (à la triste réputation d'être la ville qui subit le plus d'attaques de banques aux Etats-Unis). Quatre malfrats masqués d'une cagoule avec un dessin de tête de mort y dévalisent une banque. Tout se fait (presque) sans violence. Parmi les employés de la banque se trouve une jeune femme (la directrice), Claire Keesey (Rebecca Hall), qui ouvre le coffre sous la contrainte. Elle seule peut reconnaître l'un des braqueurs, James Caughlin (Jeremy Renner), au tatouage qu'il a dans le cou. D'autres cambriolages ont lieu. La bande est bien préparée et organisée sous la férule d'un fleuriste, un truand dangereux (Peter Postlethwaite). Cependant, l'un des quatre, Doug (Ben Affleck), n'oublie pas Claire dont il est tombé amoureux. Je ne vous dirai rien de plus. J'ai suivi cette histoire avec beaucoup de plaisir. C'est un film qui alterne l'action et des scènes plus reposantes. Il faut noter la présence du séduisant Joe Hamm (le personnage principal de Mad Men) en inspecteur du FBI. Ce film d'honnête facture devrait rencontrer un certain succès. A voir.

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jeudi 1 juillet 2010

Films vus et non commentés depuis le 09/04/2010

Avant d'entamer mon rythme saisonnier d'un billet tous les 4 jours comme l'année dernière, je voudrais évoquer quelques films que j'ai vus plus ou moins récemment, dont je n'ai pas parlé et qui me tiennent vraiment à coeur.

Les secrets est un beau film même s'il est dur et austère (l'image froide accentue cette impression). Il évoque trois femmes qui "squattent" une belle demeure à l'abandon et délabrée. Nous sommes en Afrique du Nord, en Tunisie ou en Algérie à la campagne. Raja Amari, la réalisatrice, ne dévoile rien sur ces femmes qui vivent cloîtrées dans la partie où logeaient les domestiques (je ne fais qu'imaginer). On apprend qu'il s'agit d'une mère et de ses deux filles, Aïcha (la plus jeune, âgée d'à peine 20 ans) et Radia. La mère et Radia surveillent Aïcha qui semble presque prisonnière, surtout quand les deux s'absentent comme par exemple lorsque Radia vend ses ouvrages de couture dans la ville voisine. Elles empêchent Aïcha de s'épanouir. Elles la protègent surtout des hommes. Une intruse devenue leur prisonnière va faire tout basculer. La fin inattendue est terrible. Le film est sorti en salle à Paris le 19 mai dernier. Je suis allée le voir parce qu'une collègue m'en avait dit du bien. Je n'ai pas regretté. La jeune Hafsia Herzi (vue dans La graine et le mulet où elle jouait Rym) qui interprète Aïcha est très bien.

L'illusionniste de Sylvain Chomet sur une histoire originale de Jacques Tati. Le film vaut surtout (à mon avis) pour la technique, et visuellement c'est une splendeur: un vrai travail d'art. Quant à l'histoire, j'ai été un peu décontenancée par les pérégrinations de ce magicien qui quitte Paris pour partir en Ecosse dans les Highlands, puis s'installe un temps à Edimbourg avant de partir pour ailleurs? En Ecosse, il va faire la connaissance d'une jeune fille. La nature de leurs rapports reste vague. Les rares paroles prononcées sont plus des borborygmes qu'autre chose. La dernière phrase du film (des mots écrits sur un papier) est: Les magiciens n'existent pas. Mon ami qui a vu le film avec moi a trouvé l'histoire poignante. Personnellement, je n'ai pas été touchée par ce film un peu froid. Pour les admirateurs de Tati, je pense qu'ils trouveront leur bonheur; pour les autres (dont je fais malheureusement partie): bof. Lire la critique élogieuse de Thomas Grascoeur.

La bocca del lupo de Pietro Marcello est un documentaire étonnant d'1H15 qui suit un homme, Vincenzo Motta, dans les rues pouilleuses de Gênes, ville natale de Christophe Colomb. Le film alterne des documents du temps jadis, à l'époque où Gênes prospérait, et des images des ruelles de Gênes d'aujourd'hui où l'on croise des travestis et des prostituées. Vincenzo (dont le visage m'a fait penser à celui de Gian Maria Volonte) a purgé une peine de 27 ans de prison. Il est maintenant libre et vit avec Mary Monaco, une transsexuelle qu'il a connue et protégée en prison. Leur amour dure depuis 20 ans. Le moment fort du film consiste dans la confession de Mary avec Vincenzo assis à côté d'elle. C'est beau et émouvant. Du grand cinéma.

Puzzle de la réalisatrice Natalia Smirnoff m'a beaucoup fait penser à Joueuse avec Sandrine Bonnaire. Maria del Carmen, qui fête ses 50 ans, est mère de famille (de deux grands garçons). Elle a un mari qui l'aime profondément. Maria se découvre une passion pour les puzzles (Rompecabezas en espagnol) qu'elle arrive à reconstituer très vite d'une manière personnelle en ne commençant pas par les bords. Cela se passe en Argentine. Voir l'article d'Alex qui donne des raisons à la genèse du film que j'ignorais complètement. L'actrice qui interprète Maria n'est pas très belle mais son visage rayonne de l'intérieur. Pour moi, c'est l'histoire d'une femme qui veut s'émanciper après s'être occupée de son mari et de ses enfants. Elle gagne un tournoi avec un partenaire. Est-ce qu'elle saura aller plus loin? La fin est très ouverte. Personnellement, j'ai voulu voir ce "Puzzle" car cette activité ludique a beaucoup occupé de mon temps pendant ma jeunesse. Je compte bien m'y remettre.

mardi 11 mai 2010

Invisible - Paul Auster

Je peux résumer Invisible en disant qu'il est composé de 4 parties: Printemps, Eté, Automne, et un épilogue, 40 ans plus tard, de nos jours. Cet épilogue remet en cause certains faits décrits précédemment. Les trois premières parties de l'histoire se passent en 1967 quand Adam Walker, âgé de 20 ans, étudiant à l'université, rencontre lors d'une soirée Rudoph Born, professeur invité à l'Université de Columbia à New York. Ce dernier est accompagné d'une certaine Margot. Rudolph Born lui fait une proposition intéressante que je vous laisse découvrir. En revanche, quelques jours, plus tard, Rudolph Born tue un jeune noir qui semblait le menacer et Adam est témoin de la scène. Choqué, il remet tout en question. C'est là qu'on apprend que ce qui vient de nous être raconté est le premier chapitre d'un livre qu'Adam essaie d'écrire. Il fait un blocage. "Il s'est étouffé, rendu invisible..." en ayant écrit à la première personne. C'est ce qu'il explique à un ancien camarade de fac, Jim (Paul Auster lui-même?) qui lui donne une piste sur comment pallier cette situation de blocage (voir la page 88 du livre - très intéressante - où le Je devient Tu et après Il). Et on constate en effet que la suite du texte est écrite successivement à la deuxième et troisième personne du singulier ce qui donne un point de vue narratif qui change. A partir de là, le récit continue à la deuxième personne du singulier et concerne plus directement Adam et ses relations incestueuses avec sa soeur aînée Gwyn en 1967. Auster décrit des situations explicites et assumées. Il n'y a aucun remord dans cette relation entre deux adultes consentants. Mais je comprends que cela puisse gêner les lecteurs. Paul Auster ne nous avait pas habitués à cela. Ceci mis à part. j'ai beaucoup aimé Invisible qui se lit vite et qui donne quelques clés sur la création littéraire. Je ne regrette pas cet achat parmi d'autres lors de ma virée au dernier Salon du Livre à Paris puisque Paul Auster me l'a dédicacé signé comme à quelques dizaines d'autres personnes. En revanche, mes romans préférés d'Auster restent sa trilogie New-Yorkaise: Cité de verre, Revenants et La chambre dérobée.

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