mardi 29 janvier 2008

Garage - Lenny Abrahamson

J'aime bien ce genre de "petit" film qui raconte des histoires simples. Garage de Lenny Abrahamsonn est l'histoire de Josie, l'"idiot du village" dans un coin reculé d'Irlande. Employé dans une station-service aux abords d'un village, il fait son travail consciencieusement. Afin que ce garage fasse un meilleur chiffre d'affaires, le gérant lui adjoint un de ses jeunes parents, David, pour tenir avec lui la station-service les soirs de weeks-ends. Josie n'a pas une vie exaltante mais il est heureux et ne demande rien à personne. Au pub, on le charrie en lui disant qu'il se fait exploiter par son patron mais il n'en prend pas ombrage. Il donne des pommes à un cheval du voisinage, il est près de la nature. Mais il mène une vie solitaire. Grâce à David qui est encore mineur, il rencontre des jeunes à qui il paye des bières mais cela ne va pas plus loin. Par petites touches, un drame se dessine. Une cassette "porno" lui ayant été passée par un ami routier, Josie en montre quelques minutes à David. Quelques jours après, Josie est arrêté pour cet acte délictueux suite à une plainte déposée par un adulte. La fin est brutale et paraît disproportionnée par rapport au délit. Mais cela se passe dans l'Irlande traditionnaliste et bien-pensante. Josie n'avait pas pensé avoir mal agi mais tout s'écroule, même le cheval l'a abandonné. Je ne connais pas l'acteur principal, Pat Shortt (célèbre en Irlande). Il est remarquable avec sa silhouette ronde et sa casquette, son jeu est tout en sobriété. En revanche je suis sortie de la séance un peu déprimée tant par l'histoire que par la couleur du film dans les tons bleus gris.

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jeudi 17 janvier 2008

Gone Baby Gone - Ben Affleck

Il s'agit du premier film de l'acteur Ben Affleck qui a pris comme acteur principal son frère Casey Affleck. Adapté, comme Mystic River, d'un roman de Dennis Lehane, Gone Baby Gone est une histoire très noire. Une petite fille est enlevée. Elle a été victime d'un rapt crapuleux à cause d'un vol d'argent sale (de la drogue). La mère de cette gamine est cocaïnomane et impliquée dans cette histoire. Un baron de la drogue veut échanger la gamine contre l'argent. La transaction se passe mal. La petite fille meurt noyée. Fin de la première partie (la meilleure). Le film aurait pu s'arrêter là. Car après, à mon avis, cela se gâte avec les flics justiciers qui croient en leur bon droit (Ed Harris et Morgan Freeman). Ils pensent avoir raison quand ils décident d'enlever une gamine à sa mère biologique (droguée) pour la confier à une famille d'adoption qu'ils trouvent plus adaptée. Par ailleurs, un pédophile est abattu de sang-froid par le détective Patrick Kenzie (Casey Affleck). Envahi par un remord de conscience, il commettra un acte que sa petite amie (détective aussi) ne lui pardonnera pas. Je pense n'avoir pas tout dévoilé de l'histoire. En revanche, la grande qualité de ce film est la façon dont le réalisateur Ben Affleck a su trouver des figurants obèses et avec des trognes indescriptibles qui incarnent à merveille l'Amérique dite profonde, gangrenée par la misère du chômage et de la "mal bouffe". On est loin du rêve hollywoodien.

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jeudi 13 décembre 2007

Nous les vivants - Roy Andersson

Après réflexion, j'ai décidé de faire un billet séparé pour Nous les vivants de Roy Andersson : film iconoclaste qui ne raconte pas une histoire, mais où l'on assiste à un enchaînement de saynètes sans début, ni fin, des instants de vie baignés parfois dans le brouillard suédois mais qui laissent perplexe. Je n'ai pas ri mais je n'ai pas été émue non plus. Je me demande ce que le réalisateur veut nous dire à part que la condition humaine est à la fois tragique et comique. Tous les décors sont dans les tons beige et vert qui donnent à l'ensemble un sentiment de claustrophobie et de tristesse infinie. Je retiens la très belle scène vers la fin du film (digne de E la nave va de Fellini) où une grande maison à un ou deux étages, occupée par deux jeunes mariés, quitte un quai comme si elle était sur des rails. Des gens lancent des "viva" à ce départ. Cette scène est inoubliable. Le reste est déjà presque sorti de ma mémoire à part la dame grassouillette, coiffée d'un casque à pointe, en train de faire l'amour pendant que son partenaire parle de ses placements financiers. Je crois que j'achèterai le film quand il sortira en DVD pour revoir (et pourquoi pas apprécier) certaines séquences.

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mardi 20 novembre 2007

De l'autre côté - Fatih Akin

Après Head on (2005)(cf. mon billet du 15/01/07), Fatih Akin nous offre un très beau film, De l'autre côté, où s'entrecroisent des êtres qui auraient pu ne jamais se rencontrer. Le dernier plan du film est magnifique: en Turquie, sur les bords de la Mer Noire, un fils, assis sur le sable, attend son père qui doit revenir de la pêche. Le film est divisé en trois parties grâce à des intertitres par lesquels on sait que la mort est au rendez-vous. La première partie se déroule en Allemagne, à Brème. Un vieil homme d'origine turque va voir les prostituées; il décide l'une d'entre elles, turque elle aussi, à se mettre en ménage avec lui. Il est déjà père d'un fils, professeur de littérature allemande. Une mort plus ou moins accidentelle change le destin de ces personnages. Dans la deuxième partie qui se passe en Turquie, à Istanbul, une jeune femme, membre d'un groupe révolutionnaire, est obligée de s'enfuir. Elle part rejoindre sa mère dont elle n'a aucune nouvelle en Allemagne, à Hambourg. Sur place, elle fait la connaissance d'une jeune Allemande avec qui elle se lie d'amitié et même plus. Des circonstances malheureuses mettent un terme à cette relation. Dans la troisième et dernière partie, on retrouve, à Istanbul, ceux qui restent et se soutiennent. Le scénario de Fatih Akin est bien écrit avec des personnages bien campés. Quel plaisir de revoir Hannah Schygulla, une des égéries de Fassbinder et de Ferreri. Ce réalisateur germano-turc est vraiment un talent à suivre. J'attends avec impatience son prochain long-métrage.

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lundi 5 novembre 2007

Le rêve de Cassandre - Woody Allen

Malgré des critiques tièdes, je conseille ce film comme à voir. Le dernier Woody Allen, le Rêve de Cassandre, est une tragédie, on ne rit pas une seule fois. Cela se passe à Londres et sur la Côte anglaise. Il met en scène deux frères, Ian (Colin Farrell) et Terry (Ewan Mc Gregor) Blaine. Quand le film commence, ils achètent à deux un bateau nommé "Le rêve de Cassandre". Sinon, Ian travaille dans un garage, Terry aide son père propriétaire d'un restaurant. Ils ont des rêves de fortune. Ian joue aux courses de lévriers et au poker, il gagne parfois mais perd plus souvent des sommes conséquentes. Terry, lui, voudrait investir dans des hôtels en Californie. Leur oncle Howard, homme d'affaires fortuné de passage en Angleterre, accepte de les aider financièrement à condition qu'ils lui rendent "un service", faire disparaître un collaborateur qui risque de le compromettre et de l'envoyer pour quelques années en prison. Je ne dévoilerai pas la suite qui aboutit à la tragédie prévisible. Colin Farrell, fumeur, buveur et plein de remords fait une excellente composition. Ewan Mc Gregor, dans un rôle plus lisse, un peu frimeur auprès des filles et sans beaucoup de scrupules, est très crédible et me fait beaucoup penser au personnage qu'il a joué dans Young Adam de David McKenzie (2003). Après plus de 35 ans de carrière, Woody change chaque fois de registre et c'est tant mieux.

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vendredi 2 novembre 2007

Seraphim falls - David Von Ancken

Film diffusé actuellement sur Canal+, Seraphim falls de David Von Ancken (2005) est inédit en salle et on se demande pourquoi. Les acteurs principaux sont Pierce Brosnan et Liam Neeson. Cela se déroule après la guerre de Sécession. L'un poursuit l'autre pour venger sa famille. Les paysages enneigés de forêts puis, à mesure que le film se passe, des paysages arides, désertiques, sont très beaux. Le scénario, sans être révolutionnaire, est bien écrit. Un Sudiste, Carver (Liam Neeson), fou de douleur d'avoir perdu sa femme et ses deux enfants dans un incendie volontaire, est accompagné de 4 hommes de main pour poursuivre un Nordiste, Gideon (Pierce Brosnan), responsable de ces morts. Gideon a aussi perdu sa famille et est possédé d'une rage de vivre peu commune. Il élimine les 4 hommes de main les uns après les autres en se servant d'armes blanches pour finir par se retrouver face à face avec Carver. Le réalisateur, que je ne connaît pas, a tourné des épisodes de séries télé comme C.S.I (Les experts) et Cold Case, ce qui est un gage d'une certaine qualité : mise en scène nerveuse et pas de plan inutile. Je ne comprends pas que certains films comme celui-ci n'aient pas les honneurs du grand écran en France, il a été projeté dans de nombreux pays. Les comédiens sont connus, ce film en vaut largement un autre. Ce sont les mystères de la distribution que j'ignore. Dommage.

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jeudi 1 novembre 2007

"Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère..." - René Allio

Ce film est ressorti à Paris dans une seule salle le 24 octobre 2007. Je croyais avoir vu "Moi, Pierre Riviere, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère" de René Allio (1976) dans mes jeunes années. Si c'est le cas, je ne m'en souvenais plus du tout. Je la croyais en noir et blanc, et bien cette oeuvre est en couleurs (très belles). Le premier plan montre l'étendue du carnage, on pourrait croire à une oeuvre de peintre. Le premier témoignage entendu est celui de la grand-mère déclarant que c'est son petit-fils qui a tué sa famille avec une serpe. Tout est tiré d'un fait divers réel, nous sommes le 3 juillet 1835 en Normandie dans la région de Vire et on s'y croirait. Pratiquement tous les personnages principaux sont des non-professionnels avec un accent normand donnant un air d'authenticité à cette oeuvre de fiction, et il n'y a aucune musique. Une voix off est présente pendant tout le film. Pierre Rivière sera arrêté un mois après son forfait. La première raison qu'il donne à son acte est que Dieu le lui a demandé comme à Moïse. Puis il avoue que détestant sa mère, il l'a tuée parce que depuis le début du mariage, elle n'a pas arrêté d'être méchante avec son mari. Pierre Rivière déteste les femmes. Il a tué sa soeur d'une quinzaine d'année parce qu'elle soutenait sa mère contre le père et il a tué son petit frère parce qu'il aimait sa soeur et sa mère. Il raconte puis écrit toute sa vie de façon clinique. Une étude du cas de Pierre Rivière a été faite par le philosophe Michel Foucault, récemment republiée dans l'édition Folio Histoire, et le DVD du film va paraître le 6 novembre prochain. C'est un film absolument remarquable à voir. Enfin, pour l'anecdote, Claude Hébert, qui jouait le rôle de Pierre Rivière, est devenu prêtre dans la région sud-ouest d'Haïti.

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lundi 10 septembre 2007

Dessins animés - Tex Avery

Je viens de voir, avec mon ami, un coffret de 4 DVD paru il y a 5 ans qui contient un grand nombre de dessins animés de Tex Avery, soit à peu près 70 courts métrages d'environ 5 minutes chacun. Les films sont absolument tous géniaux, drôles, cruels, "politiquement incorrects" comme on dit maintenant. En dehors de Bugs Bunny dont Tex Avery est l'un des créateurs (1), les héros récurrents sont évidemment Droopy ("You know what, I'm happy"), petit chien blanc aux longues oreilles avec un air battu, Spike, gros chien pas très intelligent, le loup qui, dès qu'il voit une jolie fille, devient un être lubrique avec la langue pendante et les yeux qui sortent des orbites. La grand-mère du Petit Chaperon Rouge n'est pas en reste dès qu'elle voit le loup. D'autres personnages sont un écureuil, un petit cochon Porky, les deux ours, Georges et Junior (allusion à George et Lenny dans Des souris et des hommes de Steinbeck?). Il arrive même que des objets comme des voitures ou des avions s'animent et ressemblent à des êtres vivants. Dans les dessins animés, la musique, les accents de voix, les gags visuels provoquent une hilarité qui fait du bien. Si vous avez la chance de voir du Tex Avery, ne boudez pas votre plaisir. Cela n'a pas pris une ride.

(1) Suite à la question de Nio ci-dessous, voir l'article sur Bugs Bunny se trouvant en ligne sur Wikipedia au 12/09/2007 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Bugs_Bunny) qui dit: "Bugs Bunny est un personnage de dessin animé états-unien créé par plusieurs dessinateurs dont Ben Hardaway. Il apparut pour la première fois à l'écran dans "Porky's Hare Hunt" (1938) de Ben Hardaway et Cal Dalton. Il devint le personnage que nous connaissons aujourd'hui sous la plume de Tex Avery dans "Wild Hare" (1940), produit par Chuck Jones."

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dimanche 2 septembre 2007

Antonioni - l'un des derniers des grands réalisateurs italiens est décédé

Michelangelo Antonioni qui vient de s'éteindre à 94 ans, fin juillet 2007, a fait un cinéma plutôt ardu. Le thème central de ses films est l'incommunicabilité entre les êtres. Lui aussi, comme Ingmar Bergman (voir mon billet du 23 août), aimait les femmes et son actrice qui a été sa compagne, Monica Vitti, a joué dans l'Avventura, l'Eclipse et Désert Rouge. J'ose avouer que je suis plutôt hermétique à l'oeuvre d'Antonioni à part Blow-Up (1966) qui a été certainement son plus grand succès public. Désert Rouge (1964), son premier film en couleur, réunit Monica Vitti et Richard Harris. Victime d'un accident vasculaire cérébral en 1984, qui le laissera très diminué physiquement et aphasique, il ne tournera plus que deux films dont un qui fait partie du triptyque Eros en 2004. Grâce à Wim Wenders qui l'assistait, il avait pu arriver à tourner Par delà les nuages sorti en 1995, que je n'ai pas vu.

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mardi 28 août 2007

Motel - Nimrod Antal

Honnête film de genre vu dans le cadre de l'opération "3 jours, 3 euros" du 19 au 21 août, Motel (Vacancy) de Nimrod Antal est le type même du film à regarder en DVD, le soir, entre copains avec du coca et du pop-corn. C'est sans prétention, le scénario tient la route. On pense à Psychose pour le motel, peut-être à des films de Carpenter pour les masques. Un jeune couple en détresse a le malheur de tomber en panne de voiture sur une route américaine peu fréquentée, de trouver un motel cradingue tenu par un gérant taciturne. Des cris de détresse s'entendent de son bureau. Epuisé, le couple, Amy (Kate Beckinsale, craquante) et David Fox (Luke Wilson) louent une chambre (suite) qui se trouve être le lieu de supplice de malheureux avant eux. Chut, je n'en dirais pas plus. La fin est un tout petit peu trop "Happy end", mais à voir.

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