16 octobre 2009
Billet intermédiaire (de pas très bonne humeur)
Très récemment, M. Karl Lagerfeld a prononcé des mots pas très gentils sur les femmes (et pourquoi pas les hommes?) souffrant de surcharge pondérale. Je connais le problème, je fais partie de cette catégorie ou, plus exactement, je me considère comme une DH (expression apprise récemment): "Dodue Harmonieuse". Mais je ne me reconnais pas dans certains propos de M. Lagerfeld, disant à peu près que "les femmes rondes n'avaient pas leur place dans la mode, [que] de toute façon elles restaient devant la télé à manger des chips en trouvant les mannequins laids". Quand il m'arrive de temps en temps de regarder une collection de haute-couture, j'admire les robes plus que les mannequins. Quant aux chips, je n'en n'ai pas mangé depuis plus de 10 ans. Sinon, les hommes ne le disent pas forcément mais les femmes "rondes" ne sont pas toujours pour leur déplaire. Il y a en elles un côté moelleux, douillet. Et puis d'abord, les femmes rondes sont comme elles sont. La volonté ne fait pas tout. Il y a d'autres facteurs. Je crois que M. Lagerfeld a lui-même fait un régime draconien. C'est bien. Toutes mes félicitations, M. Lagerfeld, mais je vous aurais cru plus galant.
25 janvier 2009
Bertrand Tavernier en séance dédicace
Le 16 décembre 2008, j'ai eu la chance de voir Bertrand Tavernier qui dédicaçait son livre Amis américains, entretiens avec les grands auteurs d'Hollywood (Institut Lumière, Actes Sud). Cela se passait à la librairie Ciné Reflet dont j'ai déjà parlé dans mon billet du 20/05/07. La boutique est petite et ne peut contenir beaucoup de monde. Le réalisateur est arrivé avec quelques minutes de retard sur l'heure prévu. Il a embrassé deux petites filles d'une dizaine d'années dont l'une était effectivement sa petite-fille. Elle était accompagnée de la propre fille de Bertrand Tavernier. C'était touchant, car cette future cinéphile en herbe avait remarqué le coffret DVD des films de Jacques Demy sur un présentoir en disant que Peau d'Ane, c'était très bien. Le grand-père était tout attendri. Il a échangé quelques paroles avec sa fille: il revenait d'Australie et partait en thalasso pour se reposer. Puis, Bertrand Tavernier s'est installé à une table et une première dame s'est présentée avec le livre (un pavé de 996 pages, relié, qui pèse son poids en texte en photos). Cette même dame a aussi transmis des documents (je crois que c'était un scénario) qu'elle soumettait de la part de sa fille à elle. Puis, étant la plus près de la table, j'ai présenté mon exemplaire de l'édition précédente parue il y a 15 ans (Actes Sud, Institut Lumière) - après avoir demandé si je pouvais le faire - et j'ai par ailleurs acheté (de la part de mon ami) la nouvelle édition. Je suis repartie toute contente avec mes deux livres dédicacés. Monsieur Tavernier m'a paru un homme simple et accessible. Rien que pour La vie et rien d'autre, Le juge et l'assassin, Un dimanche à la campagne, Que la fête commence, Coup de torchon, je le remercie d'être un grand monsieur du cinéma.
21 novembre 2008
Sondages alimentaires rue de Rivoli à Paris
Je travaille dans le 1er arrondissement à Paris. Tant mon ami que
moi voyons, régulièrement, des sondeurs qui "racolent" les passants pour
leur faire déguster des produits alimentaires à la demande de telle ou
telle marque qui souhaite recueillir l'avis des consommateurs. Ces derniers mois, c'était une fois pour du saucisson, trois jours plus tard, pour de la féta.
Et, sur un autre trottoir 500 m plus loin encore une autre fois, pour de la bière (là, ils ciblaient exclusivement les messieurs
semble-t-il!). Ou bien enfin, du jus d'orange. Les sondeurs ou sondeuses, souvent par mini-groupes de 2 ou 3,
accostent chacun tel ou tel passant, selon, sans doute, des "quotas"
précis (il leur faut tant de femmes, tant d'hommes, de tel ou tel âge
et CSP [catégorie socio-professionnelle]...). D'abord, ils vérifient tous que ni nous ni un membre de
notre famille ne travaillons pour un institut de sondage. Ensuite, ils
nous évaluent en 2 ou 3 questions sur nos rapports avec le produit sur
lequel porte l'enquête: consommons-nous tel produit? Quelles marques en
notoriété spontanée? Et, plus particulièrement, est-ce qu'on achète
[telle ou telle marque]? Si non, en général, ça avorte. Si oui, on est
parti pour "ça prendra seulement quelques minutes!" vers un local spécialement aménagé (tables et chaises) dans tel ou tel immeuble tout près. En chemin (faut
pas perdre de temps!), on nous demande en général âge, des fois
profession, et la composition du foyer. A un moment ou un autre, il
faudra fournir nom et coordonnées (téléphone), "en cas de vérification
par l'institut de sondage". Et, non, nos coordonnées ne seront pas
exploitées commercialement! Une fois arrivés, il y a en général un ordinateur. On apporte les échantillons à déguster (un par un). Chacun doit être analysé (apparence, consistance, goût, ...). Qu'en pense-t-on? Est-il assez, suffisamment, trop, pas assez... ceci? Puis cela? Et par rapport à l'échantillon suivant? Et au suivant encore (jusqu'à 4 parfois)? Bien entendu, le test se fait "à l'aveugle", le sondé ne peut savoir si 2 échantillons ne seraient pas en fait identiques. Des fois, c'est le sondeur qui saisit les résultats sur l'ordinateur, mais il est arrivé à mon ami de déguster ET de devoir remplir lui-même les quelques dizaines de questions sur l'ordinateur (une fois, il a reçu à la fin un petit cadeau imprévu: une place UGC!). La règle du jeu à respecter, c'est bien sûr de répondre avec sérieux, mais c'est souvent difficile, les différences sont infinitésimales... ou, ma foi, ne permettent pas de dire qu'on "préfère" tel produit à tel autre! Alors, si ce sont ces données collectées (à quelques centaines ou même quelques milliers d'exemplaires) qui déterminent ce qui nous sera
proposé par nos industriels (la quantité de sucre, de sel, de gras, d'additif de synthèse... en fonction, certainement, du coût du produit fini), pauvres de nous! En fait, il y aurait je
pense une véritable étude de sociologie à faire par un laboratoire
universitaire, qui financerait une équipe de faux sondeurs, faisant
tester strictement le même produit, mais étudiant les éventuelles
différences de réactions selon ce qui est "suggéré" aux sondés (est-ce
que le 2ème est plus ceci ou moins cela? Lequel des deux (ou 3, ou 4!)
est le plus ou le moins ceci ou cela?). Par contre, évidemment, ça
risquerait de mettre au chômage un certain nombre de boites
spécialisées... et de pauvres enquêteurs de rue! Pour finir, mon ami m'a raconté comment un des sondeurs n'arrêtait pas de le
remercier d'avoir accepté de le suivre: "c'est sympa!", au point qu'il
s'est posé, et lui a posé, la question de savoir s'il se fichait de
lui? Mais l'autre, et ses collègues, se sont récriés (avec sincérité
semble-t-il) qu'ils galéraient tellement, qu'on leur rendait un vrai
service en participant sans façons à leur enquête. Alors, si par hasard vous passez rue de Rivoli à Paris, soyez donc attentifs...
03 novembre 2008
"Gag" de la Toussaint (1er novembre 2008)
Avant-hier, samedi 1er novembre, était un jour férié (pour ceux qui l'ont oublié). Des personnes de ma connaissance étaient désireuses ce même jour d'aller voir une exposition temporaire dans un musée de la Ville de Paris. Nous consultons l'Officiel et autre Pariscope où sont indiqués les jours d'ouverture du musée: du mardi au dimanche sauf certains jours fériés (sans autre précision). On peut appeler un numéro de téléphone. Ce qui fut fait. Une sympathique voix enregistrée nous a redit la même chose que sur le support écrit et elle a ajouté que pour plus de renseignements (comme l'ouverture les jours fériés par exemple), il suffit de consulter le site internet. Ce qui fut fait (il n'avait pas bougé). A part l'adresse, les jours d'ouverture (comme le support papier) et le numéro du standard, on n'a pas su si ce f**** musée était ouvert, ou pas, ce samedi 1er novembre 2008 de 10h à 18h.
PS: Quelqu'un s'est rendu sur place, le musée était effectivement fermé car c'était un jour férié. Beaucoup de gens étaient déçus.
15 octobre 2008
Avant-première d'un film - "coup de gueule"
Je commence à en avoir assez de ces avant-premières où on vous allèche avec une éventuelle séance de questions/réponses avant ou après la séance et au bout du compte: RIEN. Après Séraphine, j'ai assisté à une des nombreuses avant-premières de Le crime est notre affaire avec l'irrésistible duo Catherine Frot / André Dussollier. Cela se passe dans un grand complexe des Halles au centre de Paris. D'abord, avant d'entrer dans la salle, j'ai noté un service d'ordre privé mais pas trop musclé qui régulait la foule. Ce n'est pourtant un concert de rock, non mais! Une fois introduite dans la salle, une jeune femme nous a annoncé qu'il y avait des rangées réservées à des "happy few" (devant et plus haut). Les "happy few/spectateurs" devaient avoir un petit carton, véritable sésame pour pouvoir s'asseoir dans les rangées sus-mentionnées. Je ne comprends pas ces privilèges: l'abolition des privilèges a été prônée dans la nuit du 4 août 1789, non mais! Et le fait d'avoir payé sa place ou d'être invité(e) gratuitement n'est pas la question (pour ma part, je suis entrée avec ma carte UGC illimitée). Surtout qu'au bout du compte, à la fin de la projection, les acteurs et techniciens (Catherine Frot et André Dussolier, entre autres), n'ont rien dit de particulier et 5 minutes après le générique de fin, tout le monde s'est éparpillé. J'aimerais connaître l'intérêt de mobiliser autant de monde. Ah si, une chose, les comédiens se sont fait mitrailler par les appareils-photos numériques. Sans rien enlever des qualités du film que je chroniquerai dans un billet futur [chroniqué le 27/10/2008], ce n'est jamais qu'un film parmi d'autres dans une salle où je me rends régulièrement: grande salle, grand écran mais rien d'exceptionnel.
PS: Le film sort aujourd'hui, mercredi 15 octobre 2008.
12 octobre 2008
Rencontre avec Coumarine...
... hier, samedi 11 octobre à la mairie du XIème arrondissement de Paris dans le cadre de "Livres en fête", à un Salon dénommé "Des livres et des blogs" (12 place Léon Blum, 75011 Paris, juste à la sortie du métro Voltaire [sur la ligne 9]). Cette manifestation se passe pendant ce week-end des 11 et 12 octobre. Sont rassemblés, au deuxième étage de la mairie, dans une grande salle, de nombreux blogueurs (blogueuses) qui dédicacent leurs ouvrages parus. Comme la photo de Coumarine est affichée sur son blog, je n'ai pas eu de mal à la reconnaitre. On s'est fait la bise. J'étais avec mon ami qui avait (enfin, après un temps d'attente certain) réussi à me procurer un des livres de Coumarine Tout d'un blog. Sur place, il a acheté L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers. Coumarine nous a gentiment dédicacé les deux ouvrages : un pour moi, un pour mon ami. Un peu avant, Coumarine et moi, nous avons papoté. Elle m'a expliqué que le livre L'enfant... auquel elle tient particulièrement avait provoqué une rupture entre elle et sa fratrie. Dans ce livre, elle s'adresse à ses enfants. D'autres blogueuses (que je ne connais pas) sont arrivées dans la foulée. Je suis repartie toute contente avec mon exemplaire de Tout d'un blog que j'ai commencé (qui se lit vite avec ses 116 pages). Les dédicaces ont encore lieu ce dimanche, de 14h à 18h. Pour ceux qui passent ou habitent Paris, allez-y. Merci Coumarine qui êtes venue spécialement de Belgique pour l'occasion. Rien ne vaut les rencontres "en réel". C'est quand même bien sympathique.
23 août 2008
A Guédelon, ils bâtissent un...
... château-fort. Invitée quelques jours dans la Nièvre, j'ai visité un chantier de construction peu ordinaire qui, lui, se trouve dans l'Yonne, département voisin: celui d'un château-fort du type standardisé par Philippe II Auguste au début du XIIIe siècle. Le site, qui n'est accessible qu'en voiture parce qu'un peu loin de tout (le parking fut créé en tout premier), a été choisi en raison de la carrière de pierres à proximité et de la forêt de chênes autour. L'idée originale de se lancer dans un tel projet remonte à 1997. Elle a été portée par un propriétaire de château de la région. Il a fallu demander le permis de construire ad hoc auprès de la mairie voisine, etc. Trouver les premiers financements publics et privés ne fut pas une mince affaire. D'ailleurs c'est grâce à la curiosité dès la première année de 50 000 personnes, qui ont payé alors qu'il n'y avait rien (ou pas grand-chose) à voir, que le projet a pris de l'ampleur. Ce chantier a créé des emplois (5 salariés et 30 bénévoles dès la 1ère année). Et d'année en année, pierre par pierre, le château a commencé à sortir de terre. Aujourd'hui, les travaux en sont à peu près aux 2/5 des prévisions (l'achèvement est prévu entre 2022 et 2025). Les quelques 250 000 visiteurs par an (9 euros l'entrée adulte individuelle plus 2 euros pour la visite guidée par personne) permettent désormais au chantier de s'autofinancer et de salarier près d'une cinquantaine de personnes à l'année. Quand le visiteur arrive, il est accueilli, pour la visite guidée, par quelqu'un habillé à la mode du Moyen-Age. En l'occurrence, il s'agissait, pour nous, d'un jeune archéologue (Franck). Il nous a fait un véritable cours sur le contexte historique et technique, entrecoupé de questions pour voir si on suivait bien! Parmi les renseignements qu'il nous a donnés, il nous a signalé qu'il n'avait pas été simple de savoir quelle était l'épaisseur d'une porte de cuisine à cette époque. A chaque fois, des questions de détails de ce genre provoquent un débat qui va aboutir, dans quelques mois ou dans 5 ans voire plus, auprès des archéologues qui trancheront. Toutes les mesures sont en toises et en pieds car les autres ont été abandonnées (la coudée, la paume, le pouce, etc): c'était trop compliqué pour s'y retrouver. Le chantier se présente avec le château au milieu et tout autour les ateliers pour les corps de métier qui sont nécessaires à la construction: les forgerons, les tailleurs de pierre, le four en briques (20ème siècle) pour cuire les tuiles (faites main), les charpentiers, le cordier. Nous avons vu aussi des animaux comme les chevaux, les ânes, les cochons, les moutons. Pendant les périodes de vacances scolaires, le chantier tourne au ralenti car avec le flot de visiteurs qui posent des questions diverses et variées aux ouvriers, ces derniers sont souvent interrompus pour y répondre. Comme échafaudage, une grande "roue à écureuil", mue par un homme pour hisser les blocs de pierre, a été installée au bas de l'édifice. Les conditions de sécurité sont draconiennes: le mortier qui sert de liant pour assembler les pierres est fait avec de la chaux qui arrive sur le chantier sous forme éteinte, et non de la chaux vive (comme dans les temps médiévaux, car nocive et dangereuse). Chaque matin, les bénévoles (qui peuvent venir travailler de 3 jours à 2 semaines) commencent par "gâcher" le mortier nécessaire à la journée de travail. Le château terminé, on le fera visiter et les gens pourront, entre autre, admirer les trois endroits qui caractérisent le château-fort philippien: la aula (grande pièce du logis, qui a donné "hall"), la camera (la chambre du seigneur, dans le donjon) et la capella (la chapelle, dans une autre tour).
L'adresse du site internet de Guédelon comporte beaucoup de renseignements bien intéressants. "Guédelon, chantier médiéval" est une marque déposée à l'INPI, Institut national de la propriété industrielle. Plus d'un million de personnes sont déjà venues ou revenues voir le chantier. Dans notre groupe, 2 personnes étaient déjà venues, 3 et 7 ans auparavant. Pour ma part, je pense bien y revenir d'ici 5 ans pour voir l'évolution des travaux.
11 juillet 2008
Du cinéma à la campagne
Afin de relativiser la vision parisiano-centriste d'un grand choix hebdomadaire de films à voir en salle, je voudrais analyser six semaines (du 25 juin au 5 août 2008) de programme d'un petit cinéma de province, dans une ville presque millénaire d'aujourd'hui 5 à 6000 habitants. Elle n'a ni caserne, ni tribunal, ni maternité, mais (encore) une gare, ainsi qu'une bibliothèque de + de 17 000 volumes ouverte 18 heures par semaine (fermeture annuelle en août).
Le cinéma ("Art & essai CNC", et "label jeune public") comporte 2 salles, et propose un maximum de 6 séances par jour (15 h, 17 h, 21 h [ou la 1/2 h précédente], exceptionnellement 23 h), qui vont couvrir les 4 à 6 films différents proposés chaque semaine (avec un billet à 6,70 euros, soit seulement les 2/3 du tarif de certaines salles parisiennes).
Dans la semaine du 25 juin au 1er juillet 2008, il y a eu: Narnia, le prince Caspian (11 séances, précédées d'une avant-première le mardi 24); Sagan (9); Jackpot (5); Le grand alibi (5); 2 jours à tuer (4); Bienvenue chez les Ch'tis (2). Ce dernier film passera jusqu'au 29 juillet, toujours à raison de 2 séances par semaine. Du 2 au 8 juillet, nous avons: Le journal d'une baby-sitter (6 séances); Indiana Jones IV (6); L'heure d'été (5); Mèche blanche (5). Du 9 au 15/07: Kung-Fu Panda (15 séances, et un total de 17 lors des 2 semaines suivantes); Il y a longtemps que je t'aime (6); Phénomènes (8 séances, et 4 la semaine suivante); Seuls two (5). Du 16 au 22/07: Narnia (5 séances, + au total 5 lors des 2 semaines suivantes); Le mariage chez les Bodin's (5). Du 23 au 28 juillet: Hancock (9 séances); Shine a Light (6). Et enfin, du 30 juillet au 5 août: Wall-E (11 séances); L'incroyable Hulk (8); Ciao Stefano (7).
Il s'agit là d'un programme pour les vacances, donc plus varié qu'à l'ordinaire. Voilà comment est lotie la province profonde. Pour ma part, c'est sans commentaire. Mais j'attends les vôtres (Parisiens ou non) avec impatience!
07 juillet 2008
Jouer les touristes à Paris
Une fois de plus, c'est mon ami qui m'a sortie de ma routine de Parisienne, métro, boulot et ballades à pied. L'autre jour, flânant sous la Tour Eiffel (j'aime bien me promener vers le Champ de Mars), il a avisé un "Car rouge" à impériale à l'arrêt. Ni une ni deux, nous nous sommes renseignés auprès du chauffeur sur les tarifs et la durée du trajet. La promenade dure presque deux heures. Le circuit est rodé depuis quelques années déjà.
Pour une somme qui est supérieure à 20 euros, les touristes en goguette peuvent, pendant une ou deux journées, monter et descendre à des arrêts spécifiques, pour prendre les photos de rigueur, faire du shopping ou faire le tour du pâté de maison (si je peux m'exprimer ainsi). Pour le prix, ils ont aussi droit à un commentaire par audiophone énoncé en 5 langues. Bien évidemment, nous nous sommes installés au premier étage à l'air libre. Le départ se fait donc au pont d'Iena, au pied de la Tour Eiffel. L'étape suivante se fait aux Invalides (tombeau de l'Empereur Napoléon Ier oblige). Le car se dirige ensuite vers la Concorde après avoir traversé le Pont Alexandre III, le plus beau pont de Paris (dixit la voix dans les oreilles). De là, nous avons longé le musée du Louvre, côté Seine. De notre premier étage, on regarde et admire les monuments avec un oeil différent. J'ai pu découvrir la façade du plus grand musée du monde avec attention. Petit arrêt de rigueur à Notre-Dame (à l'heure où nous sommes passés, il y avait la messe diffusée sur grand écran). Puis nous revenons sur nos pas. On contourne l'Opéra de Paris et on s'arrête juste derrière l'édifice, pas loin des magasins des grands boulevards (je ne ferai aucune publicité). Avant de retourner au point de départ, on a remonté les Champs-Elysées avec le commentaire ad hoc. C'est intéressant de prendre conscience de ce que voient les touristes qui visitent Paris (ou, du coup, de penser à ce que nous ne voyons pas en suivant les balises des "parcours organisés" dans les capitales étrangères). On ne voit pas la Rive Gauche (Panthéon etc.), ni le Sacré Coeur ni l'Est Parisien, etc. Le parcours reste concentré sur des endroits intéressants, certes, mais où la notion de "shopping" est très présente. Il est vrai que le public des "bus rouges" est composé de touristes ne faisant pas partie d'un groupe.
Une autre façon, très touristique aussi, de voir Paris est de prendre le bateau. Mon ami, pour mon anniversaire (il y a déjà trois mois!), m'avait offert un dîner-croisière sur un long bateau couvert. Pendant deux heures, nous avons navigué sur la Seine entre le pont de Bir-Hakeim dans le 15ème arrondissement jusqu'à Bercy dans le 12ème. C'est une autre façon de voir Paris (par en-dessous, si je puis dire) puisque nous sommes au niveau de l'eau. Là, à la différence des bateaux-mouches, nous n'avons pas eu de commentaire mais comme c'était le soir, Paris "by night" tout illuminé vaut le coup d'oeil (même pour les Parisiens).
29 juin 2008
Silex taillé - 21ème s. après J.-C.
Mon ami m'a entraînée hier samedi 28 juin 2008 à une "journée Portes ouvertes" sur un chantier archéologique à quelques stations de métro de chez moi, dans le 15ème arrondissement de Paris. Rue Henry Farman, les archéologues de l'INRAP, intervenant en archéologie préventive avant la construction d'un centre de tri sélectif des déchets, ont pu "fouiller dans les poubelles" d'un campement provisoire de chasseurs-cueilleurs remontant au Mésolithique (9000 à 6000 avant J.-C.). Seuls les piliers de fondation de l'ancien bâtiment qui a été démoli ont perturbé le site. Sur ce chantier de fouilles débuté depuis février et qui se terminera fin juillet, la journée Portes ouvertes, annoncée par voie de presse, était prévue de 10 à 12 h et de 14 à 18 h. Arrivés à 11 h, nous avons découvert une longue queue d'attente. Mais finalement, ils prenaient des groupes de 30 personnes toutes les 7 minutes. j'ai entendu une archéologue se réjouir qu'il y ait tant de monde manifestant un intérêt pour ce patrimoine archéologique. Une fois à l'intérieur, nous passions d'archéologue en archéologue, chacun expliquant un aspect (contexte préhistorique, stratigraphie, méthodes de fouilles...). La première intervenante nous a expliqué qu'ils ont d'abord ouvert une tranchée pour le diagnostic, fouillé rapidement un niveau "premier âge du fer" (-800 -500 av. J.-C.), puis décapé près de la surface de cette fameuse couche mésolithique (la plus intéressante, seulement la 2ème fouillée en Ile-de-France) à la pelle mécanique, avant de réaliser des sondages d'un mètre carré chacun. Je me suis un peu ennuyée ensuite durant la partie stratigraphie (devant une paroi de terre marron-grise séchée): c'était un peu aride, je n'y voyais rien, l'intervenant ne parlait pas assez fort, c'était un peu l'anarchie. Je me suis dit après coup qu'il aurait pu décaper un peu la terre desséchée devant nous et rafraîchir la coupe à la truelle, on aurait sans doute davantage apprécié les différences de couches. Pour l'aspect "exemple de fouilles", deux jeunes femmes, à genoux, remplissaient de terre des seaux en plastique, après avoir décapé délicatement presque à la petite cuillère quelques décimètres carrés, pendant qu'une autre parlait, parlait, parlait... L'équipe a dégagé plus particulièrement quelques emplacement où la densité de "microlithes" (petites lames de silex destinées à des pointes de flèches) était plus importante. Ils ont trouvé des ossements, des coquilles d'escargots. Les trouvailles seront examinées plus à fond dans quelques mois. Mon ami, lui, a été fasciné par l'atelier final, où avaient lieu des démonstrations d'allumage de feu par frottement de bois, du lancer de javelot, de sagaie avec un propulseur, de tir à l'arc, le tout par un excellent intervenant, très pédagogue, attentif aux enfants qui se trouvaient dans l'assistance... Sa maîtrise du sujet, de l'oral, m'a fait repenser au guide de Bourges qui m'avait bien plu l'an dernier (cf. billet du 01/09/07). Pour en revenir à Paris, j'ai appris des choses intéressantes et que j'ignorais, mais, au bout de presque trois heures de station debout, je commençais à trouver le temps long, et le soleil à taper... J'ai "zappé" le dernier atelier, la taille du silex (il faut choisir des nuclei qui ne soient pas gélifs!). Et il y avait encore un groupe derrière nous! J'ai peur que les archéologues n'aient pas disposé des deux heures de coupure de repas qu'ils avaient prévu. En tout cas, je n'aurais pas voulu être à leur place, au printemps, sous la pluie et dans le froid, pour dégager ces mètres carrés et cubes de terre!
