jeudi 4 janvier 2018

Le rire de Mme Lin - Tao Zhang / The Wedding Plan - Rama Burshtein

Voici les deux films que j'ai vus le 1er janvier 2018 comme je l'avais annoncé dans mes voeux. Ils étaient projetés dans le même cinéma "Art et Essai" sur les Champs Elysées.

Autant, pour Le rire de Mme Lin, la salle n'était pas très pleine, autant, pour l'autre, c'était presque complet. Dehors, le temps était détestable.

Le rire de Mme Lin, un film chinois financé en partie par la France, s'apparente presque à un documentaire. Il y a peu de dialogues. L'image est sombre. De nos jours, dans une province reculée de Chine, Mme Lin, filmée souvent de profil et avec la tête baissée, est une dame âgée aux cheveux blancs qui vit seule dans sa maison ouverte à tous les vents. C'est une masure en piteux état. Un jour, elle tombe par terre. Ses enfants qui ne vivent pas avec elle décident de la mettre dans un hospice. L'établissement est complet mais la direction compte sur le décès prochain d'une des pensionnaires gravement malade. On fait d'ailleurs visiter à Mme Lin, la chambre avec la personne alitée... Pauvre Mme Lin qui parle peu et refuse d'aller dans cet hospice. En attendant son hypothétique admission, des arrhes ayant été versées, cette veuve de six enfants se retrouve ballotée d'une famille à l'autre, d'une maison à l'autre. Elle est une charge, une bouche inutile qui coûte cher en médicaments. Et par-dessus tout, Mme Lin se met à rire pour un oui ou pour un non. Elle "tape sur le système" des membres de sa famille qui arrivent à la reléguer dans  l'étable à côté de la vache. La fin du film en musique est absolument terrible. Mme Lin ne méritait pas ça. Même si le film ne m'a pas totalement convaincue, on est touché par le destin de cette vieille femme. Notre époque moderne ne sait pas toujours quoi faire de nos anciens, surtout quand ils déclinent. C'est pourtant un problème qui prend de l'ampleur avec l'augmentation de l'espérance de vie.

Je passe au film israélien The wedding plan (Le projet de mariage) qui est illuminé par la présence de Noa Koler présente dans chaque plan ou presque. Agée d'une trentaine d'années, Michal (Noa Koler), une Juive hassidique pratiquante qui croit au mariage pour la vie, a décidé de se marier. Tout est prévu, la salle, le jour, le nombre d'invités (200). Petit problème, elle ne sait pas encore qui sera l'heureux élu car l'homme qu'elle devait épouser lui avoue qu'il ne l'aime pas. Michal a encore un mois pour trouver l'homme de sa vie qu'elle épousera le 8ème jour d'Hanoukka (en décembre), la fête des lumières. Ce jour-là, il se passe un miracle dans la tradition juive. Michal rencontre plusieurs hommes qui pourraient lui plaire, dont Yos, un jeune rocker au sourire et au regard à faire fondre un iceberg (c'est mon côté midinette qui parle). Est-ce que Michal va se marier et avec qui? Je vous laisse le découvir. Le film est un peu bavard mais Noa Koler vaut la peine que l'on aille voir le film. De la réalisatrice, juive hassidique elle-même, j'avais vu Le coeur a ses raisons (2012) qui m'avait plu. Lire le billet d'Anne.

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lundi 25 décembre 2017

Makala - Emmanuel Gras / Le crime de l'Orient-Express - Kenneth Branagh / Coco - Lee Unkrich et Adrian Molina

Décidément la fin de l'année permet de voir des films passionnants. Voici d'abord un documentaire à ne pas manquer.

En République Démocratique du Congo, Kabwita  Kasongo vit pauvrement avec sa femme et ses jeunes enfants dans une cahute dans un village reculé. Le film commence quand Kabwita se met à abattre un arbre immense avec une simple hache à la force de ses muscles. Il y passe une journée entière. Le vent souffle. L'abattage de cet arbre m'a révoltée dès le début, avant que je comprenne à quoi il allait servir. Kabwita le débite, le met dans un grand four afin de le transformer en charbon de bois. Le soir venu, Kabwita parle avec sa femme qui s'occupe de la maison et de la cuisine. En l'occurence, elle fait griller un rat (vous avez bien lu) sur un brasier. C'est la seule viande qu'ils aient à manger. Kabwita rêve de construire une plus grande maison. Pour ce faire, il entasse le charbon de bois bien arrimé sur un simple vélo. A vue de nez, il y a plus de 100 kg de charbon sur ce vélo surchargé. Puis débute le périple de Kabwita qui va parcourir 50 km avec son chargement. Il marche en poussant le vélo. Le chemin caillouteux et empoussiéré monte et descend. Il manque plusieurs fois de se faire renverser. Le vélo va tomber au moins une fois. Des hommes vont l'aider à le redresser. Plus tard, arrivant aux abords à Kolwezi, il va être rançonner par des policiers. La caméra filme de loin cette altercartion. Sinon, le réalisateur filme au plus près des visages. Kabwita ne se laisse jamais abattre, il a beaucoup de courage et de dignité. La séquence finale dans un lieu de prière chrétien est étonnante. La force du film est qu'on oublie que Makala (charbon en swahili) est un documentaire. Il y a une dramaturgie et un vrai scénario. Du très grand cinéma. Chris le pense aussi. Aurore est en revanche plus interrogative.

Je passe rapidement sur Le crime de l'Orient-Express, deuxième adaptation au cinéma du roman d'Agatha Christie. Branagh qui interprète Hercule Poirot a un accent à couper au couteau. La scène du crime où l'on voit le corps de Ratchett alias Cassetti assassiné de 12 coups de couteau est filmée par le haut, comme si le wagon n'avait pas de toit. Parmi les suspects, Michelle Pfeiffer qui interprète Caroline Hubbard est bien, elle a un rôle plus étoffé que les autres. Et j'ai trouvé que Johnny Depp avait pris un coup de vieux. Sinon, c'est un film qui peut se voir.

Je termine avec le dessin animé Coco qui offre un festival de couleurs et de musique (et pas trop de chansons). J'étais partie pour voir Ferdinand (le taureau) et j'ai donc vu Coco avec un immense plaisir. Le film rencontre un succès mérité. J'ai été bluffée par l'animation. Au Mexique, au moment de la période du jour des morts, le jeune Miguel voudrait jouer de la musique. Malheureusement, sa famille, fabricants de chaussures depuis trois générations, a banni la musique et tout ce qui s'y rapporte depuis que l'arrière-arrière grand-père de Miguel, Ernesto de la Cruz, a quitté sa famille pour faire carrière comme guitariste. Ce jour des morts, tous les défunts de chaque famille sont célébrés. Les photos de chacun sont bien mis en évidence sur un autel dans un coin des maisons. La famille de Miguel ne déroge pas à la règle. Quand, à un moment donné Miguel s'empare d'une guitare et passe dans le royaume des morts, l'histoire prend de l'ampleur. Le scénario très bien écrit réserve plein de surprises dont un coup de théâtre. Je suis d'accord avec un des messages du film: les morts sont vraiment morts quand plus aucun vivant ne pense à eux. Un très bon film pour petits et grands.

Ceci étant, je vous souhaite un joyeux Noël!

dimanche 29 octobre 2017

La belle et la meute - Kaouther Ben Hania / The Square - Ruben Östlund

La belle et la meute de Kaouther Ben Hania est inspirée d'une histoire vraie. Toute l'action se déroule pendant une soirée et une nuit. En Tunisie, Mariam, une très jolie jeune femme âgée de 21 ans et célibataire, va subir un viol (hors champ). Elle a perdu son portable et son sac à main avec ses papiers. Elle était en train de se promener au bord de la plage avec Youssef, un homme rencontré à une soirée dans un dancing. C'est lui qui va la pousser à porter plainte. A partir de là, une sorte de calvaire commence pour Mariam. Elle se rend dans une clinique proche où elle est mal accueillie. N'ayant plus de papier d'identité, la réceptionniste affirme que l'on ne peut rien pour elle. Dans un autre hôpital, on lui dit qu'il faut d'abord qu'elle porte plainte à la police. Arrivée au poste, elle est insultée, menacée. Il faut dire que ceux qu'elle accuse de l'avoir violée sont des policiers. Mariam, pas très grande mais volontaire ne s'en laisse pas compter. Elle a du courage face à cette meute qui espère qu'elle rentre chez elle se reposer et puis c'est tout. Pour eux, un viol, ce n'est rien ou presque, pourquoi veut-elle se plaindre? Les hommes n'ont pas le beau rôle, à part peut-être un vieux policier à cheveux blancs qui semble moins borné et moins bête que les autres. J'ai trouvé en revanche qu'il n'y avait pas beaucoup de solidarité entre les femmes. Une réceptionniste obtuse, une gynéco, une femme policier: les trois la considèrent avec mépris ou indifférence. Un film prenant jusqu'au bout. La fin se termine sur le lever du jour... Un film qui m'a plu malgré quelques maladresses de scénario. Lire le billet de Pascale.

Je n'en dirai pas autant concernant The Square, le film suédois de Ruben Östlund, Palme d'or au dernier festival de Cannes en 2017. Je suis sortie perplexe. Je pense que je n'ai pas compris ce que le réalisateur qui est aussi le scénariste a voulu nous dire ou nous montrer. Personnellement, je me suis forcée à aller voir The Square parce qu'il a reçu une Palme d'or. Comme j'avais des a priori négatifs après avoir vu la bande-annonce, mon jugement a peut-être été faussé. J'ai trouvé ce film ni drôle, ni intéressant. Je trouve que ce qui pêche, c'est le scénario. Il y a des scènes pleine de "non sense" comme on dit en anglais. Un chimpanzé dans un salon qui se met du rouge à lèvres, un homme qui imite un chimpanzé et terrorise toute une assemblée à table. J'ai aussi trouvé que de se moquer de quelqu'un atteint de la maladie de Gilles de la Tourette n'était pas du meilleur goût. On est dans la surenchère et au bout du compte, cela m'a laissé indifférente. Le film dure presque 2H30 qui passent relativement vite. L'acteur principal, Claes Bang, que je ne connaissais pas mais à qui j'aurais donné le prix d'interprétation masculine, est très bien et plutôt bel homme. Il joue avec un détachement de bon aloi. Il y a de très beaux plans avec un travail sur les cadrages. Je suis pour ma part passée à côté de cette Palme. Lire les billets de Pascale, Tinalakiller et ffred qui racontent beaucoup mieux que moi le film.

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vendredi 20 octobre 2017

Detroit - Kathryn Bigelow

Pendant deux heures vingt minutes, le spectateur se trouve à Detroit, en juillet 1967. Cette ville, berceau du label de chansons Motown et capitale de l'industrie automobile vit des émeutes sanglantes. Tout part, pendant une soirée, d'un cercle de jeu clandestin où une fête est organisée pour célébrer le retour d'un soldat noir du Vietnam. La police interrompt cette fête. Les gens se dispersent pour éviter l'affrontement avec les forces de l'ordre. Un ou deux jours plus tard, c'est l'état de siège dans Detroit. Les magasins sont pillés. Dans une salle de spectacle, un concert où se succèdent des chanteurs de "soul" est interrompu. The Dramatics, un groupe de cinq chanteurs noirs qui s'apprêtaient à monter sur scène pour la première fois, se retrouve dans la rue et se réfugie dans un motel voisin, The Algiers Motel, en évitant les arrestations de masse. Fin de la première partie. A partir de là, tout dérape, un Afro-américain logeant dans le motel a la très mauvaise idée de tirer avec un pistolet d'alarme en direction des militaires stationnés dans la rue. Les autres Afro-américains et deux jeune femmes blanches présents sur les lieux essuient des tirs de riposte. Le motel est bientôt investi par les gardes nationaux et surtout par des policiers dont le meneur s'appelle Krauss, un nazillon de la pire espèce qu'on avait croisé au début du film. Durant plus d'une heure dans un huis-clos étouffant, on assiste à l'humiliation et au tabassage des afro-américains et des deux jeunes femmes qui sont agressées et ceci en tout impunité. Trois noirs sont tués. Melvin, le seul vigile noir arrivé en renfort, n'a pu rien pu faire. Fin de la deuxième partie. Dans la troisième partie qui sert aussi d'épilogue, on voit les policiers blancs traduits en justice. Les jurés et le juge sont blancs. Donc vous pouvez deviner que les prévenus vont s'en sortir. C'est un film asphyxiant. On sort chamboulés et révoltés. La caméra suit les acteurs de très près. On ne sort pas indemne de Detroit (film réalisé par Kathryn Bigelow), qui ne peut pas laisser indifférent, qu'on l'aime ou pas. Lire les billets de Pascale, Aurore et Chris,

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jeudi 14 septembre 2017

L'homme qui s'envola - Antoine Bello

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Ce nouveau roman d'Antoine Bello est une lecture agréable. L'homme qui s'envola (Editions Gallimard, 318 pages) s'appelle Walker (il va s'envoler au sens propre et figuré). Il a tout pour être heureux: de l'argent, une épouse adorable, Sarah, et trois beaux enfants. Il dirige avec succès au Nouveau-Mexique la société familiale (celle de ses beaux-parents) concurrente de la Fedex. Mais Walker étouffe, il est en pleine crise existentielle, il n'a pas une minute à lui pour profiter de sa vie. Il décide de s'enfuir en mettant en scène sa mort. Pour ce faire, il fait "crasher" l'avion qu'il pilote après avoir sauté en parachute. Malheureusement pour lui, un détective, Nick Sheperd, l'un des meilleurs dans le domaine de la recherche des personnes disparues, est convaincu que Walker est encore vivant. D'ailleurs une caméra de vidéosurveillance dans un magasin trahit Walker. Le roman est divisé en trois parties. La première partie décrit la vie, la décision de Walker et sa disparition. Les deux autres parties alternent les récits de Walker, de Sarah et de Nick. Cela rend le roman vivant et on le lit vite. Les personnages sont tous attachants C'est peut-être le reproche que je ferais à Antoine Bello, cela manque de dureté. C'est une histoire trop "gentille". Lire les billets de Krol et d'Eva.

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samedi 8 juillet 2017

Sans pitié - Sung-hyun Byun / Le jour d'après - Hang Sang-Soo

Voici deux films coréen, le premier que j'ai beaucoup aimé (j'ai suivi le conseil de Pascale) et le deuxième qui m'a un peu ennuyée.

Sans pitié de Sun-hyun Byun fait penser au film de Martin Scorcese Les Infiltrés (2006), qui était lui-même un remake du film hong-kongais The Internal affairs (2002). Dans Sans Pitié, un jeune flic, Hyun-soo (j'ai cru à un adolescent) accepte une mission d'infiltration, qui consiste à passer trois ans en prison et à se rapprocher du "caïd" Jae-ho qui fait la loi dans la prison. On apprend que Hyun-soo est flic bien après le début du film, quand il l'avoue à Jae-ho. Sans pitié joue avec la chronologie: 2 ans avant, 3 mois après, etc. Cela permet aux spectateurs de se repérer dans les méandres de l'intrigue. J'ai été intéressée par les relations entre le jeune n'ayant peur de rien, se battant avec plus fort que lui, et l'ainé. C'est une relation père-fils voire plus si affinités. Je me suis posé la question. Il y a un doute qui plane jusqu'au bout. Quand les deux sortent de prison, ils s'associent. Ils court-circuitent un autre Coréen, ce qui leur permet de faire affaire avec un gang de Russes lors d'un achat de cachets de méthamphétamine. Par ailleurs, une femme-flic pas sympathique (la chef de Huyn-soo) s'en mêle. Elle n'a aucun état d'âme et compte bien "coincer" tout le monde. Je le répète, le rythme du film est haletant grâce à sa rupture dans la chronologie de l'histoire. Pour un presque premier film, le réalisateur a fait du bon travail. Lire le billet enthousiaste de Pascale.

Je n'en dirais pas autant pour Le jour d'après réalisé par Hang Sang-Soo. Ce film en noir et blanc m'a paru statique bien qu'il y ait aussi des flash-back: quatre personnages sont à l'écran (pas forcément en même temps). Le décor se résume pratiquement à l'intérieur d'une maison d'édition. Bongwan, éditeur et écrivain primé, est marié. Il a une maîtresse qui vient de le quitter. Elle était son employée dans la maison d'édition. Areum, une jolie jeune femme prend sa place, et c'est elle qui est giflée par la femme de Bongwan qui croit qu'il s'agit de l'amante de Bongwan. Cette gifle arrive largement au tiers du film. Avant, il ne se passe pas grand-chose, ça parle, ça crie, ça pleure. Et Bongwan ne réagit pas beaucoup. Il m'a paru sans épaisseur. On se demande comment deux femmes ont pu lui tomber dans les bras, sans compter que la nouvelle ne semble pas non plus le laisser indifférent. Le noir et blanc est certes beau, mais c'est un peu long, et j'ai trouvé la fin (où Bongwan ne se rappelle plus d'un visage) assez étrange. Lire le billet de Strum.

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mardi 16 mai 2017

Alien Covenant - Ridley Scott / Life - Origine inconnue - Daniel Espinosa / Braquage à l'ancienne - Zach Braff

Comme j'ai à chroniquer des films qui m'ont davantage intéressée, je commence par le tout-venant.

Au début d'Alien Covenant, le énième film avec la celèbre bête dentue bavant de l'acide et pas sympa avec les humains, j'ai eu un peu peur que cela ressemble à Prométheus qui m'avait paru fumeux. Dans une immense pièce de forme ovoïde, très "high-tech", David (l'un des personnages principaux de Prometheus), un androïde, dialogue avec Peter Weyland, son géniteur. Et puis, heureusement que l'on se retrouve très vite en 2124 dans un vaisseau spatial, le Covenant, contenant des embryons, des colons et 15 membres d'équipage, tous en état d'hibernation. Seul Walter, un androïde (copie conforme de David) est "éveillé" et dirige le vaisseau vers une planète accueillante qu'il doit atteindre dans sept ans. Malheureusement, un vent solaire provoque le réveil catastrophique de l'équipage, et des pertubations radios (on entend une chanson) amènent le nouveau commandant à changer de trajectoire. La planète visée ne se trouve qu'à deux ou trois semaines de là. Qu'est-ce qu'ils n'ont pas fait? La planète où le soleil est absent est pleine d'arbres immenses, de rivières et de montagnes. On n'entend aucun bruit d'animaux mais en revanche le blé est mûr. C'est là que l'on fait connaissance des "aliens", des anamorphes ou xenomorphes, des spores à l'origine, qui en s'introduisant par le nez ou par les oreilles des membres de l'équipage se développent très vite et tuent leur hôte. Ils sont indestructibles ou presque. Je ne vous dévoilerai pas plus l'histoire, sauf que l'on retrouve sur cette planète le vaisseau Prometheus, et David qui va affronter Walter. J'avoue avoir eu peur. L'ambiance est angoissante à cause du manque de lumière. Tout le film baigne dans le gris foncé. La fin du film laisse présager une suite. J'ai trouvé que Katherine Waterston s'en tire bien, et Michael Fassbender qui interprète David et Walter vaut le détour avec son comportement glaçant. Mon ami ta d loi du cine a trouvé intéressant qu'il y ait deux androïdes. Pour ma part, j'ai aimé le film avec ses qualités et ses défauts.

Lire les billets de Pascale, ffred, Vladdy pas convaincus du tout. Alex-6 un peu plus?

Je passe à Life-Origine inconnue de Daniel Espinosa, un huis-clos qui se passe dans et autour de la Station Spatiale Internationale. Six astronautes de plusieurs nationalités récupèrent des échantillons de cellules venus de la planète Mars. Ils raniment un de ces échantillons qui est baptisé "Calvin". C'est un organisme unicellulaire qui grossit de plus en plus. Cela ressemble à un poulpe. Il est doté d'une très grande force et de beaucoup d'intelligence. Je ne vous fais pas un dessin: une lutte s'engage entre Calvin et les humains. Calvin pour survivre a besoin de se nourrir (d'humains) et d'oxygène. Le suspense est haletant et la fin fait penser que les ennuis commencent pour l'humanité. Un film pas désagréable à voir bien que Pascale  (encore elle ) n'ait pas trop aimé.

Pour se détendre, mon ami et moi, on a vu Braquage à l'ancienne de Zach Braff. Ce n'est pas le film du siècle mais l'histoire est sympathique et plein de bons sentiments. Trois papys, Joe (Michael Caine), Willie (Morgan Freeman) et Albert (Alan Arkin), apprennent que le fonds de pension qui payait leurs  retraites n'existe plus. Ils vont s'en prendre à la banque qui a récupéré l'argent. Le film est émaillé de quelques gags amusants. Il faut prendre le film pour ce qu'il est, une comédie bon enfant qui se termine bien grâce à une petite fille et sa poupée (pour ceux qui ont vu le film). L'avis de Pascale (toujours elle ).

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jeudi 30 mars 2017

Cadavre 19 - Belinda Bauer / Maiba - Russell Soaba / La baleine Thébaïde - Pierre Raufast

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Cadavre 19 de Belinda Bauer (Collection 10/18, 401 pages) m'a plu parce qu'il s'agit d'un polar pas trop violent malgré le fait qu'une grande partie de l'histoire se passe dans une salle d'autopsie. Patrick Fort, âgé de 18 ou 19 ans et atteint du syndrome d'Asperger, a décidé d'étudier l'anatomie. Il veut comprendre ce que c'est que la mort. Il veut obtenir des réponses à ses questions qu'il se pose depuis l'enfance, à l'époque où son père est mort accidentellement, renversé par une voiture. Avec d'autres étudiants, on lui attribue un cadavre à qui on donne un numéro: le 19. De tempérament curieux, Patrick va assez rapidement découvrir que la cause de la mort du n°19 n'est pas celle attendue. L'histoire prend son temps. Il y a quelques facilités dans les rebondissements de l'histoire mais le roman se lit agréablement.

Concernant Maiba de Russell Soaba (Editions Au vent des îles, Tahiti, 183 pages), c'est un roman écrit en 1979 mais publié en français en 2016 qui se passe dans les îles du bout du monde, en Papouasie Nouvelle-Guinée. Je trouve assez difficile de parler de ce roman où il n'y a pas vraiment d'histoire. M. Soaba (un écrivain Papou de 66 ans) évoque surtout les us et coutumes de ce pays en pleine mutation composé d'îles sur lesquelles on parle jusqu'à 800 langues. Maiba est une jeune Papoue qui vit à Makawana. Estropiée de naissance et orpheline à l'âge de 4 ans, son père était le chef du village, Maiba a été élevée par son oncle et sa tante. Il semble que "Maiba était de mauvais augure pour quiconque entrait en contact avec elle". J'avoue avoir beaucoup aimé les 80 premières pages et m'être un peu ennuyée aux 100 pages suivantes. Mais j'ai été contente de cette découverte d'un écrivain qui m'était totalement inconnu. Je remercie mon ami Ta d loi du cine pour cette suggestion.

Je termine avec La baleine Thébaïde (Alma Editeur, 213 pages) que, pour l'instant, j'ai peu vue chroniquée sur les blogs. Après La fractale des raviolis et La variante chilienne, Pierre Raufast a encore écrit un roman plaisant. Le fil conducteur de l'hstoire est une baleine bleue qui chante à une fréquence de 52 hertz alors que ses camarades chantent entre douze et vingt-cinq hertz. Tel Achab, Richeville, un jeune Français natif de Chantibrie diplômé d'une école de commerce, s'embarque sur un bateau pour une expédition scientifique à la recherche de cette baleine unique. Tout ne se passe pas comme il l'avait cru. La pauvre baleine que l'équipage a retrouvé est exterminée. Le roman est composé de courts chapitres avec une histoire tarabiscotée qui tient la route mais se termine mal (je ne dévoile rien). Et une fois encore, j'ai apprécié l'écriture de Raufast. Il y a des passages jubilatoires. "J'obtins le diplôme au bout de trois longues années. Un tiers voulait devenir banquier par amour de l'argent, Un autre tiers visait l'ENA pour la puissance. Le dernier tiers se rêvait consultant dans un des "big four" pour devenir riche et puissant. Je faisais partie du quatrième tiers, le tiers honteux: celui qui n'avait aucune ambition. Le renégat du commerce, l'apostat du management. Autant dire que j'étais aussi populaire qu'une reine Bothriomyrmex chez les fourmis Tapinoma" (p.23). Je conseille.

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jeudi 23 mars 2017

Pierre Bouteiller - Hommage

Une fois n'est pas coutume, je n'évoque pas un acteur ou un réalisateur disparu mais un animateur radio, Pierre Bouteiller (1934-2017) dont j'écoutais les émissions sur France Inter dans ma jeunesse. Pierre Bouteiller et sa voix m'ont enchantée dans les années 70. Il s'est éteint le 10 mars dernier. Son "bonjour" résonne encore à mes oreilles. Il avait un timbre de voix qui convenait bien pour la radio. Ses émissions étaient intelligentes. Ce passionné de Jazz a aussi animé pendant 7 ans, de 1982 à 1989, l'émission du Masque et la Plume. Un grand monsieur et une grande voix se sont tus.

640_imgpal (copyright Radio France)

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mercredi 15 mars 2017

Rome brûle (Suburra II) - Carlo Bonini / Giancarlo de Cataldo

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Rome brûle de Carlo Bonini et Giancarlo de Cataldo (Métailié noir, 293 pages) est la suite de Suburra qui m'avait tant plu. L'histoire se passe de nos jours, presque quatre ans après les événéments de Suburra. Samouraï purge une longue peine de prison dans une prison de haute sécurité. Sebastiano Laurenti, son héritier, mène les affaires à sa place et lui rend des comptes. Fabio Desideri, un jeune (mais très dangereux) chef mafieux aux dents longues, se tient en ambuscade. En mars 2015, le pape François décide d'un Jubilé extraordinaire qui va demander beaucoup de travaux. Les chantiers comme celui du métro vont plus ou moins vite selon le déblocage de l'argent versé par la mairie à des entreprises dirigées par des hommes peu intègres conseillés par des sociétés comme celle de Sebastiano. Des sommes énormes sont en jeu, tous les coups sont permis et, suite à une grève des transports, la ville éternelle brûle à cause des feux allumés dans beaucoup de coins de rues par des citadins. J'ai trouvé l'histoire aussi passionnante que celle de Suburra. Bonini, qui est journaliste d'investigation, et de Cataldo, magistrat à la cour de Rome ont beaucoup de talent. Ce volume peut se lire indépendamment du premier.

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