samedi 26 novembre 2022

La longue marche des dindes - Léonie Bischoff et Kathleen Karr

P1150557             P1150558

Avant d'être une bande dessinée, La longue marche des dindes est un roman écrit par Kathleen Karr qui a été publié aux Editions L''école des loisirs.

Dans ce billet, je ne vais parler que de la bande dessinée dessinée par Léonie Bischoff (Edition Rue de Sèvres) qui a aussi adapté le texte. Cet album de 144 pages me semble un cadeau de Noël idéal. Il peut être lu et apprécié par les petits et les grands. La grande marche des dindes débute dans l'Etat esclavagiste du Missouri en 1860. La guerre de Sécession n'a pas encore commencé. Simon Green, un jeune garçon de 12 ans orphelin de mère, vit chez un oncle et une tante qui ne l'apprécient guère. Grâce à son institutrice Miss Rogers, Simon va s'émanciper de sa famille et se lancer dans une drôle d'aventure: emmener 1000 dindes bronzées (race de dinde d'Amérique) jusqu'à Denver au Kansas et parcourir plus de 1000 km. Simon qui est un garçon dégourdi se lance dans l'aventure avec un chariot, quelques mules et un muletier. Pendant son voyage, il va rencontrer deux filles qui vont devenir des compagnes de voyage, Jo, une petite filles noire qui s'est évadée d'une plantation après la mort de sa mère, et Lizzie, une jeune fille de 14 ans, seule survivante d'une famille victime de la sécheresse. Simon va aussi croiser quelques Indiens à qui il cédera quelques dindes pour l'élevage, et retrouver son père qui s'avère être un fieffé filou. On apprend que les dindes, quand c'est nécessaire, peuvent voler. L'album se lit vite. J'ai aimé les dessins. Je conseille.

P1150555

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 5 novembre 2022

Les vieux fourneaux 7 - Chauds comme le climat

P1150544

Peut-être parce que cette fois-ci, les sujets abordés sont plus sérieux (les travailleurs clandestins - des ouvriers agricoles qui ne parlent pas français -, un incendie criminel, "le grand remplacement", le réchauffement climatique), j'ai trouvé ce tome des vieux fourneaux 7 - Chauds comme le climat (Dargaud, 56 pages) nettement moins amusant que les six précédents. Néanmoins, je conseille tout de même cet album paru hier 4 novembre 2022 qui doit se trouver en tête de gondole dans (presque) toutes les librairies de France. Dans l'album précédent, on avait quitté Pierrot, Antoine et Emile revenus de Guyane. Quand l'histoire commence, on est le 1er mai, Antoine et Pierrot participent aux défilés. Pierrot est avec les Anars et Antoine avec la CGT à Paris tandis que Mimile est à Montcoeur dans le sud-ouest de la France avec Sophie, la petite-fille d'Antoine où ils participent à un grand pique-nique de l'amitié et du vivre-ensemble. Tout se passe bien jusqu'à ce que Berthe, la bonne amie d'Emile, agresse une partie charnue du maire avec une pique à brochettes. On saura pourquoi à la toute fin de l'album. Pendant ce temps, lors du défilé parisien, Antoine se fait molester et se retrouve à l'hôpital. Heureusement que Pierrot vient lui remonter le moral. C'est à ce moment-là que l'on apprend le décès de Monsieur Garan-Servier père, le fondateur de l'entreprise qui fait vivre toute la région de Montcoeur et dont les bénéfices ont atteint des niveaux record. Par ailleurs, à Montcoeur, comme dans d'autres endroits, les ouvriers agricoles sans papiers sont mal vus par les autochtones. Cela va même provoquer un désastre. Dans cet album, nos trois vieux fourneaux sont plus spectateurs qu'acteurs de l'histoire. C'est peut-être pour cela que j'ai trouvé cet album moins drôle. Mais cela ne m'empêchera pas de continuer de suivre les aventures d'Antoine, Pierrot et Emile. A la fin de l'histoire, il y a bien écrit "fin de l'épisode".

P1150546

P1150549

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,
samedi 15 octobre 2022

Jamais - Le jour J - Bruno Duhamel

P1150522       P1150523

C'est mon ami ta d loi du cine qui l'a repéré dans une librairie. Jamais - Le jour J de Bruno Duhamel (Edition Bamboo, collection Grand angle, 64 pages) vient de sortir. Pour ceux qui connaissent, on retrouve Madeleine Proust (toujours aveugle mais à l'ouïe fine) et son chat Balthazar (toujours aussi affamé). A la fin de Jamais, la maison de Madeleine ne s'était pas effondrée. Quand commence Jamais - Le jour J, la maison est toujours debout, Madeleine est devenue une personne célèbre jusqu'à l'étranger. Les touristes (surtout des Parisiens) viennent en pèlerinage. Le maire de Troumesnil n'est plus que l'ombre de lui-même, sa femme l'a quitté et a emmené ses enfants, il est mal rasé et arbore une tenue négligée. Les élections municipales sont proches, son adversaire, nommé Dublanc, compte se faire élire au plus vite. L'histoire se passe beaucoup de nuit et contre toute attente, le maire va montrer du courage pour sauver une petite fille et son chien Churchill lors d'une tempête qui se lève une nuit. Pendant ce temps, Madeleine qui a désormais une maison connectée grâce à un Américain, est sans cesse informée de la météo, ou de la vitesse du vent. Et lors de la tempête, l'intelligence artificielle boucle la maison de Madeleine : volets et porte. Résultat, Madeleine est enfermée avec son chat Balthazar qui miaule comme un fou car Madeleine n'a pas eu le temps d'aller lui acheter des croquettes. Le jour J du titre renvoie au débarquement d'Anglais et de Canadiens en Normandie en août 1942 (l'opération Jubilee - je ne connaissais pas). Si vous lisez cette BD que bien évidemment je conseille, vous connaîtrez le lien qu'il y a entre Jules (le mari décédé de Madeieine) et le débarquement des Anglais et Canadiens. Les deux histoires se lisent indépendamment mais c'est bien d'avoir (re)lu Jamais avant de commencer Jamais - Le jour J.

P1150524      

P1150525

P1150530

P1150529

P1150528

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,
vendredi 15 juillet 2022

L'Ile du docteur Moreau (volume 1) - Tamaillon / Legars (bande dessinée d'après H. G. Wells)

wells_NOIR   2022-en-classiques-Logo1   10e_ChallengedeLImaginaire

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) fréquente régulièrement à une librairie spécialisée en BD d'occasion, et c'est grâce à l'un de ses vendeurs que j'ai pu mettre la main sur le premier tome d'une adaptation de L'île du Docteur Moreau. Je le chronique donc dans le cadre de notre "Mois Wells" (co-organisé avec Sibylline), même s'il s'agit seulement du tome 1 (sa parution date de moins d'un an, et j'espère que le tome 2 ne tardera pas trop?). Il pourra aussi participer au Challenge "2022 en classiques" (co-organisé par Nathalie et Blandine) et au "10e challenge de l'Imaginaire". Outre celui d'H. G. Wells, un quatrième nom est cité parmi les auteurs après ceux de Stéphane Tamaillon (scénario) et Joël Legars (dessin), à savoir celui d'Anna Conzatti (couleur).

P1150395  

L'Ile du docteur Moreau, volume 1, éd. Delcourt, coll. Ex-Libris, achevé d'imprimer en août 2021, 48 pages.

Je trouve cette couverture magnifique. A l'intérieur, l'adaptation est très fidèle à l'oeuvre de Wells. Trop, peut-être? Dans les planches que je cite ci-dessous, j'ai essayé de préserver les "mystères" des créatures (alors que l'album, en les dessinant, les "fige" trop précisément, avec un style qui hésite entre le réalisme et l'anthropomorphisme animal. Je pense que je préfère personnellement les planches où les créatures n'apparaissent pas, mais où planent les mystères, plutôt que leur révélation. Mais commençons par le commencement. La transposition en bande dessinée, en s'adaptant aux contraintes (nombre de pages limitées, nombre d'images par pages aussi...) est intelligente, avec deux premières pages du héros perdu en mer (Edward Prendick) presque muettes. Ses relations avec son sauveur ("simplement" Montgomery) sont très fidèles au livre, jusqu'à un moment (un ajout?) où l'on comprend (p.30) que les motivations de ce dernier peuvent être troubles... C'est seulement à ce moment qu'il avertit Prendick qu'il n'est pas recommandé de s'aventurer seul dans l'île mystérieuse du docteur Moreau. 

P1150396 p.27 (traqué... par qui?)

Un bref retour chez Montgomery, un réveil dans sa propre chambre, un affrontement avec Moreau, et voilà Prendick reparti à l'aventure...

P1150397 p.38 (extrait)

...jusqu'à la découverte d'une étrange communauté. Comme je l'évoquais plus haut, j'avoue n'être pas totalement convainu par son traitement graphique (soyons clair: je suis bien incapable de dessiner, à plus forte raison de créer une bande dessinée!). Mais je sais qu'il y a une énorme subjectivité dans l'appréciation d'une bande dessinée, a fortiori lorsqu'il s'agit d'adapter une oeuvre déjà connue sous une autre forme (livre, film...).

P1150398 p.44 (déjà presque la fin de l'album)

Alors que Prendick ne sait plus bien où il en est, on voit surgir Moreau et Montgomery, pour un nouveau face-à-face... et l'album s'achève avant qu'une explication puisse être donnée. Suite et fin dans le prochain épisode (comme précisé p.48). Je relève que, par rapport à mon édition de poche, ce premier volume a couvert 105 pages, et qu'il en reste quelque 137 pour le second.

En attendant, je précise que, chez Delcourt, cette collection Ex-libris (dirigée par Jean-David Morvan) semble ne plus être très loin de la quarantaine d'albums tirés d'oeuvres très diverses, par des dessinateurs qui ne le sont pas moins. Les adaptations sont livrées, le plus souvent, en un seul volume. On y trouve des titres aussi ecclectiques que La guerre des boutons, Les trois mousquetaires, Frankenstein, La ferme des animaux, Tartuffe, Candide... (bref, plutôt des classiques, en fait!).

***

Puisque on est sur de la BD, j'en profite pour montrer ces quelques pages de détournement, au hasard du troisième volume de la série Pacush blues de Ptiluc. L'intéressant est que nos héros rats sont assaillis, sur quelques pages, par des envahisseurs escargots, entre autres délires de cet album... La guerre de deux mondes, quoi. Mais ces molusques gastéropodes voient leur toute-puissance (juchés sur leurs ...tripodes) mise en défaut par un minuscule grain de sable imprévu: la sécheresse! 

P1150393   P1150394

Mises à part cette planche et demi, l'ensemble de l'album (46 pages tout de même), titré L'importance majeure des accords mineurs, est globalement délirant et/ou philosophique. 

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,
vendredi 1 juillet 2022

L'homme invisible (bande dessinée) - Pontarolo (d'après l'oeuvre de H. G. Wells) / (quelques) mots vides - N°27

wells_NOIR   2022-en-classiques-Logo1   10e_ChallengedeLImaginaire

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente aujourd'hui, dans le cadre de notre "Mois Wells" (co-organisé avec Sibylline), une adaptation en bande dessinée (en deux volumes) de l'un des romans d'H. G. Wells, L'homme invisible. Ce billet devrait pouvoir également participer au Challenge "2022 en classiques" (co-organisé par Nathalie et Blandine) et au "10e challenge de l'Imaginaire". Pour en revenir à notre Mois Wells, je rappelle que Sibylline s'occupe de répertorier les contributions concernant tout ce qui est "livres", cependant que ma partie concerne les billets sur les bandes dessinées, les films, etc.

P1150334Il n'est pas nécessaire d'avoir lu l'oeuvre de Wells pour apprécier la bande dessinée de Frédéric Pontarolo (deux volumes aux éditions du Long Bec, 74 pages chacun, parus en 2018 et 2019). Cette version de L'homme invisible en bande dessinée est bien ce qu'on appelle une "adaptation": une oeuvre dérivée d'une autre oeuvre, mais une création "à part entière" (et Frédéric Pontarolo ne s'en cache pas, sur son blog). Les trente premières pages (des planches somptueuses, mais aux couleurs ternes, tristes, volontairement) nous exposent les débuts dans la vie d'un enfant puis d'un jeune homme que sa différence (il est albinos!) fait rejeter par les autres, et en premier lieu par son père. 

P1150336 p.12 Images funêbres... deuil de l'amour paternel (ils viennent d'enterrer leur mère et épouse).

Je trouve que le dessinateur-scénariste, qui signe seulement "Pontarolo", a énormément développé les explications de la misanthropie de notre héros, Mr Griffin. C'est une déception sentimentale qui plonge celui-ci dans ses recherches après l'obtention d'une médaille en Chimie. La mise en place du vagabondage dramatique est expédié en quelques planches superbes. 

P1150337 p.22 du T.1

L'arrivée dans le village d'Iping (Sussex) intervient seulement p.32 (du 1er tome, toujours). La vie du village est fortement perturbée par cet "intrus", regardé avec suspicion par tous, y compris par sa logeuse, Mme Hall. Dessins et textes s'enchevêtrent pour expliquer (je n'ose dire de manière limpide et transparente) qui est cet homme mystérieux et ce que lui préparent les villageois (pas besoin d'être un Jérémie... comme chantait Brassens).

P1150338 p.45, réminiscence de son enfance...

Il est même soupçonné d'être... Jack l'éventreur!  Et - mobilisation générale - le voici chassé de l'asile où il avait cru trouver refuge. Fin du tome 1. 

Dans le t.2, nous voyons notre homme (toujours invisible) essayer de se trouver un assistant, quelque peu malgré les réticences de celui-ci. Mauvais choix. Il va passer les pages suivantes à se débattre contre la fatalité. Le hasard le conduit, blessé, chez son ancien condisciple aperçu dans le T.1, le docteur Kemp. Le récit qu'il lui fait de ses mésaventures occupe seulement quelques pages. Au départ, Griffin n'est pas le plus méchant de la bande. Mais la trahison le fait basculer dans la folie vengeresse. Finalement, poursuivi et pourchassé par son ancien collègue et ami, le docteur Kemp l'attire dans un nouveau guet-apens, qui sera la perte de l'homme invisible, seul contre tous et au désespoir: il se fait massacrer. Ces dernières pages sont poignantes.

P1150335 t.2, p.68-69. A quoi ces images peuvent-elles faire songer? Pour moi, à la fois à un écorché, à un gisant... et à une "descente de croix". 

Ah, il est sûr que cette version de l'invisibilité est bien différente de celles des "Comics" de mon enfance (Les Quatre Fantastiques de Stan Lee et Jack Kirby, avec Jane, la femme invisible... à la silhouette matérialisée par des pointillés - je n'ai pas souvenir que cette super-héroïne se dévêtait avant de passer en mode "invisible").

Précisons enfin que la page Wikipedia sur L'homme invisible, consultée le 1er juillet 2022, ne contient pas, à ce jour, mention de cette adaptation en bande dessinée-là (que l'on trouve, bien entendu, dans la page consacrée à Frédéric Pontarolo - dont l'adaptation de 1984 de George Orwell est citée dans la page concernant cette dernière oeuvre...).

***

En parallèle, j'ai relu (une fois de plus!) mon vieux livre de poche (offert par une de mes grand-mères il y a plus de 40 ans!).

P1150340

Je cite les premières phrases du livre L'homme invisible (The invisible man, publié en 1997, traduction Achille Laurent en 1901): "L'étranger arriva en février, par une matinée brumeuse, dans un tourbillon de vent et de neige. Il venait pédestrement, par la dune, de la station de Bramblehurst, portant de sa main couverte d'un gant épais, une petite valise noire. Il était bien enveloppé des pieds à la tête, et le bord d'un chapeau de feutre mou ne laissait apercevoir de la figure que le bout luisant de son nez."

Parmi les hypothèses chuchotées par les villageois sur l'hôte mystérieux de Mme Hall est mentionnée au détour d'une page celle qu'il s'agit d'un criminel en fuite (p.34). Finalement, l'étranger se démasque (p.56)... et disparaît de l'auberge (p.65). C'est seulement à partir de la page 118 que L'homme invisible, Griffin, ancien étudiant de l'University College, va raconter son histoire à l'ancien condisciple chez qui il s'est réfugié par hasard, le docteur Kemp. Ce n'est qu'après un premier récit que celui-ci lit dans un journal la relation des mésaventures nées des précédentes rencontres de son hôte. Lors du récit, on comprend que Griffin était déjà quelque peu paranoïaque à l'idée que d'autres (son maître de thèse - ou l'équivalent anglais?) lui volent ses découvertes. Et l'on a droit à un tout autre aspect des relations père-fils que dans la bande dessinée ci-dessus. La description de l'expérience sur le premier être vivant devenu invisible (le chat) prend quatre pages (à partir de la page 150). On comprend dans quel état de folie l'inventeur a pu décider de s'appliquer son traitement à lui-même (drogue...). Devenu invisible, Griffin ne songe qu'à tirer tous les avantages possibles de cette situation ("ma tête fourmillait déjà de projets insensés et merveilleux que je pouvais dès lors mettre à exécution impunément", p.162). On ne saurait songer à tout! Or, il avait "brulé ses vaisseaux" avant d'avoir pris conscience des handicaps causés par la nudité, l'hiver... Il ne doit pas rester à Londres (trop salissant!). Son récit à Kemp, qui s'étend jusqu'à la p. 200, témoigne d'un certain manque d'empathie pour autrui (ce qui ôte tout remord... à Kemp). "Cet homme s'est mis hors de l'humanité (...) Il s'est retranché lui-même du genre humain: que son sang retombe sur sa tête!". N'oublions pas qu'un animal traqué peut mordre... Mais enfin, seul contre une contrée entière (forces "de l'ordre" comprises), fût-on invisible, c'est bientôt l'hallali.

Mon exemplaire contient aussi une "notice" biographique sur Wells signée Arlette Rosenblum (avec la liste des oeuvres de Wells, une dizaine de pages - sur 250).

L'homme invisible a déjà été chroniqué par trois des billets répertoriés chez Sibylline dans le cadre du Mois Wells. Géraldine en avait parlé il y a plus longtemps [attention, son blog fait "sonner" des antivirus?]. Voir aussi Le chien critique

*

*          *

Enfin comme nous sommes le 1er du mois, je vais rajouter "quelques mots" (collectés dans la presse depuis mon billet précédent du 1er juin 2022) pour un 27e billet d'humour / humeur à propos de notre covid-19 national... dont on recommence vaguement à revoir trace dans les média, une fois les élections passées (après une phase de quasi-invisibilité...)?

Dès début juin, ça y est, c'est (re)parti en Allemagne (comme en 14?), ça nous pend au nez en France!  Peut-être que nous aussi, on se contentera d'exhorter les personnes âgées ou malades à demander un énième rappel...

Les députés et sénateurs membres de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) ont adopté un rapport d’étape et y regrettent une communication trop discrète sur les effets indésirables des vaccins contre le covid. 

Le covid serait bien capable de toucher le cerveau? C'est grave docteur? Comment se protéger? Le vaccin, vous êtes sûr?

Septième vague? J'ai dû en louper une... Toujours pareil, les premières victimes sont les personnes âgées, "trop peu nombreuses à ne pas avoir eu leur deuxième rappel" (oui, celui qui précède le troisième rappel, quelques mois plus tard, une fois que le deuxième ne servira décidément plus du tout à rien...). Mais bon, je crois qu'on va quand même un peu arrêter de nous emmerder, là...

La barre des deux millions de tests en une semaine de nouveau franchie (alors que cela avait baissé à un million)? Ben oui, avant de confier les enfants aux grands-parents pour les vacances... on vérifie qu'ils ne leur flanqueront pas la vérole (pardon, pas la variole du singe mais pas le covid-19 non plus, surtout!).

Bah oui, pour les personnes à risques (15 à 20 millions), ce sera une à deux piqûres par an. Pour les plus fragiles (les plus âgés ou immunodéprimés), ce devrait même être plus fréquent.

Le nouveau vaccin Moderna est cinq dois plus puissant que le précédent, paraît-il. Je suppose aussi qu'il est cinq fois moins puissant que celui qui sortira dans six mois!

Une étude estime que les vaccins contre le covid-19 auraient sauvé près de 20 millions de vies dans le monde. C'est bien!

Un vaccin allemand en spray nasal avec des résultats prometteurs, ... en Allemagne? 

Pour revenir en France, on commence quand même à nous recommander, avec le plus grand sérieux, des mesures de simple bon sens: porter le masque dans les transports en commun, et dans les espaces clos. Mais rien d'obligatoire (jutes un appel aux personnes les plus à risque ou aux non-vaccinés). On nous fait donc confiance. Ça me va!

Maintenant, la maladie à la mode, ça va être la viariole du singe. Variole du singe par-ci (10/06/2022), variole du singe par-là...  Ca commence tout doucement, et un peu comme le SIDA dans ses débuts... On en reparle dans 10 ans (si on est encore là)? 

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,

dimanche 5 juin 2022

Miss Waters - H. G. Wells / La sirène des pompiers - Hubert & Zanzim

wells_NOIR   2022-en-classiques-Logo1   10e_ChallengedeLImaginaire Le-Mois-anglais-2022

Je (ta d loi du cine, squatter" chez dasola) continue notre "Mois Wells" (co-organisé avec Sibylline) avec un roman publié en volume en 1902 par H. G. Wells, Miss Waters. Je l'inscris aussi au Challenge "2022 en classiques" (co-organisé par Nathalie et Blandine). L'autre ouvrage présenté dans ce billet (une bande dessinée) n'a pas de lien direct avec H. G. Wells, mais je l'avais acheté il y a déjà quelques mois, et j'ai trouvé que son sujet donnait un bon écho au premier livre. Les deux oeuvres peuvent figurer au "10e challenge de l'Imaginaire" (de Ma lecturothèque).

IMG_4368

Voici donc le Folio n°1559 (mon édition date de 1984), et un album de BD.

P1140477Miss Waters, c'est l'identité qu'adopte, pour s'intégrer dans une bonne famille anglaise, la sirène que le père et le fils de la maison croient initialement avoir sauvée de la noyade. La description des dispositions matérielles prises pour gérer cette situation incongrue (une sirène chez des humains!) est intéressante. Mais en fait, celle-ci a des vues sur le fiancé d'une invitée de la famille qu'elle avait aperçu sur le rivage... (vous suivez?). Celui-ci est en voyage, mais dès son arrivée... Séduction! Scandale! Rupture! Echanges de lettres! Le jeune homme laisse tomber le destin tout tracé que lui avait préparé sa propre famille - quelque peu étouffante (une bonne alliance matrimoniale, une candidature à la Chambre des Communes...), et cela pour une "créature". Et c'est le "cousin du narrateur", un certain Melville (!), qui est chargé de s'entremettre (de séparer la main et la nageoire), sans trop savoir comment s'y prendre, ni même de quel droit...

Pour ma part, autant j'ai apprécié la partie avec de l'action concrète (au début) ou de l'humour (en gros, la première moitié du livre), autant la partie des angoisses philosophiques, avec des non-dits, des hésitations, des phrases inachevées pleines de sous-entendus où chacun peut ou doit restituer ce qui reste éventuellement informulé, m'a un peu ennuyé. C'est nonchalant, il ne se passe pas grand chose. Unetelle parle à untel pour le charger de parler à une tierce personne... Les états d'âmes de la bonne société du XIXe siècle ou du début du XXe, ce n'est pas trop mon truc. Franchement, j'ai eu l'impression que Wells s'amusait un peu, ici, à tirer à la ligne en faisant confiance à l'imagination de ses lecteurs. Mais bon, peut-être des lectrices de livres anglais que je n'ai pas lus (Jane Austen? Les soeurs Brontë?) seraient-elles davantage amenées à rêver sur ces pages, sur les difficultés de l'entente entre personnes de milieux si divers? On peut aussi se demander si Wells, qui n'a pas eu une vie sentimentale extrèmement rangée, ne se défoulait pas, en quelque sorte, dans les situations incongrues de ce livre... Il faudrait que je lise une de ses biographies pour en savoir davantage.

En tout cas, le roman est paru en feuilleton en 1901 (fin de l'époque victorienne, donc) et a été traduit en français dès 1906.

Edit du 26/06/2022: je viens juste de (re)découvrir que Praline en avait parlé en 2007. J'ai l'impression que les moteurs de recherche répertorient de plus en plus mal les blogs (au prétexte de "protection des données personnelles"?).

*

*          *

La bande dessinée La Sirène des Pompiers nous dépeint une autre sirène, qui vit aussi la plus grande partie de son aventure terrestre durant la Belle époque, mais en France (native de Bretagne, elle "remonte" à Paris par la Seine). Hubert (scénariste, décédé en 2020) et Zansim (dessinateur) ont collaboré sur de nombreux albums (en plus de celui-ci, je n'ai lu que Peau d'homme, paru en 2020, et une réédition de L'Ile aux femmes [1ère éd. 2015]).

P1140476La sirène... a été publié en 2006. L'album met en scène une  jeune sirène inadaptée (outre qu'elle meurtrit les oreilles de ses soeurs en chantant comme une casserole, elle ne prend pas sa queue en regardant les marins attirés se noyer entre ses bras). Soupirant à la lecture de magazines des épaves récentes, elle ne rêve que falbalas parisiens et danses de bals... Mais prenons les choses dans le bon ordre: qui est le pompier? Raté, ce n'est pas un bon samaritain, ni son sauveur. A l'arrivée de la sirène (jamais prénommée) dans nos eaux, Gustave Grelinet lui tombe littéralement dans les bras. Et c'est elle qui fera bouillir la marmite. Indépendante financièrement, elle commence par jouer la mécène auprès de l'homme qu'elle s'est appropriée (artiste peintre qui cherche... le succès), avant d'encourager d'autres peintres dont la peinture lui "parle" davantage. Endosser sa "peau de femme" ne s'avère pas si facile (foutue queue!). Comme chez Wells, nous retrouvons une chaise roulante, diverses astuces vestimentaires pour dissimuler l'appendice, et la servante dévouée. Et si les personnages masculins accumulent les destins tragiques - parfois entre les bras de notre créature -, la fin de l'album (de notre temps) reste ouverte.

Ci-dessous quelques pages de la BD, pour vous en donner une idée. L'album compte 62 planches + une dizaine de pages de présentation de "l'oeuvre de Gustave Grelinet". Cliquez sur les vignettes pour les agrandir.

P1140475 p.10-11 P1140474 p.14

P1140473 p.40-41

L'ancien blog de Yuko en avait parlé. Vous pouvez aussi lire un avis sur le blog BloCoLi.

Enfin, je signale que j'ai en vue une "lecture commune" du livre Les vaisseaux du temps de Stephen Baxter, suite de La machine à explorer le temps d'H. G. Wells.

Edit du 9 juillet 2022: je rajoute rétrospectivement le logo du "11e Mois anglais 2022"... qui avait lieu en juin!

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , ,
lundi 16 mai 2022

Mois H. G. Wells en juin 2022 (jusqu'à fin juillet!)

== Ne cherchez pas pourquoi on parlerait spécialement d'Herbert George Wells (H. G. Wells) en juin 2022. Notre auteur est né le 21 septembre 1866 et mort le 13 août 1946, il n'y a donc aucune raison de calendrier. Juste, faites-le! ==

Sibylline, du blog La petite liste et moi-même (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous proposons, sur toute la durée de ce mois de juin 2022 (non seulement dès à présent, mais jusqu'au 22 jusqu'à fin juillet en fait...), un "Mois Wells", occasion de lire ou relire son oeuvre (y compris les titres moins connus que la demi-douzaine des plus emblématiques) ou de visionner les adaptations de celle-ci au cinéma, et de rédiger un billet sur vos blogs respectifs. C'est La petite liste qui prendra en charge la centralisation de vos billets sur l'oeuvre écrite (romans de Wells, biographies de l'auteur, etc.) sur son billet dédié

wells_NOIR
Dessin créé par Sibylline pour l'événement sur son blog

== Pour ma part, je m'occuperai de prendre en compte vos billets sur les adaptations en films, ou en bandes dessinées, qui en ont été tirées (ou qui mettent en scène H. G. Wells lui-même). Il vous suffit de m'informer de votre intention de rédiger un billet, et/ou de m'en indiquer le lien lorsque cela est fait, via un commentaire sous le présent billet. ==

Vous pourrez trouver quelques idées sur les pages wikipedia consultées le 14 mai 2022, les films tirés d'une oeuvre d'H. G Wells (la page est-elle exhaustive?) ou plus largement la liste de ses oeuvres sur la page qui lui est consacrée. Et si vous voulez aussi lire l'oeuvre romanesque, j'empiète sur les platebandes de la co-organisatrice en référençant ce qui est aujourd'hui disponible en "Folio" ;-)

Nous n'avons pas encore décidé qui s'occuperait de recenser les chroniques sur les "suites" et "continuateurs" des livres de Wells. Je suppose qu'on verra à l'usage (quitte à les référencer sur nos deux blogs!). On vous tiendra au courant *.

Pour ma part, c'est sous le présent billet que j'ajouterai durant toute la période les participations qui me seront signalées dans le cadre ci-dessus.

A vos claviers!

* (Edit du 16/05/2022) Pour les "suites", nous avons adopté la même logique: La petite liste prend les romans, je prends ce qui est films et BDs.

Edit du 31/05/2022: merci à Pativore pour sa présentation relayant le Mois Wells.

***************************************************************************************************************

 Films: 

* dasola (20/05/2022) : Nicholas Meyer - C'était demain (Time after time)

* ta d loi du cine (10/06/2022): Don Taylor - L'Île du Docteur Moreau (1977)

Télévision:

* Pativore (31/05/2022) : adaptation TV de la nouvelle L'oeuf de cristal

* ta d loi du cine (05/07/2022): Futur imparfait (Les enquêtes de Murdoch, saison 3, épisode 8)

Bande dessinée:

* ta d loi du cine : (01/07/2022) Pontarolo - L'Homme invisible (bande dessinée) - (15/07/2022) L'Ile du docteur Moreau (volume 1) - Tamaillon / Legars (bande dessinée d'après H. G. Wells)

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
lundi 4 avril 2022

Il est où le patron ? - Chroniques de paysannes - Maud Bénézit et les Paysannes en polaire

 P1140263               P1140264

C'est mon ami Ta d loi du cine qui s'est procuré Il est où le patron?, une BD parue aux Editions Marabout (178 pages sympathiques). A l'origine de cet album, il y a cinq paysannes qui ont écrit ces chroniques d'après leurs expériences vécues et l'ensemble a été mis en image par une dessinatrice, Maud Bénézit. Les chroniques se passent sur les quatre saisons en commençant par le printemps. On suit la vie de trois paysannes, Joséphine qui compte bien reprendre la ferme et s'occuper des chèvres de Georges, Coline qui fabrique et vend du fromage de brebis et Anouk qui est apicultrice. La BD montre plutôt bien les difficultés qu'ont les femmes quand elles travaillent dans le monde agricole très "macho". Ces trois femmes s'en sortent bien mais les obstacles et les remarques "machistes" sont leur quotidien. Une femme qui conduit un tracteur est un vrai spectacle pour certains hommes. Il faut noter que Coline est non seulement agricultrice mais aussi mariée et mère de famille. Elle s'occupe en plus des comptes de la ferme. Dans cette BD, il est aussi question des tracasseries administratives auxquelles doivent faire face les jeunes agriculteurs ou agricultrices pour percevoir des aides financières après des stages obligatoires. J'ai aimé les dessins et la BD se lit très vite. Une BD à emprunter en bibliothèque. 

P1140267                  P1140268

P1140270

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,
mercredi 30 mars 2022

Planète rouge / Monsieur Sourire - Ray Bradbury (& divers dessinateurs / adaptations par Albert Feldstein)

 10e_ChallengedeLImaginaire                  2022-en-classiques-Logo2

Pour clore ma participation à la première édition du Challenge de la planète Mars, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente deux albums d'adaptations en bande dessinée de nouvelles écrites par Ray Bradbury. Si le second album, Monsieur sourire, n'en contient qu'une seule qui provienne de Chroniques martiennes, il en contient tout de même une. Quant à l'album Planète rouge, il est un peu plus riche avec quatre nouvelles tirées du célèbre ouvrage. Et quatre autres récits où Mars est mentionné. Si trois de ces derniers parlent de fusées, le quatrième est plutôt du genre horrifique. Précisons encore que les deux illustrations de couverture des albums ne figurent dans aucune des nouvelles dessinées (elles doivent provenir d'ailleurs!). Les nouvelles, en noir et blanc, font le plus souvent 7 ou parfois 8 pages (exceptionnellement 6). Ces BD ont été publiées, à l'origine (début des années 1950), dans les magazines de la société EC Comics, adaptées par le rédacteur-en-chef Albert Feldstein (cf. Wikipedia, page consultée le 27 mars 2022) et dessinées par différents auteurs (qui avaient le droit de signer leurs oeuvres, ce qui n'était pas si courant à l'époque dans le système des Comics américains).

P1140245
Planète rouge
(1984) et Monsieur sourire (1985) ont été édités chez Albin Michel / Special USA.
Un 3e volume est parfois mentionné dans la littérature spécialisée (il aurait été titré Chroniques terriennes), je ne l'ai jamais vu.   

P1140247Listons d'abord ce qui provient des Chroniques martiennes. En page de titre de cet album [p.7] figure une vignette tirée de la nouvelle Les villes muettes. Puis il s'ouvre (p.11, pour 7 pages) par Il viendra des pluies douces (dessiné par Wallace Wood). Nous avons ensuite Les villes muettes, par Reed Crandall (p.18-25). Le pique-nique d'un million d'années (Severin & Elder, pp.55-61) est tiré d'une des nouvelles "douces-amères" des Chroniques. Les longues années (Joe Orlando, pp.76-82) est très fidèle à la nouvelle de Bradbury, même si elle a été adaptée de manière à ce que les 8 pages de BD se suffisent à ellles-mêmes, alors que la nouvelle faisait référence à plusieurs autres du recueil dans le texte original de Bradbury.

Moi, fusée (Al Williamson) n'est pas tirée des Chroniques martiennes, mais il y est question d'une guerre avec "les Martiens". En découvrant ce "récit à la première personne" plaisant à lire, on apprécie de ne pas savoir quelle est la part du fantasme ou de la réalité. Dans Celui qui attend (Al Williamson), Mars apparaît encore sous un autre jour. La vérité sortira-t-elle du puits? Pour de bon! (Wallace Wood, pp.90-95) évoque l'attrait du métier de pilote spatial sur un père qui verra tout juste grandir son enfant entre deux livraisons de cargaison sur Mars. La chute finale est douloureuse. Dans L'heure zéro (Jack Kamen, pp.83-89), où des enfants jouent à l'invasion de la terre par les Martiens, nous sommes au croisement de la science-fiction et du conte d'horreur (autre spécialité d'EC Comics). Il n'y a plus d'enfants, pourrait-on dire (ou bien, il n'y en a que trop)! Par contre, Paria des étoiles, dessiné par Joe Orlando (pp.40-46), est un très beau conte familial qui relate une expédition vers Mars offerte par un père à ses enfants (la mère refuse de participer - dans un premier temps). Dans le recueil L'homme illustré de Ray Bradbury, cette dernière nouvelle est sobrement titrés La fusée, tandis que la précédente, L'heure zéro, s'y nomme L'heure H.

P1140249 p.3   P1140251 p.25   P1140252 p.61   P1140253 p.76

Il n'est pas question de Mars dans Le roi des espaces gris (Severin & Elder, pp.47-54), uniquement de Vénus... Cette nouvelle évoque la sélectivité requise pour les futurs pilotes de fusées (1000 jeunes gens chaque année sur les millions de la terre). Cela devait être très frappant dans les années 1950. Mais aujourd'hui (XXIe s.), lorsqu'on regarde le nombre d'astronautes (cosmonautes, taikonautes et autres spationautes) en 2022, 1000 "appelés" par an, cela paraît bien optimiste...

Enfin, dans Châtiment sans crime (pp.33-39) et dans Paquet surprise (pp.62-68), Jack Kamen illustre deux nouvelles où il est question de la société "Marionnettes Inc.".

La 4e de couv' raconte que l'éditeur a reçu, à l'époque (années 1950) une gentille lettre de notre jeune auteur (Ray Bradbury), qui s'y montre ravi de l'adaptation de [deux de] ses nouvelles, mais fait remarquer que c'est sûrement par oubli qu'EC Comix ne lui a pas versé de royalties... Une fois ce détail réglé, ils ont par la suite collaboré jusqu'en 1954 (époque où les Comics ont dû se plier à une "Charte" qui impliquait une forme d'autocensure, après avoir été accusés de mauvaise influence sur la jeunesse).

P1140246Je ne dirai pas grand-chose du second album, Monsieur Sourire. Il comporte 13 nouvelles totalisant 91 pages de bandes dessinées, mais ne contient même pas la table des matières avec les noms des dessinateurs que l'on trouve dans le premier. Les nouvelles semblent pour la plupart tirées de publications spécialisées en d'histoires d'épouvante, et peut-être avoir été publiées dans une série appelée "Contes de la crypte"?. Elles se déroulent en majorité sur terre.

Seule exception martienne dans cet album, la nouvelle Mars, le paradis (Wallace Wood, p.p.65-72), tirée de la nouvelle titrée La troisième expédition des Chroniques martiennes.

Pour le reste, je peux essayer de reconstituer une "table des matières"... (avec des "points d'interrogations" quand j'ai des doutes sur le dessinateur, dont on ne trouve pas toujours la signature!):

  • p.9: Le cercueil (Jack Davis)
  • p.16: L'empreinte (pas de signature?)
  • p.24: Time Safari (Al Williamson), d'après la nouvelle Un coup de tonnerre du recueil Les pommes d'or du soleil
  • p.31: La grande roue (Jack Davis), d'après une partie du livre La foire des ténèbres
  • p.38: Tante Tildy (G. Harstly)
  • p.45: La dame qui hurlait (Jack Kamen ?)
  • p.52: Le lac (RC ?)
  • p.58: Poison, poison (Jack Davis ?)
  • p.73: Regardez, les oiseaux (B. Krigstein)
  • p.78: Croque-mort (G. Harstly)
  • p.86: Le petit assassin (?)
  • p.93: Halloween (Jack Kamen ?)

  P1140255 p.65

Enfin, je signalerai que j'ai acheté les recueils de Bradbury cités ci-dessus et photographiés ci-dessous (dans la collection "Présence du futur" chez Denoël) entre 2001 et 2004 (certains à Bécherel), mais je ne suis pas certain de les avoir intégralement lus à l'époque (ce coup-ci, j'ai parcouru les sommaires sans lire toutes les pages!). Et il doit exister encore une dizaine d'oeuvres (romans, recueils, théâtre...) que je ne possède pas: rappelons que Ray Bradbury est décédé à 91 ans.

Trois_livres_Bradbury

****

Comme annoncé plus haut, le présent article constitue ma dernière contribution au Challenge de la planète Mars, qui se termine demain avec ce mois de mars 2022. Peut-être un autre Challenge sera-t-il lancé l'an prochain, de mars 2023 à mars 2024?

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,
dimanche 20 mars 2022

Cap sur Mars - Albert Weinberg

     2022-en-classiques-Logo2

Il ne me reste plus beaucoup de billets à publier (signés ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) avant la fin officielle de mon Challenge de la planète Mars, laquelle avait été annoncée, il y a déjà plus d'un an, pour le 31 mars 2022. Aujourd'hui, j'utilise le prétexte "martien" pour présenter un album de bande dessinée. J'ai trouvé le volume ci-dessous, d'une série "classique" que je connais de très longue date, mais dont je n'avais, je crois bien, jamais lu cette histoire-ci, sous forme du tome 2 d'une intégrale, et ai sauté donc dessus. Il s'agit d'une aventure de Dan Cooper, un héros aviateur militaire canadien créé par Albert Weinberg, Cap sur Mars

P1140230  P1140231 
L'intégrale Dan Cooper t.2, février 2001, 188 pages

Dan Cooper constitue la principale série dessinée par Albert Weinberg (1922-2011). Quarante-et-un albums sont parus entre 1947 et 1992 (j'en possède une dizaine, achetés sur plusieurs décennies, depuis le début des années 1990). Les scénario sont quasiment tous dûs à Albert Weinberg. Publiées dans le journal Tintin à l'origine, certaines de ces aventures apparaissent bien évidemment quelque peu datées aujourd'hui. Les 62 pages de Cap sur Mars constituent la quatrième aventure de Dan Cooper, publiée dans le journal en 1958-59 et parue en album en 1960. Mais en fait, Mars y tient fort peu de place... 

Page d'ouverture de la partie concernant cet album P1140238

P1140232 p.187, la couverture du journal Tintin du 16/07/1958

 P1140233 p.122, la dernière page de l'album

Mais que se passe-t-il donc dans cet album, à part Mars? Il s'ouvre sur la présentation de "l'année sidérale". [Vérification faite, la première "année internationale" sous l'égide de l'ONU a été organisée en 1959, et la première "année de l'espace" date, elle, de 1992. Quelle prémonition!] C'est dans ce cadre que Dan Cooper (en p.2) est invité à piloter un prototype d'avion-satellite, le X-100, pendant que le Canada prépare un engin capable d'aller jusqu'à Mars. Et comme 62 pages, c'est long, les 25 premières sont consacrées par Dan Cooper à "guérir" de sa phobie aérienne le pilote-ingénieur chargé de la mise au point de l'engin, qui se trouve être un vieux copain de la Seconde guerre mondiale (pas si lointaine alors). Que d'aventures! Par exemple, Dan passe en plein vol, de la cabine d'un action à réaction à celle d'un bimoteur à hélice, en rampant sur les ailes (!). Quant au X-100, il préfigure de loin le vrai X-15 que pilotera Buck Danny (autre héros pilote) pour le journal Spirou, quelques années plus tard (en 1965 - le véritable appareil a volé de 1960 à 1968). Bref, tant de péripéties dans Cap sur Mars justifient sans doute qu'une grande case rappelle à la fin de cette séquence que le vrai but reste Mars (p.96).

P1140239Mais, hop, débarquent d'autres vieux ennemis (d'un album précédent) qui vont chercher à mettre des bâtons dans les roues de l'expédition. Et c'est seulement dans les huit dernières pages que se réalise l'expédition vers Mars. Nous commençons par voir - enfin - l'engin spatial, qui n'a pas été sans me rappeler les vaisseaux qui permettent aux énigmatiques Atlantes d'Edgar P. Jacobs de quitter définitivement notre planète (L'Enigme de l'Atlantide, publié dans Tintin en 1955-56 et paru en album en 1957). Cet engin à corps sphérique fonctionne en captant l'oxygène atomique contenu dans les hautes couches de l'atmosphère, puis grâce à l'effet répulsif de la terre - n'oublions pas qu'un kilog (sic!) d'électrons à chaque pôle se repousseraient avec une force de 200 000 milliards de tonnes (si, si! C'est écrit p.118-119). P1140235Les paysages sidéraux des dernières pages ne sont pas sans ressemblance, ai-je trouvé, avec des images de l'espace traversé par la fusée pointue dessinée par Hergé dans l'aventure de Tintin On a marché sur la lune, qui date, pour sa part, du début des années 1950. Et si au final nos héros (Dan Cooper et ses deux acolytes) n'arrivent pas à débarquer sur Mars (pourquoi? Mystère...), ils vont cueillir quelques lichens sur un de ses satellites, Deimos. Et on en reste là. Après ce simple aller, on ignore tout du retour, puisque le cinquième album parlera de tout autre chose.

 

P1140236 (p.115, au sol...) P1140234 (... et p.118, en vol) L'appareil piloté par Dan Cooper...

... et ceux des Atlantes cités plus haut P1140237 (L'Enigme de l'Atlantide, p.64)

Par la suite, les aventures de Dan Cooper tourneront autour de l'aviation, civile ou militaire, de l'espionnage, d'aventures pleines de traitres ou de saboteurs, de quelque patrouilles acrobatiques, d'une idylle plus ou moins dramatique... Je noterai tout de même que plusieurs autres albums de la série seront encore en lien avec le spatial: SOS dans l'espace3 cosmonautesApollo appelle Soyouz. Mais c'en sera fini de Mars.

Je signalerai encore qu'à l'époque lointaine (je n'étais pas né!) où paraissait Cap sur Mars, la France n'était pas encore sortie du "commandement intégré" des forces de l'Otan et accueillait des bases militaires utilisées par ses alliés sur son sol. Comme à la base aérienne de Mar... ville, où stationnaient des escadrilles canadiennes, équipées notamment de l'avion CF-100 Canuck (seul avion militaire de chasse canadien construit en série), que l'on voit dans cette BD. Aujourd'hui, signe des temps, c'est une centrale solaire photovoltaïque qu'accueille l'aéroport de Marville-Montmédy, qui appartient désormais à la communauté de communes du pays de Montmédy. Bref. 

A ce jour, aucune Maison d'édition ne semble avoir souhaité faire reprendre la série Dan Cooper après la mort de son créateur (à moins que ce soit celui-ci ou ses ayants-droits qui s'y soient opposé? Je l'ignore). Il est vrai que les séries toujours actives aujourd'hui sur le thème de l'aviation sont déjà nombreuses sur le marché. Si je n'ai pas réussi à trouver de blog qui parle Dan Cooper (difficile de chercher, avec des moteurs de recherche qui semblent ne plus trop bien référencer les blogs?), j'ai par contre découvert une page internet très complète sur la BD et l'aviation, qui liste des dizaines de séries (bravo!)

Posté par ta d loi du cine à 01:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,