lundi 16 novembre 2015

Silex and the city 6 - Jul / Les vieux fourneaux - Celui qui part - Lupano & Cauuet / Le papyrus de César - JY Ferri & D Conrad

Dans cette période très triste, afin d'égayer (un tout petit peu) l'atmosphère, voici trois BD qui devraient faire l'affaire (enfin je l'espère).

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Dans Silex and the city  6. Merci pour ce Mammouth de Jul (Dargaud, 46 pages), on retrouve avec grand plaisir toute la famille Dotcom. Le jeune Rahan de la Pétaudière, fils et héritier de Crao de la Pétaudière, patron d'EDF (Energie Du Feu) annonce à son père qu'il est amoureux de Web, la fille des Dotcom. Crao pense que ce serait une mésalliance. Il trouve que Web de par ses origines "homo-sapiens à peine bipède" n'est pas digne de s'unir à une famille dont les origines remontent à "Troglodyte le Téméraire". De là, quelques pages sont consacrées à ce qui s'est passé avant et après 1 789 000 avant J.-C. A leur tour, les Dotcom vont essayer de reconstituer leur arbre généalogique. Ils apprennent grâce à des cro-mormons que les membres de la famille Dotcom n'ont pas à rougir de leur lignée. Tout le reste de l'album est consacré aux différents préparatifs du mariage car bien évidemment Crao de la Pétaudière impose un mariage religieux. Le dessin de la couverture ressemble beaucoup à la dernière vignette de l'album. Ce n'est pas mon album préféré des six, mais c'est sympa quand même, et, bien entendu, j'attends la suite. Lire les billets sur les albums précédents, ici, ici, ici et .

Je passe au nouvel album d'Astérix, le 36ème, Le papyrus de César, de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad (éd. Albert René, 48 pages) dans lequel César doit publier ses "Commentaires sur la Guerre des Gaules". Un chapitre fait tâche, le 24ème, dans lequel il admet qu'un village gaulois en Armorique lui résiste. Un conseiller nommé Promoplus lui dit de supprimer ce chapitre. Ce bout de papyrus va être subtilisé par un scribe muet (Bigdatha) qui n'a pas voix au chapitre. Le livre est un succès (50 exemplaires écoulés), mais ce chapitre manquant va bien entendu provoquer un certain émoi dans le village gaulois nettement plus intéressé malgré tout par l'horoscope du druide Appolosix. Les soldats romains autour du village sont désormais au goût du jour pour recevoir et envoyer des informations: ils ont les pigeons voyageurs dans le cadre d'une offre illimitée. Je ne vous dis rien de plus sur cet album amusant. Je l'ai trouvé réussi, avec plein de références à propos des moyens de communication, de l'information en direct, etc. Didier Conrad fait oublier que ce n'est pas Uderzo qui dessine.

Je termine par l'album que j'attendais (comme d'autres blogueurs), le troisième tome des Vieux fourneaux - Celui qui part. Il est paru le 13 novembre 2015. Je tiens à repréciser qu'il est préférable de lire les tomes dans l'ordre. Ici, un rappel des deux premiers tomes. Dans ce troisième tome,  on retrouve Emile, Antoine et Pierrot ainsi que Sophie, la petite-fille d'Antoine. L'histoire est cette fois ci centrée sur Emile (dit Mimile) et son passé d'ancien joueur de rugby parti vers l'hémisphère sud du jour au lendemain en 1955. Il naviguera de rafiot en rafiot et se liera d'amitié avec un Australien appelé Errol. En sa compagnie, ils seront chasseurs de trésor d'épaves enfouies. La fuite de Mimile fut provoquée par le terrain de rugby communal rendu inutilisable par une dénommée Berthe. 50 ans plus tard, Sophie, grâce à son entêtement, va apprendre des choses pas glorieuses du tout sur Antoine, Pierrot et Mimile en rapport avec Berthe. Pendant ce temps là, en pointillé, on suit les tribulations de Pierrot déguisé en abeille dans le cadre d'une action du groupe "Ni yeux, ni maître". Comme dans les tomes précédents, il y a des réparties très drôles mais il y a des moments plus doux amers. Une fois de plus, on voit que Sophie sait séparer le bon grain de l'ivraie. Un quatrième et a priori dernier tome est prévu. Il concernera plutôt Sophie. J'ai hâte.

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vendredi 10 juillet 2015

Canardo (Mort sur le lac) - Sokal

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J'ai découvert le personnage de Canardo il y a pluseiurs années avec La marque de Raspoutine et La mort douce (j'avais bien apprécié les deux tomes) et puis je n'ai pas continué, jusqu'à ces temps-ci, où j'ai lu le dernier en date, Mort sur le lac (Casterman, 48 pages), le 23ème tome de cette série. Sokal dessine son héros depuis 1981, avec parfois un intervalle de plusieurs années entre 2 albums. Les histoires sont souvent très noires. Les personnages ne sont pas des enfants de choeur. Canardo lui-même (un vrai canard aux pattes palmées) est détective privé. Il est alcoolique (sa préférence va à la bière), fumeur et désabusé. il porte une arme et ne dédaigne pas avoir une aventure d'un soir avec une (jolie) femme de temps en temps. Dans Mort sur le lac, il est engagé par une jeune femme amnésique qui a été sauvée in extrémis de la voracité des anguilles que l'on trouve dans ce lac imaginaire situé entre la Belgique et le duché du Belgambourg. Le Belgambourg est un paradis fiscal que l'on retrouve dans plusieurs albums, dirigé par une Grande-Duchesse, le cigare au bec et aux idées d'extrême-droite. Elle parle en langage souvent ordurier et terrorise ses conseillers. Justement, dans cet épisode, elle veut enrayer l'immigration de jeunes Wallones chômeuses qui traversent clandestinement le lac Belga. Pour ce faire, elle nomme le commissaire Eugène Garenni (comme son nom l'indique, il a la physionomie d'un lapin avec des grandes oreilles). C'est aussi un personnage récurrent des albums de Canardo. Il sert de faire-valoir à notre palmipède. Le méchant de l'histoire que l'on découvre rapidement est le propre neveu de la Grande-Duchesse, le baron Ferdinand. J'ai aimé cet album malgré sa noirceur et son cynisme. Comme souvent dans les histoires de Canardo, les personnages féminins ont des personnalités fortes, ce sont des meneuses. Une suite est annoncée à la fin de l'album: La mort aux yeux verts. Je l'attends avec impatience.

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dimanche 25 janvier 2015

Je hais les petites phrases - Honoré

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Ma commande passée le 8 janvier 2015 chez l'une de mes librairies de quartier du livre d'Honoré Je hais les petites phrases, Charlie Hebdo / Editions Les Echappés (2011, 112 pages) est arrivée en fin de semaine dernière.

Extrait de la 4ème de couv': "Des petites phrases, degré zéro de la pensée, en français approximatif, creuses ou vulgaires, à l'image de la vie politique des années Sarkozy: Je hais les petites phrases dresse une galerie de portraits pris sur le vif des meilleurs paroliers du quinquennat, où le dessin révèle les sous-entendus les plus inavouables."

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) ne prêtais certainement pas assez attention aux dessins carrés d'Honoré quand j'achetais Charlie Heddo, quelques rares fois par an (à l'occasion de voyages en train, en général), et je le regrette, ô combien, aujourd'hui.

Publié avant la fin de l'unique quinquennat de Nicolas S., cette sélection de dessins publiés dans l'hebdomadaire fait la part belle aux ministres ou personnalités de droite (le Président apparaît lui-même 11 fois, suivi par Mme Lagarde (10 occurrences), Fillon (6 dessins), Woerth (5 portraits), mais aussi Boutin ou Amara (4). S'y ajoute un peu de société civile (Laurence Parisot 3), mais aussi quelques religieux catholiques (le Pape, des évêques) ou des mises en situation de musulmans voire musulmanes... Méconnu, Honoré dessinait bien en véritable iconoclaste.

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Je trouve que le style de dessin d'Honoré fait penser à de la linogravure: format du dessin carré ou rectangulaire, traits épais, décors géométriques en arrière-plan souvent composé de lignes droites. Comme on le remarque ci-dessus, les dessins sont en fait constitués de trois éléments: en haut, en rouge et entre guillemets, la "petite phrase" servant de prétexte à Honoré (avec toujours son auteur crédité). Le dessin lui-même, généralement statique. Et en queue, le venin (quelques mots faussement attribués au personnage, ou un commentaire de situation...). Les types de portraits sont variés: de face ou de profil, du plan italien au plan poitrine en passant par le plan taille. On peut aussi voir deux personnages qui échangent, ou bras-dessus-bras-dessous. Parfois est caricaturée une situation outrée: Lagarde sautillante, Bayrou en écorché ou Villepin râlant au croc. Anecdotiquement, sont représentés des animaux: nounours, trois (cul de) vaches, un magnifique canard mandarin polychrome. Les vignettes de ce livre sont le plus souvent en noir et blanc, très rares sont celles comportant un aplat monochrome, et seuls 3 dessins sont égayés de deux couleurs (j'ignore ce qu'il en était des parutions originales dans Charlie, ou si ces couleurs sont spécifiques au livre). On pourrait noter enfin que, à l'époque de parution, la gauche était à la portion congrue: peu visible, peu visée? Valls apparaissait dans 3 dessins peu flatteurs, Rocard 2 fois, DSK et Hollande 1 fois chacun... Je suppose que des ouvrages reprenant des dessins plus récents ne manqueront pas d'être publiés?

Pour l'anecdote, j'en profite pour signaler avoir demandé ces derniers temps, dans deux librairies différentes, pourquoi il n'y avait pas une table dédiée aux livres des six journalistes (dessinateurs ou chroniqueurs) assassinés, et avoir obtenu des réponses très similaires: "on s'est posé la question / j'y ai réfléchi; ça m'a / ça nous a mis mal à l'aise : ça aurait fait un peu... [le mot juste a un peu de mal à sortir: opportuniste? vautour? commercial]; on va laisser passer un peu de temps; si on nous en demande, on répond bien sûr; tous leurs titres ne sont pas actuellement disponibles".

En conclusion, un dernier dessin papillonnant d'Honoré, illustrant cette fois un autre livre (tout juste acheté), de Bernard Maris (Oncle Bernard), Petits principes de langue de bois économique, Bréal / Charlie Hebdo, 2008 (billet à venir) [chroniqué le 27/02/2016].

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*** Je suis Charlie ***

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dimanche 18 janvier 2015

Le grand Duduche... - Cabu

Ca y est, j'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) relu mes 5 volumes (acquis dans les années '90):
Le grand Duduche, Dargaud (T.1), 1984 (1ère éd. 1967)
Le grand Duduche "il lui faudrait une bonne guerre" (T.2), Dargaud, 1974 (1ère éd. 1972)
"Passe ton bac, après on verra!"(T.5), éditions du rond-point, 1980
Le grand Duduche: à bas la mode (T.7), Dargaud, 1981
Le grand Duduche et la fille du proviseur (T.8), Dargaud, 1982

Je n'ai pas dans ma BDthèque, à ce jour, L'ennemi intérieur (1ère éd. 1973, Le Square, rééd. Dargaud, 1982), ni Le grand Duduche en vacances (1ère éd. 1974, Le Square, rééd. Dargaud, 1980), ni Maraboud'ficelle (1ère éd. 1980, Dargaud). Je les aurais bien croisés un jour ou l'autre... Au gré des bouquinistes... J'étais pas pressé... Y avait aucune raison, aucune urgence...
Pour chacun des albums ci-dessous, j'ai essayé d'évoquer d'une phrase qui me soit propre celles des planches qui ont le plus attiré mon attention à ma relecture suivie.

Le grand Duduche (tome 1)

 

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Le grand Duduche au lycée éclaté. Le grand Duduche veut casser la figure à la concurrence. Le petit Duduche est ami des bêtes. Le grand Duduche conduit mal. Le grand Duduche est végétarien. Le grand Duduche hurle à l'oreille des vieux. Le grand Duduche rit de la guerre (14-18). Le grand Duduche aime Victor Hugo. Le grand Duduche fait le flic. Le grand Duduche rend sa copie en retard [je crois]. Le grand Duduche engraisse un porc (et l'animal en perd la tête). Le grand Duduche fait chanter au suicide. Le grand Duduche sauve un noyé. Le grand Duduche rêve à l'avenir. Le grand Duduche fait voir le loup. Le grand Duduche joue au beatnik. Le grand Duduche innocent est puni. Le grand Duduche enquête sur la jeunesse. Le grand Duduche prétend danser. Le grand Duduche passe par le cimetière: "bon sang, que c'est chouette de penser que les autres sont en cours...". Le grand Duduche passe au large de la boite à bac. Le grand Duduche s'apprête à partir en vacances.

Le grand Duduche "Il lui faudrait une bonne guerre" (tome 2)

Le grand Duduche joue au chat. Le grand Duduche imite les CRS. Le grand Duduche fait l'éloge de la paresse, sauf... Le grand Duduche planche sur le stupre. Le grand Duduche examine le monde en mutation. Le grand Duduche participe au débat. Le grand Duduche est responsable (de la classe). Du balai pour le grand Duduche. Le grand Duduche veut construire un bunker (de survie). Le grand Duduche réforme l'enseignement. Le grand Duduche se met au vert. Le grand Duduche est à la porte. Le grand Duduche fan de Johnny. Le grand Duduche a tagué. Le grand Duduche compte la minute (de silence). Le grand Duduche illustre les relations profs-élèves. Le grand Duduche répète. Le grand Duduche attend les circulaires. Le grand Duduche met les pieds dans le plat (à gâteau). Le grand Duduche joue les chevaliers servants. Le grand Duduche cauchemarde.

 

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 "Passe ton bac, après on verra!" (tome 5)

 

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Préface (texte intégral - 11 lignes): "Cet ouvrage compte 64 pages sous une couverture illustrée en couleurs. Il comporte 436 dessins représentant au total 2006 personnages et animaux, dont 237 fois le Grand Duduche. Les originaux des dessins, des couleurs, des textes et de la maquette ont été conçus et réalisés à la main par Cabu. Il y a un scénario de Reiser et une préface de Delporte.
C'est un très bel album. Achetez-le."
L'irrésistible ascension du grand Duduche (en 16 dessins). Le petit Duduche fait de la bicyclette. Le petit Duduche est perdu à Paris. Le grand Duduche dans la voiture de papa. Le grand Duduche fume. Le grand Duduche varie les décors. Le grand Duduche au parloir. Le grand Duduche enregistre les maths. Le grand Duduche évoque quelques têtes de profs. Le grand Duduche écrase le tube.

Le grand Duduche: à bas la mode (tome 7)

Le grand Duduche voudrait éviter de macadamiser de bonnes terres. Le grand Duduche repasse une page rafraîchissante parue dans le T. 5. Le grand Duduche trouve que c'est dur d'être militant. Le grand Duduche manifeste au printemps confisqué. Le grand Duduche en a trop fumé. Le grand Duduche regarde passer le Tour de France. Le grand Duduche s'occupe d'handicapés. Le grand Duduche se fait sonder. Le grand Duduche veut vivre heureux, caché loin des projecteurs (c'est pas gagné). Le grand Duduche ne peut pas piffer le rock. le grand Duduche ne veut plus jouer les Ménie Grégoire. Le grand Duduche prêche la mauvaise nouvelle. Le grand Duduche a les bonnes combines pour se faire réformer. Le grand Duduche affronte le jugement dernier.

 

 

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Le grand Duduche et la fille du proviseur (tome 8)

 

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Le grand Duduche soutient la lingère du lycée. Le grand Duduche calcule la fille du proviseur. Le grand Duduche fête la victoire de la gauche. Le grand Duduche pose des problèmes au proviseur. Le grand Duduche boutonneux. Le grand Duduche avait peur d'être asocial. Le grand Duduche se convertit carrément en étudiant islamique. Le grand Duduche fait la foire. Le grand Duduche devient sectaire. Le grand Duduche en bagarre pour la politique. Le grand Duduche se heurte à "papa veut pas". Le grand Duduche rêve de SuperDuduche. Le grand Duduche ferme son entreprise. Le grand Duduche démontre que le 3e âge peut se rendre encore utile. Le grand Duduche prépare un journal de lycée.

Depuis la parution de ces albums, on croise le grand Duduche pour un dessin par-ci-par-là, ou pour toute une bande, en général dans Le Canard enchaîné. Le plus souvent, lors de ses repas de famille, le grand Duduche (contestataire) se gausse de la partie "La manif pour tous" conservatrice de celle-ci...

Voici la dernière "bande" que j'ai relevée dans ma série (Le Canard Enchaîné n°4914 du 30/12/2014, p.7).

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Le grand Duduche, c'était un peu Cabu.
Le personnage du grand Duduche est éternel.

*** Je suis Charlie ***

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lundi 12 janvier 2015

Pandas dans la brume - Tignous

En 2010, Tignous a publié Pandas dans la brume, un album de 60 pages de BD (drugstore / Glénat). Le thème (prétexte), c'est qu'il ne reste plus, en 2010, que 1600 pandas en "liberté" en Chine. Il s'agit de gags d'une planche, très rarement sur deux planches ou avec deux voire trois planches qui se répondent. L'album était en vente au salon Marjolaine en 2011, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) l'y avais acheté (le stand où j'étais bénévole était voisin de celui du WWF) [voir dédicace].

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Je me permets de citer les Directeur Général et Président (de l'époque) de WWF France ("lettrés" par Tignous en page finale): "Quand Tignous nous a proposé d'associer le WWF à son projet, nous avons tout de suite été séduits par cette idée aussi originale qu'insolite. Le WWF est une organisation scientifique caractérisée par son sérieux, traitant de sujets environnementaux (...). Mais face aux crises que nous traversons, l'humour peut parfois être un bien meilleur porte-parole. Brillant, percutant, provocateur, grinçant, insolent, choquant... Un humour décoiffant qui offre un bel hommage à nos derniers pandas. Tignous est leur ami."

Je ne vous scanne aucune planche dans le présent article. J'espère vous donner envie d'acheter l'album. Lisez-le (s'il vous plaît). Mais je vais en décrire trois, bien provocatrices.

Terre d'accueil (p.24): un panda amène une enveloppe à un autre.
"- Tiens, t'as du courrier!"
"- Ah! ... Ca vient de France!... ... ce doit être la réponse à ma demande de droit d'asile!... ... Les salauds... Regarde-moi ça!"
Monsieur, La Bambouseraie d'Anduze ne peut pas accueillir toute la misère du monde.

Jeûne (p.15): deux pandas, assis dans une bambouseraie, du bambou dans les griffes:
"- Le panda passe 14 heures par jour à bouffer", rigole l'un.
"- Qu'est-ce qu'on se ferait chier si on faisait ramadan!", rétorque l'autre.

Danger (p.36): deux pandas discutant, de dos:
"- On ne pense qu'à nous. ... Mais il y a bien d'autres espèces en voie de disparition.
"- Y a l'orang outan (...) le tapir... [longue énumération à deux voix] (...) - Le tigre - Le tapir - déjà dit!"
de face, un panda hilare à un panda courroucé:
"- ... les profs de l'enseignement public!"

*** Je suis Charlie ***

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lundi 29 décembre 2014

L'embranchement de Mugby - Estelle Meyrand / Rodolphe (d'après Charles Dickens)

Je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) ne connaissais même pas le nom de L'embranchement de Mugby parmi les oeuvres de Charles Dickens (comme tout le monde, quand j'entends "Conte de Noël" pour cet auteur, je pense à Scrooge, le vieil avare métamorphosé par des apparitions la veille de Noël [lu en bibliothèque verte dans mon jeune temps...]). 

Dans le décor sinistre d'une sorte de gare de banlieue, de nuit, un unique voyageur descend au bout d'un quai désert, chapeau melon, pardessus, cache-nez, sous une lumière blafarde (et des couleurs très froides). Seule petite lueur (timidement chaude): le "lampiste" de la gare, qui le recueille puis lui indique un hôtel. Le lendemain, ce voyageur avec bagages erre dans la (petite) ville, en s'interrogeant sur son passé et son avenir. Lui aussi est comme la ville bien entendu, à une croisée des chemins, entre la vie de patron (de Barbox Frères) sûr de lui qu'il a mis 20 ans à devenir, et ce qu'il va advenir du pauvre cocu ayant perdu femme et raison de vivre qu'il est désormais. Il croise un chien errant, et une jolie maison colorée, en sortie de la ville, où une jeune fille alitée lui fait signe d'entrer. C'est la fille du lampiste. Elle lui suggère d'explorer les 5 destinations possibles à partir de Mugby... Il fera ses choix au terme de ses voyages, plus ou moins remplis d'allégories et de surprises.

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Cette bande dessinée m'a fait penser à l'univers du dessin animé L'illusionniste. J'en ai beaucoup apprécié le dessin et le traitement en couleurs directes (voir quelques planches sur le blog de CapOCapesDoc; Allie en parle aussi très bien). Elle est parue récemment (enfin, je trouve: en 2010, pour l'édition originale chez Delcourt), avec un scénario de Rodolphe (d'après le conte de Noël de Charles Dickens), et des dessins d'Estelle Meyrand. Ces deux auteurs avaient déjà collaboré 2 ans plus tôt sur Un conte de Noël. Je n'ai jamais croisé leur version, mais je pense que je prendrai la peine de la chercher en 2015.

P1050194 Tout à fait incidemment, le train sur la 4ème de couverture m'a fait penser au Transperceneige. Est-ce un clin d'oeil? C'est Lob qui avait conseillé à Rodolphe d'entrer en BD.
Merci à dasola pour les photos.

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dimanche 16 novembre 2014

Silex and the City - 5. Vigiprimate - Jul / Le perroquet des Batignolles (T.2): La ronde des canards - Boujut, Tardi et Stanilas

Voici deux BD que j'attendais avec une certaine impatience, le 5ème tome de Silex and the City et la suite (et pas encore fin) du Perroquet des Batignolles.

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Je commence donc par Silex and the City - 5. Vigiprimate de Jul (Editions Dargaud) où l'on retrouve, comme dans les quatre précédents (il paraît un tome par an), la famille Dot Com en -40 000 avant J.-C. Dans cet album, URL (le garçon) et Web (la fille) décident de quitter le "nid familial" et la vallée. URL part travailler dans une ONG dans le Maghreb paléolithique tandis que Web a gagné à la loterie sa "Darwin card" qui lui permet de partir aux USA (dans le néolithique) pour travailler. Elle rêve de faire du cinéma. Quant aux parents, Spam et Blog, ils décident de faire un voyage en amoureux au Maroc. Pendant sa mission, URL est enlevé par des terroristes. Je vous laisse découvrir comment il sera libéré avec d'autres otages grâce à Web. Une fois de plus, Jul fait une transposition de notre monde actuel dans la préhistoire avec beaucoup d'humour. C'est vraiment un album dans l'air du temps. J'attends bien entendu la suite.

Lire les billets sur les tomes précédents ici, ici et .

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Je continue avec Le perroquet des Batignolles - La ronde des canards de (Michel) Boujut, Tardi et Stanislas (Editions Dargaud). Je ferais remarquer qu'il y a eu un intervalle de trois ans entre la parution du premier album et celui-ci: c'est long. D'autant plus que cinq albums en tout sont prévus (d'après mes renseignements). J'espère que l'intervalle sera moins long avant le prochain. Je rappelle que cette BD est une adaptation d'un feuilleton radiophonique diffusé sur France Inter en 1997.

Nous retrouvons Oscar Moulinet, preneur de son à Radio France, dans sa quête de canards en or où sont dissimulés des bouts de bandes magnétiques. Ces bandes mises bout à bout délivrent un message énigmatique énoncé par Emil Schmutz, vendeur de faux tableaux. Le mystère s'épaissit. Le perroquet fait quelques apparitions indirectes. Il est pas mal question du quartier des Batignolles, de cinéma, de Lyon et de l'institut Lumière, du Louvre et du Radeau de la Méduse. C'est un album très coloré. A la fin de l'épisode, on n'est pas très avancé sur l'énigme et beaucoup de nouvelles questions se posent. Vivement la suite (dans pas trop longtemps, donc, j'espère).

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dimanche 2 novembre 2014

Les Vieux fourneaux: Ceux qui restent / Les Vieux fourneaux: Bonny and Pierrot - Lupano et Cauuet

Je vais enfin chroniquer Les Vieux fourneaux: Ceux qui restent après que de nombreux blogueurs/-euses l'aient fait avant moi. C'est parce que le deuxième tome Les Vieux fourneaux: Bonny and Pierrot vient juste de paraître. Et je pense qu'un tome 3 ne tardera pas (1).

Dans Les Vieux fourneaux: Ceux qui restent, on fait la connaissance de Pierrot, Antoine et Mimile qui forment un trio de septuagénaires assez irrésistibles. Anciens ouvriers syndicalistes, Pierre et Antoine ont gardé leur franc-parler. Antoine vient de perdre sa "chère et tendre" Lucette avec qui il était marié depuis 54 ans. Antoine et Mimile sont venus pour le consoler à l'occasion de ces funérailles (ils arrivent en retard). On fait aussi la connaissance de la petite-fille d'Antoine, Sophie, enceinte jusqu'aux yeux, tout le portrait de sa grand-mère (et elle en a le caractère). Comme cette histoire, qui se passe entre la France et la Toscane et entre le passé (les années 60) et le présent, a été pas mal dévoilée sur différents blogs (Noukette, Aifelle, Violette, Moka ou Stephie, sans oublier A_girl_from_earth, pas plus séduite que cela), je n'y reviendrai pas. Je trouve que c'est un album qui mérite plusieurs lectures. Personnellement, j'avoue avoir été un peu déçue à ma première lecture de ce tome que je n'avais pas trouvé si drôle que cela. Et je n'avais pas forcément compris toute l'histoire. Mais en le relisant, j'ai saisi tout le sel de cette histoire bien menée avec des personnages attachants. Certaines répliques font vraiment mouche. Et j'ai donc été très contente (mon ami aussi) de retrouver les trois v... - pardon, seniors - ainsi que Sophie dans un deuxième tome plein de rebondissements (je conseille de lire les deux tomes dans l'ordre).

Dans Les Vieux fourneaux: Bonny and Pierrot, Sophie a accouchée d'une petite Juliette, elle s'occupe toujours de son théâtre de marionnettes (qu'elle a repris à la suite de sa grand-mère Lucette). En voulant soutenir une cause qui tient à coeur à Pierrot (à la fin du premier tome, elle est devenue millionnaire en euros), Sophie crée un drame en envoyant une grosse somme d'argent en liquide à Pierrot avec un mot signé "Ann Bonny" (coïncidence, Ann Bonny était le surnom d'une femme appelée Anita que Pierrot avait tendrement aimé cinquante ans auparavant et qu'il croyait morte). Bien entendu Pierrot est bouleversé. Pendant ce temps, on suit les tribulations d'une bandes de papis et mamies qui commettent des "attentats gériatriques". Ils habitent dans des îlots de l'Archipel Anarchiste Autonome (réseau dont fait partie Pierrot). Je vous laisse découvrir le stratagème astucieux de Sophie qui va convaincre Pierrot qu'Ann Bonny n'est pas Anita, 50 ans après. Dans les nombreuses péripéties de cet album, vous constaterez qu'il est difficile de trouver une baguette de pain toute simple, et aussi comment des airbags peuvent se transformer en bombes redoutables. Si je vous disais que j'ai préféré ce deuxième tome au premier? Je recommande absolument.

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(1) Tome 3, Celui qui part, chroniqué le 16/11/2015.

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mardi 5 novembre 2013

Le bleu est une couleur chaude - Julie Maroh

Après avoir vu La vie d'Adèle, j'ai voulu lire la BD dont s'est librement inspiré le réalisateur Abdellatif Kechiche. J'avoue avoir énormément aimé Le bleu est une couleur chaude (Editions Glénat, 150 pages). Cette BD m'a paru empreinte de délicatesse et de fragilité et somme toute très pudique. On sent une sensibilité féminine totalement absente du film. Quand débute l'histoire, Clémentine (l'Adèle du film) est décédée et Emma se met à lire les journaux intimes que lui a laissés la jeune morte. Comme on peut dire d'un roman que c'est un roman d'amour, là, nous avons une BD d'amour. Vers le milieu des années 90, Clémentine, 16 ans, tombe amoureuse d'Emma, une fille un peu plus âgée, avec toutes les conséquences douloureuses que cela peut entraîner. Avant acceptation (jusqu'à être rejetée par ses parents), Clémentine grandit et vit au rythme de sa relation avec Emma, la jeune femme au cheveux bleus. La couleur bleue est très présente dans l'album. J'ai mis une heure pour lire cette tragique histoire (et j'ai été émue). Le film, lui, dure trois heures (et j'ai été relativement contente quand j'ai vu le générique de fin...).

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samedi 2 novembre 2013

The snowpiercer - Bong Joon-ho / Le transperceneige - Rochette et Lob

Voici un film de science-fiction qui, selon moi, est réussi. Il ne s'agit pas d'une énième superproduction américaine, mais d'un film plus personnel réalisé par un cinéaste coréen, Bong Joon-ho (The Host ou The mother). Un train composé de dizaines et de dizaines de wagons, The snowpiercer (Le transperceneige), roule sans s'arrêter depuis 17 ans. En 2014, suite à  un cataclysme climatique provoqué par l'homme, la Terre est devenue un enfer glacé d'où toute vie a disparu. En 2031, les derniers humains sont entassés dans ce train, genre d'arche de Noé. On y trouve ainsi un immense aquarium où sont rassemblés des animaux des fonds marins et quelques végétaux préservés. Les plus miséreux des humains sont relégués dans les wagons de queue, entassés comme des prisonniers de camps de concentration. Vivant dans une grande promiscuité, ils se nourrissent (sans le savoir) de cafards transformés en plaquettes noires qui ressemblent à de la gomme. La révolte gronde quand deux jeunes garçons sont emmenés de force vers l'avant du train. Quelques-uns de ces hommes et femmes (régulièrement punis, humiliés, mutilés et comptés) se lancent à leur recherche et décident de remonter le train. Au fur et à mesure que les principaux protagonistes avancent vers l’avant du train, on découvre des passagers, enfants et adultes, nettement mieux lotis, qui vénèrent un dénommé Wilford qui a conçu ce train au mouvement perpétuel. Je vous laisse découvrir les nombreuses péripéties de ce film qui m’a plu tant au niveau de l’histoire (qui correspond à un condensé de notre monde actuel entre riches et pauvres, où certains sont plus égaux que d'autres) que du point de vue cinématographique. Tous les acteurs sont convaincants: Chris Evans, Ed Harris, John Hurt, Tilda Swinton (méconnaissable avec son dentier et ses lunettes) et Octavia Spencer. Le dernier plan avec l'ours blanc est très beau.

Ce film est adapté du Tranperceneige (Collection A Suivre, Editions Casterman, 134 pages), une BD française en noir et blanc, dont le 1er tome a été pré-publiée de 1982 à 1983, que je viens de lire (tout au moins ce 1er tome). Il s'agit d'une série qui comporte trois volumes (qui vont reparaître). Elle a été créée par Jean-Marc Rochette (dessins) et Jacques Lob (texte, pour le 1er tome), lui-même remplacé par la suite par Benjamin Legrand (pour les deux tomes suivants, en 1999 et 2000). On retrouve l'idée de départ (le train au mille et un wagon dans un décor post-apocalyptique), mais pour le reste, le déroulement de l'histoire était assez différent dès le départ. Le personnage principal (Proloff), qui est dans un des wagons de queue, a tenté de s'échapper du wagon. Escorté par des militaires, on doit le mener vers l'avant du train. Une jeune femme, Adeline, l'accompagne. L'intrigue est peut-être plus resserrée.
En tout cas, je vous conseille le film et la BD.

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