lundi 23 septembre 2013

Palmer en Bretagne - Pétillon / Silex and the City (4. Autorisation de découverte) - Jul / Le démon du soir - Florence Cestac

Dans Palmer en Bretagne de Pétillon (Editions Dargaud), Jack Palmer, le détective bien connu, surpris par la marée, va rester coincer sur un rocher au large d'une île bretonne entourée d'algues vertes qui puent. Comme personne ne veut aller à sa rescousse, il est obligé d'attendre que la marée redevienne basse. Surnommé "Crétin" par son employeur Maroilles, Palmer va assister de loin à la mort d'un jogger mais il va louper tout le reste des nombreuses péripéties décrites dans les 51 pages de cette BD distrayante. On y parle d'art moderne, de homards bretons et canadiens, d'algues vertes, de cochons et porcelets, de kouign-amann, de "fest-noz", mais aussi de chantage à l'assurance, de pédalo, de cycliste et du temps breton...

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Voici maintenant Silex and the city, tome 4 (Autorisation de découverte) de Jul, album (publié chez Dargaud) dans lequel on retrouve la famille Dotcom, qui fait face à la maladie de la maman, Spam, qui a un cancer opérable. Les Dotcom doivent trouver l'argent pour financer l'opération. Dans le même temps, la famille pense que Web, la fille, est enceinte, et on découvre que, dans sa jeunesse, le grand-père Julius a vécu un temps en couple avec un homme. Comme pour les trois précédents albums, il y a plein de références à notre monde moderne. J'ai trouvé cet album plus construit que les précédents avec un vrai fil conducteur: je conseille.

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Je terminerai par un album (encore aux éditions Dargaud mais je ne l'ai pas fait exprès) dessiné par Florence Cestac, Le démon du soir ou la ménopause héroïque. Noémie, presque 60 ans, apprend qu'elle n'a pas de cancer du sein, après plusieurs jours d'angoisse. Elle décide de changer de vie du jour au lendemain en envoyant tout promener: mari, boulot, etc. Car Noémie veut profiter de la vie au maximum. Noémie devient tonique, vit des expériences sexuelles assez intenses. La vie commence vraiment à 60 ans. C'est une BD très optimiste à lire par les femmes de tous âges.

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lundi 3 juin 2013

Moi René Tardi, prisonnier au Stalag IIB - Tardi

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Moi René Tardi prisonnier au Stalag IIB (Editions Casterman, 190 pages) est une BD dont Yv avait dit beaucoup de bien, et j'en remets une couche. C'est absolument remarquable. Tardi (Jacques) nous retrace ce qu'a vécu son père pendant la seconde guerre mondiale durant 5 ans, dans un stalag en Poméranie, pas loin de la mer Baltique. Il l'a fait grâce aux souvenirs consignés dans des petits carnets par son père, René Tardi. Il s'agit d'une première partie qui commence en 1933 avec l'arrivée d'Hitler au pouvoir et qui s'arrête en janvier 1945 quand le camp le Stalag IIB est évacué. Tardi lui-même s'y représente en culottes courtes, dialoguant avec son père. Tardi réussit à bien décrire les conditions de (sur)vie épouvantables (le froid, la faim, les privations de toutes sortes, les mauvais traitements, les rats, les poux) qu'a endurées pendant 5 ans son père, qui fut un des 1 600 000 prisonniers de ces camps disséminés en Allemagne et en Pologne. Personnellement, je ne connaissais pas grand-chose à cette triste histoire. Cette BD en noir et blanc avec quelques touches de couleur se lit d'une traite. J'attends la suite avec intérêt. Lire aussi le billet d'Alcapone.


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Sinon, j'ai été sélectionnée pour être membre du Jury de la rentrée littéraire Fnac 2013 (c'est la première fois que je suis choisie pour être membre d'un jury et je suis très contente). Pour ce faire, j'ai reçu début de semaine dernière 5 romans (que j'avais choisis parmi d'autres) à lire d'ici début juillet. En 5 jours, j'en ai déjà lu deux. Je ne peux rien dire pour le moment sur les écrivains, mais je dirais que les romans envoyés sont très différents: quatre romans français et un roman anglais, et je ne connais de nom qu'un écrivain sur les 5. Les romanciers sont deux hommes et trois femmes. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de la suite.

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samedi 13 avril 2013

Deux albums dessinés par Florence Cestac

[Billet de Ta d loi du cine, "squatter" chez dasola]

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"On" m'a offert tout récemment une bande dessinée, Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps, dessinée par Florence Cestac et scénarisée par Jean Teulé (avec une dédicace de celui-ci). Il s'agit d'une biographie du dessinateur de BD Charlie Schlingo, mort en 2005 à moins de 50 ans (par la faute, ou à cause, de la méchanceté? Si, si), que l'une et l'autre avaient connu. Des interviews facilement trouvables sur internet donnent les témoignages des auteurs lors de la parution de l'album (début 2009). Apparemment, tout est basé sur des faits réels, avec seulement une "licence poétique". Par rapport aux auteurs: j'ai lu quelques albums de Florence Cestac et de ses personnages à gros nez (j'en possède deux autres), notamment quelques-uns de sa série sur Les ado, Laura et Ludo, très différente d'Agrippine de Bretécher - est-ce qu'elle y dépeint mieux la réalité, je ne sais pas. Quant à Jean Teulé, dont j'ai découvert la biographie, je pensais (je ne sais pourquoi) que c'était un romancier âgé d'entre 70 et 80 ans. Hé bien non, il vient juste d'avoir 60 ans, et il a commencé par la bande dessinée (il s'était forgé un style graphique particulier semble-t-il). Pour en revenir à Charlie Schlingo, je n'avais jamais eu envie d'ouvrir un de ses albums. Il a apparemment construit dans ses oeuvres un univers spécial au sein de la BD, tout en vivant sa vie comme s'il était dans une bande dessinée (le titre de sa bio est une citation de ce qu'il disait régulièrement quand on lui demandait comment ça allait, si j'ai bien compris). Je pense avoir maintenant la curiosité, au moins, d'essayer d'en découvrir quelques-uns (on trouve des rééditions).

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Bon allez, je vais aussi dire quelques mots de Comment faire de la "bédé" sans passer pour un pied-nickelé, de Florence Cestac et Jean-Marc Thévenet. Dans l'édition que je possède (celle en couleur, de 2001, et non celle de 1988 [bichromie ?]), il y a bien, comme annoncé dans la préface, 19 portraits (plus celui de l'éditeur). De l'introverti (qui referme son carton à dessin juste après l'avoir entr'ouvert) à Crazy Popov le graffeur, en passant par le gaffeur, le copain de, les copines, le fils de, etc., tous pensent et/ou parlent sur 2 pages (avant d'entrer dans le bureau de l'Eéééditeur / dans le bureau de l'éditeur - et il faut voir la tête de l'éditeur dans la dernière case!), avec en général, en page introductive, un portait en pied qui les croque bien. C'est beau comme du La Bruyère. On sent qu'il y a du vécu: Cestac (dessinatrice) et Thévenet (scénariste) ont été tous deux directeurs de collection aux éditions Futuropolis dans les années 1980, et ont dû en voir défiler, des auteurs candidats à la publication, dans leurs bureaux... Je cite le communiqué de presse (mise en vente le 20 janvier 2001): "Au fait, parmi tous ces jeunes gens que [Florence] a reçus, il y en a bien qui sont devenus célèbres et qui ont servi de modèles, non? Réponse: Oui... Mais je ne donnerai pas de noms: je risquerais de me fâcher avec tout le monde!". A lire pour rire.

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mardi 5 mars 2013

Sans tête - Jean-Michel Roche / Sans emploi, tomes 1 et 2 - Jibé

 

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Avec Sans tête de Jean-Michel Roche (Editions Pavillon noir), j'ai fait la connaissance de la commissaire Fabienne Quinot, ravissante petite blonde aux yeux gris (elle n'a pas les mêmes problèmes de poids que la commissaire de Georges Flipo, ni le même caractère). Elle est entourée d'une équipe qui lui est toute dévouée. Envoyée en Provence près de Bandol pour enquêter sur un cadavre d'une femme de 40 ans trouvée SUR un cercueil dans un caveau (le cadavre momifié n'a pas de tête), il faudra tout son flair et l'aide en particulier de son ami/amant journaliste pour découvrir par qui et pourquoi Sylvie Lepautre, pédégère d'une grande société de cosmétiques, a été assassinée. La franc-maçonnerie dont l'auteur semble connaître les dessous joue un rôle dans l'affaire. Sans donner plus d'indices, je dirais que le cadavre n'est pas forcément celui que l'on croit. C'est un roman qui se lit très agréablement même s'il y a quelques facilités dans les descriptions, les expressions (les dialogues font parfois un peu "artificiels", avec des "mots d'auteurs" qu'on n'entendrait guère au quotidien). C'est en tout cas suffisamment distrayant pour que j'aie envie de lire, un de ces jours, le livre précédent de Jean-Michel Roche: Etranges affaires au quai des Orfèvres.

 

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Sans emploi 1 (J'ferai ça demain) et Marche ou rêve (Sans emploi - tome 2) de Jibé (Editions Marabout/Marabulles) sont deux BD très sympas où l'on fait la connaissance de Constantin, 22 ans, qui n'arrive pas à se résoudre à travailler (travailler c'est fatiguant), un peu dragueur, très allergique aux poils de chat, qui en prend à son aise avec la vie, pas compliqué, vivant aux crochets de son copain Jean. Constantin veut quand même prouver aux filles qu'il n'est pas un "loser". Ce personnage d'"adolescent attardé" est mis en situation dans des "strips" qui se suivent avec un embryon d'histoire. C'est souvent drôle. On sent qu'il y a du "vécu" dans ce que Jibé nous raconte. J'aime beaucoup les dessins pas forcément expressifs mais j'ai apprécié que le texte des "bulles" soit très lisible. La fin du deuxième volume annonce un troisième que je lirais volontiers. A noter que, pour la publication "papier", l'auteur avait retravaillé (et redessiné dans certains cas) les strips parus sur son bdblog.

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lundi 17 décembre 2012

Le serment des cinq Lords - Yves Sente et André Juillard / Le magasin des suicides - Olivier Ka et Domitille Collardey

 

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Dans Le serment des cinq Lords, nous retrouvons bien entendu Blake et Mortimer. L'histoire se passe entièrement en Angleterre en général et dans le musée Ashmolean à Oxford en particulier. Et il y a une nouveauté de taille par rapport aux "suites" précédentes: l'absence d'Olrik, l'ennemi juré de nos deux héros. Néanmoins, on peut noter la présence d'un personnage ayant réellement existé: Thomas Lawrence alias Lawrence d'Arabie, qui fait partie intégrante de l'intrigue, bien que mort avant que l'histoire commence. Il s'agit d'une histoire de trahison. Les cinq lords du titre, qui ont été des fans de Lawrence, vont être assassinés l'un après l'autre. Je dirais que l'histoire est gentillette. On est à nouveau très loin de l'univers apocalyptique d'Edgar P. Jacobs. Cela se laisse lire mais cet album paru aux éditions Blake et Mortimer (64 pages) n'est pas inoubliable.

 

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Après avoir bien apprécié le film d'animation de Patrice Leconte adapté du roman Le magasin des suicides de Jean Teulé, j'ai lu la BD d'Olivier Ka et Dimitille Collardey parue aux éditons Delcourt (c'est un cadeau de mon ami). Je dois dire que, bien que l'histoire soit proche du film (je n'ai toujours pas lu le roman), le graphisme, le décor, le dessin, la perspective n'ont rien à voir. J'ai été frappée par le nombre de desssins en contreplongée pour montrer l'intérieur du magasin et ses occupants à différents endroits en même temps. Le dessin, les couleurs sont plus ternes que dans le film. En revanche, il semble que la fin assez triste est similaire au roman. J'ai trouvé intéressant de lire la BD après avoir vu le film: deux visions très différentes pour une même histoire. J'avoue avoir préféré le film, plus coloré que la BD.

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samedi 27 octobre 2012

Nemesis - Philip Roth / Les Bidochon sauvent la planète - Binet

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Nemesis n'est pas forcément le roman le plus marquant de Philip Roth (Editions Gallimard, 250 pages). Mais j'ai été intéressée par l'histoire de Bucky Cantor, jeune homme de 23 ans, athlétique, bon nageur mais souffrant d'une mauvaise vue. Responsable d'un terrain de jeux en plein air dans le quartier juif de Newark, dans la banlieue de New-York, pendant l'été chaud de 1944, Bucky enrage d'avoir été réformé alors que deux de ses copains sont partis combattre en Europe. Cependant, sur place, il va devoir faire face à un ennemi aussi retors. En effet, la polyomiélite se met à frapper les jeunes dont il s'occupe (j'ai appris par ce roman et en faisant des recherches que la polio est contagieuse et que seuls les humains l'attrapent) et apparaît plus tard quand il se retrouve dans un camp de vacances des Poconos en Pennsylvanie. Bucky se demande s'il n'est pas l'agent vecteur de la maladie. En 1944, on ne connaissait pas le virus de la maladie ni son mode de transmission, et bien sûr il n'existait aucun vaccin. Une fois encore, Philip Roth décrit très bien les conséquences de cette calamité sur la population. Entre désarroi et colère, la vie de Bucky sera changée à jamais, je ne vous dirai pas comment, ni pourquoi. L'écrivain nous trace un portrait plein de compassion de cette communauté juive frappée par la maladie. Un beau roman.

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Je voulais terminer avec une note plus gaie en évoquant brièvement le dernier album des Bidochon de Binet, le 21ème, Les Bidochon sauvent la planète (Fluide Glacial) [J'espère que vous connaissez tous Raymonde et Robert Bidochon]. C'est grâce au billet de Canel, que je remercie, que j'ai passé un quart d'heure de lecture très distrayante. Je recommande tout particulièrement la séquence "tri sélectif" où Robert et Raymonde se débattent à 3H du matin pour savoir dans quelle poubelle (ils en ont de quatre couleurs différentes) se jette tel ou tel déchet. (Note: à Paris, on n'a pas de poubelle marron pour les "déchets purs", sauf erreur de ma part). Une autre séquence est assez savoureuse: les ampoules basse consommation. Je peux vous dire qu'avec mon ami, on a beaucoup ri.

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lundi 15 octobre 2012

14 - Jean Echenoz / L'oublié de la mémoire - Mickaël Mourot

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Après avoir lu quelques articles élogieux sur 14, le dernier roman de Jean Echenoz (Editions de Minuit, 124 pages), je me suis empressée de le lire (c'est un cadeau de mon ami). En peu de pages, Jean Echenoz recrée l'horreur de la guerre de 14-18 avec son talent habituel. Cela commence et se termine en Vendée. Pendant l'été 14, le tocsin annonça le début d'un conflit prévu pour durer deux semaines et qui s'éternisa 4 ans. Anthime et son frère Charles, issus de la grande bourgeoisie, sont mobilisés en compagnie de Bossis, Padioleau et Arcenel. Blanche attend le retour de deux d'entre eux. Echenoz en quelques traits de plume nous décrit la charge que portait les soldats (35 kilos avant qu'il pleuve), les rats, les poux, l'attente, les dégats des obus, le fait que les Poilus étaient face à l'ennemi, couverts de vermines et qu'ils étaient surveillés par des gendarmes pour qu'ils ne désertent pas. Pas mal de romans ont déjà évoqué cette terrible guerre. En voici un de plus, que je vous recommande absolument, et il se lit très vite.

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Note: ici, ta d loi du cine ("squatter" chez dasola) prend la plume.

Le billet de dasola (rédigé la veille pour le lendemain) me donne envie d'évoquer en quelques mots une bande dessinée ramenée de notre séjour à Verdun (achetée au Fort de Vaux, pour être précis), L'oublié de la mémoire, de Mickaël Mourot (YSEC éditions). Sous forme de "journal" illustré, elle dépeint la vie d'un des millions de soldats des tranchées, de 1915 à 1917. Et on y est assez loin du patriotisme de la propagande de l'époque. Bien qu'en noir et blanc, on n'est pas dans le style (ou le scénario) d'un Tardi, mais bien dans du "réalisme" du quotidien d'une histoire subie. Il n'est sans doute pas "neutre" qu'on puisse aujourd'hui l'acheter dans un tel "lieu de mémoire" que ce fameux Fort de Vaux. Lisez-le (même ailleurs).

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Cela me fait penser que le centenaire de la déclaration de guerre approche (moins de deux ans), puis ce sera celui de l'armistice (plus de quatre ans plus tard). Plus aucun poilu n'est vivant, il sera alors loisible que les Etats clament haut et fort la bêtise qu'ont représentée pour l'Europe ces millions de morts et ces milliards dépensés. On peut espérer que, dans notre Europe à vingt-sept, au début du vingt-et-unième siècle, cela ne se reproduira plus. Mais, dans ce même temps, en Asie, en Afrique...?

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dimanche 2 septembre 2012

Nos voisins du dessous - Bill Bryson / Silex and the City (3. Le néolithique, c'est pas automatique) - Jul

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Je viens de terminer "mon" deuxième Bill Bryson, Nos voisins du dessous (Chroniques australiennes), un régal de lecture (Petite bibliothèque Payot, 445 pages, 1ère éd. 2000). Merci Mr Bryson de nous donner envie de faire 35 heures d'avion pour aller visiter ce pays qui est d'abord un continent méconnu dont les premiers habitants blancs furent des marins hollandais, ainsi que des forçats et autres prisonniers de droit commun relégués là par l'Angleterre. Cette terre aride à plus de 80% abrite le plus grand nombre d'espèces animales connues du monde, des végétaux rares, des paysages saisissants et la grande barrière de corail. Pour donner une idée de l'étendue de l'Australie qui fut d'abord peuplée d'aborigènes depuis plus de 50000 ans, Bill Bryson ne cesse de nous communiquer les distances phénoménales en milliers de kilomètres qui séparent les grandes villes comme Melbourne, Sidney, Cairns, Canberra, Darwin, Adélaïde, etc., où vit la majorité de la population (sur ce continent, il y avait à l'époque environ 20 milllons d'Australiens). Au détour des pages, il narre des anecdotes sur l'histoire de ce pays, sur ce dont il a été témoin, j'ai éclaté de rire de nombreuses fois. Une fois le livre terminé, je me suis dit qu'il faudrait que j'aille visiter l'Australie.

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Si vous avez aimé Silex and the City I et II (voir le billet de ta d loi du cine), je vous conseille ce troisième tome (sous-titré "Le paléolitique, c'est pas automatique") où l'on retrouve la famille Dotcom avec Blog, Spam, Web et Url qui font la découverte en 40 000 avant J.C. de "flèche book", de l'éruption d'une centrale nucléaire - pardon d'un volcan EDF, de l'évolution légale et non de l'évolution clandestine, etc. C'est très drôle, bourré de références à l'actualité contemporaine. Un bon cru.

jeudi 2 février 2012

Manchette/Tardi (suite) - Griffu - Le petit bleu de la côte ouest

Je [ta d loi du cine, squatter] n'avais pas prêté une attention particulière au nom de Jean-Patrick Manchette (par exemple, je n'avais pas "capté" qu'il était mort en 1995...) avant d'avoir l'occasion par dasola de lire les 3 adaptations posthumes par Tardi de trois de ses romans. J'avais lu Griffu il y a des années (en édition Dargaud des années 80, et non dans l'EO aux Editions du square de 1978). A l'époque, je l'avais lu davantage pour le dessin de Tardi que pour son scénariste. Plus courte que les adaptations (une cinquantaine de pages, contre 75 pour Le petit bleu de la côte ouest, et une centaine pour La position du tireur couché ou Ô dingos, Ô châteaux), cette oeuvre (Griffu) est un peu particulière par rapport aux trois autres, parce qu'il s'agit d'un scénario de BD écrit directement pour Tardi et que les deux auteurs ont personnellement collaboré puisque Griffu a été publié du vivant de Manchette.

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Ce n'est pas l'édition en photo ci-dessus (dont la couverture est totalement différente) que j'avais lue. Dans l'autre dessin de couv' (qu'on retrouve plus ou moins hors-texte de page de garde, et en page intérieure, p.29), le héros éponyme portait un imperméable boutonné, avec flingue en pogne et poing fermé, et avait donc l'air d'un dur, et non d'un gentil jeune homme...

A mon avis, l'habillement de Gérard Griffu a son importance. Son action commence en costard-cravate bien rasé pour finir près de poubelles, avec la barbe des 3 jours du con qui a mal dormi et en sale état. Au bout de quelques pages, on lui a fait le coup du renard au fond du puits, avant qu'il réussisse à se cavaler. La nouvelle couverture se situerait par là, mais cette image ne devrait pas exister (à cause de détails que je vous laisse trouver). Ensuite, évidemment, il cherche à savoir pourquoi et qui, et c'est parti (on ne le verra pratiquement plus qu'en imper hermétique ou à poil - à part 2 vignettes intermédiaires). Comme le dit souvent Tardi, le scénario de Manchette est un mécanisme d'horlogerie où chaque petit fait est à sa place. L'histoire se déroule sur trois jours, avec ce qui m'apparaît personnellement comme quelques incohérences (quelques repères permettent de savoir que, s'achevant un mercredi, son prologue s'était joué un samedi ou un dimanche - est-ce qu'un "privé" reçoit sa clientèle ce jour-là, en robe de chambre et mal rasé? Et pouvait-on dormir 14 heures dans une station de métro pour en sortir à 2 heures du matin dans les années '70?). Ca mêle étudiantes en sociologie et boite de strip-tease (quel rapport?). Il suit des pistes (adresse... petite... agenda... restaurant...  journal... encore la petite...), s'accroche, en dur qui sait encaisser, malgré les gnons qui pleuvent et les morts qui s'accumulent. Il réfléchit, et ça l'énerve qu'on le prenne pour un crétin. Ca se termine donc avec deux pages pour résoudre l'intrigue, et deux pages de flingage final, où Griffu, en légitime défense et ne faisant que riposter, tue son monde à chaque coup de feu et quitte seul la scène, sur ces mots: "A cette pensée, là où je suis, je ris".

Il est hors de question que je me lance dans des évocations d'éventuelles similitudes avec des polars ou films noirs (américains ou autres), je ne m'y connais pas assez. Je dirai juste que, pour ma part, cet univers me fait penser, un peu, aux Enquêtes de Sam Pezzo, trois BD de Giardino parues chez Glénat dans les années '80.

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Et voici maintenant la chronique annoncée par dasola dans son article précédent. Concernant Le petit bleu de la côte ouest (je ne sais pas pourquoi ce titre me fait penser par association d'idée à "pigeon"? Peut-être à cause du Vieux bleu de Walthéry. Bref), je ne vais pas en faire une critique sociopolitique (ça a déjà été fait) sur le spleen du cadre. L'histoire dessinée par Tardi commence et s'achève sur des tours de périphérique où rêvasse le héros, Georges Gerfaut. Entretemps, ce père de famille sans histoire a dû rentrer dans la clandestinité, en quittant femme et enfants, parce qu'on en voulait à sa peau sans qu'il sache pourquoi (ben oui, ça arrive à tout le monde d'amener un blessé d'accident de la route à l'hôpital, non? On ne vous en veut pas à mort pour ça, d'habitude).

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Il se retrouve traqué par deux tueurs professionnels, que l'on voit agir pour le compte d'un mystérieux commanditaire (le lecteur suit aussi l'action vue côté tueurs). Par chance, il réussit à en éliminer un, avant d'être contraint d'aller se terrer dans les montagnes pendant plusieurs saisons. Seule la résurgence inopinée du tueur survivant (qui avait repris la traque à son compte) ramène Gerfaut vers la civilisation - urbaine (arguer d'une amnésie, ça semble marcher facilement). Un dernier coup de balai pour liquider l'immonde salaud de service, et il peut reprendre sa vie antérieure - qui ne paraissait pourtant pas particulièrement lui manquer pendant tous ces mois? Et tourner en rond en voiture sur le périph'.

Ah, vérification faite, "petit bleu de Gascogne", c'est une race de pigeon "idéale pour la chasse", semble-t-il (?). Mais un télégramme ("petit bleu") joue aussi un rôle dans l'histoire. Et le gerfaut, c'est un faucon. Alors, allez savoir ce que l'auteur avait en tête...

Il reste encore plusieurs polars de Manchette à adapter, je ne sais pas si c'est dans les projets de Tardi? En 2009, il expliquait son (r)apport aux romans de Manchette, sans annoncer qu'il en dessinerait un troisième pour 2011. Mais si ce devait être le cas, je parierais sur Fatale, dont il parle incidemment dans une interview vidéo.

PS du 13/02/2012: on m'a familièrement soufflé que "petit bleu de la côte ouest" ferait référence à un morceau de jazz - enfin, du blues. Vous suivez? Mieux que moi alors!

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lundi 12 décembre 2011

Manchette/Tardi - La position du tireur couché / Ô dingos, Ô chateaux

Les romans de Jean-Patrick Manchette inspirent Jacques Tardi. Preuve en est avec La position du coureur couché et Ô dingos, Ô châteaux que je vais évoquer. Mon ami se chargera plus tard du Petit bleu de la côte ouest. [cf. billet du 02/02/2012].

Jean-Patrick Manchette (1942-1995) fut considéré comme le père spirtituel du néo polar. Les histoires qu'il raconte sont noires, très noires. Tous les personnages ont des zones d'ombre. Ils sont pour la plupart psychopathes, asociaux, tueurs. Tout se termine plutôt mal en général. Il a aussi écrit pour le cinéma dont La guerre des polices de Robin Davis, Trois hommes à abattre de Jacques Deray, Légitime violence de Serge Leroy, La Crime de Philippe Labro entre autres.

Concernant Jacques Tardi, je l'ai découvert dans ses adaptations en BD des romans de Léo Malet. Je les ai tous en ma possession. J'apprécie son trait de crayon en noir et blanc, la façon qu'il a de dessiner les personnages et les arrière-plans. Les femmes se ressemblent beaucoup, brunes en général et rarement sympathiques quand elles n'ont pas "un grain".

Les albums de 100 pages sont publiés aux Editions Futuropolis.

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Dans La position du tireur couché (BD parue en 2010, roman datant de 1981), Martin Terrier est un tueur à gages qui veut se retirer des affaires après un "contrat" qui l'a mené en Irlande. Ce n'est malheureusement pas simple car un individu nommé Cox qui l'emploie ne veut pas le lâcher. En outre, sa petite amie dont il vient de se séparer est sauvagement assassinée ainsi que son chat. Martin mène l'enquête où il renoue avec une femme qu'il aime depuis toujours (mais cette dernière ne l'a pas attendu). Il va se retrouver contraint de faire un dernier "coup" en assassinant un homme politique. C'est vers la fin de l'histoire que l'on comprend le titre de l'album qui est fidèle au roman de J.P. Manchette. Noir, très noir.

 

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Ô dingos, Ô châteaux (2011 / 1972) raconte la fuite d'une jeune femme et d'un gamin, qui lui a été confié, traqués par un tueur nommé Thompson, très mal en point physiquement. Julia Ballanger, sortie d'un asile psychiatrique, est engagée par un dénommé Hartog (devenu maître de la fortune de son frère défunt) afin de veiller sur son neveu Peter. Comme le dit son chauffeur, Hartog est entouré d'êtres "tarés". Peu de temps après, Julia et Peter (un gamin insupportable) sont enlevés. Julie est une fille courageuse qui n'a pas peur d'utiliser un pistolet si besoin est. Elle arrive à se libérer de ses ravisseurs et la traque commence, qui l'emmène jusqu'à une tour Maure. La confrontation finale est assez "gore".

Les deux histoires, se déroulant à la fin des années 70-début des années 80, permettent à Tardi de dessiner des DS et autres Renault 16, et certains endroits de Paris que j'ai bien reconnus. 

Deux BD à lire et à offrir.

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