lundi 16 mai 2022

Mois H. G. Wells en juin 2022 (jusqu'à fin juillet!)

== Ne cherchez pas pourquoi on parlerait spécialement d'Herbert George Wells (H. G. Wells) en juin 2022. Notre auteur est né le 21 septembre 1866 et mort le 13 août 1946, il n'y a donc aucune raison de calendrier. Juste, faites-le! ==

Sibylline, du blog La petite liste et moi-même (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous proposons, sur toute la durée de ce mois de juin 2022 (non seulement dès à présent, mais jusqu'au 22 jusqu'à fin juillet en fait...), un "Mois Wells", occasion de lire ou relire son oeuvre (y compris les titres moins connus que la demi-douzaine des plus emblématiques) ou de visionner les adaptations de celle-ci au cinéma, et de rédiger un billet sur vos blogs respectifs. C'est La petite liste qui prendra en charge leur centralisation. 

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Dessin créé par Sibylline pour l'événement sur son blog

== Pour ma part, je m'occuperai de prendre en compte vos billets sur les adaptations en films, ou en bandes dessinées, qui en ont été tirées (ou qui mettent en scène H. G. Wells lui-même). Il vous suffit de m'informer de votre intention de rédiger un billet, et/ou de m'en indiquer le lien lorsque cela est fait, via un commentaire sous le présent billet. ==

Vous pourrez trouver quelques idées sur les pages wikipedia consultées le 14 mai 2022, les films tirés d'une oeuvre d'H. G Wells (la page est-elle exhaustive?) ou plus largement la liste de ses oeuvres sur la page qui lui est consacrée. Et si vous voulez aussi lire l'oeuvre romanesque, j'empiète sur les platebandes de la co-organisatrice en référençant ce qui est aujourd'hui disponible en "Folio" ;-)

Nous n'avons pas encore décidé qui s'occuperait de recenser les chroniques sur les "suites" et "continuateurs" des livres de Wells. Je suppose qu'on verra à l'usage (quitte à les référencer sur nos deux blogs!). On vous tiendra au courant *.

Pour ma part, c'est sous le présent billet que j'ajouterai durant toute la période les participations qui me seront signalées dans le cadre ci-dessus.

A vos claviers!

* (Edit du 1/05/2022) Pour les "suites", nous avons adopté la même logique: La petite liste prend les romans, je prends ce qui est films et BDs.

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 Films: 

* dasola (20/05/2022) : Nicholas Meyer - C'était demain (Time after time)

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samedi 7 mai 2022

Exposition "Tignous Forever" à Montreuil (avril-mai 2022)

C'est une information entendue sur France Inter la semaine dernière par dasola qui l'a amenée à me signaler cette exposition Tignous Forever. Du coup, je (ta d loi du cine, squatter" chez dasola) suis passé il y a quelques jours au Centre Tignous d'art contemporain, à Montreuil (93100).

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Deux affiches obtenues via l'accueil de l'exposition

Tignous ("petite teigne"), c'était le surnom affectueux donné par sa grand-mère à Bernard Verlhac, comme le rappelle l'un des panneaux explicatifs de cette exposition. Chloé Verlhac, la veuve de Tignous (dont le vrai nom était Bernard Verlhac) est la commissaire de l'exposition, qui a débuté le 21 avril et dure jusqu'au 21 mai 2022 (accès gratuit). Qu'y trouve-t-on?

Des dessins, beaucoup de dessins (je ne les ai pas comptés!), souvent petits, parfois sous verre, classés par thèmes. Ceux qui connaissent déjà l'oeuvre de Tignous peuvent y reconnaître certains dessins déjà vus ou parus dans Ni dieu ni eux ou dans Comment rater ses vacances, entre bien d'autres. Mais l'exposition propose également des témoignages d'autres dessinateurs, dont certains qui avaient bénéficié des conseils de Tignous à leurs débuts (Catherine, Aurel, ...). Les salles enchevêtrées offrent bien des murs servant de supports.

Sur un écran mural passe une interview par des étudiants (si j'ai bien compris les quelques minutes où je m'y suis arrêté?), sur un autre écran, la série de dessins animés des pandas de Tignous (série dérivée de Pandas dans la brume). Dans un recoin, on trouve aussi des photos panoramiques de son atelier, pendant que la voix de Chloé Verlhac évoque la manière dont elle a dû annoncer la mort de leur père à ses enfants, après son assassinat à Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.

Après avoir demandé l'autorisation, j'ai pris quelques photos (pas assez, selon dasola).  

P1010585 La photocopieuse... comme instrument de travail dans l'atelier?

P1010595 Tignous interviewé... (en vrai, il parle et il bouge!)

P1010594 Une des salles en perspective  P1010593

P1010592 Dessin en noir et blanc, puis couleurs aquarelle (sur une photocopie en papier cartonné)

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Même avec l'aide de l'accueil sur place, je n'ai pas trouvé dans les accrochages un dessin figurant dans le catalogue de l'exposition (ci-dessous): aurait-il risqué de heurter certaines sensibilités?

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Pour visiter à votre tour l'exposition, vous trouverez les informations pratiques sur le site du Centre (adresse, horaire). Voici aussi le lien vers le catalogue de l'exposition (ses 24 pages sont aussi disponible sur place en version imprimée gratuite). Le programme des animations annonce, entre autres choses intéressantes, une visite commentée par Chloé Verlhac samedi 14 mai 2022 à 17 h, suivie d'une séance de dédicace et vente de dessins de Tignous. Je tâcherai de my rendre. 

Pour finir, je vais citer les derniers mots du catalogue, signés Chloé Verlhac: "Lorsqu'ils sont entrés le 7 janvier, Tignous demandait à la cantonade: «Quelle est notre part de responsabilité dans la souffrance de ces jeunes qui partent faire le djihad et pour qu'ils en arrivent là?»... Ils ont tué un mec bien. Donner à voir ses dessins est notre plus belle revanche. L'intelligence contre la connerie, le rire contre l'obscurantisme et la vie plus forte que la mort. Nous te continuons. Nous te continuerons."

*** Je suis Charlie ***

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dimanche 1 mai 2022

Corona corona... (sur un air de Bob Dylan) - N°25

Corona Corona... Que deviens-tu si loin? / Je me fais du souci pour toi / Et je m'en-NUIIIIIE de toi... [d'après Hugues Aufray]

"Aujourd'hui, rien."
...Comme l'écrivait Louis XVI juste avant la Révolution, au matin du 14 Juillet. Rien, ou à peu près. Plus un mot sur le covid-19 à la télé et presque rien dans la presse - si ce n'est pour mentionner qu'un quart des Chinois sont confinés chez eux (et que ça râle). Et chez nous? Ah, il est loin le temps où l'on avait tous les chiffres du jour, un ministre au moins une fois par semaine, des conseils de défense (contre les forces du virus...) à tire-larigot. Il faut chercher loin et avec acharnement pour se tenir au courant sur ce dossier. Par contre, il semble que LFI, PS, EELV et PC (sans parler du reste des poussières groupusculaires de gauche) aient du mal à se mettre d'accord sur la distanciation sociale à respecter pour les 12 et 19 juin 2022.

== Quelle flemme, moi... Pas tous les ans non plus qu'un 1er Mai tombe un dimanche! ==

06/04/2022: même s'il ne faut pas tirer sur les ambulances, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) ne résiste pas au plaisir de vous citer Charlie Hebdo (N°1550, p.13), glosant sur une étude du Monde qui a recensé quelques-unes des très nombreuses prestations intellectuelles du cabinet McKinsey concernant la crise sanitaire (covid-19): "Bref, à chaque fois que Jean Castex est venu dire une bêtise à la télévision, non seulement il n'en était pas l'auteur, mais en plus elle était facturée 5000 euros la minute". C'est un style d'humour qui me parle. Bravo Gérard Biard!

15/04/2022: Pfizer demandera très prochainement l'autorisation du rappel de vaccin chez les 5-10 ans (c'est moi qui souligne). Rappelez-moi combien, en France, de dizaines (de milliers) de parents ont demandé à faire vacciner leurs mômes dans cette tranche d'âge? Bon, c'est vrai, il doit s'agir de gamins plus "à risque" que les autres...

17/04/2022 : c'est effrayant, même un covid léger pourrait causer de gros dégâts au cerveau (pauvres singes...).  L'illustration est digne de Mars attackPensez-vous que beaucoup d'électeurs aient déjà été touchés?

20/04/2022: oh que ce petit bestiau a l'air mignon... Et pourtant! Vous avez dit "vison d'horreur?" 

Il y a deux ans, on était toujours soumis à "l'interdiction de déplacement en France" (qui a été levée le 11 mai 2020)... Ça me rappelle cet échange que je n'avais jamais publié, entendu dans une grande surface, face à un vigile qui n'en pouvait mais: "comment ça, on ne peut plus rentrer à 17h30? Mais enfin, il n'est pas 18h! Et j'ai rien à manger chez moi! C'est à 18h, le couvre-feu! Comment je fais pour manger, moi, ce soir?!" J'ose supposer qu'elle a fini par trouver... un petit commerce, plutôt qu'une grande surface! 

À Paris, depuis quelques semaines, les "terrasses éphémères" fleurissent. Depuis que c'est possible, j'ai dû pour ma part retourner moins d'une demi-douzaine de fois au restaurant et/ou au cinéma. Rythme nettement ralenti par rapport à "avant le covid". J'ai mis quelques semaines après le 14 mars 2022 et la levée de tout "pass" à m'y remettre. On perd ses habitudes, et on s'en passe. Moi, ça me va très bien. Pauvres commerçants! Mais... c'est la faute au gouvernement, non?

Vous vous rappelez l'histoire du "challenge" des dix millions de "vues" pour des youtubeurs (McFly et Carlito) mis au défi par notre Manu de faire la promotion des "gestes barrières"?.... Tout de même incroyable, l'engouement manifesté. Je viens de vérifier, ils ont passé désormais les 16 millions de vues...  À peine moins que ses 18 768 639 voix obtenues au second tour. Mais est-ce que tous les visionneurs ont voté pour ce visionnaire? Peut-il s'agir de cliqueurs professionnels (comme aperçu dans le film Effacer l'historique)? Il sait ce qu'il lui reste à faire: nommer Premier Ministre un saltimbanque... À propos de ce mot de "saltimbanque": ma propre légende familiale raconte que c'était le qualificatif méprisant qu'une "grande bourgeoise" donnait vers les années 1900, à notre ancêtre, homme de théâtre du XVIIIe siècle. La même légende disait qu'elle avait relégué les quelques reliques dont on avait hérité dans une chambre de bonne, où elles ont fini par brûler... Bref. 

27/04/2022: le Canard enchaîné démasque (p.5) une promesse non tenue. À Tours, une start-up avait promis de recycler des masques jetables, 13 tonnes en avaient été collectées depuis fn 2020, et l'agglomération tourangelle (22 communes, 300 000 habitants) avait claironné son soutien à cette filière. Fin sans gloire en mars 2021 du projet, les masques vont être finalement incinérés. L'élu alors à la tête de la Communauté de communes dit aujourd'hui au Canard: "j'ignorais que NeutraliZ n'avait pas un début de process industriel et allait demander à la métropole de mettre à la poche pour presque 3 millions d'euros!".

Et, pour finir mes élucubrations, le "macron souscrit": je crois ne jamais vous en avoir parlé encore. Changement de ton...

Aujourd'hui, rien de plus:  je ne sais pas plus que vous où on en sera le 1er juin 2022. Pas encore à 150 000 morts du Covid-19? On est dans les parages des 146 000... 

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mercredi 20 avril 2022

Harry Potter et l'enfant maudit - J.K. Rowling, John Tiffany & Jack Thorne

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Le texte intégral de la pièce de théâtre Harry Potter et l'enfant maudit (traduit de l'anglais par Jean-François Ménard)! J'ai (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) eu la chance de voir arriver ce livre dans la "bibliothèque partagée" qui se trouve depuis fin 2021 dans le hall en bas de chez dasola. Je lui ai bien évidemment fait prendre l'ascenseur, et l'ai dévoré en quelques heures (comme il consiste en dialogues de théâtre, les 341 pages se lisent très vite). J.K. Rowling n'est pas à l'initiative de cette pièce écrite en 2016 et inspirée par la conclusion de son 7e roman de la série. Elle a bien sûr orienté le travail du dramaturge pressenti par la production pour rédiger la pièce inspirée de ses personnages. Cependant, depuis 2019, Harry Potter et l'enfant maudit est bien présentée comme faisant partie du "canon" officiel de la saga Harry Potter. 

L'histoire commence avec l'épilogue du tome 7 (Harry Potter et les reliques de la mort), impliquant les enfants d'Harry et Ginny, de Ron et Hermione, mais aussi de Drago. Descendre de tels parents peut s'avérer un fardeau lourd à porter et susciter quelques états d'âme. On les voit évoluer lors de scènes qui se déroulent sur plusieurs années, à Poudlard. Et quand un retourneur de temps fait son apparition, la tentation est grande, pour diverses raisons... de se laisser entraîner, sans (au début) se soucier des conséquences. Heureusement que papas et mamans viennent à la rescousse. Je ne vous révèlerai pas qui est l'enfant maudit. Et l'ordre finira par être rétabli. Personnellement, j'ai bien apprécié cette (courte) lecture. L'action basée sur des dialogues est bien évidemment rapide. J'avais relu la saga pendant le confinement (et revu aussi les 8 films). Aujourd'hui, il n'est peut-être pas définitivement exclu que les acteurs des films s'impliquent dans un "9e film" tiré de cette pièce?

Comme le livre est paru en 2016, on trouve beaucoup d'articles de blogs le concernant. Mais nombre de ceux-ci ont cessé leurs activités dans les années suivantes. Ceux que je cite dans la liste ci-après sont encore en activité (sauf exception), mais cette liste ne prétend pas être exhaustive, bien entendu. Certains sont enthousiastes, d'autres un peu déçus... Il doit donc appartenir à chacun de lire et de voir livre et pièce, mais aussi ce qu'en disent Anaïs (serial lectrice), BérengèreDocBird, Florell (commentaires fermés sur les billets les plus anciens, grmblll...), La pétillante (blog arrêté en 2021), Mon évasion de toujours, SolaineSon altesse, Stemilou, Thierry LTonksounette (voir la pièce, sinon rien!), TroianblogVoybam

Ah, et à défaut de la version anglaise au Palace Theâtre à Londres, j'ai déniché une version française (jouée dans un collège ou un lycée, peut-être? Certains ont l'âge des rôles!)... 

Ca me donnerait presque envie de me pencher sur les "fanfictions" dont j'ai découvert l'existence en cherchant les liens. Je m'offrirai peut-être les quatre volumes de 7 3/4 d'Alixe en juin... après le bac?

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jeudi 7 avril 2022

Lettre au futur locataire de l'Elysée - Riss / Elysée 2022 - Des candidats à croquer! (HS Charlie Hebdo N°27H)

Hé bien, cela n'arrive pas si souvent que je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) rédige mon "hommage du sept" à Charlie Hebdo en lien avec l'actualité immédiate. Cette fois-ci, j'assume de focaliser sur deux ouvrages clairement "politiques" et orientés vers l'avenir tandis que mon billet d'il y a 5 ans l'était davantage vers le passé.

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Lettre au futur locataire de l'Elysée: ce petit ouvrage (15 x 24,5 cm, 5 euros pour 80 pages) de Riss paru en mars 2022 m'avait alléché par son titre. Il ne souscrit clairement pas à la mode de l'écriture inclusive - même s'il n'est pas inenvisageable qu'il s'agisse d'une locataire. Je m'attendais, a priori, à quelques pistes enthousiasmantes de conseils ou d'analyses "vous devriez / pourriez / voudriez": point! Mais 80 pages de pamphlet contenant force injonctions basées sur des constats fracassants. On en sort (c'est du moins mon cas) plus désabusé que soulevé par l'enthousiasme, avec à l'esprit: "hé ben, on n'est pas rendus!".

Passages choisis (hors contexte, bien évidemment: il faudrait que chacun de mes lecteurs prenne la peine de lire l'intégralité des 80 pages pour les resituer). La 4e de couv' ci-dessus s'inspire de l'introduction, mais de manière plus "soft" que celle-ci, qui dit (p.5): "Rassurez-vous, il n'est pas question ici de vous donner des solutions aux problèmes que connaît la France. C'est vous qui avez été élu, c'est à vous de les trouver tout seul. Chacun sa merde" (et le reste à l'avenant). Dans la partie I, sur la droite, p.11: "Flatter les idées reçues, entretenir les clichés, exciter les peurs, ça marche à tous les coups. C'est facile, c'est pas cher et ça rapporte gros aux élections." La gauche prend aussi son paquet, rassurez-vous (même si je ne peux pas tout citer). Plus généralement, cette diatribe ne souhaite ni "un président qui copie comme un cancre sur son voisin", ni "un président qui perde son temps à changer la Constitution". Citons la p.19: "Evidemment, un candidat à l'élection présidentielle ne peut espérer recueillir la majorité des suffrages des Français en leur expliquant qu'ils sont une bande de tocards. mais quelle personnalité, dans le secret de sa conscience, à l'abri du jugement public, n'a pas été, dans un moment de désillusion, tentée de le penser fortement?". Le génie créatif français existe-t-il donc encore? "On est en droit d'en douter, à la lecture des programmes politiques des uns et des autres, qui se résument à des empilements de propositions dont la première qualité est de séduire plutôt que de créer" (p.29). La partie II (p.37) liste "trois problèmes inédits à traiter par le prochain locataire de l'Elysée". Toujours dans le même style rageur, ça commence par "Nous voulons un président qui fasse rendre gorge aux Gafam", mais aussi "... plus fort que la fin du monde" (p.47), et enfin "... plus fort que Dieu" (p.61). Citation: "(...) c'est un fait constant dans l'Histoire: les religions évoluent rarement de l'intérieur mais le plus souvent sous la pression de forces venues de l'extérieur. Jamais elles ne font le premier pas vers la modernité et, pour leur indiquer aimablement la direction à suivre, quelques coups de pied au cul s'avèrent indispensables". Je reviens en arrière pour quelques autres citations, évoquant capitalisme, industrie et société de consommation (p.50): "satisfaire nos besoins vitaux ne suffit pas à cette société industrialisée, car ses marges bénéficiaires ne seraient pas assez élevées". Et sur la destruction des écosystèmes [, qui] atteint des niveaux irréversibles (p.52): "aujourd'hui, les destructions ne sont plus artisanales comme autrefois, elles sont désormais industrielles". Avec la bonne grille d'analyse concernant le capitalisme, bien évidemment (p.54): "en matière d'écologie et de protection de la vie sur terre, il n'y a rien, mais absolument rien à espérer du marché". La conclusion débute p.70. Extrait: "Vous croyez avoir été élu président de la République. En réalité, vous avez été élu président du bonheur des Français. Sur vos épaules repose la mission écrasante et inédite dans l'histoire de ce pays - et peut-être de l'humanité - de rendre heureux la totalité de vos sujets" (p.71). Et maintenant, au boulot... (pourrait-on dire avec amertume).

Au final, cet opuscule n'est pas vraiment une "feuille de route de circonstance" (contrairement à ce que j'imaginais), mais davantage fait pour "prendre date" et être relu dans 10 ans. Je ne sais pas si c'est le cas des programmes des 12 candidats (si la plupart font au moins quelques dizaines de pages, certains sont plus courts, d'autres plus longs que 80 pages!). Qui donc, aujourd'hui, a pris la peine de relire les programmes d'il y a 10 ans des cinq candidats qui se présentent en 2022 pour la troisième fois devant nous, leurs électeurs, qui devrions nous en souvenir?

...Bon, comme tout ça me paraissait manquer un peu de "grands dessins" (livre quelque peu austère si je compare, disais-je, avec mon billet d'il y a 5 ans), j'ai rajouté sur le présent billet le HS de Charlie Hebdo.

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Ce Hors-série Elysée 2022: des candidats à croquer est, lui, paru le 1er mars 2022. Du coup, sa préparation a bien dû être lancée à un moment où les candidats définitifs n'étaient pas plus "cristallisés" que ne le sont, à trois jours du premier tour, les intentions d'un paquet de millions d'électeurs (entre les abstentionnistes potentiels et ceux qui ne sont pas encore certains de voter pour un candidat précis), et son "bouclage" est intervenu largement avant la publication de la liste officielle des candidats par le Conseil constitutionnel. On pourrait supposer, à la lecture des signataires des articles choisis, que chaque membre de la rédaction a (plus ou moins) "ses têtes", et c'est la somme qui fait que tout le monde en prend pour son grade. Tout le monde? Non. La rédaction avait prévu Taubira et Thouy (qui ont reçu respectivement 274 et 139 parrainages validés), mais ni Lassalle, ni Arthaud, ni Dupont-Aignan n'ont été "traités". Chaque candidat retenu "bénéficie" d'un dossier avec une page introductive sur fond rouge, suivi d'un nombre variable d'articles et de dessins. On peut relever 5 articles sur Macron, 4 sur Mélenchon, 4 sur Marine Le Pen. On a un peu l'impression que Thouy (octobre 2021) et Roussel (janvier 2022) ne sont là que par raccroc (un unique article chacun). Il s'agit souvent de "reprises" (je crois que la plus ancienne, du 3 mai 2017, concerne Marine Le Pen, avant celle du 7 mai 2017 dont la cible est Macron). 

L'édito de Riss titré "Bonne dégustation!" formule des griefs comparables à ceux contenus dans son livre, avec des mots plus savoureux: "Cette campagne a des airs de quinzaine commerciale où chaque commerçant vous accueille dans sa boutique pour faire connaître ses produits du terroir. Et celui qui vous offrira le meilleur pot-au-feu, le plus beau cassoulet, la plus belle raclette, aura gagné et dirigera la France pour cinq ans."

Dans le Hors-série, j'ai compté plus de 80 dessins dans les 64 pages intérieures (en comptant pour "un" les nombreuses vignettes des "reportages dessinés" (lors de meetings) même si ces derniers se prolongent parfois sur 2 pages). Mais malgré tout, j'ai dû faire une sélection drastique pour ne pas trop dépasser les 10% de citations (ci-dessous) et vous en laisser à découvrir, tout en prenant un dessin par "dossier" (de candidat)! Je précise à chaque fois la page et le dossier concernés, et vous laisse déguster mes choix!

P1140272 p.7 (Emmanuel Macron) P1140273 p.18 (Jean-Luc Mélenchon)

P1140274 p.22 (Marine Le Pen)  P1140275 p.39 (Eric Zemour)

P1140276 p.43 (Anne Hidalgo)  P1140277 p.44 (Christiane Taubira)

P1140279 p.51 (Valérie Pécresse)  P1140280 p.53 (Yannick Jadot)

P1140281 p.57 (Philippe Poutou)   P1140282 p.61 (Hélène Thouy)

P1140283 p.64 (Fabien Roussel)

PS: pour l'anecdote, je signalerai que j'ai dû réécrire intégralement mon billet, l'ayant malencontreusement effacé avant publication. Bref.

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vendredi 1 avril 2022

Bilan du challenge martien / Le virus acquitté - N°24

Pour ce premier avril-ci, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais mixer (ou mixter?) deux thèmes: d'abord, le billet de bilan de mon Challenge de la planète Mars (1er mars 2021 au 31 mars 2022), puis, dans un second temps, quelques mots (mensuels...) sur le fameux virus qui nous avait amené à finir mars 2020 confinés. Deux ans déjà, une éternité... et bientôt, nous votons (mais cela est hors sujet).

Le Challenge de la planète Mars s'est achevé hier sur un bilan honorable. Merci à tous les participants et commentateurs. Finalement, ce sont treize participants qui ont pris la peine d'inscrire au moins un de leurs billets dans le cadre du Challenge que je proposais, pour un total de 21 billets, ce qui a (re)présenté au moins 16 oeuvres différentes. Mention spéciale à Pativore qui en a écrit 5 en plus du fait d'avoir créé le logo "Planète Mars", suivie par Erwelyn (4 billets), puis par Zoé Lucaccini (2 articles). Le billet organisant le Challenge a, lui, reçu 28 commentaires de 12 blogueurs différents (dont 6 de Pativore et d'Erwelyn, et 2 pour A girl from Earth, Dominique, Girlymammie, Keisha, Titi70, Vincent, plus quatre autres blogueurs). Et s'il n'y en a pas eu davantage, ce n'est pas faute d'avoir signalé, dans de nombreux blogs, sous tel ou tel de leurs billets, qu'il aurait tout à fait sa place dans le Challenge (mais je n'ai inscrit que ceux qui ont fait une démarche en ce sens).

Si l'on regarde du côté des oeuvres chroniquées, le film Total Recall (1990) et le livre Curiosity de Sophie Divry ont eu le plus de présentations (3), suivis par Martiens, go home! (2, dont moi). Pour le reste, la palette s'est donc avérée très étendue! Merci spécial à Erwelyn (du blog Chroniques terriennes), qui a pris la peine d'actualiser son billet qui présentait le Challenge et d'en faire un article de bilan.

Pour ma part, j'ai rédigé, sur le blog de dasola, 20 billets totalisant 98 commentaires. Parti tard, j'ai accéléré sur la fin avec 6 billets en mars 2022, ce qui fait qu'avec mes 8 billets dans les derniers 40 jours, j'ai donc fini par moyenner à 1,5 billets par mois sur toute la durée du Challenge, cependant que certains de mes billets présentaient plus qu'une oeuvre (j'en compte 25... en comptant les recueils de nouvelles pour un?). J'ai pu aussi inscrire certains de mes billets sur d'autres Challenges (cf. colonne de droite - ou les billets eux-mêmes): 9e puis 10e Challenge de l'Imaginaire; Challenges Classiques en 2022; Challenge Winter short series in SFF, ... Par contre, j'ai eu un peu de mal à sortir de ma "zone de confort" (à découvrir des titres récents dont je n'aurais jamais entendu parler sans la blogosphère). 

Il m'a été suggéré de prolonger le Challenge. Si l'on entend par là que je devrais continuer à rédiger moi-même des billets sur le thème "planète Mars" ainsi qu'à m'efforcer de proposer à toute la blogosphère de venir participer (inscrire tel ou tel billet dont je découvre l'existence...), je crois que ça ne va pas le faire. Disons que, le cas échéant, je pourrais continuer à mettre à jour les liens (avec date du billet) et à tenir à jour la liste dans le billet du Challenge pour tous ceux qui me le demanderaient expressément! Mais je suppose que je vais laisser passer un certain temps avant de relancer activement quelque chose, puisque, comme dit plus haut, il me reste pour ma part suffisamment d'oeuvres à découvrir pour envisager d'ores et déjà de relancer une nouvelle édition (dans 11 mois d'ici, le 1er mars 2023?). Peut-être que je devrais réfléchir, d'ici là, à un nom qui ne fasse pas apparaître monsieur Elon Musk parmi les premiers résultats sur moteur de recherche!

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Venons-en maintenant à ma 24e "chroniquette", que j'ai titrée plus haut Le virus acquitté, pour parler du coronavirus qui a bouleversé la planète (certains pays dont le nôtre, tout au moins) il y a deux ans.

Il semble que tout focaliser sur ce sujet ou même en débattre soit désormais has been: "un clou chasse l'autre", selon le vieil adage (élection ou guerre? Faites votre choix). Celui que l'on jugeait si dangereux il n'y a pas si longtemps serait-il aujourd'hui bien négligeable?

03/03/2022: fin du passe vaccinal annoncée par M. Castex pour le 14 mars 2022. Bientôt le retour des soirées cinoche-resto ;-) ... Ah non, zut, on en revien(drai)t au pass "sanitaire"! Oui, ben finalement, non, on a largement arrêté de nous... bassiner avec ça.

03/03/2022: ça y est, on a enfin passé le cap des 23 millions de contaminations. Ouf, je m'inquiétais, le compteur devenait poussif... et quelques jours après, enfin, le cap des 140 000 morts est aussi dépassé. Même observation, j'avais peur que le comptage des morts en Ukraine mobilise toutes les ressources de nos statisticiens au détriment de ce comptage-ci... Fin mars, on en est à combien? Une centaine de morts par jour? Misère.

21/03/2022: on sent que c'est le printemps. Dans la rue, les jupes raccourcissent. Et dans le métro, les nez émergent des masques (si, si!)... cependant que retentissent les avis rappelant que le port du masque y est obligatoire "sous peine d'une amende de 135 euros".

==  Précision: [même ailleurs que dans le métro et quelques autres lieux,] depuis la mi-mars, il est permis, il est autorisé, de continuer à porter le masque, il n'est surtout pas interdit de (continuer à) le porter. Cela devient un choix personnel et non plus une obligation. == 

24/03/2022 - une seule solution pour s'en sortir: mangez des brocolis! D'où vient donc ce légume? De Sicile, semble-t-il (?)

C'est tout? C'est tout ce que j'ai noté. Le clou, vous disais-je...

Et pour boucler avec ce que je disais plus haut concernant les élections: quoi qu'en dise l'adage "au premier tour on choisit, on second tour on élimine", j'ai un peu l'impression que beaucoup de ceux qui voteront au premier tour (seront-ils nombreux?) élimineront, parmi les candidats disponibles, ceux qui leur conviendront le moins, pour se rabattre par défaut sur l'un de ceux susceptibles de leur déplaire le moins... Rien de bien enthousiasmant dans tout ça!

On verra bien où en seront le virus, le monde et la France après la date prévue pour le second tour de nos élections législatives (juin 2022).

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mercredi 30 mars 2022

Planète rouge / Monsieur Sourire - Ray Bradbury (& divers dessinateurs / adaptations par Albert Feldstein)

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Pour clore ma participation à la première édition du Challenge de la planète Mars, je (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vous présente deux albums d'adaptations en bande dessinée de nouvelles écrites par Ray Bradbury. Si le second album, Monsieur sourire, n'en contient qu'une seule qui provienne de Chroniques martiennes, il en contient tout de même une. Quant à l'album Planète rouge, il est un peu plus riche avec quatre nouvelles tirées du célèbre ouvrage. Et quatre autres récits où Mars est mentionné. Si trois de ces derniers parlent de fusées, le quatrième est plutôt du genre horrifique. Précisons encore que les deux illustrations de couverture des albums ne figurent dans aucune des nouvelles dessinées (elles doivent provenir d'ailleurs!). Les nouvelles, en noir et blanc, font le plus souvent 7 ou parfois 8 pages (exceptionnellement 6). Ces BD ont été publiées, à l'origine (début des années 1950), dans les magazines de la société EC Comics, adaptées par le rédacteur-en-chef Albert Feldstein (cf. Wikipedia, page consultée le 27 mars 2022) et dessinées par différents auteurs (qui avaient le droit de signer leurs oeuvres, ce qui n'était pas si courant à l'époque dans le système des Comics américains).

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Planète rouge
(1984) et Monsieur sourire (1985) ont été édités chez Albin Michel / Special USA.
Un 3e volume est parfois mentionné dans la littérature spécialisée (il aurait été titré Chroniques terriennes), je ne l'ai jamais vu.   

P1140247Listons d'abord ce qui provient des Chroniques martiennes. En page de titre de cet album [p.7] figure une vignette tirée de la nouvelle Les villes muettes. Puis il s'ouvre (p.11, pour 7 pages) par Il viendra des pluies douces (dessiné par Wallace Wood). Nous avons ensuite Les villes muettes, par Reed Crandall (p.18-25). Le pique-nique d'un million d'années (Severin & Elder, pp.55-61) est tiré d'une des nouvelles "douces-amères" des Chroniques. Les longues années (Joe Orlando, pp.76-82) est très fidèle à la nouvelle de Bradbury, même si elle a été adaptée de manière à ce que les 8 pages de BD se suffisent à ellles-mêmes, alors que la nouvelle faisait référence à plusieurs autres du recueil dans le texte original de Bradbury.

Moi, fusée (Al Williamson) n'est pas tirée des Chroniques martiennes, mais il y est question d'une guerre avec "les Martiens". En découvrant ce "récit à la première personne" plaisant à lire, on apprécie de ne pas savoir quelle est la part du fantasme ou de la réalité. Dans Celui qui attend (Al Williamson), Mars apparaît encore sous un autre jour. La vérité sortira-t-elle du puits? Pour de bon! (Wallace Wood, pp.90-95) évoque l'attrait du métier de pilote spatial sur un père qui verra tout juste grandir son enfant entre deux livraisons de cargaison sur Mars. La chute finale est douloureuse. Dans L'heure zéro (Jack Kamen, pp.83-89), où des enfants jouent à l'invasion de la terre par les Martiens, nous sommes au croisement de la science-fiction et du conte d'horreur (autre spécialité d'EC Comics). Il n'y a plus d'enfants, pourrait-on dire (ou bien, il n'y en a que trop)! Par contre, Paria des étoiles, dessiné par Joe Orlando (pp.40-46), est un très beau conte familial qui relate une expédition vers Mars offerte par un père à ses enfants (la mère refuse de participer - dans un premier temps). Dans le recueil L'homme illustré de Ray Bradbury, cette dernière nouvelle est sobrement titrés La fusée, tandis que la précédente, L'heure zéro, s'y nomme L'heure H.

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Il n'est pas question de Mars dans Le roi des espaces gris (Severin & Elder, pp.47-54), uniquement de Vénus... Cette nouvelle évoque la sélectivité requise pour les futurs pilotes de fusées (1000 jeunes gens chaque année sur les millions de la terre). Cela devait être très frappant dans les années 1950. Mais aujourd'hui (XXIe s.), lorsqu'on regarde le nombre d'astronautes (cosmonautes, taikonautes et autres spationautes) en 2022, 1000 "appelés" par an, cela paraît bien optimiste...

Enfin, dans Châtiment sans crime (pp.33-39) et dans Paquet surprise (pp.62-68), Jack Kamen illustre deux nouvelles où il est question de la société "Marionnettes Inc.".

La 4e de couv' raconte que l'éditeur a reçu, à l'époque (années 1950) une gentille lettre de notre jeune auteur (Ray Bradbury), qui s'y montre ravi de l'adaptation de [deux de] ses nouvelles, mais fait remarquer que c'est sûrement par oubli qu'EC Comix ne lui a pas versé de royalties... Une fois ce détail réglé, ils ont par la suite collaboré jusqu'en 1954 (époque où les Comics ont dû se plier à une "Charte" qui impliquait une forme d'autocensure, après avoir été accusés de mauvaise influence sur la jeunesse).

P1140246Je ne dirai pas grand-chose du second album, Monsieur Sourire. Il comporte 13 nouvelles totalisant 91 pages de bandes dessinées, mais ne contient même pas la table des matières avec les noms des dessinateurs que l'on trouve dans le premier. Les nouvelles semblent pour la plupart tirées de publications spécialisées en d'histoires d'épouvante, et peut-être avoir été publiées dans une série appelée "Contes de la crypte"?. Elles se déroulent en majorité sur terre.

Seule exception martienne dans cet album, la nouvelle Mars, le paradis (Wallace Wood, p.p.65-72), tirée de la nouvelle titrée La troisième expédition des Chroniques martiennes.

Pour le reste, je peux essayer de reconstituer une "table des matières"... (avec des "points d'interrogations" quand j'ai des doutes sur le dessinateur, dont on ne trouve pas toujours la signature!):

  • p.9: Le cercueil (Jack Davis)
  • p.16: L'empreinte (pas de signature?)
  • p.24: Time Safari (Al Williamson), d'après la nouvelle Un coup de tonnerre du recueil Les pommes d'or du soleil
  • p.31: La grande roue (Jack Davis), d'après une partie du livre La foire des ténèbres
  • p.38: Tante Tildy (G. Harstly)
  • p.45: La dame qui hurlait (Jack Kamen ?)
  • p.52: Le lac (RC ?)
  • p.58: Poison, poison (Jack Davis ?)
  • p.73: Regardez, les oiseaux (B. Krigstein)
  • p.78: Croque-mort (G. Harstly)
  • p.86: Le petit assassin (?)
  • p.93: Halloween (Jack Kamen ?)

  P1140255 p.65

Enfin, je signalerai que j'ai acheté les recueils de Bradbury cités ci-dessus et photographiés ci-dessous (dans la collection "Présence du futur" chez Denoël) entre 2001 et 2004 (certains à Bécherel), mais je ne suis pas certain de les avoir intégralement lus à l'époque (ce coup-ci, j'ai parcouru les sommaires sans lire toutes les pages!). Et il doit exister encore une dizaine d'oeuvres (romans, recueils, théâtre...) que je ne possède pas: rappelons que Ray Bradbury est décédé à 91 ans.

Trois_livres_Bradbury

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Comme annoncé plus haut, le présent article constitue ma dernière contribution au Challenge de la planète Mars, qui se termine demain avec ce mois de mars 2022. Peut-être un autre Challenge sera-t-il lancé l'an prochain, de mars 2023 à mars 2024?

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vendredi 25 mars 2022

Sabotage sur la planète rouge - Christian Grenier / Les poisons de Mars - Isaac Asimov / Oms en série - Stefan Wul

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Les trois livres que je présente aujourd'hui ont pour caractéristiques communes d'être plutôt des livres "pour la jeunesse" et d'avoir été chinés par moi (ta d loidu cine, "squatter" chez dasola) dans le même bac d'une bouquinerie. Les deux premiers rentrent dans le cadre du Challenge de la planète Mars. Leur date de publication permet d'en catégoriser deux sur trois comme des "classiques" pouvant compter pour le challenge "2022 en classiques", tandis que les trois s'inscriront dans le 10e Challenge de l'imaginaire.

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P1140241Le premier roman, Sabotage sur la planète rouge, est paru en 1972, dans une collection Jeunesse-Poche "pour tous les 10-15 ans passionnés d'action" chez Hatier GT Rageot (ce titre est classé "10-12 ans"). L'auteur, Christian Grenier, est né en 1945 (son dernier livre publié semble remonter à 2017). L'action démarre sur les chapeaux de roue (à 100 à l'heure). En ...2045, un jeune Français, Phil Laumet, revient de l'école en "uniscoot", lorsque celui-ci tombe en panne, en pleine plaine picarde. Notons en passant que son modèle "écolier" d'engin sur coussin d'air, qui peut être piloté à partir de 10 ans, est bridé de manière à ne pas pouvoir dépasser les fameux 100 km à l'heure. Et que remarque alors notre jeune héros, dans un creux, pas loin de la route? Une curieuse lueur rouge, qui l'amène à un non moins curieux appareil. Mais il est temps de rentrer chez lui. Au cours du repas familial, absorbé par la conversation paternelle, Phil en oublie de parler de sa découverte. M. Laumet père, ingénieur en astronautique, s'efforce depuis une dizaine d'années de mettre au point Terra 9, la fusée internationale dont l'objectif serait Mars. Aucune tentative pour atteindre Mars n'a réussi depuis 60 ans. Mais il est temps de retourner au collège, où Phil dispute régulièrement la première place en classe à un prénommé José. Lors de son premier jour de congé, il accompagne son père sur son lieu de travail, et est le seul à voir une curieuse petite silhouette rouge, qui s'éclipse une fois ses méfaits accomplis. Course-poursuite (cette fois, Phil a "emprunté" le quadriscoot paternel, qu'il n'avait jamais conduit à 300 à l'heure... jusque-là). Et on retrouve la fameuse soucoupe volante. Notre jeune curieux se glisse dedans. Piégé! Et en route vers la planète rouge (non sans quelques surprises intermédiaires). Nous n'en sommes qu'à la page 32 (sur 157), mais je vais vous laisser le plaisir de découvrir la suite. Sachez juste que notre héros regagnera le bercail sain et sauf (avec un nouvel animal de compagnie), non sans avoir rencontré deux espèces extra-terrestres et sauvé le monde en passant. Le roman m'a fait penser au livre Le vagabond de l'espace de Robert Heinlein (1958): encore un jeune garçon surdoué (mais ici, Phil utilise un ordinateur et non plus une règle à calcul comme Kip - même s'il ne s'agit que de terminaux de saisie eux-mêmes reliés à un "serveur" central", et non de "PC" autonomie - ou a fortiori "portables"). 
Voir le blog de l'auteur.

P1140244J'arrive ensuite au premier tome de la série "David Starr" écrite par Isaac Asimov dans les années 1950 et qui visait clairement un jeune public. Seul le premier volume de la série touche la planète Mars. Ce premier titre (en anglais David Starr, Space Ranger) a été traduit successivement par Sur la planète rouge chez "Fleuve Noir anticipation" en 1954, puis par Jim Spark, le chasseur d'étoiles en "bibliothèque verte" chez Hachette en 1977, avant d'être enfin réédité sous le titre Les poisons de Mars chez Claude Lefrancq en 1991 (nous y voilà!) et en 155 pages. Asimov, dans une préface écrite un quart de siècle après le roman, prend soin de rappeler qu'en 1951, on croyait encore qu'il y avait des canaux sur Mars et que cette planète pouvait abriter ou avoir abrité une forme de vie intelligente... Ici, nous sommes au croisement du roman d'anticipation et du polar. Le héros n'est plus un enfant, mais un jeune surdoué surdiplômé (et sûr de lui, aussi). Pourquoi certains terriens meurent-ils empoisonnés après avoir avalé des aliments produits par les Terriens sur Mars? Ses deux "pères adoptifs" du Conseil scientifique (une appellation bien anodine pour ce qui ressemble un peu à un Interpol interplanétaire) l'envoyant en mission sur la Lune, il prend sur lui de partir pour Mars. Après quelques épisodes très "western", il va se retrouver "superhéros" grâce aux Martiens qu'il va découvrir (les vrais). Et, ayant démasqué les empoisonneurs, il ne lui restera plus qu'à poursuivre ses aventures extraterrestres (Vénus, Saturne, Jupiter, Mercure...) dans les cinq autres tomes (que je n'ai pas lus). L'éditeur Claude Lefrancq a semble-t-il cessé ses activités en 1998. Je n'ai pas non plus lu l'adaptation en bande dessinée qui y était éditée, laquelle semble avoir été réalisée par le même dessinateur que celui ayant illustré la couverture ci-dessus (Eric Loutte).

P1140242D'aucunes pourraient dire que ça manque un peu de nénettes, ces romans pour jeunes garçons. Heureusement, dans le troisième livre que je vais chroniquer, on va changer de paradigme... Je dirai juste quelques mots concernant Oms en série. Au cours de cette année de challenge où j'ai eu l'occasion de butiner sur pas mal de blogs de littérature SF et "Fantaisy", je suis tombé plusieurs fois sur ce titre de Stefan Wul, que je n'avais jamais lu (il date de 1957), alors que j'ai vu et revu le film qui en a été tiré en 1973, La planète sauvage, de René Lalou et Roland Topor. J'ai donc fini par en savourer la découverte. Les Oms sont, à l'époque du récit, élevés en captivité comme animaux de compagnie des géants bleus, les "Draags", sur la planète Ygam. Mais ça peut être dangereux, ces petites bêtes-là... Un certain Terr mènera la révolte individuelle puis collective, l'émancipation et enfin l'exode, en retournant contre les Draags leurs propres technologies, mais cette fois, Moïse et Pharaon arriveront à conclure la paix après le conflit. Sans oublier que nos Oms et nos Omes feront souche. Je préciserai encore que les oeuvres de Stefan Wul ont, ces dernières années, été adaptées en bande dessinée (déjà une dizaine, parfois en plusieurs tomes, sous le titre générique "Les univers de Stefan Wul", chez deux éditeurs successifs). A voir en bibliothèque?

Les deux premiers livres n'apparaissent guère que sur des sites "marchands" ou bien sur lesquels on ne peut pas poster de commentaires. Pour le troisième, je rajouterai les liens au fur et à mesure que je retomberai dessus!

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dimanche 20 mars 2022

Cap sur Mars - Albert Weinberg

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Il ne me reste plus beaucoup de billets à publier (signés ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) avant la fin officielle de mon Challenge de la planète Mars, laquelle avait été annoncée, il y a déjà plus d'un an, pour le 31 mars 2022. Aujourd'hui, j'utilise le prétexte "martien" pour présenter un album de bande dessinée. J'ai trouvé le volume ci-dessous, d'une série "classique" que je connais de très longue date, mais dont je n'avais, je crois bien, jamais lu cette histoire-ci, sous forme du tome 2 d'une intégrale, et ai sauté donc dessus. Il s'agit d'une aventure de Dan Cooper, un héros aviateur militaire canadien créé par Albert Weinberg, Cap sur Mars

P1140230  P1140231 
L'intégrale Dan Cooper t.2, février 2001, 188 pages

Dan Cooper constitue la principale série dessinée par Albert Weinberg (1922-2011). Quarante-et-un albums sont parus entre 1947 et 1992 (j'en possède une dizaine, achetés sur plusieurs décennies, depuis le début des années 1990). Les scénario sont quasiment tous dûs à Albert Weinberg. Publiées dans le journal Tintin à l'origine, certaines de ces aventures apparaissent bien évidemment quelque peu datées aujourd'hui. Les 62 pages de Cap sur Mars constituent la quatrième aventure de Dan Cooper, publiée dans le journal en 1958-59 et parue en album en 1960. Mais en fait, Mars y tient fort peu de place... 

Page d'ouverture de la partie concernant cet album P1140238

P1140232 p.187, la couverture du journal Tintin du 16/07/1958

 P1140233 p.122, la dernière page de l'album

Mais que se passe-t-il donc dans cet album, à part Mars? Il s'ouvre sur la présentation de "l'année sidérale". [Vérification faite, la première "année internationale" sous l'égide de l'ONU a été organisée en 1959, et la première "année de l'espace" date, elle, de 1992. Quelle prémonition!] C'est dans ce cadre que Dan Cooper (en p.2) est invité à piloter un prototype d'avion-satellite, le X-100, pendant que le Canada prépare un engin capable d'aller jusqu'à Mars. Et comme 62 pages, c'est long, les 25 premières sont consacrées par Dan Cooper à "guérir" de sa phobie aérienne le pilote-ingénieur chargé de la mise au point de l'engin, qui se trouve être un vieux copain de la Seconde guerre mondiale (pas si lointaine alors). Que d'aventures! Par exemple, Dan passe en plein vol, de la cabine d'un action à réaction à celle d'un bimoteur à hélice, en rampant sur les ailes (!). Quant au X-100, il préfigure de loin le vrai X-15 que pilotera Buck Danny (autre héros pilote) pour le journal Spirou, quelques années plus tard (en 1965 - le véritable appareil a volé de 1960 à 1968). Bref, tant de péripéties dans Cap sur Mars justifient sans doute qu'une grande case rappelle à la fin de cette séquence que le vrai but reste Mars (p.96).

P1140239Mais, hop, débarquent d'autres vieux ennemis (d'un album précédent) qui vont chercher à mettre des bâtons dans les roues de l'expédition. Et c'est seulement dans les huit dernières pages que se réalise l'expédition vers Mars. Nous commençons par voir - enfin - l'engin spatial, qui n'a pas été sans me rappeler les vaisseaux qui permettent aux énigmatiques Atlantes d'Edgar P. Jacobs de quitter définitivement notre planète (L'Enigme de l'Atlantide, publié dans Tintin en 1955-56 et paru en album en 1957). Cet engin à corps sphérique fonctionne en captant l'oxygène atomique contenu dans les hautes couches de l'atmosphère, puis grâce à l'effet répulsif de la terre - n'oublions pas qu'un kilog (sic!) d'électrons à chaque pôle se repousseraient avec une force de 200 000 milliards de tonnes (si, si! C'est écrit p.118-119). P1140235Les paysages sidéraux des dernières pages ne sont pas sans ressemblance, ai-je trouvé, avec des images de l'espace traversé par la fusée pointue dessinée par Hergé dans l'aventure de Tintin On a marché sur la lune, qui date, pour sa part, du début des années 1950. Et si au final nos héros (Dan Cooper et ses deux acolytes) n'arrivent pas à débarquer sur Mars (pourquoi? Mystère...), ils vont cueillir quelques lichens sur un de ses satellites, Deimos. Et on en reste là. Après ce simple aller, on ignore tout du retour, puisque le cinquième album parlera de tout autre chose.

 

P1140236 (p.115, au sol...) P1140234 (... et p.118, en vol) L'appareil piloté par Dan Cooper...

... et ceux des Atlantes cités plus haut P1140237 (L'Enigme de l'Atlantide, p.64)

Par la suite, les aventures de Dan Cooper tourneront autour de l'aviation, civile ou militaire, de l'espionnage, d'aventures pleines de traitres ou de saboteurs, de quelque patrouilles acrobatiques, d'une idylle plus ou moins dramatique... Je noterai tout de même que plusieurs autres albums de la série seront encore en lien avec le spatial: SOS dans l'espace3 cosmonautesApollo appelle Soyouz. Mais c'en sera fini de Mars.

Je signalerai encore qu'à l'époque lointaine (je n'étais pas né!) où paraissait Cap sur Mars, la France n'était pas encore sortie du "commandement intégré" des forces de l'Otan et accueillait des bases militaires utilisées par ses alliés sur son sol. Comme à la base aérienne de Mar... ville, où stationnaient des escadrilles canadiennes, équipées notamment de l'avion CF-100 Canuck (seul avion militaire de chasse canadien construit en série), que l'on voit dans cette BD. Aujourd'hui, signe des temps, c'est une centrale solaire photovoltaïque qu'accueille l'aéroport de Marville-Montmédy, qui appartient désormais à la communauté de communes du pays de Montmédy. Bref. 

A ce jour, aucune Maison d'édition ne semble avoir souhaité faire reprendre la série Dan Cooper après la mort de son créateur (à moins que ce soit celui-ci ou ses ayants-droits qui s'y soient opposé? Je l'ignore). Il est vrai que les séries toujours actives aujourd'hui sur le thème de l'aviation sont déjà nombreuses sur le marché. Si je n'ai pas réussi à trouver de blog qui parle Dan Cooper (difficile de chercher, avec des moteurs de recherche qui semblent ne plus trop bien référencer les blogs?), j'ai par contre découvert une page internet très complète sur la BD et l'aviation, qui liste des dizaines de séries (bravo!)

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mardi 15 mars 2022

Chroniques martiennes - Ray Bradbury

2022-en-classiques-Logo1                          10e_ChallengedeLImaginaire

logochallengeWinterSFFStoriesJe (ta d loi du cine, "squatter" chez dasola) vais encore présenter deux éditions différentes pour la même oeuvre, mais cette fois-ci (contrairement au recueil de nouvelles de Philip K. Dick de mon billet précédent), c'est parfaitement volontaire. 

Les Chroniques martiennes de Ray Bradbury constituent-elles un recueil de nouvelles? Sa préface à la seconde édition les qualifie de "mythologie à l'état pur". Ma première édition (dans la regrettée collection "Présence du futur" chez Denoël) a été imprimée en 1978, je pense qu'elle a dû m'être offerte cette année-là ou peu après (pour ma première lecture). La datation des nouvelles nous projetait alors de janvier 1999 à octobre 2026. Et c'est l'an dernier (pour anticiper le présent billet!) que je me suis procuré la seconde, imprimée en 2008 (Folio SF N°45, 1ère éd. 2001). La chronologie de cette édition dite "de 1997" (publiée en 1990 aux Etats-Unis) s'étend désormais de janvier 2030 à octobre 2057 (je ne sais pas si je verrai cette date!). Ray Bradbury est pour sa part décédé en juin 2012 (à 91 ans). Contrairement à certaines des oeuvres que j'ai déjà présentées, les Chroniques martiennes sont toujours éditées et disponibles en "neuf" aujourd'hui. 

P1140227

Mon volume de chez Denoël comportait 26 nouvelles, traduites par Henri Robillot. Relevons que mon volume, s'il porte bien toujours le numéro 1 dans la collection, affiche la présentation en vigueur en fin des années 1970 (une illustration dans un cercle, sur un fond de couleur), et non plus la couverture originale datant de 1955 (je n'étais pas né!). Ma seconde édition (traduction de l'américain par Jacques Chambon et Henri Robillot) compte deux nouvelles de plus. Et pour information, quand on lit les deux éditions en même temps, on s'aperçoit que les traductions diffèrent presque à chaque phrase. La seconde est-elle vraiment plus précise (traduction, trahison)? Je ne me suis pas reporté aux textes originaux, bien entendu, et serai bien incapable de rédiger une thèse là-dessus, rassurez-vous! Signalons juste que certains titres de nouvelles eux-mêmes ont changé en français. Je vais, déjà, essayer d'apporter des éléments différents de ceux que n'importe qui peut lire dans le très bon article de Wikipédia (consulté le 11 mars 2022), mais ça ne va pas être facile. Foin donc de l'ordre chronologique, essayons des regroupements par thèmes, et peut-être davantage compréhensibles à ceux qui ont déjà lu l'oeuvre, puisque, comme chacun sait, ce "recueil de nouvelles" constitue une oeuvre cohérente (et inversement). Le livre est constitué de nouvelles écrites d'abord de manière indépendante, et dont certaines avaient été publiées dans des magazines américains entre 1945 et 1950, mais aussi de nouvelles écrites spécialement aux fins de "compléter l'histoire".

Les expéditions humaines de la terre à Mars. Les férus de numérologie pourront relever que la première expédition qui "réussit" (ne disparaît pas corps et biens) est la quatrième, mais aussi celle dont le nombre d'équipiers est un nombre impair et romp la progression géométrique: 2, 4, 16 hommes arrivés vivants sur Mars, ... puis enfin 17? On aurait rêvé d'une nouvelle expliquant ce passager surnuméraire: passager clandestin? Fruit des cogitations d'un scientifique illuminé? Le "17ème" serait-il l'archéologue Spender, ou le capitaine Wilder? Ensuite, en un rien de temps, 90 000 personnes débarquent... Et jusqu'à des vieillards! Les nouvelles concernées sont: Ylla; Les hommes de la Terre; La Troisième expédition; ... Et la lune qui luit; Les sauterelles; Les vieillards.

Les Martiens tels qu'en eux-mêmes. Ces humanoïdes aux yeux jaunes, télépathes, ne sont pas toujours sympathiques pour autant. Le Martien peut être empathique avec une personne à la fois. Mais face à la foule... Une foule de Martiens peut être glaçante d'ironie amère, comme dans Morte-saison.

Le retour à la terre. La guerre venue, les émigrants ne partent pas dans le désert, non, ils songent à regagner leur planète d'origine. Cela s'anticipe dans Le marchand de bagages, se précise (donc) dans Morte-saison, puis Les spectateurs... Tout ça (y compris la destruction d'une civilisation millénaire?), pour ça...

Ceux qui restent. Dans Les longues années, on retrouve, plusieurs décennies après le début de la colonisation de Mars, certains des survivants de la quatrième expédition... Et aussi le solitaire qui a décidé de ne plus répondre au téléphone dans Les villes muettes.

Les histoires les plus fantastiques. Usher II attend de pied ferme, sur Mars, les inspecteurs de l'Ambiance morale qui, sur terre, ont imposé la censure au tournant du XXIe siècle - dans la chronologie alternative des Chroniques bien entendu. Comme en écho, on trouve sur terre la maison de Viendront de douces pluies, dont la domotique perfectionnée a survécu à ses habitants humains.

L'espoir. Les rencontres qui auraient être paisibles, en partage, sans violence (le temps de la violence est passé ou reste à venir). Rencontre nocturne, entre un Terrien et un Martien, pacifiques, qui ne partagent pas la même vision... mais se séparent en se souhaitant "au revoir". Le matin vert: le lecteur de 2022 pourrait songer au Printemps silencieux (Rachel Carson), ou à Matin brun (Franck Pavloff). Il s'agit juste, ici, d'une "terraformation" accomplie par un Terrien opiniâtre. Pique-nique dans un million d'années: peut-être, enfin, des terriens respectueux de la nouvelle planète où il ont choisi de vivre?

Les deux nouvelles nouvelles. Les ballons de feu témoigne d'une philosophie plutôt irrévérencieux, pour les WASP, je suppose. Les grands espaces, ou l'angoisse que peuvent ressentir les fiancées restées au pays en s'apprétant à rejoindre leur futur.

Je n'ai cité que les deux tiers des titres des nouvelles. Une épopée, ça a un début, un milieu et une fin. Ici, cette oeuvre part un peu dans tous les sens, et dans tous les genres aussi (fantastique, dramatique, satirique, mélancolique...). Chacun, je suppose, peut y trouver un texte qui lui parlera davantage que les autres, peut-être un personnage à qui s'identifier... Mais ça doit être très personnel. A découvrir!

Et pour finir, voici quelques liens vers différents blogs ayant chroniqué les Chroniques et que font remonter les moteurs de recherche. Beaucoup ne sont plus mis à jour en 2022. Par ordre plus ou moins alphabétique (liste non exhaustive), j'ai trouvé: AnnbourgogneArkantz (dernière MAJ en 2020), Aventuriers (dernière MAJ en 2019), Belykhalil, La bibliothèque éclectique, Blackwolf (dernière MAJ en 2019), Le Bouddha de JadeCapitaine Café (dernière MAJ en 2020), Carolivres, Lisou sur le blog Les pipelettes en parlent, une couverture en anglais chez Nathalie de Pages à pagesPhilippe (dernière MAJ en 2019), Santifike (dernière MAJ en 2019), Thomas (dernière MAJ en 2021), Yvan, un vieux billet de Zaroff sur le blog collectif ZLLT.

Si j'arrive à conserver un bon rythme de rédaction avant le 31 mars 2022, je tâcherai de vous présenter une adaptation que je me suis procurée récemment. [Cf. billet du 30/03/2022]

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