Le blog de Dasola

CINEMA, LIVRES, DVD, SPECTACLES, TV - BILLETS DE BONNE ET (parfois) MAUVAISE HUMEUR. Critiques et opinions sur films, livres et spectacles. [Secrétaire de rédaction et statistiques: "ta d loi du cine"]

27 octobre 2009

Rien, plus rien au monde - Massimo Carlotto

Suite à un billet de Dominique, je me suis procuré ce roman noir, très noir de Massimo Carlotto (éditions Métailié). Il est très court (50 pages) et se lit en moins d'une demi-heure. Une mère vient de tuer sa fille "accidentellement" avec un couteau et tout le roman (sauf vers la fin) est un monologue intérieur que nous débite la mère frustrée, alcoolique (4 bouteilles de Vermouth par semaine), aigrie à cause de sa petite vie médiocre. Elle est pleine de rancoeur, contre sa vie (elle fait des ménages "au noir"), son mari Arturo (pas très actif au lit), métallo au chômage et maintenant magasinier (il gagne moins), et enfin sa fille qu'elle appelle "la petite", qui ne répond pas à ses attentes et qui n'avait rien trouvé de mieux que de s'amouracher d'un Tunisien (heureusement que le problème est résolu). Rien, plus rien au monde est une phrase d'une chanson que cette femme avait apprise par coeur. Elle préfère se tuer plutôt que de finir dans un hospice. "Rien, plus rien au monde [ne] m'obligera à finir ma vie au milieu d'autres vieux, tristes et pauvres" (p.29), "Rien, plus rien au monde [ne] pourra remettre les choses à leur place" (p9 ). Même si cette histoire est tragique, le ton de l'ensemble est drôle. J'ai souri souvent. Le seul gros défaut de ce roman, c'est son prix: 6 euros, cela fait cher la page.

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03 octobre 2009

Films vus et non commentés depuis le 01/09/09

Voici à nouveau (cf. série précédente ici) quatre films chroniqués dont trois français dont on a beaucoup parlé et que vous pouvez vous dispenser (à mon avis) de voir.

Bienvenue à cadavres les bains de Wolgang Murnberger est un film à voir pour l'humour autrichien (si, si). C'est adapté d'un roman policier, l'histoire se passe (contrairement à ce que dit le titre) dans les montagnes autrichiennes dans une auberge. C'est sanglant, un peu "gore" et pourtant le criminel qui est un aubergiste ne le fait pas par plaisir mais plutôt pour se défendre et/ou pour éviter qu'on l'embête. Il déteste les maîtres-chanteurs. Pour ce débarrasser de ses victimes, je vous laisse le plaisir de voir comment il fait (le film n'étant malheureusement plus à l'affiche, il faudra attendre le DVD). En même temps, cet aubergiste fait de bonnes actions en recueillant un transexuel et une prostituée en détresse. Et puis, il n'est pas gâté avec son fils qui voudrait bien prendre sa place à l'auberge (même s'il ignore les actes criminels de son père). J'avais lu que cela ressemblait au thème de "L'auberge rouge": je ne suis pas d'accord. C'est un film qui ne peut pas plaire à tout le monde mais j'ai passé un bon moment. Rien que le titre est savoureux.

A part ça, je voudrais évoquer trois films français vus coup sur coup qui m'ont beaucoup déçue.

Rien de personnel de Mathias Gokalp ou les malheurs de certains cadres dans une entreprise. Lors d'une soirée cocktail avec pince-fesses et petits fours, des cadres sont mis à l'épreuve (sans le savoir) en passant des genres de tests notés avec un coach. L'entreprise va être rachetée et donc des licenciements de certains cadres sont programmés dont celui du personnage joué par Mélanie Doutey. Ce sont les meilleurs qui resteront. Les acteurs font ce qu'ils peuvent: les incontournables Jean-Pierre Darroussin et Bruno Podalydès (les réalisateurs ne peuvent plus se passer d'eux) jouent un coach pour le premier et un responsable syndical du CE pour le deuxième. Zabou Breitman en DRH se demande bien ce qu'elle fait là. D'ailleurs, à un moment donné, son personnage enferme le PDG dans les toilettes (elle règle un compte personnel). Peu de temps avant, ce même PDG  chantait du Eugène Chabrier pour adoucir l'atmosphère. Il y a une idée de scénario mais pas plus. La seule petite originalité est que l'on voit la même scène répétée plusieurs fois dans des mises en situation différentes avec les mêmes protagonistes dont, tous comptes faits, on finit par comprendre certaines réactions. Le film se termine en queue de poisson.

L'armée du crime de Robert Guédiguian a été une vraie déception. Vu le sujet qui a été peu traité au cinéma, je m'attendais à mieux. Les acteurs (surtout la jeune génération) ne sont pas en cause. Le film raconte l'histoire de Missak Manouchian et de tout un groupe de Juifs étrangers et de communistes qui ont commis des sabotages et des attentats contre l'occupant nazi à Paris pendant la seconde guerre mondiale. Il y a bien entendu une courte évocation de la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942 pendant laquelle un flic joué par Jean-Pierre Darroussin (encore lui) montre un certain zèle à traquer les Juifs: il est ignoble. La police française n'est pas décrite sous son meilleur jour. On nous montre comment on arrivait à faire parler les gens. A part ça, la mise en scène est trop sage. Il manque les tenants et les aboutissants. J'ai assisté à une suite de scènes sans véritable lien. Je m'attendais à être émue, bouleversée. Je suis restée en dehors. On est loin du chef d'oeuvre de Jean-Pierre Melville, l'Armée des Ombres (1969). Pour avoir un avis très différent, lire le billet de Edisdead.

L'affaire Farewell de Christian Carion fut ma troisième déception. Ffred l'avait bien dit! L'histoire est pourtant passionnante (j'en ai lu des comptes-rendus récemment). Elle est une des raisons de la chute du bloc soviétique. J'ai quand même appris pourquoi les Français avaient baptisé l'affaire "Farewell" (pour tromper les Américains). Guillaume Canet a un rôle effacé (il était mieux dans Espions). J'ai noté pour l'anecdote que Philippe Magnan qui joue le rôle de François Mitterrand est d'une ressemblance frappante avec son modèle. David Soul (Hutch de Starsky et Hutch) joue le conseiller de Ronald Reagan (Fred Ward). Je trouve que ce qui nous est narré n'est pas très clair. Et j'ai tout juste compati au sort réservé à Grigoriev (Emir Kusturica), le "traitre". C'est d'ailleurs lui qui est la seule raison de voir ce film très lisse. En y repensant, j'aurais dû me méfier en sachant qui était le réalisateur (celui du catastrophique Joyeux Noël).

Voilà donc mes avis, à vous de juger.

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11 septembre 2009

Le guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre - Brock Clarke

Le guide de l'incendiaire des maisons d'écrivains en Nouvelle-Angleterre de Brock Clarke (Editions Albin Michel) est un des romans étrangers de la rentrée littéraire. Je l'ai d'abord acheté pour le titre qui m'a intriguée (je n'avais jamais entendu parler de l'auteur): il se lit bien. Sam Pulsifer est le narrateur. Quand il commence à nous raconter son histoire, il est en train de purger une longue peine de prison. C'est la deuxième fois. La première a duré 10 ans: à l'âge de 18 ans, il a été reconnu coupable d'avoir provoqué pendant une nuit un incendie qui a détruit la maison de la poétesse américaine Emily Dickinson (1). Plus grave, deux personnes sont mortes dans l'incendie: une des guides qui faisait visiter la maison et son mari. Petite précision, il faut que je vous dise que presque tous les événements du roman se passent dans l'état du Massachussetts au nord-est des Etats-Unis, plus particulièrement à Amherst (ville natale d'Emily Dickinson qui vécut recluse toute sa vie dans la maison familiale). Sam prend la vie avec philosophie malgré ce qui lui arrive. Il ne sent pas coupable: il avait par mégarde jeté un mégot mal éteint qui a embrasé la maison historique. Le roman de 400 pages nous fait découvrir toutes les mésaventures de Sam. Ayant purgé sa première peine, et sortant de prison, il est rejeté par ses parents (professeur de lettres pour l'une, éditeur pour l'autre). Le père de Sam a reçu et gardé, pendant la détention de son fils, des centaines de lettres émanant de personnes qui adressaient des demandes (voire offraient de l'argent) pour que d'autres maisons d'écrivains célèbres soient brûlées (comme celle de Mark Twain). Par la suite, Sam apprendra des faits qu'il ne soupçonnait pas concernant ses parents. Notre héros se marie sans rien révéler de son passé à sa femme (mal lui en prend). Le passé le rattrape en la personne du fils des victimes de l'incendie. Sam se retrouve seul, et, quand le roman se termine, il est en prison pour avoir, cette fois-ci sciemment, brûlé une maison. Laquelle? Vous le saurez si vous lisez ce roman foisonnant. Attendez peut-être sa parution en poche (il coûte 22 euros).

(1) Que les lectrices (teurs) soient rassuré(e)s, la maison d'Emily Dickinson (1830-1886) n'a pas été détruite et elle se visite (voir le site internet américain).

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21 juillet 2009

Films vus et non commentés depuis le 7 juilllet 2009

Poursuivant ma série, voici cinq films (dont trois réalisés par des femmes) dont les personnages principaux sont des membres de la gente féminine pas toujours très bien dans leur peau. C'est le moins que l'on puisse dire. Quatre sont américains, le dernier est un film français qui se passe au Québec.

Coraline de Henry Selick (le réalisateur de l'Etrange Noël de Mister Jack) est un conte qui fait peur. Très beau visuellement, ce film d'animation m'a quand même paru long à démarrer. Coraline et ses parents se sont installés dans une grande maison isolée à la campagne. Ses parents sont tellement pris par leur travail que Coraline s'ennuie. Une nuit, attirée par une porte dérobée, elle suit un couloir bas à quatre pattes et se retrouve dans une maison (presque) identique où une autre mère et un autre père semblent être les parents idéaux. Petit détail sinistre, ils ont des boutons à la place des yeux. Je retiens du film les personnages annexes: Mesdames Spink et Forcible, femmes obèses, trapézistes à leurs heures qui se produisent devant des spectateurs d'un genre particulier: une multitude de chiens scottish terriers; Mr Bobinski, acrobate contorsionniste; un chat très intelligent qui ne donne que des bons conseils à Coraline. C'est un film ni aimable ni gentillet, bien au contraire, je l'ai trouvé très noir. Je le déconseille aux tout-petits. D'ailleurs, il est long: au moins 1h30. Nous étions une dizaine dans la salle où je l'ai vu: uniquement des adultes.

Sherrybaby, de Laurie Collyer, vaut pour Maggie Gyllenhaal, que l'on voit de la première à la dernière image. Elle interprète Sherry, une jeune femme assez paumée qui est en liberté conditionnelle (on ne connaît pas son délit). Bien qu'elle soit "clean" depuis quelques mois, elle est sur le point de "replonger" dans l'addiction à la drogue. Mais Sherry n'a qu'un bonheur dans sa vie: sa petite fille de 6 ou 7 ans, Alexis, qui est à la charge de son frère et de sa belle-soeur. Pour pouvoir la récupérer, Sherry est prête à tout (vraiment tout) pour se réinsérer en trouvant un travail. Au détour d'une scène, on devine peut-être pourquoi l'héroïne s'est droguée: son père, veuf qui s'est remis en ménage, a des gestes déplacés envers Sherry. Ceci explique peut-être cela. Ce film a été tourné en 2006 et est sorti en France seulement cette année: mystère de la programmation. Maggie Gyllenhaal crève l'écran.

Sunshine cleaning, de Christine Jeffs, raconte comment deux soeurs, Rose et Norah, se retrouvent à nettoyer les scènes de crimes ou de suicides. Malgré le sujet, le film dégage beaucoup de bonne humeur grâce au charme et au talent des deux actrices principales, Amy Adams et Rachel Blunt. Rose, qui avait des rêves de réussite étant plus jeune, fait des ménages. Mère célibataire, elle a du mal à joindre les deux bouts, et ceci d'autant plus qu'elle a inscrit son jeune fils, Oscar, dans une école privée. Norah, elle, cherche encore sa voie (si je peux m'exprimer ainsi). Grâce à Mac, son amant (qui-ne-peut-pas-quitter-sa-femme), flic de profession, Rose se met à exercer ce métier très lucratif de "nettoyeuse de scènes de crime". Elle s'associe avec sa soeur pour créer l'entreprise "Sunshine cleaning" dans ce nouveau boulot pas très ragoûtant. Le fait de travailler ensemble les rapproche même si des souvenirs douloureux reviennent à la surface. Comme l'affiche sa pub, il s'agit d'un film des producteurs de Little Miss Sunshine (cf. mon billet du 01/03/2007), mais avec un ton différent. Le père des deux femmes, joué par Alan Arkin (comme ressuscité du film précédent), donne un petit grain de folie supplémentaire.

Rachel se marie de Jonathan Demme a été tourné en vidéo. Ce qui explique que l'image bouge beaucoup. Mais cela permet une grande fluidité dans les scènes de groupe (comme le mariage, ou le dîner juste avant, par exemple). L'héroïne du film est la soeur de Rachel, Kym (Ann Hataway). En cure de désintoxication, on lui a accordé la permission de sortir pour cet événement: Rachel se marie avec un Afro-américain. L'histoire se déroule sur un week-end pendant lequel des rancoeurs refont surface. La mère de Rachel et Kym, Abby, divorcée depuis quelques années du père des deux jeunes femmes, fera une apparition (quel plaisir de retrouver la trop rare Debra Winger). Les scènes de groupes sont très bien filmées. J'ai lu que Jonathan Demme présente son film comme une sorte d'hommage à Un mariage de Robert Altman (1978). Le scénario est de Jenny Lumet (la fille de Sidney). Pour la scène du remplissage du lave-vaisselle (pour ceux qui ont vu le film), elle s'est inspirée d'une scène réelle qui s'est passée entre son père et Bob Fosse.

Romaine par -30 d'Agnès Obadia (seul film francophone de cette série) se passe au Canada par -30 degré celsius. C'est l'occasion de voir Sandrine Kiberlain de la première à la dernière image. Comédie farfelue qui n'apporte pas grand-chose à part qu'on a l'occasion d'entendre parler québécois avec l'accent, de constater que les Québecois sont des gens sympathiques et qu'il ne fait pas chaud au Québec en hiver. L'histoire est irracontable et se finit en queue de poisson.

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07 juillet 2009

Films vus et non commentés (suite de la série)

Faisant suite au billet du 23/06/09, en voici un autre sur trois films, dont deux m'ont plu mais sans plus; ils sont encore largement à l'affiche du fait de leur succès.

Je commence par Tokyo sonata de Kiyoshi Kurosawa qui a été pour moi une grande déception. Je l'ai vu un jour après The Chaser, pendant la même opération des "séances de rattrapage" (cf. mon billet du 19/06/09). J'avais lu de très bonnes critiques dont celle d'Ed. A Tokyo, un père de famille se trouve licencié du jour au lendemain de la société de services qui l'employait. Il fait comme si de rien n'était, n'avouant rien à sa femme. D'ailleurs, il part le matin avec son costume cravate et sa serviette. Il trouve un travail de "technicien de surface" dans une galerie marchande. C'est là que sa femme le rencontre par hasard. Pendant ce temps, leur fils aîné s'engage dans l'armée américaine (oui, oui, les Américains ont décidé d'enrôler quelques dizaines de jeunes Japonais dans l'armée américaine) (on est juste au début de la guerre d'Irak) et le plus jeune prend des cours de piano sans en parler à ses parents. Il paie ses leçons avec l'argent de la cantine. Et en l'espace de 6 mois, il devient un virtuose capable de jouer "Clair de Lune" de Claude Debussy. Je n'y ai pas cru une seconde (en plus, on voit bien que ce n'est pas lui qui joue). Ce film bizarre m'a laissé perplexe avec ses ellipses et quelques scènes un peu irréalistes: la mère et le cambrioleur d'un part et le père que je croyais mort, renversé par une voiture, d'autre part. L'ensemble paraît être une illustration de l'état du monde en général et du Japon en particulier. Un grain de sable provoque le chaos mais la sérénité peut revenir. Je n'avais encore jamais vu de film de ce réalisateur, Kiyoshi Kurosawa (ne pas confondre avec Akira), qui est plus connu pour des films d'horreur comme Kairo et Cure. Personnellement, je ne suis pas pressée de connaître le reste de son oeuvre.

Tout, dans Good Morning England du réalisateur de Love Actually (Richard Curtis), est un hommage aux années 60: la musique, les costumes, les coiffures. J’aime bien le titre original au double sens: "The boat that rocked" (allusion au rock n’ roll et au fait que le bateau chavire à la fin du film.) L'essentiel de l'histoire se passe sur un bateau genre cargo un peu épave, stationné au large de la Mer du Nord, où une bande de DJ's passait sur les ondes radio du rock'n'roll au grand dam de certains membres du gouvernement britannique. C'était une musique de "sauvages" avec des textes qui n'étaient pas pour toutes les oreilles. Personnellement, j'ai passé un bon moment à la projection mais sans plus. Je n'ai pas compris l'engouement "bloguesque" pour ce film qui manque un peu de scénario et beaucoup de réalisation. Et tant qu'à faire d'écouter la musique, on peut l'acheter ou la télécharger. En revanche, les acteurs sont tous excellents, mais on ne voit pas assez Bill Nighy (toujours très très drôle et "so British").

Tellement proches (de Eric Toledano et Olivier Nakache), sur lequel Jérome de cinefeed et cinefriends a rédigé un genre de journal de bord (il a été sur le tournage), est sorti depuis quelques semaines. J'ai beaucoup aimé les personnages tous attachants mais un peu disjonctés. C'est le genre de famille où, quand on en épouse un membre, on épouse la famille entière avec tout ce que cela signifie. C'est plus une suite de saynètes qu'autre chose. Nous avons le couple formé par Alain (Vincent Elbaz) qui a épousé Nathalie (Isabelle Carré), et sa famille, à elle, avec. Ils ont un garçonnet, Lucien, un hyperactif qui n'arrête pas de provoquer des catastrophes. Le beau-frère d'Alain, Jean-Pierre (François-Xavier Demaison), et sa femme Catherine (Audrey Dana), vivent à Créteil. Ils ont deux enfants dont Gaëlle qui chante faux. Pour Alain, le dîner de famille est chaque fois une corvée: il n'arrête pas de se perdre en voiture avant de trouver la bonne adresse. Il y a enfin Roxanne, la soeur de Nathalie et de Jean-Pierre. Roxane, dont l'horloge biologique tourne, rêve d'avoir un enfant et le papa qui va bien. Elle jette son dévolu sur un grand et beau noir, médecin interne des hôpitaux que l'on prend régulièrement pour un brancardier ou un infirmier. Personnellement, je n'aimerais pas vivre dans ce genre de famille formidable, ils s'agitent trop. A part ça, tous les comédiens jouent juste.

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11 mars 2009

Bellamy - Claude Chabrol

Je suis restée assez perplexe devant ce film, Bellamy, 50ème film de Claude Chabrol, qui est surtout un portrait de Depardieu (Gérard) à la manière de Chabrol: un homme (commissaire en vacances), qui aime la bonne chère et la chair (désolée pour ce jeu de mot). Jacques Gamblin avec ses postiches (en escroc aux assurances) ne m'a pas convaincue plus que cela, j'ai un problème avec cet acteur qui joue toujours sur le même registre. Clovis Cornillac, en demi-frère alcoolique de Depardieu, joue les utilités. En revanche Chabrol filme amoureusement Marie Bunel. Elle est divine. Elle forme un beau couple de cinéma avec son Bellamy de mari. Chabrol dédie ce film aux deux Georges (Simenon et Brassens), je me demande bien pourquoi. Depardieu n'est pas du tout Maigret et bien que cela se passe à Nïmes (pas loin de Sète), qu'un personnage veuille voir la tombe de Brassens et que l'on entende un avocat "chanter" Brassens lors d'une plaidoirie, on est loin de l'univers de Brassens. Toute l'histoire policière n'est qu'un prétexte. Chabrol se fait plaisir. Il n'y a aucun rythme. C'est voulu. Chabrol prend son temps. Je me suis un peu ennuyée. A vous de voir.

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09 mars 2009

Boy A - John Crowley

Je vous conseille d'aller voir Boy A de John Crowley pour l'histoire et pour l'interprétation toute en nuances des acteurs principaux. Boy A est un film anglais qui raconte que votre passé vous rattrape surtout quand on veut le fuir. Jack Burridge a une vingtaine d'années. Il tente de se réinsérer avec l'aide d'un éducateur, Terry (Peter Mullan), qui lui a trouvé une nouvelle identité et un travail. Il vient de sortir de prison pour des vols de voitures (c'est ce qu'il doit dire). Mais avec des flash-back, tout le long du film, on apprend que c'est pour un délit plus grave. Nous sommes en Angleterre de nos jours. Jack, dont le vrai prénom est Eric, semble avoir eu une enfance difficile entre une mère malade, un père indifférent, et des "camarades de classe" dont il était le souffre-douleur. A l'école, il s'était trouvé comme unique ami un jeune garçon au regard glaçant (enfant maltraité) qui l'entraînera à l'acte irréparable. Dans sa nouvelle vie, Jack se plaît dans son boulot et il trouve une amie (surnommée la baleine blanche en raison de ses formes généreuses). Il croit qu'il peut atteindre le bonheur. Mais il y a une scène intéressante dans une discothèque où il se laisse aller à danser sous l'emprise de la drogue. L'inquiétude est toujours présente. Jack/Eric peut être démasqué. Quand il sauve une petite fille d'un accident de voiture, il devient célèbre, sa photo est publiée dans le journal. C'est à partir de là que tout rebascule. Jack est un personnage attachant (le physique de l'acteur n'y est pas étranger). On veut croire qu'il va s'en sortir. Le réalisateur filme le tout avec finesse. Il n'émet aucun jugement sur Jack. Certains actes sont suggérés et non montrés (le crime par exemple). Le réalisateur dénonce la presse "tabloïd" qui peut ruiner des vies. Ce film est adapté d'un roman de Jonathan Trigell, Jeux d'enfants, paru en collection Folio Policier avec l'affiche du film en couverture. Je viens de le trouver d'occasion.

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05 mars 2009

Films vus et non commentés depuis le 31/01/2009 (fin)

Le présent billet achève avec 4 films étrangers et 1 français le "passage en revue" entamé dans celui du 27/02/2009.

Les trois singes, de Nuri Bilge Ceylan: après Uzak il y a quelques années, c'est le deuxième film que je vois de ce réalisateur turc. Les trois singes est une allusion semble-t-il au secret du bonheur, qui est de ne rien dire, de ne rien voir et de ne rien entendre. J'ai été frappée par les plans séquences assez longs et aussi par la couleur sursaturée de l'image qui rend le film très beau à regarder. Un chef d'entreprise demande à son chauffeur (moyennant compensation financière) de faire de la prison à sa place (il a causé un accident mortel en voiture). Le gros du film repose sur les conséquences causées par ce séjour en prison.

Of time and the city, de Terence Davies: mis à part le commentaire en voix "off" un peu pompeux et qui n'a pas toujours de rapport avec les images que l'on voit, cette évocation de Liverpool est émouvante et sort des clichés convenus comme Les Beatles (très peu évoqués). Terence Davies s'est servi de documents d'époque (années 40, 50, 60, 70 et 80) d'actualités ou autres où sont filmés des anonymes dans leur vie quotidienne. Le film a été réalisé en 2008 au moment où Liverpool était capitale européenne de la culture.

Les insurgés, de Edward Zwick: avec un Daniel Craig qui trouve un rôle nettement plus intéressant que celui qu'il tient dans le dernier James Bond. Adapté d'une histoire vraie, cela se passe en 1942-1943, une poignée de Juifs d'Europe centrale se cachent dans les forêts d'Ukraine pour échapper aux massacres des Nazis. D'une dizaine, ils passeront à une centaine au gré de leurs déplacements. Un semblant de vie "sociale" s'organise avec malheureusement les rivalités qui l'accompagnent. C'est un film prenant qui dévoile un épisode peu connu de l'histoire de la Seconde guerre mondiale.

Secret défense, de Philippe Haïm, n'est pas un trop mauvais film, et constitue une tentative louable de tourner des films "à l'américaine". Gérard Lanvin (qui revient en force sur les écrans) joue un homme important des services secrets. C'est un grand manipulateur. Il "recrute" des hommes et des femmes et les oblige à travailler pour le service. En parallèle, on voit un jeune (Nicolas Duvauchelle) qui est recruté par les fondamentalistes religieux pour effectuer une mission kamikaze. Bien mené mais pas inoubliable (la preuve, je ne me rappelle pas toute l'histoire).

The club (clubbed), de Neil Thompson. Film noir anglais que j'ai bien apprécié grâce à un retournement de situation final que je n'avais pas deviné. Quelques "videurs" de discothèques sont les héros de ce film qui se passe dans une petite ville d'Angleterre. C'est une belle histoire d'amitié, mais je n'en dirai pas plus pour ne pas "spoiler". Pour l'anecdote, je l'avais vu le même jour que The square (mon billet du 05/02/09). Il a connu un peu la même carrière (quelques courtes semaines à Paris), et je trouve cela dommage.

09 février 2009

Un Juif pour l'exemple - Jacques Chessex

Ce livre court (93 pages) publié aux éditions Grasset est sous-titré "roman" par son l'auteur, Jacques Chessex (âgé de 8 ans à l'époque où les faits se déroulent). Il raconte ce qui s'est passé le 16 avril 1942 dans la petite ville de Payerne, dans le canton de Vaud, en Suisse. Avec ce récit romancé, on découvre que, dans ce pays que l'on croit neutre et pacifique, un Juif, au moins, a servi de victime expiatoire. En effet, dès le début de la seconde guerre mondiale, Payerne se trouve confrontée au marasme économique qui dure depuis les années 30. En 1939, après plusieurs faillites d'usines, plus de 10% de la population est au chômage. On impute la faute aux nantis, c'est-à-dire aux Juifs et aux francs-maçons. L'antisémitisme est vivace dans certains cantons et il est exacerbé par quelques personnes dont un pasteur (cité par Chessex). Hitler et le nazisme ont de chauds partisans. Fernand Ischi, garagiste à Payerne mais ouvrier non-qualifié, gagne-petit, un raté mais un Don Juan auprès des dames, fait partie du Mouvement National Suisse (Extrême-droite). Il devient membre actif du parti nazi et apprenti Gauleiter. Influencé par le pasteur Lugrin cité plus haut, Ischi va organiser une expédition punitive pour faire peur aux Juifs parasites. M. Arthur Bloch, marchand de bestiaux cossu (et qui faisait des envieux) a le malheur d'être choisi pour servir de bouc émissaire. Cela aurait dû être le début d'une série. Arthur Bloch, Juif bernois pratiquant, se rend régulièrement dans des foires (dont celle de Payerne) pour acheter des bovins. Il est attiré dans un guet-apens dans une étable et abattu par Ischi et 4 autres hommes à sa solde. Pour faire disparaître le corps, ils le coupent en morceaux, dispersés dans 4 récipients et jetés dans le lac voisin. Les morceaux de cadavre seront retrouvés 8 jours plus tard. Les coupables sont arrêtés, jugés et condamnés à de lourdes peines. Car Jacques Chessex, témoin indirect, a romancé un fait divers réel. A l'époque, il avait comme camarades de classe la fille aînée d'Ischi, ainsi que le fils du gendarme qui a arrêté celui-ci et le fils du juge qui l'a condamné. 20 ans plus tard, Jacques Chessex va croiser le pasteur Lugrin qui ne montre aucun remords. Chassex se sent sali de l'avoir rencontré. La femme d'Arthur Bloch (qui mourra 5 ans après son mari d'absolu désespoir) a fait graver une phrase sur la tombe de son mari: "Gott weiss warum" (Dieu sait pourquoi). Chessex retrace avec talent et sobriété ce triste fait divers. Même si c'est de l'histoire ancienne, ce crime est impardonnable.

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01 février 2009

La pluie, avant qu'elle tombe - Jonathan Coe

La pluie, avant qu'elle tombe (The rain, before it falls), voilà un titre qui sort de l'ordinaire. Ce bout de phrase constitue les derniers mots de ce roman de Jonathan Coe (Testament à l'anglaise, le Cercle fermé, Bienvenue au club) que je vous recommande vivement. Venant juste de paraître aux Editions Gallimard, c'est mon premier coup de coeur de l'année 2009. En Angleterre, dans le Shropshire, Rosamund, une vieille dame de 74 ans, vient de décéder. Sa nièce Gill trouve dans la maison de sa tante des cassettes audio que cette dernière a enregistrées juste avant de mourir (suicide?). Gill n'était pas la destinataire de ces cassettes. Dans ses dernières volontés, Rosamund les destinait à une certaine Imogen, sa petite cousine (et une de ses héritières), jeune fille aveugle que Gill avait rencontrée plus de 20 ans auparavant (Imogen est aujourd'hui introuvable). Rosamund avait une grande affection pour Imogen dont elle s'était un peu occupée pendant un temps. Ne pouvant résister à la tentation, Gill va écouter, en compagnie de ses deux filles, les cassettes qui retracent l'histoire de trois générations de femmes faisant partie de leur famille. Pour ce faire, Rosamund s'est aidée de 20 photos qu'elle décrit le plus précisément possible et qui lui permettent d'égréner ses souvenirs. Ce procédé fait que le récit est écrit sur un mode subjectif en discours indirect, nous n'avons que le seul point de vue de Rosamund, une femme qui préférait les femmes aux hommes. Durant la description narrative des photos, nous faisons connaissance avec la cousine germaine de Rosamund, Béatrix (enfant mal-aimée), mère de Théa (guère mieux traitée), et grand-mère d'Imogen (rendue aveugle par sa mère). L'histoire commence en 1940 (juste avant le Blitz sur Londres). En Angleterre, des centaines d'enfants étaient évacués de la région de Londres et confiés temporairement à des familles d'accueil. La 20ème et dernière photo a été prise pour les 50 ans de Rosamund en 1984. Je précise qu'avec toutes ces explications, je n'ai rien dévoilé des révélations qui émaillent le récit. J'ai vraiment été émue par ce roman de 250 pages, haletant de bout en bout, et qui s'avale d'une traite. Lisez-le, c'est une vraie réussite.

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