jeudi 7 juin 2018

Vive les comédiens! - Cabu (le livre)

Je [ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] me suis dépêché pour compléter mon hommage à Cabu du mois dernier (dans ma série en mémoire des tués de Charlie hebdo)...

Quelques semaines après notre sortie à la Comédie Française, dasola m'a offert le livre-catalogue de l'exposition Cabu (Vive les comédiens!), qui n'était pas encore paru lorsque nous étions allé voir à la librairie du théâtre.

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L'ouvrage contient quelques textes sur les rapports qu'a entretenu Cabu avec le théâtre toute sa vie, mais rappelle aussi les figures et événements marquants des dernières décennies. Cerise sur le gâteau pour un gestionnaire de bases de données: j'y ai trouvé une liste "complète" des affiches théâtrales illustéres par Cabu (qui fleure le catalogue de la collection particulière d'un passionné). Mais j'en ai maintenant la certitude: nous n'avions pas vu tous les dessins exposés! En voici quelques-uns pour compléter les photos précédentes.

P1090452 p. 93, un dessin datant de 1957 et des débuts de Cabu dans la presse nationale (Ici Paris). A l'époque, on ne parlait pas encore en France de "kawaii" (dessin "mignon", dans les manga)...

Dans les années 60, faute de photocopieuse, Cabu découpait des têtes particulièrement réussies pour les réutiliser dans d'autres compositions comme des "rustines" [terme que m'avait enseigné le 1er dessinateur que j'aie jamais interviewé, il y a une trentaine d'années]. Voici, entre autres exemples, Jean Piat,

 P1090447  P1090446 p.26 et 86. 

P1090448  P1090450  P1090449  Cabu pouvait semble-t-il avoir ses "têtes". Ici, Robert Lamoureux, bien reconnaissable dans trois dessins différents (pp. 59, 69, 61).

Le livre propose à plusieurs reprises d'intéressants parallèles entre les illustrations réalisées pour la critique théâtrale du Figaro pour telle ou telle pièce et la chronique / critique complète (dessin + texte) dans Hara-Kiri (pour le même spectacle) [personnellement, je n'ai jamais lu Hara-Kiri - j'étais trop jeune]. Ici, cela concerne une pièce nommée Les poissons rouges, ... (p.66).

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Le choix de dessins de l'exposition et du livre ne montre pas grand-chose sur la religion (tandis que la critique sociale est largement présente - j'ai bien aimé le dessin sur le Festival d'Avignon p.99). P1090453

Imagine-t-on les Anglais lançant l'anathème pour crime de lèse-auteur national? (p.100)  P1090454

Ci-après un document intéressant, un "Grand Duduche" inédit (?), ou en tout cas refusé, à l'époque, pour Pilote, par Goscinny (pourquoi?).  P1090462 p. 135.

Pas facile, la vie d'artiste / d'acteur? (p.140) [il m'a fallu regarder attentivement le croquis avant d'en savourer le sens].

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Et pour finir, j'ai bien aimé ce dessin "de jeunesse" (13 ans?! Inédit?), p.130.

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Le blog Marque pages en parle aussi.

Pour ma part, mon prochain article à venir pour juillet portera peut-être encore sur Cabu... avant de repasser les mois suivants sur d'autres auteurs assassinés aussi le 7 janvier 2015 - que je n'oublie pas non plus.

*** Je suis Charlie ***

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lundi 7 mai 2018

Cabu à la Comédie Française (salle Richelieu)

Dasola et moi (ta d loi du cine, "squatter") avons eu l'occasion récemment d'aller à la Comédie Française. Je vais m'appuyer sur cette sortie théâtrale (qui n'est pas le sujet du présent billet) pour mon billet "Charlie hebdo" du mois de mai 2018.

Depuis le 10 mars et jusqu'au 25 juillet 2018, la salle Richelieu expose 200 dessins de Cabu sur la thématique "Vive les comédiens" (dont un certain nombre de croquis inédits), à voir "pendant l'entr'acte" (dans la pratique, il est difficile d'en faire le tour en ce laps de temps sauf à marcher très vite!).

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Plutôt que de la paraphraser, voici les photos de la petite plaquette.

P1090422   P1090421 Il paraît donc qu'il y a des photos jusque dans les toilettes. Question sans réponse à ce jour: dessins différents pour les hommes et les femmes?

Il existe aussi, disponibles en téléchargement, deux riches "Dossier pédagogique" (pour les scolaires) et "Dossier à destination des enseignants".

Durant sa carrière, Cabu a illustré les affiches de plus d'une d'une centaine de pièces de théâtre. Une douzaine sont visibles dans le grand escalier (pas de photos ici).

Lors de notre visite (avant la pièce, à l'entracte, et enfin à contresens lorsque le gros des spectateurs sortaient en fin de spectacle), j'ai fait une sélection "à la volée" des dessins qui me "parlaient" le plus, et Dasola a bien voulu les capter au vol pour que je puisse les citer dans le présent billet. N'oublions pas, bien entendu, de préciser que toute l'oeuvre de Cabu est désormais "copyright Véronique Cabut".

20180429_134121 Je me rappelle avoir vu Bernard Tapie dans cette pièce naguère. Il n'a plus la même tête aujourd'hui (pour la faconde, je ne sais pas!).  

20180429_134402 Il faut prêter attention à tous les textes (accessoirement, je ne savais pas que Cabu avait illustré la chronique théâtrale du Figaro à la fin des années 60...).

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20180429_134621 Bien trouvé, pour l'intermittence! ...

20180429_152933 ... et comme quoi, Cabu est toujours d'actualité (tout est dans le choix parmi ses dizaines de milliers de dessins...).

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20180429_153114 Que n'aurait-il pu encore dessiner, Macron président, en terme de "comédies du pouvoir", ce grand Cabu!

20180429_153925     20180429_134014 [vérification faite, Marivaux, c'est un choix de dasola, pas de moi...]. 

20180429_163622 Ah, et pour finir, ma souffleuse me signale qu'elle voulait faire un petit "coucou" à Claudialucia via ces derniers dessins!

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*** Je suis Charlie ***

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jeudi 12 avril 2018

Red Sparrow - Martin Lawrence/ L'île aux chiens - Wes Anderson / La mort de Staline - Armando Iannucci / Hostiles - Scott Cooper

Voici quatre films vus en quatre jours (1 par jour). Je suis contente d'avoir pu retourner au cinéma. En effet, j'ai été privée d'un de mes loisirs favoris pendant presque une semaine (l'angoisse) car ma carte d'abonnement avait été perdue et/ou volée. J'en ai une nouvelle, je suis contente.

Red Sparrow de Martin Lawrence (le réalisateur des Hunger Games) est un bon thriller qui se regarde agréablement même si c'est un peu violent. Cela se passe de nos jours avec des espions russes et américains. Lors d'une représentation, une jeune danseuse étoile du Bolchoï, Dominika, se casse la jambe (son partenaire y est pour quelque chose). Sa carrière est brisée mais son oncle, agent du SVR (Service du renseignement extérieur de la Fédération de Russie), l'engage comme "Red Sparrow" (moineau rouge). Elle est chargée de séduire des hommes à éliminer par les services secrets russes. En particulier, elle doit s'approcher d'un agent secret américain qui connaît un agent double. Le scénario est un peu complexe mais on est pris dans l'histoire. Le film dure 2H20 et se regarde sans ennui.

Je passe à L'ïle aux chiens de Wes Anderson qui est sorti hier, mercredi 11 avril 2018. Je l'ai vu en avant-première et j'en attendais beaucoup. J'avoue avoir été déçue. Le film a été tourné en "stop motion", image par image, avec des marionnettes. En 2040, au Japon, le maire d'une ville juge qu'il y a trop de chiens infectés par la grippe canine. Il les condamne à la déportation sur une île "poubelle" au large des côtes nippones. Atari, 12 ans, un garçon, pupille du maire, part à la recherche de Spot, son chien qui a été le premier à être envoyé sur l'île. Des compagnons à quatre pattes vont l'aider dans sa recherche. J'ai vu le film en VO sous-titrée, c'est-à-dire en anglais et en japonais. Déjà, ce parti pris m'a perturbée. Les humains parlent japonais, les chiens parlent anglais (pourquoi pas?), mais le dialogue en japonais était parfois traduit, parfois non. J'ai été un peu perdue. Il y a quelques "flash-back", et somme toute, visuellement, j'ai trouvé l'ensemble laid. Une déception donc.

La mort de Staline d'Armando Iannucci (In the Loop) est un film anglais qui va vite à tous points de vue. Les dialogues fusent, la caméra ne tient pas en place. L'histoire est une adaptation d'une bande dessinée française écrite et dessinée par Thierry Robin et Fabien Nury (Editions Dargaud). En mars 1953, Joseph Staline est victime d'une hémorragie cérébrale. Ses proches collaborateurs dont Khrouchtchev (Steve Buscemi, excellent) vont attendre 2 jours pour annoncer le décès du Petit Père des peuples. Pendant ces deux jours, on assiste à une lutte pour savoir qui va devenir le nouveau chef de la Russie. En l'occcurence, c'est Malenkov qui est choisi. Khrouchtchev est désigné volontaire pour l'organisation des obsèques. Pendant ce temps, les listes de noms de personnes à exécuter continuent de circuler grâce à Lavrenti Beria, le responsable des purges staliniennes en tant que chef du NKVD. Un film à voir pour les acteurs qui sont tous excellents.

Je termine avec Hostiles de Scott Cooper, un film qui m'a beaucoup plu. Tinalakiller et Pascale sont totalement conquises. Une histoire qui prend son temps, qui émeut. La séquence d'ouverture, le massacre d'une famille (sauf la mère) par des guerriers comanches, est saisissante. En 1892, le capitaine Joseph Blocker (Christian Bale, impeccable), devenu une légende dans l'armée américaine, est chargé à son corps défendant de ramener un Indien mourant et la famille de celui-ci dans le Montana. Blocker déteste les Indiens. Dès le début du voyage, le cortège croise la route de Rosalie Quaid (Rosamund Pike, magnifique), la mère survivante. Elle décide de les accompagner. Il y a peu de dialogues, aucune scène en trop. Les paysages et la lumière sont magnifiques et la fin bouleversante. Un très beau film que je recommande.

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mercredi 7 mars 2018

Police partout - Charb

Mon billet-hommage de ce mois-ci me ramène loin en arrière dans le temps.

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J'ai (ta d loi du cine, squatter chez dasola) rencontré Charb à une séance de dédicace à Sciences Po Paris (où était aussi présent Tignous), il y a près de vingt ans (51e journée dédicaces Sciences Po, le 5 décembre 1998). Je crois me souvenir que j'avais profité de l'occasion pour prendre rendez-vous et pouvoir passer à la Rédaction (alors rue de Turbigo), pour une histoire de t-shirt - mais c'est une autre histoire, qui n'a pas débouché sur grand-chose. Ils ne m'avaient pas dit non (à mon projet de tee-shirts avec des dessins "de presse") après notre rencontre, c'est juste moi qui n'ai pas donné suite à ce dossier, pour des raisons bien extérieures à Charlie Hebdo.

Toujours est-il que j'avais obtenu deux dédicaces (dont l'une est restée inédite), pour le journal étudiant dont je faisais partie à l'époque, dont l'une sur Police partout.

Ce recueil (Bichro, coll. Le cri du crayon, août 1998) contient uniquement des dessins en N&B, pas de numéro de page! Je n'ai pas trouvé d'article ou critique concernant cet album sur des blogs ou sites en 2018: c'est vrai que, 1998, c'est antédéluvien, pour la Toile... La dernière annonce au Journal Officiel concernant Bichro éditions (association loi 1901) remonte à l'an 2000. L'album doit être épuisé aujourd'hui, je suppose. En tout cas, il ne figure pas sur la page wikipedia concernant Charb.

44 dessins mettent en scène des forces de l'ordre, essentiellement dans les 20 premières pages de l'album après la page de titre "Police partout". Suivent une partie titrée "FN partout" (11 pages) puis une dernière "Béton partout" (15 pages). Trois doubles pages, plusieurs pages composées de plus d'une vignette...

La "provocation" qui m'avait frappé en tant qu'étudiant reste présente. Je vous laisse apprécier (dans le désordre) ma petite sélection.

P1050528 du sociétal P1050522  de l'air du temps...  P1050526 du culturel 

P1050525 du bienveillant  P1050524 de l'historique  P1050527 du citoyen

(Soupir...)

*** Je suis Charlie ***

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dimanche 18 février 2018

The Passenger - Jaume Collet-Serra / Gaspard va au mariage - Antoine Cordier

J'ai vu The Passenger réalisé par Jaume Collet-Serra, car j'aime bien ce genre de thriller "pas cassant", avec beaucoup d'action (de ce côté-là, on est servi). J'ai été attirée par la bande-annonce et j'ai un petit faible pour Liam Neeson. Michael McCauley, un ancien policier devenu vendeur en assurances (il vient mallheureusement d'apprendre qu'il est licencié) prend un train de banlieue tous les jours pour se rendre à son travail et revenir chez lui. Un jour, on lui vole son portable, et une belle femme étrange lui propose un marché. En échange d'une grosse somme d'argent dissimulé dans un wagon (facile!), il doit retrouver avant le terminus une personne qui se trouve dans le train. On ne sait pas qui est cette personne et Michael doit faire appel à ses anciens réflexes de policier pour le découvrir et sauver tous les passagers du train par la même occasion. J'ai trouvé le rythme du film haletant. Il y a un peu d'humour et beaucoup d'invraisemblances (le déraillement de la rame du train est un grand moment) et j'ai donc passé un bon moment.

Je passe à Gaspard va au mariage d'Antony Cordier. Cette petite comédie française se passe dans un zoo (le Parc du Reynou) à 10 km au sud de Limoges. Gaspard rencontre Laura dans le train qui l'emmène à Limoges. Laura avait l'intention d'aller jusqu'à Biarritz. Gaspard convainc Laura de l'accompagner jusque dans sa famille, c'est-à-dire son père qui doit se remarier, son frère Virgil et sa soeur Coline vêtue d'une peau d'ourse. Je ne vous raconterai pas l'histoire car il n'y en a pas vraiment. Cela se veut peut-être poétique, avec une pointe de fantastique. C'est un ton décalé  qui ne me touche pas. J'ai entendu les critiques élogieuses du Masque et la Plume à propos de ce film qui me laisse perplexe. Ce n'est pas du tout un genre de cinéma qui me "parle". Du même réalisateur, j'avais préféré Douches froides (2005).

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lundi 15 janvier 2018

Films à éviter en ce début d'année 2018

Comme je l'ai laissé entendre dans mon billet précédent, il y a quelques films que vous pouvez vous passer de voir à mon avis en ce début d'année 2018.

Je commence par Normandie nue de Christian Le Guay que je me réjouissais d'aller voir, avec un sujet sympa: un photographe américain a le coup de foudre pour un champ en Normandie (le champ Chollet) et il souhaite que les habitants du Mèle sur Sarthe, voisins du champ, se fassent photographier nus. En l'occurrence, la plupart des habitants sont des éleveurs de bétail qui se battent pour survivre puisque les prix du lait et de la viande baissent. Le maire du village, Balbuzard (François Cluzet), voit une bonne opportunité de faire connaître leurs problèmes. Je m'attendais à sourire voire à rire mais l'ensemble est poussif. On se demande à quoi servent certains personnages comme Thierry Levassaeur (François-Xavier Demaison) qui joue un Parisien allergique à la campagne. D'autres sont caricaturaux comme le boucher qui ne veut pas que sa femme, ex-Miss Calvados, se déshabille. Contentez-vous de voir la bande-annonce. C'est ce qu'il y a de plus réussi du film. Je m'attendais à mieux du réalisateur d'Alceste à bicyclette ou des Femmes du 6ème étage.

Je continue avec Vers la lumière de Naomi Kawase. Le film avait été sélectionné au dernier festival de Cannes. Quelle déception! On est très loin des Délices de Tokyo. Aucune émotion dans cette histoire d'une jeune femme, Misako Ozaki, qui écrit des textes audiodescriptifs de films à destination de personnes malvoyantes avec qui elle travaille en étroite collaboration. Elle se lie en particulier avec un photographe qui perd la vue. Par ailleurs, le père de Misako est décédé depuis longtemps et la maman qui perd la tête croit qu'il va revenir. L'image n'est pas très belle, la musique envahissante. Je ne suis pas entrée dans le film. Je n'ai même pas fait attention à comment cela se terminait.

Je termine avec un OFNI (objet filmique non identifié). J'avais été attirée par la bande-annonce et la distribution. J'ai même du mal à retenir le titre du film de Joan Chemla, Si tu voyais son coeur, et je ne pourrais pas vous dire comment il se temine non plus. C'est son premier long-métrage, et il bénéficie d'une distribution de qualité: Gaël Garcia Bernal, Nahuel Perez Biscaryart, Marina Vacth, Karim Leglou ou Wojciech Pszoniak. Le film a été paraît-il filmé à Marseille. Daniel (Gaël Garcia Bernal), un gitan, se sent responsable de la mort de son meilleur ami Costel (Nahuel Perez Biscayart). Rejeté par sa communauté, il trouve à se loger dans un hôtel étrange, Le Métropole, où vivent des paumés, des drogués, des laissés-pour-compte. Le film dégage une atmosphère étrange et on sent une menace envers certains des personnages. On est dans l'onirique. Mais je suis restée perplexe. Vraiment pas le genre de film que je conseille.

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vendredi 22 décembre 2017

Livres lus et non commentés depuis le 20/11/17

Après mon retour du Chili, je me suis remise sérieusement à la lecture.

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Voici quatre romans, deux islandais et deux italiens. L'un des quatre m'a vraiment beaucoup plu (je remercie Dominique pour son conseil).

Je commence par celui que j'ai le moins aimé, Tenebra Roma, le nouveau roman de Donato Carrisi (Editions Calmann Levy, 299 pages), dans lequel on retrouve le pénitentier Marcus déjà rencontré dans Le Tribunal des âmes et Malefico. Il est amené à enquêter sur une série de meurtres pendant 24 heures dans Rome en proie au chaos à cause de pluies diluviennes qui provoquent le débordement du Tibre. Rome est pillée. Les meurtres perpétrés ont un lien avec une société secrète religieuse, l'Eglise de l'éclipse. J'ai trouvé l'intrigue embrouillée et pas très crédible. Je ne "marche" pas quand c'est trop mystique ou ésotérique. La résolution de l'histoire tient sur les trois ou quatre dernières pages et puis c'est tout. Cela se lit bien mais demeure assez oubliable.     

Je passe à une deuxième petite déception, le roman islandais Ör d'Audur Ava Olafsdottir (Editions Zulma, 236 pages), dont j'avais tant aimé Rosa Candida. J'ai oublié l'histoire assez vite et j'ai été obligée de le refeuilleter pour écrire le billet. Ör, qui est un terme neutre (ni masculin, ni féminin), veut dire "cicatrices" en islandais, des cicatrices sur la peau, mais le terme s'applique à un pays ou à un paysage malmené par une construction ou par une guerre" (Note de l'auteur à la dernière page du livre). En Islande, Jonas Ebeneser, âgé de 49 ans, porte sept cicatrices sur le corps, 4 au-dessus du nombril et 3 au-dessous. Depuis plus de huit ans, il n'a pas touché de femme. Divorcé de Gudrun, il a une fille qui porte aussi ce prénom. Sa vieille mère qui vit dans une maison de retraite s'appelle aussi Gudrun. Quand le roman commence, Jonas qui est malheureux passe son temps à faire des réparations, du bricolage avant d'en finir avec la vie. Mais il se fait d'abord tatouer un nymphéa blanc sur le corps. Il appris que Gudrun Nymphea n'est pas sa fille biologique. Pour éviter que sa famille proche soit traumatisée par son suicide, il part dans un pays qui n'est pas nommé, ravagé récemment par la guerre. Il se donne une semaine avant de mourir, et il emporte donc le strict minimum, dont une perceuse. Je m'arrête là et vous laisse découvrir la suite. Ce n'est pas déplaisant à lire, bien au contraire, mais je ne suis pas arrivée à m'attacher au personnage de Jonas, qui est le narrateur. Lire les billets enthousiastes de Micmelo et de Lou.

Je continue avec La femme de l'ombre d'Arnaldur Indridason. Il s'agit du tome 2 de la Trilogie des ombres (Editions Métailié, 317 pages). Il n'est pas forcément nécessaire d'avoir lu le tome 1, les histoires étant distinctes même si l'on retrouve les enquêteurs Flovent et Thorson. Cela se passe toujours dans les années 40, en plein conflit mondial, à Reykjavik. En 1943, l'Islande est une base des Alliés. Malheureusement, les relations entre les miliataires et les habitants de Reykjavik sont parfois tendues et à juste raison. Le corps d'un homme est rejeté par la mer, un deuxième homme est sauvagement tabassé  dans un pub et meurt suite à ses blessures, enfin une jeune femme disparaît alors qu'elle fréquentait les militaires de la base aérienne. Flovent et Thorson se partagent le travail. C'est un roman d'atmosphère. Plusieurs personnages dont une femme dont on ne connaîtra le prénom qu'à la toute fin de l'histoire sont présents tout au long de ces histoires qui s'entremêlent plus ou moins. Indridason a très bien su jouer avec la chronologie des événements. Il y a un décalage dans le temps entre deux récits. On s'en rend compte au fur et à mesure de la lecture. Je n'ai pas boudé mon plaisir, même si ce n'est pas un coup de foudre. Les personnages de Flovent et Thorson manquent un peu de vie. Malgré tout, comme Aifelle, je lirai le troisième tome.

Je termine par mon "chouchou", Huit montagnes de Paolo Cognetti (Editions Stock, 299 pages), que j'ai eu envie de lire grâce à Dominique. En juillet 1984, Pietro Guasti part pour la montagne dans la région du Val d'Aoste pour la première fois. Lui, l'enfant des villes, découvre la randonnée en montagne avec son père, un montagnard fervent. Mais Pietro souffre du mal des montagnes sans oser l'avouer. Cependant, c'est là que Pietro rencontre Bruno Guglielmina, né dans ces montagnes, qui n'arrête pas de travailler dur. Une belle amitié va débuter qui durera plus de 20 ans, même s'ils se perdent de vue pendant quelques années. Comme Dominique, j'ai aimé tous les personnages, même ceux qui sont moins présents, comme les deux mères des deux garçons. Le père de Pietro, pas très commode, a beaucoup de dignité. L'écriture est limpide. Je me suis sentie bien en leur compagnie et je les ai quittés à regret. Un roman qui a été justement récompensé du Prix Médicis Etranger cette année.

mercredi 13 décembre 2017

Les Vieux fourneaux : La magicienne - Cauuet et Lupano

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Depuis deux ans que je les avais quittés, j'avais hâte de retrouver Pierrot, Antoine et Emile, nos "vieux fourneaux". Il est conseillé de lire les tomes précédents pour situer les personnages dans ce tome-ci. Je vous avoue qu'à la première lecture, j'ai été un peu déçue. Je viens de le relire pour écrire ce billet et je l'ai bien apprécié, même si j'ai préféré les tomes précédents. Je l'ai trouvé moins humoristique. C'est peut-être le sujet qui le veut.

Antoine suit la tournée de marionnettes de sa petite-fille Sophie, car il veille sur Juliette, la fille de cette dernière. Ce tome porte le sous-titre "La magicienne". Cela se réfère au nom d'une sauterelle, appelée "la magicienne dentelée", qui se reproduit par "parthénogénèse télythoque" (son vrai nom est Saga pedo, après vérification dans wikipedia - je croyais qu'il s'agissait d'une invention des auteurs!). Cet insecte vit sur un terrain jouxtant l'usine Grand-Servier qui voulait s'agrandir. Bien entendu, les écolos veulent protéger la zone où vit cet insecte protégé, au grand désespoir d'Antoine qui considérait que l'extension de l'usine aurait permis une relance économique du département du Tarn-et-Garonne avec de la création d'emplois. Sophie, le personnage central de ce tome, est aussi surnommée "la magicienne dentelée", en raison du mystère qu'elle laisse planer sur l'identité du papa de sa fille. Toujours est-il qu'à la fin de cet épisode, on connaît les identités des pères de Sophie et de Juliette. Et on devine que Sophie a peut-être enfin trouvé l'homme dont elle rêvait. Enfin, on observe comment Emile, revenu d'Ecosse, reçoit du lisier sur la figure malgré ses bonnes intentions. J'avais cru, quand le premier tome était paru, qu'il n'y aurait que 4 tomes. A posteriori, en raison du succès de ces "Vieux fourneaux", un cinquième tome est prévu, puisqu'il est écrit sur la dernière vignette "fin de l'épisode". Il faut noter qu'il y a un "merchandising" autour de cette série: des mugs (j'en ai acheté un) et des tee-shirts entre autres.

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jeudi 7 décembre 2017

Noël, ça fait vraiment chier! - Elsa Cayat

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J'ai davantage apprécié Noël, ça fait vraiment chier! que le précédent livre que j'avais lu d'Elsa Cayat. Sous-titré "Sur le divan de Charlie hebdo", l'ouvrage (octobre 2015, 122 pages) reprend 25 chroniques parues dans l'hebdomadaire entre février 2014 et janvier 2015. Il s'agit donc de textes courts, illustrés par ("portés par des dessins de") Catherine [Meurisse]. Elsa Cayat tenait sa rubrique "Charlie divan" dans un numéro sur deux (tous les 15 jours).

Si j'ai donc davantage "accroché", c'est sûrement parce qu'il s'agissait de textes courts avec un début, un milieu et une fin (exercice de style). A ce propos, dasola me souffle souvent de faire court, quand je rédige un de mes billets. Alors je [Ta d loi du cine, "squatter" chez dasola] vais juste m'autoriser à compiler quelques citations dans un patchwork réducteur, mais toujours révélateur: L'autorité, comme le dit si bien la consonance du mot, c'est autoriser à se taire (p.63). Lorsque l'argent est un instrument d'échanges de biens matériels, le but de l'homme est l'humanité. En devenant le but et la fin de la vie, les biens matériels sont devenus ce par quoi l'homme s'attribue de la valeur (p.111). Le problème de l'homme commence quand lui-même devient un système, car un système c'est avant tout insiste, aime, et oublie-toi! (p.109). C'est quand l'homme souffre qu'il s'aperçoit qu'il aime. Non quand il est heureux avec l'autre (p.28). Proust n'aurait pas dit mieux (mais sûrement plus long!).

Et, ci-dessous, quelques-uns des dessins qui accompagnent les chroniques, où reviennent souvent les thèmes des relations familiales, des mères abusives, etc. Le plus souvent, Catherine (bien vivante) met en scène la psychanalyste.

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Pour la bande dessinée publiée en fin du livre, j'ai préféré reprendre ici la version publiée dans le "numéro des survivants" en janvier 2015.  

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Par souci de précision, j'aurais bien aimé que soient mentionnées les dates où les chroniques d'Elsa Cayat avaient été publiées, mais c'est vrai qu'on peut s'en passer. Je n'ai en tout cas pas vu ce livre mentionné sur beaucoup de sites ou blogs (à part ceux de la presse, ceux de librairie ou vente en ligne), excepté ici.

Pour la petite histoire, depuis la mort d'Elsa Cayat, Yann Diener [APE 8690D et non F?] a pris la suite pour Charlie hebdo, en matière de psychanalyse / d'une certaine manière, avec une chronique hebdomadaire intitulée "Les histoires du père Sigmund".

*** Je suis Charlie ***

PS du 09/12/2017 (15h00): suite aux différents commentaires déjà suscités par ce billet, quelques compléments.
Voici une citation extraite de la première chronique d'Elsa Cayat, celle qui donne son titre au recueil: « Une femme me dit: "Noël, ça fait vraiment chier. J'adore préparer Noël pour mes enfants mais voir mon père, assister à l'atmosphère mortifère qu'il fait régner, ne me dit rien". Elle rit et se rend compte qu'elle attend depuis toujours qu'il lui parle enfin... ». [Je ne mets pas la chronique entière, bien entendu, car elle fait trois pages. Mais elle serait à lire intégralement].
Je pense que j'aurais dû mettre cette citation dès la première mouture de mon billet, même si cela le rallonge un peu. Quant au choix de la date (publier en décembre [2017] un billet sur ce livre paru en octobre 2015), je l'assume.

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mardi 7 novembre 2017

Le street art et CHARLIE - Collectif / Marie Christian

Ce mois-ci mon hommage aux tués de Charlie Hebdo est particulier, puisque la présente chronique (signée ta d loi du cine, squatter chez dasola) n'est pas consacrée à l'un de leurs livres ou albums, mais à un recueil d'hommages, Le street art et CHARLIE, sous-titré "La mémoire des murs" (éditions Omniscience, avril 2015, 128 pages, 230 illustrations, rassemblées par Marie Christian).

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Extrait de l'Avant-propos des éditions Omniscience: "Dans les jours qui suivirent les événements dramatiques du mois de janvier 2015 une évidence s'imposait à nous: il fallait faire un livre. (...) pour conserver une trace des innombrables messages, peintures et dessins posés dans la rue par tant d'anonymes et d'artistes du street art." Extrait du texte de 4ème de couv': "Ce livre forme un précieux inventaire de ce qui a été exprimé dans l'urgence, dans l'émotion, sur les murs des villes. C'est aussi et surtout un livre de combat contre toute forme de fanatisme." Je suis bien entendu en accord avec une citation que je relève p.5: "Assassiner pour un dessin qui raille et qui déplaît, une religion qui n'est pas la sienne. Ne nous habituons pas à cela. Jamais." Les photos sont celles d'affiches, tags, pochoirs, et d'autres oeuvres éphémères, avec des motifs liés aux attentats.

On peut trouver des définitions du "street art" sur un site spécialisé ou sur wikipedia bien sûr. Le livre a bénéficié d'un financement participatif: 5614 euros apportés par 171 contributeurs pour une demande initiale de 3300 euros (couverte, donc, à 170%) via KissKissBankBank. Les droits d'auteurs de cet ouvrage sont versés à l'association Les Bâtisseuses de paix

La sélection d'illustrations que j'en tire ci-dessous est bien plus étriquée que le vaste contenu du livre, car je ne cite ci-après (pour rappel, les droits des illustrations appartiennent aux éditions Omniscience ou aux artistes concernés) que ce qui m'a vraiment semblé représenter les dessinateurs assassinés à Charlie hebdo. Même si la Toussaint est passée depuis quelques jours, ils n'en sont plus à cela près je pense. Je n'ai pas repris toutes les oeuvres représentant Cabu (qui a souvent symbolisé l'ensemble des artistes et journalistes assassinés).

P1050599 Ces portaits magnifiques sont dûs à Morèje.

P1050598 Jef Aérosol a rendu hommage à toutes les victimes (connues ou anonymes) de ces jours massacrants.

P1050597 Cabu et Wolinski sont représentés par Big Ben comme rigolant de voir Hollande tagué par un pigeon le 11 janvier 2015...

P1050600 Pochoir de Nice Art ("on a assassiné mon Grand Duduche (...) [qui] pour moi est comme un cousin.").

Mon ressenti, à la lecture de ce que disent les artistes qui ont pu s'exprimer dans le livre, c'est que les trois jours d'attentats sont parfois entrés en résonnance avec les causes qui, chacun et chacune, leur tiennent à coeur, au-delà de Charlie Hebdo. Par ailleurs, j'ai aussi trouvé quelques autres oeuvres (non répertoriés dans le livre sauf erreur de ma part) sur le blog Piwee

Pour l'anecdote, ce livre, dasola me l'a offert lors de notre visite au Musée de l'Homme (qui porte notamment des thématiques humanistes et anti-racistes). Il figurait parmi les titres proposés par leur petite librairie, dont j'ai trouvé la sélection fort pertinente. Le Musée de l'Homme, inauguré en 1938 et rénové de 2009 à 2015, conserve aujourd'hui "l'objectif de présenter une synthèse de l’histoire de l’espèce humaine par un discours allant du biologique au culturel et de l’universel au particulier. (...) Il aborde aussi bien l’étude des périodes les plus anciennes que la période contemporaine qui questionne le devenir de l’Homme", selon son site internet.

Pour en revenir au livre, en conclusion, j'ai été frappé par le témoignage d'un artiste, qui dit (p.116) travailler "depuis deux ans sur un projet contre le racisme et l'incompréhension entre communautés. (...) En ce moment je travaille avec des jeunes en difficulté. (...) J'ai essayé de leur faire comprendre qu'on ne tue pas les gens avec qui ont n'est pas d'accord. Ils ont peu à peu modifié leur raisonnement, et ils ont été touchés à leur tour". Misère de misère! Tout ça pour ça! Et qu'en sera-t-il des milliers et milliers d'autres "jeunes", qui, eux, ne bénéficient pas d'un tel programme de sensibilisation, certainement financés par des fonds publics (qui se font rares à l'heure actuelle)? Ne risquent-ils pas de ne jamais "modifier leur raisonnement"?

*** Je suis Charlie ***

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