mercredi 1 février 2017

La la land - Damien Chazelle / Pause vacancière

Avant de vous quitter pour 10 jours, je vais évoquer en quelques phrases La La Land du franco-américain Damien Chazelle (Whiplash). On va me dire que je fais la fine bouche, mais j'en entends tellement parler depuis plusieurs semaines que je m'attendais à un chef d'oeuvre marquant l'histoire du 7ème Art - et ce n'est pas le cas. Et pourtant le film est en lice pour les Oscars dans 14 catégories!

J'ai néanmoins retenu deux séquences :

L'ouverture du film qui est très réussie: des voitures bloquées par un embouteillage sur une bretelle de "freeway" à Los Angeles, et, tout à coup, les conducteurs se mettent à danser et à chanter.

Et la longue séquence finale où l'on nous raconte ce qui serait arrivé si...

Le reste du film est une suite de saynètes plaisantes à regarder mais sans plus. Les décors et les costumes resplendissent de couleurs vives. Il faut aimer le côté kitsch de l'ensemble comme la reconstitution des quais de la Seine avec l'Arc de triomphe et la Tour Eiffel en carton-pâte. L'histoire ne m'a pas passionnée plus que cela. Mia, serveuse dans un coffee-shop, espère réussir à Hollywood. Seb(astian) aime le jazz, celui de Charlie Parker et John Coltrane. Bon pianiste et espérant ouvrir un jour le night-club de ses rêves, il accepte d'être le membre d'un groupe de musiciens dans lequel il se fourvoie.

La rencontre entre Sebastian et Mia se fait par hasard. Le couple est charmant mais l'ensemble manque d'un petit quelque chose. Je n'ai été ni émue ni enthousiaste.

Lire les billets louangeurs de Matchingpoints, Pascale, Wilyrah, chris, Armelle, et celui de ffred qui l'est nettement moins.

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J'annonce donc que je suis en pause vacancière. J'ai l'opportunité d'aller au pays du Soleil-Levant pendant une semaine.

Je vous laisse en compagnie de mon amaryllis qui vient de refleurir pour la 4ème fois en 3 ans.

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mercredi 16 novembre 2016

Numéro 11 - Jonathan Coe / Rencontre avec l'écrivain

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Malgré le billet en demi-teinte de Clara, je voulais lire cette sorte de suite de Testament à l'anglaise. Je ne regrette pas ma lecture bien au contraire, j'ai  beaucoup aimé Numéro 11 (sous-titré "Quelques contes sur la folie des temps") de Jonathan Coe (Editions Gallimard, 444 pages), que j'ai lu en 24 heures. Le roman se compose de cinq parties distinctes: "La tour noire", "Le come-back", "Le jardin de cristal", "Le prix Winshaw" et "What a whopper! (C'est énorme!)". Rebecca Wells et Alison Doubleday sont les personnages principaux qui servent de fil rouge à ces histoires où le nombre "11" apparaît subrepticement. Tout se déroule pendant une période de 12 ans, entre 2003 et 2015. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu Testament à l'anglaise pour apprécier ce roman. Rebecca Wells, qui a 10 ans en 2003, passe beaucoup de temps chez ses grands-parents avec son amie Alison, une métisse (son père qu'elle n'a pas connu était noir). Dans "La tour noire", les deux filles vont rencontrer, dans une vieille maison délabrée située au 11 Needless Alley, deux personnages singuliers: une femme, "la folle à l'oiseau", et un Chinois cadavérique soucieux de retrouver une carte à jouer représentant une araignée (la phobie de Rachel). Dans "Le come-back", quelques années ont passé, la mère d'Alison, Val, travaille (de moins en moins) dans une bibliothèque (suite à des restrictions budgétaires). Ne pouvant plus se chauffer chez elle, elle prend l'habitude de prendre le bus n°11 et de faire le tour de Birmingham. C'est alors qu'Alison est sélectionnée pour participer à une émission de téléréalité en Australie. Elle est censée être une personne connue pour avoir composé jadis une chanson qui eut beaucoup de succès. Ce qui se passe pendant l'émission est un cauchemar que Jonathan Coe sait admirablement décrire. Dans "Le jardin de cristal", un homme, le mari d'un professeur de Rachel n'a de cesse de retrouver la pellicule d'un film disparu appelé "Le jardin de cristal". C'est dans un container portant le numéro 11 que se passe le dénouement. Dans "Le prix Winshaw", on refait connaissance de deux parentes proches de l'horrible famille Winshaw. L'originalité du prix Winshaw est qu'il récompense un autre prix (littéraire ou autre). Pendant la remise du prix, il se passe des choses pas banales à la table n°11. Et je vous laisse découvrir ce qui se passe dans la dernière partie: c'est en effet "énorme". Un roman ludique, énigmatique, horrifique, très anglais. Je conseille.

PS: le 17 novembre en début de soirée, j'ai eu l'occasion d'assister à une rencontre avec Jonathan Coe à la Maison de la poésie à Paris. Un journaliste posait des questions et Jonathan Coe, qui comprend bien le français, répondait par l'intermédiaire d'une interprète. J'ai appris entre autre que le titre Numéro 11 se référait au fait que c'est le onzième roman de l'écrivain, et cela fait aussi référence au 11 Downing Street (adjacente au 10 de la même rue) à Londres (les Britanniques disent tout simplement "Number 11") qui est la résidence du Chancelier de l'échiquier, le ministre des finances et du trésor. Cette rencontre qui a duré 1H15 sera diffusée sur France Culture l'été prochain. A l'issue de cette présentation, Coe a fait des dédicaces, dont mon exemplaire de  Testament à l'anglaise. J'ai passé un très bon moment.

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mardi 1 novembre 2016

Mamie dans les orties - Aurélie Valognes / Abbesses - Hélène Clerc-Murgier

Voici deux premiers romans qui se lisent agréablement.

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Je commence par Mémé dans les orties d'Aurélie Valogne (Livre de poche, 255 pages), un premier roman qui été autoédité. Je l'ai lu en une matinée. L'histoire très sympathique est vite lue (et assez vite oubliée). Dans une ville de province, Ferdinand Brun est un vieil "ours" de 83 ans qui habite au 1er étage d'un bâtiment d'une résidence régentée par Mme Suarez, une gardienne "garde-chiourme". Ferdinand occupe l'appartement de son ex-femme récemment décédée. Il y vit avec sa chienne Daisy, un dogue allemand. Mme Suarez déteste M. Brun (et surtout Daisy) depuis le premier jour où ils sont arrivés. Elle les accuse de tous les maux qui surviennent dans la résidence et elle aimerait bien les voir déguerpir pour que la vie reprenne un cours normal. Je vous laisse découvrir les quelques péripéties qui ponctuent cette histoire dans laquelle une nonagénaire et une adolescente vont faire changer les choses.

Je passe à Abbesses d'Hélène Clerc-Murgier (Editions Babel Noir, 368 pages ) qui se passe dans les années 1620 à Paris. Un tapissier et valet ordinaire du roi a été sauvagement assassiné et son corps mutilé a été retrouvé sur une berge de la Seine. Un vagabond est rapidement arrêté, jugé et condamné à être pendu au gibet de Montfaucon. Avant de partir au gibet, ce condamné, Franscaroube, délivre au lieutenant criminel Jacques Chevassut (qui vient de le condamner) un message confus où il est question d'un trésor de Marie près d'un temple de Mercure à Montmartre. Grâce à ce roman, j'ai appris qu'il y avait à Montmartre une abbaye où vivaient des moniales bénédictines. Elle fut fermée en 1790. Le nom de la station de métro "Abbesses" vient de là. La romancière a dû étudier un plan de la villle de Paris à cette époque, car elle est d'une grande précision dans l'énoncé des noms de rues aujourd'hui disparues. Composé de courts chapitres, c'est un roman qui se lit bien. Je lirai certainement le tome suivant déjà paru.

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mercredi 7 septembre 2016

Un homme + une femme = quoi? - Elsa Cayat

C'est un article du Huffington Post paru pour la Saint-Valentin 2015 qui avait attiré mon attention sur ce livre d'Elsa Cayat. On l'oublie trop souvent, Elsa Cayat faisait partie de l'équipe de Charlie Hebdo, et, ès qualité, assistait à la funeste conférence de rédaction du 7 janvier 2015. Elle en est l'unique morte sauf erreur de ma part (ces salauds qui disaient "on ne tue pas les femmes"...!). J'avais donc tenu à lire, pour le chroniquer [en tant que ta d loi du cine, squatter chez dasola], au moins l'un de ses livres (dont la 1ère édition était parue en 1998 - rédaction il y a près de 20 ans, donc). Et j'ai soigneusement procrastiné cette chronique - jusqu'à aujourd'hui (bien que l'ayant annoncée de longue date).

avant : P1000658 après (13/05/15): P1030689

Je garde de cette lecture le regret d'avoir constaté que "l'identité" de l'auteure ne change rien au fait que mes propres atomes crochus avec cette "discipline" que se veut la psychanalyse demeurent inexistants. Je n'aurais sûrement pas été au bout du bouquin n'étaient les circonstances. Je me suis astreint à lire ce livre qui a traîné des semaines et des mois dans la poche de mon anorak, et l'ai grignoté péniblement, 10 pages par 10 pages, lors de mes déplacements en métro. Longtemps, j'ai espéré un clin d'oeil montrant que l'auteur n'était au fond pas dupe de ce qu'elle écrivait: en vain, sauf erreur de ma part. Dupé par le titre, je suppose que j'attendais au moins un rapport lointain avec Et l'amour dans tout ça? (Kriss Graffiti et Chantal Pelletier)... [nettement plus allègre!] ou bien avec la série Mars et Vénus (de John Gray, avec déclinaisons au théâtre, en BD...)? Ici, nous avons (je crois) de la psy (chanalyse) pure et dure. Or ce n'est pas ma tasse de thé. A mon avis, Elsa Cayat semble avoir travaillé dans une direction qui l'amenait à étudier davantage le jeu des mots que les faits en jeu [pour ne pas dire "maux"]? On peut aussi remarquer que la plupart des associations syllabiques qu'elle détecte ne sont valables qu'en français, donc sans portée universelle...

Je le répète, il s'agit juste d'une absence d'écho chez moi, par rapport à la "psy" et à son jargon... Il est certain que des lecteurs plus branchés "psy" que moi peuvent lire avec grand intérêt ce livre, même si, j'en suis encore désolé, cela n'a pas été mon cas. Pour ne pas rester dans le négatif, j'en extrairais tout de même quelques citations qui ont attiré mon attention, comme p.81: il n'y a pas à être coupable, n'importe qui fait des erreurs, mais il y a à être responsable. Ce qui ne veut pas dire accepter cyniquement ses erreurs, comme le faisait, il n'y a pas si longtemps, un politicien, comme si on n'y était pour rien. Ou, p. 95: Effectivement l'homme aime son prochain comme lui-même, c'est-à-dire pas beaucoup parce qu'au fond il a du mal à s'aimer.

Au final, peut-être serais-je davantage intéressé par un recueil (posthume) de ses chroniques pour Charlie? Noël, ça fait vraiment chier! (octobre 2015) ne semble disponible dans aucune bibliothèque municipale parisienne... A suivre! [chroniqué le 07/12/2017]

*** Je suis Charlie ***

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lundi 5 septembre 2016

Un petit boulot - Pascal Chaumeil

Après l'Arnacoeur, déjà avec Romain Duris en 2010, voici Un petit boulot, l'ultime film du réalisateur Pascal Chaumeil, décédé juste après la fin du tournage en 2015. Un petit boulot est adapté du roman éponyme de Iain Levinson (que je vous recommande). C'est Michel Blanc, qui joue un des personnage du film, qui a écrit l'adaptation et les dialogues. Dans le nord de la France, Jacques est chômeur depuis deux ans. Sans enfant et sa femme l'ayant quitté, Jacques a gardé néanmoins son pavillon pratiquement vide: les huissiers ont tout pris. Grâce à Tom (Gustave Kervern), un copain, il est employé dans une station-service. Cela lui laisse du temps pour travailler pour Gardot, le mafieux local. En effet, pour éponger ses dettes (il a perdu de l'argent au poker), Jacques accepte "dans un moment d'égarement" de devenir un tueur. Gardot lui demande d'éliminer sa femme, dont il a la preuve de l'infidélité. Ce premier "contrat" se passe bien, sauf que le chien de Cardot est abattu en même temps que l'épouse (un moment que j'ai trouvé aussi drôle que la scène du chat dans l'arbre dans Adam's Apples, même si la salle n'a pas trop ri). D’autres meurtres suivront, dont celui d’un inspecteur odieux chargé d'auditer les trois employés de la station-service (dont Jacques).
Les dialogues ciselés par Michel Blanc sont savoureux. Beaucoup de scènes ou de situations sont très drôles. Romain Duris barbu et chevelu est convaincant. Un film de fin d’été très sympa. Et cela donne envie de (re)lire le roman de Levison.
Lire le billet de Géraldine.

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dimanche 17 juillet 2016

L'âge de glace 5: Les lois de l'univers - Galen T Chu et Mike Thurmeier

Après les tragiques événements qui viennent de frapper durement Nice et la France, je ne peux même pas vous conseiller, pour vous distraire un peu, de voir un dessin animé que j'attendais avec impatience. En effet, L'âge de glace 5: Les lois de l'univers nous a déçus, mon ami et moi. Le film d'animation ne devrait durer que 10 ou 15 minutes, en plus de celles où l'on voit Scrat et son gland provoquant un beau charivari dans l'univers en perturbant le mouvement des planètes. Comme dans un jeu de flipper, Mars rebondit sur Jupiter en laissant la marque rouge caractéristique sur la plus grosse planète de notre système solaire; la Lune se retrouve en orbite autour de la Terre; Saturne saute dans ses anneaux et un astéroïde géant se dirige droit vers la Terre. Et l'on retrouve, sur notre planète, Manny le mammouth, Diego le tigre et Sid le paresseux, entourés de personnages de plus en plus nombreux: Ellie, la compagne de Manny, leur fille Pêche et son fiancé Julian, Khira, la copine de Diego, Mémé, la grand-mère de Sid, etc. La belette borgne Buck rencontrée dans L'Age de glace 3: Le temps des dinosaures va prendre la tête des opérations afin que l'astéroïde soit détourné de sa trajectoire. A part ça, l'histoire n'est ni très amusante ni originale: Manny ne veut pas que Pêche parte pour vivre sa vie avec Julian, Sid va peut-être enfin rencontrer l'amour en la personne de Brooke, une charmante femelle paresseux, qui vit dans la communauté de Geotopia où l'on ne vieillit pas. Je pense que c'est l'Age de glace de trop. En revanche, je rêve d'un long-métrage avec Scrat et rien que lui. J'espère que cela se fera un jour.

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dimanche 3 juillet 2016

Michael Cimino (3 février 1939 - 2 juillet 2016)

Je viens d'apprendre la disparition du réalisateur américain Michael Cimino et cette nouvelle m'attriste beaucoup. Ce cinéaste "maudit" a réalisé sept long-métrages que j'ai tous vus.

Il n'avait rien tourné (ou presque) depuis 20 ans. Michael Cimino a réalisé trois chefs-d'oeuvre: Voyage au bout de l'enfer sorti en 1978 (The Deer Hunter), La porte du Paradis en 1980 (Heaven's gate, film maudit qui fut un bide aux Etats-Unis et qui "coula"  les studios "United Artists") et L'année du Dragon (1985) qui a permis de faire connaître Mickey Rourke. Les quatre autres films sont Le Canardeur en 1974 (avec Clint Eastwood), un très bon film, Le Sicilien (1987), Desperate Hours (1990) et Sunchaser (1996).

L'année 2016 continue d'être une année noire pour le cinéma.

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jeudi 9 juin 2016

The Nice Guys - Shane Black / Mr Holmes - Bill Condon

Voici deux films vus il y a déjà quelque temps.

Je commence avec The Nice Guys dont l'intrigue se passe en 1977 à Los Angeles. Ce film permet à Ryan Gosling et Russell Crowe de s'essayer dans le registre comique et ils s'en sortent bien (surtout Ryan). Les deux interprètent des détectives privés qui enquêtent sur l'assassinat d'une jeune actrice, star du porno. La mère de cette dernière est jouée par Kim Basinger qui est raide comme un piquet. Il faut dire que la chirurgie esthétique a fait des ravages. Revenons à nos deux détectives qui se trouvent embringués dans une histoire pas possible semée de gags souvent hilarants. Il y a quelques morts mais pas trop. Un film à conseiller pour se dérider les zygomatiques. Lire le billet de Pascale.

Je continue avec Mr Holmes de Bill Condon. Ce film est une sorte d'hommage au personnage de fiction Sherlock Holmes. A la fin des années 40, Holmes a 93 ans et souffre de troubles de la mémoire. Il vit retiré dans une grande ferme dans la campagne anglaise (dans le Sussex) en compagnie d'une gouvernante, Mrs Munro, et de son jeune fils, Roger. Roger et Holmes ont la passion des abeilles. D'ailleurs, il y a des ruches au fond du jardin de la ferme. Dans les lambeaux de sa mémoire, Holmes se souvient d'une affaire non résolue. C'est un film assez nostalgique et un peu triste. Sir Ian McKellen qui interprète Holmes est bien mais les autres acteurs aussi, en particulier le petit Milo Parker qui joue Roger. Lire le billet de Sentinelle (qui a aimé) et Deuxième séance (nettement moins).

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mardi 17 mai 2016

Meurtres à Willow Pond - Ned Crabb

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Meurtres à Willow Pond de Ned Crabb (Edition Gallmeister, 420 pages) remplit son contrat de lecture distrayante (si, si). C'est un vrai "page turner". Les morts sont violentes, les personnages (presque) tous antipathiques (même la première victime). Cela se passe dans le Maine de nos jours, au bord d'un lac, dans un lodge où viennent des gens fortunés. Iphigene (Gene) Seldon, 77 ans, est la maîtresse des lieux. Elle se comporte en tyran au langage peu châtié qui humilie ses neveux et nièce futurs héritiers de la fortune familiale. Mais Iphigene a décidé de changer son testament et veut en faire part lors d'un week-end. Pour ce faire, outre ses neveux Brad (un alcoolique), Merrill (une accro à la cocaïne) et Kipper (un homosexuel), elle a demandé à Alicia et Six Goodwin, ses cousins, d'être présents. Il faut préciser que Brad et Merrill, considérés comme les meilleurs pêcheurs de l'Etat, sont séparés et en instance de divorce de leurs conjoints qui ne valent pas mieux. Excepté Alicia et Six, tous les personnages ne pensent qu'à l'argent et ne rêvent que de se débarrasser de Gene. Leurs voeux sont exaucés quand, lors d'un gros orage, Gene est assassinée de manière brutale. Bien évidemment, les suspects sont nombreux. Je vous laisse découvrir les rebondissements de l'intrigue (dans laquelle le lecteur se perd un peu) et faire connaissance avec les enquêteurs: le shérif Benson et son adjoint Caleb ainsi que Tom (Thomasina) Barclay, une inspectrice et docteur en psychologie criminelle. Un roman vraiment sympa à lire pour la galerie des personnages.

Lire les billets d'Hélène et de Sandrine.

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jeudi 12 mai 2016

Adopte un veuf - François Desagnat / Desierto - Jonas Cuaron / Baden Baden - Rachel Lang

Parmi les sorties cinéma de fin avril / début mai 2016, il n'y a eu rien de transcendant à l'exception d'un film chinois sorti la semaine dernière que j'évoquerai dans mon prochain billet.

Je commence par Adopte un veuf de François Desagnat, qui vaut mieux que son titre et que l'affiche. Hubert Jacquin (André Dussollier), veuf depuis peu, est un septuagénaire qui file un mauvais coton, en vivant (débraillé, pas rasé) dans un immense appartement en désordre. Chez sa boulangère, Hubert récupère un numéro de téléphone d'une éventuelle femme de ménage. A la place se présente Manuela, pétante de vie. Elle cherche une colocation. A force de persuasion, elle arrive à amadouer Hubert, qui accepte de sous-louer par la suite à deux autres personnes: Paul-Gérard, un avocat (allergique au gluten) quitté par sa femme, et Marion, une jeune infirmière travaillant dans un hôpital. Le film est sympa même si j'ai trouvé qu'il manquait de rythme. Pourquoi pas? Lire le billet de Pascale.

Je passe à un film mexicain, Desierto, réalisé par le fils d'Alfredo Cuaron, Jonas. C'est en lisant le billet du Bison (que je remercie) que j'ai eu envie d'aller voir ce film interdit aux moins de 12 ans (et pour cause). Dans des paysages grandioses à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, une quinzaine de migrants mexicains clandestins voyagent dans une camionnette bâchée. Le véhicule tombe en panne au milieu de nulle part et les clandestins commencent une longue marche sous un soleil brûlant. Ils sont bientôt tirés comme des lapins par Sam, un Américain dangereusement fêlé, et son chien. Il tire avec une carabine à lunette et atteint sa cible à chaque fois. Bilan: une dizaine de morts. Le spectateur est ébranlé. Parmi les 5 survivants, des retardataires qui marchaient moins vite que les autres et que Sam et son chien se mettent à traquer, il y a Moises (Gael Garcia Bernal qui a produit le film). Pendant plus d'une heure, on assiste à la course poursuite entre Sam et les pauvres clandestins. Je vous laisse découvrir comment tout se termine. J'ai trouvé ce film haletant très bien fait. J'émettrai un bémol sur la psychologie du "méchant": on ne sait pas pourquoi il agit comme il le fait. Comme dirait l'autre, c'est un "vrai malade". Il a un discours incohérent. A part ça, le film vaut le coup d'oeil.

Je terminerai par Baden Baden, premier long-métrage de Rachel Lang, qui a reçu de bonnes critiques. J'avoue ne pas m'être sentie concernée par l'histoire d'Ana, 26 ans. Salomé Richard (très bien) lui prête sa silhouette longiligne. Avec ses cheveux brun et courts, elle fait garçon manqué. Quand le film débute, elle arrive à la fin d'un contrat de chauffeur sur un tournage. Elle rentre à Strasbourg après avoir été arrêtée pour excès de vitesse grâce à la voiture de location qu'elle a "oubliée" de rendre. Ana, qui aime sa grand-mère (épatante Claude Gensac), est aux petits soins pour elle. Sinon, Ana est partagée entre Simon (son meilleur ami) et Boris (son ex avec qui elle renoue). C'est un film léger qui ne m'a pas vraiment touchée, dommage. Lire le billet de Carmadou.

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