mercredi 6 août 2014

Hôpital psychiatrique - Raymond Castells / Roman américain - Antoine Bello

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Hôpital psychiatrique de Raymond Castells (Editions Rivages Noir, 600 pages) a comme toile de fond le quotidien et les conditions effroyables dans lesquelles vivaient des centaines de personnes dans un hôpital psychiatrique entre 1937 et 1942 dans la région de Toulouse. En février 1937, le personnage principal de l'histoire, Louis Dantezzi, 17 ans, est accusé d'avoir massacré toute sa famille et, par ordre d'un juge, interné de cet établissement. Louis est un jeune homme costaud, intelligent, lettré (admirateur de Dumas) et qui sait se défendre. Et tout le monde est contre à lui, à commencer par les gendarmes qui l'ont amené à l'institut. Les gardes et quelques détenus lui font subir un bizutage brutal. Je n'oublie pas le directeur de l'établissement, être ignoble à tout point de vue. Mais Louis survit, et, grâce à son intelligence et ses bonnes relations avec le médecin aliéniste, on suit son ascension au sein de l'établissement (il va en devenir l'économe). Sa rencontre avec Louise, une jeune internée, va bouleverser sa vie. Tel Edmond Dantès, Louis compte s'évader avec sa belle et la fortune que le directeur a détournée. Avec ce roman, Raymond Castells, psychologue clinicien de formation, brosse un portrait épouvantable sur les traitements infligés aux "fous" sans oublier que beaucoup sont morts de faim pendant la deuxième guerre mondiale (comme Camille Claudel et Séraphine de Meaux). C'est un livre qui se lit très bien. Il n'y a rien d'insoutenable malgré certaines descriptions. Je conseille vraiment ce roman policier. Lire le billet de dominique.


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Maintenant, je passe à Roman américain d'Antoine Bello (Gallimard, 280 pages). C'est un livre très agréable à lire malgré le sujet qui peut paraître rébarbatif: le marché du "Life settlement", c'est-à-dire la revente à des tiers des assurances-vie en cours de constitution. Cela se passe aux Etats-Unis de nos jours (ce n'est pas encore possible en France... du moins pour le moment). Pendant sept semaines, un journaliste, Vlad Eisinger publie sept articles se rapportant à ce phénomène. Il a pris comme exemple quelques individus habitant une petite ville de Floride, Destin Terrace. Dans cette petite ville vit aussi Dan Siver, écrivain raté et observateur de ce qui se passe. Il échange des mails avec Vlad et on a droit à des extraits de son journal. Ce roman reste ludique et léger mais un brin cynique quand est évoquée la "maturité" d'un contrat (quand l'assuré vient de décéder). Cela parle surtout des sommes d'argent colossales qui sont en jeu, des tables de mortalité, du fait qu'une entreprise peut prendre une assurance-vie sur un de ses employés sans que ce dernier en soit informé et de beaucoup d'autres choses. Mais après tout, ce n'est qu'un roman (très instructif au demeurant).

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lundi 28 juillet 2014

Les grandes séries américaines des origines à la fin des années 70 - Alain Carrazé et Christophe Petit

Après avoir trouvé dans une librairie d'occasion un ouvrage intitulé Les grandes séries américaines des origines à 1970 (Huitième art éditions, 200 pages) qui rappelle quelques séries américaines bien connues des origines aux années 70, je confesse que Mannix, Les Mystères de l'ouest, L'homme de fer (dans son fauteuil roulant), Mission impossible (et la disquette qui s’autodétruit), Le Fugitif, Les Envahisseurs (avec le petit doigt raide, et qui se dissolvent quand ils meurent), Kojak (crâne chauve et sucette), Cannon, Les Incorruptibles, Bonanza, Daktari (avec le lion Clarence et la guenon Judy), Ma sorcière bien aimée (j’adore le générique), Au nom de la loi (qui a fait connaître Steve McQueen) ont fait partie de mes bons souvenirs télévisuels de mon adolescence. Je pourrais aussi citer d’autres séries de la même époque comme Les Monroe, Les Bannis, Peyton Place, La grande vallée et quelques autres. J'ai eu le plaisir de revoir en DVD certaines séries comme Hawaï Police d'état ou Perry Mason.

L’ouvrage, qui n’est plus disponible sauf d’occasion, date de 1994. Il se décompose en 28 chapitres évoquant chacun une série. Illustrés par beaucoup de photos, les chapitres sont rédigés par différents rédacteurs dont l’écrivain Martin Winkler. Ce dernier a rédigé les chapitres concernant Zorro, Max La menace (jamais vu) Les mystères de l’ouest, La Quatrième dimension, Au-delà du réel, Mission impossible et Agents très spéciaux (avec Robert Vaughn et David Mc Callum: une série que j’aime beaucoup). A la fin de chaque chapitre, on trouve la fiche technique, la diffusion en France et les titres des épisodes. Le livre est vraiment très bien fait. Cela ne m'empêche pas de bien apprécier les séries toutes récentes comme Murdoch, Miss Fisher, Fringe, House of cards, Mad men ou NCIS.

Et vous, quelles ont été ou quelles sont vos séries préférées ?

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samedi 19 juillet 2014

Les fantômes de Belfast - Stuart Neville / L'énigme de Saint-Olav - Indrek Hargla / Le cercle - Bernard Minier

 

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Voici trois romans lus récemment qui n'ont pas de rapport entre eux (si ce n'est que ce sont des romans policiers) et qui m'ont procuré d'agréables moments de lecture.

Je commencerai par celui que j'ai préféré des trois: Les fantômes de Belfast de Stuart Neville (Rivages Noir, 423 pages qui se lisent d'une traite). A Belfast, Gerry Fegan, un ex-tueur de l'IRA, est hanté par les fantômes de 12 personnes  qu'il surnomme les "12 suiveurs". Il les a assassinées plusieurs années auparavant. C'étaient des meurtres commandités. Venant de sortir de prison, il commence à éliminer ceux qu'il juge responsable de ces morts. Petit à petit, les fantômes cessent de le harceler tandis que Gerry supprime des êtres peu recommandables. L'histoire est bien menée et tant pis si l'on juge que Gerry ne devait pas se faire justice lui-même. C'est un personnage que l'on n'oublie pas. Stuart Neville est un écrivain à suivre car Les fantômes de Belfast est son premier roman.

Je continue avec un roman policier estonien. C'est le premier d'une série. Dans L'énigme de Saint Olav - Melchior l'Apothicaire, livre 1 (Babel noir, 420 pages intrigantes), Indrek Hargla situe son intrigue entre le 15 et le 22 mai 1409 à Tallinn en Estonie. Cette ville était partagée entre ville basse et ville haute où se situait la forteresse de l'ordre des chevaliers teutoniques. Le bailli de la ville demande à Melchior Wakenstede, l'apothicaire, de l'aider à découvrir qui a décapité un ancien commandeur de l'ordre Teutonique de Gotland. Dans la bouche du mort, l'assassin a placé une vieille pièce de monnaie. Trois autres morts suspectes vont suivre dont deux empoisonnements. Il est question de position des pions dans un jeu d'échecs, de brasseur de bière, de la guilde des Maîtres Chanteurs de Nuremberg et de bâtisseurs d'églises. L'arrière-plan historique n'est pas forcément très simple car assez méconnu, mais cela ne m'a pas empêché de bien apprécier ce roman que je vous conseille.

Je terminerai avec Le cercle de Bernard Minier (Pocket, 780 pages) où l'on retrouve le commandant Servaz (dont on avait fait connaisance dans Glacé).  Dans la région de Toulouse à Marsac, Hugo, un étudiant, est retrouvé dans la maison où l'on découvre le corps d'une prof. Elle a été ligotée et laissée sans vie dans sa baignoire. Servaz est chargé de l'enquête par sa hiérarchie et surtout par Marianne, la mère d'Hugo. Ce dernier apparaît être le principal suspect. D'autres morts vont suivre. Les victimes ont un lien commun. J'ai trouvé que 780 pages, c'était un peu long. Il y a pas mal de digressions, de sous intrigues. J'ai préféré Glacé.

samedi 17 mai 2014

Cyber menace - Tom Clancy / L'appel du coucou - Robert Galbraith (pseudonyme de J.K Rowling)

Voici deux "pavés" relativement vite lus.

Cyber menace (Editions Albin Michel, 720 pages) est le premier roman de Tom Clancy que je lis. Tom Clancy (disparu en octobre 2013) l'a co-écrit avec Mark Greaney. J'ai été attirée par le titre, la menace cybernétique, le cyber espionnage, le cyber sabotage. Les "méchants" de l'histoire sont une poignée de Chinois qui travaillent en sous-main pour le gouvernement chinois, qui veut étendre son influence au large de la mer de Chine. Ce roman décrit l'affrontement entre deux grandes puissances, d'un côté les Américains et de l'autre les Chinois, par cyber attaques interposées. Au milieu, nous trouvons Jack Ryan, le président des Etats-Unis et son fiston, Jack Ryan junior, qui travaille dans une agence de renseignements très secrète. Le roman assez haletant comportent de nombreuses scènes d'action où les victimes ont surtout à voir avec l'informatique. Vous pouvez deviner la fin de l'histoire: le monde libre est sauvé grâce aux Américains (pour l'instant). Roman idéal pour l'été. 

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Maintenant, je passe à L'appel du coucou (Editions Grasset, 570 pages) de Robert Galbraith (pseudonyme de J.K Rowling), qui se lit très agréablement. Un certain John Bristow demande à Cormoran Strike, un détective privé unijambiste (il a perdu une jambe au combat en Afghanistan), de rouvrir une enquête. En effet, Bristow, qui a connu Strike pendant l'enfance, n'est pas convaincu par la thèse de la police qui a établi que sa soeur, Lula Landry, s'est suicidée trois mois auparavant en se jetant du balcon de son appartement en plein Londres. Lula Landry, une jeune femme noire, était un mannequin célèbre, riche à millions et vraiment très jolie. Spike accepte d'autant plus la demande qu'il est dans une passe financière difficile. Et sa fiancée vient de le quitter. Il vit et dort dans son bureau. Cette manne financière inespérée lui permet d'engager une secrétaire intérimaire, Robin Ellacott. A eux deux, ils vont dénouer les fils d'une intrigue retorse dans laquelle nous est révélée l'histoire d'une famille où se mêle la folie, l'appât du gain et la jalousie. Beaucoup de personnages sont des suspects potentiels, car Cormoran et Robin découvrent que Lula (surnommée "le coucou" par un des ses proches) a en effet bien été assassinée. L'intrigue est menée tambour battant, même si je trouve que le roman aurait été meilleur avec 60 pages de moins. Après Une place à prendre, J. K. Rowling confirme qu'elle a tourné la page "Harry Potter". Il semble qu'une suite avec Robin et Cormoran est prévue. 

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Lire les billets de sylire, dominique et Le Papou.

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dimanche 11 mai 2014

Quatre romans lus et non commentés depuis courant mars 2014 (suite)

Voici quatre romans que j'ai lus depuis ces trois derniers mois (dans la continuité de mon article du 14 avril 2014).

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Je commencerai par La bête de Kenneth Cook (Editions autrement). J'ai trouvé qu'il s'agissait d'une oeuvre un peu "fond de tiroir" parmi ce que j'ai lu du romancier disparu en 1987. Selon moi, la forme "nouvelle" aurait mieux convenu que celle du roman. Un père et son fils, dans le bush australien, essayent de chasser un énorme sanglier qui dévaste tout sur son passage. L'animal semble narguer les humains en général et ces deux hommes en particulier. Cette "bête" ne se laisse pas prendre et montre une sorte d'intelligence. Jusqu'au bout, on se demande qui va l'emporter. Je vous laisse le découvrir. De l'écrivain, préférez ses nouvelles ou d'autres romans.

 

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Ne deviens jamais vieux! de Daniel Friedman (Editions sonatine, 330 pages) avait eu de bonnes critiques dans la presse. Pour ma part, je suis restée sur ma faim en compagnie de Buck Schatz, un octogénaire (87 ans) ancien flic qui va de temps en temps prier à la synagogue. Il reprend du service flanqué de son petit-fils Tequila. Ils partent à la poursuite de lingots d'or cachés dans un coffre de banque. Ces lingots sont la possession d'un criminel nazi grabataire pensionnaire d'une maison de retraite. Buck et Tequila ne sont pas tout seuls à la poursuite du magot et les cadavres s'accumulent. Pour ce qui me concerne, ce livre ne m'a pas convaincue du tout. S'il y a de l'humour, cela m'a échappé. Et Buck ne m'a pas du tout attendrie.

 

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Le diable sur les épaules (Editions Pocket, 544 pages) de Christian Carayon se passe dans les années 20 dans la région du Tarn. Un jeune criminologue, Martial de la Boissière, est appelé en renfort par Camille, l'institutrice du villlage et amie d'enfance de Martial. Un, puis deux, puis trois crimes atroces sont commis à La Vitarelle. Les morts ont des liens. Les crimes ne sont pas commis au hasard. On découvre, en même temps que Martial, une sombre histoire familiale et un crime impuni qui remonte au tout début de la première guerre mondiale. Ce roman est aussi l'histoire de deux frères orphelins qui ont été recueillis par des fermiers mal dégrossis. Christian Carayon, pour son premier roman, fait preuve de talent en manageant le suspens. Le petit reproche que je ferais, c'est que j'ai trouvé le roman un petit peu long (surtout vers la fin). Mais très recommandable.

 

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Je termine avec Des noeuds d'acier (Editions Denoël, 260 pages) de Sandrine Collette. Après avoir lu moult billets élogieux, je me suis décidé à découvrir ce premier roman maîtrisé et haletant. Je l'ai dévoré en une soirée et le début de matinée du lendemain. Dès que l'on commence, on ne peut pas s'arrêter et on sort groggy (car on se dit que cela pourraît être un fait divers réel). Théo vient de purger une peine de 19 mois de prison pour avoir tabassé et réduit à l'état de légume son frère (ce dernier avait couché avec la femme de Théo). Etant parti se ressourcer dans un coin isolé en France, Théo va connaître l'enfer sur terre. En effet, capturé, enchaîné et réduit à l'état d'animal par deux frères septuagénaires (Basile et Joshua), Théo vit un cauchemar épouvantable. Jusqu'au bout, on attend que surgisse un deus ex machina car on a du mal à imaginer qu'il n'y ait personne pour lui porter secours. Sandrine Collette (dont un deuxième roman est paru) sait captiver son lectorat. Vraiment bien, je conseille. Lire les billets d'Aifelle, Sandrine, Valérie, Mon petit chapitre et Véronique

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jeudi 17 avril 2014

Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? - Philippe de Chauveron

C'est la bande-annonce hilarante qui m'a donné envie de voir ce film. Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu? (sorti hier, 16 avril 2014) ne m'a pas déçue. Avec mon ami avec qui je l'ai vu en avant-première, nous avons en effet beaucoup ri. Dans les cinq premières minutes du film, nous assistons à trois mariages successifs à quelques mois d'intervalle, cérémonies au cours desquelles on remarque deux personnes qui ne sourient pas du tout pour la photo. Claude et Marie Verneuil marient leurs filles, la première avec un Asiatique (bouddhiste?), la deuxième avec un Musulman et la troisième avec un Juif. Comme dirait l'un des trois gendres, pour Claude et Marie, c'est Fukushima. Claude Verneuil (Christian Clavier qui n'en fait pas des tonnes) est notaire, gaulliste, va à la messe. Il vit dans une très belle demeure à la campagne dans la région de Chinon aux côtés de sa femme Marie (Chantal Lauby, très bien). Parents de quatre filles, ils voudraient bien que Ségolène, leur petite dernière, épouse un catholique. Qu'à cela ne tienne, elle leur annonce qu'elle se marie avec un catholique (il s'agit d'un Noir originaire de Côte d'Ivoire). Le film est une suite de situations parfois convenues mais la plupart du temps très très drôles. La salle riait aux éclats. C'est un film qui montre la France multi-ethnique où un Juif peut commercialiser du "bio halal". J'ai retenu la séquence de la messe de minuit et celle où Marie pour ne froisser personne a cuisiné trois dindes: une halal, une casher et une laquée. Je pense que le film va rencontrer un certain succès. Je pense aussi que vous pouvez y aller pour vous divertir.

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samedi 1 mars 2014

Films vus et non commentés depuis le 1er janvier 2014

Ayant déjà vu 22 films depuis le début de l'année, je ne les ai pas encore tous chroniqués; avec ce billet, je vais essayer de réparer quelques oublis.

Pompéi de Paul W. S. Anderson est un film agréable à voir même si la fin de l'histoire (que tout le monde connaît) est tragique. On prend le temps de s'attacher aux personnages, dont deux gladiateurs et une jeune femme de Pompéi. Pour ceux qui l'ignorerait encore, Pompéi, Herculanum et au moins deux autres petites villes furent détruites en 79 après J.-C. suite à l'éruption du Vésuve situé dans la province de Campanie, proche de Naples. Les effets spéciaux sont assez spectaculaires, un bon film de genre.

The Ryan initiative de Kenneth Branagh n'est pas à mon avis un film indispensable car il a le gros défaut d'avoir comme acteur principal Chris Pine (inconnu au bataillon et aussi charismatique que mon genou). Le scénario n'est pas tiré d'un des romans de Tom Clancy, mais les scénaristes se sont basés sur le personnage de Jack Ryan. L'histoire se passe à Moscou. Le méchant est interprété par Kenneth Branagh lui-même. Je ne sais pas ce qui lui a pris de tourner ce film.

Mea culpa de Fred Cavayé. C'est le troisième long-métrage du réalisateur que je vois (après Pour elle et A bout portant). Le réalisateur a le sens du rythme (un peu trop d'ailleurs). Un flic, Franck (Gilles Lellouche), et un ex-flic, Simon (Vincent Lindon), n'arrêtent pas de courir et de tirer tous azimuts contre des méchants qui en veulent au petit garçon de Simon. L'enfant a assisté à une scène violente (un homme a été tué). L'histoire se passe entre Toulon et Marseille. Il faut noter les dernières séquences qui se passe dans un TGV. Le pauvre train subit les derniers outrages, il est durement touché. Film pas non plus indispensable.

Mr Peabody et Sherman de Rob Minkoff avec, comme voix française pour Mr Peabody, Guillaume Gallienne. Mr Peabody est un chien intelligent, diplômé et inventeur de génie. Et il a adopté Sherman, un petit garçon qui n'en fait qu'à sa tête et n'est pas très obéissant (les choses vont s'arranger par la suite). Grâce à une machine à remonter le temps que Mr Peabody a fabriqué, ils vont voyager dans le temps, se retrouver au début en 1789, au début de la Révolution Française, puis sous la Terreur, puis pendant le siège de Troie, puis sous le règne de Toutankhamon et enfin au temps de la Renaissance à Florence chez Léonard de Vinci. Je vous passe toutes les péripéties qui les ont entraînés dans ces aventures. C'est distrayant pour les enfants (un petit garçon dans la salle faisait des remarques amusantes). Mais les Américains ont une vision simpliste de la révolution avec une Marie-Antoinette grassouillette qui aime la brioche, ou Robespierre, un vrai "Rouge". Et je pense qu'Homère doit se retourner dans sa tombe en voyant ce que sont devenus Achille, Menelas et les autres. Nous faisons aussi la connaissance de la vraie Mona Lisa et de son célèbre sourire. Tout cela est bien gentillet. A vous de voir si ce film vous tente.

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mardi 3 décembre 2013

Confiteor - Jaume Cabré

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J'ai voulu lire Confiteor (Actes Sud, 771 pages) de l'écrivain catalan Jaume Cabré, car j'ai été attirée par la couverture: un petit garçon de dos qui essaye de prendre un livre dans une immense bibliothèque. Adrià Ardevol est le narrateur et personnage principal de ce roman complexe et virtuose tant du point de vue narratif et que stylistique. Je voudrais donner quelques impressions sur ma lecture en commençant par décrire le style narratif avec le passage entre le "je" et le "il" et le "il" et le "je" dans une même phrase sans que le lecteur ne se perde. On remarque aussi la façon qu'a Cabré de jongler, dans un même paragraphe, d'une époque à l'autre et d'un personnage à l'autre. Car le roman est ample et brasse plus de 600 ans d'histoire de l'Europe: de l'Inquisition au XVIIIème siècle, du début du XXème siècle à nos jours, en passant par le nazisme et le franquisme. Ce roman est une longue lettre confession ("confiteor" en latin) d'Adrià Ardevol, né en 1946 à Barcelone. Il écrit cette confession à Sara, la femme de sa vie, avant qu'il ne soit trop tard. Le roman commence par cette phrase "... j'ai compris que naître dans cette famille avait été une erreur impardonnable". Les parents d'Adrià ont des rêves pour leur fils, ils voudraient qu'il devienne polyglotte et violoniste virtuose en même temps. Et en effet, le fil conducteur principal de cette histoire est un violon, un Storioni fabriqué en 1764 et appelé le Vial (du nom de son premier propriétaire). On apprend au fil du récit comment le Vial est arrivé dans la famille d'Adrià: c'est son père Félix qui a réussi à se le procurer. Adrià a été élevé par un père dur et exigeant et une mère qui ne l'aimait pas vraiment. Confiteor traite du mal sous toutes ses formes, mais aussi d'amour (Adrià et Sara), d'amitié (Adrià et Bernat Plensa, un camarade d'enfance), de jalousie et de trahison. Le roman parle aussi de peinture (Sara est peintre), de littérature et de livres, car Adrià devenu polyglotte (il apprendra une dizaine de langues dont l'araméen) va écrire et enseigner sur l'histoire des idées. Il va aussi acquérir des manuscrits. Je n'en dirai pas plus, mais je vous recommande absolument ce roman vertigineux qui se lit très bien malgré sa longueur. J'ai été vraiment transportée. Je terminerai ce billet en pensant aux petites figurines, Aigle-noir (un indien Arapaho) et le shérif Carson, à qui Adrià se confie jusqu'à l'âge adulte. Lire les très bons billets de Richard, Malika, Cuné (merci Aifelle), Mélopée et Cachou. J'ajouterai que ce roman de la rentrée littéraire 2013 a été encensé par la critique et surtout par toutes les librairies que je fréquente.

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jeudi 21 novembre 2013

Inside Llewyn Davis - Ethan et Joël Coen

Inside Llewyn Davis d'Ethan et Joël Coen, c'est avant tout de la musique folk et deux chats roux fugueurs. Comme un mouvement perpétuel, le film commence et se termine de la même façon, on suit quelques jours dans la vie de Llewyn Davis, qui squatte chez les uns les autres à New-York pendant l'hiver 1961. Llewyn est un homme seul qui a du mal à percer en tant que chanteur guitariste. Il se produit seul ou accompagné dans quelques lieux de concert. Sur un laps de temps relativement court (ces quelques jours), Llewyn va vivre une rupture amoureuse, une audition (ratée) à Chicago, une dispute entre amis suivi d'une réconciliation, et se mettre à la poursuite d'un chat roux. Dans Inside Llewyn Davis, en dehors de la photo qui est très belle (New-York en hiver est superbe), on entend des chansons qui m'ont plu. Je me suis d'ailleurs acheté la bande originale du film, cela fait longtemps que cela ne m'était pas arrivé. Ce film d'atmosphère est plaisant. Il y a un côté nostalgique un peu triste. Je recommande d'autant plus que l'acteur principal, Oscar Isaac, est vraiment bien. Un très beau rôle. Enfin, je signale un billet d'Eeguab très intéressant sur le livre qui a inspiré les réalisateurs.

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mardi 15 octobre 2013

Premier homme - Xavier-Marie Bonnot / Stoppez les machines - François Muratet

Dans Premier homme de Xavier-Marie Bonnot (Actes Sud, 400 pages), on retrouve le commandant marseillais Michel De Palma, surnommé Le Baron (voir mon billet sur Le pays oublié du temps), à 3 semaines de partir à la retraite. On demande à De Palma d'enquêter sur les causes peut-être suspectes d'un grave accident de plongée, dans les calanques au large de Marseille où se situe une grotte souterraine. Dans ce roman bien construit, l'écrivain mêle psychiatrie et archéologie. Le point de départ de cette histoire se situe donc dans une grotte sous-marine ornée où se trouve un dessin représentant un crime: un homme transpercé d'une flèche. C'est le premier dessin préhistorique de ce genre, il remonte à -22000 ans. Cela donne l'occasion à de Palma revenir sur une ancienne affaire où des femmes avaient été assassinées. C'est aussi un roman qui parle de gemellité, de folie et du "Premier Homme", surnom d'un homme devenu un dangereux criminel, qui est passé par l'asile psychatrique de Ville Evrard, en banlieue parisienne. L'histoire est passionnante.

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Avec Stoppez les machines de François Muratet (Babel noir, 384 pages), qui a été écrit en 2001, nous voilà revenus de nos jours au moment de l'accord sur les 35 heures (à l'automne 2000). "La Métallique", une usine de pièces détachées dans le "9.3" à Stains, se met en grève car la direction arrange à sa façon cette mise en place des 35 heures pour qu'elle soit supportée entièrement par les ouvriers. Parallèlement, on apprend que l'usine va certainement être victime d'une OPA, et cette grève peut servir quelques intérêts financiers. Bien entendu, c'est la "base" qui va trinquer en la personne de Mona, Pascal, Marc ou Rachid. Un très bon roman, bien écrit, avec une histoire relativement originale pour un polar (elle se passe dans le monde ouvrier). Je recommande. D'après wikipedia, François Muratet est professeur d'histoire-géographie en Seine-et-Marne. Il a écrit trois romans, dont Stoppez les machines.

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