mercredi 16 janvier 2013

Foxfire, l'histoire d'un gang de filles - Laurent Cantet

Dommage que le titre Foxfire, l'histoire d'un gang de filles soit aussi peu porteur: essayez de ne pas passer à côté de ce film (sorti il y a deux semaines) de Laurent Cantet, tourné en anglais et adapté d'un roman de Joyce Carol Oates (que je n'ai pas lu). J'ai vu très peu de billet sur ce film et c'est regrettable (cf. ceux de Phil ciné, Ys et Le bison). Je n'ai pas vu passer les deux heures vingt, tellement on suit cette histoire avec intérêt. Dans les années 50, dans un collège, les filles sont chahutées de manière grossière par des professeurs hommes ou des élèves masculins. Nous sommes dans l'Amérique blanche de la côte Est. Les femmes restent au foyer ou en retrait, au contraire des hommes qui travaillent et régissent tout. Issues de familles en difficulté ou inexistantes, Margaret "Legs", Maddie, Rita, Goldie et une autre décident de se lier à la vie, à la mort, contre la domination masculine. Elles ont toutes moins de 18 ans. Elles font un pacte en se faisant tatouer un petit symbole sur leur omoplate droite. Plus tard, d'autres se joindront à elles (mais aucune femme de couleur). Après quelques actes de malveillance et de menus larcins, on va les suivre dans leur escalade vers la grande délinquance qui se concrétise par un enlèvement avec demande de rançon. "Legs" est la leader de ce groupe de filles qui la suivent aveuglément. Elles veulent vivre sans contrainte. Laurent Cantet suit au plus près ses jeunes actrices pas connues qui sont toutes remarquables. Il sait raconter une histoire, je n'ai pas senti de baisse de tension. Je recommande vivement.

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lundi 17 décembre 2012

Le serment des cinq Lords - Yves Sente et André Juillard / Le magasin des suicides - Olivier Ka et Domitille Collardey

 

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Dans Le serment des cinq Lords, nous retrouvons bien entendu Blake et Mortimer. L'histoire se passe entièrement en Angleterre en général et dans le musée Ashmolean à Oxford en particulier. Et il y a une nouveauté de taille par rapport aux "suites" précédentes: l'absence d'Olrik, l'ennemi juré de nos deux héros. Néanmoins, on peut noter la présence d'un personnage ayant réellement existé: Thomas Lawrence alias Lawrence d'Arabie, qui fait partie intégrante de l'intrigue, bien que mort avant que l'histoire commence. Il s'agit d'une histoire de trahison. Les cinq lords du titre, qui ont été des fans de Lawrence, vont être assassinés l'un après l'autre. Je dirais que l'histoire est gentillette. On est à nouveau très loin de l'univers apocalyptique d'Edgar P. Jacobs. Cela se laisse lire mais cet album paru aux éditions Blake et Mortimer (64 pages) n'est pas inoubliable.

 

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Après avoir bien apprécié le film d'animation de Patrice Leconte adapté du roman Le magasin des suicides de Jean Teulé, j'ai lu la BD d'Olivier Ka et Dimitille Collardey parue aux éditons Delcourt (c'est un cadeau de mon ami). Je dois dire que, bien que l'histoire soit proche du film (je n'ai toujours pas lu le roman), le graphisme, le décor, le dessin, la perspective n'ont rien à voir. J'ai été frappée par le nombre de desssins en contreplongée pour montrer l'intérieur du magasin et ses occupants à différents endroits en même temps. Le dessin, les couleurs sont plus ternes que dans le film. En revanche, il semble que la fin assez triste est similaire au roman. J'ai trouvé intéressant de lire la BD après avoir vu le film: deux visions très différentes pour une même histoire. J'avoue avoir préféré le film, plus coloré que la BD.

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mardi 20 novembre 2012

Le capital - Costa Gavras

Voici un film, Le capital de Costa-Gavras, à voir pour constater une fois de plus que le monde des banques d'affaires et de la finance en général joue un jeu en se servant de la bourse. Ces banques n'ont aucun état d'âme à licencier des milliers de membres de leur personnel, et se dévorent les unes les autres à coup d’OPA sauvages et de délits d'initiés. Personne ne se fait de cadeau. C'est un monde cruel et vorace qui vit dans le virtuel (les gens communiquent par écrans interposés). On est proche du néant. Le narrateur du film est Marc Tourneuil (Gad Elmaleh). Homme jeune et ambitieux, il devient président de la banque Phenix, une banque d'affaires internationale qui emploie de par le monde plus de 100 000 personnes. Cette banque est en proie aux rivalités et on croit que Tourneuil sera celui qui "paiera les pots cassés". L'histoire est bien menée même s'il y a quelques séquences de trop (celles avec la mannequin par exemple). Ceci mis à part, les acteurs sont tous parfaits dans leurs rôles. Il faut noter que les personnages féminins (interprétés entre autres par Natacha Régnier et Céline Salette) humanisent cette histoire dominée par le cynisme et le mépris. Retenez l'une des dernières répliques du film: "Continuons de prendre aux pauvres pour donner aux riches", énoncée devant une assistance hilare qui applaudit pendant que nous, spectateurs, riont jaune. Film à voir, à mon avis (je me répète).

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mardi 9 octobre 2012

Killer Joe - William Friedkin / Ombline - Stéphane Cazes / Jason Bourne, l'héritage - Tony Gilroy

Voici trois films vu depuis les deux dernières semaines. J'en recommande deux sur trois.

En premier, donc, Killer Joe de William Friedkin que je ne conseille pas vraiment, car tout est glauque dans ce huis-clos où les personnages s'entre-déchirent physiquement et moralement. Les femmes sont plus malmenées que les hommes. J'aurais dû me méfier (au vu du titre) avant d'aller voir ce film qui est dans la lignée de Bug. Je pense qu'il faut prendre cette histoire de crime à l'assurance-vie au second degré. La conclusion du film est amorale et je me suis sentie très mal à l'aise devant certaines image. C'est outré et cela manque cruellement d'humour. J'aurais interdit le film aux moins de 16 ans (l'interdiction n'est qu'aux moins de 12 ans). J'ai poussé un "ouf" de soulagement quand le film s'est terminé (comme pour Bug).

En revanche, voici deux films que j'ai beaucoup appréciés:

D'abord Ombline de Stéphane Cazes où Mélanie Thiery crève l'écran en jeune détenue qui devient maman. On ne sait pas pourquoi Ombline se trouve derrière les barreaux d'une prison mais on la sent prête à tout pour garder Lucas, même à travailler au sein de la prison. Elle s'adoucit. La caméra suit Ombline au plus près. Elle est de tous les plans. Seule, la conclusion m'a parue un peu trop optimiste (selon moi) mais je vous garantis que vous ne pouvez pas rester insensible devant Ombline et son petit garçon Lucas, que l'on voit grandir pendant 18 mois en restant enfermé avec sa maman. 

Enfin Jason Bourne: L'héritage de Tony Gilroy, film trépidant qui bénéficie d'un acteur épatant, Jeremy Renner dans le rôle d'Aaron Cross. L'histoire n'a pas beaucoup d'importance. Je crois avoir compris qu'il s'agissait de tests "top-secret" sur des cobayes humains (Aaron Cross étant l'un d'eux). J'ai été scotchée à mon fauteuil devant des péripéties qui nous emmènent en Alaska puis plus tard Manille en passant par la Nouvelle-Angleterre. Rachel Weisz se défend bien en chercheuse scientifique. Ce film est un excellent divertissement et il n'est pas nécessaire d'avoir vu les trois volets précédents avec Jason Bourne (j'avais chroniqué le troisième ici).

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samedi 6 octobre 2012

Lectures de vacances (septembre 2012)

Concernant les lectures que j'avais prévues pendant mes vacances, j'ai presque rempli mon contrat si ce n'est que je n'ai pas encore lu L'embellie de d'Audur Ava Olafsdottir [chroniqué le 02/12/2012]. En revanche, j'en lu un assez savoureux:

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Les vacances d'un serial killer (Pocket, 250 pages) de Nadine Monfils (une Belge qui vit à Montmartre) se passe au soleil (!) de la mer du Nord. Alfonse (surnommé Fonske) et Josette Destrooper s'embarquent avec leurs deux ados glandeurs et la grand-mère complétement azimutée. L'histoire loufoque n'a que peu d'importance mais Nadine Monfils a un style bien à elle. C'est parfois très cru et souvent drôle. A découvrir.

 

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Ouatann d'Azza Filali (elizad, 390 pages) est un roman qui se lit agréablement, mais j'avoue n'avoir pas compris le destin tragique d'un des personnages à la fin du roman. L'histoire se passe Tunisie en 2008. Ce pays en crise se trouve en proie aux magouilles en tout genre (collusion entre politique et pègre). L'écrivain nous fait rencontrer quelques personnages désenchantés dont Michkat, l'avocate à la recherche d'un nouveau travail (elle vient de démissionner du précédent); Rached, fonctionnaire sans idéal qui vit loin volontairement de sa femme et de ses jumelles; Naceur, ingénieur en bâtiment en partance pour un ailleurs hypothétique (il a un lourd passé). Sans oublier Mansour que je vous laisse découvrir. C'est aussi l'histoire de la maison d'un Français située au bord de la mer près de Bizerte. Cette maison recèle quelques pièces secrètes. Ce roman m'a fait découvrir un éditeur tunisien, elizad, et une femme écrivain, Azza Filali, qui est romancière et médecin.

 

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Au bon roman de Laurence Cossé (Folio, 450 pages) m'a été prêté par une de mes connaissances. Je la remercie. Au bon roman, c'est (mise en abyme) l'enseigne d'une librairie située à Paris dans le 6ème arrondissement. Les fondateurs de cette librairie, Ivan et Francesca, se sont donné comme credo de ne proposer à la vente que de bons romans et rien d'autre. Pour ce faire, je vous laisse découvrir comment la sélection est faite. Je ne vous parle pas de toutes les embûches dont ils sont victimes, eux et d'autres qui font partie du comité de sélection. Voilà un roman qui se lit comme un polar. Je vous le recommande rien que pour l'écriture. Mme Cossé a du talent (c'est le premier roman que je lisais d'elle).

 

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Je termine par Motel Blues, "mon" troisième Bill Bryson (Petite bibliothèque Payot, 390 pages), où notre chroniqueur voyageur nous décrit son périple aux Etats-Unis. Il a parcouru 22364 kilomètres en traversant tous les Etats continentaux sauf 10 (ce qui fait à peu près 30 états) en deux voyages. Son point de départ était bien entendu Des Moines (Iowa) où Bill Bryson est né. Je vous laisse découvrir les endroits découverts et les autochtones qu'il a croisés. Il est encore assez critique sur certains travers de son pays (en particulier le racisme entre blancs et noirs). Il n'aime pas par exemple le style de William Faulkner. Il s'est aussi arrêté dans la ville natale de John Wayne. Il apprécie enfin peu New-York (bouh). Mais je l'aime quand même (sacré Bill!).

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vendredi 3 août 2012

La vie sans principe - Johnny To / Rebelle - Mark Andrews et Brenda Chapman

Avant qu'il ne disparaisse définitivement des écrans, je veux évoquer La vie sans principe (1) du réalisateur hong-kongais Johnny To, un film assez jubilatoire (si, si) sur un sujet grave. En effet, en 2010, Hong-Kong est frappée de plein fouet par la crise financière européenne et surtout grecque car la bourse de Hong-Kong a spéculé sur l'Euro. L'essentiel de l'intrigue se passe dans une banque où des épargnants plus ou moins fortunés essaient de perdre le moins possible. Comme l'a très bien dit Alain Riou dans une récente émission récente du Masque et la Plume, ce film parle très bien de la cupidité humaine. Le film, qui m'a paru au début un peu confus, est constitué d'une suite de séquences qui forment un tout cohérent à la fin. J'ai surtout suivi le parcours de Theresa, une jeune employée de la banque. Sur le point d'être virée (elle ne fait pas assez de "chiffre", et pourtant elle ne ménage pas ses heures), elle va parvenir à s'en sortir grâce à une manne financière inespérée. C'est le premier film que je voyais de ce réalisateur. Je vous le conseille vraiment. Voir le billet très complet d'Oriane.

Et maintenant, voici Rebelle, le dernier né des studios Disney-Pixar, qui donne les deux rôles principaux à deux femmes: la mère, la reine Elinor, et sa fille, la princesse Merida, jolie rousse flamboyante et très bouclée. J'avais vu la bande-annonce qui m'avait moyennement attirée. Le film vaut nettement mieux que cela. En Ecosse, à une époque indéfinie, Merida, jeune princesse impétueuse, très douée à l'arc, va se rebeller contre sa mère, Elinor, qui veut qu'elle devienne une vraie jeune fille à marier. Le roi Angus, mari d'Elinor, regarde cela de loin. Pour tout compliquer, en Ecosse, dans cette période reculée, les légendes, les sorcières, les ours, les feux follets, les rivalités entre clans vont s'en mêler. Je ne vous dévoilerai rien de plus pour vous laisser la surprise. C'est un film qui peut plaire aux petits et aux grands. Je voudrais faire remarquer la grande qualité de l'animation. Les animaux comme les ours et le cheval Fergus sont très réussis. Le scénario original bien écrit n'est pas niais. Vraiment bien en 2D, mais la 3D existe. J'ai malheureusement vu le film en VF. Je pense que la VO vaut la peine d'être vue et entendue, car les acteurs qui font les "voix" sont tous d'origine écossaise.

(1) et non "Une vie sans principe" comme j'avais écrit initialement

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mardi 31 juillet 2012

Mensonges sur le divan - Irvin Yalom / Enigma - Antoni Casas Ros

Voici deux livres qui n'ont aucun rapport l'un avec l'autre.

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Mensonges sur le divan d'Irvin Yalom (Point Seuil, 560 pages) est le deuxième roman que je lis de cet écrivain après Le Problème Spinoza qui m'avait enthousiasmée. Je n'en dirais peut-être pas autant de celui-ci où j'ai trouvé des passages un peu longs par moment. Je résumerais l'histoire en disant qu'Irvin Yalom qui est psychiatre égratigne pas mal ceux qui exercent ce métier. Après un prologue éblouissant de plus de 50 pages, l'histoire traîne un peu pendant les 500 pages suivantes avec quelque baisse de rythme. Peut-être est-ce que je ne connais pas grand-chose à la pyschanalyse et que le fait de payer (cher) pour raconter sa vie à un parfait inconnu me trouble beaucoup (même si c'est partie intégrante de la thérapie). Nos deux héros psychiatres, Ernest Lash et Marshal Streider, dont on découvre la naïveté (le second étant le superviseur du premier), vont être victimes de deux tours pendables commis par des patients qui leur ont menti alors qu'ils sont censés dire la vérité. J'ai surtout retenu le coup du double harpon: une escroquerie de haute volée. Je vous recommande ce roman rien que pour le prologue. Après, c'est à vous de juger.

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Maintenant, je passe à Enigma (Folio, 261 pages) d'Antoni Casas Ros, écrivain catalan d'expression française. C'est une jeune femme qui m'a prêté ce roman et je la remercie pour cette découverte. Le roman paru en 2010 est aussi étrange que la page de couverture. Deux hommes, Joaquim (professeur de lettres universitaire et écrivain raté) et Ricardo (poète et tueur à gages) et deux femmes Naoki (Japonaise, musicienne sans profession fixe qui "moissonne du silence") et Zoë, étudiante et serveuse dans un bar à ses heures, sont à tour de rôle les narrateurs de cette histoire pas banale. A Barcelone, peut-être de nos jours, Enigma nous conte le destin de Joachim, un écrivain médiocre qui  dissèque les oeuvres d'autres auteurs en leur reprochant la plupart du temps les fins, qu'il se met à réécrire lui-même. Il va former un "ménage à 4" avec Ricardo, Naoki et Zoë. Enigma est un roman sensuel et sexuel empreint de cruauté où les ombres de Sade et de quelques autres sont très présentes. Sans dévoiler la fin, je dirai que trois des personnages sur quatre connaîtront la même fin que des personnages de romans évoqués. C'est un roman qui m'a donné envie de découvrir l'oeuvre de Bolaño et La fille aux yeux d'or de Balzac. C'est le premier roman que je lis de cet écrivain. Il faudrait que je découvre un des ses précédents: Le théorème d'Almodovar.

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mardi 29 mai 2012

Films vus et non commentés depuis le 26/04/12

Voici quatre films que je n'avais pas encore chroniqués.

Pour un premier long-métrage, Margin call de J. C. Chandor est une réussite. Il nous fait découvrir les prémices de la crise financière de 2008 au sein d'une grande banque d'investissement où interviennent des licenciements secs (aux Etats-Unis, la façon de faire est brutale). Juste avant de quitter les lieux, un des licenciés qui fut à la tête du département "management des risques" prévient qu'un gros problème va arriver, la banque est proche de la banqueroute. En 24 heures, on peut voir quelques personnages importants de cette banque essayer de s'en sortir au mieux et tant pis pour les autres. C'est un film qui prend son temps, il n'y a aucune agitation, on parle beaucoup autour d'une table ou ailleurs. Cela pourrait se jouer au théâtre. Les personnages sont tous plus cyniques les uns que les autres. Ce n'est jamais qu'une histoire d'argent comme dit le directeur joué impeccablement par Jeremy Irons. Les autres acteurs sont tout aussi excellents: Stanley Tucci, Kevin Spacey, Simon Baker (vu dans The Mentalist), Paul Bettany et Demi Moore. Un bon film.

Dark Shadows de Tim Burton (qui semble beaucoup s'être inspiré de la famille Addams) se regarde avec plaisir, mais la fantaisie y fait défaut. Exceptés Angélique (la sorcière) et Barnabas Collins (le vampire, revenu d'entre les morts au bout de 200 ans), les autres personnages manquent de consistance. La mort d'Angelique est un moment très poétique: elle se fèle comme une poupée de porcelaine. J'ai retenu deux autres scènes notables: quand Barnabas très pâle se lave les deux canines devant une glace avec une brosse à dent et la scène "torride" entre Angélique et Barnabas: ça déménage! A part ça, une grande partie de l'histoire que je ne raconte pas se passe surtout dans un manoir gothique en 1752 puis en 1972, où vivent les Collins qui forment une famille décomposée constituée par Elizabeth (Michelle Pfeiffer) et de son frère Roger (Johnny Lee Miller), père lâche et indigne, tandis que les deux enfants de la maisonnée sont perturbés l'un et l'autre pour des raisons différentes. Vit aussi là, une psychologue, Helen Bonham-Carter qui se met à rêver d'immortalité. Ce n'est pas forcément le meilleur film de Tim Burton pour ceux qui ne le connaissent pas encore.

Babycall du Norvégien Pål Sletaune est un thriller qui commence de façon plutôt banale, et qui, au fur et à mesure, change de ton pour entrer dans le genre paranormal et fantastique. Le film est porté par Noomi Rapace qui interprète Anna, une maman inquiète pour Anders, son petit garçon de 8 ans. Elle a quitté le domicile conjugal car son mari les battait, elle et son garçon. Elle loge dans l'appartement qu'on lui a alloué, situé dans une espèce de HLM impersonnel et très laid. N'étant pas tranquille la nuit, elle achète un "babycall" (autrement dit un interphone bébé) qui intercepte des cris et des pleurs venant d'ailleurs dans l'immeuble. Le fantastique intervient par petites touches et la fin assez inattendue qui lorgne vers Le 6ème sens est très réussie. Le réalisateur nous a bien manipulés. C'est un film que je vous recommande. (Lire le billet enthousiaste de ffred).

Moonrise Kingdom de Wes Anderson est le premier film que je vois de ce réalisateur. C'est en lisant un billet de Wilyrah que j'ai eu envie de le découvrir. Je n'ai pas été déçue car le film dégage un charme poétique et champêtre. En 1965 (on entend une chanson de Françoise Hardy), deux jeunes adolescents vivent une jolie histoire d'amour sur une île au large de la côte est des Etats-Unis. Le garçon est un scout rebelle qui n'a plus ses parents, la jeune fille est l'ainée d'une famille de quatre enfants qui vivent avec leurs deux parents un peu excentriques. Une des tempêtes du siècle qui va balayer tout sur son passage va aussi jouer un grand rôle. Il faut noter le casting impressionnant: Bill Murray, Frances Mc Dormand, Edward Norton, Bruce Willis, Tilda Swinton et en grand chef scout: Harvey Keitel! C'est un film pour petits et grands. Lire le billet enthousiaste de Wilyrah.

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jeudi 26 avril 2012

Films vus et non commentés depuis le 05/04/12

Voici deux films qui n'ont aucun rapport l'un avec l'autre. Je veux les évoquer avant qu'ils ne disparaissent complètement des écrans.

D'abord My week with Marilyn de Simon Curtis, qui semble avoir rencontré peu de succès public et critique. Personnellement, j'ai trouvé cette évocation de Marilyn assez touchante. Une pléiade de bons comédiens sont au rendez-vous dont Kenneth Branagh et Judy Dench. Je dirais que j'ai vu ce à quoi je m'attendais: 4 mois de la vie de Marilyn (dans les années 50), venue en Angleterre pour tourner au côté de Laurence Olivier dans Le Prince et la danseuse (il faudrait que je revoie ce film peu diffusé). Elle vient juste d'épouser Arthur Miller. Colin Clark, un jeune anglais, va se lier d'amitié avec l'actrice (il est 3ème assistant réalisateur) pendant le tournage. Le film est tiré de ses mémoires qu'il écrivit par la suite. On peut reprocher au film son manque de profondeur, cela reste anecdotique. Michelle Williams ne s'en tire pas si mal pour incarner la star disparue il y a 50 ans. Mais Marilyn est inimitable et unique. C'est le seul défaut du film.

Twixt de Francis Ford Coppola peut dérouter par son ton mais il y a une unité de lieu, d'action et de temps dans ce film qui oscille entre rêve et réalité. Un romancier en mal d'inspiration (Val Kilmer) cherche un sujet. Il se retrouve à faire des dédicaces de son dernier roman dans une quincaillerie (qui vend aussi des livres) d'une petite ville où séjourna Edgar Allan Poe, dans l'Est des Etats-Unis. Il apprend que des crimes touchant des enfants ont été commis dans une vieille maison au toit pointu. Une autre étrangeté domine la ville: un haut bâtiment, où plusieurs pendules ne donnent pas la même heure, est visible de partout dans la ville. Tout le film est bercé d'une atmosphère étrange, menaçante. Cela fait penser au Chevalier sans tête (Sleepy hollow) de Tim Burton. On sent aussi une influence de David Lynch et Twin Peaks. L'image est superbe. Coppola, qui n'a plus rien à prouver, se fait plaisir. On aime (comme moi) ou on n'aime pas, à vous de voir. Il faut noter que la voix "off" que l'on entend pendant tout le film est celle de Tom Waits (chanteur que j'aime beaucoup).

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vendredi 20 avril 2012

Tyrannosaur - Paddy Considine

J'ai vu Tyrannosaur de Paddy Considine en avant-première (le film sort le 25 avril prochain). Je dirais pour résumer que ce film raconte des histoires pas bien gaies (ce n'est rien de le dire), mais un certain apaisement apparait dans l'épilogue (qui pourtant se passe en prison). Joseph (Peter Mullan), alcoolique, grossier, en veut au monde entier depuis la mort de sa femme, le tyrannosaure du titre (je vous laisse découvrir le pourquoi de ce surnom peu flatteur). N'arrivant pas à contenir sa fureur, il tue même son chien d'un coup de pied. Un jour, Joseph se réfugie dans le magasin d'Hannah (Olivia Colman, une actrice que je ne connaissais pas) qui vend des objets hétéroclites, des bondieuseries et des fripes. Hannah est une jeune femme qui cache un lourd secret, lequel nous est dévoilé assez vite (c'est une femme battue et violentée moralement et physiquement par son mari, James, être faible et minable). Les deux personnages, Joseph et Hannah, sont des êtres blessés et solitaires qui vont arriver néanmoins à communiquer et à se soutenir mutuellement. Ils sont entourés par des individus pas mieux lotis qu'eux, le personnage du gamin qui vit en face de la maison de Joseph en est une triste illustration entre sa mère et son beau-père. Le film se termine par une rédemption, mais à quel prix! Il vaut la peine d'être vu pour les acteurs: Eddie Marsan, dans le rôle difficile du mari indigne, est remarquable. En revanche, j'ai trouvé l'histoire d'une trop grande noirceur à mon goût. A vous de juger. Je tiens à remercier Anaïs Monnet et la société Le K qui me permettent de découvrir des films qui sortent des sentiers battus.

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