samedi 6 octobre 2012

Lectures de vacances (septembre 2012)

Concernant les lectures que j'avais prévues pendant mes vacances, j'ai presque rempli mon contrat si ce n'est que je n'ai pas encore lu L'embellie de d'Audur Ava Olafsdottir [chroniqué le 02/12/2012]. En revanche, j'en lu un assez savoureux:

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Les vacances d'un serial killer (Pocket, 250 pages) de Nadine Monfils (une Belge qui vit à Montmartre) se passe au soleil (!) de la mer du Nord. Alfonse (surnommé Fonske) et Josette Destrooper s'embarquent avec leurs deux ados glandeurs et la grand-mère complétement azimutée. L'histoire loufoque n'a que peu d'importance mais Nadine Monfils a un style bien à elle. C'est parfois très cru et souvent drôle. A découvrir.

 

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Ouatann d'Azza Filali (elizad, 390 pages) est un roman qui se lit agréablement, mais j'avoue n'avoir pas compris le destin tragique d'un des personnages à la fin du roman. L'histoire se passe Tunisie en 2008. Ce pays en crise se trouve en proie aux magouilles en tout genre (collusion entre politique et pègre). L'écrivain nous fait rencontrer quelques personnages désenchantés dont Michkat, l'avocate à la recherche d'un nouveau travail (elle vient de démissionner du précédent); Rached, fonctionnaire sans idéal qui vit loin volontairement de sa femme et de ses jumelles; Naceur, ingénieur en bâtiment en partance pour un ailleurs hypothétique (il a un lourd passé). Sans oublier Mansour que je vous laisse découvrir. C'est aussi l'histoire de la maison d'un Français située au bord de la mer près de Bizerte. Cette maison recèle quelques pièces secrètes. Ce roman m'a fait découvrir un éditeur tunisien, elizad, et une femme écrivain, Azza Filali, qui est romancière et médecin.

 

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Au bon roman de Laurence Cossé (Folio, 450 pages) m'a été prêté par une de mes connaissances. Je la remercie. Au bon roman, c'est (mise en abyme) l'enseigne d'une librairie située à Paris dans le 6ème arrondissement. Les fondateurs de cette librairie, Ivan et Francesca, se sont donné comme credo de ne proposer à la vente que de bons romans et rien d'autre. Pour ce faire, je vous laisse découvrir comment la sélection est faite. Je ne vous parle pas de toutes les embûches dont ils sont victimes, eux et d'autres qui font partie du comité de sélection. Voilà un roman qui se lit comme un polar. Je vous le recommande rien que pour l'écriture. Mme Cossé a du talent (c'est le premier roman que je lisais d'elle).

 

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Je termine par Motel Blues, "mon" troisième Bill Bryson (Petite bibliothèque Payot, 390 pages), où notre chroniqueur voyageur nous décrit son périple aux Etats-Unis. Il a parcouru 22364 kilomètres en traversant tous les Etats continentaux sauf 10 (ce qui fait à peu près 30 états) en deux voyages. Son point de départ était bien entendu Des Moines (Iowa) où Bill Bryson est né. Je vous laisse découvrir les endroits découverts et les autochtones qu'il a croisés. Il est encore assez critique sur certains travers de son pays (en particulier le racisme entre blancs et noirs). Il n'aime pas par exemple le style de William Faulkner. Il s'est aussi arrêté dans la ville natale de John Wayne. Il apprécie enfin peu New-York (bouh). Mais je l'aime quand même (sacré Bill!).

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vendredi 3 août 2012

La vie sans principe - Johnny To / Rebelle - Mark Andrews et Brenda Chapman

Avant qu'il ne disparaisse définitivement des écrans, je veux évoquer La vie sans principe (1) du réalisateur hong-kongais Johnny To, un film assez jubilatoire (si, si) sur un sujet grave. En effet, en 2010, Hong-Kong est frappée de plein fouet par la crise financière européenne et surtout grecque car la bourse de Hong-Kong a spéculé sur l'Euro. L'essentiel de l'intrigue se passe dans une banque où des épargnants plus ou moins fortunés essaient de perdre le moins possible. Comme l'a très bien dit Alain Riou dans une récente émission récente du Masque et la Plume, ce film parle très bien de la cupidité humaine. Le film, qui m'a paru au début un peu confus, est constitué d'une suite de séquences qui forment un tout cohérent à la fin. J'ai surtout suivi le parcours de Theresa, une jeune employée de la banque. Sur le point d'être virée (elle ne fait pas assez de "chiffre", et pourtant elle ne ménage pas ses heures), elle va parvenir à s'en sortir grâce à une manne financière inespérée. C'est le premier film que je voyais de ce réalisateur. Je vous le conseille vraiment. Voir le billet très complet d'Oriane.

Et maintenant, voici Rebelle, le dernier né des studios Disney-Pixar, qui donne les deux rôles principaux à deux femmes: la mère, la reine Elinor, et sa fille, la princesse Merida, jolie rousse flamboyante et très bouclée. J'avais vu la bande-annonce qui m'avait moyennement attirée. Le film vaut nettement mieux que cela. En Ecosse, à une époque indéfinie, Merida, jeune princesse impétueuse, très douée à l'arc, va se rebeller contre sa mère, Elinor, qui veut qu'elle devienne une vraie jeune fille à marier. Le roi Angus, mari d'Elinor, regarde cela de loin. Pour tout compliquer, en Ecosse, dans cette période reculée, les légendes, les sorcières, les ours, les feux follets, les rivalités entre clans vont s'en mêler. Je ne vous dévoilerai rien de plus pour vous laisser la surprise. C'est un film qui peut plaire aux petits et aux grands. Je voudrais faire remarquer la grande qualité de l'animation. Les animaux comme les ours et le cheval Fergus sont très réussis. Le scénario original bien écrit n'est pas niais. Vraiment bien en 2D, mais la 3D existe. J'ai malheureusement vu le film en VF. Je pense que la VO vaut la peine d'être vue et entendue, car les acteurs qui font les "voix" sont tous d'origine écossaise.

(1) et non "Une vie sans principe" comme j'avais écrit initialement

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mardi 31 juillet 2012

Mensonges sur le divan - Irvin Yalom / Enigma - Antoni Casas Ros

Voici deux livres qui n'ont aucun rapport l'un avec l'autre.

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Mensonges sur le divan d'Irvin Yalom (Point Seuil, 560 pages) est le deuxième roman que je lis de cet écrivain après Le Problème Spinoza qui m'avait enthousiasmée. Je n'en dirais peut-être pas autant de celui-ci où j'ai trouvé des passages un peu longs par moment. Je résumerais l'histoire en disant qu'Irvin Yalom qui est psychiatre égratigne pas mal ceux qui exercent ce métier. Après un prologue éblouissant de plus de 50 pages, l'histoire traîne un peu pendant les 500 pages suivantes avec quelque baisse de rythme. Peut-être est-ce que je ne connais pas grand-chose à la pyschanalyse et que le fait de payer (cher) pour raconter sa vie à un parfait inconnu me trouble beaucoup (même si c'est partie intégrante de la thérapie). Nos deux héros psychiatres, Ernest Lash et Marshal Streider, dont on découvre la naïveté (le second étant le superviseur du premier), vont être victimes de deux tours pendables commis par des patients qui leur ont menti alors qu'ils sont censés dire la vérité. J'ai surtout retenu le coup du double harpon: une escroquerie de haute volée. Je vous recommande ce roman rien que pour le prologue. Après, c'est à vous de juger.

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Maintenant, je passe à Enigma (Folio, 261 pages) d'Antoni Casas Ros, écrivain catalan d'expression française. C'est une jeune femme qui m'a prêté ce roman et je la remercie pour cette découverte. Le roman paru en 2010 est aussi étrange que la page de couverture. Deux hommes, Joaquim (professeur de lettres universitaire et écrivain raté) et Ricardo (poète et tueur à gages) et deux femmes Naoki (Japonaise, musicienne sans profession fixe qui "moissonne du silence") et Zoë, étudiante et serveuse dans un bar à ses heures, sont à tour de rôle les narrateurs de cette histoire pas banale. A Barcelone, peut-être de nos jours, Enigma nous conte le destin de Joachim, un écrivain médiocre qui  dissèque les oeuvres d'autres auteurs en leur reprochant la plupart du temps les fins, qu'il se met à réécrire lui-même. Il va former un "ménage à 4" avec Ricardo, Naoki et Zoë. Enigma est un roman sensuel et sexuel empreint de cruauté où les ombres de Sade et de quelques autres sont très présentes. Sans dévoiler la fin, je dirai que trois des personnages sur quatre connaîtront la même fin que des personnages de romans évoqués. C'est un roman qui m'a donné envie de découvrir l'oeuvre de Bolaño et La fille aux yeux d'or de Balzac. C'est le premier roman que je lis de cet écrivain. Il faudrait que je découvre un des ses précédents: Le théorème d'Almodovar.

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mardi 29 mai 2012

Films vus et non commentés depuis le 26/04/12

Voici quatre films que je n'avais pas encore chroniqués.

Pour un premier long-métrage, Margin call de J. C. Chandor est une réussite. Il nous fait découvrir les prémices de la crise financière de 2008 au sein d'une grande banque d'investissement où interviennent des licenciements secs (aux Etats-Unis, la façon de faire est brutale). Juste avant de quitter les lieux, un des licenciés qui fut à la tête du département "management des risques" prévient qu'un gros problème va arriver, la banque est proche de la banqueroute. En 24 heures, on peut voir quelques personnages importants de cette banque essayer de s'en sortir au mieux et tant pis pour les autres. C'est un film qui prend son temps, il n'y a aucune agitation, on parle beaucoup autour d'une table ou ailleurs. Cela pourrait se jouer au théâtre. Les personnages sont tous plus cyniques les uns que les autres. Ce n'est jamais qu'une histoire d'argent comme dit le directeur joué impeccablement par Jeremy Irons. Les autres acteurs sont tout aussi excellents: Stanley Tucci, Kevin Spacey, Simon Baker (vu dans The Mentalist), Paul Bettany et Demi Moore. Un bon film.

Dark Shadows de Tim Burton (qui semble beaucoup s'être inspiré de la famille Addams) se regarde avec plaisir, mais la fantaisie y fait défaut. Exceptés Angélique (la sorcière) et Barnabas Collins (le vampire, revenu d'entre les morts au bout de 200 ans), les autres personnages manquent de consistance. La mort d'Angelique est un moment très poétique: elle se fèle comme une poupée de porcelaine. J'ai retenu deux autres scènes notables: quand Barnabas très pâle se lave les deux canines devant une glace avec une brosse à dent et la scène "torride" entre Angélique et Barnabas: ça déménage! A part ça, une grande partie de l'histoire que je ne raconte pas se passe surtout dans un manoir gothique en 1752 puis en 1972, où vivent les Collins qui forment une famille décomposée constituée par Elizabeth (Michelle Pfeiffer) et de son frère Roger (Johnny Lee Miller), père lâche et indigne, tandis que les deux enfants de la maisonnée sont perturbés l'un et l'autre pour des raisons différentes. Vit aussi là, une psychologue, Helen Bonham-Carter qui se met à rêver d'immortalité. Ce n'est pas forcément le meilleur film de Tim Burton pour ceux qui ne le connaissent pas encore.

Babycall du Norvégien Pål Sletaune est un thriller qui commence de façon plutôt banale, et qui, au fur et à mesure, change de ton pour entrer dans le genre paranormal et fantastique. Le film est porté par Noomi Rapace qui interprète Anna, une maman inquiète pour Anders, son petit garçon de 8 ans. Elle a quitté le domicile conjugal car son mari les battait, elle et son garçon. Elle loge dans l'appartement qu'on lui a alloué, situé dans une espèce de HLM impersonnel et très laid. N'étant pas tranquille la nuit, elle achète un "babycall" (autrement dit un interphone bébé) qui intercepte des cris et des pleurs venant d'ailleurs dans l'immeuble. Le fantastique intervient par petites touches et la fin assez inattendue qui lorgne vers Le 6ème sens est très réussie. Le réalisateur nous a bien manipulés. C'est un film que je vous recommande. (Lire le billet enthousiaste de ffred).

Moonrise Kingdom de Wes Anderson est le premier film que je vois de ce réalisateur. C'est en lisant un billet de Wilyrah que j'ai eu envie de le découvrir. Je n'ai pas été déçue car le film dégage un charme poétique et champêtre. En 1965 (on entend une chanson de Françoise Hardy), deux jeunes adolescents vivent une jolie histoire d'amour sur une île au large de la côte est des Etats-Unis. Le garçon est un scout rebelle qui n'a plus ses parents, la jeune fille est l'ainée d'une famille de quatre enfants qui vivent avec leurs deux parents un peu excentriques. Une des tempêtes du siècle qui va balayer tout sur son passage va aussi jouer un grand rôle. Il faut noter le casting impressionnant: Bill Murray, Frances Mc Dormand, Edward Norton, Bruce Willis, Tilda Swinton et en grand chef scout: Harvey Keitel! C'est un film pour petits et grands. Lire le billet enthousiaste de Wilyrah.

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jeudi 26 avril 2012

Films vus et non commentés depuis le 05/04/12

Voici deux films qui n'ont aucun rapport l'un avec l'autre. Je veux les évoquer avant qu'ils ne disparaissent complètement des écrans.

D'abord My week with Marilyn de Simon Curtis, qui semble avoir rencontré peu de succès public et critique. Personnellement, j'ai trouvé cette évocation de Marilyn assez touchante. Une pléiade de bons comédiens sont au rendez-vous dont Kenneth Branagh et Judy Dench. Je dirais que j'ai vu ce à quoi je m'attendais: 4 mois de la vie de Marilyn (dans les années 50), venue en Angleterre pour tourner au côté de Laurence Olivier dans Le Prince et la danseuse (il faudrait que je revoie ce film peu diffusé). Elle vient juste d'épouser Arthur Miller. Colin Clark, un jeune anglais, va se lier d'amitié avec l'actrice (il est 3ème assistant réalisateur) pendant le tournage. Le film est tiré de ses mémoires qu'il écrivit par la suite. On peut reprocher au film son manque de profondeur, cela reste anecdotique. Michelle Williams ne s'en tire pas si mal pour incarner la star disparue il y a 50 ans. Mais Marilyn est inimitable et unique. C'est le seul défaut du film.

Twixt de Francis Ford Coppola peut dérouter par son ton mais il y a une unité de lieu, d'action et de temps dans ce film qui oscille entre rêve et réalité. Un romancier en mal d'inspiration (Val Kilmer) cherche un sujet. Il se retrouve à faire des dédicaces de son dernier roman dans une quincaillerie (qui vend aussi des livres) d'une petite ville où séjourna Edgar Allan Poe, dans l'Est des Etats-Unis. Il apprend que des crimes touchant des enfants ont été commis dans une vieille maison au toit pointu. Une autre étrangeté domine la ville: un haut bâtiment, où plusieurs pendules ne donnent pas la même heure, est visible de partout dans la ville. Tout le film est bercé d'une atmosphère étrange, menaçante. Cela fait penser au Chevalier sans tête (Sleepy hollow) de Tim Burton. On sent aussi une influence de David Lynch et Twin Peaks. L'image est superbe. Coppola, qui n'a plus rien à prouver, se fait plaisir. On aime (comme moi) ou on n'aime pas, à vous de voir. Il faut noter que la voix "off" que l'on entend pendant tout le film est celle de Tom Waits (chanteur que j'aime beaucoup).

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vendredi 20 avril 2012

Tyrannosaur - Paddy Considine

J'ai vu Tyrannosaur de Paddy Considine en avant-première (le film sort le 25 avril prochain). Je dirais pour résumer que ce film raconte des histoires pas bien gaies (ce n'est rien de le dire), mais un certain apaisement apparait dans l'épilogue (qui pourtant se passe en prison). Joseph (Peter Mullan), alcoolique, grossier, en veut au monde entier depuis la mort de sa femme, le tyrannosaure du titre (je vous laisse découvrir le pourquoi de ce surnom peu flatteur). N'arrivant pas à contenir sa fureur, il tue même son chien d'un coup de pied. Un jour, Joseph se réfugie dans le magasin d'Hannah (Olivia Colman, une actrice que je ne connaissais pas) qui vend des objets hétéroclites, des bondieuseries et des fripes. Hannah est une jeune femme qui cache un lourd secret, lequel nous est dévoilé assez vite (c'est une femme battue et violentée moralement et physiquement par son mari, James, être faible et minable). Les deux personnages, Joseph et Hannah, sont des êtres blessés et solitaires qui vont arriver néanmoins à communiquer et à se soutenir mutuellement. Ils sont entourés par des individus pas mieux lotis qu'eux, le personnage du gamin qui vit en face de la maison de Joseph en est une triste illustration entre sa mère et son beau-père. Le film se termine par une rédemption, mais à quel prix! Il vaut la peine d'être vu pour les acteurs: Eddie Marsan, dans le rôle difficile du mari indigne, est remarquable. En revanche, j'ai trouvé l'histoire d'une trop grande noirceur à mon goût. A vous de juger. Je tiens à remercier Anaïs Monnet et la société Le K qui me permettent de découvrir des films qui sortent des sentiers battus.

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jeudi 15 mars 2012

L'ivresse du kangourou - Kenneth Cook / De bons voisins - Ryan David Jahn / Requins d'eau douce - Heinrich Steinfest

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Après Le koala tueur et La vengance du wombat, voici L'ivresse du kangourou de Kenneth Cook (Editions Autrement), troisième recueil (et vraisemblablement le dernier) de nouvelles savoureuses dans lesquelles on trouve un kangourou alcoolique à la bière, un papa autruche qui cherche à protéger un oeuf prêt à éclore, un "truc bizarre" capable de tuer un chat et un chien énormes, sans parler de taupes, de rats et de lézards. Mais plus que les animaux réels ou imaginaires, Kenneth Cook nous fait surtout découvrir des humains plus excentriques les uns que les autres, des universitaires, des bénévoles, un champion de rodéo, un grand prêtre de tribu indigène, sans parler d'un champion de bras fer perdant tous ses moyens quand on le fait rire. Le recueil se compose de 14 nouvelles qui se lisent d'une traite. Un grand moment de lecture hautement réjouissante. Voir les billets de Keisha, Cathulu, Le Merydien et Cathe.

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De bons voisins de Ryan David Jahn (Actes Noirs, Actes Sud) se passe pendant une nuit, le 13 mars 1964, à New-York dans le Queens. Une jeune femme, Katrina Marino, qui rentre de son travail de barmaid à 4 heures du matin, se fait agresser dans la cour de son immeuble. Les voisins ne pensent pas à appeler la police (ils croient que quelqu'un l'a déjà fait) ou à porter secours à la victime. Parmi eux, il y a un jeune homme angoissé qui doit partir pour le Vietnam, deux couples échangistes, une femme qui pense avoir tué un bébé dans son berceau, un homme qui fait son "coming out", une femme qui se rend compte que son couple part à la dérive. D'autres personnages vont jouer un rôle dans cette tragédie, un flic véreux et un ambulancier. Le roman se compose de courts chapitres où s'entrecroisent les récits dans lequels témoins, victime et bourreau nous sont présentés tour à tour. L'histoire est tirée d'un fait divers réel qui s'est passé dans les années 60. Etrangement, ce récit me fait penser au film 38 témoins de Lucas Belvaux (vu hier soir [chroniqué ici]), mais avec une approche totalement différente. Le roman se lit bien mais sans plus.

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Requins d'eau douce de Heinrich Steinfest (Folio policier) est un roman policier autrichien très original où l'arme du crime est un ou plusieurs requins. L'histoire se passe à Vienne, capitale de l'Autriche. La police trouve un cadavre avec une jambe et une main en moins dans une piscine. L'indice qui mènera l'inspecteur Lukastik à la résolution de l'énigme est une prothèse auditive. L'histoire elle-même est tirée par les cheveux mais j'ai apprécié le style de l'auteur et j'ai appris des choses sur le philosophe Wittgenstein dont Lukastic est un fervent admirateur. Un roman que je conseille.

vendredi 30 décembre 2011

Welcome in Vienna (trilogie) - Axel Corti / Le tableau - Jean-François Laguionie

Avant la fin de cette année 2011 (et avant mon palmarès cinéma), je voulais ne pas oublier de parler d'un événement cinématographique sorti le 30 novembre 2011 dans deux salles à Paris. Il s'agit de trois films (en noir et blanc, image format télé) d'Axel Corti (1933-1993) dont les deux premiers volets étaient restés jusqu'à présent inédits en France.

L'oeuvre Welcome in Vienna (Wohin und Zurück) se compose donc de trois films écrits par le scénariste Georg Stefan Troller, qui confirme dans le dossier de presse que cette suite d'histoires est autobiographique à 70 ou 80%. Il est né en 1921 et vit à Paris depuis 1949.

Dieu ne croit plus en nous (1982, inédit en France) commence à Vienne en 1938. Après la "Nuit de cristal" et le meurtre de son père, Ferry Tobler, un adolescent juif, fuit l'Autriche. Echoué à Prague, il continue sa fuite vers la France en compagnie d'un soldat allemand anti-nazi échappé de Dachau et d'une Tchèque chargée d'aider les réfugiés. Sans papiers, ils sont arrêtés et internés par les Français. Arrivant à s'échapper, ils parviennent à Marseille dans l'espoir de s'embarquer pour les Etats-Unis.

Dans Santa Fé (1986, inédit en France), l'action se passe à New-York en 1940. Un bateau, Le Tonka, arrive avec, à son bord, des réfugiés dont Ferry Tobler qui se noie accidentellement en cherchant à sauver une jeune femme mutique qui voulait échapper au contrôle des services d'immigration. On suit surtout le parcours de Freddy Wolff, jeune émigrant juif autrichien qui rêve du Far-West mais qui se retrouve isolé dans sa vie d'immigré même s'il trouve un peu d'entraide au sein de sa communauté. Il trouve même un travail de vendeur dans un "delicatessen". Mais dès l'entrée en guerre des Etats-Unis fin 1941, lui et ses semblables sont assimilés à l'ennemi allemand. Il s'engage dans l'armée américaine pour regagner l'Europe. Pour moi, des trois films, c'est celui que je préfère, peut-être parce que l'histoire se passe à New-York et que le réalisateur prend son temps pour nous rendre les personnages attachants.

Enfin, Welcome in Vienna (1986, et que j'avais vu à l'époque) se déroule en 1944 dans une Europe dévastée et à reconstruire. Freddy Wolff et George Adler, intellectuel de gauche berlinois, découvrent les horreurs nazies et l'antisémitisme qui règne jusque dans leurs rangs. Ils assistent à la reddition d'un colonel nazi qui offre son aide à l'U.S. Army, laquelle l'accepte bien volontiers, tout cela pour combattre le communisme. Dans Vienne, Freddy trouve les restes de son passé familial, la maison de ses parents en ruines. Dans le chaos où est plongée l'Autriche, Freddy est écoeuré en voyant un ancien nazi devenir roi du marché noir. La corruption et l'arrivisme règnent partout mais cela n'empêche pas Freddy de rester dans ce pays qu'il aime. Aussi étrange que cela puisse être, j'ai trouvé cette partie (que j'avais appréciée à l'époque) la moins réussie, un peu trop touffue.

En tout cas, si vous en avez l'occasion, je vous conseille de voir, comme moi, cette trilogie dans l'ordre. Elle a rencontré un beau succès d'estime et c'est mérité.

Sinon, comme dernier film à voir absolument en cette fin d'année, et déjà chaudement conseillé par Aifelle, allez voir Le tableau de Jean-François Laguionie (sorti le 23 novembre 2011). C'est une merveille d'animation qui ravira les grands et peut-être les plus jeunes. Dans ce très beau film (graphiquement et visuellement), vous n'oublierez pas les toupins, les pafinis et les reufs. Vous essaierez de deviner les peintres et les tableaux qui sont évoqués. Cela fait plaisir, des films d'animation intelligents et sensibles.

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mardi 27 décembre 2011

A dangerous method - David Cronenberg / Le Havre - Aki Kaurismaki

FestAut01 Que dire de ce film (A dangerous method), le dernier de la sélection du Festival d'automne créé par Chris? Pas mal mais sans plus. Ne connaissant pas grand-chose à la psychanalyse, j'avoue n'avoir pas tout compris sur la cause de la rupture intellectuelle entre Freud et Carl Jung son disciple, si ce n'est que Jung a été trop loin dans sa relation avec une patiente. L'histoire qui se déroule sur 9 ans reste anecdotique. En 1904, en Suisse, Carl Jung exerce dans une institution psychiatrique. Une jeune femme hystérique, Sabina Spielrein, juive russe, devient donc la patiente et la maîtresse de Carl Gustave Jung, lui-même marié (à une femme très riche) et père de famille. Sabina Spielrein, elle-même, deviendra plus tard une grande psychanalyste et se rapprochera des idées de Freud. Episodiquement, Jung rencontre Sigmund Freud ou correspond avec lui jusqu'à la rupture complète. Le film est beau à regarder, rien ne manque dans les décors ni les costumes. C'est un film relativement sage. Je note surtout la prestation de Keira Kneightley qui se sort très bien du rôle pas facile de Sabina.

En revanche, ne passez pas à côté du Havre du cinéaste finlandais Aki Kaurismaki, un joli conte décalé où André Wilms, Jean-Pierre Darroussin et Kati Outinen font merveille. Je ne vous parle même pas du plaisir de revoir Pierre Etaix jouant le rôle d'un médecin et Jean-Pierre Léaud en délateur odieux digne du pire collabo. Idrissa, un jeune Congolais arrivé avec d'autres dans un container par bateau, est pris sous l'aile protectrice de Marcel Marx, cireur de chaussure à la gare du Havre. Toute l'histoire repose sur un élan de solidarité (d'amis ou connaissance de Marcel) qui permet à Idrissa de rejoindre sa mère à Londres. Il faut noter quelques hommages au cinéma français. Kati Outinen qui interprète le rôle de la femme de Marcel Marx (André Wilms) s'appelle Arletty dans le film. Les décors et les costumes sont datés années 80. On voit une Renault 16, une vieille cabine téléphonique. C'est un joli film qui fait chaud au coeur.

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mercredi 21 décembre 2011

17 filles - Delphine et Muriel Coulin

FestAut01 J'ai été voir vendredi dernier 17 filles, avant-dernier film du Festival d'automne initié par Chris. Je l'ai trouvé long (et pourtant il ne dure qu'1H30). J'avoue ne pas avoir été intéressée par les envies de grossesse de lycéennes de 17 ans vivant à Lorient. Cette ville est montrée de manière peu accueillante et l'on peut comprendre que des jeunes filles qui se cherchent soient tentées par y avoir un bébé. D'ailleurs, il suffit qu'une des filles, Camille, tombe enceinte, pour que d'autres aient envie de tenter l'expérience. Elles décident d'élever leurs enfants ensemble loin des parents. Elles ne veulent pas entendre parler des difficultés qui les attendent. Parmi les adultes, c'est l'incompréhension. J'ai surtout remarqué le désarroi du directeur du lycée (Carlo Brandt, dans un rôle quasi-muet, a l'air de se demander pourquoi il est là). Et en tout, 17 filles se retrouvent enceintes en continuant de fumer des joints. Elles ne se posent pas de questions sur les maladies sexuellement transmissibles. Bien entendu, à la fin, tout ne se termine pas comme prévu pour l'une d'elle. C'est tiré d'une histoire vraie qui s'est passée aux Etats-Unis. Je ne m'attendais à rien. Et en effet, 17 filles ne m'a pas apporté grand-chose.

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