samedi 17 septembre 2016

Clash (Eshtebak) - Mohamed Diab

Après Les femmes du bus 678 qui m'avait beaucoup plu, voici Clash de Mohamed Diab. L'histoire se situe au lendemain de la chute du président égyptien Morsi en 2013, un an après son élection. Morsi, appartenant au parti islamiste, a été renversé par un coup d'Etat organisé par l'armée. A la suite de ce coup d'Etat, les manifestations se succèdent et l'armée arrête et entasse des individus, jeunes et vieux, femmes et enfants, dans des paniers à salade aux vitres grillagées, les prisons étant pleines. Le cinéaste, la caméra à l'épaule, s'est enfermé dans cet espace confiné où une vingtaine de personnes représentatives de la société égyptienne se regardent avec hostilité, délimitent des frontières avant de s'épauler néanmoins au gré des événements qui se passent dehors. Le panier à salade en mouvement ou à l'arrêt essuie des jets de pierre ou est atteint par des balles de fusil. Le film qui dure presque deux heures ne m'a pas ennuyée. J'étais vraiment curieuse de savoir comment cela se terminerait. J'avoue avoir été un peu frustrée par la dernière image dissoute dans des faisceaux de lumière. Lire le billet d'Alex-6 et Chris.

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jeudi 7 juin 2012

Les femmes du bus 678 - Mohamed Diab

Même s'il comporte de nombreuses imperfections et quelques facilités, essayez d'aller voir Les femmes du bus 678, un premier film d'un réalisateur égyptien, Mohamed Diab. L'histoire tirée de faits réels se passe en 2009. Trois femmes issues de milieux socio-économiques différents sont agressées sexuellement à un moment donné: Seba, à l'issue d'un match de football; Nelly, traînée par un conducteur de voiture qui semble faire des gestes obscènes; et la troisième, Fayza, qui fait partie de ces femmes subissant des attouchements réguliers dans les bus bondés (dont le 678) qui parcourent Le Caire. Toutes les trois décident de contre-attaquer chacune à leur façon.
En plus du harcèlement sexuel est évoqué le fait que les hommes qui ne sont pas capables de subvenir aux besoins d'une famille ne peuvent pas se marier avant longtemps et sont donc frustrés sexuellement. Il est dit aussi que des enfants sont punis quand leurs parents oublient de payer l'école (privée). Enfin, le poids des traditions est tel que les femmes agressées hésitent à porter plainte car les familles se sentent humiliées. J'ai également été frappée en constatant que si une épouse est agressée, c'est le mari qui se sent souillé: un comble! Les hommes ne sortent pas grandis de ce film, sauf peut-être un inspecteur de police qui verse des larmes quand il tient sa dernière-née, lui qui a toujours eu des garçons. Le réalisateur agence habilement les scènes du point de vue chronologique. Il semble que ce film ait peut-être fait bouger les choses, car l'agression sexuelle est désormais punie par la loi en Egypte (le film date de 2010). Malheureusement, il y a peu de plaintes. Les trois actrices principales sont vraiment très bien. Je vous recommande ce film.

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mercredi 19 mai 2010

Femmes du Caire - Yousry Nasrallah

Encore un film que je vous conseille d'aller voir - malgré quelques longueurs et quoique pas passionnant au même degré en permanence (mon attention s'est parfois relâchée pendant les 2H15 du film). D'ailleurs, j'ai eu un peu peur dès la première séquence. Femmes du Caire de Yousry Nasrallah a été écrit par le scénariste de l'adaptation de L'immeuble Yacoubian, Wahid Hamed. Hebba, journaliste à succès, anime à la télé un talk-show politique assez anti-gouvernemental qui met en danger la promotion qu'attend son mari, Karim (journaliste lui aussi), avec lequel elle forme un couple idéal: beau, riche et célèbre. Karim met la pression sur Hebba qui se détourne alors de la politique pour interroger des femmes ordinaires aux destins pas toujours ordinaires. La première a été internée dans une clinique psychiatrique suite à un mariage raté qui l'a menée jusque-là; une ancienne détenue qui vit avec celle qui fut sa gardienne raconte la genèse du crime qui l'a conduite en prison; une manifestante solitaire dit l'injustice monstrueuse que lui fit un homme. A la fin, Hebba (avec un oeil au beurre noir) va devenir à son tour une de ces femmes qui témoignent devant une caméra, victime de la violence faite aux femmes, prisonnière des traditions où l'argent et le sexe sont rois comme partout dans le monde. Les hommes que l'on nous montre sont aussi victimes d'une certaine façon, ils sont des objets de désir comme par exemple dans l'épisode avec l'ancienne détenue. Saïd, un jeune homme employé dans une épicerie familiale, séduit tour à tour les trois filles du propriétaire décédé (un drame s'ensuit). Comme ffred, je trouve le troisième épisode (avec la dentiste devenue manifestante) le plus réussi. Elle tombe amoureuse d'un homme bien de sa personne. Il se joue d'elle avec goujaterie. Grâce à du chantage, il la dépouille d'une partie de son argent. Quant à Hebba, elle est semblable à Shéhérazade et à ses contes. D'ailleurs, le titre original du film est Ehky ya Scheherazade (Shéhérazade, raconte-moi une histoire). J'ai été marquée par une scène où Hebba se trouve dans le métro (un wagon réservée aux femmes). Elle est la seule à ne pas porter le foulard traditionnel (voire plus). Au bout d'un moment, sous la pression des regards des autres femmes, elle sort un foulard de sa poche et le met sur sa tête. Tout est dit. Je témoigne qu'au Caire (en 2003), les femmes étaient toutes voilées. Concernant le film, j'ai trouvé les acteurs tous très bien. Le réalisateur a été l'assistant de Youssef Chahine.

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lundi 12 mars 2007

L'Immeuble Yacoubian - Marwan Hamed

Le 17 avril prochain [2007] sortira en DVD l'Immeuble Yacoubian de Marwan Hamed adapté du roman d'Alaa El Aswany (Editions Actes Sud 2006) qui porte le même titre. Le livre a été un best-seller inattendu en Egypte où il a été vendu à plus de 100 000 exemplaires. Si vous n'avez pas vu le film à sa sortie en salle (août 2006 en France), pré-réservez dès maintenant ce mélodrame de 3H de bonheur absolu. Quand j'ai vu le film, les gens applaudissaient à la fin. L'histoire est centrée sur plusieurs personnages habitant l'immeuble Yacoubian au Caire: un éditeur homosexuel (sujet tabou dans les pays musulmans), un jeune islamiste refusé à l'école de police qui deviendra un terroriste, un vieil aristocrate "vieux beau" nostalgique d'un passé révolu, une jeune fille pleine de rêves, un affairiste louche et lubrique. Leurs destins s'entrecroiseront et tout ne finira pas bien pour certains. Je le répète, l'Immeuble Yacoubian est à voir. Pour l'histoire, les acteurs, pas très connus des Occidentaux, mais tous excellents, la musique, les décors et la mise en scène. Et vous pouvez lire le livre dans la foulée, cela en vaut la peine. Vous constaterez que le film est très fidèle au roman, l'adaptation est vraiment réussie. 

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