mercredi 14 février 2018

Three billboards - Martin McDonagh / In the Fade - Fatih Akin

Un mois après sa sortie, je vais enfin évoquer Three billboards de Martin McDonagh. Ce film devrait être récompensé aux prochains Oscars (après les Golden Globes), au moins dans les catégories "Actrice" et "Acteur dans un second rôle". Tout a été déjà écrit sur les blogs ou ailleurs, et dit à la radio. A Ebbing, une petite ville du Missouri, Mildred Hayes (Frances McDormand, impressionnante) ne décolère pas contre la police locale depuis sept mois. Sa fille a été violée et tuée (son corps a été retrouvé brûlé). Malheureusement, le meurtrier n'a toujours pas été appréhendé. Mildred a un sacré caractère et elle jure comme un charretier. Divorcée d'un mari qui l'a quittée pour une fille (nettement) plus jeune, elle vit avec son fils. Afin que la police reprenne l'enquête, Mildred loue trois panneaux publicitaires plantés juste à la sortie de la ville sur une petite route. En gros caractères sur fond orange, elle interpelle le chef de police (Woody Harrelson, très bien) qui prend évidemment très mal la chose. L'histoire est pleine de rebondissements Les personnages dont Dixon, l'adjoint du shérif, ne sont pas spécialement sympathiques, mais ce sont des humains avec leurs défauts. J'ai aimé le film pour les dialogues très écrits (cela s'apparente presque à du théâtre), mais j'ai trouvé tout de même que l'ensemble manquait parfois de finesse. A voir pour les prestations des acteurs avec une mention spéciale à Sam Rockwell qui joue Dixon. C'est un acteur que j'apprécie beaucoup. Mention aussi à Peter Dinklage (James), en amoureux éconduit qui sauve la mise à Mildred. Lire les critiques enthousiastes de Pascale, Tinalakiller, Miriam, Anne et celle plus mesurée de ffred (dont je me sens proche).

Je passe à In the Fade de Fatih Akin. L'histoire m'a touchée. C'est beaucoup dû à la prestation exceptionnelle de Diane Kruger. Elle interprète une femme qui se fait justice elle-même en pratiquant la loi du talion. Katja formait un beau couple avec Nuri. Ils ont eu un petit garçon Rocco. Nuri et Rocco sont victimes d'un attentat à la bombe dans l'officine de Nuri. Le film est découpé en trois parties. Celle du milieu, le procès, est passionnante. On pourra trouver que le scénario n'est pas très bon, que Fatih Akin a été plus inspiré dans ses long-métrages précédents. Mais, pour Diane Kruger, allez voir le film. Elle a amplement mérité son prix d'interprétation féminine au dernier festival de Cannes en 2017. Lire le billet de Matchingpoints.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , , ,

vendredi 2 février 2018

Pentagon papers - Steven Spielberg

Pentagon papers de Steven Spielberg vaut la peine d'être vu pour ce qu'il raconte et pour l'évocation d'une période passionnante où Internet n'existait pas encore. En 1971, aux Etats-Unis, à la suite des premières révélations publiées par le New-York Times, le Washington Post, qui était un quotidien au tirage plus confidentiel, va publier à son tour des articles portant sur un rapport confidentiel de plus de 7000 pages. Rédigé à la demande de Robert McNamara (Secrétaire de la Défense entre 1962-1968), ce document mettait en évidence que la guerre au Vietnam n'avait aucune chance d'être gagnée par les Américains, et ce depuis pratiquement le début du conflit. Les présidents républicains et démocrates se sont succédés à la Maison blanche entre 1955 et 1971 mais aucun n'a décidé d'arrêter cette guerre qui a fait des milliers de morts côté américain. En 1971, le Washington Post était dirigé par Katherine Graham (Meryl Streep, excellente) qui avait pris la suite de son mari suicidé (elle n'avait jamais travaillé auparavant). Devenue directrice de la publication, c'est elle qui prendra la décision de faire publier ces articles sur les "Pentagon Papers" malgré les réticences de son entourage (des hommes pour la plupart). Dans ce monde très masculin (et qui l'est toujours), elle montre une détermination qui force l'admiration. Pour l'aider dans son entreprise, elle est épaulée par le rédacteur en chef du Washington Post, Ben Bradlee (Tom Hanks). Elle se met au service des "gouvernés" et non plus des "gouvernants", et ce malgré une injonction du gouvernement fédéral. Heureusement, la Cour suprême des Etats-Unis mettra fin aux poursuites et levera la censure. Les articles continueront à être publiés. J'ai aimé voir fonctionner les rotatives et les coulisses d'un journal où on écrivait avec un papier et un crayon, il n'y avait pas d'ordinateur. Tout était fait manuellement (nostalgie, quand tu nous tiens...). En 1972, éclatera le scandale du Watergate révélé par deux journalistes du Washington Post. Revoyez Les hommes du président de Alan J. Pakula (1976).

Lire les billets de Pascale et Strum qui devraient finir de vous convaincre d'aller voir le film.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : ,
vendredi 12 janvier 2018

Le grand jeu - Aaron Sorkin / El presidente - Santiago Mitre

Avant d'aborder des films très décevants de ce début d'année, je veux évoquer deux films qui m'ont plu chacun dans leur genre même si ce ne sont pas des chefs-d'oeuvre.

Je commence par Le grand jeu d'Aaron Sorkin. Je suis allée voir le film pour Jessica Chastain et je ne l'ai pas regretté. Elle est sensationnelle dans le rôle de Molly Bloom qui de skieuse est devenue organisatrice de parties de poker à la fin des années 2000 pour le "Tout Hollywood", pour des milliardaires texans ou des financiers de Wall Street ou même la Mafia russe. Fille d'un psychologue, Molly Bloom (comme l'un des personnages d'Ulysse de Joyce) aurait pu faire tout à fait autre chose de sa vie mais suite à un concours de circonstances, elle devint serveuse de cocktails dans un bar. Le patron la remarquant, lui demanda de l'assister dans l'organisation de parties de poker clandestines. Elle accueillait les joueurs et gèrait les jeux. Peu de temps après, elle s'est mise à son compte. Pour tenir éveillée pendant 4 ou 5 jours que duraient les parties, elle a commencé à prendre des médicaments, des excitants et de la drogue. Les parties se jouaient avec des mises de départ de 250000 dollars. Elle est restée dans les limites de légalité jusqu'à ce qu'elle accepte des commissions sur les parties. Le FBI s'en est mêlé. Le scénario du film est tiré du livre que Molly Bloom a écrit et publié en 2014. Le rythme du film d'autant plus trépidant que Molly narre cette histoire incroyable en voix off. Jessica Chastain arrive à porter des tenues hyper sexy sans jamais tomber dans la vulgarité. Elle est impériale. Un film à voir rien que pour elle et tant pis si vous ne comprenez rien au poker (comme moi). Lire le billet de Pascale.

Je passe à El Presidente (titre original La Cordillera) de Santiago Mitre. L'histoire se passe en effet au Chili dans la Cordillère des Andes. Hernan Blanco, le président d'Argentine, participe à un sommet de chefs d'état d'Amérique Latine. Ils doivent se mettre d'accord sur l'exploitation d'énergie en Amérique du sud. Hernan Blanco, qui a pas mal de charisme (Riecardo Darin, impeccable), vient d'être récemment élu. Il incarne l'homme ordinaire, un président "normal". Mais rien n'est lisse, rien n'est simple chez cet homme dont la fille très perturbée l'accuse d'un meurtre. Pendant ce temps-là, les discussions géopolitiques se déroulent dans un hôtel perdu au milieu de nulle part dans un paysage enneigé. J'ai trouvé cette partie de l'histoire passionnante. A la fin du film, plein de questions restent en suspens. J'ai aimé l'atmosphère ouatée qui dégage de l'ensemble alors évidemment, la musique tonitruante du générique de fin détonne un peu. Je conseille ce film malgré quelques défauts dans le scénario. Lire les billets d'Anne.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
lundi 25 décembre 2017

Makala - Emmanuel Gras / Le crime de l'Orient-Express - Kenneth Branagh / Coco - Lee Unkrich et Adrian Molina

Décidément la fin de l'année permet de voir des films passionnants. Voici d'abord un documentaire à ne pas manquer.

En République Démocratique du Congo, Kabwita  Kasongo vit pauvrement avec sa femme et ses jeunes enfants dans une cahute dans un village reculé. Le film commence quand Kabwita se met à abattre un arbre immense avec une simple hache à la force de ses muscles. Il y passe une journée entière. Le vent souffle. L'abattage de cet arbre m'a révoltée dès le début, avant que je comprenne à quoi il allait servir. Kabwita le débite, le met dans un grand four afin de le transformer en charbon de bois. Le soir venu, Kabwita parle avec sa femme qui s'occupe de la maison et de la cuisine. En l'occurence, elle fait griller un rat (vous avez bien lu) sur un brasier. C'est la seule viande qu'ils aient à manger. Kabwita rêve de construire une plus grande maison. Pour ce faire, il entasse le charbon de bois bien arrimé sur un simple vélo. A vue de nez, il y a plus de 100 kg de charbon sur ce vélo surchargé. Puis débute le périple de Kabwita qui va parcourir 50 km avec son chargement. Il marche en poussant le vélo. Le chemin caillouteux et empoussiéré monte et descend. Il manque plusieurs fois de se faire renverser. Le vélo va tomber au moins une fois. Des hommes vont l'aider à le redresser. Plus tard, arrivant aux abords à Kolwezi, il va être rançonner par des policiers. La caméra filme de loin cette altercartion. Sinon, le réalisateur filme au plus près des visages. Kabwita ne se laisse jamais abattre, il a beaucoup de courage et de dignité. La séquence finale dans un lieu de prière chrétien est étonnante. La force du film est qu'on oublie que Makala (charbon en swahili) est un documentaire. Il y a une dramaturgie et un vrai scénario. Du très grand cinéma. Chris le pense aussi. Aurore est en revanche plus interrogative.

Je passe rapidement sur Le crime de l'Orient-Express, deuxième adaptation au cinéma du roman d'Agatha Christie. Branagh qui interprète Hercule Poirot a un accent à couper au couteau. La scène du crime où l'on voit le corps de Ratchett alias Cassetti assassiné de 12 coups de couteau est filmée par le haut, comme si le wagon n'avait pas de toit. Parmi les suspects, Michelle Pfeiffer qui interprète Caroline Hubbard est bien, elle a un rôle plus étoffé que les autres. Et j'ai trouvé que Johnny Depp avait pris un coup de vieux. Sinon, c'est un film qui peut se voir.

Je termine avec le dessin animé Coco qui offre un festival de couleurs et de musique (et pas trop de chansons). J'étais partie pour voir Ferdinand (le taureau) et j'ai donc vu Coco avec un immense plaisir. Le film rencontre un succès mérité. J'ai été bluffée par l'animation. Au Mexique, au moment de la période du jour des morts, le jeune Miguel voudrait jouer de la musique. Malheureusement, sa famille, fabricants de chaussures depuis trois générations, a banni la musique et tout ce qui s'y rapporte depuis que l'arrière-arrière grand-père de Miguel, Ernesto de la Cruz, a quitté sa famille pour faire carrière comme guitariste. Ce jour des morts, tous les défunts de chaque famille sont célébrés. Les photos de chacun sont bien mis en évidence sur un autel dans un coin des maisons. La famille de Miguel ne déroge pas à la règle. Quand, à un moment donné Miguel s'empare d'une guitare et passe dans le royaume des morts, l'histoire prend de l'ampleur. Le scénario très bien écrit réserve plein de surprises dont un coup de théâtre. Je suis d'accord avec un des messages du film: les morts sont vraiment morts quand plus aucun vivant ne pense à eux. Un très bon film pour petits et grands.

Ceci étant, je vous souhaite un joyeux Noël!

jeudi 9 novembre 2017

Carbone - Olivier Marchal / Logan Lucky - Steven Soderbergh / Hommage

Avant de m'envoler aujourd'hui pour le Chili pendant une dizaine de jours, je voulais chroniquer deux films. 

Je commence par Carbone d'Oliver Marchal, que je résumerai par "bof". Je n'ai rien compris à la fraude à la taxe carbone qui a fait perdre à la France plus d'un milliard d'euros en 2008-2009. En revanche, le film permet à Dani de trouver un rôle intéressant. Laura Smet dit à peine trois mots et joue les utilités en étant très maltraitée. Depardieu, en patriarche juif qui veut avoir la garde de son petit-fils, est égal à lui-même. Quant à Benoît Magimel, dont on connait le destin dès l'ouverture du film, on a l'impression qu'il souffre beaucoup. C'est un film violent qui n'apporte pas grand-chose. Lire le billet de Pascale plus enthousiaste que moi.

J'ai nettement préféré Logan Lucky de Steven Soderbergh, dans lequel Daniel Craig (James Bond) joue le rôle d'un taulard que deux frères font évader afin qu'il les aide à faire un casse: siphonner les recettes d'une course automobile sur un circuit fréquentés par des milliers de gens. Les deux frères Logan, l'un manchot, l'autre boiteux, avaient connu jusqu'au casse de méchants coups du sort. Les choses vont peut-être enfin s'arranger. Ce film sympathique a un rythme lent au début, puis tout s'accélère dans la dernière demi-heure. Il n'y a ni violence ni armes, mais les compiices, volontaires ou non, sont nombreux. Le casse est bien organisé. Les coupables seront-ils punis? Je vous laisse le découvrir.

Et enfin, je voulais rendre un petit hommage à un blogueur disparu cet été (je l'ai appris par l'intermédiaire de chez Sentinelle). Depuis le 17 août 2017, il n'écrivait plus de billet. Il est décédé le 22 août. Pour ma part, j'avais échangé avec lui quelques mois auparavant. Il m'avait envoyé le manuscrit d'un roman policier qu'il avait écrit en demandant mon avis. Il s'agit d'Alex-6, son blog "Y a quoi à chercher" est encore ouvert. Une nouvelle qui m'a rendue très triste.

Sur ce, je vous dis à bientôt avec plein de photos.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

vendredi 20 octobre 2017

Detroit - Kathryn Bigelow

Pendant deux heures vingt minutes, le spectateur se trouve à Detroit, en juillet 1967. Cette ville, berceau du label de chansons Motown et capitale de l'industrie automobile vit des émeutes sanglantes. Tout part, pendant une soirée, d'un cercle de jeu clandestin où une fête est organisée pour célébrer le retour d'un soldat noir du Vietnam. La police interrompt cette fête. Les gens se dispersent pour éviter l'affrontement avec les forces de l'ordre. Un ou deux jours plus tard, c'est l'état de siège dans Detroit. Les magasins sont pillés. Dans une salle de spectacle, un concert où se succèdent des chanteurs de "soul" est interrompu. The Dramatics, un groupe de cinq chanteurs noirs qui s'apprêtaient à monter sur scène pour la première fois, se retrouve dans la rue et se réfugie dans un motel voisin, The Algiers Motel, en évitant les arrestations de masse. Fin de la première partie. A partir de là, tout dérape, un Afro-américain logeant dans le motel a la très mauvaise idée de tirer avec un pistolet d'alarme en direction des militaires stationnés dans la rue. Les autres Afro-américains et deux jeune femmes blanches présents sur les lieux essuient des tirs de riposte. Le motel est bientôt investi par les gardes nationaux et surtout par des policiers dont le meneur s'appelle Krauss, un nazillon de la pire espèce qu'on avait croisé au début du film. Durant plus d'une heure dans un huis-clos étouffant, on assiste à l'humiliation et au tabassage des afro-américains et des deux jeunes femmes qui sont agressées et ceci en tout impunité. Trois noirs sont tués. Melvin, le seul vigile noir arrivé en renfort, n'a pu rien pu faire. Fin de la deuxième partie. Dans la troisième partie qui sert aussi d'épilogue, on voit les policiers blancs traduits en justice. Les jurés et le juge sont blancs. Donc vous pouvez deviner que les prévenus vont s'en sortir. C'est un film asphyxiant. On sort chamboulés et révoltés. La caméra suit les acteurs de très près. On ne sort pas indemne de Detroit (film réalisé par Kathryn Bigelow), qui ne peut pas laisser indifférent, qu'on l'aime ou pas. Lire les billets de Pascale, Aurore et Chris,

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : ,
dimanche 8 octobre 2017

Blade Runner 2049 - Denis Villeneuve

J'avais adoré Blade Runner de Ridley Scott sorti en 1982. Sans faire de comparaison, j'ai trouvé Blade Runner 2049 très réussi du point de vue visuel d'une part et du point de vue scénaristique d'autre part. L'histoire renvoie à certains moments de Blade Runner, en particulier sur ce que sont devenus Rick Deckard et Rachel. A Los Angeles noyée dans un brouillard de pollution, K (Ryan Gosling), un répliquant (un androïde ou "robot à peau" pour parler crûment) qui fait partie du LAPD (la police de Los Angeles), doit éliminer un autre répliquant. Cela se passe dans un paysage "de fin du monde". Pas très loin, les monceaux de détritus et de ferraille s'accumulent. Au pied d'un arbre mort, K trouve un coffre enfoui avec un squelette à l'intérieur. Ce sont les restes d'une répliquante dont on apprend qu'elle a mis au monde un enfant avant de mourir. Cet événement s'est produit 28 ans auparavant, en 2021. K est chargé de mener l'enquête pour retrouver l'enfant. Pour ce faire, il va croiser la route de plusieurs femmes dont Joi, une femme hologramme, et Luv, une répliquante très dangereuse. Son chemin va aussi l'amener à rencontrer Deckard (Harrison Ford, avec 35 ans de plus) qui vit avec un chien dans un casino abandonné. Malgré sa décrépitude, l'endroit est beau. Je n'en dirai pas plus sur l'histoire car le film est avant tout une expérience visuelle. Comme spectateur, on est complètement immergé dans les images jaunes, orange et grises. Avec mon ami, quand on est sorti de la salle, on s'est dit qu'on ne voudrait pas vivre dans ce genre de monde sans soleil, sans ciel bleu. Le film dure 2H43. Vous pouvez tenter l'expérience. Et dans la foulée, je vous conseille de revoir Blade Runner de 1982 qui est un chef d'oeuvre.

Lire les billets de Strum, Pascale, Wilyrah.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [24] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 26 septembre 2017

Barry Seal - Doug Liman / Patti Cake$ - Geremy Jasper / Good Time - Benny et Josh Safdie / Hommage

J'ai décidément été beaucoup au cinéma pendant le mois de septembre (2017).

Voici trois films américains très différents vus la même semaine.

Barry Seal de Doug Liman permet à Tom Cruise de montrer ses talents de pilote d'avion. Le scénario est tiré d'une histoire vraie. Barry Seal fut commandant de bord dans des avions de grandes lignes d'une compagnie américaine dans les années 70. Puis, par un concours de circonstances, on le voit devenir pilote de petits avions transportant des armes et de la drogue pour le cartel de Medellin. Marié et père de deux enfants, il s'installe dans une petite ville de l'Arkansas. Il est rapidement repéré par la DEA, le FBI, etc qui lui demandent de collaborer. Il accumule des millions de dollars mais aura une mort violente assez attendue. Le film lorgne vers le docu-fiction. C'est bien fait. Tom a l'air de s'amuser (ce n'est que du cinéma). Ca se laisse voir. Après, quant au message et à la morale du film, je vous laisse juge.

Patti Cake$ raconte l'histoire de Patricia Dombrowski, aussi connue sous le nom de Killa P et Patti Cake$, qui vit dans le New Jersey. Cette jeune femme blonde, pas très mince (elle a comme surnom "Dumbo" comme l'éléphant), exerce des petits boulots tout en composant du rap. Les paroles sont souvent assez crues. Elle rêve de gloire et de gagner un peu mieux sa vie. Elle trouve du soutien de la part de sa grand-mère et d'un jeune Noir qui devient son amant. Une histoire sympathique à la fin attendue. Mais pas de quoi fouetter un chat.

Good Time permet à Robert Pattison d'interpréter un malfrat plutôt attachant. Connie Nikas (Robert Pattison) commet un braquage avec Nick, son frère un peu attardé. Au moment de s'enfuir, Nick se blesse et se faire prendre par la police. Connie passe une nuit à essayer de trouver de l'argent pour le faire libérer. Il faut prévenir que la caméra est au plus près des acteurs. L'image n'est pas belle. Les couleurs sont parfois saturées. C'est assez particulier. J'avais lu des critiques positives. Bon, bof. Sans plus.

***********************************************************************

Ceci n'ayant rien à voir avec cela, je voulais rendre un petit hommage à une dame de théâtre (elle fut Sociétaire de la Comédie Française) qui vient de disparaître à 103 ans, Gisèle Casadesus. Elle nous a quittés dimanche 24 septembre 2017. Elle vivait dans le XVIIIème arrondissement de Paris et la mairie de cet arrondissement lui avait rendu hommage pour son centenaire en 2014. En plus du théâtre, elle avait tourné au cinéma jusqu'à récemment. Je l'avais vue dans La tête en friche (en 2010) ainsi que dans Sous le figuier (2012).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
samedi 2 septembre 2017

Seven sisters - Tommy Wirkola / Les proies - Sofia Coppola / Wind River - Taylor Sheridan

Seven Sisters est un thriller futuriste pas désagréable à voir, même si la fin n'est pas tout à fait réussie. L'un des atouts du film est Noomi Rapace qui interprète des septuplées. Nous sommes en 2079. Depuis plus de 30 ans la planète Terre connaît un problème de surpopulation. La politique de l'enfant unique a été instaurée et tous les enfants surnuméraires sont enlevés et confinés dans un endroit bien gardé. Personne ne sait ce qu'il leur arrive. En 2049, Terrence Settman, un scientifique, a assisté à l'accouchement de sa fille (elle en est morte). Elle a donné naissance à sept filles. Terrence décide de les appeler Lundi, Mardi, etc. jusqu'à Dimanche. Pendant trente ans, ces filles identiques vont grandir dans la clandestinité grâce à leur grand-père. Quand elles sortent dehors à tour de rôle dans la rue pour aller travailler ou se promener, elles le font le jour de la semaine qui correspond à leur prénom. Chaque soir, grâce à une caméra grefféee sur elles, elles font un compte-rendu de leur journée pour que les autres ne fassent pas d'impair quand c'est à leur tour de sortir. Car bien entendu, le monde de 2079 est hyper-connecté. Autant ces jeunes femmes se ressemblent, autant leur personnalités sont différentes. Un jour, malheureusement, la machine s'enraye quand un lundi soir, Lundi ne revient pas au domicile. Les six autres vont se mettre à sa recherche. Je ne vous en dis pas plus. Il y a pas mal de suspense. Les méchants de l'histoire ne sont vraiment pas sympathiques. Le style du film m'a fait penser à Hunger Games, au Labyrinthe ou même à Divergente. Les effets spéciaux avec sept Noomi Rapace dans le même plan sont réussis. Pourquoi pas?

Je passe au long-métrage de Sofia Coppola, Les proies (Beguiled en VO) qui a reçu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes en 2017. Après avoir revu tout récemment le film de Don Siegel de 1971 avec Clint Eastwood, j'ai trouvé que le film de Sofia Coppola n'était pas déshonorant mais il manque tout de même l'aspect sexualité réprimée et la jalousie causées par le caporal McBurney dans les Proies de 1971. En 1864, en pleine guerre de Sécession, en Virginie, un état sudiste, une des cinq jeunes pensionnaires d'une école de jeunes filles trouve un soldat yankee gravement blessé près d'un arbre. Elle le ramène dans l'école, une belle demeure sudiste. Le caporal va doucement se remettre et va provoquer des tensions au sein de ce groupe féminin. L'image est très léchée, il y a des très beaux plans. Colin Farrell, sans être comparé à Eastwood, est plutôt pas mal, ainsi que les actrices, Nicole Kidman en tête qui est toujours très à l'aise dans ce genre de rôle. Mais l'ensemble reste très sage. Lire le billet de Pascale.

Je termine avec Wind River de Taylor Sheridan dont c'est le premier long-métrage. Il est aussi acteur et il est le scénariste de Sicario et Comancheria. De nos jours, dans le Wyoming, en territoire indien, en plein hiver, c'est-à-dire avec -30° comme température extérieure, on suit Cory Lambert, un chasseur qui traque les loups menaçant un troupeau de moutons. Avec son motoneige, parcourant les étendues neigeuses, il découvre le cadavre d'une jeune femme qu'il connaissait, une Amérindienne qui fut l'amie de sa fille, elle aussi décédée sans qu'on ait retrouvé son corps. Une agente du FBI, dépêchée sur les lieux, va, avec l'aide de Cory, poursuivre le meurtrier. L'intérêt du film réside dans le fait que la victime est Amérindienne et que l'enquête est menée dans des conditions climatiques extrèmes. Cory sait voir les traces qui le conduiront au meurtrier. La victime a couru 10 km pieds nus dans la neige avant de mourir. Le meurtrier lui, fera à peine cinq cents mètres avant de s'écrouler avec les poumons explosés. Un film qui se laisse voir même si c'est inférieur aux deux films mentionnés. Lire le billet de Wilyrah.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : , , , ,
mardi 8 août 2017

La planète des singes: Suprématie - Matt Reeves

Mercredi 2 août 2017 est sorti La planète des singes - Suprématie et ce film est très réussi. Il s'agit de la suite de La planète des singes - Les origines et La planète des singes - L'affrontement. L'histoire commence quand César, le chimpanzé qui parle, et sa tribu réfugiés dans une forêt, repoussent une énième attaque des hommes. Malheureusement, une nuit, un colonel arrive à tuer la femme et le fils de César abrités dans une grotte. Fou de chagrin, César accompagnés de trois compagnons dont l'orang-outan Maurice partent à la poursuite de ce colonel fou digne du colonel Kurtz dans Apocalypse Now. Il faut noter les nombreuses références à des films comme La grande évasion, Full Metal Jacket ou Les dix commandements. Il y a plusieurs références bibliques et christiques dans le film. Ce long-métrage aux effets spéciaux remarquables (on oublie que ce sont des hommes qui interprètent les singes), fait passer un très bon moment. J'ai beaucoup aimé le personnage de la petite fille recueillis par les primates ainsi que "Bad ape" (méchant singe), un bonobo aux yeux globuleux qui m'a fait penser au Golum dans Le seigneur des anneaux. Je retiens la belle scène d'avalanche où les singes se réfugient dans les arbres alors que les hommes sont ensevelis sous la neige. Enfin, parmi les références cinématographiques, la séquence finale dans ce paysage désolé avec un arbre, j'ai pensé aux premères scènes de 2001, Odyssée de l'espace, c'est dire. Un des bons films de l'année. Lire les billets de Pascale et ffred.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,