samedi 16 juin 2018

Jurassic World : Fallen Kingdom - J. A. Bayona

Pour ceux qui aiment les films avec des dinos toutes dents et griffes dehors, Jurassic World : Falllen Kingdom est fait pour vous. On retrouve quelques personnages  (comme Claire et Owen) du film précédent Jurassic World plusieurs années après. Le parc d'attractions est en ruines et le volcan sur l'île est en train de réveiller. Pour sauver les dinos qui vivent sur l'île, quelques états dont les Etats-Unis se demandent s'il faut aller en secourir. Ils sont devancés par une expédition privée et armée commanditée par Eli MIlls "homme de confiance" de Lockwood, lui-même ancien asoocié d'Hammond, créateur du "Jurassic Park". Lockwood, qui est alité, demande à Claire (Bryce Dallas Howard), la dernière directrice du parc ,de se joindre à l'expédition, et Claire convainc Owen (Chris Pratt) - celui qui arrive à dresser les "raptors" - de se joindre à elle. Tout ce petit monde arrive sur l'île qui est en train de se recouvrir de lave. Owen veut surtout sauver "Blue", le seul raptor survivant du film précédent. On se rend compte assez vite que l'expédition qui attrape au moins un spécimen de chaque espèce ne le fait pas pour des motifs louables. Gravement blessée, Blue sera sauvée grâce à une transfusion involontaire par un "T-Rex". Dans la demeure de Lockwood où tous les animaux sont gardés dans des cages, les événements se précipitent et un dinosaure encore plus monstrueux et intelligent fait son apparition. Certaines séquences font très peur (donc ce film est à déconseiller aux personnes impressionnables et aux très jeunes enfants). Une fois de plus, j'ai été bluffée par les effets spéciaux. Les dinosaures sont plus vrais que nature. Un film distrayant pour ceux qui aiment ce genre. Pour rebondir sur la fin du billet de Pascale, je ne confonds pas Bryce Dallas Howard et Jessica Chastain, même si elles sont rousses toutes les deux.

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samedi 9 juin 2018

Opération Beyrouth - Brad Anderson / Une année polaire - Samuel Collardey

Je suis contente car je viens de voir en une semaine cinq (5) bons films qui viennent de sortir.

Voici les deux premiers. Je les chronique dans l'ordre où je les ai vus.

Opération Beyrouth de Brad Anderson est un thriller politique très honorable que je vous conseille tout comme Pascale. Le scénario bien écrit est de Tony Gilroy qui a fait les adaptations des "Jason Bourne" et qui est aussi le réalisateur et le scénariste Michael Clayton. En 1972, à Beyrouth, un diplomate américain Mason Skiles organise une soirée avec le "tout Beyrouth". Marié, il est sur le point d'adopter un petit Libanais de 12 ou 13 ans, Karim. Peu après le début de la réception, un ami de Skiles, Cal Riley membre de la CIA, apporte des informations inquiétantes sur Karim. Une fusillade éclate et Karim est enlevé. 10 ans plus tard, en 1982, Mason devenu alcoolique vit à Boston et travaille comme médiateur dans des entreprises. Ce métier va lui servir quand il retourne à Beyrouth un peu à l'insu de son plein gré. Il retrouve Beyrouth ravagé par la guerre. Son ami Cal a été kidnappé et les ravisseurs ne veulent traiter qu'avec Mason. Je m'arrête là pour le résumé. Le film bien rythmé tient en haleine jusqu'au bout. Skiles interprété par Jon Hamm (un acteur à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas la série Mad Men) doit louvoyer entre la CIA, Tsahal et Israël et l'OLP. Il est épaulé par Sandy Crowder (Rosamund Pike, toujours très bien). Elle n'est pas qu'une simple faire-valoir. Je crois que le film passe inaperçu (comme aux Etats-Unis) et c'est bien dommage. Je recommande.

Je passe à Une année polaire de Samuel Collardey qui un docu fiction. Anders, un grand Danois barbu a fait des études pour devenir instituteur au grand dam de son père qui comptait qu'Anders, son enfant unique, reprenne la direction de l'immense ferme familiale depuis huit générations. Dans la première scène, dans un bureau, on voit Anders admirer une photo qui pourrait être une partie du Groenland. C'est là qu'il choisit de partir pour son premier poste, dans un village de 80 habitants, des Inuits qui voient les Danois comme des colonisateurs. La plupart des adultes parlent groenlandais, l'une des quatre langues inuit. Dès le premier jour de classe, Anders se rend compte qu'il n'est pas le bienvenu. Les jeunes élèves dont Asser (haut comme trois pommes) sont insolents envers lui. Anders constate tout de suite un absentéisme des élèves. Il mène son enquête. Asser, par exemple, soutenu par sa grand-mère, préfère partir chasser le phoque avec son grand-père que d'aller à l'école. Il s'interroge aussi sur le fait que les enfants ne vivent pas forcément avec leurs parents mais plutôt avec une famille d'accueil, cousins ou autres. Les conditions de vie sont rudes. En particulier, il faut aller chercher de l'eau potable dans une citerne. Une petite partie du film se déroule dans des étendues glacées à perte de vue. Grâce à ce film, j'ai appris comment, pendant la période des neiges, on entreposait les personnes décédées dans leur cercueil. En effet, on ne peut pas creuser la terre. Le cercueil est placé dans un genre de niche avec une croix sur le côté en attendant la fonte des neiges. Petit à petit, Anders s'acclimate en se mettant à la langue groenlandaise et en partant pêcher et chasser le phoque et l'ours blanc. Les Inuits se nourrissent de chair de phoque tous les jours. Pour l'ours blanc, je vous laisse découvrir ce qui arrive et si Anders restera ou pas dans ce village. Un joli film très dépaysant.

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mardi 5 juin 2018

Une certaine rencontre - Robert Mullligan / Foxtrot - Samuel Maoz

Voici deux films qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre sauf que je les ai vus le même soir de la semaine dernière l'un après l'autre. Je suis rentrée chez moi vers 23 heures sous une pluie battante à Paris et je n'avais bien entendu pas de parapluie... Mais quant on aime le cinéma, on met de côté ces détails.

Je commence par Une certaine rencontre de Robert Mulligan (1964), j'y suis allée pour Natalie Wood et Steve McQueen. C'était la première fois que j'entendais parler de ce film invisible depuis 1964. J'ai été un peu mitigée même si la séquence d'ouverture est très réussie: une grande salle pareille à une salle de spectacle sans les fauteuils. Tout à coup, elle commence à se remplir. Des musiciens de toutes sortes qui courent le cachet attendent qu'on les appellent pour une prestation. Parmi eux, Rocky (Steve McQueen) en quête d'un contrat d'un soir. Peu de temps après, on voit arriver une jeune femme Angie (Natalie Wood) Elle profite de sa pause déjeuner (elle est vendeuse dans un grand magasin new-yorkais). Elle se dirige vers Rocky et lui annonce qu'elle est enceinte et qu'elle veut avorter. Rocky est stupéfait et ne sait pas quoi faire. Leur aventure a duré une nuit et lui l'a déjà oubliée. Angie est issue d'une famiile italienne très protectrice envers elle. Ses frères la surveillent de près. Elle fait tout pour s'émanciper mais sa grossesse n'était pas prévue. Rocky va accepter de l'aider. Pour ce faire, il renoue avec sa propre famille qui lui donne de l'argent. La séquence où Angie doit se faire avorter est marquante. Je pense que c'était assez osé pour l'époque et pour l'Amérique. L'ensemble du film est un enchaînement de scènes qui n'ont pas beaucoup de lien entre elles. Il manque un scénario structuré. Le couple McQueen/Wood est sympathique mais ils ne jouent pas sur le même registre. Natalie Wood en fait un peu beaucoup dans certaines scènes (elle manque un peu de retenue, elle est même parfois crispante) et Steve McQueen n'est pas mal dans son rôle d'homme dépassé par les événements mais qui assume quand même. Une partie du film se passe en extérieur avec les acteurs filmés au milieu de figurants. L'épilogue "happy end" avec le baiser final au milieu de la foule n'est pas forcément crédible. Comme Strum le fait remarquer, la musique d'Elmer Bernstein est belle. Ce film est une curiosité et vaut la peine d'y aller pour le couple Wood/McQueen.

Les photos de la brochure à l'entrée de la salle.

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Je passe maintenant à Foxtrot du réalisateur israélien Samuel Maoz. Le film se donnait dans le cinéma juste à côté de l'autre dans une rue du Quartier Latin. J'en profite pour remercier Pascale de m'avoir convaincue d'aller le voir. Je me joins à son avis très positif: Foxtrot qui a reçu le Grand prix du jury au festival de Venise en 2017 vaut la peine d'être vu.

Le film se décompose comme une pièce en trois actes. Acte 1, Michael Feldmann, la presque cinquantaine, habitant dans un grand appartement pas très gai, apprend que son fils Yonatan qui faisait son service militaire est mort à un poste frontière en Israël. Cet homme est dévasté tout comme sa femme Daphna qui est mise sous sédatif. Pendant plus d'une demi-heure, on peut ressentir ce que des parents peuvent éprouver à la perte de leur enfant. Ils n'osent même pas dire à leur fille ce qui s'est passé. Michael ne pleure pas mais il s'auto-mutile. Cette disparition est d'autant plus terrible que l'armée, qui organise les obsèques, refuse que Michael et Daphna voient le corps de leur fils mort.

Acte 2: On découvre Yonatan et quelques soldats comme lui qui gardent un poste frontière au milieu de nulle part où s'arrêtent quelques voitures à contrôler. Ils dorment dans un baraquement qui a tendance à s'enfoncer dans la boue. Quand un dromadaire tout seul surgit sur la route, ils lèvent la barrière sans hésiter. Ils passent le temps comme ils peuvent, en dansant le foxtrot par exemple ou en dessinant. Il leur arrive malheureusement de commettre de tragiques bavures lors de contrôles.

Acte 3 : Retour dans l'appartement où l'on retrouve Michael et Daphna moins abattus alors que...

J'ai trouvé les images et certains plans magnifiques, comme les vues plongeantes sur les personnages. C'est un film qui parle de l'absurdité des guerres en général. J'ai trouvé l'ensemble terrible et poignant. Pendant le générique de fin, j'ai entendu une femme sangloter dans la salle. Un film à voir, pour l'histoire, pour les partis pris de mise en scène et aussi pour les acteurs, s'il passe encore par chez vous.

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vendredi 11 mai 2018

La route sauvage - Andrew Haigh / Une femme heureuse - Dominic Savage

Ayant suivi le conseil de Pascale, je suis allée voir La route sauvage d'Andrew Haigh qui narre l'histoire du jeune Charley, 16 ans, vivant dans l'Oregon. Peu après le début du film, son père volage se fait tuer par un mari jaloux. Quant à sa mère, il ne la connaît pas puisqu'elle est partie juste après sa naissance. Depuis peu, Charley s'occupe d'un cheval de course appelé "Lean on Pete" qui appartient à Del (Steve Buscemi). Ce Del n'est pas tendre avec ses chevaux. Dès qu'ils commencent à perdre des courses hippiques (comme Lean on Pete qui a mal aux jambes) il s'en débarrasse en les revendant au Mexique. Charlie, dévasté par le décès de de son père, kidnappe Pete avant qu'il ne soit revendu. Il s'embarque en sa compagnie vers le Wyoming où Charlie espère retrouver sa tante Margie. Pendant son périple, entre l'Oregon et Laramie, une ville du Wyoming, soit une distance de presque 2000 km, Charlie va affronter plusieurs épreuves dont une violente et terrible. Il va souffrir en particulier de la faim et de la soif. On se demande s'il va triompher de tous les obstacles. Une jolie histoire qui aurait gagné à être un peu plus courte. Le film qui dure deux heures m'a permis de découvrir un jeune acteur prometteur: Charlie Plummer.

Je passe à Une femme heureuse de Dominic Savage, un film qui m'a beaucoup plu malgré les critiques tièdes le concernant. Tara (Gemma Arterton, très inspirée) a tout pour être heureuse, un mari aimant, deux beaux enfants, une grande maison dans la banlieue de Londres. Mais Tara s'ennuie, elle n'est pas heureuse. C'est une des premières répliques qu'elle dit. Il faut noter qu'il y a peu de dialogues mais beaucoup de plans rapprochés sur les acteurs et en particulier sur le visage de Gemma Arterton. J'ai trouvé que le réalisateur avait très bien su montrer par sa manière de filmer ce que peut ressentir Tara. Elle étouffe, elle ne se sent pas bien. Elle est au bord de la dépression. La caméra illustre bien ses sentiments. Et pourtant son mari Mark l'aime, il n'arrête pas de le lui dire, même si, par ailleurs, il fait des remarques pas gentilles à son encontre. J'ai moi-même trouvé le personnage de Mark assez pénible. On peut comprendre que Tara veuille changer de vie malgré Florie et Ted, ses deux enfants. Elle ne se sent pas à la hauteur pour les élever. Le personnage de Tara m'a beaucoup fait penser aux femmes d'Arlington Road de Rachel Cusk, ces femmes enfermées dans un rôle, celui de mères de famille qui s'occupent de leur intérieur tandis que leur maris gagnent l'argent du ménage. J'ai aimé la fin ambiguë. Il faut noter la prestation toujours juste de Marthe Keller dans un petit rôle. Lire le billet de Baz'art.

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mercredi 2 mai 2018

Sonate pour Roos - Boudewijn Koole / Game Night - Jonathan Goldstein / Jersey Affair - Michael Pearce

Après avoir écouté les conseils d'une critique de l'émission Le Masque et la Plume, je suis allée voir Sonate pour Roos de Boudewijn Koole (un réalisateur hollandais). Roos, une femme photographe, revient auprès de sa mère (professeur de piano) et de son jeune frère Bengt, dont le passe-temps favori est d'enregistrer des sons. L'histoire se passe en Norvège dans des paysages enneigés loin de tout. Le film baigne dans une atmosphère ouatée. On comprend très vite qu'entre Roos et sa mère, une femme austère, les rapports sont tendus. En revanche, Roos et Bengt sont très complices. Roos (Rifka Lodeizen, magnifique) est revenue parce qu'elle doit faire une annonce à sa mère et à son frère. Nous, spectateurs, on sait très vite ce qu'il en est. Le film traite des relations mère-fille et d'autres choses. Le tout est traité avec délicatesse et douceur et j'ai aimé la fin, mais je n'avais vraiment pas le moral quand je suis sortie de la projection.

C'est pour ça que deux jours après, je suis allée Game Night de Jonathan Goldstein. J'ai trouvé le film distrayant. Les acteurs jouent le jeu (si je puis dire). Max (Jason Bateman) et Annie (Rachel McAdams), qui ont une libido au point mort, se rattrapent en s'amusant à des jeux de sociétés avec deux autres couples une fois par semaine. Un jour, Brooks, qui a réussi dans ses affaires, vient rendre visite à son frère Max. Il l'invite lui, sa femme Annie et les deux autres couples, à une soirée jeu inoubliable. Je m'arrête là pour le résumé, car l'histoire comporte plein de rebondissements où il est question d'un oeuf de Fabergé, d'un Bulgare, d'un kidnapping, d'une liste, d'une belle voiture rouge, d'un voisin étrange, policier de son état. Ce n'est pas la comédie du siècle mais c'est plaisant.

Je termine avec Jersey Affair de Michael Pearce. Comme son titre l'indique, l'histoire se passe dans l'île de Jersey, île où est né le réalisateur qui a aussi écrit le scénario. J'ai découvert à cette occasion la beauté de l'île très pentue. Moll (Jessie Buckley, une révélation) est une jeune femme perturbée qui vit avec sa mère despote et le père qui perd la tête. Un jour, elle fait la connaissance de Pascal Renouf, un jeune blond aux ongles sales, à l'allure sauvage. Elle tombe amoureuse de lui (et réciproquement). Pendant ce temps, l'île vit dans la peur, des jeunes femmes sont assassinées. Et Pascal devient vite le suspect numéro 1. On est assez vite pris par cette histoire à l'atmosphère inquiétante. Pascal est-il coupable ou non? Qu'en est-il de Moll? Le film m'a plu, sauf les cinq dernières minutes que j'ai trouvé ratées, car un peu "gore" à mon goût. C'est dommage car le reste du film vaut la peine. Lire le billet de Pascale.

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jeudi 12 avril 2018

Red Sparrow - Martin Lawrence/ L'île aux chiens - Wes Anderson / La mort de Staline - Armando Iannucci / Hostiles - Scott Cooper

Voici quatre films vus en quatre jours (1 par jour). Je suis contente d'avoir pu retourner au cinéma. En effet, j'ai été privée d'un de mes loisirs favoris pendant presque une semaine (l'angoisse) car ma carte d'abonnement avait été perdue et/ou volée. J'en ai une nouvelle, je suis contente.

Red Sparrow de Martin Lawrence (le réalisateur des Hunger Games) est un bon thriller qui se regarde agréablement même si c'est un peu violent. Cela se passe de nos jours avec des espions russes et américains. Lors d'une représentation, une jeune danseuse étoile du Bolchoï, Dominika, se casse la jambe (son partenaire y est pour quelque chose). Sa carrière est brisée mais son oncle, agent du SVR (Service du renseignement extérieur de la Fédération de Russie), l'engage comme "Red Sparrow" (moineau rouge). Elle est chargée de séduire des hommes à éliminer par les services secrets russes. En particulier, elle doit s'approcher d'un agent secret américain qui connaît un agent double. Le scénario est un peu complexe mais on est pris dans l'histoire. Le film dure 2H20 et se regarde sans ennui.

Je passe à L'ïle aux chiens de Wes Anderson qui est sorti hier, mercredi 11 avril 2018. Je l'ai vu en avant-première et j'en attendais beaucoup. J'avoue avoir été déçue. Le film a été tourné en "stop motion", image par image, avec des marionnettes. En 2040, au Japon, le maire d'une ville juge qu'il y a trop de chiens infectés par la grippe canine. Il les condamne à la déportation sur une île "poubelle" au large des côtes nippones. Atari, 12 ans, un garçon, pupille du maire, part à la recherche de Spot, son chien qui a été le premier à être envoyé sur l'île. Des compagnons à quatre pattes vont l'aider dans sa recherche. J'ai vu le film en VO sous-titrée, c'est-à-dire en anglais et en japonais. Déjà, ce parti pris m'a perturbée. Les humains parlent japonais, les chiens parlent anglais (pourquoi pas?), mais le dialogue en japonais était parfois traduit, parfois non. J'ai été un peu perdue. Il y a quelques "flash-back", et somme toute, visuellement, j'ai trouvé l'ensemble laid. Une déception donc.

La mort de Staline d'Armando Iannucci (In the Loop) est un film anglais qui va vite à tous points de vue. Les dialogues fusent, la caméra ne tient pas en place. L'histoire est une adaptation d'une bande dessinée française écrite et dessinée par Thierry Robin et Fabien Nury (Editions Dargaud). En mars 1953, Joseph Staline est victime d'une hémorragie cérébrale. Ses proches collaborateurs dont Khrouchtchev (Steve Buscemi, excellent) vont attendre 2 jours pour annoncer le décès du Petit Père des peuples. Pendant ces deux jours, on assiste à une lutte pour savoir qui va devenir le nouveau chef de la Russie. En l'occcurence, c'est Malenkov qui est choisi. Khrouchtchev est désigné volontaire pour l'organisation des obsèques. Pendant ce temps, les listes de noms de personnes à exécuter continuent de circuler grâce à Lavrenti Beria, le responsable des purges staliniennes en tant que chef du NKVD. Un film à voir pour les acteurs qui sont tous excellents.

Je termine avec Hostiles de Scott Cooper, un film qui m'a beaucoup plu. Tinalakiller et Pascale sont totalement conquises. Une histoire qui prend son temps, qui émeut. La séquence d'ouverture, le massacre d'une famille (sauf la mère) par des guerriers comanches, est saisissante. En 1892, le capitaine Joseph Blocker (Christian Bale, impeccable), devenu une légende dans l'armée américaine, est chargé à son corps défendant de ramener un Indien mourant et la famille de celui-ci dans le Montana. Blocker déteste les Indiens. Dès le début du voyage, le cortège croise la route de Rosalie Quaid (Rosamund Pike, magnifique), la mère survivante. Elle décide de les accompagner. Il y a peu de dialogues, aucune scène en trop. Les paysages et la lumière sont magnifiques et la fin bouleversante. Un très beau film que je recommande.

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jeudi 8 mars 2018

Wajib, L'invitation au mariage - Annemarie Jacir / Lady Bird - Greta Gerwig

Voici deux films réalisés par des femmes. Ces deux films plutôt modestes sont très réussis. Je vous les recommande.

Je commence par Wajib, l'invitation au mariage (Miriam en dit beaucoup de bien) de la Palestinienne Annemarie Jacir. En Palestine, à Nazareth, Abu Shadi et Shadi, un père et son fils,partent en voiture distribuer l'invitation au mariage d'Amal, la fille du premier et la soeur du second. C'est une tradition dans cette région. Plutôt que de l'envoyer par la Poste, on la livre à domicile. Pendant des années, Abu Shadi, un professeur à la retraite, a élevé seul ses deux enfants, sa femme l'ayant quitté pour un autre. Shadi, son fils devenu architecte, vit désormais à Rome avec une italienne. Il est revenu exprès pour le mariage de sa soeur. Dans son pantalon rouge et ses cheveux en catogan, il détonne un peu dans le décor. Lui et son père discutent de choses et d'autre. Dans leur parcours en voiture, on constate que les ordures ne sont pas toujours ramassées dans les rues; et de même, les façades de certaines maisons sont défigurées par des bâches plastiques. La mère qui vit désormais aux Etats-Unis a aussi promis de venir. Les deux hommes passent d'une maison à l'autre jusqu'au coup de théâtre final au moment où Abu Shadi se confronte à son fils. C'est un dialogue très fort. Les deux acteurs principaux qui sont palestiniens, Mohammad et Saleh Bakri, père et fils dans la vie sont excellents. J'avais beaucoup apprécié Saleh Bakri dans Salvo (2013), Girafada (2013) et La visite de la fanfare (2007) dans lequel joue aussi son père.

Je passe à Lady Bird de l'actrice et maintenant réalisatrice Greta Gerwig. Pour son premier film dont elle a aussi écrit le scénario, il semble qu'elle se soit plus ou moins inspirée de sa propre jeunesse. A Sacramento, en 2002, Christine McPherson, presque 18 ans, qui se fait appeler Lady Bird, vit des moments difficiles entre sa mère, infirmière protectrice envers elle, son père qui vient de faire licencier de sa boîte, et le fait que Sacramento, elle en a "ras le bol". Elle rêve d'entrer dans une grande université sur la côte Est. Pour les nuls en géographie, Sacramento est la capitale de la Californie. J'ai aimé le ton du film pas niais du tout. C'est léger et tendre. Greta Gerwig: une réalisatrice prometteuse. Un joli film que Valérie et le Bison ont bien apprécié aussi.

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jeudi 1 mars 2018

La Forme de l'eau - Guillermo del Toro

Décidément, après Phantom Thread qui se passe à Londres dans les années 50, je constate que les années 50 et le début des années 60 ont les faveurs des réalisateurs. Dans La forme de l'eau de Guillermo del Toro, nous voilà aux Etats-Unis sur la côte Est à la fin des années 50, en pleine Guerre froide. Elisa, une jeune femme célibataire, muette (mais pas sourde), vit dans un appartement au-dessus d'un grand cinéma en activité mais peu fréquenté. Tous les jours, elle prend un bain, s'y masturbe avec vigueur, puis, avant de partir travailler, se prépare des oeufs durs qu'elle mange comme repas à midi. Giles, son voisin de palier entouré de chats, s'entend bien avec elle. C'est un homosexuel pas très chanceux, ni en amour, ni dans le domaine professionnel. Bon dessinateur, il n'arrive pas à vendre ses dessins à une agence publicitaire. Elisa, elle, travaille comme agent d'entretien dans un genre de base secrète qui accueille un jour un homme amphibien. Il arrive dans une grande cuve remplie d'eau. Elisa tombe immédiatement sous le charme de cet homme poisson avec qui elle communique en langue des signes. Lui-même ne reste pas insensible. Elle va tout faire pour le sauver de son triste destin en étant aidée par Zelda, sa meilleure collègue, ainsi que par Giles. Car, face à eux, il y a Strickland, un être raciste, méchant, bête qui fait pipi avec les deux mains sur les hanches (!), qui se lave les mains avant mais jamais après. Ce homme veut autopsier "the asset", cette chose, l'homme amphibien. On a l'impression que je raconte tout le film mais pas du tout. Il se passe plein de chose pendant les deux heures du film. Je vous laisse découvir la séquence "comédie musicale" filmée dans un noir et blanc éclatant; la fin tragique d'un des chats de Giles, etc. Il y a du suspense (les espions russes ne sont pas loin) et j'ai aimé la fin de ce conte. L'univers visuel ainsi que les couleurs du film lorgnent beaucoup vers ceux des films de Jean-Pierre Jeunet. Cette belle histoire d'amour est assez invraisemblable, on adhère ou pas. J'ai adhéré mais sans plus. Je n'ai pas éprouvé beaucoup d'émotion. En revanche, dans la salle où j'étais, des spectateurs ont applaudi à la fin.

Lire les critiques de Pascale, ffred et Strum.

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lundi 26 février 2018

Phantom Thread - Paul Thomas Anderson

Voici un film où la musique est omniprésente, les décors somptueux et la mise en scène virtuose. J'ai aimé Phantom Thread (Le fil invisible en VF) pour toutes ces raisons et parce que c'est un plaisir de retrouver Daniel Day Lewis avec ses cheveux gris et son sourire toujours aussi ravageur. Je me suis laissée embarquer tout de suite et pendant deux heures dans l'histoire de Reynolds Jeremiah Woodcock, un couturier de renom des têtes couronnées et de l'aristocratie dans les années 50. Il vit au mileu des tissus et des femmes (dont sa soeur Cyril qui régente tout), dans une très belle demeure londonienne. Reynolds, célibataire endurci qui parle souvent au fantôme de sa mère, collectionne les conquêtes éphémères jusqu'au jour où il croise Alma. En effet, un jour dans une auberge, Reynolds passe une commande d'un petit-déjeuner pantagruélique à une serveuse appelée Alma. Elle rougit. Il l'enlève littéralement et l'emmène chez lui pour lui faire essayer une robe. Elle devient son égérie et Cyril considère cette jeune femme d'un air sceptique. Alma veut être plus qu'une simple passade, elle veut Reynolds tout à elle. Ce dernier ne se laisse pas faire en retour, quoique.. L'une des dernières scène dite "de l'omelette aux champignons" reste dans les mémoires et en dit long sur les rapports entre Reynolds et Alma. Face à Daniel Day Lewis, deux actrices exceptionnelles: Lesley Manville qui interprète Cyril (un prénom masculin) et Vicky Krieps et son petit accent allemand. Rien que pour ces trois acteurs, je vous conseille d'aller voir et même revoir ce film pendant lequel je ne me suis pas ennuyée une seconde.

Chris et ffred ont détesté la musique de Jonny Greenwood et trouvent que ce film est un gâchis voire une purge. Comme quoi, les goûts et les couleurs...

Heureusement que Pascale a aimé comme moi, Tinalakiller, Matchingpoints, Strum et Mymp.

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mercredi 14 février 2018

Three billboards - Martin McDonagh / In the Fade - Fatih Akin

Un mois après sa sortie, je vais enfin évoquer Three billboards de Martin McDonagh. Ce film devrait être récompensé aux prochains Oscars (après les Golden Globes), au moins dans les catégories "Actrice" et "Acteur dans un second rôle". Tout a été déjà écrit sur les blogs ou ailleurs, et dit à la radio. A Ebbing, une petite ville du Missouri, Mildred Hayes (Frances McDormand, impressionnante) ne décolère pas contre la police locale depuis sept mois. Sa fille a été violée et tuée (son corps a été retrouvé brûlé). Malheureusement, le meurtrier n'a toujours pas été appréhendé. Mildred a un sacré caractère et elle jure comme un charretier. Divorcée d'un mari qui l'a quittée pour une fille (nettement) plus jeune, elle vit avec son fils. Afin que la police reprenne l'enquête, Mildred loue trois panneaux publicitaires plantés juste à la sortie de la ville sur une petite route. En gros caractères sur fond orange, elle interpelle le chef de police (Woody Harrelson, très bien) qui prend évidemment très mal la chose. L'histoire est pleine de rebondissements Les personnages dont Dixon, l'adjoint du shérif, ne sont pas spécialement sympathiques, mais ce sont des humains avec leurs défauts. J'ai aimé le film pour les dialogues très écrits (cela s'apparente presque à du théâtre), mais j'ai trouvé tout de même que l'ensemble manquait parfois de finesse. A voir pour les prestations des acteurs avec une mention spéciale à Sam Rockwell qui joue Dixon. C'est un acteur que j'apprécie beaucoup. Mention aussi à Peter Dinklage (James), en amoureux éconduit qui sauve la mise à Mildred. Lire les critiques enthousiastes de Pascale, Tinalakiller, Miriam, Anne et celle plus mesurée de ffred (dont je me sens proche).

Je passe à In the Fade de Fatih Akin. L'histoire m'a touchée. C'est beaucoup dû à la prestation exceptionnelle de Diane Kruger. Elle interprète une femme qui se fait justice elle-même en pratiquant la loi du talion. Katja formait un beau couple avec Nuri. Ils ont eu un petit garçon, Rocco. Nuri et Rocco sont victimes d'un attentat à la bombe dans l'officine de Nuri. Le film est découpé en trois parties. Celle du milieu, le procès, est passionnante. On pourra trouver que le scénario n'est pas très bon, que Fatih Akin a été plus inspiré dans ses long-métrages précédents. Mais, pour Diane Kruger, allez voir le film. Elle a amplement mérité son prix d'interprétation féminine au dernier festival de Cannes en 2017. Lire le billet de Matchingpoints.

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