lundi 29 mars 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10 (suite 2ème partie)

Comme je l'avais annoncé précédemment, voici un billet sur 4 films d'un coup. Il fut un temps où j'aurais publié un billet pour chacun, mais mon retard de rédaction s'accumule par rapport à mon rythme de vision (44 films depuis le 1er janvier!)...

Le film Lovely bones de Peter Jackson aurait pu être bien s'il n'y avait pas eu les séquences de l'entre-deux mondes, dont un endroit semblant être le purgatoire tendance "new age", qui frôlent le ridicule et alourdissent l'ensemble. En revanche, les séquences où le "serial killer" apparaît à l'écran (on devine assez vite que le voisin avec ses lunettes et ses moustaches est un être peu recommandable) font froid dans le dos. Je sais gré au réalisateur de nous avoir épargné la scène du meurtre proprement dit de Susie Salmon très bien jouée par une jeune actrice plein de fraîcheur. C'est elle, la narratrice du film, jusque par-delà la mort. Dès le début de l'histoire, Susie annonce de but en blanc qu'elle a été assassinée à l'âge de 13 ans. Son corps reste introuvable (il faut attendre la fin pour savoir où il est et pour que l'âme de Susie soit en paix). Après cela, que dire du film si ce n'est qu'il faut peut-être lire le roman (que j'espère meilleur)?

I love you Phillip Morris de Glenn Ficarra et John Requa est inspirée d'une histoire vraie. Le film vaut surtout pour la prestation de Jim Carrey qui porte l'histoire. Il joue le rôle d'un agent de police Steven Russell, marié et père de famille au Texas, qui se découvre homosexuel. Enfant abandonné à la naissance, il arrive à retrouver sa mère biologique qui le renie. Amoureux d'un autre homme, il laisse tomber sa famille et mène grande vie avec son amant. Ses extravagances financières l'amènent en prison où il tombe amoureux d'un certain Phillip Morris (Ewan McGregor un peu fade), et ce n'est que le premier tiers de ce film au scénario bien construit et sans temps mort. A la longue, c'est un peu fatiguant. Jim Carrey est présent de la première à la dernière image. Il est tellement bien qu'il en devient effrayant. Film iconoclaste: on sent que ce ne sont pas les Américains qui l'ont produit (le producteur exécutif est Luc Besson). C'est trop politiquement incorrect. A vous de voir.

La régate de Bernard Bellefroid (c'est son premier film de fiction) raconte l'histoire d'une relation violente d'amour-haine entre un père et son fils. Thierry (Thierry Hancisse), le père, aime son fils Alexandre mais cela ne l'empêche pas de le battre et même de le blesser gravement d'un coup de couteau à la cuisse. Il se venge de sa vie ratée. Les scènes de disputes sont à la limite de l'insoutenable. Bon rameur [pagayeur], Alexandre arrive malgré tout à s'entraîner pour participer à une régate de kayak. Son entraîneur (Sergi Lopez, très bien) ainsi que tous les camarades d'Alexandre ne comprennent pas les absences et l'attitude d'Alexandre qui fait comme si de rien n'était. Il ne dénonce pas son père car il l'aime. C'est un film dur mais prenant qui vaut pour l'interprétation des acteurs dont le jeune Joffrey Verbruggen.

Je termine par L'arbre et la forêt d'Olivier Ducastel et Jacques Martineau, avec un Guy Marchand (Frédérick) émouvant et magnifique entouré de Françoise Fabian qui joue le rôle de sa femme (Marianne). Je n'avais pas revu François Negret sur grand écran depuis De bruit et de fureur de Jean-Claude Brisseau (1988). Il interprète un des deux fils de Frédérick et Marianne. Le film est bercé de nombreux extraits de la tétralogie de Richard Wagner. Le jour des obsèques de son fils ainé, Charles, Fréderick brille par son absence. Plus tard, au cours d'un dîner de famille, il explique assez vite pourquoi il a agit ainsi. La révélation sème la confusion parmi les présents dont le fils cadet, Guillaume. La réalisation prend son temps: la musique wagnérienne résonne dans cette belle demeure entourée d'arbres et de bois. Il ne se passe grand-chose. L'histoire est ténue mais on a une impression de repos et de sérénité. Le couple Frédérick/Marianne est uni par une immense tendresse qui touche et le film permet de rappeler une fois de plus un passé douloureux qu'il ne faut pas oublier. Catherine Mouchet dans le rôle de l'ex-belle-fille de Frédérick et Marianne est (toujours) impeccable.

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jeudi 11 mars 2010

Films vus et non commentés depuis le 27/01/10

Avant de prendre quelques jours de pause pour cause de "coup de mou" et de beaucoup de boulot, voici un billet avec une partie des films vus que je n'avais pas encore eu l'occasion d'évoquer. Un ou plusieurs billets sur les autres films suivront à partir de mon retour, vendredi 19 mars 2010. Je tiens à remercier tous les blogueurs pour leur fidélité et leur gentillesse à mon égard. 

A Serious Man des frères Ethan et Joel Cohen ne laisse personne indifférent sur les blogs. Personnellement, je me suis interrogée devant cette évocation des années 60 (assez autobiographique semble-t-il) par les deux frères. Il y a d'abord un prologue (la séquence la plus réussie du film), qui se passe au 19ème siècle et semble déconnecté du reste de l'histoire: un dibbouk (un mort) vient rendre visite aux vivants. Puis, sans transition, on se retrouve dans une petite ville de l'Etat du Minnesota aux Etat-Unis, avec un prof stagiaire, Larry Gopnik, marié et père de famille, qui attend sa titularisation dans l'université où il enseigne la physique. Sa femme (au "look" vestimentaire et à la coiffure un peu ridicules voire vulgaires) lui annonce qu'elle veut divorcer pour aller vivre avec un autre, tout en respectant la pure tradition juive. Les enfants ne sont pas en reste: le fils préfère écouter de la musique en classe plutôt que d'apprendre l'hébreu; quant à la fille, elle veut se refaire le nez. N'oublions pas le rôle des rabbins (il y en a trois dans le film), qui font office de confesseur et de psy pour Larry, mis à la porte de sa maison, devant aider son frère au chômage, pas insensible au charme d'une voisine et en butte aux menaces d'un élève voulant le soudoyer pour que Larry lui donne une meilleure note (ouf!). Le film n'est pas vraiment une comédie mais plutôt une étude de moeurs qui finit avec la célébration de la bar mitzvah du fils. Pour ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre des frères Coen, je ne leur conseille pas forcément de commencer par celui-ci; pour les autres, ce film leur montrera une autre facette du talent des deux frères, même si je n'ai pas été complètement enthousiasmée.

L'autre Dumas de Safy Nebbou commence à être bien dans le dernier quart d'heure. En un mot, j'ai été déçue par ce film, après m'être attendue à une histoire sur l'écriture à deux mains, les romans, la création littéraire. En effet, les deux protagonistes principaux du film sont Alexandre Dumas et Auguste Maquet. Ce dernier, dont de nos jours on a oublié l'existence ou presque, a été (paraît-il) l'inspirateur des Trois mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo. L'histoire se passe en 1848 à la veille de la prise du pouvoir par Napoléon III. A Trouville, où Dumas et Maquet passent quelque jours, une jeune fille se méprend en prenant Maquet pour Dumas. Je ne raconterai pas la suite, qui est pleine de rebondissements mais qui traine en longueur. Benoît Poelvoorde est vraiment bien, ainsi que Catherine Mouchet qui joue sa femme et Dominique Blanc en compagne de Dumas. Depardieu fait du "Depardieu", et je ne dirai pas grand-chose d'autre, à part que, à mon avis, c'est du niveau d'un honnête téléfilm mais sans plus.

Liberté de Tony Gatlif constitue un film à voir pour l'histoire, pour la musique, la modestie dans le traitement du sujet, pour la musique, pour James Thierrée, pour Marie-José Croze et Marc Lavoine: que de bonnes raisons en somme. C'est un très beau film sur un sujet connu mais qui n'avait pas encore été traité au cinéma (me semble-t-il). L'histoire est inspirée de faits réels. En 1943, en France, les gens du voyage sont pourchassés par le régime de Vichy. Une famille de 15 personnes, qui vivent dans des roulottes et parcourent la France, va bénéficier d'un répit grâce à l'aide du maire d'un village (Marc Lavoine) et d'une institutrice (Marie-José Croze). Parmi les gens du voyage, il y a Taloche (James Thierrée) qui donne un peu de folie au film. En revanche, une fois de plus, Carlo Brandt dans le rôle de M. Pentecôte joue encore le salaud de service. Son personnage est vraiment abject. La musique tzigane que l'on entend est bien agréable mais il y en a trop peu.

Crazy Heart de Scott Cooper est un premier film réussi et il a permis à Jeff Bridges d'être justement récompensé de l'Oscar du meilleur acteur dimanche 7 mars 2010. C'est une histoire simple et belle d'un chanteur de country au bout du rouleau, alcoolique et se produisant dans des arrière-salles minables. Mais sa rencontre avec une jeune journaliste débutante, mère célibataire qui pourrait être sa fille, va le transformer. L'histoire est un peu convenue mais il se dégage une vraie chaleur humaine. Robert Duvall qui est aussi producteur exécutif du film joue un petit rôle de tenancier de bar. Maggie Gyllenhaal en jeune mère méfiante envers les hommes irradie avec ses beaux yeux bleus. Il faut noter l'apparition et la prestation tout à fait honorable de Colin Farrell, en chanteur country. Mais revenons à l'essentiel: Jeff Bridges, qui est magnifique et joue avec beaucoup de sobriété. Il joue de la guitare et chante très bien. Un grand rôle pour un grand acteur. En revanche, on a un petit coup de "blues" (nostalgie...) quand on sort de la salle.

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mercredi 3 mars 2010

Shutter Island - Martin Scorsese

J'ai trouvé que Shutter Island, le dernier film de Martin Scorsese, démarrait bien (pendant les 20 premières minutes) avec une atmosphère lourde, une image sombre. C'est après que cela se gâte. Par ailleurs, on se sent tout de suite oppressé d'autant plus qu'il n'arrête pas de pleuvoir pendant tout le film. L'inspecteur de police Teddy Daniels et son adjoint Chuck Aule sont à bord d'un bateau qui relie le continent à une île au large de la Nouvelle-Angleterre (USA). Arrivés sur place, ils commencent à enquêter sur la disparition d'une certaine Rachel Solando qui s'est évaporée d'une cellule où elle était internée, dans l'institution psychiatrique pour criminels malades mentaux situé en ce lieu. Auparavant, comme la tempête faisait rage et que le bateau tanguait, Teddy Daniels a eu le mal de mer. C'est le début de son mal-être. L'aspect de l'île est sinistre avec ses bâtiments cernés de barbelés. Les fous les plus dangereux sont emprisonnés dans une sorte d'édifice fortifié. Au loin, un phare domine l'île. En plus de cette Rachel, il semble qu'un autre individu ait disparu, le numéro 67. Je vous passerai les détails de l'histoire, car petit à petit, on se lasse un peu de ce que l'on voit sur l'écran. L'enquête des deux hommes est parasitée par des scènes où Teddy Daniels, en proie à des migraines ou des cauchemars, voit sa femme disparue, à moins qu'il ne se trouve dans le camp de concentration de Dachau (il a fait partie des libérateurs). On se demande où le réalisateur nous emmène. L'utilisation de ces flashback m'a gênée et ralentit l'histoire qui nous intéresse (Le film dure 2H15). La fin m'a parue démonstrative, à la différence du roman, que j'avais lu il y a 4 ou 5 ans, et qui est plus énigmatique, brutale et imprévisible. Leonardo Di Caprio joue bien son rôle mais sans plus (il est vrai que son personnage n'est pas évident). Je décerne une mention spéciale à Patricia Clarkson qui apparaît de manière vraiment sensationnelle dans une scène unique. Emily Mortimer et Michelle Williams sont plutôt pas mal et même bouleversantes par moment. Le film fait un démarrage sur les chapeaux de roue aux Etats-Unis où il est sorti en même temps qu'en France. A vous de juger ce film. Voir aussi les billets très élogieux d'Amanda, de ffred et de Dr Orlof et celui plus mesuré d'Edisdead.

NB: au vu de la plupart des commentaires ci-dessous, je voudrais redire que ce film m'a déçue; et je vous conjure d'aller voir The Ghost Writer.

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lundi 15 février 2010

Tetro - Francis Ford Coppola

Je suis contente d'avoir enfin vu Tetro, magnifique oeuvre en noir et blanc et en couleur qui se passe à Buenos Aires et en Patagonie. J'ai été surprise que deux de mes collègues de travail avec qui j'en parlais m'aient dit être partis au bout d'une heure de projection, ils n'en pouvaient plus. En revanche Véranne et quelques autres blogueurs/euses en ont dit du bien. J'ai été vraiment emballée par ce film où l'on apprend que Tetro (le diminutif de Tetrocini) est le nom de famille des personnages principaux de l'histoire. Bennie et Angelo (surnommé justement Tetro), deux frères, ne se sont pas vus depuis dix ans. Benny est un jeune marin à la veille de ses 18 ans. Suite à une avarie du navire où a embarqué le jeune Benny, ce dernier fait escale à Buenos Aires et y retrouve son frère Tetro qui l'accueille avec froideur. Ce dernier vit avec une charmante jeune femme. La période où se passe l'histoire est indéfinie: années 60, années 70? Les séquences en couleurs constituent des retours en arrière avec l'enfance de Tetro et les drames qui se sont produits. Les séquences en noir et blanc se passent donc à Buenos Aires et en Patagonie. La réparation du navire prenant plus de temps que prévu, Bennie reste plus longtemps qu'il ne le pensait, et celui permet de découvrir le passé de son frère et donc le sien. Tetro essaye d'écrire une pièce de théâtre autobiographique qu'il n'arrive pas à terminer, c'est Bennie qui le fera. Comme parfois au théâtre, il y a un retournement final. Il paraît que cette oeuvre est bien plus ou moins autobiographique pour Coppola lui-même. Et, pour ma part, cela a renforcé mon envie de retourner en Argentine un jour.

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jeudi 11 février 2010

A single man - Tom Ford

Quand Jérôme de Cinefeed/cinefriends (et oui, encore lui) m'a invitée à la projection de A single man de Tom Ford qui sort le 24 février 2010, j'ai dit oui tout de suite, et pourtant je ne savais pas du tout ce que j'allais voir. C'était une projection de presse avec des journalistes critiques de cinéma (ou faisant fonction de -) qui semblaient un peu blasés. Tout le monde se fait la bise, on (non-professionnel[le]) se sent de trop. En plus, une dame à côté de moi qui venait d'assister à une projection, juste avant, du dernier film de Fatih Akin (très bonne comédie paraît-il), répétait que A single man était très mauvais (c'était des oui-dire). Cela démarrait mal, parce que, dans ce genre de circonstance, à son corps défendant, on a un a priori. Après avoir vu le film réalisé par un créateur de mode (Tom Ford a travaillé chez Gucci et YSL avant de créer sa propre maison de couture en 2005), je ne suis pas aussi négative. Rien que pour la prestation de Colin Firth en homosexuel (oui mesdames les blogueuses), le film vaut le détour. Colin est remarquable de sobriété. Il ne tombe jamais dans la caricature. Sa prestation a été récompensée par le prix d'interprétation masculine au Festival de Venise en 2009 (et il est nommé aux Oscars, cette année). L'histoire est adaptée d'un roman de Christopher Isherwood (assez autobiographique). Cela se passe en 1962 (en pleine crise des missiles à Cuba). A Los Angeles, un professeur d'université, George Falconer (Colin Firth), vient de perdre, dans un accident de voiture, son compagnon Jim (architecte avec qui il vivait depuis presque 15 ans). Il n'arrive pas à faire son deuil malgré la sollicitude de son amie Charley (Julianne Moore), qui a un tendre sentiment pour lui. Jusqu'au jour où il rencontre un jeune étudiant qui suit un de ses cours. Mais le destin veille. On peut reprocher à Tom Ford quelques afféteries. Le début surtout fait un peu film de pub, avec un travail sur la couleur de l'image et une voix off désincarnée. Disons que cela manque de simplicité; et puis petit à petit, je suis bien entrée dans le film, mais Colin Firth y est pour beaucoup. Il est présent dans tous les plans ou presque. C'est LA bonne raison d'aller voir le film. La bande-originale années 60 n'est pas mal non plus.

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mercredi 3 février 2010

Quelques films vus et non commentés depuis le 27/01/10

Cette fois-ci, contrairement à ma série précédente, le regroupement se justifie par le fait que j'ai vu depuis le début de l'année beaucoup de films qui risquent de disparaître des salles rapidement et dont je souhaite parler tant qu'ils passent encore, au moins, à Paris.

Agora (dont Céline a dit le plus grand bien) est un des premiers films que j'ai vus cette année. Il a été réalisé par Alejandro Amenabar (qui a aussi tourné Les autres, en 2001, et Mar adentro, en 2005). On peut le qualifier de "peplum" parce qu'il se passe pendant l'Antiquité, à Alexandrie, au IVème siècle après Jésus-Christ. L'originalité de l'histoire est que le personnage principal est une femme, Hypathie, une astronome qui a réellement existé. Son père, Theon, fut le dernier directeur de la célèbre bibliothèque de la ville. Cette période reflète une transition entre le déclin de la civilisation gréco-romaine et l'influence croissante du christianisme. Tour à tour, les Chrétiens, les Juifs et les non-croyants se persécutent mutuellement, sans parler de la bibliothèque mise à sac et des parchemins et autres documents brûlés (c'est un autodafé). Mais au bout du compte, la dernière persécutée, c'est Hypathie, femme cultivée, savante: on lui reproche d'être ce qu'elle est (cela reste malheureusement très actuel). J'ai trouvé la dernière séquence bouleversante, entre Hypathie et un jeune esclave affranchi qui l'aime. La reconstitution d'Alexandrie et de sa bibliothèque est très belle avec de nombreux effets numériques. J'ai lu des critiques disant que les personnages masculins ne sont pas intéressants: cela ne m'a pas dérangée puisque c'est le personnage féminin (Rachel Weisz, lumineuse) qui est important.

Restons avec une femme comme personnage central mais dans un registre complétement différent: Mother de Bong Joon Hoo (à l'affiche depuis cette semaine), vu en avant-première grâce à Jérôme de cinefriends (et je l'en remercie une fois de plus). J'avoue que j'ai eu un peu de mal à "entrer" dans l'histoire, et puis petit à petit, je me suis laissée emmener dans cette histoire d'amour entre une mère et son fils (on n'est pas loin de l'inceste). Dans une ville de Corée, une jeune fille est retrouvée morte en haut d'un immeuble dans une posture grotesque. On accuse Do-Joon, 28 ans, qui est le dernier à l'avoir vue. La mère de Do-Joon (âgée d'une soixantaine d'année) fait tout pour le sortir de prison en essayant de prouver son innocence. Pour cela, elle commettra jusqu'à l'irréparable. On ne connaît pas leur passé à tous les deux qui a dû être difficile. Le fils est à la limite de la débilité. Il y a une séquence au début du film qui nous montre cette femme dans un champ de blé en train de danser. Le reste n'est pas aussi bucolique et la fin est terrible. En tout cas, avant de traiter quelqu'un d'idiot, je ferais attention (cet aparté est destiné à ceux qui connaissent déjà l'histoire). L'actrice qui joue la mère est sensationnelle, c'est elle qui porte tout le film. On plaint cette mère, et en même temps, elle est monstrueuse. Seul défaut du film, c'est un peu long (surtout quand on sait ce qui s'est passé): 2h10. Du même réalisateur, j'avais vu Memories of murder (2004) que je n'avais pas du tout aimé.

Pour finir dans un registre plus léger, j'ai bien apprécié Pas si simple (dont le titre original est It's complicated) de Nancy Meyers, qui met en scène des quinquas qui assurent plutôt bien côté bagatelle devant la jeune génération ébahie. Meryl Streep m'a épatée une fois de plus dans le rôle d'une femme, Jane, divorcée depuis 10 ans, mère de trois enfants et qui revit quelques moments de folle passion (sexuelle) avec son ancien mari, Jack (lui-même remarié avec une plus jeune), joué par un Alec Baldwin avec quelques kilos en trop. L'histoire se passe entre Malibu en Californie et New York. Jane dirige une grande pâtisserie / salon de thé (elle est la reine du croissant, ayant pris des cours de cuisine en France). En plus de son ex-mari, elle entame une relation plus chaste avec un architecte, Adam (Steve Martin), qui lui refait toute sa maison. Dans ce film, on trouve quelques moments d'anthologie, dont un où Jack, sur un lit, en tenue d'Adam, dissimule à nos yeux ses parties intimes derrière un écran d'ordinateur allumé sur le mode webcam. Je ne vous raconte pas la suite. La salle était hilare. Une très bonne comédie qui semble avoir du succès depuis sa sortie.

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lundi 18 janvier 2010

City Island - Raymond de la Felitta - Films vus pendant la 1ère quinzaine de janvier 2010

Comme je l'avais annoncé dans mon billet du 17/01/10, voici le deuxième film vu durant la dernière quinzaine. Grâce à une invitation du distributeur Chrysalis films que je remercie, j'ai assisté à une projection de City Island de Raymond de Felitta en avant-première (il sort le 20/01/10 [voir le site]). L'histoire se passe de nos jours dans une petite ville de pêcheurs dans le Bronx, un des districts de New York. Les personnages principaux sont les membres de la famille Rizzo, dont on découvre qu'ils ont des secrets les uns envers les autres. Vince (Andy Garcia), un gardien de la prison voisine, fait croire à sa femme Joyce (Juliana Margulies) qu'il joue au poker, alors qu'en réalité il suit des cours de théâtre (il se prend pour Marlon Brando). La fille, Vivian, dit qu'elle étudie le soir (elle a gagné une bourse universitaire) alors qu'elle se produit dans un cabaret de strip-tease. Le fils, Vinnie, surfe de son côté sur internet et se connecte à un club d'échange qui sort de l'ordinaire. D'autres personnages apparaissent: un fils caché de Vinnie qui écope d'une peine dans la prison où exerce son père, une certaine Molly, partenaire théâtrale de Vinnie et qui a aussi un lourd secret. Le ton du film est léger comme une bulle de savon, les acteurs se font plaisir, on nage dans l'optimisme. A part la scène où l'on voit Andy Garcia faire une imitation de Brando assez savoureuse devant une caméra, ce film sympathique ne restera pas dans les annales. Je trouve qu'Andy Garcia gâche son talent. Il mériterait des rôles plus consistants.

PS: j'aurais trouvé judicieux que ce film sorte en été, il rencontrerait sûrement son public plus facilement.

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dimanche 17 janvier 2010

Esther - Jaume Collet-Serra - Films vus pendant la 1ère quinzaine de janvier 2010

Ce début d'année ne m'a pas encore permis de voir de films vraiment marquants. J'en déjà vu 9 très différents tant par leur sujet que leur qualité. Pour certains, je suis mitigée voire déçue mais il y en au moins trois ou quatre que je conseille. Je commence à chroniquer les films dans l'ordre où je les ai vus. Je ne sais pas combien de jours il me faudra...

Concernant Esther de Jaume Collet-Serra, le scénario est bien ficelé mais la fin m'a déçue même si le suspense est insoutenable dans certaines scènes. Esther est une fille de 12 ans avec un accent russe. Elle est adoptée aux Etats-Unis par une famille américaine (avec deux enfants) qui vient de perdre leur troisième, mort-née. La maman semble psychologiquement perturbée et c'est une ancienne alcoolique. Esther est coiffée avec des couettes et a des rubans autour du cou et des poignets (elle ressemble à une petite fille modèle), mais cache un secret. On devine assez vite qu'elle fait tout pour se débarrasser de la mère afin de garder le père pour elle toute seule. Pour cela, elle fait de la petite fille de la famille, qui est sourde, sa complice forcée. Je serais intéressée de savoir si le "cas" d'Esther existe dans la réalité. Il faut noter que, dès le début, la tension est palpable avec un accouchement (plutôt sanglant) qui se passe mal. Puis toute l'histoire se passe pendant l'hiver où la neige est abondante. La maison de la famille se trouve au milieu des bois. Le décor de la maison est gris, l'image aussi. J'ai eu une impression d'étouffement. C'est le genre de film que l'on voit une fois mais pas plus. Le fait que le film soit une coproduction américano-européenne et que le réalisateur soit catalan donne à l'ensemble un petit "je ne sais quoi" d'indéfinissable. A noter que le titre original est "Orphan" (orpheline). Peut-être qu'"Esther" est plus vendeur.

Le deuxième film demain... ou plus tard!

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mercredi 6 janvier 2010

Films vus et non commentés depuis le 15/11/09 et palmarès des films pas aimés en 2009

Je ne voulais pas commencer à chroniquer les films de 2010 sans avoir terminé ceux vus en 2009 (les précédents sont ici).

Dans La Sainte Victoire de François Favrat, on constate que Christian Clavier peut être un acteur sobre et convaincant quand il est bien dirigé et qu'il a un rôle intéressant. Clovis Cornillac fait du Cornillac: un peu tout-fou. Quant à La Sainte-Victoire, il s'agit bien bien de la montagne provençale peinte par Paul Cézanne. L'histoire se passe dans cette région. Issu d'un milieu populaire, un jeune arriviste, Xavier Alvarez (Clovis Cornillac), est devenu architecte par obstination. Il est le narrateur de l'histoire. Grâce à sa persuasion et à son culot, il arrive à financer la campagne électorale municipale d'un homme politique, Vincent Cluzel (Christian Clavier), qui au bout du compte est élu. Xavier s'attend à un "retour d'ascenseur" qui ne viendra pas vraiment. Film honnête mais pas impérissable avec des personnages féminins pas très vraisemblables.

Pour Mensch, je m'attendais à un film plus dur ou à un vrai film policier puisque le héros est perceur de coffre-fort. En réalité, ce film de Steve Suissa a un scénario qui navigue dans l'à-peu-près, surtout la fin: le "happy end" est incompréhensible. C'est quand même l'occasion d'entr'apercevoir Nathalie Delon et Evelyne Bouix dans les rôles quasiment muets ainsi qu'Anthony Delon dans un second rôle qui disparaît trop vite. Cela se passe (enfin je crois) dans le quartier juif du Sentier à Paris où des chefs de famille, Sami Frey d'un côté et Maurice Benichou de l'autre, sont devenus ennemis intimes. Il y a des scènes de violence pas très subtiles. La psychologie des personnages est taillée à la serpe. On trouve des invraisemblances scénaristiques comme le fait de copier un disque dur d'un ordinateur qui se trouve comme par hasard facilement accessible alors qu'il renferme un système de sécurité, sans parler des sommes mentionnées: on parle de 70 000 euros comme si ce n'était rien. Le personnage principal dit que c'est dur d'élever un enfant avec cette somme (j'en connais beaucoup qui s'en contenterait). Tout cela pour dire que vous pouvez vous éviter de voir Mensch.

J'avais aussi vu au cinéma L'âge de glace 3 de Carlos Saldanha, qui vient de sortir en DVD (d'ailleurs, j'ai revu le 1 et le 2 en DVD avec mon ami). Dans le 3ème opus, on retrouve tous les héros récurrents des deux premiers: Manny (le mammouth), Diego (le tigre aux dents de sabre) et Sid (le paresseux). Les a rejoints Ellie, la "copine" mammouth de Manny. En guest-star, nous avons toujours Scrat (et son gland), qui fait la connaissance dans ce troisième volet d'une charmante Scratina aux yeux de velours et à la démarche chaloupée qui ne recule devant rien pour disputer à Scrat l'objet de tout son intérêt. Ellie attend un heureux événement mais cela ne l'empêche pas d'affronter les mêmes périls que les trois compères (et il ferait beau voir que ça se passe autrement: "parle à ma trompe!", rétorque-t-elle au trop paternel Manny). En effet, dans cette troisième aventure, ils se retrouvent dans un monde souterrain qui semble être une jungle touffue au temps des dinosaures où le danger rôde. Heureusement que Buck, un drôle d'animal borgne, va les aider. L'animation est toujours remarquable, mais le scénario faiblit et je trouve que le personnage de Diego devient de plus en plus inconsistant. A quand sa rencontre avec une charmante tigresse?

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Enfin, en complément (miroir?) à mon palmarès des meilleurs films de l'année 2009, je voudrais faire ma petite liste de "mes" pires films de l'année 2009. Non pas que je dise que les films soient nuls (quoique...) mais je ne les ai vraiment pas aimés, et leur ai rarement fait l'honneur d'un billet dédié (les glissant plutôt parmi mes "films vus et non commentés"):

Le Concert de Radu Milhaileanu (c'est du grand n'importe quoi). (chroniqué le 15/11/2009)
Là-haut de Peter Docter et Bob Peterson (niais). (chroniqué le 01/09/2009)
L'affaire Farewell de Christian Carion (ratage complet malgré l'affaire relatée qui est passionnante). (chroniqué le 03/10/2009)
L'armée du crime (suite de scènes qui manquent de substances - je sais que Ed(isdead) ne va pas être content). (chroniqué le 03/10/2009)
Tokyo Sonata de Kiyoshi Kurosawa, film qui m'a ennuyée et pas intéressée. Je n'ai pas compris ce que voulait nous dire le réalisateur. (chroniqué le 07/07/2009)
The Wrestler (pauvre Mickey Rourke et le film m'a mise mal à l'aise) de Darren Aronofski. (chroniqué le 23/03/2009)
Away we go de Sam Mendes (crispant). (chroniqué le 29/10/2009)
Les noces rebelles, encore de Sam Mendes (froid et pas bien joué par Leonardo di Caprio pas assez mûr pour le rôle). (chroniqué le 03/02/2009)
Public enemies de Michael Mann (scénario faiblard, tout est dans la forme avec le tournage en numérique). (chroniqué le 01/09/2009)
Et enfin, par procuration et à ce que j'ai cru comprendre (c'est mon ami qui l'a vu): Lucky Luke de James Huth (navet pas drôle). (chroniqué le 29/11/2009)

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mardi 5 janvier 2010

Coffret DVD - Allan Dwan

Deux rouquines dans la bagarre, titre français parfaitement crétin pour Slightly Scarlet d’Allan Dwan, est un des films qui fait partie du magnifique coffret publié aux éditions Carlotta, où sont rassemblés, en plus de ce titre, six autres films, cités plus bas (tous tournés entre 1954 et 1956), de ce réalisateur qui a donné ses lettres de noblesse au genre "série B". Malheureusement, de nos jours, Allan Dwan (1895-1991) est un peu oublié. Ayant commencé sa carrière pendant la période du muet, il est l'auteur de plus de 400 films (la plupart disparus et c'est bien dommage semble-t-il). Il a fait tourner des acteurs connus ou non comme Stuart Whitman, John Payne (ne pas confondre avec John Wayne), Harry Carey Jr et même un certain Ronald Reagan. C'est un réalisateur qui a abordé beaucoup de genres, dont le western: Quatre étranges cavaliers (Silver Lode), La Reine de la prairie (avec Barbara Stanwick), Le mariage est pour demain (Tennessee's partner) et Tornade (Passion), avec Cornel Wilde, Yvonne de Carlo et Raymond Burr; l'"exotique kitsch" (selon moi): Les Rubis du prince birman (Escape to Burma), avec encore Barbara Stanwick et Robert Ryan, et la Perle du Pacifique sud (Pearl of South Pacific), avec Virginie Mayo; le "film noir": Deux rouquines dans la bagarre (Slightly Scarlet) adapté d'un roman de James M. Cain. J'ai particulièrement aimé ce dernier film avec deux actrices rousses: Rhonda Fleming et Arlene Dahl. L'une, Arlene Dahl, joue Dorothy, une kleptomane sortie de prison, l'autre, Rhonda Fleming, est June, sa soeur protectrice, secrétaire et maîtresse d'un candidat à la mairie. Ce dernier veut se débarrasser de la pègre de la ville. C'est compter sans un dénommé Ben Grace (un petit truand), interprété par John Payne, qui va se servir des deux soeurs pour son propre compte. Les 7 films sont éclairés magnifiquement (en superscope et technicolor) par John Alton, chef opérateur attitré d'Allan Dwan, et les films sont tous produits par Benedict Bogeaus (un monsieur dont j'ignorais l'existence jusqu'à maintenant). Ce coffret vaut vraiment le coup, d'autant plus qu'en complément de chaque film, on a droit à des bouts d'un entretien sonore (plus d'une heure en tout) qui s'est déroulé en novembre 1968 entre Allan Dwan et Peter Bogdanovch. Allan Dwan évoque des anecdotes sur le tournage de ces films (il avoue parfois qu'ils ne sont pas très bons). Et il y aussi deux courts-métrages du réalisateur tournés en noir et blanc pour la télévision. Ce coffret n'offre que du bonheur et m'a permis de compléter ma culture cinématographique. Vincent a chroniqué les 7 films du coffret ici, ici, ici, ici, ici, ici et enfin ici, sans oublier un billet sur Allan Dwan lui-même.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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