mardi 1 septembre 2009

Films vus et non commentés depuis le 21/07/2009

Avant de reprendre, j’espère, mes billets tous les deux jours, voici quelques mini-critiques de films que je n’avais pas encore chroniqués et que j'ai vu depuis mon billet précédent fin juillet 2009.

Public enemies de Michael Mann est un film que je ne conseille pas vraiment (à moins d'être fan du réalisateur): il consiste en une suite de fusillades tournées en caméra numérique sans profondeur de champ. Mon oeil ne s’est pas habitué pendant le film et cela donne une impression étrange. Dillinger, joué par un Johnny Depp légèrement empâté, s'évade de prison avec des complices. Tout le film repose sur la traque de Dillinger par Melvin Purvis (Christian Bale), agent du FBI. Marion Cotillard joue très bien les utilités mais ce n’est pas suffisant. C’est un film qui manque d’âme.

Victoria, les première années d'une reine du Canadien Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.) constitue un beau livre d'images avec de belles toilettes, de beaux décors, et Emily Blunt est crédible dans le rôle de la jeune Victoria, mais l’ensemble reste un peu anecdoctique. On ne sait pas trop qui est qui et pourquoi. Il manque un contexte historique dans lequel on apprendrait pourquoi la jeune reine a été, par exemple, la cible d'attentat (ce que je ne savais pas). Le couple formé par Victoria et Albert (Rupert Friend tout droit sorti de Chéri) est très "glamour" et ravira les âmes romantiques.

Là-haut, dessin animé de Pete Docter et Bob Peterson, m'a plu pour les 10 premières minutes du film, qui narrent presque sans paroles la vie d'un couple, Carl et Ellie, du jour où ils se rencontrent jusqu'à la mort d'un des deux. Et pour la scène de l'envol de la maison grâce à des ballons gonflés à l'hélium. A part ça, le film m’a paru un peu niais comme certains personnages (le petit garçon tête à claques et le chien qui vient en aide à Carl).

Adieu Gary de Nassim Amaouche a été tourné dans la ville blanche du Teil en Ardèche (d’après ce qui est annoncé dans le générique de fin). Cette ville "fantôme" est un beau décor de cinéma très "western. C’est une tranche de vie de quelques personnes qui (sur)vivent dans cet endroit sinistré (plus d’industrie, plus d'emploi) perdu au milieu de nulle part. Parmi ceux-ci, un père ouvrier (à la retraite ou au chômage?) joué par Jean-Pierre Bacri, ses deux fils (l’un sortant juste de prison), son amie Maria (Dominique Reymond) qui accepte d'être cobaye pour tester des médicaments, le fils de cette dernière, José mutique, attendant son père Gary parti depuis des années. Le film dégage une atmosphère étrange, pas désagréable. Ce film permet de voir Yasmine Balmadi (un des deux fils) dans son dernier rôle. Il vient de disparaître tragiquement cet été. Je l’avais découvert dans Wild Side de Sébastien Lifshitz (2004).

Simon Konianski de Micha Wald donne l’occasion de voir Popeck dans un rôle émouvant de grand-père juif qui aimerait bien que son fils Simon (Jonathan Zaccaï, parfait dans le rôle d’un homme un peu immature) trouve une nouvelle compagne qui ne soit pas "goy" comme celle qui vient de le quitter. Ce grand-père meurt brusquement. Simon et son fils partent en Ukraine avec le frère et la soeur d'Ernest pour l'enterrer. Après moult péripéties, ils arriveront sur le pays natal d'Ernest, rescapé des camps de la mort. Le film est sympathique mais décousu avec une scène qui m’a semblée invraisemblable (le passage de la frontière pour arriver en Ukraine).

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [26] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

mercredi 5 août 2009

Films deux par deux (8)

Comme c'est l'été et que je publie un billet tous les 2 ou 4 jours, j'ai décidé de refaire comme l'année passée et de chroniquer deux films dans un billet quand je le juge opportun. Je commence par deux oeuvres très différentes et qui m'ont plu.

D'abord, Whatever works que j'ai vu récemment. Grâce à ce film, j'ai retrouvé la verve (avec le débit rapide qui va avec) et l'humour de Woody Allen, même si, dans ce film bavard (à voir en VO), on ressent la misanthropie voire le désenchantement du réalisateur. Boris Yellnikov (le double de Woody mais un peu plus jeune), joué par un acteur pas connu en France, Larry David, vit dans un quartier bohême de New York. Cet homme qui a (presque) été lauréat du prix Nobel de physique n'arrête pas de se plaindre, en particulier de la nullité des jeunes élèves à qui il essaie d'apprendre les échecs. Un jour, il tombe sur une jeune fille un peu perdue, Melodie Ann Celestine (délicieuse Rachel Evan Wood), qu'il accepte de recueillir une nuit. Résultat, elle s'incruste et ils se marient. J'ai apprécié le fait que l'on ne tombe pas dans le libidineux: on ne les voit même pas s'embrasser. En revanche, le "ménage à trois" (en français dans le film) formé par la mère de Mélodie, Marietta (Patricia Clarkson), avec deux amis de Boris, est assez savoureux. Et la fin est particulièrement euphorisante avec un "coming out" bien sympathique. Cela m'a fait plaisir de voir Woody Allen revenu à New-York comme s'il ne l'avait jamais quitté. Même si les quelques années d'errance européenne ont donné de très bons films, comme, par exemple, Match Point ou Le Rêve de Cassandre.

Bronson du réalisateur danois de la trilogie Pusher, Nicolas Winding Refn, est à voir pour la performance de Tom Hardy, l'acteur principal qui a un visage "élastique" comme on dit. Un vrai "clown" au sens noble du terme. Bronson est un film qui sort de l'ordinaire (même si je suis consciente qu'il ne peut pas plaire à tout le monde). Visuellement, j'ai presque senti un hommage à Kubrick et au personnage d'Alex dans Orange mécanique au vu de certains travellings. Dans Bronson, on suit la vie de Michael Peterson (qui est une personne réelle) ayant pris le pseudo de Charlie Bronson. A la fin des années 70, après avoir eu une jeunesse agitée (pendant laquelle il n'hésitait pas à frapper ses petits camarades dès qu'on l'embêtait), il se retrouve à 20 ans derrière les barreaux, condamné à 7 ans de prison pour vol. Et comme il continue d'exercer sa violence contre des gardiens ou d'autres détenus, il est, à ce jour, détenu depuis 34 ans dont 30 en isolement. Il s'est même retrouvé un temps dans une institution psychiatrique. Tout cela se passe en Angleterre où l'on voit des conditions de détention inhumaine pour les fortes têtes comme lui qui doit être considéré comme "irrécupérable". Il n'y a aucune explication psychologique, pas de message. Charlie Bronson n'est ni antipathique, ni sympathique. On se demande jusqu'où il veut ou va aller. Le film laisse une impression durable pour certaines scènes.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
Tags : , , ,
mercredi 29 juillet 2009

The Reader (Le liseur) - Stephen Daldry

Produite par feu Sidney Pollack et feu Anthony Minghella (excusez du peu), cette adaptation du roman Le Liseur, de l'auteur allemand Bernard Schlink, m'a beaucoup plu, pour diverses raisons, dont les interprétations dignes d'éloges des acteurs, en particulier celle du jeune David Kross qui interprète le rôle de Michael Berg jeune (une révélation), et puis pour l'histoire elle-même qui est prenante. Le Liseur (Der Vorleser en VO) est le roman qui a fait connaître Bernhard Schlink au grand public. Pour ceux qui n’ont pas encore vu le film, The Reader (pourquoi avoir gardé le titre en anglais?) commence par un flash-back en 1958 à Berlin. Michael Berg, âgé de 15 ans, rencontre fortuitement Hannah Schmitz qui a 20 ans de plus que lui. Chez elle, il découvre l’amour physique avec cette femme un peu fruste qui parle peu mais qui demande à Michael de lui faire la lecture pendant, avant ou après leurs ébats, ce que Michael fait avec plaisir (toutes ces scènes sont très belles). Cette liaison ne dure que quelques semaines avant qu’Hannah ne disparaisse sans rien dire, laissant Michael désemparé. Etudiant en droit, il la retrouve 8 ans plus tard, en 1966: il assiste à un procès où Hannah est une des accusées. Là, il apprend le passé de cette dernière. Pendant les 20 ans qui suivent, Michael refusera d’aller rendre visite à Hannah en prison mais il lui enregistrera des livres sur cassettes. Toute la vie d’homme de Michael sera hantée par ce qu’il a vécu avec elle. On suppose qu’il en veut à Hannah mais en même temps il aime encore cette femme qui a bouleversé sa vie. Malgré quelques longueurs sur la fin et le maquillage pour vieillir Kate Winslet (pas forcément une réussite), je vous conseille ce film que j’ai vu dans une salle pleine de spectateurs attentifs. Parmi les blogueurs que je lis [liste non exhaustive!], Wilyrah, Diane_Selwyn, Armelle, Vlad, Tinalakiller, Pimprenelle en disent du bien, Rob a trouvé le film impeccable mais ennuyeux, pL est aussi un peu mitigé.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [25] - Permalien [#]
Tags : ,
mardi 21 juillet 2009

Films vus et non commentés depuis le 7 juilllet 2009

Poursuivant ma série, voici cinq films (dont trois réalisés par des femmes) dont les personnages principaux sont des membres de la gente féminine pas toujours très bien dans leur peau. C'est le moins que l'on puisse dire. Quatre sont américains, le dernier est un film français qui se passe au Québec.

Coraline de Henry Selick (le réalisateur de l'Etrange Noël de Mister Jack) est un conte qui fait peur. Très beau visuellement, ce film d'animation m'a quand même paru long à démarrer. Coraline et ses parents se sont installés dans une grande maison isolée à la campagne. Ses parents sont tellement pris par leur travail que Coraline s'ennuie. Une nuit, attirée par une porte dérobée, elle suit un couloir bas à quatre pattes et se retrouve dans une maison (presque) identique où une autre mère et un autre père semblent être les parents idéaux. Petit détail sinistre, ils ont des boutons à la place des yeux. Je retiens du film les personnages annexes: Mesdames Spink et Forcible, femmes obèses, trapézistes à leurs heures qui se produisent devant des spectateurs d'un genre particulier: une multitude de chiens scottish terriers; Mr Bobinski, acrobate contorsionniste; un chat très intelligent qui ne donne que des bons conseils à Coraline. C'est un film ni aimable ni gentillet, bien au contraire, je l'ai trouvé très noir. Je le déconseille aux tout-petits. D'ailleurs, il est long: au moins 1h30. Nous étions une dizaine dans la salle où je l'ai vu: uniquement des adultes.

Sherrybaby, de Laurie Collyer, vaut pour Maggie Gyllenhaal, que l'on voit de la première à la dernière image. Elle interprète Sherry, une jeune femme assez paumée qui est en liberté conditionnelle (on ne connaît pas son délit). Bien qu'elle soit "clean" depuis quelques mois, elle est sur le point de "replonger" dans l'addiction à la drogue. Mais Sherry n'a qu'un bonheur dans sa vie: sa petite fille de 6 ou 7 ans, Alexis, qui est à la charge de son frère et de sa belle-soeur. Pour pouvoir la récupérer, Sherry est prête à tout (vraiment tout) pour se réinsérer en trouvant un travail. Au détour d'une scène, on devine peut-être pourquoi l'héroïne s'est droguée: son père, veuf qui s'est remis en ménage, a des gestes déplacés envers Sherry. Ceci explique peut-être cela. Ce film a été tourné en 2006 et est sorti en France seulement cette année: mystère de la programmation. Maggie Gyllenhaal crève l'écran.

Sunshine cleaning, de Christine Jeffs, raconte comment deux soeurs, Rose et Norah, se retrouvent à nettoyer les scènes de crimes ou de suicides. Malgré le sujet, le film dégage beaucoup de bonne humeur grâce au charme et au talent des deux actrices principales, Amy Adams et Rachel Blunt. Rose, qui avait des rêves de réussite étant plus jeune, fait des ménages. Mère célibataire, elle a du mal à joindre les deux bouts, et ceci d'autant plus qu'elle a inscrit son jeune fils, Oscar, dans une école privée. Norah, elle, cherche encore sa voie (si je peux m'exprimer ainsi). Grâce à Mac, son amant (qui-ne-peut-pas-quitter-sa-femme), flic de profession, Rose se met à exercer ce métier très lucratif de "nettoyeuse de scènes de crime". Elle s'associe avec sa soeur pour créer l'entreprise "Sunshine cleaning" dans ce nouveau boulot pas très ragoûtant. Le fait de travailler ensemble les rapproche même si des souvenirs douloureux reviennent à la surface. Comme l'affiche sa pub, il s'agit d'un film des producteurs de Little Miss Sunshine (cf. mon billet du 01/03/2007), mais avec un ton différent. Le père des deux femmes, joué par Alan Arkin (comme ressuscité du film précédent), donne un petit grain de folie supplémentaire.

Rachel se marie de Jonathan Demme a été tourné en vidéo. Ce qui explique que l'image bouge beaucoup. Mais cela permet une grande fluidité dans les scènes de groupe (comme le mariage, ou le dîner juste avant, par exemple). L'héroïne du film est la soeur de Rachel, Kym (Ann Hataway). En cure de désintoxication, on lui a accordé la permission de sortir pour cet événement: Rachel se marie avec un Afro-américain. L'histoire se déroule sur un week-end pendant lequel des rancoeurs refont surface. La mère de Rachel et Kym, Abby, divorcée depuis quelques années du père des deux jeunes femmes, fera une apparition (quel plaisir de retrouver la trop rare Debra Winger). Les scènes de groupes sont très bien filmées. J'ai lu que Jonathan Demme présente son film comme une sorte d'hommage à Un mariage de Robert Altman (1978). Le scénario est de Jenny Lumet (la fille de Sidney). Pour la scène du remplissage du lave-vaisselle (pour ceux qui ont vu le film), elle s'est inspirée d'une scène réelle qui s'est passée entre son père et Bob Fosse.

Romaine par -30 d'Agnès Obadia (seul film francophone de cette série) se passe au Canada par -30 degré celsius. C'est l'occasion de voir Sandrine Kiberlain de la première à la dernière image. Comédie farfelue qui n'apporte pas grand-chose à part qu'on a l'occasion d'entendre parler québécois avec l'accent, de constater que les Québecois sont des gens sympathiques et qu'il ne fait pas chaud au Québec en hiver. L'histoire est irracontable et se finit en queue de poisson.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,
dimanche 5 juillet 2009

Amerrika - Cherien Dabis

J'ai vu Amerrika dans une salle qui a applaudi à la fin. Cherien Dabis, réalisatrice jordano-américaine, a réalisé un film chaleureux, presque un conte de fées. Et par les temps qui courent, cela fait du bien. Une Palestinienne, Mouna, mère divorcée (son mari l'a quitté plusieurs années auparavant parce qu'il en a trouvé une plus mince), employée de banque, et son fils, Fadi, âgé de 16 ans, décident de quitter les territoires de Cisjordanie pour les Etats-Unis. En effet, ils ont enfin reçu un visa pour l'Amérique, plusieurs années après en avoir fait la demande. Rien ne retient Mouna et Fadi en Palestine, où la construction du mur qui entoure les territoires occupés, ainsi que les contrôles permanents, rendent leur quotidien difficile. La mère de Mouna qui vivait chez sa fille va partir habiter chez son fils. Néanmoins, dès leur arrivée à l'aéroport à Chicago, les choses commencent mal: les services de l'immigration et des douanes les retiennent trois heures, on fouille tous leurs bagages dont une grosse boîte de biscuit qui est confisquée sans que Mouna fasse attention à cet incident. Ils sont accueillis par Raghda, la soeur de Mouna, le mari de celle-ci et leur trois filles (ils vivent aux Etats-Unis depuis 15 ans). Mouna et Fadi vont loger chez eux en attendant. C'est là que Mouna constate la disparition de la boîte de biscuits dans laquelle elle avait dissimulé toutes ses économies: 2500 dollars. Puis, malgré son expérience professionnelle, Mouna ne trouve qu'un emploi de serveuse dans un fast-food. Mais elle fait croire à sa famille (par fierté) qu'elle travaille dans la banque attenante. Fadi, lui, est en butte à la méchanceté de ses nouveaux camarades qui le traitent de terroriste. Nous sommes en 2003: les USA sont en guerre avec l'Irak. Par ailleurs, le mari de Raghda, Nabil, qui est médecin, perd peu à peu ses clients. Mouna, à l'énergie débordante, ne se laisse abattre. Le fait que le personnage principal du film soit une femme est important. Mouna veut s'en sortir et on y croit. Je voulais finir en disant que les comédiens sont tous formidables, dont Nisreen Faour qui interprète Mouna. Et c'est toujours un plaisir de retrouver Hiam Abbass qui joue le rôle de la soeur, Raghda. Enfin, j'ai appris quelque chose. A un moment donné, Mouna demande à son jeune collègue du "fast food" son prénom. Il répond "Matt". Mouna dit que cela veut dire "mort" en arabe comme dans l'expression "shâh mat", "le roi est mort", d'où "échec et mat" pour le jeu d'échecs. Un de mes prochains billets sera consacré à Jaffa, également réalisé par une femme, Keren Yedaya, une réalisatrice israélienne [chroniqué le 13/07/2009].

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 23 juin 2009

Films vus et non commentés (suite du 01/06/2009)

Sans désormais plus mettre de fourchette de dates de vision, je continue à publier quelques billets de films vus et non commentés car je me rends compte que je vois plus de films que je n'arrive à écrire de billets (les précédents de la série sont ici). Et certains de ces films ne sont déjà plus à l'affiche et souvent sont sortis dans une ou deux salles à Paris. Je ne parle même pas de la province.

Jerichow de Christian Petzold est une libre adaptation du Facteur sonne toujours deux fois de James Cain, déjà plusieurs adapté au cinéma avec bonheur. Ici, dans ce film allemand, le mari est plus présent et certainement plus retors que dans les adaptations que l'on connaît déjà. Sa fin est tragique mais pas pour les mêmes raisons.

Harvey Milk de Gus Van Sant: un "biopic" honorable et pourtant l'affiche ne donne pas envie. Sean Penn est bien (Oscar mérité) mais les autres acteurs aussi. Je n'avais jamais entendu parlé d'Harvey Milk, cette erreur est réparée. Ce film me réconcilie avec Gus Van Sant après un Paranoïd park soporifique à souhait (cf. mon billet du 21/11/07). Dans Harvey Milk, je trouve qu'il arrive bien à rendre l'atmosphère de la fin de ces années qui furent plutôt insouciantes indépendamment de ce qui arrive à Mr Milk.

La Fenêtre de Carlos Sorin: le réalisateur de Bonbon el perro (mon billet du 11/08/08) et Historias minimas (deux oeuvres que je préfère de beaucoup) a tourné un film au ton très différent des deux cités. D'abord, c'est un film avec un lieu unique: une grande demeure un peu décrépite et un champ tout autour. Un vieil homme très malade est alité. Il entr'aperçoit l'extérieur par la fenêtre. Il attend son fils, musicien qui arrive d'Europe avec une jeune femme dont la seule obsession est qu'il n'y a pas de réseau pour son téléphone portable.
En effet, nous sommes en Argentine au milieu de nulle part. Les gens communiquent par radio pour appeler le médecin, par exemple. Le seul endroit où l'amie du fils arrive à recevoir un appel, c'est justement dans la chambre du vieillard, agonisant après être sorti tout seul en ayant échappé à l'attention des deux dames qui s'occupent de lui. C'est un film minimaliste qui dure 1h15.

Les beaux gosses de Riad Sattouf est, pour moi, une suite de scènes sympathiques où l'on peut sourire, mais pas plus. Comme je n'ai pas connu la mixité au collège, cela ne me parle pas. Les deux héros de l'histoire sont Hervé (d'après le chanteur Hervé Vilar), qui vit avec sa mère crispante au plus haut point en femme divorcée dépressive, et Camel dont on ne sait pas grand-chose. Cela se passe à Rennes au Collège Eric Tabarly (je ne sais pas s'il existe en vrai). On entend de temps en temps les mouettes. L'obsession d'Hervé et Camel, ce sont les filles, mais ils sont maladroits comme tout et ils n'ont que des catalogues de lingerie pour servir leur fantasme. Une jeune fille, Aurore, sent qu'Hervé est un garçon sensible. Elle le drague, elle l'embrasse. Il voudrait aller plus loin, elle n'est pas prête. Le film se termine en points de suspension.

samedi 13 juin 2009

Trois films vus avec mon ami

Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier, Millenium de Nils Arden Oplev et Wolverine X men origins de Gavin Hood sont trois films que j’ai vus coup sur coup avec mon ami moins cinéphile que moi (personne n'est parfait mais il a d'autres qualités).

Pour Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier (je l'ai vu à une séance tardive), j’émets quelques réserves quant au déroulement de l’intrigue car j'ai trouvé que tout allait trop vite. J’ai l’impression que le réalisateur a voulu aller à l’essentiel sans prendre son temps. Les caractères des personnages ne sont qu’esquissés. D’ailleurs, je ne me rappelle pratiquement plus l’histoire à part le fait que l'on trouve des ossements d’un Noir enchaîné au fond du bayou et que des jeunes filles ont été assassinées. Je retiens surtout les paysages de Louisiane et les maisons en bois dévastées qui restent à l’abandon, après le passage de l’ouragan Katrina. L’apparition de revenants (des soldats confédérés) donne une touche de surnaturel originale. La photo jaunie que l’on voit à la fin aussi. Je suis allée le voir parce que Tavernier est un réalisateur que j’apprécie et Tommy Lee Jones dans le rôle du shérif Dave Robicheaux m’a semblé crédible dans son rôle (au vu de la bande-annonce). J'ai eu aussi plaisir à revoir John Goodman (Barton Fink des frères Coen) dans un rôle inquiétant et Mary Steenburgen (dans le rôle de la femme de Robicheaux), un des rôles féminins qui adoucit l'ensemble. L’histoire est adaptée d’un roman de James Lee Burke, écrivain dont je n’ai jamais rien lu (le shérif Robicheaux est un personnage récurrent dans l’œuvre de Burke). A part ça, j’attends la sortie en DVD de Dans la brume électrique. J'ai cru comprendre que le film ne bénéficiait que d'une sortie directe en DVD sur le territoire américain (je me demande bien pourquoi?) et que les scènes avec les revenants avaient été coupées (je me demande à nouveau pourquoi?).

Pour Millénium de Nils Arden Oplev (réalisateur danois), je n’ai pas été déçue du tout par cette adaptation même s’il y a des coupes sombres par rapport au roman. Tout est concentré sur l’histoire criminelle de la disparition d’Harriet Vanger. Vu que j’ai lu le roman Millénium 1, les hommes qui n’aimaient pas les femmes, dès sa parution en septembre 2006, ce film m’a permis de faire une bonne révision. Quant à mon ami qui n’avait rien lu, il a «dévoré» la trilogie en 4 jours (c’est un lecteur avide), ce qui démontre au moins que le film donne envie de lire le roman. Concernant l’atmosphère générale du film, c’est noir, très noir, mais le roman l’est. Bien évidemment, les acteurs qui jouent les rôles principaux ne sont pas ceux que l’on imaginait forcément. Noami Rapace qui joue Lisbeth m’a paru plus âgée que dans le roman mais cela n’est pas très grave. C’est dommage que l’on ne la voie pas plus avec ses ordinateurs et tout ce qu’elle est capable de faire avec, plutôt que d’assister aux actes violents dont elle est la victime. En revanche, j’ai aimé que ce film tiré d’un roman suédois soit tourné dans cette langue. Et j’attends impatiemment les deux adaptations suivantes de Millénium 2 et 3 qui doivent sortir fin de cette année ou début de l’année prochaine. [15/11/07: ma chronique du 3e tome]

Pour Wolverine – X men origins de Gavin Hood, je viens de constater qu’il n’est plus du tout à l’affiche à Paris. Je suis allée voir le film parce que j’avais beaucoup aimé X-Men, 1, 2 et 3: les effets spéciaux, en particulier, sont une grande réussite. Concernant ce film, Wolverine..., c’est l’occasion d’apprendre comment tout a commencé pour Wolverine avec ses mains d’où poussent des lames quand il veut attaquer ou se défendre ou quand il est en colère. Comme les vampires, il passe les siècles sans vieillir après avoir atteint l’âge adulte. Agé d’une dizaine d’années, Wolverine a pris conscience de sa mutation dans les années 1860, après un crime commis contre son père. Il a un demi-frère, Dent de sabre, un être peu recommandable. On apprend aussi comment une «confrérie» de mutants va se former. Tout cela pour dire que le film se regarde avec plaisir mais il faut aimer ce genre sans faire la fine bouche. Le scénario tient moins la route que les trois premiers. Les effets spéciaux ne sont pas toujours à la hauteur et sont moins spectaculaires. Ce genre de film peut attendre la sortie DVD (en location).

Moi qui vais la plupart du temps au cinéma toute seule, j’ai été bien contente pour ces fois-là d’être accompagnée. Merci "Ta d loi du cine".

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
lundi 1 juin 2009

Films vus et non commentés depuis le 23/04/09 (début)

Je constate une fois de plus mon retard impardonnable pour commenter les films que j'ai vu plus ou récemment (suite de ma série). J'ai déjà vu 66 films depuis le début de l'année.
En voici 4 que je ne conseille pas forcément. Vous pouvez attendre de les voir en location en DVD ou lors d'un passage à la télé.

Tulpan de Sergei Dvortsevoy est un film que j'ai vu il y a deux mois. Je considère que c'est plus un documentaire qu'une fiction. Ce film kazakh raconte les mésaventures d'un jeune homme qui voudrait se marier avec une jeune fille dont il ne connaît pas le visage. Cette dernière ne le trouve pas à son goût: il a les oreilles décollées. Et pourtant, former un couple et fonder une famille est nécessaire pour pouvoir continuer à vivre dans la steppe sous la yourte. Tout cela est un prétexte à voir une nature désertique et des brebis qui mettent bas avec difficulté. Le film m'a un peu ennuyée et il se termine en queue de poisson. J'avais nettement préféré L'histoire du chien jaune de Mongolie de Byambasuren Davaa (2006).

The other man (dans le texte) de Richard Eyre, réalisateur précédemment d'Histoire d'un scandale (cf. mon billet du 03/03/07): là, je m'attendais à un bon thriller. C'est complètement raté. Adapté d'une nouvelle de Bernard Schlink, un homme, Peter (Liam Neeson, très monolithique et pas très expressif) suspecte sa femme de le tromper. Il fait tout pour retrouver "l'autre homme", Ralph (prononcez Raife), joué par Antonio Banderas que j'ai vu meilleur. Entretemps, on ne revoit jamais la femme (Laura Linney, très bien). Le découpage du scénario est à mon avis maladroit car, au moment du générique de fin, je me suis dit que je n'avais rien compris. On assiste à des flash-back. Même le début du film est un long flash-back. C'est l'occasion de voir Romola Garai (l'héroïne d'Angel de François Ozon (2007) [cf. mon billet du 25/03/07]). Le film se passe entre Milan et Cambridge. Rien d'autre à dire.

La 1ère étoile de Lucien Jean-Baptiste: il y a quelques années, je m'étais divertie avec un film que je recommande si vous ne l'avez pas (encore) vu, Rasta Rocket en VF et Cool Runnings en VO (1993), qui narrait l'histoire de l'équipe de bobsleigh jamaïcaine en route pour les JO de Montréal (histoire authentique). C'était absolument hilarant. Pour la 1ère étoile, je m'attendais un peu à la même chose. Malheureusement, c'est nettement moins drôle et un peu répétitif mais la comédie est sympathique. Jean-Gabriel (joué par le réalisateur), un père de famille antillais marié à une femme blanche, a promis à sa progéniture de les emmener aux sports d'hiver. Le problème est qu'il a perdu aux courses la somme mise de côté pour les vacances. Qu'à cela ne tienne, avec le "système D", le père, les enfants et la grand-mère passeront une semaine à la montagne et la fille de la famille arrivera à gagner sa 1ère étoile de ski. Le film est encore un grand succès, tant mieux pour lui mais je m'attendais à autre chose.

Confessions d'une accro du shopping de P.J. Hogan n'est pas aussi réussi que Le Diable s'habille en Prada. Je n'ai pas lu les livres de Sophie Kinsella, mais j'ai l'impression que les intrigues sont mieux tournées. Moi, je suis allée le voir car j'avais envie de me changer les idées (mon hygiène mentale). Tout est hautement invraisemblable, mais le beau Hugh Dancy et quelques scènes sympathiques sauvent le film.

(à suivre...)

jeudi 21 mai 2009

Wendy et Lucy - Kelly Reichardt

Wendy et Lucy de Kelly Reichardt (une réalisatrice à découvrir absolument) est un film tendre et attachant qui montre une Amérique triste, dure, pauvre, menaçante et un peu désespérée, mais où l'amitié et l'entraide ne sont pas absentes. L'histoire qui se passe de nos jours (à l'automne?), commence quand Wendy (formidable Michelle Williams) et sa chienne Lucy arrivent dans l'Oregon en voiture. Elles sont en route pour l'Alaska où Wendy (cheveux courts à l'allure garçonne dans son bermuda) pense trouver du travail. Wendy compte son argent, il lui en reste peu et pourtant elle a encore du chemin à parcourir pour toucher son but, et le fait que sa voiture tombe en panne complique tout. Wendy aime sa chienne par-dessus tout. Elle vole même de la nourriture pour elle: deuxième complication. Pendant qu'elle est arrêtée et mise en prison pour 24 heures, sa chienne disparaît. Elle n'a de cesse de la retrouver par la suite. Le film dure 1H10 pendant lesquelles la réalisatrice ne lâche pas son héroïne marginale (en rupture avec sa famille?), qui est filmée au plus près. On ne tombe jamais dans le misérabilisme, c'est là sa force. On a peur pour Wendy qui ne se laisse pas abattre. Je vous conseille ce film s'il n'est pas trop tard. Je l'ai vu la semaine de sa sortie (suite à de bonnes critiques journalistiques). Il est projeté dans très peu de salles. Mais s'il passe par chez vous, il faut aller le voir. Ed en a dit beaucoup de bien et c'est mérité. Coming soonn en parle également.

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : ,
jeudi 23 avril 2009

Films vus et non commentés depuis le 29/03/09

Pour mon retour sur la blogosphère après une semaine de pause, je commence par un billet sur des films que j'ai vus depuis un certain temps et que je n'ai pas eu le temps de chroniquer (suite de ma série).

Je débuterai par 35 Rhums de Claire Denis qui a été projeté dans peu de salles et peu de temps. Personne ou presque n'en a parlé et c'est dommage. Claire Denis est une réalisatrice à part dans le cinéma français. Elle réalise des films qui sortent des sentiers battus (je recommande en particulier Beau Travail [que je chroniquerai un jour]). De film en film, elle reste fidèle à la même équipe technique dont Agnès Godard, la chef op', qui nous permet de voir des films beaux à regarder. Elle fait aussi tourner souvent les mêmes acteurs, dont Grégoire Colin et Alex Descas. Dans 35 rhums, ils jouent des personnages moins sombres que leurs rôles habituels. Lionel (Alex Descas), conducteur de RER, est veuf. ll vit avec sa grande fille Joséphine dans un immeuble genre HLM de banlieue. Une grande complicité les unit. Des voisins (ines) de l'immeuble, dont Noé (Grégoire Colin), gravitent autour d'eux, ainsi qu'un collègue de Lionel récemment mis à la retraite et qui s'ennuie beaucoup. Le film dégage une certaine chaleur humaine qui fait du bien. C'est un film doux et apaisé. S'il existe un jour en DVD, louez-le.

Espions de Nicolas Saada: ce film, qui est le premier long métrage du réalisateur, est une réussite grâce en particulier à Guillaume Canet et Géraldine Pailhas, tous les deux très convaincants. Pour ce qui est de l'histoire, Vincent (Guillaume Canet) se retrouve à être espion malgré lui à Londres (employé par la DST). Il est chargé de s'approcher d'un couple dont le mari anglais et homme d'affaires est soupçonné d'avoir des accointances avec des terroristes islamistes (même si lui-même ne l'est pas). Pour ce faire, Vincent se rapproche de l'épouse française, Claire (Géraldine Pailhas) et il en fait sa complice (malgré elle). Bien évidemment, il tombe amoureux d'elle. La fin n'est pas forcément attendue grâce à un scénario subtil. Vraiment une bonne surprise.

Duplicity: comme pour The International (l'enquête) [cf. mon billet du 29/03/09], je suis surtout (beaucoup) allée voir le film pour Clive Owen. Et en plus il y a Julia Roberts (très bien). Pour être brève, le film ne casse pas trois pattes à un canard. J'ai trouvé le scénario un peu compliqué. C'est d'ailleurs un scénariste (Tony Gilroy) qui a tourné le film. Ray (Clive Owen) est un ancien du MI5, et Claire (Julia Roberts) ne travaille plus à la CIA. Ils ont trouvé des emplois qui payent mieux avec peut-être moins de risques (encore que...). A la fin, ils se retrouvent, tous les deux, les dindons de la farce. Je n'ai pas tout compris de cette histoire où la repousse des cheveux et la calvitie sont au coeur de l'intrigue. A part ça, il y a Clive...

Loin de la terre brûlée de Guillermo Arriaga: pour une fois, j'ai trouvé que la bande-annonce ne rend pas justice au film qui est nettement mieux. J'y suis allée sur les conseils d'une collègue et je ne le regrette pas. Guillermo Arriaga est connu pour être le scénariste de Babel [cf. mon billet du 19/01/07], de 21 grammes et de 3 enterrements. L'histoire se passe dans deux endroits différents (Mexique et une région des Etats-Unis) et sur deux périodes séparées par une dizaine d'années. Une mère (Kim Basinger) et sa fille (que l'on retrouve à deux âges de la vie et qui se sent responsable de la tragédie à laquelle nous assistons) sont les héroïnes d'un film que l'on n'oublie pas. Les trois actrices, Kim Basinger, Charlize Theron et la jeune Jennifer Lawrence, sont formidables.   

Posté par dasola à 01:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,