samedi 17 novembre 2007

7h58, ce samedi-là - Sidney Lumet

Je viens enfin de voir la dernière oeuvre de Sidney Lumet, 7h58, ce samedi-là, sortie il y a plus d'un mois en France. J'avais un peu hésité mais j'aurais eu tort de l'avoir manqué car j'ai beaucoup aimé. Le titre original anglais est "Before the Devil knows you're dead" (littéralement Avant que le Diable ne sache que vous êtes mort). Un hold-up minable dans une bijouterie tourne à la tragédie. En effet, une famille est complètement anéantie car deux frères ont la mauvaise idée à cause d'un besoin d'argent pressant de cambrioler la bijouterie familiale. On ne sait pas pourquoi ils choisissent cette option. L'ainé, Andy (Philip Seymour Hoffman), drogué et comptable dérobant de l'argent dans la caisse de l'entreprise où il travaille, a, semble-t-il, un compte à régler avec son père. Il propose à son frère cadet Hank (Ethan Hawke) qu'il n'arrête pas d'humilier, de faire ce casse. Hank, complètement fauché, accepte. Un grain de sable fait de ce hold-up un fiasco complet. Le film est monté dans un ordre a-chronologique: une heure avant le casse, puis 3 jours avant le casse, puis 1 heure après le casse enfin 1 semaine après le casse. Le père des deux frères est interprété par Albert Finney, un peu grimaçant mais convaincant. Le film se termine en point d'interrogation sur ce qu'il advient à l'un des frères. C'est un très bon Sidney Lumet où je ne me suis pas ennuyée une seconde.

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dimanche 11 novembre 2007

Les promesses de l'ombre - David Cronenberg

Tout d'abord, attention aux âmes sensibles, Les promesses de l'ombre de David Cronenberg (qui pourrait à nouveau s'appeler A History of violence - la suite) est un film "gore" pour trois scènes. Dès la scène d'ouverture, un homme est égorgé avec un rasoir et sa tête est presque entièrement détachée du corps, on ne nous épargne aucun détail. On peut dire que l'on est tout de suite dans le bain (de sang). Les murmures des spectateurs dans la salle étaient éloquents. Dans la 3ème scène de massacre, dans un sauna public, Viggo Mortensen, nu, est confronté à deux hommes voulant l'égorger avec une petite serpe. La scène est magnifiquement chorégraphiée mais à la limite du soutenable. Sinon, le film de 1h39 est bien mené. L'action se situe à Londres dans le milieu de la mafia russe. Après la première scène d'égorgement, tout commence dans une pharmacie où une jeune fille enceinte saigne. Elle meurt en couches à l'hôpital après avoir donné naissance à une petite fille. A partir de là, une sage-femme (Noami Watts) trouvant un journal intime écrit en russe dans les affaires de la jeune femme décédée, se trouve à cotoyer des individus comme Semian (Armin Mueller-Stahl), un chef  de la mafia qui dissimule ses activités de trafiquant de filles de l'Est sous une activité respectable. Puis le fils de Semian, Kirill (Vincent Cassel), un pas-grand-chose à la sexualité trouble. Enfin, Nicolaï (Viggo Mortensen, croque-mort, chauffeur et exécuteur de basses oeuvres), aux tatouages abondants sur tout le corps. Ce dernier doit faire ses preuves pour être accepté dans cette organisation criminelle. J'ai bien aimé le film malgré les scènes dures mais il faut être prévenu. Je regrette quand même que Vincent Cassel accepte de jouer ce genre de rôle un peu caricatural. Le film est à vraiment à voir (quitte à mettre ses mains devant les yeux par moments, comme je l'ai fait) et on n'oublie pas de sitôt cette expérience.

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lundi 5 novembre 2007

Le rêve de Cassandre - Woody Allen

Malgré des critiques tièdes, je conseille ce film comme à voir. Le dernier Woody Allen, le Rêve de Cassandre, est une tragédie, on ne rit pas une seule fois. Cela se passe à Londres et sur la Côte anglaise. Il met en scène deux frères, Ian (Colin Farrell) et Terry (Ewan Mc Gregor) Blaine. Quand le film commence, ils achètent à deux un bateau nommé "Le rêve de Cassandre". Sinon, Ian travaille dans un garage, Terry aide son père propriétaire d'un restaurant. Ils ont des rêves de fortune. Ian joue aux courses de lévriers et au poker, il gagne parfois mais perd plus souvent des sommes conséquentes. Terry, lui, voudrait investir dans des hôtels en Californie. Leur oncle Howard, homme d'affaires fortuné de passage en Angleterre, accepte de les aider financièrement à condition qu'ils lui rendent "un service", faire disparaître un collaborateur qui risque de le compromettre et de l'envoyer pour quelques années en prison. Je ne dévoilerai pas la suite qui aboutit à la tragédie prévisible. Colin Farrell, fumeur, buveur et plein de remords fait une excellente composition. Ewan Mc Gregor, dans un rôle plus lisse, un peu frimeur auprès des filles et sans beaucoup de scrupules, est très crédible et me fait beaucoup penser au personnage qu'il a joué dans Young Adam de David McKenzie (2003). Après plus de 35 ans de carrière, Woody change chaque fois de registre et c'est tant mieux.

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dimanche 4 novembre 2007

Never Forever - Gina Kim

Je suis allée voir Never Forever (traduisible par "A jamais, Pour toujours") de la cinéaste coréenne Gina Kim (que je ne connaissait pas), grâce à une bonne critique sur mon hebdomadaire préféré des sorties spectacles. J'ai été tentée par le sujet. Je n'ai pas été déçue. Une belle jeune femme américaine, Sophie, est mariée avec un Coréen, Andrew, plutôt aisé, issu d'une famille catholique pratiquante. Il est stérile malgré son désir d'enfant. Au cours d'un entretien qu'elle passe à l'hôpital à New-York, elle trouve la solution en la personne d'un Coréen, immigré clandestin, qui accepte de coucher avec elle pour qu'elle tombe enceinte moyennant une rémunération qu'elle lui propose. A partir d'un certain moment, des sentiments naissent entre les deux. Les scènes d'amour sont magnifiquement filmées et elles dégagent une grande pudeur. L'actrice, Vera Farmiga, est magnifique. La fin est très énigmatique mais très belle avec cette femme enceinte, son petit garçon, tout seuls au bord de la mer. Ce très beau film d'amour américano-coréen a reçu le Prix Spécial du Jury au dernier Festival de Deauville.

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vendredi 2 novembre 2007

Seraphim falls - David Von Ancken

Film diffusé actuellement sur Canal+, Seraphim falls de David Von Ancken (2005) est inédit en salle et on se demande pourquoi. Les acteurs principaux sont Pierce Brosnan et Liam Neeson. Cela se déroule après la guerre de Sécession. L'un poursuit l'autre pour venger sa famille. Les paysages enneigés de forêts puis, à mesure que le film se passe, des paysages arides, désertiques, sont très beaux. Le scénario, sans être révolutionnaire, est bien écrit. Un Sudiste, Carver (Liam Neeson), fou de douleur d'avoir perdu sa femme et ses deux enfants dans un incendie volontaire, est accompagné de 4 hommes de main pour poursuivre un Nordiste, Gideon (Pierce Brosnan), responsable de ces morts. Gideon a aussi perdu sa famille et est possédé d'une rage de vivre peu commune. Il élimine les 4 hommes de main les uns après les autres en se servant d'armes blanches pour finir par se retrouver face à face avec Carver. Le réalisateur, que je ne connaît pas, a tourné des épisodes de séries télé comme C.S.I (Les experts) et Cold Case, ce qui est un gage d'une certaine qualité : mise en scène nerveuse et pas de plan inutile. Je ne comprends pas que certains films comme celui-ci n'aient pas les honneurs du grand écran en France, il a été projeté dans de nombreux pays. Les comédiens sont connus, ce film en vaut largement un autre. Ce sont les mystères de la distribution que j'ignore. Dommage.

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mercredi 31 octobre 2007

Films vus et non commentés depuis le 21/09/2007

Voici encore (dans la lignée de mon billet précédent) quelques films que j'ai vus en salle, et qui ne m'inspirent pas assez pour en tirer dix lignes chacun.

Joyeuses funérailles de Frank Oz (2007): Humour à l'anglaise (pas toujours du meilleur goût), qui m'a fait sourire souvent. Comment deux personnes, l'une qui avale des comprimés composés de substances pas très licites, et l'autre, un homme de petite taille, transforment un enterrement en délire complet. A voir.

L'ennemi intime de Florent Emilio Siri (2007): Sujet rarement traité dans le cinéma français, cette tentative d'évoquer la Guerre d'Algérie n'est pas totalement aboutie à cause d'effets de mise en scène un peu mode (pour faire comme les Américains). Les comédiens comme Benoit Magimel, Albert Dupontel et Marc Barbé sont bien. L'histoire de Patrick Rothman est bien écrite mais il manque un petit quelque chose.

Le mariage de Tuya de Wang Quan'an (2006): Pour une fois, je me suis retrouvée d'accord avec l'allusion à ce film dans une critique de Eric Loret dans "Libération" du mercredi 3 octobre 2007 : désolant. C'est décousu, pas vraiment de scénario et c'est beaucoup n'importe quoi sans être ni amusant, ni triste. Seul le dernier plan émeut : Tuya qui pleure.

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dimanche 28 octobre 2007

Michael Clayton - Tony Gilroy

Ecrit et réalisé par Tony Gilroy (scénariste de la trilogie des Jason Bourne), Michael Clayton est un film d'excellente facture mais j'ai mis du temps à comprendre les tenants et les aboutissants de l'histoire, plus d'une demi-heure avant de comprendre qui était qui, Michael Clayton en tête. Puis petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place. L'intrigue est très bien menée et se passe en 4 jours. Michael Clayton (George Clooney), ancien adjoint de procureur, travaille dans un cabinet d'avocats en tant qu'expert, sur la côte Est des Etats-Unis. Il est chargé de résoudre par tous les moyens des affaires douteuses de certains clients du cabinet. Sur le plan personnel, Michael Clayton a une vie plutôt désastreuse : il est divorcé, a des dettes de jeu et le restaurant qu'il a acheté a fait faillite. Quand le film commence, un collègue et ami de Michael Clayton, Arthur (Tom Wilkinson), a des problèmes de conscience qui le mènent à la dépression. Un consortium, U/North, est responsable de la mort de presque 500 personnes à cause de la commercialisation d'une molécule qui améliore le rendement de certaines cultures agricoles. Il n'y a pas vraiment de "bons" et de "méchants" sauf deux hommes de mains et une juriste (Tilda Swinton) mais on n'hésite pas à éliminer physiquement les gêneurs. Grâce à une photographie dans les tons gris bleutés, on sent une menace invisible mais présente. Il n'y a aucun plan inutile. Je conseille vivement ce film produit par George Clooney, Steven Soderbergh et Sidney Pollack qui interprète un rôle.

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vendredi 26 octobre 2007

Operation Mad Ball - Richard Quine

Operation Mad Ball de Richard Quine (1957) (littéralement opération bal fou), longtemps invisible, est ressorti dans une salle à Paris courant septembre 2007 sous le titre "Le bal des cinglés" (traduction un peu crétine s'il en est), mais il ne se joue déjà plus. C'est l'organisation du bal qui est "folle" mais pas les protagonistes. Il met en scène Jack Lemmon en soldat qui arrive à force d'obstination à organiser un bal dans une auberge tenue par une "Française" à l'accent américain. En effet, nous sommes en 1945, le conflit mondial est terminé mais l'Armée américaine stationne quelque part en France. Il est interdit pour les personnels de l'armée, hommes de troupe et femmes infirmières (au rang d'officier), de "se fréquenter" sur la base. Ce bal servira à officialiser les rencontres fortuites qui l'ont précédé. Tous les personnages types de l'armée sont réprésentés dont le commandant plutôt borné. Filmée en noir et blanc, cette oeuvre n'est pas totalement réussie et a vieilli. Il manque le grain de folie de Blake Edwards comme dans Operation Petticoat (Opération Jupons) (1959). En revanche, Richard Quine (qui s'est suicidé en 1989) fera d'excellents long-métrages comme Bell, book and Candle (l'Adorable voisine) (1958) et The Notorious Landlady (L'inquiétante dame en noir) (1962), les deux avec Kim Novak et Jack Lemmon.

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mardi 23 octobre 2007

Tant qu'il y aura Deborah Kerr (1921-2007)

Deborah Kerr vient de décéder, le 16 octobre 2007. Née Ecossaise, cette très belle rousse n'est jamais devenue une star mais sa filmographie impressionnante comporte des pépites comme deux films d'Emeric Pressburger et Michael Powell, The Life and Death of Colonel Blimp (Colonel Blimp) (1943) et Black Narcissus (Le narcisse noir) (1947). Dans d'autres films que j'ai vus, elle a joué des rôles très différents, dont celui d'une femme d'officier dans From here to Eternity (Tant qu'il y aura des hommes) de Fred Zinneman (1953), resté célèbre grâce à la scène du baiser échangé avec Burt Lancaster sur une plage à la veille de Pearl Harbour. Elle fut "une vieille fille" dans La nuit de l'Iguane de John Huston (1964) entourée de Richard Burton et Ava Gardner. Un autre film dont je me rappelle est l'adaptation de The Turn of the screw (Le tour d'écrou) d'Henry James porté à l'écran sous le titre Les innocents, réalisé par Jack Clayton (1961), dans lequel elle est remarquable en gouvernante de deux enfants en proie à des démons. Elle jouera deux fois des rôles de religieuses dans Black Narcissus (1947) et Heaven knows, Mr Allison (Dieu seul le sait) de John Huston (1957). Dans ce dernier film, elle a comme partenaire Robert Mitchum qu'elle retrouvera dans The Sundowners (1960) de Fred Zinneman et The Grass is greener (Ailleurs l'herbe est plus verte) de Stanley Donen (1960). On se rappellera aussi d'elle dans An Affair to remember (Elle et Lui) de Leo Mc Carey (1957), Tea and Sympathy (Thé et sympathie) de Vincente Minelli (1956), The King and I (Le roi et moi) de Walter Lang (1956). Je ne citerai pas toute sa filmographie, d'autres blogueurs l'ont fait avant moi (notamment eeguab, Gaël, Coinducinéphage...). Son dernier film sur grand écran sera L'arrangement d'Elia Kazan (1969). Une grand dame disparaît.

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dimanche 21 octobre 2007

Le dictateur - Charlie Chaplin

Film sonore plus que parlant, le Dictateur (1940) de Charlie Chaplin, qui a été diffusé le 14 octobre sur Arte, est ce qu'on peut appeler un chef-d'oeuvre, un vrai. Le plus frappant est que Chaplin, à quelque jours près, était l'exact contemporain d'Hitler. Le film raconte comment un petit barbier juif, sosie d'un dictateur nommé Hinkel (Hitler) en Tomanie, après moult péripéties, se trouve à prendre sa place à la fin de l'histoire pour prêcher la paix et la fraternité. Précédemment, on aura assisté à la montée de la folie d'Hinkel qui veut devenir le Dictateur du monde entier. Et pourtant, il a un rude adversaire en la personne de Napaloni (Mussolini), le Dictateur de Bactérie. Plusieurs scènes d'anthologie restent dans les mémoires. Quand Hinkel fait un discours avec un micro qui se recroqueville devant la logorrhée haineuse, ou quand Hinkel se sert de son "fondement" pour jouer avec une planète Terre en forme de ballon qui éclate à la fin. Concernant la scène où le barbier avale puis régurgite des pièces de monnaie, je ne sais si le terme "morceau de bravoure" est approprié. Et le film est bourré de gags de cet ordre. On ne peut que saluer l'artiste pour cette oeuvre tragique et drôle à la fois.
J'ai aussi visionné les "bonus" qui figurent sur le DVD édité par MK2. Il contient notamment des films amateurs tournés en couleur par Sidney Chaplin, frère de Charlie, sur le plateau de tournage du Dictateur. Par exemple, une scène de fin alternative qui devait succéder au discours final, ou une scène de bal coupée au montage. On s'aperçoit aussi que, pour obtenir la nuance de gris souhaitée par Charlie Chaplin qui filmait en noir et blanc, les vêtements devaient avoir une couleur précise (comme des pantalons rouges pour la milice du dictateur). Ces images en couleur donnent une vision totalement différente de l'oeuvre que nous connaissons.

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