lundi 15 août 2016

Jason Bourne - Paul Greengrass / Stefan Zweig: Adieu l'Europe - Maria Schrader

J'ai été contente de retrouver Matt Damon dans le rôle de Jason Bourne (pour la 4ème fois). Je ne m'appesantirai pas sur le scénario pas très original: le "méchant" patron de la CIA (Tommy Lee Jones) veut mettre le monde entier sur écoute. Je retiens surtout le rythme trépidant du film qui nous emmène d'Athènes à Berlin avant de se terminer à Las Vegas. Jason essaye de se remémorer certains événements passés. Vincent Cassel joue le bras armé de Robert Dewey (le patron de la CIA), et le personnage principal féminin, Heather Lee (Alicia Vikander), est une hackeuse travaillant pour la CIA. Un film qui remplit son contrat de distraire. Les courses poursuites époustouflantes sont très bien filmées. Impressionnant.

Je passe à un film beaucoup plus calme, Stefan Zweig: Adieu l'Europe. Maria Schrader, la réalisatrice/scénariste qui est aussi actrice, prend son temps grâce de très beaux plans-séquences pour évoquer l'écrivain Stefan Zweig de 1936 jusqu'à son suicide en février 1942. En 1936, il est en exil depuis trois ans. Il vient d'arriver dans la région de Rio au Brésil. En complet cravate, il détonne dans cet environnement de végétation luxuriante et de canne à sucre. Il est accompagné de sa deuxième épouse Lotte. Il est partout accueilli chaleureusement comme en Argentine et se prête volontiers aux interviews qui tournent autour de l'engagement des intellectuels à propos de ce qui se passe en Europe. Début janvier 1941, le couple est à New-York, hébergé par la première femme de Zweig, qui a eu la chance de pouvoir émigrer. Zweig reçoit de nombreuses lettres qui lui demande de l'aide. On sent son impuissance devant les événements. Fin 41, il est à Pétropolis dans la région de Rio. C'est là qu'il se suicidera avec Lotte en février 1942. C'est un film très sobre filmé en cinémascope. Josef Hader qui interprète Stefan Zweig est très bien. Un film intéressant à voir.

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mardi 26 mars 2013

Le mur invisible - Julian Pölsler

Ce film (sorti dans peu de salles et qui ne se donne pratiquement plus à Paris, malheureusement) est l'adaptation d'un roman du même nom (publié en 1963) de Marlen Haushofer (1920-1970), que j'avais lu il y a plusieurs années et que je vous conseille. L'univers du roman est à la limite du fantastique et de la science-fiction. A la fin du XXème siècle, une jeune femme s'installe dans un chalet d'amis dans les Alpes autrichiennes. Elle se retrouve, le lendemain matin de son arrivée, isolée du reste de monde (il n'y a plus aucun signe de vie humaine). En effet, pendant la nuit, un mur transparent s'est érigé, l'empêchant de repartir par où elle était venue. Ce mur assez haut, dont on n'arrive pas à voir les limites, forme une sorte de protection. Cette femme et les animaux autour d'elle semblent être les seuls survivants de cette région terrestre, où le paysage n'a subi aucun dommage et où l'on entend le brame du cerf. Pendant tout le film, on écoute parler la femme en voix "off". Elle s'adresse à nous en lisant son journal qu'elle rédige sur des feuilles volantes. Elle raconte sa nouvelle vie entourée de "Lynx", un chien, de "Bella", une vache, et d'une chatte, auxquels viendront s'ajouter un petit taureau et un chaton angora. Cette citadine se met aux durs travaux des champs suivant les rythmes des saisons. Quand le film se termine, 3 ans se seront passés. Elle n'a plus de papier pour écrire, des animaux sont morts mais la femme espère que quelque chose arrivera, elle en est sûre. On ne sent nul désespoir dans son comportement, elle continue. Martina Gedeck, présente de la première à la dernière image, est remarquable (elle jouait le rôle principal dans La vie des autres). Le film (le premier du réalisateur) n'est pas austère du tout et s'il passe par chez vous, allez le voir. Lire le billet d'Alex et celui de K.

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jeudi 20 décembre 2012

Amour - Michael Haneke

Préparée psychologiquement, j'ai enfin vu Amour de Michel Haneke, Palme d'or du dernier festival de Cannes. C'est un film que l'on peut trouver éprouvant mais je l'ai apprécié pour son interprétation et pour la distanciation que met le réalisateur entre nous et ce qui se passe à l'écran, afin de nous permettre de suivre l'intimité d'un couple face à la maladie, sans que cela tombe dans le voyeurisme et le larmoyant. Georges et Anne forment un duo indissociable jusqu'au bout. Tout le film se passe dans un lieu dont on sort jamais: l'appartement du couple où trône un piano. Anne donnait des cours de piano. Un jour, au petit déjeuner, elle semble "absente": Anne vient d'avoir une attaque. Paralysée du côté droit, sa santé va empirer. Comme l'a écrit Cocteau dans les dialogue additionnels des Dames du bois de boulogne de Robert Bresson (film de 1945 que je vous recommande), il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour. Dans Amour, il n'y a que cela, des preuves d'amour: des gestes, des attitudes très touchants de la part de Georges, cet homme et époux qui fait ce qu'il peut pour soulager sa femme, jusqu'à l'acte final. Ce couple s'isole du monde, ne voulant la pitié de personne. Dans une scène, Georges dit à sa fille, venue lui rendre visite, que ce qui se passe ne la regarde en rien. Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant sont exceptionnels dans les rôles de Georges et Anne. On a vraiment l'impression qu'ils vivent ensemble depuis très longtemps. Je trouve que le film a mérité sa Palme d'or.

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samedi 16 juin 2012

Une seconde femme - Umut Dag

Le film Une seconde femme s'ouvre sur une séquence de mariage en Anatolie et se clôt peut-être par une réconciliation. Entre les deux, le réalisateur autrichien (peut-être d'origine turque?) nous raconte l'histoire d'Ayse, une jeune femme qui, par son mariage, devient la deuxième épouse de Mustapha, un homme nettement plus âgé. C'est Fatma, la première épouse, gravement malade, qui a décidé cet arrangement pour le cas où elle disparaîtrait: Ayse deviendrait une mère de substitution. De Turquie, toute la famille revient à Vienne en Autriche où elle est installée. Parmi les six enfants du couple, trois sont adultes, dont Hasan qui a accepté un subterfuge pour que Ayse puisse quitter la Turquie. C'est une famille traditionnaliste où toutes les femmes portent le foulard. Le premier tiers du film se déroule dans une atmosphère calme et paisible, même si Ayse, si jeune et si jolie, n'est pas acceptée par les filles de la famille. Juste après qu'Ayse ait accouché d'une petite fille, un événement tragique survient. Des secrets sont révélés ou découverts, la violence surgit mais la vie reprend son rythme. Il faut noter que la moitié du film se passe dans l'appartement familial. C'est un huis-clos mais qui n'est pas étouffant. Un film intéressant, très bien joué, et dont je suis loin de vous avoir tout raconté. Je le conseille.

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vendredi 30 décembre 2011

Welcome in Vienna (trilogie) - Axel Corti / Le tableau - Jean-François Laguionie

Avant la fin de cette année 2011 (et avant mon palmarès cinéma), je voulais ne pas oublier de parler d'un événement cinématographique sorti le 30 novembre 2011 dans deux salles à Paris. Il s'agit de trois films (en noir et blanc, image format télé) d'Axel Corti (1933-1993) dont les deux premiers volets étaient restés jusqu'à présent inédits en France.

L'oeuvre Welcome in Vienna (Wohin und Zurück) se compose donc de trois films écrits par le scénariste Georg Stefan Troller, qui confirme dans le dossier de presse que cette suite d'histoires est autobiographique à 70 ou 80%. Il est né en 1921 et vit à Paris depuis 1949.

Dieu ne croit plus en nous (1982, inédit en France) commence à Vienne en 1938. Après la "Nuit de cristal" et le meurtre de son père, Ferry Tobler, un adolescent juif, fuit l'Autriche. Echoué à Prague, il continue sa fuite vers la France en compagnie d'un soldat allemand anti-nazi échappé de Dachau et d'une Tchèque chargée d'aider les réfugiés. Sans papiers, ils sont arrêtés et internés par les Français. Arrivant à s'échapper, ils parviennent à Marseille dans l'espoir de s'embarquer pour les Etats-Unis.

Dans Santa Fé (1986, inédit en France), l'action se passe à New-York en 1940. Un bateau, Le Tonka, arrive avec, à son bord, des réfugiés dont Ferry Tobler qui se noie accidentellement en cherchant à sauver une jeune femme mutique qui voulait échapper au contrôle des services d'immigration. On suit surtout le parcours de Freddy Wolff, jeune émigrant juif autrichien qui rêve du Far-West mais qui se retrouve isolé dans sa vie d'immigré même s'il trouve un peu d'entraide au sein de sa communauté. Il trouve même un travail de vendeur dans un "delicatessen". Mais dès l'entrée en guerre des Etats-Unis fin 1941, lui et ses semblables sont assimilés à l'ennemi allemand. Il s'engage dans l'armée américaine pour regagner l'Europe. Pour moi, des trois films, c'est celui que je préfère, peut-être parce que l'histoire se passe à New-York et que le réalisateur prend son temps pour nous rendre les personnages attachants.

Enfin, Welcome in Vienna (1986, et que j'avais vu à l'époque) se déroule en 1944 dans une Europe dévastée et à reconstruire. Freddy Wolff et George Adler, intellectuel de gauche berlinois, découvrent les horreurs nazies et l'antisémitisme qui règne jusque dans leurs rangs. Ils assistent à la reddition d'un colonel nazi qui offre son aide à l'U.S. Army, laquelle l'accepte bien volontiers, tout cela pour combattre le communisme. Dans Vienne, Freddy trouve les restes de son passé familial, la maison de ses parents en ruines. Dans le chaos où est plongée l'Autriche, Freddy est écoeuré en voyant un ancien nazi devenir roi du marché noir. La corruption et l'arrivisme règnent partout mais cela n'empêche pas Freddy de rester dans ce pays qu'il aime. Aussi étrange que cela puisse être, j'ai trouvé cette partie (que j'avais appréciée à l'époque) la moins réussie, un peu trop touffue.

En tout cas, si vous en avez l'occasion, je vous conseille de voir, comme moi, cette trilogie dans l'ordre. Elle a rencontré un beau succès d'estime et c'est mérité.

Sinon, comme dernier film à voir absolument en cette fin d'année, et déjà chaudement conseillé par Aifelle, allez voir Le tableau de Jean-François Laguionie (sorti le 23 novembre 2011). C'est une merveille d'animation qui ravira les grands et peut-être les plus jeunes. Dans ce très beau film (graphiquement et visuellement), vous n'oublierez pas les toupins, les pafinis et les reufs. Vous essaierez de deviner les peintres et les tableaux qui sont évoqués. Cela fait plaisir, des films d'animation intelligents et sensibles.

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samedi 27 novembre 2010

Le braqueur - Benjamin Heisenberg

Sorti uniquement dans trois salles à Paris, le film autrichien Le braqueur de Benjamin Heisenberg aurait mérité mieux, car c'est un film de qualité qui bénéficie d'un scénario sortant de l'ordinaire. A Vienne, en Autriche, Johann Rettenberger est un coureur à pied (marathon et autre) d'un excellent niveau, mais aussi braqueur de banque. Quand le film commence, il sort de prison où il n'a pas arrêté de s'entraîner. A peine sorti, il recommence ses braquages avec une arme mais sans violence. On est immédiatement frappé par le style du récit qui ne s'embarrasse d'aucune psychologie: aucune explication ne nous est donnée. Il y a très peu de dialogues. C'est pour cela que l'on s'attache peu au personnage bien qu'il soit fascinant. Il est déterminé dans ce qu'il fait. Son seul but est de ne pas se faire reprendre. Il a une grande maîtrise de lui-même, à une exception près. Ses relations avec sa copine qui l'héberge à sa sortie de prison sont aussi distanciées. On assiste à quelques scènes mémorables, comme celles où il s'enfuit du commissariat suite à son arrestation, la traque dans les montagnes aux alentours de Vienne avec ce nombre incroyable de policiers à la poursuite d'un seul homme, et la fin que je ne vous dévoilerai pas. L'acteur qui interprète le rôle de Johann est assez monolithique mais son visage ascétique ne s'oublie pas. Le scénario est adapté d'un livre, L'envolée belle de Martin Prinz, qui lui-même s'est inspiré de faits réels. S'il est projeté par chez vous, je vous le conseille.

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samedi 7 novembre 2009

Le ruban blanc - Michael Haneke

Le ruban blanc (Das Weisse Band en VO) est la Palme d'Or méritée (1) du dernier festival de Cannes. Le film de Michael Haneke est un chef-d'oeuvre visuel (le noir et blanc est une splendeur) et scénaristique, et l'interprétation est de tout premier ordre (adultes et enfants). L'histoire se passe de 1913 à l'été 1914 dans une petite communauté villageoise protestante en Prusse qui travaille essentiellement pour un baron (et sa femme) propriétaires des terres cultivables alentour. La communauté est composée de paysans mais aussi de personnalités emblématiques comme le pasteur rigoriste, le médecin (et la sage-femme), le régisseur et l'instituteur (le narrateur du film). Le pasteur comme le régisseur et les paysans sont des pères de familles nombreuses. D'ailleurs, on remarque vite ces ribambelles d'enfants ou d'adolescents tous plus blonds les uns que les autres qui se déplacent en groupe (les filles d'un côté et les garçons de l'autre). Grâce à la voix "off" vieillie de l'instituteur, on est tout de suite dans le vif du sujet: le village est en émoi à cause d'actes malveillants perpétrés contre le médecin, la femme d'un paysan victime d'un accident mortel, le petit garçon (attardé mental) de la sage-femme, le fils du baron et un nourrisson (sauvé in-extremis). Pendant ce temps, le pasteur fait régner une sorte de terreur feutrée dans sa maison. Deux de ses six enfants (un garçon et une fille) ont fait des bêtises. Ils sont obligés de porter un brassard blanc pour redevenir purs (et ils reçoivent dix coups de cravache en guise de punition). Cette vie se déroule au rythme des saisons et des moissons. L'instituteur tombe amoureux d'une jeune fille; le médecin (guéri) qui est revenu de l'hôpital se montre odieux envers la sage-femme et se permet des privautés sur sa fille; un oiseau en cage fait les frais de la colère d'une enfant; un paysan se pend; une grange brûle. C'est à ce moment-là que la guerre de 14 est déclarée. Rien n'est résolu, les crimes restent impunis (et pourtant, comme l'instituteur, on devine ce qui s'est passé). L'histoire se situe en Allemagne mais cela pourrait se passer ailleurs. Le réalisateur montre surtout les dégâts que peut faire une éducation faite de punitions et de violence mentale sur de jeune esprits et tout cela au nom de Dieu et de la recherche de la pureté. Je répète que c'est à mon avis un grand film qu'il faut voir.

(1) Les nombreux commentaires évoquant cette Palme d'Or (et notamment celui de MichCiné qui rappelle la polémique) me font souvenir que j'avais moi-même été dubitative sur ses conditions d'attribution méritée ou non dans mon billet du 26/05/09. Hé bien, maintenant que j'ai vu le film, mon opinion est faite: "chef-d'oeuvre". Dont acte.

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samedi 3 octobre 2009

Films vus et non commentés depuis le 01/09/09

Voici à nouveau (cf. série précédente ici) quatre films chroniqués dont trois français dont on a beaucoup parlé et que vous pouvez vous dispenser (à mon avis) de voir.

Bienvenue à cadavres les bains de Wolgang Murnberger est un film à voir pour l'humour autrichien (si, si). C'est adapté d'un roman policier, l'histoire se passe (contrairement à ce que dit le titre) dans les montagnes autrichiennes dans une auberge. C'est sanglant, un peu "gore", et pourtant le criminel qui est un aubergiste ne le fait pas par plaisir mais plutôt pour se défendre et/ou pour éviter qu'on l'embête. Il déteste les maîtres-chanteurs. Pour se débarrasser de ses victimes, je vous laisse le plaisir de voir comment il fait (le film n'étant malheureusement plus à l'affiche, il faudra attendre le DVD). En même temps, cet aubergiste fait de bonnes actions en recueillant un transexuel et une prostituée en détresse. Et puis, il n'est pas gâté avec son fils qui voudrait bien prendre sa place à l'auberge (même s'il ignore les actes criminels de son père). J'avais lu que cela ressemblait au thème de "L'auberge rouge": je ne suis pas d'accord. C'est un film qui ne peut pas plaire à tout le monde mais j'ai passé un bon moment. Rien que le titre est savoureux.

A part ça, je voudrais évoquer trois films français vus coup sur coup qui m'ont beaucoup déçue.

Rien de personnel de Mathias Gokalp ou les malheurs de certains cadres dans une entreprise. Lors d'une soirée cocktail avec pince-fesses et petits fours, des cadres sont mis à l'épreuve (sans le savoir) en passant des genres de tests notés avec un coach. L'entreprise va être rachetée et donc des licenciements de certains cadres sont programmés dont celui du personnage joué par Mélanie Doutey. Ce sont les meilleurs qui resteront. Les acteurs font ce qu'ils peuvent: les incontournables Jean-Pierre Darroussin et Bruno Podalydès (les réalisateurs ne peuvent plus se passer d'eux) jouent un coach pour le premier et un responsable syndical du CE pour le deuxième. Zabou Breitman en DRH se demande bien ce qu'elle fait là. D'ailleurs, à un moment donné, son personnage enferme le PDG dans les toilettes (elle règle un compte personnel). Peu de temps avant, ce même PDG chantait du Eugène Chabrier pour adoucir l'atmosphère. Il y a une idée de scénario mais pas plus. La seule petite originalité est que l'on voit la même scène répétée plusieurs fois dans des mises en situation différentes avec les mêmes protagonistes dont, tous comptes faits, on finit par comprendre certaines réactions. Le film se termine en queue de poisson.

L'armée du crime de Robert Guédiguian a été une vraie déception. Vu le sujet qui a été peu traité au cinéma, je m'attendais à mieux. Les acteurs (surtout la jeune génération) ne sont pas en cause. Le film raconte l'histoire de Missak Manouchian et de tout un groupe de Juifs étrangers et de communistes qui ont commis des sabotages et des attentats contre l'occupant nazi à Paris pendant la seconde guerre mondiale. Il y a bien entendu une courte évocation de la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942 pendant laquelle un flic joué par Jean-Pierre Darroussin (encore lui) montre un certain zèle à traquer les Juifs: il est ignoble. La police française n'est pas décrite sous son meilleur jour. On nous montre comment on arrivait à faire parler les gens. A part ça, la mise en scène est trop sage. Il manque les tenants et les aboutissants. J'ai assisté à une suite de scènes sans véritable lien. Je m'attendais à être émue, bouleversée. Je suis restée en dehors. On est loin du chef d'oeuvre de Jean-Pierre Melville, l'Armée des Ombres (1969). Pour avoir un avis très différent, lire le billet de Edisdead.

L'affaire Farewell de Christian Carion fut ma troisième déception. Ffred l'avait bien dit! L'histoire est pourtant passionnante (j'en ai lu des comptes-rendus récemment). Elle est une des raisons de la chute du bloc soviétique. J'ai quand même appris pourquoi les Français avaient baptisé l'affaire "Farewell" (pour tromper les Américains). Guillaume Canet a un rôle effacé (il était mieux dans Espions). J'ai noté pour l'anecdote que Philippe Magnan qui joue le rôle de François Mitterrand est d'une ressemblance frappante avec son modèle. David Soul (Hutch de Starsky et Hutch) joue le conseiller de Ronald Reagan (Fred Ward). Je trouve que ce qui nous est narré n'est pas très clair. Et j'ai tout juste compati au sort réservé à Grigoriev (Emir Kusturica), le "traitre". C'est d'ailleurs lui qui est la seule raison de voir ce film très lisse. En y repensant, j'aurais dû me méfier en sachant qui était le réalisateur (celui du catastrophique Joyeux Noël).

Voilà donc mes avis, à vous de juger.

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